Chapitre 47 : Morgane et son alliée ~Partie 1~
« C'est bien agréable, n'est-ce-pas ? Rien que nous deux. »
« Enfin, rien que nous trois. »
Gwen sourit à Arthur, avant que tous deux regardent Merlin, qui chevauchait à quelques mètres derrière eux. Ils n'étaient pas si loin de la cité, sur l'un des chemins que les nobles aimaient le plus pour partir en balade le matin, et le temps n'aurait pu être mieux.
Arthur sourit.
« Merlin ? Oh, il ne compte pas. »
Le magicien renifla.
« Et qui a suggéré qu'on parte en balade ensemble ? Vous. Bien que, dans mes souvenirs, j'étais censé y aller tout seul, puis Guenièvre et vous vous trouviez aux écuries quand j'y suis allé et vous avez si gentiment proposé que je vienne avec vous. »
Arthur lui donna un regard sympathique.
« Ta tête t'ennuie toujours ? »
L'expression de Merlin devint résignée, ce qui révéla à quel point il était fatigué. Les derniers jours ne lui avaient pas permis de dormir correctement.
« Vous parlez de l'écho constant qui vient de l'Île Fortunée, combinée avec la distraction constante des prières à l'Ancienne Magie ? Oui, ça m'ennuie toujours. »
Gwen rit en entendant son ton d'autodérision.
« Je sais que tu peux t'y habituer, Merlin. Tu as réussi à le faire avec tout le reste jusqu'à maintenant. »
Merlin roula des yeux devant la taquinerie.
« C'est ça, moquez-vous du magicien quand sa magie n'est littéralement rien d'autre qu'une épine dans le pied. Si je n'ai pas une bonne nuit de sommeil bientôt, j'en volerai peut-être une à Arthur. Vu le temps qu'il passe au lit, ça ne lui manquera pas. »
Gwen et Arthur rirent tous les deux à cela, et l'atmosphère joyeuse continua tandis qu'ils avançaient le long du chemin. Mais à peine cent mètres plus loin, quelque chose explosa devant le cheval d'Arthur, le faisant se cabrer et sauter sur le côté de surprise.
Le mouvement fit qu'Arthur mit tout son poids sur son étrier droit et la selle tourna soudainement, le désarçonnant. Il tomba brutalement au sol et deux bandits sortirent des sous-bois en courant, mais ils ne firent pas plus de trois pas avant que Merlin lève une main dans leur direction.
« Astrice! »
La force avec laquelle ils furent projetés en arrière choqua même Merlin, qui avait seulement l'intention de les assommer, et il n'y avait aucun doute qu'au moment où ils percuteraient quelque chose, ils seraient morts instantanément.
Arthur se leva et se tourna vers son ami.
« Ce n'était pas une réaction un peu trop disproportionnée ? »
Merlin grimaça.
« Désolé, j'ai mal calculé. J'ai beaucoup plus de pouvoirs qu'il y a quelques jours, et je suis encore en train de m'y habituer. »
Il descendit de cheval pour aller inspecter l'un des hommes, et recula dès qu'il eut confirmé qu'ils étaient morts.
« Pas d'interrogation pour ces deux-là. »
Arthur s'approcha, et déguisa soigneusement sa réaction en voyant l'état dans lequel l'un des attaquants était. Celui qui avait percuté un rocher.
« Je ne crois pas qu'on en aurait eu besoin, c'étaient visiblement des bandits amateurs. Ils attendaient certainement pour tendre une embuscade à des femmes nobles ou à des hommes moins talentueux à l'épée. Ils en avaient probablement après l'argent ou les bijoux, ça arrive assez souvent, même s'il faudra que je parle avec le chevalier en charge des patrouilles. Cet endroit doit être patrouillé plus souvent. »
« En effet. »
Ils laissèrent les bandits où ils se trouvaient, et retournèrent à l'endroit où Gwen attendait, sur son cheval. Elle semblait un peu secouée, mais sourit lorsqu'elle vit qu'ils allaient bien. Le seul blessé était Arthur, et ce n'était pas si grave.
Ils retournèrent au château, Arthur partageant le cheval de Gwen, et il renvoya une patrouille pour enterrer les hommes morts après avoir cherché quelque chose qui pourrait leur indiquer d'où ils venaient. Pendant ce temps, il alla voir Gaius, qui se montra bien plus tourmenté par l'accident qu'Arthur.
« Sire, vous avez beaucoup de chance. Avec une chute pareille, vous auriez pu vous rompre le cou. »
Gaius mit de la pommade sur les écorchures et les bleus sur le bras gauche d'Arthur, pendant que le roi fronçait les sourcils.
« Je suis encore surpris que des bandits osent tendre une embuscade si près de la cité. Ils auraient dû savoir que ça signifierait une mort presque certaine. Même quand les dames de la cour sortent en balade, elles ont toujours une escorte, et ils n'étaient que deux. C'était du suicide dans tous les cas. »
Le médecin finit de bander la peau recouverte de pommade, et recula pour qu'Arthur puisse se lever.
« Eh bien, malheureusement quelquefois les personnes prennent des mesures désespérées pour un peu d'argent. Mais c'était leur choix, et ils en ont subi les conséquences. »
Arthur grimaça.
« Au moins leur mort était rapide. »
A cette remarque, Merlin, qui venait juste d'entrer, sursauta visiblement.
« Ne vous inquiétez pas, je ne laisserai pas ça se reproduire, assura-t-il avant de froncer les sourcils. Vous ne croyez pas que leur présence était une coïncidence ? Ils ont attaqué. Nous n'étions pas les premiers à quitter les écuries ce matin. Il y avait un autre groupe de cavaliers cinq minutes avant nous, avec deux femmes nobles. Je viens de demander aux palefreniers... Si ces hommes cherchaient une cible facile, alors pourquoi les ont-ils laissé passer pour nous attaquer ? »
« Tu penses que c'était une embuscade délibérée ? »
L'expression de Merlin se durcit.
« J'ai jeté un œil à votre selle... La sangle a été décousue et recousue de telle sorte qu'elle ne pouvait que se rompre. Si je n'avais pas été là, et que vous étiez tombé plus fort que ça, ces deux hommes à eux seuls auraient pu vous tuer, Gwen et vous. Quelqu'un a essayé de vous tuer, Arthur, et nous devons découvrir qui. »
Arthur se leva, son expression devenant indéchiffrable comme souvent lorsqu'il découvrait une tentative d'assassinat. Ça lui était arrivé tellement de fois qu'il en était devenu dans un sens insensible.
Puis il parla, pensif.
« Seules trois personnes ont régulièrement accès à ma selle. Moi, mon serviteur et nous savons tous les deux qu'il ne ferait jamais une chose pareille... et Tyr Seward. Mais il s'occupe de mes écuries personnelles depuis cinq ans, et il n'a jamais rien fait de mal. »
Gwen prit le bras d'Arthur, et parla solennellement.
« Mais quelquefois les gens commettent des folies pour un peu d'argent. »
Ses mots tirèrent Arthur de son impasse, et il hocha la tête.
« Merlin, fais arrêter Tyr et amène-le à la Chambre du Conseil, puis va fouiller sa maison avec Sire Léon. Je lui demanderai la vérité moi-même, lorsque vous reviendrez tous les deux. »
Merlin hocha la tête et partit, un sentiment de malaise dans l'estomac. Il connaissait bien Tyr, c'était un jeune homme joyeux qui ne ferait pas de mal à une mouche. Il était bien meilleur que les ronchons qu'il avait remplacé, le duo qui avait tourmenté Liam jusqu'à ce que l'incident avec le 'fantôme' du Sort de Parole les ait fait décider de chercher du travail ailleurs quelques semaines après. Tyr adorait travailler avec les chevaux, en dépit de l'odeur des écuries, et était très fier de travailler pour le roi.
Merlin se força à oublier ces pensées. Pour ce qu'il en savait, il pouvait y avoir un ensorcellement impliqué, et Tyr avait pu y prendre part contre sa volonté, mais en même temps Gwen avait raison... Quelquefois, l'argent, si proposé en quantités suffisantes, pouvait s'avérer trop tentant même pour les personnes les plus honnêtes.
C'est Gauvain qu'il envoya pour arrêter Tyr, lui faisant confiance pour être ferme mais gentil avec le palefrenier, et ce travail serait accompli tandis que la maison que Tyr partageait avec sa mère serait fouillée. C'était la partie que Merlin n'avait pas hâte d'accomplir, sachant que son expression sérieuse et son escorte de chevaliers constituaient une vue intimidante tandis qu'il traversait la ville basse.
Lorsqu'il arriva à la maison, il frappa légèrement plutôt que de tambouriner à la porte. Tant qu'une part de lui espérerait que Tyr soit innocent, il serait poli et calme vis-à-vis de la mère du jeune homme.
Une femme âgée ouvrit la porte, et fronça les sourcils de confusion lorsque Merlin l'écarta gentiment pour entrer.
« Gelda Seward ? Votre fils, Tyr Seward, vit ici avec vous ? »
Elle hocha la tête, commençant à avoir l'air effrayée tandis que Léon et trois autres chevaliers suivaient Merlin à l'intérieur.
« Est-ce qu'il y a eu un ennui quelconque ? »
Léon lui répondit
« Il a été arrêté parce qu'on le soupçonne de trahison. »
« Non, ce n'est pas possible, vous devez faire une erreur ! Mon fils est aussi dévoué au Roi que vous-même ! »
La voix de Merlin interrompit les bruits des chevaliers qui fouillaient la maison.
« Ou peut-être pas. »
Il montra une pelote de fil rouge épais... exactement le même que celui qui avait été utilisé pour saboter la selle. Elle avait été cachée sous le matelas du lit de Tyr.
Léon la regarda.
« Est-ce que ça correspond ? »
Merlin sortit les morceaux de fil qu'il avait pris de la selle de sa poche, et les tint dans sa main, la pelote dans l'autre, avant de murmurer.
« Gif thu langest, edhweirfe. »
Ses yeux brillèrent légèrement, et les morceaux de fils se rassemblèrent en un tout... puis cette longueur se rattacha à l'extrémité de la pelote. Puis il regarda Gelda, solennel.
« Le fil utilisé pour saboter la selle du roi est retourné d'où il venait, et il venait de cette pelote. A moins qu'une autre preuve soit attestée par le témoignage de Tyr, j'ai peur que nous devions croire qu'il est coupable. »
Merlin indiqua à Léon de faire de son mieux pour calmer Gelda, qui s'était mise à gémir, pendant qu'il retournait au château avec la pelote de fil révélatrice. Mais il fut forcé de ne pas grimacer en le faisant, car en gardant son nouveau niveau de pouvoir correctement maîtrisé, il s'était ouvert à d'autres échos de l'Île. Il allait falloir un moment avant qu'il maîtrise sa nouvelle 'balance'.
Il arriva à la Chambre du Conseil dix minutes après avoir quitté la maison de Tyr et de Gelda, et Arthur l'attendait, avec plusieurs chevaliers, Gaius, Gwen, et l'homme accusé.
Merlin lui tendit la pelote, puis se tourna vers Tyr, désolé.
« Je l'ai trouvée dans la maison partagée par Tyr Seward et sa mère. Lorsque je lui ai demandé par magie de retourner à sa source, le fil utilisé sur votre selle a rejoint celui de cette pelote. Tous deux n'étaient qu'un seul fil à l'origine. »
Arthur examina la pelote, puis regarda l'homme devant lui.
« Tyr, qui t'a poussé à faire cela ? Dis la vérité, car mon Sorcier de la Cour saura si tu mens. »
Arthur regarda Merlin, qui, après avoir hésité, grimaça et acquiesça en posant une main sur l'épaule de Tyr. A travers ce contact, il sentirait si ce qui était dit était la vérité ou un mensonge.
Tyr sursauta à cela, la peur s'élevant dans ses yeux.
« Personne. Personne ne m'a poussé à faire quoi que ce soit, Sire. »
La voix d'Arthur se fit ferme.
« Tu affirmes avoir agi seul ? Personne ne t'a aidé, aucun complice ? »
« Je ne sais pas la moindre chose sur ces histoires dont vous parlez ! Je n'ai rien fait Sire, à part m'occuper de votre cheval et de votre selle comme toujours. »
Merlin frissonna et lâcha Tyr, avant de se recomposer et de reposer sa main sur son épaule. Lorsqu'Arthur le regarda, il soupira.
« Je suis seulement fatigué, je tiendrai pour le reste de l'interrogatoire. Jusqu'à présent, il a répondu honnêtement à toutes les questions. Personne ne lui a demandé de saboter votre selle, et il ne sait pas comment le fil s'est retrouvé dans sa maison. Il y a certainement été dissimulé. »
Arthur inspira profondément, et son expression s'adoucit.
« Alors je dois te demander, Tyr, connais-tu quelqu'un qui aurait pu faire cela ? Si oui, donne-moi son nom. »
Tyr hésita et secoua la tête, à la grande consternation d'Arthur lorsque Merlin secoua la tête pour indiquer que c'était un mensonge.
« Pourquoi les protéger ? »
Tyr jeta un œil à Gwen, tremblant sous la pression de l'interrogatoire.
« C'est arrivé il y a quelques jours, l'un des chevaux a attrapé la colique alors je suis resté dormir à l'écurie pour veiller sur lui. Cette nuit-là, je me suis réveillé et j'ai vu quelqu'un examiner votre selle, mais c'est tout. J'ignore qui c'était ! »
Tyr sembla s'effondrer sur lui-même, secoua la tête encore et encore tandis que Merlin le lâchait et reculait. Puis il fit face à Arthur.
« Laissons-le tranquille. Il sait qui il a vu, mais il est trop terrifié pour le dire. Je propose qu'il soit placé dans des quartiers sécurisés jusqu'à ce qu'il se sente suffisamment en sûreté pour nous le dire, et que sa mère soit amenée au château aussi. Craindre pour sa vie ne ferait que contribuer à sa peur. »
Arthur hocha la tête pour signifier son accord, et s'adressa au palefrenier.
« Toi et ta mère serez chacun installés dans une chambre d'hôtes dans ce château. Vous n'aurez pas le droit de vous voir, mais je m'assurerai que vous soyez tous les deux en sécurité jusqu'à ce que ce problème soit résolu. Lorsque tu te sentiras prêt à dire qui a commis cela ou la personne que tu suspectes, dis-le au garde et Merlin viendra te parler. »
Arthur regarda Gauvain, et désigna Tyr.
« Assurez-vous que cela soit fait, et que la maison de Tyr soit surveillée jusqu'à ce que sa mère et lui y retourne. Je ne tolérerai pas qu'elle soit pillée en leur absence. »
Gauvain saisit Tyr par le bras et commença à l'emmener hors de la salle.
« Je m'en charge. »
Une fois que les chevaliers et Tyr furent partis, Arthur se tourna vers Merlin. Le magicien n'avait pas l'air bien.
« Est-ce que ça va ? »
Merlin essaya d'éluder la question, mais il ne pouvait nier qu'il avait mal.
« Vraiment, je vais bien. Je suis seulement fatigué. »
Arthur le regarda longuement, puis regarda le médecin proche.
« Gaius, je veux que vous raccompagniez Merlin à ses appartements et que vous lui fassiez prendre une potion de sommeil. »
Lorsque Merlin fit mine de protester, Arthur secoua la tête.
« Pas de mais, Merlin. Je te libère de tes obligations pour le reste de la journée, et je te promets que je ne sortirai pas de ce château jusqu'à ce que tu te sois réveillé, donc tu n'as pas besoin de t'inquiéter pour moi. Tout ce dont tu as besoin de t'inquiéter, c'est d'obtenir le sommeil dont tu as si clairement besoin. »
Gaius fit sortir Merlin, le magicien ne protestant plus, et une fois qu'ils furent sortis Gwen s'avança pour se tenir aux côtés d'Arthur.
« Ne t'inquiète pas. Avec quelques heures de sommeil réparateur, Merlin sera suffisamment reposé pour trouver le responsable. Et peut-être que d'ici demain matin, Tyr se sentira capable de nous dire qui il a vu. »
Elle lui prit la main.
« Tiens simplement ta promesse à Merlin, et ne vas nulle part. J'ai déjà perdu mon frère, je ne pourrais supporter de te perdre aussi. »
Arthur posa une main sur son visage, souriant.
« Je suis là, Guenièvre, je le serai toujours. Je ne te laisserai jamais, je te le promets. »
Gwen l'embrassa doucement sur la joue et sortit, son sourire se transformant en un froncement de sourcils dédaigneux dès qu'il ne fut plus en mesure de la voir. Puis elle passa à ses appartements pour récupérer la dague qu'elle gardait sous son lit, et la dissimula dans les plis de sa robe avant de partir de ces pièces.
Elle se dirigea vers les chambres d'hôtes, mais pas par les couloirs principaux. A la place, elle descendit jusqu'au rez-de-chaussée, et remonta en utilisant la route et l'escalier étroit que Merlin avait tellement utilisé lorsqu'il était encore un serviteur. Seule une poignée de serviteurs avait connaissance de cette route, et les gardes n'y avaient même pas pensé. Car lorsque ce chemin l'amena à l'extrémité du couloir de chambres d'hôtes inutilisé, les seuls gardes visibles étaient la paire à la jonction avec le couloir principal.
Gwen regarda et attendit, comptant sur la curiosité et la tension pour faire révéler à Tyr la pièce dans laquelle il se trouvait. Mais elle ne risquerait pas de les fouiller une par une, ou le son des portes attirerait l'attention des gardes.
Après quelques minutes, une des portes s'ouvrit et Tyr regarda à l'extérieur, clairement encore effrayé, et lorsqu'il eut disparu et refermé la porte, Gwen s'y dirigea aussi tranquillement que si elle se promenait un matin.
Elle entra la pièce et ferma silencieusement la porte, avant de s'approcher de Tyr, qui était maintenant debout à la fenêtre.
« Tyr. »
Il se retourna, surpris, et la peur surgit à nouveau dans ses yeux.
« Que faites-vous ici ? »
Gwen sourit.
« Tu n'as pas lieu de t'inquiéter, je veux juste qu'on parle. Tu peux te rapprocher. »
Réticent, il s'éloigna de la fenêtre, mais resta quand même à quelques pas d'elles. Puis il commença à se torde les mains anxieusement.
« Je ne leur dirai pas, je vous le jure. Vous avez ma parole... S'il vous plaît, ne faites pas de mal à ma mère. »
Gwen franchit la distance entre eux deux, tandis que sa main se déplaçait discrètement vers la lame dissimulée dans les plis de sa jupe.
« Je te crois. »
Elle s'arrêta devant lui, souriant toujours.
« Ta mère n'est pas le problème, c'est toi. »
Il fronça les sourcils.
« Moi ? »
Le sourire de Gwen disparut.
« Ce qui m'ennuie, ce n'est pas ce que tu n'as pas dit, c'est ce que tu peux encore dire. »
Avant qu'il puisse réagir, elle le poignarda, puis ressortit la lame avant de la nettoyer sur ses vêtements une fois qu'il fut tombé au sol. Gwen le laissa là, dans la mare de sang grandissant, et sortit de la chambre d'hôte de la même façon qu'elle y était entrée. Personne ne la remarqua ni ne l'entendit, tout comme la servante qu'elle n'était plus.
Katryn s'occupait toujours de ses tâches à l'extérieur lorsque Gwen replaça la dague à sa place sous le lit, et la nourrice de Balther fut aussi aisément renvoyée lorsque Gwen alla dans ses appartements à côté.
Une fois que la servante fut partie, Gwen s'approcha de son fils, qui faisait sa sieste de l'après-midi, et se pencha en avant pour l'embrasser gentiment sur le front avant de murmurer.
« Ne t'inquiète pas, je m'assurerai qu'Arthur ait disparu bientôt. Puis Camelot sera à toi et à moi, pour toujours et à jamais, et ta tante Morgane nous protégera. »
~(-)~
