Bonjour ! Désolée de cette longue absence, des problèmes personnels m'ont totalement éloignée de et des traductions...

Chapitre 58 : Boucler la boucle ~ Partie 3 ~

Mettre la table pour deux lui sembla étrange puisqu'il n'avait pas invité Gaius à déjeuner avec lui. Songer que cela allait se produire tous les jours à partir de maintenant fut encore plus étrange.

Merlin sourit en pensant cela, grattant Friou sous le menton lorsqu'elle vint quémander de l'attention, puis il fit paresseusement apparaître une image de la chambre de Daegal à la surface de l'eau dans la bouilloire qu'il allait mettre à chauffer.

Daegal était étalé sur son lit, et le chien statue en occupait une bonne partie. Le sourire de Merlin s'élargit en voyant cela tandis qu'il murmurait un sort pour projeter sa voix dans la petite chambre en-dessous de ses pieds.

« Daegal, il est l'heure de se lever. »

Le garçon ne bougea pas, mais Merlin entendit un petit grognement de protestation via l'image, et le magicien souleva les sourcils.

« Soit tu sors du lit de toi-même, soit j'utilise la magie pour te tirer hors du lit par les oreilles. C'est toi qui choisis. »

Daegal ouvrit les yeux, vit que Merlin n'était pas dans la pièce, et sembla décider qu'il imaginait la voix, ou que Merlin ne pouvait pas réellement le tirer hors du lit sans être présent. Malheureusement, il avait tort.

Merlin ferma les yeux et étendit son esprit jusqu'à la chambre en-dessus, pendant que dans ses appartements, il faisait mine d'attraper quelque chose avec ses doigts. Puis il commença lentement à tirer Daegal vers le bord du lit, pas vraiment pas les oreilles, mais suffisamment gentiment pour que le garçon ne le réalise pas avant qu'il soit suspendu en l'air, à moitié hors du lit, puis il fut lâché au sol sans ménagement.

Merlin rit, capable d'entendre le cri de surprise de Daegal à travers le sol, même sans les sons de l'image. Il dissipa la scène dans l'eau et suspendit la bouilloire au-dessus du feu, avant de s'approcher de la pile de vêtements qu'il avait posé à côté.

Une minute plus tard, la porte principale s'ouvrit, et Daegal entra, les yeux troubles et légèrement énervé tandis qu'il regardait son nouveau gardien, le chien statue à ses pieds.

« Pourquoi avez-vous fait ça ? »

Merlin le regarda, les sourcils levés.

« Je t'avais prévenu, tu devrais être content que je ne t'aie pas tiré du lit par les oreilles. »

Friou apparut derrière Daegal, gagnant un autre cri du garçon.

« Voici Gelleafriou, ou Friou. Ne t'inquiète pas, elle ne mord pas, sauf si elle nous protège d'assaillants. En revanche, elle aime être grattée sous le menton. »

Daegal leva lentement une main pour caresser la vouivre, qui savoura le toucher. Puis le garçon commença à sourire tandis qu'il s'approchait de Merlin, et son chien et la vouivre s'observèrent mutuellement.

« Depuis combien de temps l'avez-vous ? »

Merlin rit.

« Plusieurs années. Le vouivre du prince Balther, Scilderether, est son fils. »

Il souleva la pile d'habits, puis montra une baignoire remplie d'eau fumante qu'il avait mis derrière un paravent dans le coin.

« Et maintenant va te laver, et enfile ça. Warren sera bientôt là avec nos déjeuners, et tu es encore couvert de boue et de poussière de la forêt. »

Il poussa Daegal jusqu'à ce que le garçon soit derrière le paravent, et ignora les murmures bas qu'il put entendre tandis que le jeune garçon entrait dans la baignoire et commençait à se nettoyer. Les murmures se turent une fois qu'il sortit et commença à se sécher, et le silence qui suivit fut aussi maladroit que son expression lorsqu'il sortit de derrière le paravent, portant les vêtements que Merlin lui avait donnés.

Merlin le regarda de haut en bas, satisfait de la taille des vêtements et décidant que c'était suffisant pour l'instant. Il pourrait amener les anciens vêtements de Daegal à la couturière qu'il allait habituellement voir, et lui faire prendre les mesures pour ses autres vêtements.

Daegal tira sur le lin de sa chemise, incertain, visiblement conscient que le tissu utilisé était bien au-dessus du tissage en laine grossier typique auquel il était habitué.

« Merci. »

Merlin sourit, s'approcha et commença à tout ajuster. Il redressa le col, tira sur l'arrière de la chemise pour qu'elle soit droite, et desserra la ceinture d'un cran pour qu'elle ne bloque pas le tissu. Lorsque ce fut fait, il saisit un gilet en laine sombre finement tressée qui allait jusqu'aux cuisses, et l'enfila au garçon avant de peigner vivement les cheveux de Daegal.

Lorsqu'il eut fini, il fit signe au garçon de se regardait dans le miroir à hauteur d'homme que Merlin avait sorti de sa chambre.

« Eh bien, qu'en penses-tu ? »

Daegal se plaça devant le miroir, et fixa l'image du garçon bien soigné et habillé qui se trouvait devant lui.

« J'ai l'air du fils d'un noble. »

Merlin rit.

« Eh bien, ce n'est pas aussi luxueux ou aisé, mais ça y ressemble. Je ne suis pas du genre à porter des masses de broderies en soie ou des fanfreluches inutiles, alors tu n'en porteras pas non plus. Mais je m'assurerai que tu sois habillé selon certains standards. »

Daegal le regarda, confus.

« Pourquoi ? Pourquoi faites-vous tout cela ? »

Merlin lui tapota l'épaule.

« Je t'ai pris en tant que pupille, ce qui, en tant que noble, signifie qu'il est de mon devoir de m'assurer que tu es bien habillé, bien nourri, et bien éduqué. »

Il se détourna pour retirer la bouilloire du feu et l'aporter à la table principale, où il versa l'eau chaude dans le pot de mélange d'herbes à thé. Puis il regarda le garçon.

« C'est pour ça que hier, je t'ai laissé avec Gaius tout l'après-midi, pour tout arranger. Quelques-uns de mes élèves qui étudient la magie apprennent déjà à lire et à écrire avec le tuteur du prince Balther, donc tu te joindras à eux deux fois par semaine et je te donnerai des leçons supplémentaires chaque soir avant le souper. Lorsque tu sauras lire correctement, tu auras des leçons d'histoire de Geoffrey de Monmouth, le Troisième Conseiller du roi. »

Daegal le fixa.

« Vous allez me faire apprendre l'histoire ? »

Merlin tapota le bout du nez du garçon par magie, mais son expression resta solennelle.

« L'histoire est importante. C'est en regardant et en apprenant du passé que nous pouvons éviter les erreurs de nos ancêtres alors que nous allons vers le futur. Le passé est l'héritage qu'ils nous transmettent, et considérer que l'apprendre est inutile signifie te condamner à répéter leurs erreurs. Tout comme Arthur a l'intention de s'assurer que la Grande Purge ne sera jamais oubliée pas pour que le peuple magique craigne qu'elle ne se répète et ne cause pas d'ennui, mais plutôt pour se souvenir des vies de ceux qui sont mort inutilement à cause d'elle. Des gens comme ta mère. »

Daegal resta silencieux, et Merlin put voir les larmes qui commençaient à se former dans ses yeux à la mention de sa mère.

« Je me demande ce qu'elle penserait de tout cela. »

Merlin s'approcha et posa les mains sur les épaules de Daegal.

« Je pense qu'elle serait heureuse pour toi, parce que tu as la maison qu'elle ne peut pas t'offrir, et je pense qu'elle serait fière du jeune et honnête homme qui s'est révélé en toi. »

Il guida Daegal vers la table et le fit asseoir au même moment où Warren entrait avec un plateau de déjeuner chargé.

« Et maintenant, tu dois manger, parce que tu as une longue journée devant toi. Un ami à moi, un charpentier nommé Alan, a accepté de t'engager comme assistant. Il est connu, et doit souvent refuser des commandes. Une personne pour tenir les objets et lui passer les outils lui permettra d'accomplir plus de travail. Tu vas passer la semaine à l'aider à faire les meubles pour ta chambre. »

Daegal cligna des yeux, surpris.

« Mais vous venez de dire qu'il doit refuser des commandes, pourquoi a-t-il accepté la vôtre ? »

Merlin sourit.

« L'avantage d'être son ami, alors tu ferais mieux d'être exemplaire avec lui. Et, si tu es vraiment bon, il prendra peut-être même le temps de sculpter les motifs de ton choix sur tes meubles. Dans la limite du raisonnable, bien sûr. Ton salaire me reviendra, et je te donnerai deux shillings de cuivre par semaine pour ton argent de poche. Tu peux les dépenser à la taverne par exemple, ou économiser pour t'acheter quelque chose de spécial au marché ou aux sculpteurs de la cité. Le reste sera mis de côté et économisé pour le futur, lorsque tu seras prêt à voler de tes propres ailes. J'achèterai tous tes vêtements et ta nourriture, alors tu n'as pas besoin de t'en inquiéter. »

Il agita un doigt devant son nez.

« Mais ne va pas ruiner tes vêtements. Si tu ne les traites pas avec respect, alors tu les répareras et tu continueras à porter les vêtements que tu abîmes. »

Daegal le regarda pendant plusieurs instants, puis commença à sourire.

« Vous parlez comme ma mère lorsqu'elle me grondait parce que j'étais couvert de boue. »

Il soupira.

« Combien de temps vais-je rester ici ? »

Il y avait un espoir hésitant dans cette question, et le sourire de Merlin s'adoucit.

« Chez les nobles, ils prennent soin de leurs enfants et pupilles jusqu'à ce qu'ils aient au moins dix-huit ans, et tu ne seras pas considéré "majeur" jusqu'à ce que tu aies vingt-et-un ans, alors tu vas être mon pupille pour un bout de temps... Tu n'as que quatorze ans. Tu as suffisamment de temps pour apprendre, grandir et découvrir ce que tu veux faire de ta vie. Alors ne te précipite pas. »

Le chien statue choisit cet instant pour poser sa tête sur les genoux de Daegal, et le garçon sourit en commençant à le caresser. Merlin observa l'expression heureuse du garçon, et remarqua le regard satisfait de Warren lorsqu'il vit la satisfaction évidente de son Seigneur. Mais peu importe les plaisanteries auxquelles Merlin s'attendait, de la part d'amis comme Gauvain, ça ne le dérangeait pas le moins du monde. Cela ferait juste d'autres moments heureux à se souvenir, auxquels s'accrocher, dans les jours sombres qui pouvaient encore les attendre.