! BLABLA DE L'AUTEUR !

Holà tout le monde ! Et voilà un nouveau chapitre :) Pour l'instant, je suis toujours régulière ( et vous pouvez pas savoir à quel point je suis fière de moi :D ) ! J'espère que ça continuera :3 J'ai reçu des reviews très sympas et je suis vraiment contente \o/ Voilà donc les réponses :

Angle-la-Mordue : Bon, si Romane n'est pas Mary-Sue, je suis soulagé :) Et je suis contente de voir que j'arrive bien à retranscrire le comportement de Rick ( que j'adore, au passage :D ). Sur ce chapitre, Gwen est légèrement plus présente, mais pour le moment, ce ne sera pas encore trop ça. Il faudra attendre un peu pour découvrir Ma Gweny :3 Et je t'approuve totalement pour les fautes d'orthographes : ça me fait toujours grimacer quand j'en vois :P Merci pour ta review !

Juste D : Oh merci :3 Et oui, Romane n'est pas insensible, même si elle a été obligé de devenir forte :) Tant mieux si elle n'est pas Mary-Sue ( je suis rassurée ^^). En tout cas, j'espère que la suite te plaira autant que le début :) Et merci pour ta review o/

Guest : Totalement d'accord avec toi ! Et puis, franchement, l'arc, c'est la classe intégrale, on est d'accord :D Pas pour rien que Daryl est autant aimé ( même si c'est une arbalète, et pas un arc ) ! En tout cas, je suis contente que tu aimes :) Merci pour ta review !

Voilà ! On se retrouve en bas de page ! Bonne lecture !

Chapitre 3 :

Le premier réveillé fut mon estomac. Lorsque je finis par m'extirper d'un sommeil trop court à mon goût, une odeur de nourriture régnait dans la pièce où j'étais. Je mis quelques secondes à me rappeler des évènements de la veille et, lorsque cela fut fait, je poussai un léger soupir. Je roulai alors sur le dos, le bras gauche sur mon visage pour me protéger de la lumière. Je n'étais pas du matin et je ne l'avais jamais été. M'extirper de la douce torpeur du sommeil était chaque fois une étape longue et pénible. Moins depuis que l'épidémie s'était répandue, mais ce n'était toujours pas dans la moyenne des gens normaux. Je prenais bien dix ou vingt minutes pour me réveiller totalement, à chaque fois. Je tenais ça de ma vie d'avant, sans doute. Avant que tout mon monde ne bascule, j'étais une paresseuse dans l'âme. Mon lit était mon repère et les grasses matinées étaient mon paradis.

Mais ça, c'était avant. Avant l'épidémie, avant que je ne perde toute ma famille, avant que je ne me retrouve à devoir me bouger pour assurer ma survie.

Ouvrant péniblement les yeux, ma première pensée - après celle de mon ventre - fut de vérifier que Gwen allait bien. Je tournai la tête à ma droite et jetai un coup d'œil à mon amie. Elle avait repris quelques couleurs, même si elle était encore affreusement pâle. Le manque de nourriture devait jouer un grand rôle dans tout ça, c'était certain. Cela agissait déjà clairement sur moi, alors je n'osais même pas imaginer ce qu'elle pouvait bien ressentir. De plus, Gwen faisait partie de ces gens maigres qui pouvaient s'empiffrer à longueur de journée sans prendre un gramme, donc cela devait être encore plus dur.

Je poussai un long soupir puis décidai enfin de me lever. Lentement, je me redressai alors en position assise, la capuche de mon sweat toujours sur la tête. Je frottai mon visage avec mes mains, tentant désespérément d'accélérer mon processus de réveil. Sûr, dans une autre vie, j'avais dû être un ours ou une couleuvre, pas possible autrement. Je finis enfin par ouvrir de petits yeux embués de sommeil et je balayai la pièce du regard, cherchant la source de cette odeur qui emplissait la pièce et mon nez. Je tombai alors sur la femme qui s'était occupée de Gwen hier soir. Elle était en train de préparer à manger sur une sorte de petit coin cuisine. Elle avait des cheveux très courts sous un foulard bariolé et elle était, comme tout le monde, très maigre.

- Bonjour, dis-je d'une voix encore totalement endormie.

Son regard se posa sur moi et un petit sourire étira ses lèvres.

- Bonjour. Bien dormi ?

J'haussai nonchalamment les épaules et me levai. J'avais dormi à même le sol, alors j'avais mal de partout, mais au moins, j'avais eu droit à quelques heures de repos. En regardant ma montre, je constatai même que j'avais dormi une nuit entière d'une seule traite, sans me réveiller toute les deux secondes. Heureusement que j'avais fait ça à l'abri, et non pas en pleine forêt. Ça aurait été horrible.

Je m'étirai un peu, essayant encore vainement de me réveiller plus vite, puis je revins vers Gwen pour poser une main sur son front. Je grimaçai en constatant que sa fièvre avait un peu augmenté. Elle devait souffrir le martyr.

- J'ai parlé de son cas à Hershel, m'expliqua Carol. Apparemment, elle devrait vite s'en remettre, même si sa fièvre ne semble pas vouloir baisser pour le moment.

J'hochai la tête en me rappelant qu'Hershel était l'homme qui avait perdu sa jambe suite à une morsure. Je me redressai alors et parcourus la pièce du regard. Je remarquai, au bout d'un petit moment, que nos sacs avaient disparu et je me tournai vers la femme.

- Excusez-moi, mais vous savez où sont nos sacs ? demandai-je.

Je les avais vu les emporter hier, quand on était entré dans le bâtiment. Ils devaient forcément les avoir et je comptais bien les récupérer. La totalité de nos affaires se trouvait dans ses deux sacs à dos, alors autant dire qu'on y tenait énormément. C'était même ce que nous avions de plus précieux.

- Je crois que Rick les a mis dans l'autre pièce, déclara-t-elle. Désolé, mais vous voyez, on ne vous connaît pas et…

- Ne vous en faites pas pour ça, coupai-je. Je comprends. Du moment qu'on les récupère avec l'intégralité de nos affaires, tout ira parfaitement bien, déclarai-je avec un petit sourire fatigué.

Lorsqu'on arrivait dans un nouveau groupe, les menaces accompagnaient chacun de nos pas. Elles étaient là, planant au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès. Parfois, elles étaient claires et nettes. D'autres fois, elles étaient sous-entendues, cachées, presque invisibles. C'était un véritable jeu de force, de stratégie et de réflexion. C'était à celui qui serait le plus malin et qui mettrait le plus de poids sur la balance. Au fil du temps, et des groupes, j'avais développé une certaine maitrise de ces discours brodés de mises en garde et de sous-entendus plus ou moins dangereux. J'avais appris à parler à un groupe. Je savais adopter le bon comportement quand il le fallait, et quand je le voulais, et c'était un atout non-négligeable qui nous avait sauvé la mise à plusieurs reprises. Et qui nous avait également foutues dans la merde à d'autres. J'étais une grande gueule, et, parfois, je ne savais pas quand il fallait la fermer.

Secouant la tête pour éviter de me plonger trop profondément dans mes pensées, ce qui ne ferait que me rendormir, je fis quelques pas dans la pièce, regardant autour de moi, inspectant les lieux. Depuis qu'on avait mis les pieds ici, je n'avais pas pris le temps de regarder autour de nous, d'examiner notre environnement. Mais maintenant que je le faisais, je remarquais l'étrangeté du lieu. Je me tournai une fois de plus vers la femme.

- Où sommes-nous ici ? demandai-je en fourrant mes mains dans les poches de mon sweat.

- Dans une prison. Oui, oui, une prison, répéta-t-elle avec un rire dans la voix en voyant mon air étonné. Ça peut paraitre bizarre, mais c'est l'endroit le plus sécurisé que nous ayons connus depuis longtemps.

Je la croyais sans peine. Il était difficile, de nos jours, de trouver un endroit sûr qui pouvait le rester longtemps. C'était une chance pour eux d'être tombé sur un tel bâtiment et, plus je réfléchissais, plus je me disais que c'était un endroit parfait pour rester. Je ne me faisais cependant pas trop d'illusions : nous ne serions pas les bienvenues ici. Pas facilement en tout cas. Les quelques bribes de la discussion que j'avais surprises hier soir me revenaient à l'esprit et je pensais ne pas me tromper en affirmant que leur groupe devait avoir perdu plus de monde qu'il n'en avait gagné.

- Au fait, comment vous appelez-vous ? demanda soudainement la femme.

- Je m'appelle Romane, répondis-je, et elle, c'est Gwenaëlle. Elle préfère qu'on l'appelle Gwen, ajoutai-je avec un léger sourire.

- Enchantée, moi, c'est Carol.

La femme me tendit la main et je la serrai, heureuse de ne plus avoir à faire seulement à Rick et ses manières de glaçon. Au même moment, la porte en métal s'ouvrit, laissant entrer le petit garçon, la fille blonde, une femme brune et celle qui m'avait aidé à porter Gwen, Maggie. Je les saluai tous d'un signe de tête.

- Je me disais bien que j'entendais Carol discuter, déclara la fille blonde avec un léger sourire. Tu vas mieux ? me demanda-t-elle.

J'haussai les épaules.

- Ça va, répondis-je. Vous ne sauriez pas où sont nos sacs par hasard ?

La fille se tourna vers la femme brune.

- Carl, tu peux aller chercher les sacs s'il te plaît ? demanda cette dernière avant de se tourner vers moi, un léger sourire aux lèvres.

Moi, je n'avais pas envie de sourire. Mon regard venait de se poser sur le ventre rebondi de la femme et je n'en revenais pas. Elle était enceinte ?! Mais… comment pouvait-on avoir l'inconscience de concevoir un enfant en des temps pareils ? Je détournai la tête, l'estomac retourné, complètement choquée. C'était… inconcevable, pour moi. Si ce bébé ne mourait pas avant de naitre, il allait avoir une vie… horrible.

Lorsque le garçon revint, quelques instants après, je détournai soigneusement les yeux de la femme pour le regarder. Il s'approcha de moi et me donna nos sacs. Je le remerciai avant de les poser au sol et d'ouvrir le marron. J'en sortis une bouteille d'eau pleine ainsi qu'un gant qui avait sans doute connu des jours meilleurs. Je mis un peu d'eau sur le gant, de façon à ce que ce dernier en soit légèrement imbibé, puis le déposai délicatement sur le front de Gwen. Il fallait faire baisser sa fièvre, c'était le plus important pour le moment. Le plus important pour moi, en tout cas. Si je n'avais pas eu peur de lui faire mal, je lui aurais également enlevé son sweat, mais je n'avais pas envie d'essayer. Je m'en voulais déjà suffisamment pour l'avoir fait tomber, pas la peine d'en rajouter.

- Tiens.

Je tournai la tête et tombai nez à nez avec une assiette contenant une petite quantité de pâte. Je relevai la tête et plantai mon regard dans celui de Carol, qui était penché vers moi, un petit sourire aux lèvres. Je me relevai, sans pour autant toucher à l'assiette et je fronçai les sourcils.

- Vous… Je… P-Pourquoi ? bredouillai-je, complètement perdue.

Dire que je ne m'étais pas attendue à cette action aurait été un euphémisme. J'étais à cent lieues d'imaginer une telle chose de leur part. Mon impression du groupe était peut-être faussée par le comportement de Rick à notre égard, mais je trouvais quand même cela surprenant que l'on nous donne « gratuitement » à manger. Nous n'avions rien fait pour mériter cela. Nous avions débarqué du jour au lendemain avec une blessée et ils nous avaient déjà aidés en nous sauvant la vie et en offrant des soins à Gwen. Alors… Pourquoi ?

- Tu as faim, non ? demanda simplement Carol, me fourrant l'assiette dans les mains et repartant vers leur petit coin cuisine. Il y a une autre assiette pour Gwen, déclara-t-elle en mettant la dite assiette de côté.

Je la regardai un long moment, figée comme une statue, incapable de bouger et de parler. J'étais choquée. Sans trop savoir pourquoi, je trouvais cela absolument impressionnant. Nous étions passées dans beaucoup d'autres groupes avant d'atterrir ici et, pour obtenir une assiette ou un peu de nourriture, il fallait faire quelque chose en échange. C'était un système qui me convenait et que j'avais intégré, que je comprenais. Là, j'avais juste l'impression qu'on m'imprimait une dette au fer rouge sur le corps. C'était quelque chose de lourd à porter que d'être redevable à quelqu'un. Cela partait sûrement d'un bon sentiment, mais, moi, j'avais juste l'impression d'accumuler les dettes. Comme quand on est au resto et que l'addition s'allonge, s'allonge. Si on ne l'arrête pas très vite, on peut rapidement se retrouver submergé.

Je jetai un coup d'œil à l'assiette. Mon estomac la réclamait de toutes ses maigres forces et je savais que refuser serait idiot. Si nous devions repartir rapidement, il fallait reprendre des forces. Aussi, après avoir hésité un long moment, je m'assis au sol, attrapai la fourchette qui était posée sur l'assiette, et me mis à manger. Je dus me faire violence pour ne pas me jeter dessus comme un Mordeur se jetant sur un vivant, et je mangeai lentement, laissant le temps à mon corps d'intégrer chaque fourchette que j'avalais. J'étais gênée de manger devant ces gens, dont je sentais les regards se poser régulièrement sur moi, mais la faim était trop forte.

J'eus rapidement terminé l'assiette, que je posai alors au sol, les joues rouges de gêne. Je posai la fourchette avec et essuyai mes mains sur mon jean le plus discrètement possible. Je me raclai la gorge et, pour cacher ma gêne, je me tournai vers Gwen. Je ne savais pas si j'allais pouvoir la réveiller, mais il fallait que j'essaie. Il fallait qu'elle mange pour reprendre des forces et pouvoir se remettre correctement. Je posai alors une main sur son épaule et la secouai légèrement, le plus doucement possible.

- Gwen ? Ohé, Gwen, c'est l'heure de se réveiller, soufflais-je. Gwenaëlle ? demandais-je, plus fort.

Pour seule réponse, mon amie lâcha un petit gémissement et papillonna faiblement des yeux. Je lui tapotai doucement la joue, histoire qu'elle ne replonge pas dans le sommeil, et, au bout d'un moment, elle finit par ouvrir de petits yeux voilés par la fièvre. Je ne pus empêcher un sourire soulagé d'étirer mes lèvres.

- Salut, souffla-t-elle difficilement.

- Salut, répondis-je. Tu te sens mieux ?

Je la vis bouger légèrement et tirer une grimace quand sa jambe bougea. Elle poussa un soupir et ferma les yeux pendant un court instant.

- J'ai mal à la cheville, souffla-t-elle.

- Elle est peut-être fracturée, l'informai-je. Avec un peu de chance, elle est juste foulée. Tu t'es pas loupée.

Elle planta son regard vert dans le mien et afficha un pâle sourire en coin.

- Je fais toujours les choses à fond, tu devrais le savoir.

Je secouai la tête, blasée, devant sa tentative d'humour ratée. Elle était encore dans les vapes, mais au moins, j'étais sûre que ses facultés intellectuelles étaient intactes, pensai-je en souriant davantage.

- Je vois que t'as l'air en forme. T'as la force de te redresser ? demandai-je.

- Si tu m'aides, ça devrait pouvoir se faire…, souffla-t-elle en enlevant le gant que je lui avais mis sur le front.

J'hochai la tête et passai un bras sous sa nuque tandis qu'elle s'appuyait sur ses avant-bras pour se redresser. Je la vis pâlir légèrement et serrer les dents et je faillis m'arrêter, mais elle me lança un regard signifiant clairement que je n'avais pas intérêt à la rallonger. Une fois qu'elle fut totalement assise, je plaçai tant bien que mal nos sacs dans son dos pour qu'elle puisse s'y adosser un minimum. Je ne pouvais pas la déplacer, alors on ferait comme ça pour le moment. Je l'attrapai par les épaules et l'examinai pendant quelques instants, m'inquiétant de la pâleur de son visage.

- Je sais que j'ai une sale tête, merci, souffla Gwen d'une voix épuisée.

- Ça change pas de d'habitude, j'te rassure, répliquai-je, moqueuse.

Elle tenta de me foudroyer du regard, mais je détournai la tête, me tournant vers Carol et les autres, qui semblaient attendre quelque chose. Gwen suivit mon regard et je la vis rougir comme une tomate quand elle réalisa qu'elle était observée par des inconnus.

- Bonjour, salua Carol.

Gwen hocha timidement la tête, mal à l'aise, puis elle me lança un regard perdu.

- Ce sont ceux qui nous ont aidés hier, soufflai-je, en souriant légèrement à Carol.

Gwen sembla déconcertée un instant, puis un éclair de lucidité traversa son visage fatigué. Elle m'agrippa alors faiblement par la manche de mon pull et me tira vers elle.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu es blessée ? me demanda-t-elle, visiblement inquiète.

- Ne t'en fais pas pour moi, je vais bien, répondis-je calmement.

Gwen haussa un sourcil sceptique, pas l'air convaincu. Je levais les yeux au ciel et me relevais, écartant les bras.

- J'ai l'air blessé ? demandai-je.

- À première vue, non, souffla-t-elle.

Elle n'avait toujours pas l'air convaincu. Je secouai la tête, blasée, puis croisais les bras sur ma poitrine.

- On a failli mourir hier, déclarai-je, mais ça, tu devais sûrement l'avoir déjà compris. C'est grâce à eux si on est encore en vie, dis-je en faisant un signe de tête vers le petit groupe qui suivait notre échange sans rien dire. Ils sont venus nous aider et nous ont fait entrer dans le bâtiment qu'on longeait. En fait, c'est une prison, et c'est eux qui l'occupent, expliquai-je.

Gwen jeta un coup d'œil tout autour d'elle, observant les lieux, puis tourna la tête vers les autres et les regarda un instant, l'air perdu.

- M-Merci…, bredouilla-t-elle, rouge comme une tomate.

Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit, laissant entrer Rick, suivit des hommes qui étaient venus nous aider hier. Je croisai le regard d'un des hommes et je le reconnus immédiatement comme étant celui qui m'avait sauvé la vie, hier, en abattant le Mordeurs qui m'avait coincé d'une flèche dans la tête. Il avait encore son arbalète sur l'épaule et me fixait exactement de la même manière que la veille. Je lui fis un petit signe de la tête, me promettant intérieurement de le remercier personnellement. Je reportai ensuite mon regard sur Rick, et je vis qu'il me regardait déjà. Je me tendis immédiatement, ce qui n'échappa pas à mon amie, qui fronça faiblement les sourcils. Je l'ignorai, gardant mon regard fixé sur le chef du groupe, resserrant davantage mes bras sur ma poitrine. Ce type me mettait réellement mal à l'aise, c'était insupportable.

Lorsque la porte fut fermée, il posa son regard glacial sur Gwen, qui piqua un fard monumental malgré la pâleur due à la douleur. Elle n'était pas à l'aise lorsque toute l'attention se portait sur elle. Quand elle était avec des gens qu'elle connaissait, elle était intenable, mais en présence d'inconnus, elle se refermait comme une huître.

- Je vois que tu as l'air d'aller mieux. Ta jambe ? demanda froidement Rick.

- Ça va, souffla Gwen, une grimace sur les lèvres.

Je lui lançai un rapide regard. Elle était encore pâle, malgré la rougeur due à la gêne, et une fine pellicule de sueur commençait à se former sur son front. Elle n'allait pas bien, mais elle ne l'aurait jamais avoué devant autant de monde. Rick l'examina également du regard puis hocha la tête. Encore une fois, le silence s'étira et, ne supportant plus ces longs moments de blancs, je m'avançai.

- On veut faire quelque chose pour vous remercier, déclarai-je de but en blanc, captant immédiatement l'attention du groupe entier. Vous nous avez sauvé la vie, vous avez aidé Gwen, et vous êtes même prêt à nous offrir à manger. Je veux faire quelque chose pour vous aider à mon tour.

Gwen me lança un regard indescriptible puis reporta son regard sur Rick. Ce dernier me regardait, l'air un peu étonné. Je me sentis ridiculement fière d'être enfin parvenue à briser son expression de glace. Cependant, le chef du groupe se reprit rapidement.

- Nous n'avons besoin de rien, déclara-t-il froidement.

- On a toujours besoin de quelque chose, surtout en ce moment, répliquai-je. Il doit bien y avoir quelque chose que je peux faire. Je suis plutôt habile de mes doigts, ça peut être utile. Vous avez peut-être besoin d'aller chercher des vivres, je peux vous aider. Vous nous avez sauvé la vie, je veux juste vous rendre la pareille, expliquai-je, sûre de moi.

En fait… Oui, d'un côté, je voulais les aider pour les remercier de ce qu'ils avaient fait pour nous. S'ils avaient voulu, ils auraient pu ne rien faire du tout et nous laisser crever dehors. Après tout, ils ne nous connaissaient pas, qu'est-ce que ça aurait changé pour eux ? Rien du tout. Et pourtant, ils étaient quand même venus. Mais j'avais autre chose derrière la tête. L'idée avait germé hier, et elle s'était clarifiée au réveil, quand je m'étais occupée de Gwen. Sa cheville ne serait pas guérie avant au moins 3 mois, si ce n'était plus. Si on retournait dehors, elle ne pourrait jamais se remettre correctement. Elle allait souffrir le martyr et je n'étais pas assez calée pour pouvoir lui apporter les soins nécessaires à un rétablissement correct. Cependant, si nous restions ici, elle pourrait bénéficier des soins nécessaires, d'un environnement sûr et de la sécurité d'un groupe. J'avais refusé d'y réfléchir hier, ne voulant pas me triturer les méninges, mais maintenant, je ne pouvais m'empêcher d'y penser. Si on parvenait à se faire accepter, on serait en sécurité. Et c'était une chose pour laquelle j'étais prête à me battre. Proposer mes services, leur montrer qu'ils pouvaient nous faire confiance, c'était une des armes que j'avais en réserve. Il y en avait d'autre, bien sûr, mais chaque chose en son temps.

Cependant, Rick ne semblait pas décidé à me laisser les aider. Il s'approcha de moi, le regard planté dans le mien, et se pencha légèrement.

- Nous n'avons besoin de rien, déclara-t-il sèchement.

Je me pinçai l'arête du nez, désespérée par le comportement buté de l'homme que j'avais en face de moi. Je n'arrivais pas à communiquer avec lui. C'était un vrai mur de glace. Impénétrable et froid. Il refusait d'écouter et je ne pouvais rien faire dans ce cas-là. Résignée, je poussai un soupir et me détournai, une main sur les hanches. Je lançai un rapide regard à Gwen, fronçant imperceptiblement les sourcils pour lui signifier qu'il me tapait sur le système. Les commissures de ses lèvres tressaillirent légèrement et elle détourna le regard pour ne pas sourire.

- Très bien, soufflai-je. Mais si vous changez d'avis, n'hésitez pas.

Il me regarda un instant en plissant les yeux et je soutins son regard sans peine. S'il croyait m'impressionner, il se trompait sur toute la ligne. Ce n'était pas parce que j'étais une fille que j'avais peur de lui, bien au contraire. De plus, plus il tentait de m'impressionner, plus j'avais envie de le défier. Un petit problème de fierté mal placée.

Finalement, il détourna les yeux, balaya la salle du regard, puis ressortit. Les autres le suivirent. Passage éclair, pensai-je dans ma tête. De l'autre côté de la salle, le reste du groupe passa dans la seconde partie du bloc, nous laissant alors seules. J'entendis vaguement quelques paroles sur des béquilles, mais je n'y fis pas attention. Je me tournai vers Gwen et m'assis face à elle. Elle me regarda, un faible sourire aux lèvres.

- Tu ne l'aimes pas, le chef, pas vrai ?

- Il m'insupporte, soufflai-je. On dirait un glaçon enfermé derrière une porte blindée. C'est impossible de négocier avec lui, il est encore plus buté que moi, murmurai-je.

Gwen lâcha un petit rire puis soupira. Elle avait l'air épuisé. Je me levai et attrapai la bouteille d'eau qu'il y avait dans le sac marron.

- Tiens. Si tu veux faire baisser ta fièvre rapidement, faut que tu boives, dis-je en lui donnant la bouteille d'eau.

Je tenais ça de ma mère. Avant, quand je tombais malade, je tombais les litres d'eau. Un petit sourire amer étira mes lèvres et Gwen hocha la tête, portant la bouteille à ses lèvres. Je regardai par-dessus mon épaule pour vérifier que personne ne nous écoutait, puis je poussai un petit soupir.

- Ça a l'air chouette comme endroit, tu trouves pas ? demandai-je.

- Tu veux essayer de nous faire rester ?

J'hochai la tête. Gwen poussa un long soupir et un petit gémissement de douleur s'échappa de ses lèvres. Elle agrippa alors fermement sa cuisse avec sa main.

- T'es mal en point. Ce serait un véritable soulagement si on pouvait se poser quelque part, expliquai-je le plus doucement possible, pour ne pas que les autres puissent nous entendre. La prison m'a l'air sûr. Et puis, dehors, on tiendrait pas deux jours avant de nous retrouver à nouveau dans la même situation qu'hier.

Gwen me regarda un moment sans rien dire puis elle poussa un petit soupir, les yeux mi-clos.

- Ils ont pas l'air vraiment ok pour accueillir de nouvelles personnes. Regarde juste la façon dont ils ont réagi tout à l'heure. Il suffit que ce gars dise un truc, et ils disent tous « amen », soupira-t-elle. Je suis pas sûre que l'on puisse le convaincre, même en leur proposant des services.

- Il le faudra bien, déclarai-je. Je ne te laisserais pas retourner dans la forêt dans cet état. Je ne tiens pas à…

Ma phrase resta en suspens, mais je savais que Gwen avait compris. Je ne voulais pas la perdre elle aussi. Depuis le début de l'épidémie, j'avais perdu énormément de proche. Nous étions seulement quatre à avoir pu nous échapper vivant de l'enfer qu'était devenu notre village une fois qu'il avait été contaminé. Aujourd'hui, il ne restait plus que moi et Gwen, et je ne voulais pas la perdre. Elle était devenue un peu comme ma petite sœur, même si nous avions le même âge. Je veillais sur elle comme l'aurait fait une grande sœur et j'avais décidé que cet endroit serait parfait pour elle. J'allais finir par trouver le moyen de nous faire accepter de ce groupe, ce n'était qu'une question de temps.

- Dis… Tu leur as donné toutes nos armes ? me demanda-t-elle soudainement, les sourcils légèrement froncés.

Je la regardai droit dans les yeux, puis je lui indiquai le sac noir d'un petit geste de la tête. S'ils n'avaient pas fouillé ce sac de fond en comble, ils ne devaient pas avoir trouvé le couteau qu'il y avait dedans. Ce sac contenait le peu de vêtements de rechange que nous avions ainsi que quelques affaires de toilettes et d'autres trucs dans le genre. Caché dans un de mes pulls, il y avait un poignard. Je ne l'avais pas dit au cas où la situation aurait un peu dérapé. Je me débrouillais toujours pour conserver une arme avec nous, pour pouvoir nous défendre.

Regardant autour de nous, je passai derrière Gwen et ouvris le sac noir pour vérifier que l'arme y était toujours. Je poussai deux ou trois vêtements pliés à la va-vite puis je tombai enfin sur mon pull bleu. J'enfonçai mon bras dans le sac et appuyai sur le vêtement. Mes doigts rencontrèrent une surface dure et je retins un soupir de soulagement. Je cherchai le col de mon pull à tâtons, puis je glissai ma main jusqu'à toucher la poignée froide de l'arme. Vérifiant que personne n'arrivait, j'attrapai rapidement l'arme et la glissai dans mon jean, à ma droite. Je fis ensuite redescendre mon pull et je refermai le sac. Je me relevai alors, ne pouvant plus vraiment rester assise. L'arme était assez longue. La lame partait de ma ceinture et atteignait sans peine le bas de ma poche. Cela m'empêchait de m'asseoir, mais ça ne me gênait pas.

Alors que je faisais un petit sourire à Gwen, la porte qui menait à l'autre partie du bloc s'ouvrit, laissant passer Carol, la femme enceinte, le petit garçon, la fille blonde et un homme âgé en béquille. Je croisai les bras sur ma poitrine, et détaillai le vieil homme du regard. Il semblait épuisé et peu sûr des quelques pas qu'il parvenait à faire grâce aux béquilles. Mon regard se posa alors sur sa jambe et je déglutis péniblement. Son pantalon pendait lamentablement dans le vide, là où le reste de sa jambe aurait dû se trouver. Je me demandai alors comment il allait faire pour le reste de sa vie. Coursé par les Mordeurs, il ne tiendrait que très peu de temps. C'était un handicap affreux que de ne pouvoir se déplacer.

- Ah. Vous devez être Romane, n'est-ce pas ?

Je relevai la tête, détachant mon regard de la jambe de l'homme et plantai mon regard dans le sien. J'hochai la tête.

- C'est exact. Et vous, vous devez être Hershel. Enchantez de vous rencontrer, déclarai-je.

J'hésitai à lui tendre la main. Finalement, je ne le fis pas. Il n'avait pas encore l'air très sûr de son mode de déplacement. Je ne voulais pas le faire tomber ou quelque chose dans le genre.

- Et vous, vous devez être Gwen, dit Hershel en se tournant difficilement vers mon amie.

- Ouais, soupira cette dernière, les yeux mi-clos, les joues rouges.

- Vous avez des notions de médecine d'après ce qu'on nous a dit. Vous pensez pouvoir faire quelque chose ? demandai-je, gênée de demander un tel service à une personne elle-même blessée.

Hershel raffermit sa prise sur ses béquilles et s'approcha tant bien que mal de Gwen. Je m'approchai à mon tour et m'accroupis tant bien que mal. Heureusement que mon pull faisait trois fois ma taille, pensai-je, soulagée d'avoir quelque chose pour cacher mon arme.

- Pouvez-vous remonter la jambe de son pantalon ? me demanda Hershel.

J'hochai la tête et jetai un petit coup d'œil à Gwen, qui me fit signe que je pouvais le faire. Je félicitai mentalement mon amie de ne plus porter de slim et remontai lentement la jambe du pantalon large de Gwen, ignorant légèrement ses tremblements et ses gémissements. Une fois que toute la partie sous le genou fut découverte, je m'écartai légèrement, les lèvres pincées. Un hématome bleuâtre s'était formé depuis hier et recouvrait toute la cheville. Il semblait partir de plus bas sur son pied et s'être étendu sur toute la surface disponible. Je trouvais ça affreux et j'avais l'impression de ressentir moi-même la douleur de Gwen. Je relevai la tête et lançai un regard impuissant au médecin, qui observait la blessure sans rien dire.

- Pas beau à voir hein ? murmura Gwen.

Elle avait l'air prête à retomber dans les bras de Morphée. Je lui lançai un regard inquiet. Elle n'avait pas encore touché à son assiette et il fallait examiner sa blessure. Ça allait être long, surtout pour elle.

- Il faudrait lui retirer sa chaussure, m'expliqua Hershel en faisant un petit geste vers le pied de Gwen.

J'hochai la tête et jetai un petit regard désolé à mon amie avant de m'approcher de son pied. Avec le plus de douceur possible, je défis ses lacets, les retirant complètement pour ne prendre aucuns risques. Je pris ensuite une grande inspiration, soulevai doucement sa jambe, la bloquant avec mon pied à quelques centimètres au-dessus du sol, puis je retirai la chaussure. Gwen ne put retenir un petit gémissement de douleur et je serrai les dents. Une fois que la chaussure fut enlevée, j'écartai légèrement la chaussette de mon amie, dévoilant davantage son hématome. Sa cheville avait doublé de volume. Je relevai la tête, interrogeant Hershel du regard. Ce dernier me lança un petit regard puis pinça les lèvres.

- Je pense que sa cheville doit être cassée, déclara-t-il alors, les sourcils froncés. Il faudrait lui faire une attelle. Hum…

- Les bâtons, Romane… et la couverture, dans le sac… souffla Gwen, plus pâle qu'avant. Pour faire l'attelle… expliqua-t-elle devant mon regard interrogatif.

J'hochai la tête et me précipitai sur le sac. Je pouvais faire confiance à Gwen sur ce genre de chose. Son père était un médecin, avant, et elle avait grandi entouré de bouquin ne traitant que de ce sujet, entourée de discussion toutes plus compliquées les unes que les autres sur diverses traitements et autre premiers soins. Certaines informations qu'elle avait retenues nous avaient été d'une aide précieuse durant l'année qui venait de passer.

- Comment savez-vous cela jeune fille ? demanda Hershel, visiblement intéressé.

- Son père était médecin, dis-je en tirant deux bâtons en bois du sac noir. Je m'étais toujours demandé à quoi pouvait bien servir ces bâtons, mais je n'avais jamais osé demander, avouai-je.

- Toi et ta fierté mal placée… souffla Gwen.

Je la foudroyai du regard, tirant sèchement sur la couverture pour la sortir du sac à son tour. Je rapportai le tout devant elle sous le regard légèrement amusé d'Hershel, puis je lançai un regard interrogatif au médecin.

- Je dois faire quoi avec ça ? demandai-je.

- Pliez la couverture en deux et placez un bâton à chaque extrémité. Placez ensuite la couverture sous la jambe droite de votre amie et enroulez les bâtons pour qu'ils serrent bien contre cette dernière, m'expliqua-t-il, tandis que je suivais ses indications à la lettre. Maintenant, il faut fixer l'attelle avec des liens.

Je serrai l'attelle d'une seule main et tendis l'autre pour attraper le lacet de Gwen. Me débrouillant tant bien que mal, je réussis à faire passer le fil sous l'attelle et à le nouer pour faire tenir le tout.

- Il faudrait deux autres liens pour maintenir le pied dans une position adéquate, m'expliqua Hershel.

Je sortis deux autres fils du sac noir et les nouai de la façon que m'indiqua Hershel. Pour cela, je dus bouger le pied de Gwen, et cette dernière poussa un long gémissement de souffrance avant de retomber dans les vapes. Je poussai un profond soupir et me relevai.

- Merci, dis-je au médecin. Merci beaucoup.

Hershel hocha la tête. Il y eut ensuite un petit moment de malaise et, finalement, ils sortirent tous, nous laissant seules, moi et Gwen. Je me tournai alors vers mon amie. Elle était à nouveau sans connaissance. Je regrettai de ne rien pouvoir faire de plus pour elle. J'avais l'impression de… laisser couler. J'étais en train de brasser de l'air. Je ne pouvais rien faire, tout était en standby. Il fallait que j'attende pour Gwen, que j'attende pour le groupe, que j'attende, encore et encore ! Tous ces mois d'activité en étaient venus à me faire redouter et détester l'inaction, les moments d'accalmie. C'était étrange, mais c'était comme ça. J'avais l'horrible impression d'être inutile. En plus, je ne pouvais pas sortir de cette pièce. Personne ne l'avait dit, mais c'était tellement sous-entendu dans leur manière d'agir. Et puis, je ne voulais pas tenter le diable. Il y avait déjà peu de chance qu'ils nous acceptent dans leur groupe, pas la peine de les pousser à nous éjecter immédiatement.

Je poussai un profond soupir et laissai mon regard errer dans la pièce. Ils avaient l'air de s'être bien organisé. Ils avaient dû passer un sacré bout de temps pour débarrasser le bloc de tous les Mordeurs. Je n'osais même pas imaginer la chose tellement cela me paraissait surréaliste. Avec Gwen, on était capable de s'occuper d'une dizaine de Mordeurs chacune, assez facilement, mais tout un bloc… Il ne fallait pas sous-estimer ces steaks pourris quand ils formaient une horde. Ils avaient vite fait de prendre le dessus quand ils débarquaient en masse.

Je soupirai et m'approchai de Gwen, tentant de sortir de mes pensées moroses pour me concentrer sur autre chose. Je m'accroupis près d'elle, les coudes sur mes genoux. Puis un coup de feu brisa le silence de la pièce. Mon sang se glaça dans mes veines.

Qui avait dit que tout était calme ?

! BLABLA DE L'AUTEUR !

Alors ? Qu'est-ce que vous en pensez ? On repart pour un peu d'action après deux chapitres de pause, mais si vous commencez à voir comment j'écris, vous deviez vous en douter :) Je vous retrouve donc dans une semaine avec un nouveau chapitre ! N'hésitez pas à me donner vos avis ! A bientôt !