Désolée du retard, tout le monde. J'ai déménagé et me suis retrouvée sans internet (à part la 4g de mon téléphone) pendant un bon moment. Le rythme va reprendre, cependant.
Chapitre 56 : Boucler la boucle ~ Partie 1 ~
Merlin boitait vers Camelot, soutenu par l'adolescent à ses côtés. Il pouvait entendre des chevaux devant, et peu de temps après, un cri retentit lorsqu'un des chevaliers à sa recherche les aperçut.
C'était Gauvain, et il fit avancer son cheval avant de regarder Merlin avec un demi sourire.
« Tu as une mine affreuse, mon ami. »
Merlin lui rendit son sourire avec ironie.
« Je sais. Est-il possible de se faire raccompagner ? »
D'autres chevaliers arrivèrent, et Gauvain acquiesça.
« Bien sûr. »
Il se pencha en avant pour aider Merlin à monter en selle, mais plutôt que de saisir la main tendue, le magicien poussa Daegal devant lui avant de finir assis derrière Léon sur son cheval. Une fois-là, pouvant enfin se détendre, il ferma les yeux et s'appuya contre le dos de l'armure de Léon. Ainsi, ils purent tous voir à quel point Merlin était épuisé, et Perceval s'approcha avec un morceau de corde pour l'attacher à la selle pour qu'il ne chute pas.
Ils se dépêchèrent de rentrer à la cité, le son d'une corne signalant aux autres groupes de recherche que le Sorcier de la Cour avait été trouvé. Le groupe rentra dans la citadelle par l'une des portes secondaires, et lorsqu'ils arrivèrent dans la cour centrale, Arthur les attendait déjà.
« Merlin ! »
Il se précipita vers le cheval de Léon tandis que le magicien se réveillait en sursaut et regardait autour de lui, l'air fatigué. Lorsqu'il vit Arthur s'approcher, il détacha la corde autour de son torse et essaya de descendre. Il se retrouva hors de la selle avant que Léon puisse l'arrêter, et lorsque ses pieds rencontrèrent les pavés de la cour, ses genoux cédèrent et il finit assis sur le sol.
Arthur fut à ses côtés en un instant, et en voyant une telle inquiétude, Merlin dit la seule chose qui lui vint à l'esprit.
« Bonjour. »
Arthur le fixa, puis regarda les coupures, les bleus et la pâleur maladive de la peau de son ami, puis son expression se durcit de colère.
« Espèce d'idiot ! »
Il se leva, et fit signe à Perceval.
« Portez-le. Il va voir Gaius, immédiatement ! »
Perceval s'approcha et passa directement Merlin par-dessus son épaule tandis que le magicien commençait à protester avec véhémence.
« Je peux marcher ! Les appartements de Gaius ne sont pas si loin ! »
Arthur lui jeta un regard, le ton dur.
« Tu n'as même pas pu descendre de cheval sans tomber. »
Merlin abandonna après cela, et endura l'indignité d'être porté dans le château comme un sac à patates. Mais au moins, il semblait que le Sarrum soit déjà parti, ce qui signifiait qu'il n'avait pas à supporter que ses hommes et lui le regardent bouche bée.
Ils arrivèrent aux appartements de Gaius pour voir le médecin et son apprenti qui les attendaient, et sans perdre de temps, Merlin fut assis sur un tabouret après avoir catégoriquement refusé d'être mis dans le lit pour les patients. Perceval sortit et ferma la porte, laissant seulement les deux médecins, le roi et le magicien dans la chambre... et un jeune garçon qui, ayant été complètement ignoré dans l'agitation autour de Merlin, les avait suivis, parce qu'il ignorait quoi faire d'autre.
Daegal s'assit au sol à côté de la porte, les genoux en-dessous de son menton par peur, et sembla tenter de devenir invisible tandis que Gaius commençait à lister les blessures de Merlin.
« De la fièvre, le pouls rapide avec des palpitations perceptibles, pâleur et sueur distinctes, en plus de nombreuses contusions et éraflures à sa tête, son dos et sa jambe. »
Gaius fronça les sourcils, hautement inquiet.
« Si je ne pouvais pas en plus détecter que ta magie répare ce que tu as subi, je me demanderais comment tu pourrais être en vie. Que t'est-il arrivé ? »
Merlin grimaça.
« Projeté violemment au sol par la magie de Morgane, empoisonné, et poussé d'une saillie de rochers de trois mètres de haut. Je suis resté où je suis tombé pendant à peu près une journée et demi avant de pouvoir bouger à nouveau. Le poison était renforcé par magie, mais elle s'est surtout contentée d'intensifier la douleur qu'il causerait. Ça ne m'aurait pas tué, juste torturé pendant quelques jours. »
Arthur regardait Merlin bouche bée en voyant la nonchalance avec laquelle il décrivait ce qu'il avait enduré, tout comme Liam et Gaius.
« Juste torturé pendant quelques jours ?! »
Gaius posa une main sur le torse d'Arthur, l'éloignant de Merlin avant qu'il ne prenne l'envie au roi d'ajouter plus de bleus à ceux que le magicien avait déjà.
« Calmez-vous, Sire. Il est en sécurité maintenant, et c'est ce qui importe. »
Il regarda Merlin, fronçant les sourcils.
« Alors ta magie a réussi à contrer les effets du poison ? Si c'est le cas, tu devrais avoir plus récupéré que tu ne l'es maintenant. »
Merlin grimaça à nouveau, se préparant à se faire crier dessus.
« J'ai utilisé des herbes pour faire tomber la fièvre et donner à ma magie l'occasion de s'en occuper plus vite. Un mélange de myriophylle, d'achillée et de rue.
– De la rue ? »
Gaius le fixa, puis dut aussitôt se retenir de secouer le magicien devant lui.
« Es-tu fou ? La rue est toxique, même si ses autres propriétés t'auront certainement aidé dans ta situation. Dans cette condition, la mixture que tu as décrit aurait pu te faire avoir une crise cardiaque ! »
A côté de lui, Liam fronçait également les sourcils.
« Mais comment as-tu trouvé les herbes ? Tu as dit que tu ne pouvais pas bouger. »
Merlin cligna des yeux comme s'il venait juste de se souvenir de quelque chose, et tourna la tête pour chercher le jeune garçon qui l'avait aidé. Il l'aperçut, assis à côté de la porte, et sourit.
« Daegal a été les chercher pour moi. »
Son attention maintenant tournée sur l'adolescent, l'expression d'Arthur se durcit lorsqu'il se souvint comment Merlin avait été mis en danger pour commencer.
« Toi. Tu l'as mené à Morgane ! »
Il posa la main sur son épée et s'avança vers le garçon qui tremblait, mais fut arrêté lorsque Merlin s'empara de lui avec sa magie.
Le magicien secoua la tête avant de le libérer.
« Laissez-le. Sans son aide après que Morgane soit partie, vous seriez mort. Vous lui devez la vie. »
Arthur se tourna lentement pour regarder son ami, mais fronçait toujours les sourcils lorsqu'il s'adressa à Gaius.
« Merlin est-il en suffisamment bonne condition pour retourner à ses appartements ? »
Gaius acquiesça, seulement légèrement hésitant.
« Oui, Sire, bien que je lui recommande de se reposer. »
Arthur prit Merlin par le bras et le mit sur ses pieds avant de commencer à le tirer vers la porte.
« Alors gardez le garçon dans votre chambre libre pour l'instant, je ferai mettre un garde à la porte, pendant que Merlin et moi avons une petite discussion. »
Daegal se dépêcha de s'éloigner d'Arthur tandis que le roi furieux passait devant lui, et Merlin ne réussit à lui donner qu'un rapide sourire rassurant avant qu'il soit hors de vue du garçon.
Heureusement, ses appartements n'étaient pas éloignés, parce qu'il arriva à peine à monter les quelques escaliers avant que le besoin de se rasseoir le fasse se diriger vers la chaise la plus proche dès qu'Arthur le lâcha. Puis Merlin regarda Arthur commencer à faire les cent pas, conscient que la plupart de sa colère était causée par le fait que son ami ait été blessé à ce point.
Merlin soupira, la voix douce.
« N'en voulez pas à Daegal. Morgane a pris avantage de sa situation pour le faire accepter de m'attirer hors de la cité. Il est jeune et seul au monde. Il n'a pas de maison, et survit en se jetant sur le peu de nourriture qu'il arrive à trouver... Elle lui a offert de l'argent, assez pour le nourrir pendant un long moment. A sa place, auriez-vous refusé ? »
Arthur cessa de faire les cent pas, et se tourna pour faire face à son ami.
« Il t'a presque fait tuer !
– Mais il est aussi revenu pour m'aider. »
Merlin sourit tristement.
« Il aurait pu me laisser là et s'enfuir, mais il ne l'a pas fait. Il a vu ce que ses actes avaient causé, en a pris la responsabilité, et a cherché à arranger les choses. »
Merlin mit la main dans sa poche et en sortit un sac, qui cliqueta lorsqu'il le jeta au sol et que les pièces s'entrechoquèrent.
« Il a aussi jeté cela lorsqu'il pensait que je ne le voyais pas. C'est l'argent que Morgane lui a donné. Il y en a assez pour qu'il vive correctement pour un an, peut-être plus, et pourtant, il n'en voulait plus. »
Arthur fronça les sourcils, et s'accroupit pour récupérer le sac. Puis il versa le contenu dans sa paume, et fixa la poignée de shillings d'argent qu'il récolta. Il y avait autant d'argent dans le sac que ce qu'un serviteur de la citadelle pouvait espérer gagner en un an.
Il remit les pièces dans le sac et le posa sur la table la plus proche, sa colère commençant à se dissiper.
« Et maintenant ? Que sommes-nous censés faire avec lui ? Il devrait être puni pour t'avoir conduit dans une embuscade, et je lui dois aussi la vie. Que pouvons-nous faire ? »
Merlin sourit pour lui-même, ayant déjà trouvé une réponse.
« J'ai quelque chose en tête. »
