Alaia Skyhawk: I'm still a little behind, but don't worry, I'll catch up :)

Disclaimer: I don't own Merlin.

Music: N/A

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Chapitre 24: Le Spectre d'Uther ~ Partie 2 ~

« Je pense vraiment que je ne devrais pas venir au festin, Arthur. C'est déjà assez mauvais que tout le monde dans le château, et probablement tout le monde dans la cité à ce stade, sache que j'ai de la magie, sans que je le leur jette au visage en m'asseyant à côté de vous ce soir. »

Merlin s'assit dans le fauteuil près de son foyer, refusant obstinément de bouger tandis qu'Arthur se dressait là dans ses plus beaux apparats en essayant de le convaincre de venir au banquet.

Il soupira et commença à faire les cent pas.

« Alors deux conseillers sont sortis de la réunion avec Gwen hier, en faisant une crise d'hystérie, et tu décides de te cacher là-dedans. »

Arthur s'arrêta à côté du fauteuil du magicien.

« Merlin, la plupart des gens que j'ai vu depuis la réunion sont surpris mais ils ne te condamnent pas. J'ai même entendu deux des serviteurs dire en plaisantant ce matin, que si tu étais un sorcier tout ce temps, alors comment faisais-tu pour faire tomber des choses si souvent quand tu étais un serviteur ? Si tu restes assis là à broyer du noir, c'est presque comme si tu admettais que tu penses avoir quelque chose à cacher. »

Merlin se renfonça davantage dans son siège, avant de tourner lentement la tête pour regarder Arthur.

« Je pense quand même que ce ne serait pas une bonne idée. Je vais les rendre nerveux. »

Arthur roula des yeux.

« Ou tu pourrais jeter quelques jolies illusions pour les amuser... Allez, Merlin, tu n'étais pas inquiet hier matin quand tu as dit en haussant les épaules que les gens allaient le découvrir de toute façon. Maintenant lève-toi, mets quelque chose d'approprié pour la fête, et j'attends de toi que tu sois à l'entrée de la salle du banquet, prêt à entrer avec Gwen et moi dans quinze minutes. »

Le roi quitta la pièce, et Merlin le regarda partir sans bouger de son fauteuil. Il devait admettre qu'Arthur n'avait pas tort, mais c'était avant que Lord Gardilen ne soit sorti en courant de la Salle du Conseil pour traverser les couloirs, hurlant presque à qui voulait l'entendre que le Premier Conseiller du Roi était un sorcier.

Mais il y avait eu une tension dans la voix d'Arthur, et Merlin savait pourquoi son ami voulait sa présence ce soir. La mort d'Uther était encore une blessure à vif pour Arthur de bien des façons, surtout à l'anniversaire de son couronnement. Il voulait que Merlin soit là pour le soutien moral autant que pour l'empêcher de devenir un ermite.

Merlin prit une profonde inspiration, se leva, et se dirigea vers sa chambre pour mettre l'une de ses meilleures tenues. Il en ressortit cinq minutes plus tard, habillé dans la tenue de sorcier la plus évidente qu'il possède, consistant à son style habituel de chemise et pantalon d'un gris charbonneux, et d'une sur-tunique sans manches, bleu nuit, avec des symboles de l'Ancienne Religion cousus de chaque côté du col. Pour quiconque savait les lire, ils disaient 'Bouclier du Roi'.

Merlin quitta ses appartements et se dirigea vers la salle du banquet, restant discrètement dans les passages de derrière, afin d'éviter les gens jusqu'au dernier moment. Il lui fallut ensuite toute sa volonté pour se mettre en mouvement et se diriger vers l'endroit où Arthur et Gwen l'attendaient.

Gwen adressa à Merlin un sourire rassurant, tandis qu'Arthur haussait un sourcil devant le choix de sa tenue, mais ensuite les portes furent ouvertes et le héraut à l'intérieur annonça aux chevaliers et aux autres nobles assis à l'intérieur :

« Leurs Majestés, le Roi Arthur et la Reine Guenièvre de Camelot, et Lord Merlin Garrah, Premier Conseiller du Roi. »

Les joyeuses discussions à l'intérieur de la salle de banquet se transformèrent en silence de mort, tandis que les gens se levaient en signe de respect pour Arthur et Gwen. Mais pour Merlin, qui leur emboîta le pas et dont la présence avait causé le silence, des courtisans il ne reçut qu'un grand nombre de regards incertains, quelques regards distinctement glacials, tandis que des divers chevaliers il reçut plusieurs sourires d'encouragement. Finalement c'était un équilibre de soutien et de suspicion il supposa que ça valait mieux que de voir la moitié des occupants de la pièce s'enfuir en hurlant au moment où il était entré.

Merlin baissa un peu la tête, avant de se réprimander silencieusement et de lever le menton. Il prit ensuite place à la droite d'Arthur à la table principale, et conserva un silence de plomb, tout comme Arthur, pour presque l'intégralité de la fête. Il put voir Mordred froncer les sourcils avec perplexité devant l'expression sombre d'Arthur, et vit aussi Elyan l'expliquer, mais tandis que les invités se détendaient enfin et semblaient oublier le sorcier assis à la table principale, Merlin grimaça pour lui-même et se leva pour attirer leur attention.

Quand la pièce fut de nouveau presque entièrement silencieuse, en-dehors de quelques murmures déconcertés, Merlin s'avança alors dans l'espace entre les trois tables et s'adressa à l'assemblée.

« Comme vous le savez tous désormais, je possède des pouvoirs magiques, et à la lumière de cela, Sa Majesté a demandé que je lui fournisse le spectacle de ce soir. J'espère qu'il vous plaira. »

Il tourna la tête et fit un geste vers les torches de chaque côté de la pièce, une touche de magie informulée invoquant un nuage de braises sur chacune. Plusieurs personnes se baissèrent tandis que les étincelles étaient attirées au milieu de la pièce pour se rassembler autour de Merlin, mais la peur fit place à l'émerveillement et au délice quand il leur fit former l'image d'un grand arbre brillant puis le fit exploser en un vol de papillons.

Merlin s'autorisa un petit sourire devant plusieurs soupirs d'émerveillement venant des courtisans, même si ceux qui l'avaient incendié du regard le faisaient toujours, et transforma son nuage d'étincelles en un dragon miniature qui s'enroula autour de ses épaules sans brûler ses vêtements.

« Quelqu'un voudrait-il faire une suggestion pour la prochaine forme de ce petit ? »

Le dragon de braise laissa échapper une petite flamme, et plusieurs courtisans voulaient clairement dire quelque chose mais hésitaient. Mais ensuite, une voix s'éleva derrière Merlin, et ce fut Mordred qui parla.

« Vous avez créé l'image d'un seul arbre... Pouvez-vous nous montrer une forêt ? »

Merlin se retourna, souriant bien qu'il sache que le défi n'était pas entièrement bon enfant, et amena le dragon de braises à se percher sur son bras au lieu de ses épaules.

« Comme vous le souhaitez... Niht scinnes aho uppan se wuduholt innan aefenscima. »

L'incantation franchit ses lèvres comme un souffle de vent, et le dragon de braise se dissout et coula vers le bas pour s'étendre sur le sol. Des fils de lumière commencèrent alors à s'étendre vers le haut autour des tables et des invités, certains montant haut tandis que d'autres demeuraient près du sol, puis chacun scintilla et s'étendit jusqu'à ce que le banquet donne l'impression d'avoirlieu dans une clairière de forêt, parmi de l'herbe et des fleurs qui ondulaient et sous les branches gracieuses des arbres au-dessus, et pourtant chaque morceau était constitué de lumières brillant doucement.

Merlin se tourna pour faire face à Arthur et s'inclina, ce mouvement annonçant l'éclatement de la lumière en minuscules étoiles qui cascadèrent dans la pièce et disparurent. Ainsi la clairière s'évanouit, et la salle du banquet réapparut.

Arthur et Gwen se levèrent tous deux pour applaudir la démonstration de Merlin, suivis par tous les Chevaliers, même Mordred. Et lorsqu'ils commencèrent à applaudir, ce fut également le cas des courtisans et des conseillers qui étaient présents. En fait, la plupart des nobles dames plus sentimentales avaient des larmes aux yeux face à la beauté de l'image que Merlin avait créée.

Merlin adressa à son audience un hochement de tête et un sourire hésitant, avant de revenir à son siège et le reste de la fête se déroula de façon bien plus confortable pour lui.

Arthur partit avant la fin, et le regard triste que Gwen envoya à Merlin lorsque le roi fut sorti, dit au magicien qu'elle aussi savait où il était allé. À la crypte d'Uther, pour contempler l'année écoulée, et pour se souvenir du père qui à la fin avait choisi de soutenir le choix de son fils de ramener la magie dans le royaume.

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Le lendemain matin Merlin se sentait de bien meilleure humeur, et bien plus assuré à l'idée de sortir et de marcher dans le château, quand un coup à sa porte fut suivi par son ouverture sur l'entrée d'Arthur et Warren. Un regard silencieux du roi envoya le serviteur dévaler les escaliers, et Merlin fronça les sourcils devant l'entrée sérieuse de son ami.

« Vous avez besoin de me parler de quelque chose ? »

Arthur hésita, dansant d'un pied sur l'autre plusieurs fois avant de demander.

« Merlin, avant que tu mettes le cor sur l'Île, je me demandais... Me permettrais-tu de l'utiliser pour parler à mon père ? »

Merlin le fixa.

« Vous voulez aller aux Pierres de Nemeton et invoquer l'esprit d'Uther ? »

Arthur s'immobilisa, puis hocha la tête.

« Oui... Il y a tant de choses que j'aurais aimé lui dire, et je n'en ai pas eu l'occasion à cause de Morgane. Si on te donnait l'occasion de revoir ton père, de lui parler, ne ferais-tu pas de même ? »

Merlin grimaça, une admission coupable.

« Eh bien, je mentirais si je disais que je n'avais pas envisagé d'aller aux Pierres avant d'aller sur l'Île. »

Il prit une profonde inspiration, et se retourna pour saisir sa veste.

« Si nous partons maintenant, et que nous chevauchons vite, nous pouvons atteindre les Pierres et revenir avant la tombée de la nuit. Tout ce que vous avez à faire c'est dire à Gwen où nous allons. »

Arthur saisit une cuillère sur la table à côté de lui, et la brandit vers Merlin.

« Non, nous n'allons pas lui dire. Elle n'a pas besoin de savoir que je suis parti parler à mon père mort. »

Merlin se dirigea vers lui, jusqu'à être à quelques centimètres du couvert.

« Vous me menacez avec une cuillère ? »

Il poussa un cri quand Arthur abattit l'objet en question sur le sommet de sa tête, bien que ce soit fait sans beaucoup de force, et soupira.

« Très bien, mais si elle apprend ça et vous gronde, ce ne sera pas ma faute. »

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La chevauchée vers les Pierres se fit en silence,tandis qu'Arthur et Merlin passaient à travers les Bois Sombres jusqu'à la lande entre la forêt et les Montagnes d'Isgard. Là, juchées sur cette plaine battue par le vent, les Pierres de Nemeton étaient visibles à des kilomètres, debout et servant de testament quant aux efforts des anciens prêtres et prêtresses qui les avaient érigées sur une grande concentration de lignes de pouvoir.

Merlin et Arthur laissèrent les chevaux à une distance sûre du cercle de pierres, puis tous deux montèrent la pente pour entrer dans le cercle.

Une fois au centre, Merlin sortit le Cor de Cathbhadh de son sac et le tendit à Arthur.

« N'oubliez pas, c'est une magie très puissante. »

Arthur contempla le Cor, puis le poussa vers Merlin.

« Toi d'abord... Tu as attendu beaucoup plus longtemps pour parler à nouveau à ton père, que je n'ai attendu pour parler au mien. »

Merlin le remercia d'un sourire et éleva le Cor à ses lèvres. Il poussa alors une note perçante, qui résonna à travers la lande et illumina tout, comme si chaque chose était sous un soleil d'une intensité surnaturelle.

Arthur dut plisser les yeux tandis que Merlin s'avançait dans le cœur de cette brillance et disparaissait. Mais pour le magicien, cette lumière ne devint qu'un phare brillant derrière lui, tandis qu'il entrait dans un royaume d'ombres quelque part entre le monde des vivants et celui des morts.

De la lumière devant lui s'avança une silhouette, et Merlin sentit des larmes lui monter aux yeux quand il vit de qui il s'agissait.

« Père... »

Balinor sourit avec fierté tandis qu'il approchait de son fils et l'attirait dans ses bras, étreinte que Merlin rendit avec un sanglot étouffé tandis que son père disait :

« Tu m'as rendu si fier, Fils, et je ne peux commencer à te dire ce que ça représente pour moi de te voir maintenant. »

Il poussa Merlin à bout de bras.

« Tu as tellement grandi, tu n'es plus le jeune homme qui m'a sauvé de ma propre amertume, et m'a donné un but à nouveau... Tu es un noble de Camelot, tu te tiens fier avec tout le monde autour de toi désormais conscient de ton pouvoir, et tu as rendu lumière et espoir à tous ceux qui manient la magie. »

Merlin sourit, essuyant les larmes qui avaient commencé à couler le long de ses joues.

« Cela a été dur, tellement dur, et pourtant tout en valait la peine. J'aimerais juste que tu aies pu être là avec moi pour voir la magie revenir. Et puis il y a Aithusa, et je ne peux m'empêcher de m'inquiéter : que lui est-il arrivé, et qui lui a fait du mal. Il est plus petit qu'il ne devrait l'être, et-

- Chut. »

Balinor posa un doigt sur les lèvres de Merlin pour le faire taire, et secoua la tête.

« Ne t'inquiète pas pour ça. Tout arrive pour une raison, et tout comme tu as un chemin à suivre, Aithusa en a un. Ne te rends pas aveugle à tes propres épreuves, en t'inquiétant des épreuves qui attendent le dragon blanc. Il te suffit d'avoir confiance et les choses se termineront bien. »

Merlin hocha la tête et son père baissa la main, puis le silence s'étendit entre eux avant qu'il ne trouve les seules paroles qu'il put penser à dire.

« Je suis heureux d'avoir pu te revoir. »

Balinor le regarda avec fierté.

« Tout comme moi. »

La lumière derrière Merlin commença à diminuer, et Balinor poussa gentiment Merlin dans cette direction.

« Il est temps pour toi de repartir. Va de l'avant en sachant que j'ai toute foi en toi, Merlin, mon fils. Marche vers ton futur sans regrets, et sans raison de regarder en arrière. »

Merlin serra une dernière fois son père dans ses bras puis se retourna vers le portail, et marcha dans sa direction avec les paroles de son père résonnant dans son cœur.

Il émergea dans le cercle de pierres, essuya une dernière fois son visage, puis tendit le Cor à Arthur.

« A votre tour. »

Arthur l'accepta en hochant la tête, avant de souffler dedans comme l'avait fait Merlin une minute plus tôt. Merlin observa Arthur entrer dans la lumière, et attendit qu'il émerge avec la même joie larmoyante que lui-même avait ressentie. Mais quand Arthur réapparut, au lieu d'avoir l'air d'avoir trouvé la paix, il semblait troublé.

Merlin fronça les sourcils, tandis qu'Arthur lui rendait le Cor dans un geste presque dur tandis qu'il le croisait.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est-ce qu'il a dit ? »

Arthur s'arrêta, et se retourna pour le regarder.

« Il m'a condamné pour avoir brisé les anciennes lois et coutumes de Camelot, pour avoir fait chevaliers des roturiers. Il m'a condamné pour avoir épousé Guenièvre, une servante... Et ensuite il m'a condamné pour avoir permis à la magie de revenir dans le royaume. »

Arthur monta une main à son visage.

« C'est presque comme si ses dernières paroles n'avaient jamais eu lieu. C'était comme s'il avait oublié tout ce qu'il a jamais réalisé sur moi, et toi, et à quel point il avait tort de persécuter la magie. »

Merlin rejoignit Arthur et plaça une main sur son épaule.

« L'esprit d'Uther a été brisé par Morgane... Peut-être que le traumatisme de sa trahison l'a empêché de se souvenir de tout ce qui est venu ensuite, lorsqu'il est passé dans le monde des esprits. Son esprit n'a peut-être pas encore eu assez de temps pour s'en remettre. »

Arthur poussa une respiration tremblante.

« Peut-être que c'est vrai, mais ça m'a quand même fait mal de l'entendre dire ça. Il m'a traité en disgrâce... Je n'aurais jamais dû te demander de me laisser utiliser le Cor. »

Il regarda Merlin.

« Mais au moins tu as pu parler à ton père. Qu'a-t-il dit ? »

Merlin sentit un éclair de culpabilité d'avoir eu des retrouvailles si joyeuses quand celles d'Arthur avaient été si douloureuses, mais il répondit :

« Il m'a dit qu'il était fier de moi, et que je devrais aller de l'avant sans regrets. »

Arthur hocha la tête.

« Alors c'est ce que nous devrions faire tous les deux. Maintenant retournons vers la cité. Nous avons une réunion de la Table Ronde demain matin. »

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Arthur fut inhabituellement silencieux le lendemain matin, et ne prononça qu'un minimum de mots tandis qu'il commençait la réunion des Chevaliers dans la Grande Salle. C'était une réunion assez basique de toute façon, au sujet des positions actuelles des troupes, et ce fut Léon qui se retrouva à lire les rapports à voix haute.

« Nous avons parcouru le secteur qui va de Pawlett jusqu'à Meldreth. Nous avons posté trente hommes à Bawtry, quinze hommes à Talan, dix à Chime. Neuf à Brune- »

Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent en trombe d'un seul coup, sans personne pour l'avoir fait, et quand quelques chevaliers regardèrent Merlin, il secoua la tête avant que Léon ne hausse les épaules et poursuive :

« Onze hommes à Burwelle. »

Le chandelier au-dessus de la table se libéra de sa chaîne et atterrit au centre de la Table Ronde dans un énorme fracas, et quand tout le monde le regarda cette fois, Merlin fronça les sourcils.

« Ce n'est pas moi. »

Arthur se leva, regardant toujours le candélabre tombé.

« Je crois que peut-être cette réunion peut attendre demain. Léon, envoyez le rapport complet à mon bureau et je le lirai cet après-midi. »

Il regarda ensuite Merlin.

« Je sais que ce n'est pas vraiment ton travail, mais peux-tu réparer la table ? Sinon nous devrons attendre jusqu'à la fin de la semaine que ce soit fait. »

Merlin hocha la tête, et avec un geste et une incantation, dé-tordit le lustre et le ramena à sa place avant de diriger un deuxième sort vers la table. Pendant ce temps les chevaliers sortirent, et lorsque Arthur et lui furent seuls, Merlin fronça les sourcils.

« Ce n'était vraiment pas moi, Arthur, et il y avait une... Je ne sais pas, une faible présence. Je vais aller dans mon atelier et faire une fouille magique du château, juste au cas où.

- Bien sûr, et préviens-moi si tu trouves quelque chose. »

Tous deux quittèrent la salle, Merlin se dirigeant vers les premiers escaliers pour atteindre le rez-de-chaussée et se diriger vers les escaliers en direction des niveaux inférieurs. Mais après avoir quitté Arthur, Merlin marqua une pause quand un souffle sinistre de vent le croisa. Mais rien d'autre n'arriva, et après avoir haussé les épaules, il se remit à marcher vers l'atelier. Et lorsqu'il eut passé la journée entière à regarder dans des bols d'observation et des cristaux, il commença à se demander s'il n'y avait pas un jeune sorcier parmi le personnel du château, qui avait décidé de jouer des tours idiots avec son pouvoir maintenant que la magie était légale.

Merlin soupira et renonça, sachant que trouver un plaisantin magique demanderait un ensemble de sorts différent et plus spécifique. Ça pouvait attendre le lendemain.

Il retourna dans ses appartements, conscient maintenant qu'il atteignait les niveaux supérieurs qu'il pleuvait plutôt fort dehors, avec beaucoup de tonnerre et d'éclairs. C'était une nuit misérable, bien sûr, mais la pluie ferait du bien aux récoltes et remplirait les puits.

Merlin passait juste l'escalier vers les appartements de Gaius, quand il entendit quelqu'un boiter dans le passage derrière lui. C'était Perceval, et son épaule saignait fortement.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé ?! »

Perceval grimaça tandis que Merlin commençait à le guider vers les appartements de Gaius.

« J'étais dans l'armurerie en train de ranger mes affaires, quand un bouclier est tombé d'une étagère. Je me suis penché pour le ramasser, et une hache m'est tombée dessus. »

Quand ils arrivèrent en haut des escaliers et que Gaius vit la blessure, Merlin répéta ce que Perceval lui avait dit et le médecin fronça les sourcils.

« Je suis surpris que la chute d'une hache puisse causer une blessure aussi profonde, êtes-vous sûr qu'on ne vous l'a pas jetée pendant que vous aviez le dos tourné ? »

Perceval secoua la tête.

« Il n'y avait personne d'autre. J'en suis certain. »

Il hésita.

« Mais c'est étrange... Juste avant que ça arrive, j'ai senti quelque chose, comme s'il y avait quelqu'un, qui m'observait. »

Gaius fronça les sourcils, et appliqua un cataplasme sur la blessure avant de la bander.

« Eh bien... Appliquez le second cataplasme demain matin, et pas d'entraînement jusqu'au lendemain. C'est le temps qu'il faudra au sort pour fermer complètement la blessure. »

Il tendit une deuxième boule de linge à Perceval et le fit sortir, tandis que Merlin remettait la chaiseà sa place près de la table principale et fronçait les sourcils.

Gaius le remarqua.

« Aurais-tu un souci, Merlin ? »

Quand il ne répondit pas, Gaius se dirigea vers lui.

« Merlin, j'ai la nette impression qu'il y a quelque chose que tu ne me dis pas. »

Merlin prit une grande respiration, ayant assemblé les incidents parvenus jusqu'à maintenant et remarqué un schéma, qui lui donnait un mauvais pressentiment.

« Hier, Arthur et moi sommes allés aux Hautes Pierres de Nemeton... Quand j'ai parlé à mon père tout allait bien, mais quand Arthur est sorti il a dit qu'Uther le condamnait pour tous les changements qu'il a faits. Comme s'il ne se souvenait pas d'avoir donné à Arthur sa bénédiction pour faire ce qu'il pensait être juste. »

Merlin commença à faire les cent pas.

« Après la chute du grand lustre, j'ai senti une présence. J'ai fait une fouille magique du château, mais je n'ai rien trouvé. Je cherchais quelque chose de vivant, mais et si ces choses étaient causées par quelque chose qui est mort ? »

Gaius commença à refléter l'inquiétude de Merlin, et fit les cent pas.

« Au temps de l'Ancienne Religion, les prêtresses s'entraînaient pendant des années avant de pénétrer dans le Monde des Spectres. Il est rempli de dangers. Il y avait une chose qu'on leur enseignait à ne jamais faire... Lorsque le voile se refermaient, elles ne devaient jamais se retourner en direction du spectre.

- Et si elles le faisaient ?

- Elles laissaient entrer dans notre monde le spectre en question. »

Merlin s'immobilisa, parvenant à une sombre réalisation.

« Arthur a dû se retourner. »

Gaius se dirigea vers la porte, faisant signe à Merlin de le suivre.

« Tu peux vraiment être un parfait idiot parfois, Merlin. Pas pour avoir parlé à ton père, tu as assez de talent avec la magie, et l'instinct de ne pas t'égarer, pour gérer une rencontre dans le Monde des Spectres. Mais ensuite tu as laissé Arthur entrer, sans être guidé, et sans me demander s'il y avait des choses à ne pas faire. Si vous me l'aviez demandé, je vous aurais dit à tous les deux de ne pas regarder en arrière. »

Merlin cligna des yeux.

« Attendez, vous ne nous auriez pas empêchés de partir ? »

Gaius secoua la tête.

« Comme je l'ai dit, Merlin, tu as l'entraînement et l'expérience pour gérer le rituel, et pour superviser Arthur tandis qu'il parlait à Uther. Mais vous auriez dû me demander d'abord, au lieu de partir à l'aveuglette. »

Tous deux arrivèrent bientôt aux appartements d'Arthur, et firent irruption sans frapper. Arthur était à table, mangeant son souper, et se leva quand il les vit.

« Quelque chose ne va pas ? Merlin, tu as trouvé quelque chose avec tes recherches ? »

Merlin secoua la tête.

« Non, mais je cherchais peut-être la mauvaise chose. Perceval vient de venir voir Gaius avec une épaule blessée, après qu'une hache lui soit apparemment 'tombée' dessus, et il a senti une présence, tout comme moi dans la Grande Salle après la chute du candélabre... Arthur, aux Hautes Pierres de Nemeton quand vous avez parlé avec votre père, vous êtes-vous retourné pour le regarder quand le voile se fermait ? »

Arthur s'immobilisa.

« J'ai... regardé juste une seconde en arrière. »

Merlin amena une main à son visage et commença à faire les cent pas.

« Durant cette seconde, vous avez délivré le Fantôme d'Uther. Toutes ces choses étranges qui sont arrivées ? Le candélabre qui est tombé sur la Table Ronde, qui symbolise tellement ce que vous avez changé à Camelot, et la hache tombée sur Perceval, qui est un roturier que vous avez fait chevalier malgré les anciennes lois auxquelles tenait tant votre père... Vous m'avez dit à quel point Uther désapprouvait ce que vous avez fait. Même dans la mort son esprit est brisé, et jusqu'à ce que sa mémoire guérisse alors il y a tant de choses ici qu'il cherchera à blesser et détruire maintenant qu'il est libre. »

La conversation fut interrompue, quand tous trois sentirent leurs Amulettes se déclencher. Et quand Arthur tira la sienne pour la regarder, il courut vers la porte.

« Gwen ! »

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Un vent sinistre soufflait dans le couloir tandis qu'elle approchait des cuisines, en route vers ses appartements après une visite à une amie dans la Ville Supérieure. Gwen jeta un regard nerveux aux fenêtres tandis qu'elles tremblaient, et quand une porte claqua derrière elle, elle se retourna et appela :

« Il y a quelqu'un ? »

Il n'y eut pas de réponse, et Gwen reprit sa marche, mais l'une des fenêtres s'ouvrit d'un coup sur son passage. Elle s'arrêta pour la refermer, continuant sa route avant qu'elle ne s'ouvre à nouveau, et cette fois quand elle voulut la refermer, toutes les fenêtres de ce couloir s'ouvrirent et le vent souffla dans le passage.

Réalisant qu'il devait y avoir quelque chose comme de la magie là-dedans, Gwen se retourna pour courir tandis que toutes les torches s'éteignaient pour la plonger dans les ténèbres. Puis, avec seulement la lune pour éclairer le passage, elle fut renversée par terre et traînée en hurlant sur le sol en direction des portes les plus éloignées.

Elle réussit à agripper une colonne sur le mur au passage, et se leva maintenant qu'elle s'était libérée de cette prise. Mais des objets qui étaient rangés dans des alcôves le long du couloir de la cuisine commencèrent à trembler, et quand les portes s'ouvrirent la lance, d'une armure exposée là, arriva en volant vers elle.

« Katryn ! »

Gwen se retourna et courut dans les cuisines, espérant que sa servante semi-dryade sentirait sa détresse et viendrait. La lance frappa les portes de la cuisine quand elle les ferma, dépassant de plusieurs centimètres à cause de la force avec laquelle elle avait été lancée.

Elle recula davantage dans la cuisine, le silence brisé seulement par sa respiration paniquée, jusqu'à ce qu'elle pousse un cri tandis que bocaux et tonneaux commençaient à voler dans les airs dans sa direction. Gwen essaya frénétiquement de les éviter, jusqu'au moment où elle échoua et fut assommée, tombant inconsciente près de l'un des foyers.

Un feu s'alluma dans cette cheminée, et commença à se répandre vers tout ce qui était assez proche pour brûler, et tandis que les flammes montaient plus haut, les portes de la cuisine s'ouvrirent en trombe et Katryn entra en courant.

Elle s'immobilisa à l'intérieur, figée sur place par la vue du feu montant sur le mur d'étagères à proximité. Il y en avait tellement, chaque partie de son héritage dryade lui criait de fuir ce qui était mortel pour toutes choses de bois et de feuille. Mais ensuite, elle vit Gwen gisant au sol près de cette fournaise, et la peur ne fut rien face au besoin de la sauver.

Katryn courut vers Gwen et la saisit, son cœur tambourinant à l'idée d'être si proche de tant de feu. Mais tandis qu'elle ramassait Gwen, les tonneaux et bocaux qui avaient été jetés dans tous les sens, recommencèrent tous à trembler. C'est alors que Katryn le vit, un esprit avec une expression de rage et dont elle ne reconnut pas le visage. Mais une chose était claire, il voulait la mort de Gwen.

Katryn siffla sur lui, cette menace devenant ensuite un hurlement horrible et perçant. L'esprit broncha quand il le frappa, mais il s'enfuit quand la semi-dryade augmenta le volume de son cri au point de briser plusieurs bocaux.

Katryn tira Gwen hors des cuisines, et dans le couloir juste quand Arthur et Merlin arrivèrent après avoir entendu ce cri incroyable. Merlin s'empressa d'éteindre le feu, tandis qu'Arthur berçait sa femme avec soulagement.

« Que s'est-il passé ? »

Katryn tremblait, que ce soit sous la fureur ou l'épuisement, il ne put le dire.

« Elle a été attaquée, par le fantôme d'un homme. Il était habillé comme un noble, et il avait l'air tellement en colère, il a essayé de m'empêcher de la sauver mais je l'ai fait fuir. »

Arthur laissa échapper un soupir tremblant.

« Mon père... Je l'ai vraiment libéré. »

Il se leva, l'air sombre.

« Amenons Gwen à Gaius, ensuite nous déterminerons ce que nous devons faire ensuite. »

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Pour ceux qui se demandent pourquoi Katryn a pu voir le fantôme d'Uther, ce sera expliqué dans la partie 3. Et pour la signification du sort de Merlin (celui pour créer l'image de la forêt) : « La radiance de la nuit brille avec splendeur sur la clairière de la forêt. »