Désolée ! Je sais que je suis en retard, mais dimanche j'ai pas eu le temps de faire les ràr avant d'aller me coucher, et hier j'ai juste oublié ^^"
Ficanasse : Pour la conversation avec Bombur, tu vas voir ça tout de suite ! Et pour l'école... si seulement c'était seulement le premier jour. Mais ça ce n'est pas pour tout de suite (pas avant le mois d'août)
Ririte : D'accord ! Je préfère être sûre, parce que c'est pas comme au cinéma, je peux pas demander la carte d'identité aux gens qui viennent ici ! Pour ce qui s'est passé dans la chambre, eh bien... tu comprendras le moment venu, et ce n'est pas tout de suite. Tu peux aussi aller lire les reviews, d'autres ont assez bien deviné...
Sorah Kenway : Désolée de t'avoir vexé, comme je l'ai dit plus haut je préfère préciser. Tu as lu plus dur que ça, je n'en doute pas, mais je ne peux pas le deviner non plus. À la limite je préfère vexer quelqu'un, que prendre le risque d'avoir un lecteur ou une lectrice trop jeune... Dis-moi si tu finis par deviner ce qui s'est passé en tout cas.
Chapitre 7
Bombur arriva quelques minutes en avance, garant dans l'allée une Mini Cooper vert vomi des années 1980. Fili la fixa à travers la fenêtre de la cuisine, certain que ça ne pouvait pas être la voiture de Bombur – comment est-ce qu'il rentrait dedans ? – mais un instant plus tard, Bombur lui-même en émergea, puis un deuxième type sortit du côté passager. Ils se dirigèrent vers la porte d'entrée, et Fili, se souvenant qu'elle était verrouillée et que la clé était dans le jean qu'il portait hier, s'empressa d'ouvrir la fenêtre.
« Faites le tour par-derrière, dit-il en montrant le chemin. Je vais vous ouvrir.
- Ah, merci, lança joyeusement Bombur. Et bonjour !
- Ouais, je suppose, marmonna Fili. »
Puis il se dirigea vers la porte du fond. Thorin sortit de son bureau, et Fili lui fit un signe de tête avant d'ouvrir la porte.
« Bonjour, bonjour, dit Bombur en entrant. Voici mon frère, Bofur. C'est un thérapeute familial, et j'ai pensé que ça pourrait être une bonne chose qu'il ait une discussion avec vous tous.
- Bonjour, dit Bofur en enlevant son chapeau franchement bizarre dans un geste de salut franchement bizarre. Ravi de vous rencontrer.
- De même, dit Thorin en lui serrant la main. »
Fili l'imita, et Bombur leur sourit à tous.
« Alors, maintenant, où est Kili ? demanda-t-il en regardant autour de lui. Il n'est pas encore au lit, j'espère.
- Dans la cuisine, dit Thorin. »
Il commença à ouvrir la marche, puis marqua une pause en fronçant les sourcils et fit signe à Fili de passer devant.
Dans la cuisine, Kili était assis à table, l'air nerveux. Fili sourit d'un air aussi rassurant que possible en entrant, et Kili se leva rapidement quand il fut suivi par les autres.
« Te voilà, dit Bombur avec un sourire bienveillant. Bofur, voici Kili. Kili, Bofur. »
Bofur sourit et enleva de nouveau son chapeau.
« Eh bien, tu es plus grand que je ne m'y attendais, dit-il.
- Euh, dit Kili. Salut. Je ne suis pas— est-ce que vous êtes un policier ? »
Cela fit éclater Bofur de rire.
« Oh, c'est ça, dit-il en s'essuyant les yeux. Elle est bien bonne. Non, je ne pense pas qu'ils voudraient de quelqu'un comme moi. »
Il se pencha en avant avec un air de conspirateur.
« J'étais un sacré trompe-la-mort, à une époque, tu sais.
- Bofur est juste là pour nous aider tous, dit Bombur. Hum. À présent, y a-t-il un endroit tranquille où nous pourrions discuter ? demanda-t-il en se tournant vers Thorin.
- Mon bureau, dit Thorin. Il est loin de la cuisine.
- Parfait, dit Bombur. Vous d'abord, si vous voulez bien, Thorin. Après vous ! »
Et un instant plus tard, il avait fait sortir Thorin. Bofur, pendant ce temps, prit une chaise à table et sourit à Kili, puis à Fili.
« Merci, je veux bien une tasse, dit-il.
- Oh, dit Fili. Oui. Euh – thé ou café ?
- Du thé pour moi, dit Bofur. À présent, Fili, et si tu me parlais un peu de toi ?
- Hum, dit Fili en allumant la bouilloire. Est-ce que vous n'êtes pas censé... ? »
Il désigna Kili de la tête, haussant un sourcil. Bofur savait sûrement que c'était Kili qui avait besoin d'une thérapie ?
« Censé quoi ? demanda Bofur. Ah, voyons, pourquoi je ne passe pas en premier ? Voyons voir. Je suis né à Larne – c'est près de Belfast, ajouta-t-il pour Kili.
- Je sais, dit Kili. J'y suis allé.
- Sérieux ? s'exclama Bofur. C'est un terrible trou perdu, pas vrai ?
- Euh, dit Kili. »
Il jeta un regard à Fili comme s'il ne savait pas trop s'il devait approuver ou pas. Mais Fili ne put que hausser les épaules, et Bofur n'attendit pas de réponse, de toute façon.
« Donc, né dans un trou perdu, et ensuite ma mère a décidé qu'elle en avait assez de Larne – on peut pas lui en vouloir – donc elle a déménagé en Amérique. Seulement elle m'a laissé en arrière, donc j'étais là, coincé à Larne pendant bien trop longtemps. Enfin, j'avais des parents adoptifs qui étaient bons avec moi, donc je m'en suis pas trop mal sorti... »
Et Bofur continua, narrant des histoires de sa jeunesse à Larne, et de la façon dont il avait fini par découvrir qu'il avait un demi-frère en Angleterre et était venu le retrouver, et avait fini par rester. Fili apporta du thé pour tout le monde puis s'assit et écouta en se demandant si c'était censé être une séance de thérapie, et si oui, quand est-ce que la thérapie aurait lieu. Les histoires étaient assez intéressantes – c'était bizarre, de penser à ce que ça ferait de vivre avec des parents adoptifs, et il se surprit à jeter des regards à Kili de temps en temps – mais le chapeau de Bofur était vraiment déconcertant. Enfin, il y eut une pause dans l'histoire, et Fili saisit sa chance.
« Et votre chapeau ? dit-il. »
Bofur le regarda et haussa les sourcils.
« Quoi, mon chapeau ? dit-il. »
Fili ouvrit la bouche, mais Bombur apparut brusquement, suivi par Thorin.
« Tout le monde apprend à se connaître ? dit-il. Bien, bien. Kili, si tu veux bien. »
Kili se leva, reprenant immédiatement l'air nerveux. Bofur se leva aussi, et fit un signe de tête à Thorin avant de se tourner vers son frère.
« Je viens aussi, si ça ne vous ennuie pas. »
Il adressa un grand sourire à Kili.
« Ça te convient, petit gars ?
- Ouais, OK, dit Kili. »
Il jeta un regard à Fili, et Fili lui adressa un sourire encourageant.
« OK, répéta-t-il.
- Parfait, dit Bombur. Oh, du thé ! »
Et il prit la tasse à moitié vide de Bofur d'entre ses mains, fit un clin d'œil à Kili, et redirigea le petit groupe vers le bureau de Thorin.
Thorin les regarda partir, puis s'assit avec un soupir.
« Comment était Bofur ?
- Mmm. Bavard, dit Fili. Et Bombur ? »
Thorin soupira de nouveau.
« Disons juste que ce n'était pas la plus agréable des conversations, dit-il. »
Fili se redressa.
« Comment ça ? dit-il. Il n'a pas dit que tu étais un mauvais parent, n'est-ce pas ? Parce qu'il va m'entendre, sinon.
- Non, rien de tel, dit Thorin. Mais certaines des choses dont on a parlé – Fili, que je sois un bon parent ou pas, je ne suis pas sûr que ce soit un lieu de vie approprié pour Kili.
- Eh bien, où est-ce qu'il vivra, sinon ? demanda Fili. »
Thorin fronça les sourcils, et on aurait dit qu'il n'avait peut-être pas pensé à cela.
« Dans une autre famille, dit-il après un moment de réflexion.
- Et pourquoi est-ce qu'ils seront mieux que nous ? demanda Fili. Et s'il n'y en a pas ? Quoi, est-ce qu'il dormira juste dans le bureau de Bombur ?
- Non, dit Thorin, il... Il serait envoyé dans une maison de groupe.
- Quoi, comme un orphelinat ? dit Fili.
- Un foyer pour les enfants qui n'ont pas été placés, dit Thorin.
- C'est ça, dit Fili. Tous les pires, qui ne peuvent pas trouver de maison parce qu'ils ont des tendances violentes, ou quelque chose.
- Fili, dit Thorin, qui commençait à avoir l'air de souffrir à nouveau de sa migraine. Assez. Au final, c'est Bombur qui prendra la décision. Et tu t'y tiendras. Compris ? »
Fili céda.
« Ouais, dit-il. Ouais, je comprends. »
Quand, enfin, Fili fut appelé dans le bureau de Thorin, Bombur s'installa dans le fauteuil avec une liasse de papiers et désigna le siège pivotant. Fili s'assit, réprimant l'envie de le faire tournoyer comme quand il avait douze ans. Le bureau de Thorin avait l'odeur de la maison, d'une façon qu'il n'avait jamais tout à fait réussi à comprendre, et quand il était enfant, il lui arrivait de se glisser à l'intérieur quand il s'était réveillé au milieu de la nuit, s'endormant blotti dans le fauteuil.
Maintenant, cependant, Bombur était dans le fauteuil, rassemblant ses notes en souriant.
« Eh bien, alors, dit-il d'un air sérieux. Et si tu me disais comment se sont passés les derniers jours pour toi ?
- Bien, dit Fili. Je veux dire – un peu bizarrement, mais. Ouais. Bien.
- Hum, dit Bombur. Je crois que tu vis seul avec ton oncle depuis plusieurs années ?
- Depuis que j'ai dix ans, dit Fili. Maman est morte, et Oncle Thorin m'a recueilli. C'est un très bon gardien, il a toujours été très bon pour moi. »
Bombur ne semblait pas particulièrement intéressé de savoir si Thorin était bon.
« Et avant ça c'était juste ta mère et toi ? demanda-t-il.
- Ouais, dit Fili. Papa est mort quand j'avais six mois, alors. Mais Thorin était souvent là. Il était vraiment super.
- Ce doit être plutôt bizarre pour toi, de devoir t'ajuster à la présence d'une autre personne dans la maison après tant d'années d'attention exclusive, dit Bombur avec un sourire de compassion.
- Oh, ça va, dit Fili. Je veux dire, Kili ne fait même pas grand-chose, vraiment, il reste juste assis là sans parler, et nous avons chacun notre salle de bains, alors.
- Tu ne regrettes pas le fait que Thorin ne puisse plus se concentrer exclusivement sur toi ? demanda Bombur. »
Fili se mit à rire.
« Oh mon dieu, vous plaisantez ? dit-il. Tout ce qui permet à Thorin de moins fourrer son nez dans mes affaires, ça me va à 100 %. Je vous jure, cet homme doit avoir un genre de Bat-signal par moments.
- Ah, oui, je connais des gens comme ça, dit Bombur avec un léger rire, avant d'écrire quelque chose. Quant à Kili, il a un peu le diable au corps, pas vrai ? Il vole et il vous réveille tous au milieu de la nuit, et tout ça dans son premier week-end. »
Il secoua la tête avec un sourire.
« Un sacré petit délinquant. »
Fili fronça les sourcils.
« Euh, non, dit-il. Je veux dire, ouais, il a eu quelques problèmes, mais comme je l'ai dit, c'est rien. Il est juste un peu perturbé, c'est tout. Et le vol – ce n'était pas sa faute, pas vraiment. Il ne savait juste pas.
- Eh bien, ce n'est pas vraiment une excuse, dit Bombur. Tu as dû être furieux quand tu as découvert ce qu'il avait fait.
- Je – euh, dit Fili. Eh bien, oui, mais – mais ç'a été, finalement, donc c'est pas grave.
- Quand bien même, il fera probablement beaucoup de choses comme ça, dit Bombur. Comme tu l'as dit, il est perturbé. Je ne t'en voudrais pas de te mettre en colère contre lui. Les gamins de ce genre, ils peuvent vraiment vous rendre fou.
- Ouais, eh bien, dit Fili, commençant à se sentir un peu indigné, Kili est bien. Je veux dire, ouais, je suis sûr qu'il fera des trucs stupides, mais c'est un type bien.
- Et que se passera-t-il quand il fera en effet des trucs stupides ? demanda Bombur. Tu voudras t'assurer qu'il retienne la leçon, bien sûr. Mais les gosses comme Kili, il n'y a vraiment qu'une chose qu'ils comprennent.
- De quoi vous parlez ? demanda Fili. Attendez, est-ce que – est-ce que vous êtes en train de dire que vous pensez que je devrais le frapper ? »
Bombur lui adressa un sourire de conspirateur.
« Je ne t'en voudrais certainement pas si tu le faisais, dit-il.
- De quoi ? »
Fili bondit de son fauteuil.
« Est-ce que vous venez sérieusement de dire ça ? Quel putain de genre d'assistant social êtes-vous ? »
Le sourire de Bombur s'effaça, et pour la première fois depuis que Fili l'avait rencontré, il eut l'air entièrement sérieux.
« Le genre qui est désolé de t'avoir induit en erreur, dit-il. Mais qui est content de te voir te mettre en colère pour ça. »
Fili le fixa avec confusion.
« Quoi ? Dit-il. Je ne – quoi ?
- Assieds-toi, dit Bombur. »
Fili se renfonça dans le fauteuil, ne sachant pas s'il devrait encore être furieux – s'il devrait dénoncer Bombur à quelqu'un – ou – ou quoi. Bombur reposa ses papiers, appuya ses coudes sur le bureau, et se pencha en avant.
« Je n'ai pas encore décidé de ce que j'allais recommander, dit-il, mais je veux que tu saches que si je recommande que Kili reste ici – et si ton oncle et toi décidez de l'accepter – ce ne sera pas un chemin facile. Même pour seulement quelques semaines. Il est très perturbé, Fili – c'est devenu absolument clair – et il aura des comportements que tu ne pourras pas comprendre, peut-être même qui vous mettront lui et toi en danger. Il y aura des fois où tu ne pourras pas t'empêcher de perdre ton sang-froid. »
Fili secoua la tête.
« Peut-être, dit-il. Mais je ne le frapperai pas. Je ne ferais jamais ça.
- Je te crois, dit Bombur. Je te dis ça pour que tu puisses être préparé. Je sais que tu es un adulte, mais tu es encore jeune, et tu as déjà beaucoup de pain sur la planche. J'ai dit à Thorin que, si Kili reste ici, tu ne dois être rendu responsable d'aucune partie de son bien-être. Quand bien même, tu pourras difficilement éviter d'être affecté par sa présence sous le même toit que toi.
- C'est pas grave, dit rapidement Fili. J'ai déjà dit que je veillerais sur lui. Ça me dérange pas.
- C'est grave, Fili, dit Bombur. Je suis content que tu veuilles être gentil avec lui. Mais c'est tout ce que tu devrais faire. Sois gentil. Essaye de ne pas te mettre en colère, même quand il a l'air de le mériter. Si tu vois qu'il se met dans une situation dangereuse, ou fait quelque chose que tu ne comprends pas, dis-le à Thorin, ou dis-le-moi. Mais ce n'est pas ton rôle d'être son tuteur. Est-ce que tu comprends ? »
Fili sentit soudain tout le poids des derniers jours peser sur lui. C'était sérieux, réalisa-t-il. C'était l'une des conversations les plus sérieuses qu'il ait jamais eues de sa vie.
« Ouais, dit-il. Je crois.
- Et si tu décides que c'est trop, il n'y a aucun mal à ça, dit Bombur. Tu peux me le dire, et je peux recommander qu'il ne reste pas ici sans jamais dire à Thorin ou Kili que c'était toi. »
Fili ouvrit la bouche, mais Bombur leva la main.
« Pas maintenant, dit-il. Réfléchis-y. Réfléchis à ce que j'ai dit. À ce que tu as déjà vu. Ce n'est pas une décision à prendre à la légère, Fili. Ce n'est pas juste ton bonheur qui est en jeu. »
Fili déglutit.
« D'accord, dit-il. J'y réfléchirai. »
Bombur hocha la tête puis se redressa, un large sourire apparaissant sur son visage, et soudain le Bombur sérieux et grave redevint le Bombur exagérément joyeux et débordant d'activité.
« Merveilleux, dit-il. Eh bien, maintenant. Il est temps pour moi de parler à Bofur. »
Ce n'était pas fini, cependant. Bombur et Bofur eurent leur petite conférence, puis Bofur réapparut et emmena Kili pour une autre conversation. Bombur, pendant ce temps, s'assit à la table de la cuisine avec Thorin et Fili, discutant de petits riens pendant quelques minutes, jusqu'à ce qu'enfin il écarte les mains et devienne un peu plus sérieux.
« Eh bien, voilà, dit-il. Tout d'abord, je dois m'excuser. Quand un enfant comme Kili nous arrive – un enfant sans dossier médical ou administratif et sans informations sur son passé – nous faison de notre mieux pour leur trouver un environnement stable aussi vite que possible. Bien sûr, nous leur parlons d'abord, mais Kili a été très peu communicatif quand j'ai discuté avec lui. J'ai peur de n'avoir pas réalisé la profondeur de ses difficultés, sinon je crois que je ne l'aurais probablement pas envoyé chez toi, Thorin. »
Fili fronça les sourcils.
« Thorin fait du très bon travail, dit-il.
- Oh, je n'en doute pas, dit Bombur. Mais il n'a jamais accueilli d'enfant, et dans des cas comme celui de Kili, nous cherchons généralement les familles d'accueil les plus expérimentées
Fili avait un mauvais pressentiment. Bombur allait emmener Kili, c'était plutôt évident. Mais où ? Dans un foyer ? Il essaya de l'imaginer, vivre dans une maison avec des rebuts de la société – bon dieu, pauvre gamin.
« En tout cas, dit Bombur, il me faut un peu plus d'informations avant de faire ma recommandation. D'abord, je veux vous demander à tous les deux de réfléchir, uniquement de votre propre point de vue, si vous voulez de Kili ici. Je crois avoir déjà souligné auprès de vous deux à quel point il pourrait s'avérer difficile, mais je le souligne à nouveau. Il ne peut y avoir de décision prise à la légère ici.
- Où ira-t-il, s'il ne reste pas ici ? demanda Fili. Dans une famille ? Ou un foyer ?
- Je ne veux pas que tu penses aux intérêts de Kili pour l'instant, dit Bombur. Je veux que tu penses à tes intérêts. La dernière chose dont Kili a besoin est d'être accueilli par obligation. »
Il regarda de Fili à Thorin et inversement.
« D'autres questions ? »
Thorin secoua la tête.
« Que veut Kili ? Demanda-t-il.
- Ce que je demande, c'est ce que vous voulez, vous, dit Bombur. »
Fili regarda Thorin, alors. Quoi qu'ait fait Kili la nuit dernière, ça avait eu pour effet de faire douter Thorin de ses capacités parentales pendant la majeure partie de la matinée. C'était Thorin qui avait des doutes, et Fili savait que si Thorin décidait contre, son propre point de vue ne serait pas considéré. Alors il regarda Thorin et attendit.
« J'aimerais qu'il reste, dit enfin Thorin. Mais pas si vous pensez que ça lui fera davantage de mal. »
Bombur hocha la tête et se tourna vers Fili.
« Et toi ? demanda-t-il. »
Fili haussa les épaules
« Ouais, je veux dire, dit-il. Il va à l'école demain, et on lui a arrangé ce truc à la librairie, alors. Ouais. Il devrait rester. »
OK, peut-être que ce n'était pas l'argumentation la plus cohérente qu'il ait jamais formulée, mais hé, il tournait sur environ trois heures de sommeil, alors.
Bombur le regarda encore un moment, et Fili réalisa au bout d'une seconde qu'il attendait de voir si Fili allait donner un signal secret, pour qu'il sache que Fili ne voulait pas vraiment ce qu'il disait vouloir. Comme si Fili le dirait juste pour faire plaisir à Thorin, ou quelque chose. Fili se contenta donc de le fixer, avec un air de défi.
« Il devrait rester, répéta-t-il. »
Bombur hocha la tête et lui sourit, écrivant quelque chose dans ses notes.
« Eh bien, normalement, comme je l'ai dit, je recommanderais qu'il aille ailleurs, dit-il, mais en fait, Kili a exprimé un puissant désir de rester ici, bien qu'il ait également exprimé un certain nombre d'anxiétés sur sa situation. Et puisque vous semblez tous deux le vouloir aussi... »
Il les regarda tous deux une nouvelle fois, inquisiteur, puis hocha la tête.
« Il y a un certain nombre de conditions, dit-il. Kili devra voir un thérapeute. Il avait déjà rendez-vous la semaine prochaine, mais je vais l'avancer à cet après-midi, et il ira deux fois par semaine jusqu'à nouvel ordre. Je voudrai aussi le rencontrer une fois par semaine, et vous deux chaque fois qu'il sera nécessaire. Vous aurez tous les trois des rendez-vous avec Bofur une fois par semaine, séparément et ensemble. Thorin, vous resterez en communication avec moi, et avec les professeurs de Kili. N'attendez pas ses évaluations à la fin du trimestre – idéalement, vous devriez leur demander un rapport hebdomadaire. Si à n'importe quel point l'un d'entre vous se voit recommander un soutien plus poussé, vous devrez vous y plier. »
Il marqua une pause et sourit.
« Avez-vous l'impression de pouvoir accepter ces conditions ?
- Oui, dit Thorin. »
Fili se contenta de hocher la tête, son esprit tourbillonnant de psychiatres et de thérapeutes familiaux et de professeurs. Qui aurait cru qu'il y avait tant de gens dans le monde dont le seul travail était d'avoir des rendez-vous avec Kili ?
« Eh bien, dans ce cas, dit Bombur. Je vais recommander que Kili reste ici, au moins jusqu'à ce que sa nouvelle famille soit prête pour lui. Maintenant, reste-il du thé ? »
Bofur eut une autre longue conversation avec Thorin avant que Bombur et lui ne partent avec une masse de dépliants sur lesquels figuraient des familles souriantes, et le temps qu'ils s'en aillent, c'était presque l'heure du déjeuner. Fili se sentait complètement vidé – trois heures de sommeil et toutes ces discussions, c'était une recette de mort, en ce qui le concernait – mais apparemment, les rendez-vous du jour n'étaient pas encore terminés.
« Le rendez-vous de Kili avec le psychiatre est à deux heures, dit Thorin, croisant Fili dans le couloir après déjeuner. Est-ce que je dois aussi prendre l'après-midi, ou...
- Non, ça va, dit Fili. Je vais l'emmener. Je veux dire... »
Il se rappela ce qu'avait dit Bombur, de ne pas prendre trop de responsabilités, le rejeta, puis y réfléchit un peu plus.
« Je veux dire, pas à chaque fois, dit-il. Mais aujourd'hui, ouais, bien sûr.
- Merci, dit Thorin. Il doit subir quelques tests, aussi. Le cabinet du Dr Grey est attaché à l'hôpital, donc ce sera direct. Je lui ai pris un rendez-vous à une heure, donc vous allez devoir partir bientôt.
- Des tests ? dit Fili en jetant un œil à la porte. Euh, pourquoi ? Il n'est pas malade, n'est-ce pas ?
- Pas que nous sachions, dit Thorin. Mais c'est justement là le problème. Il n'a aucun dossier médical, et – Bombur me dit qu'il doit passer des tests. Pour – les vaccins et – pour être sûr qu'il est en bonne santé. »
Fili le fixa.
« OK, dit il. »
Il se demanda pourquoi Thorin était si bizarre. Mais c'était Thorin, alors.
« Bien sûr, je vais l'emmener. Dis-moi juste où et quand. »
Son téléphone commença à vibrer dans sa poche, et il leva une main.
« OK, deux minutes, dit-il. »
Il sortit le téléphone. Thorin lui serra l'épaule et retourna dans son bureau, et Fili jeta un œil à l'écran. Tristan. Il répondit.
« Hé, mec, dit Tristan. Tu as manqué le cours ! Kierkegaaaaaaaard, mon dieu, c'était comme avoir la tête enfoncée dans les toilettes pendant que quelqu'un te hurlait les Œuvres Complètes de Shakespeare en allemand. »
Fili renifla.
« Kierkegaard était Danois, idiot, dit-il. Tu as assisté à un cours entier sur lui et tu n'as pas retenu ça ?
- C'est du pareil au même, dit Tristan. Écoute, tu es libre cet après-midi ? On va au pub pour parler du Shakespeare allemand.
- Euh, dit Fili. »
Il jeta un regard à la porte de la cuisine et se glissa dans le salon, fermant la porte derrière lui.
« Nan mec. Écoute, j'ai ce – truc bizarre qui se passe à la maison en ce moment.
- Bizarre comment ? demanda Tristan. Ça peut pas être aussi bizarre que Kierkegaard, c'est moi qui te le dis.
- Non, genre, dit Fili, il y a – mon oncle a accueilli ce – ce gosse du système, et je dois l'emmener à un rendez-vous chez le docteur cet après-midi.
- De quoi ? »
Tristan semblait mi-amusé, mi-horrifié.
« Un gosse du système ? Genre, un délinquant juvénile quoi ?
- Ouais, un vrai trompe-la-mort, dit Fili. Tu me croirais pas si je te racontais la merde qui nous arrive. »
Il entendit Tristan rire au téléphone et regretta de ne pas être allé au cours, finalement. Parler à Tristan semblait normal, facile, comme la vie était censée l'être. Comme elle l'avait encore été vendredi dernier.
« Tu ferais bien de surveiller qu'il vous égorge pas dans vos lits pour s'enfuir avec l'argent de ton oncle, ditTristan. »
Fili sourit, mais une seconde plus tard il se souvint de Kili dans la chambre de Thorin, tremblant et chuchotant, et son amusement tourna dans son estomac.
« Ouais, bref, en tout cas, dit Fili. Pas possible cet après-midi. On se voit demain, OK ?
- Pas de problème, vieux, dit Tristan. Oublie pas de compter les cuillères, et dort avec un œil ouvert.
- C'est ça, marmonna Fili. »
Il mit fin à l'appel. Il resta debout là un moment, fixant le téléphone, se sentant coupable et en colère contre lui-même de se sentir coupable. C'était juste du badinage stupide, de toute façon. Ce n'était pas comme s'il faisait du mal à quelqu'un.
La porte du salon s'ouvrit et Thorin passa la tête.
« Tu es là, dit-il. Vous allez être en retard. »
Fili rangea le téléphone dans sa poche.
« Ouais, j'arrive, dit-il. »
(-)
Je rappelle que le prochain chapitre arrivera le dimanche 17 !
Vous n'allez probablement pas comprendre pourquoi pour l'instant, mais je suis toute excitée de voir arriver le personnage de Tristan.
