Ririte : Moi j'ai même pas vu de case comme quoi ils montaient le meuble lol. Du coup hier j'ai dû monter mon canapé, et commencer ma table (pas la finir parce que la marque suédoise te dit au dernier moment que tu as besoin d'un marteau, et je n'en avais pas).

Oui Fili et Thorin font des progrès mais tu vas voir tout n'est pas encore parfait...

Chapitre 12

Le lendemain se passa remarquablement bien. Fili déposa Kili à l'école, se souvint d'aller le chercher à l'heure à trois heures et demi, le déposa à l'hôpital pour son rendez-vous avec le Dr Grey, et se souvint d'aller le chercher là-bas aussi. Vraiment, il lui semblait qu'il méritait une médaille quelconque. Kili était réservé, mais pas beaucoup plus que d'habitude, et Thorin rentra même du travail à temps pour faire le dîner. Dans l'ensemble, Fili commença à avoir l'impression que peut-être, cette histoire ne serait pas si compliquée, après tout.

Au dîner, Thorin se tourna vers Kili avec un regard sérieux.

« Est-ce que tu as appris quelque chose à l'école aujourd'hui ? demanda-t-il.

- Oui, dit immédiatement Kili comme s'il attendait la question (ce qui, pour être juste, était probablement le cas). Oui, j'ai appris des tas de choses. »

Thorin sourit.

« Je suis ravi de l'entendre, dit-il. Dis-mois ce que tu as appris. »

Kili hocha la tête puis marqua une pause, comme s'il organisait ses idées.

« Sur – la métallurgie, dit-il. Avec, avec du fer. Ils mettent ça dans un grand – un feu, c'est, ça s'appelle un... »

Il fronça les sourcils un moment, puis hocha la tête.

« Un haut-fourneau, dit-il. Ils le chauffent vraiment fort et ils doivent mettre autre chose sinon le fer ne fondra pas. Ça s'appelle – le moyau ?

- Noyau, dit Thorin, l'air content. Est-ce que tu te souviens de ce qu'est le noyau ?

- Euh, dit Kili. Euh, c'est – j'ai cru que c'était du chou, comme le légume, mais je ne crois pas que ça puisse être bon. Si ? »

Il jeta un regard à Fili avec une expression inquiète.

« De la chaux, c'est-à-dire du calcaire brûlé, dit Thorin. Les mots se ressemblent, mais ils sont entièrement différents.

- Oh, dit Kili. »

Il réfléchit à cela pendant un moment.

« Oui, ça a plus de sens. Merci.

- Il n'y a pas de quoi, dit Thorin. Et dans quelle matière as-tu vu ça ?

- En Histoire, dit Kili. C'était la – euh, la révolution. On a regardé une vidéo.

- La Révolution Française ? demanda Fili. »

Il n'était pas sûr de ce que ça avait à voir avec la fonderie.

« No-on, c'était en Angleterre, dit Kili. Dans – dans le Shropshire et – d'autres endroits. La Révolution Anglaise. »
Fili haussa les sourcils en direction de Thorin, et Thorin réfléchit un moment.

« La Révolution Industrielle, peut-être ?

- Oh, oui, dit Kili. Oui, oui. Industrielle. Ils... »

Il fronça les sourcils.

« Il n'y avait rien sur des têtes coupées, alors je suppose que ce n'était pas comme la Révolution Française. »

Fili dissimula un sourire derrière sa main. Thorin, cependant, se contenta de hocher sérieusement la tête.

« La Révolution Industrielle n'était pas une révolution politique, dit-il, mais technologique. C'est pour ça qu'on t'a parlé de métallurgie.

- Oh. »

Kili commença à avoir l'air un peu anxieux.

« Euh, désolé. Je n'avais pas réalisé.

- Tu n'as aucune raison d'être désolé, dit Thorin. »

Il sourit, l'un de ses rares sourires larges qui donnaient toujours chaud à Fili.

« Je suis très content de voir que tu as pris notre discussion d'hier si sérieusement. Si tu continues à approcher tes études comme ça, je ne doute pas que tu t'en sortiras vraiment très bien. »

Kili le fixa comme s'il ne comprenait pas vraiment ce qu'il avait dit. Thorin soutint son regard avec un sourire, et finalement, Kili rougit et détourna les yeux.

« Merci, murmura-t-il.

- Hé, ne le remercie pas tout de suite, dit Fili en adressant un grand sourire à Thorin. Il va te demander ce que tu as appris tous les jours à partir de maintenant. Probablement pour le reste de ta vie. Tu auras soixante ans, tu seras en train de dîner avec tes petits-enfants, et Thorin t'appellera depuis sa maison de retraite pour te demander ce que tu as appris.

- Je ne me souviens pas de t'avoir donné la permission de me mettre en maison de retraite, dit Thorin. »

Et la conversation passa à autre chose – nul doute au soulagement de Kili – mais plus tard, Fili y repensa. Il prenait des notes sur le SSPT – ajoutant à celles qu'il avait prises la nuit dernière – et il s'interrompit pour réfléchir à ce qui était arrivé aujourd'hui. Au fait que rien ne soit vraiment arrivé du tout, pour la première fois depuis que Kili était arrivé le week-end dernier. Il avait tout lu sur les flashbacks et les déclencheurs et les états dissociatifs – et wow, il espérait vraiment que celui-là n'arriverait pas à Kili – et ça avait l'air d'un long et sombre catalogue de misère, et il s'était préparé, sans vraiment y penser, à ce qu'il arrive quelque chose de terrible.

Mais peut-être que ça n'avait pas besoin d'être comme ça. Peut-être que s'ils faisaient attention avec Kili, et lui disaient ce qu'ils voulaient qu'il fasse, et ne l'emmenaient pas dans des églises et ne lui criaient pas dessus, peut-être que ça pourrait vraiment être simple. Est-ce que c'était naïf ? Fili fronça les sourcils devant la liste de symptômes qu'il avait écrite. Peut-être. Ou peut-être que c'était juste optimiste. Kili était un bon gosse. Chaque fois qu'ils lui avaient dit de faire quelque chose, il l'avait fait. Ce n'était pas comme s'ils devaient avoir peur qu'il se rebelle – il y avait peu de chances.

Ouais, pensa Fili. Ouais. Peut-être que ça n'allait pas être si dur, après tout.

Le lendemain, cependant, il y eut un accroc mineur. Il était trois heures quinze, et Fili rangeait juste ses affaires pour aller chercher Kili quand son téléphone sonna. L'identifiant disait Kili, et le cœur de Fili s'enfonça tandis qu'il répondait.

« Oui, allô, dit-il. Ça va ?

- Oui. »

La voix de Kili à l'autre bout du fil semblait inquiète, mais pas paniquée, et Fili se détendit un peu.

« Um, ne viens pas me chercher, OK ? Est-ce que – est-ce que c'est bon ?

- Pourquoi ? demanda Fili. Tu vas chez un ami ou quelque chose ? »

Il marqua une pause, se souvenant que Kili était censé être privé de sortie, et ouvrait la bouche pour le lui rappeler quand Kili reprit la parole.

« J'ai, euh... »

Il hésita.

« Une retenue. »

Il articula très clairement le terme, comme s'il voulait être sûr de ne pas se tromper.

« Ça veut dire que je dois rester après l'école.

- Ouais, je sais ce que ça veut dire, dit Fili. »

Il devrait probablement être agacé – Thorin le serait – mais il ne put s'empêcher de ressentir une petite étincelle de soulagement. Peut-être que Kili n'était pas un adolescent surnaturellement parfait, après tout.

« Qu'est-ce que tu as fait ? Dévalisé une banque ?

- Je, euh. Je n'ai pas rendu mes – mes, euh, devoirs. »

Kili semblait plus perplexe qu'agacé, et Fili roula légèrement des yeux. Ce gosse était comme un alien parfois.

« Ouais, ça a souvent ce résultat, dit-il. Quand est-ce que tu auras fini ?

- Quatre heures et demi ? dit Kili, comme s'il n'en était pas sûr.

- Merde, dit Fili. Sérieusement ? Combien de devoirs tu n'as pas rendus ?

- Euh, tous, dit Kili. »

Fili ne put s'empêcher d'éclater de rire.

« OK, eh bien, je serai là à quatre heures et demi, alors, dit-il.

- Et- et la librairie ? demanda Kili. Je suis censé y aller aujourd'hui. Est-ce que je peux y aller après ?

- Je crois bien qu'il sera fermé, dit Fili. Ne t'inquiète pas, je lui parlerai. Peut-être que tu pourras te rattraper pendant le week-end ou quelque chose. »

À quatre heures et demi, Fili se gara devant l'école pour découvrir Kili assis à l'attendre. Il ne prit même pas la peine de se garer convenablement, allumant les warnings jusqu'à ce que Kili monte du côté passager.

« Tu as servi ta sentence ? demanda-t-il en redémarrant.

- Ouais, dit Kili.

- Et c'était comment ? demanda Fili. »

Kili haussa les épaules.

« Il ne s'est rien passé, vraiment, dit-il. Ils m'ont juste fait rester assis et – euh, lire.

- Ouaip, dit Fili. La punition pour ne pas avoir rendu tes devoirs est de mourir d'ennui. Crois-moi, je le sais.

- Ouais, je... »

Kili fronça les sourcils en direction de ses genoux.

« Euh, je suis désolé que tu aies dû venir si tard. Je n'avais pas réalisé que ça – qu'ils feraient ça.

- Oui, eh bien, ils le feraient, et ils l'ont fait, et ils le feront, dit Fili. Mais hey, maintenant tu le sais. Et tu ne vas pas recommencer, pas vrai ? »

Kili secoua la tête.

« Est-ce que Thorin va être fâché ? demanda-t-il.

- Eh bieeeeen, je ne pense pas qu'il soit vraiment nécessaire d'y mêler Thorin, dit Fili. Tu as fait ta punition, après tout, et tu as retenu la leçon. »

Et la dernière chose dont tu as besoin est que Thorin te fasse un sermon sur quelque chose d'aussi mineur qu'une retenue, ajouta-t-il mentalement.

Kili resta silencieux une minute ou deux.

« Tu ne lui diras pas ? demanda-t-il enfin.

- Non, si toi non plus. »

Fili fit un clin d'œil à Kili.

« Tout pour une vie tranquille.

- OK, dit Kili en fronçant légèrement les sourcils. Ouais, OK. Si c'est bon.

- Garde juste un visage impassible, dit Fili en entrant dans l'allée. Tout ira bien. »

Et c'était vrai. Ce soir-là Thorin demanda à Kili ce qu'il avait appris, et Kili parla de l'eau qui entrait dans des crevasses très haut dans les montagnes, et gelait, et ensuite parce que la glace était plus grose que l'eau (moins dense, Kili, dit Thorin) les rochers se brisaient et tombaient en morceaux.

« Elles sont toutes couvertes de morceaux de rochers, dit Kili. Le professeur nous a montré une photo. »

Et Thorin sembla se contenter de ça, et ne posa pas d'autres questions à Kili – ne lui demanda certainemnt pas s'il avait eu une retenue. Après le dîner, Fili demanda délibérément à Kili s'il avait des devoirs, et Kili s'empressa de s'absenter pour aller les faire à l'étage. Et donc, pour le deuxième jour de suite, Fili eut l'impression que tout se passait plutôt bien. Tenez, il avait même réussi à résoudre un problème sans le moindre drame. Et il avait rendu son essai à temps, même avec tout ce qu'il se passait d'autre.

« Tu es un fin organisateur, mon ami, se dit-il dans le miroir. »

Ce qui, il ne tarda pas à le découvrir, était une chose stupide à dire. Parce que le lendemain, après que Fili soit allé chercher Kili à l'heure habituelle, Thorin rentra du travail inhabituellement tôt. Il apparut dans la cuisine à cinq heures et quart, avec une expression qui n'annonçait définitivement rien de bon, et Fili s'interrompit au milieu de sa rédaction d'un commentaire Facebook et le fixa avec confusion.

« Salut, dit-il. Tout va bien,

- Où est Kili ? demanda Thorin.

- À l'étage, dit Fili. En train de faire ses devoirs.

- Tiens donc, dit Thorin, du ton plat qu'il prenait quand il était vraiment énervé. »

Oh, merde. Oh, c'était pas bon.

« Thorin, dit Fili. »

Il bondit sur ses pieds, mais Thorin était déjà allé dans le couloir.

« Kili, lança-t-il dans les escaliers. Viens par ici. »

Un instant plus tard, Kili apparut, l'air anxieux.

« Bonjour, dit-il.

- Cuisine, dit Thorin en montrant la pièce du doigt. »

Kili se glissa dans la cuisine, jetant un regard nerveux à Fili, qui était encore debout, sentant ses propres nerfs commencer à trembler.

Qu'est-ce qui se passait ?

Alors que Thorin entrait et fermer la porte, Fili commença à dire :

« Thorin... »

Mais son oncle lui jeta un regard si noir que les mots se coincèrent dans sa gorge. Thorin se retourna vers Kili, après avoir considérablement apaisé son expression.

« Assieds-toi, dit-il. »

Kili s'assit immédiatement, les yeux écarquillés. Thorin agrippa le dossier de l'une des chaises de la cuisine et observa Kili en silence pendant un long, long moment. Kili commença à visiblement rétrécir sous les yeux de Fili, la tête baissée et rentrée dans les épaules, s'enfonçant dans sa chaise.

« J'ai parlé à ton directeur aujourd'hui, dit Thorin d'une voix basse et égale. Je lui ai demandé des rapports de progrès de la part de tes professeurs. Sais-tu ce qu'il a dit ?

- Non, murmura Kili, les yeux fixés sur la table.

- Il a dit qu'il ne pouvait pas y avoir de rapports de progrès, car tu n'as rendu aucun devoir de la semaine, dit Thorin. »

Il marqua une pause.

« Est-ce que c'est vrai ?

- O-oui, dit Kili. Oui. Je suis désolé. »

Fili secoua la tête.

« Ce n'est pas possible, dit-il, éberlué. Tu as fait tes devoirs hier soir.

- Fili, dit Thorin sans le regarder, reste en-dehors de ça. »

Fili referma brusquement la bouche, fixant Thorin avec stupéfaction. Il n'avait pas entendu Thorin aussi furieux contre lui depuis ses propres seize ans.

« Ton directeur m'a aussi dit que tu avais eu deux retenues, dit Thorin. »

Et Fili réalisa soudain pourquoi il était tellement dans la merde.

« La deuxième fois – aujourd'hui – tu ne t'es pas présenté. Est-ce que c'est aussi vrai ?

- Oui, murmura Kili, la voix à peine audible désormais. »

Fili cessa de fixer Thorin et se retourna pour fixer Kili à la place.

« Tu avais une retenue aujourd'hui ? dit-il. Mais... »

Thorin leva une main, et Fili cessa de parler. Oh, c'était vraiment pas bon.

« Tu peux me dire pourquoi tu ne t'es pas présenté en retenue aujourd'hui ? demanda Thorin.

- Je ne voulais pas mettre encore Fili en retard, dit Kili à la table. Je pensais que c'était mieux de ne pas le mettre en retard. »

Thorin hocha lentement la tête. Il ne regarda pas Fili, mais il n'en avait pas besoin – Fili sentait le regard noir irradier de lui.

« Et pourquoi n'as-tu pas fait tes devoirs ? demanda-t-il. »

Il réussissait encore à avoir une voix calme et presque gentille tout en irradiant la mort en direction de Fili par l'arrière de sa tête.

Kili se contenta de fixer la table et de secouer la tête.

« Kili, dit Thorin en se penchant en avant et en posant les mains sur la table. S'il y a un problème avec ton travail scolaire, tu dois me le dire. Nous pouvons t'aider. Tu peux avoir tout le soutien supplémentaire dont tu as besoin. Alors dis-moi : pourquoi n'as-tu pas fait tes devoirs ?

- Je n'avais pas envie, murmura Kili. »

Thorin resta immobile pendant un moment. Puis il se redressa et hocha la tête.

« Je vois, dit-il. Peut-être n'ai-je pas été assez clair l'autre soir quand nous avons discuté de l'importance d'une éducation. Le travail à la maison est aussi important que l'écoute à l'école, Kili, tu comprends ? »

Kili ouvrit la bouche, mais apparemment ce qu'il essayait de dire resta coincé dans sa gorge, car il la referma et se contenta de hocher vigoureusement la tête.

« Bien, dit Thorin. Je prolonge ta punition d'une semaine, et...

- Thorin, dit Fili, retrouvant soudain le courage de parler. Est-ce que je peux te parler un moment, s'il te plaît ? »

Thorin se retourna pour lui jeter un regard noir.

« Est-ce que je n'ai pas été assez clair ? dit-il. Ce ne sont pas tes affaires. »

Mais Fili se contenta de secouer la tête.

« Je dois te parler, dit-il. Maintenant. »

Il y eut une lutte de regards, mais bien que Thorin soit presque certainement capable de faire reculer des armées entières avec la force de son regard noir, Fili était un Écu-de-Chêne, aussi, et il se contenta de soulever le menton et de lui rendre son regard. Et enfin, Thorin grogna et hocha la tête.

« Mon bureau, dit-il. »

Puis il se retourna vers Kili.

« Reste là. »

Visiblement, Kili aurait été incapable d'aller où que ce soit même s'il l'avait voulu, tant il était recroquevillé et rétréci, et Fili cessa de jeter un regard noir à Thorin pour lui envoyer un sourire rassurant. Que cela fasse une différence ou pas, il n'en avait aucune idée, mais il était à peu près sûr que faire sortir Thorin de la pièce aiderait beaucoup, c'est donc ce qu'il fit.

Au moment où la porte du bureau de Thorin se referma, Fili se retourna contre lui.

« Tu trouves vraiment que c'est juste ? dit-il. Plus de punition, alors qu'il n'a même pas fini la dernière ? Il va rester coincé à la maison jusqu'à ses vingt-cinq ans, à ce stade.

- Et tu crois que je ne devrais pas le punir pour ne pas avoir fait ses devoirs ? demanda Thorin. Pour m'avoir menti sur sa retenue ? Quel résultat crois-tu que ça aura ?

- J'en sais rien, peut-être que ça lui permettra de ne pas être terrifié par toi, dit Fili. Je veux dire, putain, Thorin. C'est, genre, deux retenues et quelques devoirs. C'est rien. Il a seize ans, pour l'amour du ciel. Combien de fois j'ai eu des retenues quand j'avais seize ans ?

- Et combien de fois ai-je négligé de te punir pour ça ? demanda Thorin.

- OK, ouais, mais c'est différent, dit Fili.

- Ce n'est absolument pas différent, dit Thorin. Il a besoin de discipline.

- De discipline ? dit Fili. Il n'a pas besoin de foutue discipline, il a besoin de savoir qu'il peut qu'il peut nous faire confiance.

- Il me semble que tu ne sais pas grand-chose de la discipline ou de la confiance, dit Thorin. »

Et bien que sa voix ne soit pas plus dure qu'avant, les mots firent se dégonfler Fili comme un ballon éclaté.

« Thorin... »

Mais Thorin n'avait pas fini, apparemment.

« J'étais tellement impressionné par ta maturité ces derniers jours, dit-il. Maintenant je découvre que tu as décidé de ne pas partager des informations importantes avec moi. Je suis obligé de me demander jusqu'où je peux te faire confiance avec Kili, si tu traites son bien-être si légèrement.

- Hé, oh, attends une minute, dit Fili, piqué à vif. C'est juste une retenue, Thorin, bordel. C'est pas comme s'il avait brûlé l'école ou quelque chose.

- Il n'y a pas de juste à ce sujet. Je suis responsable de son bien-être. Je ne peux pas ignorer les signes avertisseurs.

- Les signes de quoi ? demanda Fili en élevant la voix. Que c'est un gamin normal qui n'aime pas faire sesdevoirs ? Il a à peine fait un pas de travers depuis qu'il est là, et maintenant la première fois qu'il fait la plus petite bêtise, tu lui tombes dessus. Je veux dire, bordel, son père était probablement trop occupé à lui casser la gueule pour lui faire faire ses devoirs, alors ce n'est pas comme s'il savait vraiment qu'il est censé les faire ! »

Thorin continua de le fusiller du regard pendant un moment ou deux, mais soudain ses traits se détendirent, laissant place à un froncement de sourcils mélancolique.

« Et c'est exactement le problème, dit-il. Fili, quand tu manquais une journée de devoirs, tu pouvais le rattraper avec un peu de travail supplémentaire. Kili – tu l'as entendu parler de ce qu'il a parlé. Comme s'il n'avait jamais entendu parler de la Révolution Industrielle, ou appris que les montagnes étaient couvertes de gravats. Il me semble que personne ne s'est jamais soucié de son éducation, et bien qu'il ne manque certainement pas d'intelligence, j'ai peur qu'il ne soit si loin derrière ses pairs qu'il ne faille un énorme travail pour qu'il réussisse un jour. Chaque jour où il manque ses devoirs est un autre jour de retard. »

Il soupira, un profond soupir qui tordit le cœur de Fili tant le chagrin qu'il contenait était profond.

« Je ne veux pas le voir condamné à la plus méchante des vies avant même qu'il sache qu'une autre vie est possible. »

Fili resta immobile, la colère le quittant. Thorin avait toujours été sérieux, aussi longtemps que Fili l'ait connu – et ne l'était devenu que davantage avec la mort de son frère puis de sa sœur – et Thorin lui avait toujours dit, encore et encore, à quel point l'éducation était importante. Et Fili – Fili avait roulé des yeux, parce qu'il savait ça, bien sûr qu'il le savait. Tout le monde le savait, pas vrai ?

Mais non. À l'évidence, pas tout le monde.

« OK, dit-il enfin. OK, je comprends. Tu as raison, il doit faire ses devoirs. Et Thorin, je lui ai dit de le faire, je le jure. Je n'aurais jamais fait l'aveugle si j'avais su qu'il allait recommencer. J'ai juste – j'ai pensé que si je lui disais de le faire, il le ferait. Je croyais qu'il l'avait fait. »

Thorin hocha la tête.

« Je ne dirai pas que je ne suis pas déçu, dit-il. Je suis sûr que tu sais que ce ne serait pas la vérité. Mais je crois que tu réalises que tu as fait une erreur en croyant que les choses peuvent être aussi simples pour Kili qu'elles l'ont été pour toi. Tu le réalises, n'est-ce pas ?

- Ouais, dit Fili, sentant ses épaules s'affaisser sous la défaite. Ouais, je – je crois. »

Il secoua la tête.

« Mais Thorin, je pense quand même que tu as tort. Kili n'a pas besoin de discipline. Il a eu assez de discipline pour toute une vie. Il a besoin de savoir que peu importe les conneries qu'il fera, il aura toujours un toit au-dessus de la tête et de la nourriture sur la table, et ne se réveillera pas à l'hôpital. C'est de ça qu'il a besoin. Je sais ce que tu es en train de faire – j'étais là la première fois que tu l'as fait. Mais Kili n'est pas comme moi. Quand je sautais mes devoirs, c'était parce que j'étais un flemmard qui avait besoin d'un bon coup de pied au cul. Mais Thorin, si tu donnes ce coup de pied à Kili, il risque de ne jamais s'en remettre. »

Il se redressa un peu, regardant Thorin dans les yeux.

« Je sais que tu penses que je suis juste un gamin, et je sais que j'ai merdé. Mais c'est ce que je pense. »

Thorin soutint son regard encore un moment, fronçant les sourcils. Puis il tendit les mains et les posa sur les épaules de Fili.

« Je veux te demander quelque chose, Fili, dit-il.

- Ouais ? dit Fili. Quoi ?

- Je veux te demander de m'aider, dit Thorin. Je veux te demander de toujours me dire la vérité, au moins en ce qui concerne Kili. Et je veux te demander de me dire quand je suis – trop pour lui. Est-ce que tu peux faire ça ?

- Ouais, dit Fili. Je veux dire. J'ai déjà promis à Kili que je te dirais quand tu ferais le con, alors.

- Tiens donc, tu as promis ça ? demanda Thorin en haussant les sourcils.

- Je suis un expert en la matière, dit Fili. Et je serais ravi de t'offrir mon expertise. »

Thorin sourit un peu, mais il semblait encore pensif et sombre.

« Et pour ce qui est de me dire la vérité ? demanda-t-il. Est-ce que tu lui as aussi promis ça ?

- Non, dit Fili avant de prendre une grande inspiration. Mais je peux. Je peux te le promettre. Et je – je suis désolé de ne pas t'avoir parlé de la retenue. Je ne pensais vraiment pas que c'était important. Mais je ne recommencerai pas.

- Tu as intérêt, dit Thorin. »

Il sourit à Fili, cependant, et passa rapidement un bras autour de lui.

« Je suis heureux d'avoir ton aide, Fili. Je ne sais pas si je pourrais faire ça tout seul.

- Eh bien, par chance, tu n'as pas à le faire, dit Fili. Maintenant viens, allons tirer le gosse de sa misère avant qu'il ne fasse une rupture d'anévrisme à cause de l'anxiété. »

Quand ils retournèrent dans la cuisine, Kili était toujours recroquevillé sur sa chaise, les bras serrés autour de son ventre comme s'il était frigorifié. Il ne leva pas la tête quand ils entrèrent, mais sembla rétrécir légèrement, ses épaules se raidissant. Fili jeta un regard alarmé à Thorin, et alla s'accroupir près de la chaise.

« Hé, dit-il à mi-voix. Tout va bien. Thorin n'est pas fâché. Personne n'est fâché contre toi. Tout va bien. »

Thorin s'éclaircit la gorge, faisant légèrement sursauter Kili.

« Je ne suis pas fâché, dit-il doucement. Je m'inquiète seulement de ton bien-être, Kili. Mais je pense que tu as appris la leçon. J'attends de toi que tu rendes tous tes devoirs à partir de maintenant. Est-ce que tu le feras ? »

Kili hocha frénétiquement la tête, fixant la table.

« Oui, dit-il. Oui, oui, je le ferai, je le promets.

- Eh bien, dans ce cas, dit Thorin. Puisque tu travailles si bien à la librairie, et puisqu'il semble que tu n'aies pas tout à fait compris ce que j'attendais, je ne vois aucune raison de prolonger ta punition. »

Kili resta totalement immobile pendant un moment. Puis il jeta un regard en biais – pas à Thorin, mais à Fili.

« Je ne comprends pas, dit-il.

- Thorin pense que t'être fait crier dessus est probablement une punition suffisante, dit Fili. »

Même si Thorin n'avait pas vraiment crié sur Kili du tout, il était très doué pour crier sans élever la voix, alors bon.

« Mais il ne m'a pas... murmura Kili avant de s'interrompre. Je ne comprends pas, répéta-t-il.

- Kili, dit Thorin en venant se tenir de l'autre côté de la chaise, tu veux bien me regarder ? »

Pendant un moment, Fili eut l'impression que Kili n'allait pas accéder à la requête de Thorin, mais il finit par lever la tête – apparemment avec difficulté – et réussit à croiser le regard de Thorin, mais avec une manière étrange de détourner les yeux qui ne lui permettait de soutenir le regard de Thorin qu'une ou deux secondes à la fois. Thorin, cependant, regarda Kili sans faillir, et s'il ne souriait pas, il n'y avait pas de colère sur son visage.

« Je veux te faire une promesse, dit Thorin. Je promets que je ne lèverai jamais la main sur toi. Je ne te frapperai jamais, ne te donnerai jamais de coups de pieds, ne te pousserai jamais. Même si je suis en colère contre toi – même si tu as fait quelque chose de véritablement mal – je ne te toucherai jamais avec colère. Je ne te priverai jamais de nourriture. Je ne te mettrai jamais à la porte de cette maison sans endroit où aller. Je te le promets. Il n'y a pas de conditions. Il n'y a rien que tu doives faire en échange. Même si tu ne me crois pas – si tu ne peux pas me croire – c'est quand même vrai. C'est quand même une promesse. »

Il marqua une pause un moment, observant Fili.

« Est-ce que tu comprends ? »

Kili resta assis, bouche bée, le regard enfin fixé sur le visage de Thorin. Thorin attendit, mais Kili ne parla pas.

« Est-ce que tu comprends, Kili ? dit enfin Thorin.

- Non, murmura Kili. »

Thorin hocha la tête, un air triste sur le visage.

« J'espère qu'un jour ça viendra, dit-il.

- Hé, dit Fili, toujours accroupi à côté de la chaise de Kili. Je ne suis pas fan des grands discours comme Thorin, mais je promets aussi, tu sais. Tous les mêmes trucs. »

Kili lui jeta un regard, puis le regarda de plus près, comme s'il essayait de déchiffrer Fili. Fili ne parla pas, resta juste accroupi là et laissa Kili le regarder. Enfin, Kili se retourna vers Thorin, le regardant en biais pendant une seconde ou deux, puis tournant la tête pour le regarder en face.

« Merci, dit-il. »

Et Thorin sourit.

(-)

Et si j'ai bonne mémoire, le prochain chapitre contient un indice sur ce qu'il s'est passé l'autre soir dans la chambre de Thorin...