~(-)~
Chapitre 16: Le Fléau d'Arthur ~Partie 3~
Le silence dans la pièce semblait presque étourdissant, autant que l'inquiétude dans les yeux de Gwen soulignait son expression solennelle. C'était comme si elle ne voyait rien de ce qui se trouvait devant elle, son esprit cherchant un endroit très loin.
Sefa déposa une assiette de nourriture devant la reine, puis recula pour attendre maladroitement une réponse. Ce fut seulement alors que Gwen émergea de ses pensées troublées, et regarda la servante avec un air d'excuse.
« Je regrette, je ne peux pas manger cela. »
Sefa tendit une main nerveuse vers l'assiette, immédiatement contrite.
« Je vais vous apporter autre chose Ma Dame. »
Gwen l'arrêta en secouant la tête, souhaitant intérieurement que Katryn soit là, mais sachant que la semi-dryade ne serait pas de retour avant au moins quelques jours.
« Non, c'est inutile... Si tu pouvais juste t'asseoir avec moi »
Sefa hésita devant la requête inhabituelle, l'air quelque peu incertaine tandis qu'elle s'asseyait à table avec la reine. Gwen pouvait sympathiser avec ce sentiment, ayant ressenti la même chose longtemps auparavant, la première fois qu'elle avait dîné avec Arthur. À l'époque où il avait secrètement pris part à un tournoi.
Elle sourit à Sefa, et déplaça l'assiette afin qu'elle soit maintenant devant elle.
« Tu as faim ? Allez, mange. »
Sefa resta bouche bée un instant avec surprise, avant de sourire avec hésitation et de saisir un morceau de viande dans l'assiette. Lorsqu'elle eut commencé, Gwen soupira et regarda à nouveau dans le lointain.
« Je devrais pourtant être habituée à ignorer si je le reverrai. »
Sefa baissa les yeux, picorant la nourriture qu'elle tenait.
« Vous l'aimez, je vous comprends. »
Gwen lui jeta un regard.
« T'inquiéterais-tu pour ton bien aimé ? »
Sefa hocha la tête, toujours l'air embarrassée, et Gwen sourit.
« Mais tu ne peux dévoiler son identité. »
Cette fois la servante sourit, reposant la viande sur l'assiette.
« Non, majesté. »
Sefa marqua une pause, songeuse, avant de placer une main impulsive sur la table près de la reine.
« Nul n'est plus grand guerrier que le roi. Il vous reviendra. »
Gwen sourit une fois de plus, cette fois-ci en remerciement.
« Oui, je sais. Tu as raison. Merci. »
Elle plaça sa main sur celle de Sefa, reconnaissante pour le soutien, et une fois de plus la servante détourna les yeux avec embarras devant le compliment. Elle se leva ensuite, ramassant l'assiette.
« Je devrais ramener ça aux cuisines. Avez-vous besoin que je vous aide à vous préparer pour dormir ? »
Gwen se leva également, secouant la tête.
« Non, ça va. Tu peux rentrer chez toi pour la nuit. »
Sefa fit une révérence et partit, avant que Gwen ne se dirige vers la fenêtre la plus proche pour regarder le ciel s'assombrir. Peu de temps plus tard elle vit la servante sortir furtivement par la porte sud, et eut un sourire entendu. Oui, nul doute que Sefa avait une personne spéciale, peut-être quelqu'un que sa famille n'apprécierait pas, mais l'amour et la jeunesse la poussaient à aller lui rendre visite chaque fois qu'elle le pouvait.
~(-)~
Merlin était assis, fixant les flammes dans le foyer de sa chambre d'amis, ses pensées retournant à la vision de mort. Qui était le jeune homme qu'il avait vu, et pourquoi voulait-il tuer Arthur ? L'homme était-il un sorcier, ou ami avec un sorcier ? Mais dans ce cas, alors pourquoi attaquer Arthur ? L'homme venait de ramener la magie à Camelot, vraiment et complètement, même si l'annonce publique ne viendrait pas avant qu'il ne rentre de sa mission. Était-ce simplement par haine née de la Purge d'Uther ? Ou peut-être que l'homme était un allié de Morgane, et que c'est elle qui l'enverrait ?
Merlin ne remarqua pas quand la porte s'ouvrit, trop perdu dans ses pensées pour avoir conscience qu'Arthur venait d'entrer. Le jeune roi connaissait cette expression, et savait que son ami était troublé.
« Merlin, qu'est-ce qui s'est passé à ce village de druides ? Et par là j'entends, qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? »
Il s'assit dans le fauteuil de l'autre côté de la cheminée, regardant Merlin d'une façon qui signifiait clairement qu'il n'allait pas partir sans avoir une réponse.
Merlin détourna les yeux avec un soupir.
« Ce n'est rien que vous ayez besoin de savoir.
- Merlin... »
Arthur haussa les sourcils, lui adressant un long regard, et le magicien secoua la tête avec exaspération.
« Ce vieil homme était un Vates, un Devin Druide. Il m'a prévenu d'une attaque sur vous, et m'a montré une vision d'un homme que je n'ai jamais vu auparavant. Mais il est impossible de savoir le moment, ou l'endroit... Je suppose que le Vates voulait juste que je sois conscient de la menace que pose cet homme, et que j'y sois préparé. »
Arthur secoua la tête, se renfonçant dans son fauteuil.
« C'est tout ? Merlin, j'aurais cru que depuis le temps tu savais que je vis en danger d'être assassiné ou attaqué chaque jour de ma vie. »
Il tendit le bras dans l'espace entre eux, posant sa main sur l'épaule de Merlin.
« Mais je ne laisse pas cette menace m'empêcher de vivre ma vie. Ne t'attarde pas là-dessus, Merlin. Tu passes assez de temps à broyer du noir comme ça, sans te rendre malade à t'inquiéter pour une vision. »
Il se leva et quitta la pièce, Merlin le regardant partir avec un petit sourire sur le visage. Même si Arthur pouvait être un crétin par moments, il avait raison. Il était inutile de s'attarder là-dessus.
~(-)~
Sefa regarda nerveusement autour d'elle, tandis qu'elle marchait à travers les bois, s'arrêtant de temps en temps pour vérifier qu'elle n'était pas suivie. Si elle allait voir un homme dont elle était amoureuse, comme l'avait cru Gwen, alors pourquoi serait-elle là sur un chemin allant dans la direction opposée aux villages près des murs de la cité. Elle n'avait aucune raison d'être dehors dans les bois, cherchant et croisant un petit cairn de pierres, et certainement aucune raison de passer dans l'entrée en arche d'un autel en ruines qui semblait fantomatique et incongru au milieu des arbres.
Elle hésita quand elle traversa, ses pas résonnant désormais dans la pièce devant elle. Elle se dirigea vers l'homme vieillissant qui était à genoux en train d'incanter devant l'autel face à elle.
Les mots de l'homme s'interrompirent brusquement, aussi instantanés que le souffle d'air qui éteignit les torches, et en un clin d'œil il était à côté d'elle avec une épée sur sa gorge.
Sefa poussa un cri, s'éloignant d'un pas de l'épée.
« C'est moi ! C'est Sefa ! »
Il baissa la lame, venant se tenir devant elle.
« Je ne voulais pas vous effrayer. »
L'homme tapota le côté de sa tête, pas le moins du monde en colère de son arrivée. Après tout, il avait ouvert le chemin sans nom pour elle pour cette raison précise, pour avoir des nouvelles de ce qui se passait dans la citadelle.
« La peur se trouve ici. Nul ne peut effrayer. Est-ce que tu comprends ? »
Quand Sefa hocha la tête, il poursuivit.
« As-tu quelque chose à me dire ? »
Sefa prit une grande inspiration et la laissa ressortir avant de parler. Elle semblait en proie au conflit.
« Oui, Arthur est en route pour Ismère.
- Je l'avais prévu. »
Devant le désintérêt pour ses nouvelles, elle continua rapidement :
« Mais il viendra de l'ouest. Des terres d'Annis. »
L'homme releva brusquement la tête.
« En es-tu sûre ?
- Certaine, et c'était il y a deux jours, à l'aube. »
Il se retourna, avec l'intention de retourner à l'autel pour ramasser la cape qui gisait là, et Sefa fit un pas à sa suite.
« Dois-je vous accompagner ? »
Il se retourna vers elle et secoua la tête.
« Ta disparition engendrerait des soupçons.
- Alors que puis-je faire pour vous ? »
Il enfila sa cape, la dépassant afin de quitter les ruines.
« Tu as rempli ton office pour l'instant. »
Elle demeura immobile, et il marqua une pause pour se retourner vers elle. Ses paroles formèrent un contraste avec son attitude froide envers elle.
« J'espère qu'ils se sont gardés de te maltraiter. »
Sefa secoua la tête, silencieuse.
« Ils ont été bons avec moi père. »
L'homme, son père, fronça les sourcils.
« Ce sont des Pendragon. Ils ne méritent qu'une seule et unique chose, la mort. »
Il se retourna, et Sefa lui courut après pour placer une main sur son épaule.
« Mais, Père, vous avez dit que nous faisions cela afin que la magie puisse être respectée. Le Roi Arthur a annoncé à ses Chevaliers, avant de partir, qu'il a l'intention de lever le ban sur la magie quand il reviendra... Il s'est déjà fait des alliés parmi les Druides, et avec Escetia où la magie est permise. Il laisse même son Médecin de la Cour utiliser la magie pour guérir les gens depuis trois ans... Nous n'avons pas besoin de lui faire de mal pour obtenir ce que nous voulons. Il est sur le point de nous offrir la liberté que nous voulons, de vivre ouvertement et sans honte. »
Son père se retourna, le visage solennel.
« Et combien de temps faudra-t-il, avant qu'il ne trahisse ceux ayant la magie de la même façon que son père l'a fait ? Non, il vaut beaucoup mieux que le monde soit débarrassé de lui. »
Il quitta les ruines, marchant parmi les arbres, avant de disparaître dans un souffle de vent et de magie. Laissant derrière lui sa fille, qui resta immobile avec des larmes dans les yeux.
Et quand Sefa sembla distraite et agitée le lendemain matin, en aidant Gwen à se préparer pour la Réunion du Conseil, la reine imagina que la jeune fille était distraite par l'amour. Les paroles d'assurance de Gwen, que Sefa n'avait pas besoin de cacher ses secrets pour suivre son cœur, ne causèrent que plus de culpabilité à la jeune fille à cause de ce qu'elle avait fait.
~(-)~
Morgane le regarda froidement quand il entra dans le donjon, précédé par la lumière matinale du plateau enneigé. Il avait gagné beaucoup de temps en utilisant sa magie pour couvrir autant de distance que possible, mais avait quand même été contraint de chevaucher le reste du chemin. La tension qui était montée en lui, face à ce délai, était visible sur son visage.
Elle fronça les sourcils.
« Que faites-vous là ? Que se passe-t-il ? »
Il s'arrêta devant elle, le visage sombre.
« Arthur s'approche d'Ismère à cet instant même. »
Morgane écarquilla les yeux, et se leva avec déni.
« C'est impossible ! Il y a des sentinelles depuis des semaines à la frontière.
- Il vient de l'ouest, du royaume de la Reine Annis... Il veut vous attaquer par surprise. En moins d'une journée il sera à nos portes. »
Il y eut un moment de silence, tandis qu'un sourire montait lentement au visage de Morgane et qu'elle se dirigeait à grands pas vers les portes.
« Préparez-vous pour la bataille. Nous partirons ce soir. »
~(-)~
Le rire des chevaliers fut porté doucement sur l'air de la nuit, vers l'endroit où Merlin était assis au bord d'un ruisseau. Ils étaient proches des montagnes maintenant, où se trouvait Ismère. Demain ils arriveraient, et comme il le faisait souvent à la veille d'une bataille, le magicien avait choisi de s'isoler et de s'asseoir seul.
Arthur ne mit pas longtemps à le remarquer, le roi allant rejoindre son ami près du courant.
« Tu broies toujours du noir pour cette vision ? Je croyais t'avoir dit de ne pas le faire. »
Merlin roula des yeux.
« Non, je ne broie pas du noir, mais je peux vous donner de bonnes nouvelles. Nous sommes à portée du Sort de Symétrie maintenant, ce qui veut dire que Gauvain et Perceval sont définitivement quelque part dans la forteresse d'Ismère. Je suis assez proche pour les observer dans l'eau maintenant, aussi, mais ça n'aide pas beaucoup. Tout ce que je vois c'est qu'ils sont dans une caverne, probablement sous la forteresse, avec beaucoup d'autres. On dirait qu'ils sont contraints de creuser pour trouver quelque chose. »
Arthur le regarda avec espoir.
« Est-ce que tu peux leur parler d'ici ? »
Merlin soupira, secouant la tête.
« J'ai essayé, mais le Sort de Parole n'a pas la même portée. Nous ne sommes pas encore assez près. »
Arthur tendit la main, tapotant Merlin sur l'épaule.
« On les récupérera, tous. En travaillant ensemble, je sais qu'on le fera. »
Il se leva, et hissa Merlin sur ses pieds.
« Allez, viens chercher à manger. Je ne veux pas que tu t'évanouisses sur moi demain. »
Merlin rit tandis qu'il se faisait tirer vers le groupe de feux de camp, aussi inconscient que le reste d'entre eux du danger imminent chevauchant vers eux. Il n'y avait aucun signe que quelque chose allait mal tourner, pas avant que l'aube n'arrive et qu'ils ne se préparent à partir.
Merlin était juste en train d'attacher son sac sur la selle de Bitan, quand l'un des sorts d'alerte qu'il avait secrètement éparpillés autour du camp fut déclenché. À peine un instant plus tard, un autre se déclencha du côté opposé, et il sut alors qu'ils avaient des ennuis.
« Embuscade ! »
Son cri amena immédiatement la surprise et le silence, car personne d'autre ne voyait quoi que ce soit dans le brouillard des bois. Un chevalier renifla tandis que Merlin tirait son épée, jusqu'à ce qu'Arthur pousse un cri de réprimande.
« Qu'est-ce que vous attendez tous ! Préparez-vous au combat ! »
Les hommes tirèrent leurs armes, les secondes défilant jusqu'à ce que le bruit de chevaux annonce et précède des mercenaires, qui chargèrent à travers le brouillard depuis les bois autour d'eux.
Arthur ordonna immédiatement à la plupart de ses hommes de défendre le front et les flancs, laissant Merlin défendre l'arrière. Les chevaliers ne remarquèrent rien dans le chaos de la bataille, ou du moins pas tout de suite, mais ensuite un ou deux prirent conscience de l'éparpillement des corps gisant au sol sur une assez grande zone autour du conseiller. Mais à ce stade Merlin se battait contre les traînards avec son épée, s'étant occupé du reste en les jetant contre des armes.
Ce fut alors que Morgane arriva sur son cheval, au sommet de la rive au-dessus du camp, et Arthur cria, sachant à quel point c'était sérieux :
« Retraite ! Retraite et regroupez-vous ! »
Le groupe de chevaliers se retourna et courut vers le chemin que Merlin avait dégagé, se dirigeant plus profondément vers le sol de la vallée où ils pourraient mettre la rivière derrière eux et se servir des rochers comme ligne de défense. Mais ils n'allèrent pas jusque là, arrêtés par un autre groupe de mercenaires qui les attendait, et ce fut la panique.
Merlin laissa les nouveaux attaquants aux chevaliers, se retournant pour faire face au groupe descendant la colline à travers les arbres, et ignora les réactions surprises de deux chevaliers à proximité quand il commença à prononcer un sort.
« Ic abene se holt, astrice ! »
Des racines des arbres sur la pente commencèrent à sortir du sol, faisant trébucher et saisissant tout mercenaire assez malchanceux pour se faire prendre. Ceux qui s'immobilisèrent dans leurs liens furent épargnés, mais ceux qui se débattirent se retrouvèrent lentement écrasés et étranglés C'était cruel, Merlin le savait, mais cette vision suffit à ce que les chevaliers plus haut sur la colline hésitent et arrêtent d'avancer. Il devait juste espérer qu'aucun d'eux n'était assez rapide pour réaliser qu'ils pouvaient juste contourner la zone affectée.
« Léon ! »
Le cri d'Arthur fit se retourner Merlin, à temps pour voir un homme vieillissant avec une cape, manifestement un allié de Morgane, faire tomber Léon au sol. Arthur chargea, détournant le coup d'épée qui aurait tué le chevalier et faisant reculer l'attaquant. Mais le roi fut rapidement encerclé par plusieurs mercenaires et son moment de distraction fut exploité par l'homme à la cape qui venait de ramasser une masse de guerre qui était tombée au sol.
« Arthur ! »
L'éclair de magie de Merlin empêcha la masse de porter un coup propre, mais ne suffit pas à l'empêcher complètement de frapper Arthur. Le roi tomba au sol, inconscient, l'amulette qu'il portait déclenchant les autres à sa portée.
Avec une expression furieuse, Merlin tendit une main et fit voler l'homme loin d'Arthur, avant de se précipiter aux côtés de son ami et de passer un bras sur son épaule pour pouvoir le tirer en sécurité. Ses émotions bouillonnantes firent venir Friou, qui avait suivi au-dessus des nuages et dormi à proximité. Elle descendit en hurlant à travers la canopée, atterrissant droit sur un groupe d'ennemis infortunés.
Le chaos nourri par son arrivée, donna enfin aux chevaliers l'occasion dont ils avaient besoin pour courir à couvert et s'échapper dans le brouillard. Ils la saisirent, aussi confus qu'ils soient par l'arrivée de la vouivre, et enfin la forêt fut silencieuse en-dehors des grognements de mercenaires mourants... et pas un chevalier ne gisait parmi eux. Leurs morts avaient été en vain.
Quand enfin les hommes cessèrent de courir, certains d'être allés assez loin pour semer leurs poursuivants, ils se rassemblèrent sur la berge d'un courant en marmonnant entre eux.
« Comment nous ont-ils trouvés ?
- D'où est sortie cette créature ?
- J'ai vu Merlin utiliser la magie. Il a écrasé plus d'une douzaine d'hommes avec les racines des arbres ! »
Sur cette dernière remarque, Elyan et Léon se retournèrent pour faire face à celui qui avait parlé, le deuxième prompt à parler et éviter toute suggestion que le magicien les avait trahis.
« Merlin est le Sorcier de la Cour d'Arthur, ceci depuis des années, et depuis des années il se bat pour que Camelot reste en sécurité tout en étant retenu par la loi qui l'empêchait d'agir ouvertement. Arthur a choisi de lever le ban sur la magie maintenant, parce qu'il savait que le retour de Morgane signifierait que nous aurions besoin de toutes nos forces. »
Il désigna l'endroit d'où ils venaient.
« Sans l'avertissement de Merlin, et son aide, aucun de nous ne se serait échappé. »
Un autre chevalier s'avança, pas entièrement satisfait.
« Alors où est-il maintenant, et où est le Roi ? Ils ne sont pas là ! »
Les hommes commencèrent à regarder autour d'eux, colère et inquiétude montant. Elyan jura dans sa barbe, et plongea la main dans sa cotte de mailles pour sortir son amulette. L'emblème de dragon d'Arthur était de nouveau noir, ce qui signifiait qu'il était avec Merlin et que le magicien avait réinitialisé le sort, mais c'était encore des ennuis qu'ils devaient gérer.
« Par la Fraternité de la Table Ronde, ic behythe ! »
Son symbole de dague commença à briller, et il soupira.
« Maintenant nous attendons que Merlin réponde. »
Le chevalier qui avait parlé du roi, fronça les sourcils et avança vers Elyan.
« Et qu'est-ce que vous entendez par là. »
Il fut arrêté par Léon s'imposant sur son chemin, et par la vue de l'amulette identique qu'il révéla porter. Toutes deux visibles pour les chevaliers, en dépit des sorts, à cause de l'attention délibérée que les deux hommes avaient attirée dessus.
« Merlin peut nous parler en utilisant cela, et nous pouvons appeler de l'aide. Elyan a juste utilisé la sienne pour attirer l'attention de Merlin. »
Pour Elyan et Léon, les deux seuls capables de voir le symbole briller, l'amulette redevint noire juste un instant avant que la voix de Merlin ne parle dans leurs têtes.
'Arthur va bien, même s'il a réussi à se faire assommer... encore.'
Elyan et Léon poussèrent un soupir de soulagement, le premier déclarant :
« Arthur est en sécurité. »
'Je peux aussi vous entendre, Elyan... Je suis près d'une source, j'utilise l'eau pour vous voir, et je vois que ma petite démonstration là-bas a énervé quelques personnes... Enlève ton amulette et mets-la dans le courant.'
Un peu perplexe devant l'étrange requête, Elyan s'exécuta, et fut récompensé par l'eau qui devint immobile et une image de Merlin apparut. Arthur était visible derrière lui, appuyé contre un arbre.
Elyan cligna des yeux.
« Je ne savais pas que vous pouviez utiliser les amulettes pour faire ça. »
Merlin haussa les épaules.
« Moi non plus jusqu'à maintenant. J'ai pensé que j'allais essayer. »
Les chevaliers se rassemblèrent autour du ruisseau, et Merlin leur jeta un regard.
« Arthur avait une légère commotion, mais je l'ai guérie. Il devrait se réveiller dans un petit moment, mais d'abord j'ai quelques nouveaux ordres pour vous en tant que Premier Conseiller et son représentant. Premier ordre Elyan, j'ai envoyé Friou vers vous et elle va vous ramener à Camelot. Vous devez donner des nouvelles à votre sœur, la Reine, et la prévenir qu'il y a un traître dans la citadelle. C'est la seule façon dont Morgane aurait pu savoir que nous arrivions, et de quelle direction nous venions. »
Des marmonnements de colère montèrent parmi les hommes, bien que cette fois ils ne soient pas dirigés contre Merlin. Après avoir écouté pendant un moment, Léon parla.
« Et le reste d'entre nous ? »
Merlin avait l'air solennel, et sérieux.
« Nous avons perdu l'élément de surprise, ce qui veut dire que nous devons changer de tactique. Je connais Arthur, il voudra continuer avec juste nous deux et se glisser dans la forteresse, et vous êtes bien placés pour savoir que nous le faisons très bien. J'ai besoin que vous dirigiez les chevaliers, afin que je puisse relayer les ordres d'Arthur à travers vous. Nous aurons peut-être besoin que vous ameniez du soutien, ou une diversion, au bout d'un moment. Soyez prêts, et jusqu'à ce que je vous contacte à nouveau, soyez prudents. »
L'image de Merlin disparut de l'eau et Elyan retira son amulette, action suivie par le bruit d'ailes résonnant dans le brouillard.
Friou arriva en vue, atterrissant sur un rocher à une courte distance avant de leur adresser un croassement. Elyan y vit son signal de bouger.
« Je suppose que c'est tout, alors. »
Il se dirigea vers elle, s'asseyant avec confiance devant ses ailes et prenant fermement son harnais avant de regarder Léon.
« Assurez-vous de les ramener tous les deux en sécurité, et Gauvain et les autres également. »
A ces mots, et avec une tape sur le flanc de Friou pour lui dire qu'elle pouvait y aller, la vouivre s'élança et transporta Elyan dans les airs, à travers les arbres et hors de vue... Laissant derrière quelques hommes légèrement éberlués, et un Léon très déterminé.
Il leur fit un signe, et commença à marcher à travers les arbres.
« Vous avez entendu les ordres. Alors mettons-nous en route. »
~(-)~
Et voilà ! Je plains un peu les chevaliers mais la scène était très drôle à traduire^^
