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Chapitre 42: Disparition ~Partie 2~
Le feu craquait doucement, sa lueur éclairant le camp jusqu'à ce qu'elle atteigne le faible manteau de brouillard qui était descendu sur la forêt avec l'arrivée de la nuit. Mais un homme n'était pas assis à côté du feu, et Arthur se leva pour rejoindre cet homme qui s'appuyait contre un arbre,
« Elyan, »
Elyan baissa la tête.
« Si j'étais allé avec elle, au lieu de l'envoyer seule. »
Arthur s'arrêta à côté de lui, et soupira.
« Gwen est une cavalière plus qu'accomplie, et son cheval peut distancer presque tous les autres dans les écuries du château, sans parler des montures ordinaires que des bandits pourraient trouver. Vos chevaux ont été effrayés par des serpents, et vous n'aviez aucune raison de soupçonner qu'il se passait quelque chose de sinistre. Vous pensiez que Gwen pouvait rentrer en ville toute seule, et en d'autres circonstances vous auriez eu raison... Dans la même situation, je lui aurais dit de faire la même chose, alors ne vous blâmez pas, parce que ce n'est pas mon cas. »
Elyan grimaça avec culpabilité.
« J'ai sauvé Perceval et Léon, mais je n'ai même pas pu sauver ma propre sœur... Après la mort de notre mère, Gwen m'a pratiquement élevé même si j'ai un an de plus. Elle veillait toujours sur moi, et maintenant je n'ai pas réussi à faire la même chose pour elle. Je ne sais pas... ce que je serais devenu sans elle. Je ne saurais l'expliquer. »
Arthur plaça une main sur son épaule, bien qu'il doive intérieurement être aussi blessé que lui.
« Nul ne vous y oblige. »
Il reconduisit Elyan vers le feu, et dans la sécurité des alarmes de Merlin, ils sombrèrent tous dans le sommeil. Mais à peine une heure avant l'aube le silence fut rompu, par Léon et Perceval qui réveillèrent tout le monde avec un hurlement.
Avant que quiconque ne puisse demander ce qui n'allait pas, Léon prit une inspiration tremblante et déclara :
« La tour... Tout ce qui était dans son ombre était sans vie. Il y avait ce bruit atroce, des enfants hurlaient de peur.
- Et la pluie avait un goût de sang. J'ai fait le même rêve. »
Aux paroles de Perceval ils se retournèrent tous vers lui, et il déglutit contre les tremblements qui le parcouraient encore.
« J'étais perdu dans une forêt où les arbres avaient des griffes. Quand j'ai enfin pu m'échapper, j'ai vu une plaine. »
Léon le fixait avec la même peur remémorée.
« Nue jusqu'au-delà de l'horizon, presque nue car...
- S'élançant vers le ciel, un obscur pilier de pierre fendait l'air.
- Une tour tellement sombre qu'elle aurait pu avaler le soleil. »
L'expression d'Arthur s'était durcie tandis qu'il écoutait, et ses mots interrompirent le récit.
« La Tour Sombre... On apprenait aux jeunes chevaliers à redouter cet endroit autrefois, et à juste titre, car nombre d'entre eux y perdaient la vie. »
Merlin fronça les sourcils.
« Je n'en ai jamais entendu parler. »
Arthur hocha la tête.
« Il y a une raison à cela. Il est dit que le simple fait de l'évoquer apporte le malheur à tous ceux qui en entendent parler. »
Dans le silence qui suivit, Gauvain enfonça la dague qu'il avait tiré lorsque le hurlement l'avait réveillé, dans le sol à côté de lui.
« Bien, alors n'en parlons plus, soupira-t-il. J'ai rêvé que je mangeais du fromage, qui avait un drôle de goût. Un goût de tarte aux pommes. Quelqu'un a-t-il fait le même rêve que moi ? Vous avez raté quelque chose. »
Personne ne rit à la plaisanterie, excepté Gauvain lui-même, et après un moment de réflexion Arthur se tourna vers Merlin.
« Pourquoi font-ils tous ce cauchemar ? »
Merlin répondit, l'air sombre.
« La magie de Morgane, qui était dans le poison... Elle nous a donné nos nouvelles instructions. Elle a emmené Gwen dans la Tour. »
Une fois de plus ce fut Gauvain qui rompit le silence qui suivit, et ce fut à nouveau avec une remarque badine. Mais elle résumait ce qu'ils avaient tous décidé de faire.
« C'est une jeune fille dans une tour, une demoiselle en détresse... Je suis né pour ce moment. »
Arthur sourit à ces mots.
« Alors vous feriez bien de prendre quelque chose à manger, parce que nous partons pour la Tour Sombre dès que vous êtes prêts. »
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Le bruit de ruissellement était discret mais persistant, mais pas suffisant pour la réveiller jusqu'à ce que l'une des gouttes atterrisse sur le côté de son visage.
Gwen ouvrit les yeux en sursautant, touchant l'endroit mouillé sur son visage et regardant la substance noire et gluante qui resta ensuite sur ses doigts. La pâle lueur de l'aube passait par la fenêtre, et lui permit enfin de voir ce qui était accroché au plafond partout dans sa prison.
Des racines de Mandragore, chacune d'entre elles gouttant d'une horrible pellicule boueuse, et tout d'un coup, les hurlements dont elle avait été victime prirent un sens.
Comme en réponse à cette idée, les hurlements revinrent à son esprit éveillé, la poussant à presser ses mains contre sa tête pour essayer de les bloquer. Mais elle ne pouvait atteindre une distance suffisante, ils étaient trop bien répandus dans la pièce. Elle ne pouvait échapper à leur portée.
Gwen lutta contre l'envie de gémir face au tourment harcelant son esprit, et se laissa glisser le long de l'une des colonnes de la pièce.
Elle resta là jusqu'à ce qu'un bruit de pas éloignés atteigne ses oreilles. Gwen se leva tandis que tout redevenait silencieux, le cœur battant, puis elle se retourna et sursauta de peur quand elle trouva son frère debout à côté d'elle. Mais Elyan n'avait pas l'air normal, il avait une lueur maléfique dans ses yeux, et il commença à se rire d'elle.
Ces rires résonnèrent autour d'elle, même après que son image ait disparu, et Gwen ne put retenir le gémissement qui s'échappa de sa gorge. C'était l'œuvre des racines de mandragore et des sorts qu'elles contenaient, elle le savait, mais cela ne rendait pas le tout moins terrifiant.
Elle se pencha derrière un pilier et s'assit de nouveau à son pied, se recroquevillant là et essayant de purger son esprit de ses peurs. Mais sa tâche fut compliquée quand une image de Merlin ne tarda pas à apparaître, pour la narguer et la harceler comme l'avait fait le faux Elyan.
Ce fut après la disparition que la porte s'ouvrit, et que Morgane se dressa là, regardant vers la Reine à genoux au sol devant elle. Son sourire, loin d'être narquois, était en fait sincèrement aimable, et elle commença à descendre les escaliers sans fermer la porte.
« Suis-moi, une collation nous attend. »
Gwen la suivit, ne serait-ce que pour échapper aux racines de mandragore, et fut menée vers une salle à manger couverte de toiles d'araignée où une partie de la table avait été nettoyée et couverte de nourriture.
Morgane la dirigea vers le siège à la tête de la table, puis s'assit dans le fauteuil à gauche.
« Tiens, mange. Je me sens toujours mieux après avoir mangé. »
Quand Gwen hésita à toucher la nourriture devant elle, Morgane poussa un plateau vers elle.
« Tu préfèrerais du poulet ? »
Une autre pause.
« Tu dois manger quelque chose. »
Gwen l'observa avec méfiance, rendu soupçonneuse par la gentillesse dont Morgane faisait preuve. C'était presque comme voir un fantôme du passé, venu du temps avant que le cœur de Morgane ne soit empoisonné par la haine. Un temps où Gwen et elle avaient été amies.
« J'ignore à quel jeu cruel vous jouez, Morgane, mais ce n'est pas vous qui me briserez. »
Morgane sembla honnêtement surprise à ces mots.
« Je croyais te faire plaisir... Je sais que tu dois te sentir bien seule, livrée à toi-même dans cette pièce. »
Son sourire s'effaça.
« Au moins tu n'es pas enchaînée... tu peux voir la lumière du jour. Tu peux bouger, tu peux voir. »
Gwen cracha presque ses paroles suivantes.
« Vous attendez-vous à ce que je sois reconnaissante ? »
L'expression de Morgane s'adoucit, et se teinta de douleur remémorée.
« Moi aussi, j'ai souffert. J'ai passé deux ans dans les ténèbres. J'ai passé deux ans enchaînée à un mur au fond d'un puits. »
Quand l'expression de Gwen trahit un éclair de surprise, le sourire de Morgane revint, bien que tristement.
« Tu n'en savais rien ? J'aurais vendu mon âme pour un peu de bonté telle que celle-ci. Mais si tu veux retourner là-haut... »
Elle n'en dit pas plus, et commença plutôt à manger la nourriture dans son assiette tandis que Gwen observait et commençait avec hésitation à manger la sienne. Mais bien que la reine ressente réellement de la pitié pour Morgane, pour ce qu'elle avait subi, elle ne baissa pas sa garde. La sorcière avait ses raisons pour tout cela, elle en était sûre, et elle était déterminée à ne pas jouer le jeu de Morgane.
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Le groupe fit halte au sommet d'une crête, désormais capables de voir une étendue de forêt suivie par un cercle parfait de terre stérile, et au cœur de ce cercle, une lance de pierre tendu vers le ciel.
Arthur regarda solennellement ce paysage.
« La Tour Sombre. Pour l'atteindre, nous devons traverser la Forêt Impénétrable. Ces arbres ont tué des armées d'hommes, et il est dit que même ceux qui la traversent meurent ensuite de désespoir avant d'atteindre les murs de la Tour. »
Katryn fit avancer son cheval jusqu'à la tête du groupe, et contempla ces arbres.
« Aucune forêt n'est impénétrable pour les Dryades et leur peuple, et pourtant, celle-ci résonne de la Volonté de Désespoir, un endroit pour punir ceux qui sont assez fous pour prendre la Tour à la légère. »
Elle frissonna.
« Il pourrait m'être impossible de nous guider vers la route sans danger qui la traverse, mais je peux garantir que quelle que soit la magie qui guide ces arbres pour faire du mal aux autres, elle ne nous touchera pas. »
Arthur hocha la tête.
« Alors c'est une bonne chose que vous soyez venue avec nous. »
Il hocha la tête en direction de la forêt.
« Allons-y. »
Ils firent virer leurs chevaux afin de suivre la pente qui descendait entre la crête et l'orée de la forêt, chevauchant aussi près des arbres qu'ils l'osaient avant de laisser leurs montures avec un ordre dans l'Ancien Langage pour qu'ils restent dans la zone jusqu'à leur retour. Quant à la forêt, même à son bord, elle était incroyablement dense avec une myriade de plantes grimpantes avec ou sans épines. Quelques minutes après s'être engagés en direction de la tour, les capes s'accrochaient et tout le monde respirait déjà fort.
Au bout de deux heures de route, tout le monde était frustré. Certains plus que d'autres.
Gauvain jura, ayant accroché sa cape sur une épine pour ce qui semblait être la centième fois, et la libéra avec un léger bruit de tissu déchiré. Il regarda ensuite Katryn, qui, contrairement à eux, n'était que légèrement essoufflée, car bien qu'elle aussi porte une cape, les épines ne semblaient jamais la toucher.
« Vous ne pouvez pas nous frayer un chemin ? Dire à ces plantes de s'écarter de notre route ? »
Elle marqua une pause et se retourna vers lui, l'expression neutre et impassible.
« Bien sûr... si vous voulez me porter lorsque je m'effondrerai d'épuisement au bout de quelques mètres à peine. »
Son ton se fit réprobateur.
« Je ne suis pas comme les Dryades entières, et cette forêt et sa volonté sont anciennes. Je n'ai pas les réserves de pouvoir pour nous créer une route, et si je m'épuise en essayant, cela nous laissera tous vulnérables aux autres menaces qui existent ici. Soyez heureux que je puisse vous en protéger, même si je ne peux pas nous faciliter le chemin. »
Gauvain soupira mais ne protesta pas contre ses paroles, tandis qu'à son tour Arthur jetait un regard à Merlin.
« Et toi, tu peux faire quelque chose ? »
Merlin regarda les arbres autour de lui, et fronça légèrement les sourcils.
« Je suis d'accord avec Katryn, il y a une volonté ancienne dans cet endroit. Je ne sais pas comment elle réagirait si je commençais à arracher des plantes et des arbres pour nous frayer un chemin. J'ai le sentiment que ce serait une mauvaise idée. »
Arthur hocha la tête, et se remit en route.
« Alors cela veut dire que nous devrions juste continuer et ne pas perdre plus de temps. »
Ils avancèrent, même quand il sembla que tout sens de l'orientation était perdu, jusqu'à ce qu'ils atteignent une pente où un trou entre les arbres leur permit de voir la Tour. Cette vue fit sourire Léon.
« Nous sommes sur le bon chemin. »
Arthur hocha la tête.
« À ce rythme, nous devrions atteindre la Tour à la tombée de la nuit. Nous devons continuer à avancer. »
Une fois de plus ils repartirent, marchant aussi vite que la forêt le permettait, jusqu'à ce que trois heures plus tard Arthur s'arrête et détache quelque chose d'une épine... C'était un morceau de tissu rouge, rapidement identifié quand Gauvain vérifia sa cape et y trouva un trou, et Arthur jura et frappa l'arbre le plus proche. Il ferait nuit bientôt, très bientôt... Ils avaient perdu presque une journée.
Arthur se laissa tomber au sol, amer et frustré, tandis que Katryn se glissait discrètement derrière un arbre et que les chevaliers commençaient à installer le camp dans un accord silencieux. Merlin la vit se retirer, et comprit tandis qu'elle faisait cela que même si personne ne la blâmerait d'être incapable de les guider hors d'ici, il valait mieux rester hors de vue jusqu'à ce que les tempéraments se calment.
Merlin se tourna ensuite vers Arthur, et dit doucement :
« Je vous ai fait une promesse. Vous vous souvenez ? Nous allons la ramener. »
Il s'éloigna et commença à utiliser la magie pour éclaircir le trou entre plusieurs des arbres à proximité, qu'il prit garde de ne pas toucher. Lorsqu'il eut fini, il y avait assez de place pour qu'ils s'y allongent tous, et ce fut aussi bien que les ténèbres commencèrent lentement à tomber jusqu'à ce que la seulelumière vienne du feu de camp et d'un pâle rayon de lune passant à travers les feuilles au-dessus de leurs têtes.
Ils s'installèrent tous pour dormir, avec le cercle de protection habituel de Merlin, et les heures de nuit commencèrent à passer. Il devait être bien après minuit quand il s'étira, tandis qu'une certaine présence qui d'une façon mystérieuse ne déclencha pas les alarmes, faisait bruisser les feuilles autour du camp.
Merlin ouvrit les yeux et se leva lentement, fronçant prudemment les sourcils jusqu'à ce qu'il sursaute presque à la voix douce de Katryn à côté de lui. Elle aussi s'était réveillée, et l'avait rejoint si silencieusement qu'il ne l'avait même pas entendu.
« Quelque chose est ici, et c'est une fae mais pas une fae. C'est certainement un esprit, mais pas de la sorte que je connais. »
Merlin hocha la tête pour la remercier de l'avertissement, tandis que tous deux suivaient les bruissements jusqu'à ce qu'ils atteignent une bûche juste à l'extérieur des alarmes. Et cette fois, tous deux sursautèrent quand une voix s'éleva.
« Eh bien, elle avait presque raison, mais sa supposition était bonne pour une simple semi-dryade. »
Là, juste devant leurs yeux, se trouvait une petite femme de la taille d'une fée perchée sur la bûche, et elle était habillée comme telle aussi.
« Bienvenue dans mon royaume, Emrys. »
Merlin fronça les sourcils.
« Qui êtes-vous ? »
La femme pencha la tête, et prit un ton condescendant.
« Eh bien, je suis la Reine Mab, sourit-elle. Je suis l'esprit malin de cet horrible endroit, et de tous ceux qui apportent le désespoir dans le cœur des êtres humains. Peu d'entre eux m'ont vue, Emrys. Tu fais partie de ceux qui ont eu cette chance. »
Merlin la fixa, ressentant une partie de sa frustration du jour revenir.
« Vous... tout dans cette forêt est... absolument insensé. »
Le sourire narquois de Mab demeura en place.
« La forêt n'est qu'une étape dans le voyage. »
Merlin se rapprocha et s'accroupit à son niveau, ignorant le signe de Katryn d'être prudent.
« Comment sortir de cette forêt ? »
Mab sourit. Il y avait un rire dans sa voix.
« Oh, cher enfant, tu ne devrais pas avoir à le demander. La gauche est à droite et la droite est à gauche, le chemin descendant devient le chemin ascendant. C'est simple. »
Merlin se renfrogna.
« Oh, très simple. »
Le sourire de Mab se changea en froncement de sourcils devant sa désapprobation.
« Tu as de l'imagination, Emrys. Tu dois apprendre à lui faire confiance, car tu auras de bien plus grands défis à relever.
- Quand nous aurons atteint la Tour ?
- Si vous l'atteignez. »
Merlin fronça les sourcils à ces mots, la frustration laissant place à l'inquiétude.
« Que voulez-vous dire ? »
La voix de Mab se transforma en murmure.
« Surtout sois prudent, Emrys. La Tour n'a pas d'existence matérielle. C'est la césure du cœur, la plus grande peur de l'esprit, l'œil de l'oiseau immobile et inquiétant. »
La frustration de Merlin revint à pleine force.
« Stop ! Cessez de parler par énigmes. »
Mab le regarda d'un air hautain.
« Alors je vais parler en vers. Écoute mes paroles avec grand intérêt, car l'un de vous ne reviendra jamais. »
Mab commença à ricaner tandis que Merlin se relevait et reculait d'un pas, et que Katryn et lui regardaient vers l'endroit où Arthur et les autres dormaient toujours.
« Que voulez-vous dire ? Lequel d'entre nous ? »
Quand ils se tournèrent de nouveau vers la bûche, Mab avait disparu, et Katryn se dirigea vers la bûche pour la toucher avec hésitation, comme pour s'assurer que Mab s'y était vraiment trouvée. Elle lui jeta ensuite un regard.
« Ça t'arrive souvent, ce genre de rencontre ? »
L'expression de Merlin se durcit, tandis que l'idée d'une autre mort "annoncée" creusait un chemin dans son cœur tel un bloc de glace.
« Assez souvent pour que je les déteste... Mais au moins maintenant je sais comment nous sortir de cet endroit. Demain, nous allons sauver Gwen. »
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