Romana in the Void : Je ne sais pas pourquoi nous manquons de reviews peut-être parce que les fics sont longues, et que ça décourage les gens... Mais merci à toi pour ta review et tes compliments !

C'est un gros travail, mais je ne suis pas seule pour le faire ! Il y a Colinou et Luxia qui traduisent avec moi, et titesouris et Mai96 qui se partagent le travail de correction !

Je suis contente que la fic ait réussi à ne pas réaliser tes peurs, et tu as raison Alaia a un vrai don pour ses personnages. Je te confirme, on va apprendre à connaître Warren tout comme on a appris à connaître Liam – même si leurs caractères sont très différents, je te rassure.

Voici donc la saison 5 proprement dite !

~(-)~

Chapitre 14: Le Fléau d'Arthur ~Partie 1~

La Grande Cloche venait de sonner l'heure du soir, et les gens de la citadelle et de la cité retournaient maintenant vers leurs maisons et leurs lits. Tout était tranquille dans les appartements d'Arthur, Bel ayant fini pour la journée et Merlin ayant déjà fait son rapport de fin de journée, mais le roi n'était pas dans son lit. Non, Arthur était debout à l'une de ses fenêtres, observant le peuple en bas avec des yeux sombres.

Il y eut un coup à la porte, et sans se retourner, il répondit :

« Entrez. »

Elle s'ouvrit, et Gaius entra avec une expression songeuse sur le visage. Le médecin regarda son roi en silence pendant un moment, avant de finalement déclarer :

« Vous souhaitiez me voir, Sire ? Vous n'êtes pas malade, j'espère. »

Arthur soupira, avant de se retourner pour dévoiler qu'il tenait le livre de silence entre ses mains. La seule vue de l'objet, poussa Gaius à fermer la porte et venir s'asseoir à la table principale de la pièce.

Lorsqu'ils furent tous deux assis, et le livre ouvert et posé, couverture en l'air, sur la surface de bois, Arthur répondit à cette question.

« J'ai besoin de votre conseil pour quelque chose. Quelque chose de très important. »

Gaius haussa légèrement les sourcils, surpris.

« Et pour quoi auriez-vous besoin de me parler spécifiquement ? Merlin n'était-il pas là il y a quelques minutes ? »

Arthur soupira à nouveau, avec une grimace.

« Si, mais ce n'est pas lui qui peut donner la réponse la plus renseignée dans ce cas, c'est vous. »

Il hésita un moment, une étincelle d'inquiétude dans ses yeux.

« J'ai ordonné une réunion de la Table Ronde pour demain, au sujet de Perceval, Gauvain, et le reste des hommes disparus. Vous avez entendu les mêmes rumeurs que moi, les murmures effrayés au sujet de Morgane. »

Gaius s'assit plus droit dans sa chaise, un air de réalisation montant à son visage tandis qu'il comprenait où Arthur voulait en venir.

« Vous pensez à révoquer la loi contre la magie ? Lors de la réunion de demain ? »

Arthur prit une grande inspiration, hochant la tête.

« Oui, mais avant de faire cela j'ai besoin de savoir quelque chose... Pensez-vous que les citoyens de Camelot sont prêts ? Étant celui qui a eu le plus de contacts avec eux, et observé leurs réactions face à votre utilisation de la magie pour la médecine, vous êtes le seul qui puisse répondre à cela. »

Gaius hésita, quelque peu surpris de se voir poser cette question et de façon si impromptue. Mais à son crédit, quand il répondit ce fut avec confiance et assurance.

« Je crois qu'ils le sont, si vous êtes prêt à les guider à travers cette transition. Si vous leur montrez que vous pensez qu'il s'agit du bon choix, alors ils le croiront aussi, car ils ont plus confiance en vous qu'en quiconque. »

Arthur laissa échapper la respiration qu'il n'avait pas eu conscience de retenir, s'enfonçant dans sa chaise avec soulagement avant d'adresser un sourire ironique à Gaius.

« Dans ce cas, j'ai maintenant une seconde question... Pensez-vous qu'ils soient prêts pour Merlin ? »

La pause de Gaius fut bien, bien plus longue cette fois, et le médecin grimaça.

« Ah... non, ou du moins ils ne sont pas prêts pour un Sorcier de la Cour. Que Merlin ait des pouvoirs, oui, ils pourraient accepter cela après une certaine surprise initiale, mais le 'plus puissant magicien qui vivra jamais' ? »

Cette fois les deux hommes grimacèrent, et Arthur se leva.

« Je ne peux qu'être d'accord avec vous sur ce point. Merci d'être venu, Gaius, j'apprécie le conseil. »

Gaius se leva également, sachant qu'il était temps pour lui de retourner dans ses appartements.

« Il n'y a pas de quoi, et vous savez que vous pouvez me le demander quand vous en avez besoin. Bonne nuit, Sire. »

Arthur attendit que Gaius soit parti, avant de se remettre à regarder par la fenêtre. Mais cette fois, quand il se tint là, ce fut avec un sourire sur le visage.

~(-)~

« Il y a quelqu'un ? … Il y a quelqu'un ? »

Merlin regarda autour de la Salle du Conseil vide, avant de se retourner et de partir avec un soupir exaspéré. Depuis dix minutes, il supportait l'indignité de courir dans tous les endroits possibles où une personne pouvait bien se trouver, tout ça parce qu'Arthur s'était demandé ce qui la retenait.

Gwen.

Revenant devant la Grande Salle, où deux douzaines de chevaliers prenaient place pour participer à la réunion, Merlin vint s'arrêter à côté de son roi et entreprit de redresser sa tunique.

Arthur lui jeta un regard, fronçant les sourcils.

« Eh bien ? Tu l'as trouvée ? »

La réponse de Merlin fut irritée.

« Savez-vous à quel point ce château est grand ? »

Il baissa sa voix au niveau d'un murmure.

« J'ai cherché partout, et tout ce que je peux vous dire c'est qu'elle est à l'intérieur du château. Vous savez très bien que le sort sur les amulettes ne me permet pas de les pister de près, je peux seulement dire qu'elles sont proches. »

L'expression d'Arthur se fit maintenant exaspérée.

« Merlin, y a-t-il une seule chose que tu sois capable de faire ? »

L'expression du magicien se fit neutre.

« Vous supporter. »

Merlin roula des yeux.

« D'accord, qu'est-ce qui vous stresse tellement ce matin ? »

Le roi détourna les yeux, évitant la question.

« Rien dont tu doives t'inquiéter. »

Merlin haussa les sourcils.

« Allez, dites-moi.

- Vraiment, ce n'est rien.

- Arthur.

- La ferme, Merlin. »

Le bruit d'une femme s'éclaircissant la gorge mit fin à la conversation, et tous deux levèrent les yeux vers les escaliers en spirale pour voir Gwen les descendre.

Elle leur adressa à tous les deux un sourire entendu.

« Désolée je suis en retard. Sefa s'est un peu perdue ce matin. »

La servante qui marchait derrière elle, baissa la tête et rougit. Katryn était partie rendre visite à son peuple dans les Bois-cœur des Dryades dans la Forêt de Balor, et pour le moment Gwen avait une servante temporaire venant du personnel général. Sefa était relativement nouvelle, mais était arrivée avec une forte recommandation de son ancienne maîtresse, une noble dame de Mercie.

Arthur sourit à sa femme, lui offrant son bras.

« Tu n'es pas en retard du tout. La réunion ne commencera pas avant quelques minutes, tu es donc exactement à l'heure. »

Derrière eux, Merlin roula des yeux et secoua la tête avant de suivre. Sefa resta juste à l'intérieur des portes, avec sa tête poliment baissée tandis que les divers chevaliers prenaient place derrière la grande table ronde qui occupait maintenant le centre de la Grande Salle. Une table si large, que ceux assis le plus près des murs sur les côtés de la salle n'étaient qu'à soixante centimètres d'eux.

Lorsque tout le monde fut en place, et Gwen et Merlin à leurs places habituelles de chaque côté de lui, Arthur se leva pour s'adresser à ceux rassemblés devant lui.

« Nobles chevaliers de Camelot, citoyens du royaume, chers alliés, je vous ai appelés à vous réunir autour de la Table ronde. Ces trois dernières années, nous avons eu la chance de connaitre la paix et la prospérité. Mais malheureusement il semble qu'aujourd'hui, une ombre s'étende sur nos terres. Messire Gauvain est parti pour Ismère il y a six semaines. Il était accompagné d'une soixantaine de nos meilleurs soldats. Depuis lors, nous n'avons plus aucune nouvelles d'eux. »

Arthur regarda chacun des chevaliers, son regard s'arrêtant sur le frère de Gwen l'espace d'un instant.

« A ma requête, messire Elyan et ses hommes se sont portés à leur secours dans le désert du Nord. Mais nul n'a pu trouver trace de messire Gauvain, ou de ses hommes. Comme s'ils avaient tous été rayés de la surface de la Terre. »

Elyan hocha la tête.

« Nous avons cherché trois jours dans cette zone, aussi longtemps que nous le pouvions sans risquer d'être découverts par les patrouilles du Roi Lot.

- Alors que faisons-nous maintenant, Sire ? »

Cette question venait de Léon, et Arthur demeura silencieux un moment avant de parler.

« J'ai l'intention de diriger une dernière mission de secours moi-même, car je n'abandonnerai pas Gauvain et les autres, tout comme je sais qu'aucun d'entre vous ne le ferait. Mais avant que je parte, il y a une autre affaire qui est liée à celle-ci... Les rumeurs veulent que Morgane soit de retour, et je n'écarterai pas la possibilité qu'elle soit impliquée là-dedans. Si elle est en effet revenue pour recommencer à nous frapper, alors ce royaume doit être prêt à la recevoir... »

Arthur se redressa, la voix ferme et autoritaire.

« Pendant trois ans nous avons observé notre voisin, Escetia, et vu comment ceux avec des pouvoirs magiques peuvent vivre en paix sous un ensemble de lois régissant l'usage de la magie. Nous avons également vu, par l'œuvre de notre Médecin de la Cour et de son apprenti, que l'usage de la magie pour guérir nos malades et nos blessés a grandement réduit le nombre de morts par maladie ou blessure dans ce royaume. Mon jugement est donc, maintenant et à cet instant, que la loi de Camelot interdisant l'usage de la magie et des enchantements est levée. Morgane est une menace indéniable, et sa magie est puissante. Il a fallu l'aide de la magie pour sauver Camelot lorsqu'elle nous a attaqués il y a trois ans, et je serais fou de croire que nous pouvons la repousser maintenant sans cette assistance. »

Arthur laissa ses paroles s'imprégner, avant de s'asseoir.

« L'annonce publique de cette décision, attendra que la mission ait été accomplie. De même que toute décision prise par moi de chercher et désigner quelqu'un pour la position de Sorcier de la Cour. Maintenant, y a-t-il des questions ? »

Sur la droite d'Arthur, un Merlin plutôt surpris et néanmoins jubilant resta silencieux tandis que les questions sur les lois qui seraient utilisées étaient posées et répondues. Merlin savait maintenant ce qui avait embêté son ami, et il avait certainement envie de donner un coup de pied à Arthur pour ne pas lui avoir dit avant, mais en même temps il comprenait pourquoi il avait gardé le silence. Arthur avait tout simplement voulu lui faire la surprise, même s'il l'avait tempérée avec le commentaire de vouloir attendre pour désigner un Sorcier de la Cour. Aussi décevant que ce soit, ça faisait du sens pour Merlin. C'était la même tactique qu'ils avaient utilisée pendant toutes ces années, faire glisser le peuple vers une nouvelle situation au lieu de la leur imposer.

Mais une chose faisait sourire Merlin pour lui-même, et c'était le fait qu'Arthur ait au moins fait l'annonce à ces chevaliers, qui avec sa permission la transmettraient à leurs pairs. Cela signifiait que lors de cette mission de secours, il n'aurait plus à se cacher pour jeter des sorts. Ça n'aurait plus d'importance si l'un d'eux le surprenait en train d'utiliser la magie.

~(-)~

« Je vois que vous avez trouvé le dernier homme de la patrouille de Camelot.

- Oui, mais combien de temps nous reste t-il avant qu'Arthur en envoie d'autres ? »

Morgane fronça les sourcils en entrant dans la salle du trône du donjon, essuyant la neige de sa cape avec agitation malgré les assurances de l'homme grisonnant qui marchait un pas derrière elle.

« Calmez-vous, Morgane, vous n'avez rien à redouter. »

Elle secoua la tête.

« Vous faites erreur, le temps va nous manquer.

- Les prophéties disent vrai. Le fléau d'Arthur existe. Le fait d'en avoir connaissance indique que sa fin est proche. »

Morgane lui jeta un regard par-dessus son épaule, la voix méprisante.

« Vous l'affirmez sans savoir de quelle mort il souffrira. »

Elle atteignit le trône, s'y asseyant tandis que l'homme derrière elle s'arrêtait.

« La Diamair nous le dira. Car la Diamair est la clé de toutes les connaissances. »

Le froncement de Morgane était maintenant proche d'une expression renfrognée.

« Et où est cette clé ?

- Ici, quelque part sous nos pieds. »

Elle souffla et secoua la tête.

« Voilà trois mois que nous la cherchons et qu'avons-nous trouvé ? Rien du tout. »

L'homme demeura constant.

« Qu'est-ce que trois mois comparés à l'éternité de la connaissance que la clé apportera ?

- Si je découvre que vous nous avez menti... »

Il l'interrompit, d'un ton réprobateur.

« La patience est le chemin qui conduit à la sagesse Morgane. »

A ces mots elle bondit sur ses pieds, marchant à grands pas vers lui pour le fusiller du regard à quelques centimètres de distance.

« Après tout ce que j'ai subi, croyez-vous sincèrement que je l'ignore ? Pendant deux ans, j'ai vécu dans les ténèbres... La patience est une vieille connaissance. »

La porte de la chambre s'ouvrit, et deux gardes traînèrent à l'intérieur le chevalier qu'elle avait ramené sur son traîneau.

Gauvain tomba au sol quand ils le lâchèrent. Maintenant assez réveillé pour reconnaître la femme qui se tenait devant lui, il lui adressa un sourire narquois.

« Dame Morgane ! Il faut vraiment mettre un terme à nos rencontres. »

L'un des gardes lui donna un coup de pied pour son insolence, et le garda épinglé au sol d'une main tandis que Morgane se dressait au-dessus de lui. Elle ne semblait pas impressionnée par sa bravade.

« Vous n'êtes pas très beau à voir aujourd'hui, chevalier. »

Gauvain fut tout aussi indifférent.

« Ça je n'en doute pas. »

Morgane le regarda dédaigneusement.

« Arthur ne devrait pas envoyer ses hommes aussi loin au Nord. Le Roi Lot est loin d'être son ami, et une intrusion par les hommes de Camelot pourrait être considérée comme un acte de guerre. »

Gauvain lui adressa un nouveau sourire narquois.

« Le Roi Lot n'oserait pas déclarer la guerre, pas tant que ses terres sont entre deux royaumes qui sont alliés à Camelot. Alors n'hésitez pas, tuez-moi. »

Morgane se pencha en avant, l'air satisfait.

« Je le ferai... Mais avant cela, vous allez m'aider à trouver ce que je cherche. »

Elle se redressa, jetant un regard aux gardes.

« Emmenez-le en bas, et s'il essaye de paresser, battez-le, mais ne le tuez pas. Je veux qu'il souffre. »

Les gardes saisirent Gauvain et le traînèrent à l'extérieur, le chevalier trop affaibli par le froid et l'épuisement pour résister. Il fut emmené dans les étages inférieurs du château, où il fut déshabillé jusqu'à ne garder que ses bottes et son pantalon, puis conduit encore plus profond dans des cavernes qui résonnaient du son d'hommes en train de creuser.

Les gardes lâchèrent Gauvain face à l'une des sections les plus profondes, où un contremaître lui donna un marteau et désigna une section de roche qui avait besoin d'être brisée. Il fit ce qu'on lui disait, fusillant le contremaître du regard jusqu'à ce que ce dernier lui tourne le dos, puis il sourit pour lui-même et baissa les yeux.

Parce que là, autour de son cou, pendait son Amulette de la Table Ronde. Si Morgane avait pris la peine de chercher de la magie elle-même, l'objet aurait été trouvé et lui aurait été pris. Mais grâce aux sorts sur la chaîne qui empêchait les autres de la remarquer, les gardes manifestement dépourvus de pouvoirs ne l'avaient même pas vue, et tant qu'il la portait, Gauvain savait que tôt ou tard Merlin et Arthur le trouveraient. Tout comme Gauvain trouva Perceval peu de temps après, et apprit que chaque homme de la patrouille était là également. Tant qu'ils étaient tous vivants, aucun d'entre eux ne perdrait espoir.

~(-)~