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Chapitre 50 : Fardeaux Allégés et Leçons Retenues ~Partie 1~
La lumière matinale brilla contre ses paupières, un éclair soudain tandis que les rideaux étaient tirés pour laisser entrer le soleil. Cela la tira de son sommeil, et elle ouvrit les yeux sur un nouveau jour. Mais au lieu de se lever avec un sourire, Gwen s'assit avec l'impression d'être dans un cauchemar tandis que les horreurs des derniers jours lui revenaient à l'esprit avec son réveil.
Les rencontres avec Morgane, après qu'elle l'ait enchantée dans cette allée de la ville supérieure. Saboter la selle d'Arthur, et le mener vers l'embuscade. Tuer Tyr, et accepter ensuite le poison de Morgane... Utiliser ce poison sur Arthur, essayant de blâmer Merlin, puis la rage aveugle tandis qu'il prenait la direction des Chevaliers et pour une brève période, le Trône...
Puis le moment où elle s'était réveillée, la colère remplacée par l'horreur, et Merlin à ses côtés sans blâme dans le regard. Seulement du soutien, tandis qu'il la pressait de faire son devoir et de calmer la citadelle.
Gwen frissonna, enroulant les bras autour d'elle-même, et resta assise sur le lit. Mais une paire de bras chaleureux l'entourèrent alors, et elle jeta un regard de côté pour voir Katryn lui sourire.
La semi-dryade saisit l'une de ses mains, et commença à la guider hors du lit pour qu'elle se lève.
« C'est un nouveau jour... Laissez les ombres et la culpabilité derrière vous, car personne ne vous blâme pour ce qui est arrivé. C'est dans le passé, et cela n'a plus d'importance. Vous êtes notre Gwen, notre Reine. Guenièvre la Gentille, l'Attentionnée, la Miséricordieuse. Soyez le saule qui a été plié par la malice de Morgane, mais n'a pas rompu. »
Gwen se tenait au bord de son lit quand Katryn la lâcha enfin, et la regarda se diriger vers le paravent pour finir de préparer la tenue de la journée.
« Merci, Katryn, d'être là. »
Entendant les larmes dans sa voix, la servante se retourna et avec un petit sourire, fit signe à Gwen d'aller derrière le paravent pour s'habiller.
« Le Roi Arthur vous attend. Je vous ai laissé dormir tard, et il a fait emporter votre petit déjeuner dans ses appartements. Il souhaite vous voir, afin de s'assurer que vous allez bien. »
Gwen s'arrêta, ayant commencé à se diriger vers le paravent, et la culpabilité et la peur emplirent ses yeux.
« Il veut me voir ? »
Voyant que son amie n'allait pas bouger, Katryn la rejoignit et la guida gentiment derrière le paravent. Elle entreprit ensuite fermement de lui mettre robe, chaussures et le reste, sans un mot mais avec le plus grand soin. Comme si Gwen était en verre et risquait de se casser au moindre contact.
Quand elle eut fini, elle passa un bras autour des épaules de Gwen et la dirigea vers la porte.
« Laissez les ombres et la culpabilité derrière vous, Gwen. »
Elle fit gentiment sortir la reine, et resta derrière elle durant le court trajet vers les appartements d'Arthur. Une présence rassurante, qui s'assurait aussi qu'elle ne ferait pas demi-tour pour retourner se cacher dans ses appartements.
Quand elles atteignirent leur destination, Katryn dut de nouveau pousser Gwen sur le seuil, et ce fut alors que Gwen s'arrêta non avec culpabilité, mais avec surprise.
Balther, qui était assis à côté de la silhouette enroulée sur elle-même de Scild, leva les yeux et eut un grand sourire joyeux quand il se leva et trottina vers elle.
« Maman ! »
Gwen resta figée sur place tandis que son fils de deux ans se cognait dans ses jambes et passait ses bras autour d'elles pour lui faire un câlin. Ce fut seulement quand il leva les yeux vers elle, confus qu'elle ne lui rende pas son câlin, qu'elle s'empressa de s'agenouiller pour le serrer dans ses bras.
« Bonjour, mon précieux petit prince. As-tu été sage avec ta nourrice, Mademoiselle Laylith ? »
Balther hocha la tête avec enthousiasme.
« Lithy m'a donné mon porridge puis m'a emmené à Papa, et Papa m'a fait un gros câlin ! Et je lui ai fait un gros câlin aussi ! »
À la mention d'Arthur, Gwen releva brusquement la tête et l'aperçut, assis dans le fauteuil près de la fenêtre. Puis, sans un mot, il se leva et se dirigea vers elle.
Arthur souleva Balther et le passa à Katryn, avant de hisser Gwen sur ses pieds et de l'attirer dans ses bras. Il la serra fort, sans paroles de pardon ou d'assurance qu'elle n'était pas à blâmer. Une puissante étreinte de bonheur silencieux et incomparable qu'elle soit vivante et en bonne santé.
Dans cette étreinte, Gwen hésita avant de passer les bras autour de lui, puis s'accrocha à lui tandis que les émotions qu'elle avait retenues montaient à la surface et elle sanglota de façon incontrôlable dans l'avant de sa chemise.
Arthur lui caressa les cheveux, appuyant sa tête contre la sienne.
« Tout va bien, Gwen, c'est fini. Tu vas bien, je vais bien, et notre fils et nos amis vont bien. Rien d'autre n'a d'importance. »
Il relâcha son étreinte et recula d'un pas, observant Gwen tandis qu'elle croisait enfin son regard.
Elle essuya son visage trempé de larmes, et essaya de retenir un autre sanglot.
« Je suis tellement, tellement désolée. Je… »
Elle fut réduite au silence par le doigt qu'il plaça sur ses lèvres, et Arthur secoua la tête.
« Tu n'as aucune raison de t'excuser, et il n'y a rien à pardonner. Tout ce qui m'importe c'est que tu sois là avec moi maintenant, avec notre fils, que nous soyons ensemble. Ne laisse pas Morgane gagner, ne la laisse pas te briser. Ta gentillesse et ton amour sont plus forts que sa haine, et le seront toujours. »
Gwen essuya une autre larme, réussissant à sourire tandis qu'elle hochait la tête et le laissait la guider jusqu'à la table où attendait son petit déjeuner.
Lorsqu'elle fut assise, Katryn tendit Balther à Arthur et quitta ensuite la pièce. Malgré tout ce qui était arrivé, la leçon de magie prévue n'avait pas été annulée. Elle commencerait dans moins d'une heure, et elle devait encore installer les livres.
Merlin était déjà là quand elle arriva, mais semblait perdu dans ses pensées, assis derrière le bureau principal. Il ne sembla pas remarquer qu'elle sélectionnait des livres sur les étagères, et bougea seulement quand les étudiants commencèrent à entrer. Il se dirigea ensuite vers l'arrière de la pièce, pour parler en tête-à-tête avec Mordred tandis qu'elle continuait la leçon, maintenant capable de voir ce qu'elle n'avait pas remarqué auparavant. Ce qu'elle n'avait pas vu quand elle était inconsciente de son immortalité.
Contrairement à ce qu'elle aurait pu penser, Merlin avait conscience qu'elle l'observait tandis qu'il questionnait Mordred sur les techniques pour gagner un degré de contrôle plus fin sur sa magie. Le chevalier-druide progressait déjà à un rythme monumental, grâce à son entraînement aux bases durant son enfance et sa capacité naturelle. Il s'avérait une joie à enseigner, et leur amitié grandissait de plus en plus depuis qu'ils s'affrontaient de temps en temps dans l'arène. Mordred était tellement plein de lumière, de loyauté, et d'espoir maintenant, qu'il était clair de voir qu'il n'avait probablement jamais été aussi heureux dans le passé qu'il l'était maintenant.
Le sourire de Mordred, tandis qu'il essayait de glisser un sort à l'insu de Merlin pour faire tomber la chaise, fit hausser les sourcils à Merlin tandis qu'il le renvoyait et que la chaise du druide tombait à la place. Le cri de Mordred tandis qu'il partait en arrière déconcentra les autres étudiants, qui se retournèrent sur leurs sièges pour voir le jeune homme assis sur une chaise qui penchait en arrière à un angle impossible, maintenue en place par Merlin qui l'avait empêchée de tomber complètement.
Il redressa la chaise de Mordred, et pencha la tête vers les tables des étudiants.
« Je crois que ça suffit pour aujourd'hui. Ça ne te fera pas de mal de rafraîchir ta connaissance des bases et d'aider tes collègues chevaliers à comprendre si quelque chose les rend un peu confus. »
Mordred eut un sourire penaud et se dirigea vers son siège normal, où il commença à observer les quatre chevaliers avec qui il était assis, guettant les signes qu'ils avaient besoin d'un peu d'aide supplémentaire durant le test de Katryn sur ce qu'ils avaient appris lors des leçons supplémentaires.
Merlin resta assis à l'arrière de la classe après cela, autorisant ses pensées à se diriger vers des sujets plus solennels. Comme sa capacité à "marcher" dans l'Ancienne Magie, et les risques qu'il avait maintenant découverts comme étant inhérents à cela. Des risques qui pouvaient le tuer s'il était imprudent, qu'il soit immortel ou pas.
Le rappel de son espérance de vie loin d'être humaine assombrit son expression, et ses pensées se tournèrent vers l'intérieur, à tel point qu'il ne remarqua même pas quand la leçon se termina.
Les étudiants sortirent, pour la plupart supposant qu'il pensait à la tentative d'assassinat du Roi de la nuit dernière. Ils partirent tous sans essayer de lui parler, mais Katryn le connaissait mieux. Elle attendit seulement le temps de ranger les livres, avant de se diriger solennellement vers le magicien et de lui saisir les poignets.
Merlin sursauta tandis qu'il était hissé sur ses pieds puis relâché, avant que Katryn ne se dirige vers la porte et ne marque une pause sur le seuil.
« Viens avec moi, Merlin. J'ai besoin d'aller rafraîchir ma magie en communiant avec la terre, et de l'air frais ne te ferait pas de mal. »
Merlin resta debout là, pas vraiment d'humeur à aller se promener, mais il vit ensuite une étincelle dans son regard qui disait que ce n'était pas vraiment une requête. Elle le regardait de la même façon qu'elle regardait Gwen, quand la Reine s'agitait au sujet de quelque chose et que Katryn intervenait calmement pour organiser et remettre les choses en place.
Merlin poussa un soupir, et se résigna au fait qu'elle voulait probablement discuter de son immortalité. Après tout, en-dehors de son admission la nuit précédente, il ne lui avait rien expliqué d'autre là-dessus.
« D'accord. Je viens. Ne serait-ce que pour m'assurer que personne ne te dérange pendant que tu communies avec la terre. »
Katryn hocha fermement la tête en réponse, et sortit en supposant qu'il la suivrait. Et il le fit, même si une partie de lui se sentait dérangée. Si elle avait quelque chose à dire, alors elle avait certainement une raison de croire que c'était important.
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