! BLABLA DE L'AUTEUR !
Hello ! Me revoilà avec le chapitre 4 de mon histoire ! Désolé de poster avec un jour de retard, mais je n'avais pas le temps hier :) J'espère que vous ne m'en voudrait pas trop :D J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les autres :) ( s'il vous plaît plus, c'est encore mieux ! ).
Juste D : Eh bien non ! Elles ne sont pas soeurs :3 Mais je pense qu'en effet, leur relation en est proche :) D'ailleur, cela va jouer un rôle important dans la suite de l'histoire... :D Pour ce qui est de Rick... tu verras bien :D Il aura son rôle à jouer auprès des filles ! En tout cas, encore merci pour ta review ! Comme toutes les autres, elle me fait plaisir ! :D
Voilà ! Je vous souhaite donc une bonne lecture !
Chapitre 4 :
Je me redressai d'un seul bond, la main sur la poignée de mon couteau, à travers mon pull. Je tendis l'oreille et des cris me parvinrent de l'autre côté de la porte. Je ne comprenais rien à ce qu'il se passait, et je sentais la panique monter en moi. Je jetai un regard à Gwen, paniqué. Qu'est-ce qu'il se passait ? Je les entendais crier, de l'autre côté de la porte. J'entendais des coups de feu, rendus moins puissant à cause de la porte de métal qui me séparait du dehors. Mais j'entendais également les grognements des Mordeurs.
Prise d'un excès de panique, je me précipitai sur Gwen et la relevai. Je passai un de ses bras autour de mon cou et me redressai. Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit brutalement, laissant entrer Maggie, la femme enceinte et le garçon.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? m'écriai-je.
- Il y a des Rôdeurs ! Des Rôdeurs de partout ! s'exclama Maggie en se précipitant vers leur partie du bloc.
Je la vis alors reculer brutalement, trois Mordeurs à ses trousses. Je me figeai d'un coup. Mon cœur s'arrêta de battre pendant ce qui me sembla être plusieurs minutes. Mes mains se mirent à trembler et l'adrénaline se répandit presque instantanément dans mes veines. Tout était en train de recommencer, exactement comme hier. Maggie se détourna rapidement.
- Demi-tour ! Demi-tour !
J'agrippai Gwen plus fermement et m'engouffrai par la porte vers laquelle Maggie se précipitait. Mon cœur battait à cent à l'heure et la peur venait de se réveiller en moi. Je n'avais plus qu'une seule idée en tête : fuir et survivre.
La grille se referma derrière nous, et nous nous précipitâmes dans les couloirs. Heureusement pour nous, ces derniers étaient vides. Après plusieurs minutes à nous éloigner des Mordeurs, moi soutenant Gwen, un gémissement se fit entendre et toute l'attention se porta sur la femme enceinte.
- T'arrives à suivre ? demanda Maggie.
- Je crois que ça va pas ! s'exclama la femme.
- T'as été mordue ? demanda Carl.
La femme secoua la tête, serrant les dents. Elle semblait aller très mal. Elle se tenait le ventre, les mains crispées. Je relevai la tête et écarquillai les yeux en la fixant, incrédule. Non, c'était pas possible ! Pas maintenant !
- Lori ? appela Maggie.
- Je crois que… Je crois que le bébé arrive ! s'exclama Lori, l'air désespéré.
Je faillis en lâcher Gwen. Non, c'était pas possible. Pas ici ! Pas alors qu'on était entourés de Mordeurs, prêts à se faire bouffer à tous moments !
- Vous êtes sûre ?! m'écriai-je, la voix vibrante d'inquiétude.
Au même moment, une alarme se déclencha, agressant mes oreilles. Des râles se firent entendre au bout du couloir et une dizaine de Mordeurs firent alors leur apparition, augmentant la pression qui pesait déjà sur mes épaules. Je lâchai un juron et, d'un coup sec, je dégainai mon poignard. Hors de question de mourir comme ça ! Je me battrais, je ne les laisserai pas nous toucher !
- On peut pas rester là ! s'exclama Maggie.
Je lui jetai un regard désespéré et emboîtai le pas de Carl, qui était passé devant. Derrière nous, les râles se faisaient de plus en plus forts. La situation était la même devant. Nous étions totalement encerclés par ses merdes ! Il n'y avait plus d'issues !
- Mais ils sortent d'où ?! m'écriai-je, paniquée.
Je n'eus aucune réponse à ma question. Carl nous guidait à travers le dédale de couloirs, cherchant un endroit où se réfugier. Derrière nous, j'entendais les Mordeurs arriver. Ils étaient de plus en plus proches ! À côté de moi, Gwen semblait reprendre légèrement ses esprits. Elle était en train de se réveiller et je la sentais reprendre contact avec la réalité. Devant moi, Maggie, Lori et Carl avançaient rapidement. J'étais ralenti par le poids de Gwen, mais je refusais de la lâcher.
- Romane… ? murmura Gwen.
- Me lâche pas ! dis-je, les dents serrées sous l'effort.
- Par ici ! s'exclama Carl en ouvrant une porte.
Je raffermis ma prise sur le bras de Gwen et me précipitai vers Carl. Maggie et Lori s'étaient déjà engouffrées dans la pièce. Derrière moi, les Mordeurs se rapprochaient. Je les entendais déjà se bousculer dans le couloir que nous venions de prendre. Mes nerfs étaient à vifs et je n'avançais pas assez rapidement. Je n'attendrais jamais la porte à temps ! Puisant dans mes dernières réserves, j'accélérai autant que je le pus et me projetai contre la porte. Dans le couloir, les Mordeurs arrivaient.
Ma décision fut prise en quelques secondes à peine.
D'un coup d'épaule, je fis passer Gwen par l'entrebâillement et je propulsai Carl avec elle. J'eus juste le temps de voir l'air incrédule de Gwen avant de refermer la porte et de détaler aussi vite que je le pouvais, les larmes aux yeux. Au bout du couloir, je tournai à droite, dans un couloir vide. Perdue, je tournai une nouvelle fois à droite, tentant de retrouver mon chemin dans ce labyrinthe de couloirs sombres. Ma respiration était saccadée, mon cœur battait à cent à l'heure, et je savais que je n'avais pas le droit de me tromper de couloir. Cela pouvait me coûter la vie et il était hors de question que je meurs en laissant Gwen toute seule.
Alors que je tournais à nouveau à l'angle d'un couloir, je tombai presque nez à nez avec six ou sept Mordeurs, qui s'arrêtèrent un instant avant de se précipiter sur moi. Je lâchai un gémissement désespéré et levai mon poignard, prête à me défendre. J'achevai sans problème les deux premiers zombies, qui s'écroulèrent par terre dans un borborygme répugnant. Je relevai à peine la tête que le troisième se jetait déjà sur moi. Je me protégeai à l'aide de mon bras, le levant à hauteur de mon visage, puis je lui plantai ma lame entre les deux yeux. Je le poussai ensuite sur les deux autres derrière lui aussi fort que je le pus, me libérant momentanément de leur présence pestilentielle. Le dernier se jeta alors sur moi, tentant sa chance également. Je reculai de plusieurs pas, puis ma lame trouva le chemin de son crâne, l'explosant dans une gerbe de sang. Je poussai un profond soupir et m'appuyai contre le mur. J'avais la tête qui tournait et ma respiration était de plus en plus chaotique. En plus, j'entendais des grognements inhumains retentir de partout, dans tous les couloirs. J'étais encerclé, et je ne pouvais rien faire. Je n'allais jamais retrouver mon chemin, c'était impossible ! J'allais mourir ici.
Tout à coup, je sentis un contact froid sur ma jambe et je poussai un hurlement terrifié en reculant brutalement. Je m'étalai alors au sol, de tout mon long, tandis que l'un des Mordeurs que je n'avais pas tué s'agrippait à ma jambe, grimpant pour essayer de me mordre. Je me débattis comme une folle. Dans la chute, j'avais fait tomber mon poignard. Il était à seulement quelques centimètres de ma main, mais je ne parvenais pas à l'attraper. Luttant comme une enragée, je réussis à dégager ma jambe droite et je donnai un grand coup dans la tête du zombie. Cela lui fit autant d'effet que si je lui avais donné une pichenette. Paniquée, je me débattis comme une folle, essayant désespérément de me soustraire à l'étau mortel de ce steak putride. Je poussai un hurlement de douleur quand ses doigts commencèrent à s'enfoncer trop profondément dans ma chair et je lui donnai un nouveau coup de pied, qui eut autant d'effet que le premier. Je serrai les dents, désespérée, les larmes aux yeux.
Un coup de feu retentit alors, et je sentis le corps du Mordeur s'affaler sur moi, inerte. Je mis quelques secondes à comprendre, puis je me dégageai violemment, repoussant le corps à grand renfort de coup de pied. Je m'éloignai le plus possible de ce steak putride, attrapant mon couteau au passage. Je me relevai d'un bond et achevai le dernier Mordeur, qui se dégageait déjà de sous les corps.
Alors que je me reculais enfin, les yeux fixés sur les corps devant moi, une main m'agrippa violemment l'épaule et me plaqua contre le mur, me faisant me cogner la tête. Je me retrouvai alors nez à nez avec Rick et ses yeux fous.
- Où sont-ils ?! OÙ ?! hurla-t-il, pointant son flingue entre mes deux yeux.
- Je ne sais pas ! m'écriai-je, incapable de parler calmement. La dernière fois que je les ai vus, ils s'enfermaient dans une pièce avec Gwen, à l'abri des Mordeurs ! Je me suis sauvée en comprenant que je ne pourrai jamais entrer avec eux ! Je… C'est tout ! assurai-je, paniquée, en le sentant appuyer davantage sur mon front.
Rick me dévisagea un long moment avant de pousser un cri de rage et de se retourner pour frapper le mur derrière lui. Je pris une profonde inspiration et déglutis péniblement. Bordel, ils étaient tous tarés ici ! Je resserrai ma prise sur mon arme et pinçai les lèvres. Rick se ressaisit alors et se tourna vers un homme portant l'habit des prisonniers, m'ignorant totalement. Avec eux, il y avait également l'homme à l'arbalète, qui me dévisagea un instant avant de reporter son regard sur le prisonnier.
- On va par où maintenant ?! s'exclama-t-il.
- Par là…
Tout à coup, au bout du couloir, un groupe de Mordeurs déboula, toutes dents dehors. Mon cœur, qui s'était légèrement calmé, repartit à toute allure et je fis plusieurs pas en arrière.
- Et merde ! m'écriai-je en levant mon poignard devant moi.
- On y va ! cria Rick avant de partir en courant.
Il fit passer le prisonnier devant lui et je me retrouvai à l'arrière, avec l'homme à l'arbalète. Les Mordeurs se bousculaient dans le couloir, toujours plus nombreux, et j'accélérais toujours plus, poussant le prisonnier devant moi pour qu'il aille plus vite.
Au bout d'un moment, il prit un tournant à gauche et nous nous retrouvâmes dans un couloir affreusement étroit. Au bout, il y avait une seule et unique porte, fermée.
- C'est là !
Rick se projeta sur la porte, qui s'ouvrit pile au moment où les Mordeurs nous rattrapaient. J'évitai de justesse une morsure mortelle et pénétrai dans la pièce à mon tour, me plaquant ensuite contre la porte avec l'homme à l'arbalète et le prisonnier. La pression augmentait de minutes en minutes, au fur et à mesure que le nombre de Mordeurs derrière la porte augmentait. Je serrai les dents et m'appuyai de tout mon poids contre le battant de métal, puisant dans toute mon énergie pour le maintenir fermé.
- Comment on éteint ces trucs ?! hurla Rick.
Je tournai la tête et regardai la pièce où nous étions. C'était une sorte de salle des machines. Rick était devant l'une d'elles, l'air fou, complètement paniqué. À côté de moi, le prisonnier me jeta un regard incertain.
- Vas-y, c'est bon, souffla une voix derrière moi.
Je tournai la tête et tombai nez à nez avec l'homme à l'arbalète. Nos regards se croisèrent et j'eus la surprise d'y voir une froide détermination, sans presque aucune trace de peur. Je le fixai pendant plusieurs secondes, toujours appuyée contre la porte, mais une impulsion plus forte que les autres me fit déraper et je me rattrapai de justesse en serrant les dents. Je fermai les yeux et me concentrai alors sur mon effort contre la porte de métal.
Soudain, l'alarme qui retentissait depuis tout à l'heure cessa dans le bâtiment, laissant pour seul bruit de fond celui des grognements des Mordeurs derrière la porte et les battements acharnés de mon cœur qui résonnaient jusque dans mes oreilles. Je tournai la tête vers Rick et je vis alors un homme portant lui aussi l'uniforme des prisonniers sortir de derrière les machines, hache à la main.
- Attention ! hurlai-je.
Rick se retourna et para de justesse le coup de hache qui lui était destiné. Au même moment, la pression derrière la porte s'accentua, me faisant glisser au sol. Dans la chute, ma tête se cogna contre la porte, produisant une vague de douleur dans mon crâne. Je poussai un gémissement plaintif et me relevai tant bien que mal, le monde tanguant autour de moi. J'avais l'impression que j'allais perdre connaissance d'un moment à l'autre. Je n'avais plus de force, mais je n'avais pas le droit d'abandonner, aussi m'appuyai-je de nouveau contre la porte, avec cependant moins de force qu'avant. L'homme à l'arbalète me regarda, l'air aussi épuisé que moi. La pression se faisait de plus en plus forte. La force du nombre était en train de dépasser celle des vivants et nous ne pourrions bientôt plus tenir.
À l'autre bout de la pièce, Rick tira un coup de feu sur l'homme qui l'avait attaqué puis le pistolet lui échappa des mains, glissant à plusieurs centimètres de lui.
Tout à coup, une nouvelle pression me fit tressauter contre la porte et je serrai les dents en sentant la douleur irradier dans mon crâne. Je croisai alors le regard de l'homme à l'arbalète.
- Recule-toi ! cria-t-il.
Je lui obéis immédiatement et me reculai de la porte. Pendant quelques secondes, il maintint la porte fermée puis il lâcha prise, attrapant vivement son arbalète. La porte s'ouvrit sur les visages putréfiés des Mordeurs et une vague de dégoût me submergea. L'homme brandit son arbalète et tira une flèche dans un crâne, abattant un zombie. Raffermissant ma poigne sur le manche de mon poignard, je me jetai sur un Mordeur et le tuai en lui explosant le crâne. Je le poussai ensuite aussi fort que je le pus, bloquant le passage aux autres. Je me reculai et, presque immédiatement, l'homme à l'arbalète referma la porte. Je me plaquai à nouveau contre, jetant un regard déterminé à l'homme à côté de moi. Ce dernier hocha la tête et attrapa une de ses flèches. Il me poussa alors sur le côté et bloqua la porte. Je me redressai vivement et pris une grande inspiration, tentant de calmer les battements de mon cœur.
Je le remerciai d'un signe de tête. Il me dévisagea un instant puis son regard se porta sur Rick et le prisonnier et je le vis sortir le couteau qu'il avait à sa ceinture tout en s'approchant d'eux. Je remarquai alors que le prisonnier qui nous avait guidés tenait le pistolet dans la main, pointé sur Rick et l'autre prisonnier. Je serrais davantage mon couteau dans ma main et m'approchais à mon tour. Le coup de feu partit alors, et explosa la tête du prisonnier à la hache, sous le regard interloqué de Rick.
Je reculai d'un bond, le cœur au bord des lèvres. Mon regard était fixé sur le cadavre de l'homme qui venait d'être abattu et un immense dégoût m'envahit, presque instantanément. Tuer des Mordeurs ne me dérangeait pas. Pour moi, ces choses étaient déjà mortes. Mais tuer un être humain, aussi mauvais soit-il… C'était au-dessus de mes capacités. C'était plus fort que moi, je ne pouvais pas. Cela me répugnait au plus profond de mon être. Si les vivants se mettaient aussi à tuer le peu de gens qu'il restait, alors il n'y aurait bientôt plus aucun humain sur Terre.
Je me détendis légèrement lorsque le prisonnier tendit le pistolet à Rick, heureuse que l'arme lui soit retirée. Ce dernier le regarda un court instant puis hocha la tête. Je décidai de ne rien dire sur l'homme qui venait de se faire descendre. Malgré le fait que je ne tolérais pas ce geste, je n'avais pas mon mot à dire et j'avais plus à perdre qu'à y gagner au final.
- On y va, déclara-t-il en reprenant l'arme.
Nous hochâmes tous la tête. Dans la salle, il y avait une deuxième entrée, qui menait dans une partie des couloirs qui était encore vide. Rick fit passer le prisonnier en premier, puis il lui emboîta le pas après avoir échangé un long regard avec l'homme à l'arbalète. Alors que j'allais passer à mon tour, une poigne puissante se referma sur mon poignet et me fit me retourner. Je me retrouvai alors nez à nez avec l'homme, le regard planté dans ses yeux perçants. Je le fixai un moment, les sourcils froncés, un air interrogateur sur le visage. Son regard se baissa alors sur ma main, celle qui tenait mon arme. Je sentis mes joues rougir légèrement, mais je me ressaisis rapidement et redressai la tête.
- On a tous une personne à protéger, dis-je alors, les yeux fixés dans les siens. Chacun sa façon de faire.
Il ne dit rien, me fixant sévèrement, puis il me fit signe d'avancer. Je passai la porte avec soulagement. Le regard de cet homme donnait l'impression qu'il vous passait aux rayons X, qu'il pouvait voir au plus profond de vous-même. C'était déstabilisant. J'étais heureuse de ne plus devoir l'affronter directement en face. Il était presque plus déstabilisant que Rick et sa froideur, c'était pour dire.
Pressant le pas, je me dépêchai de rejoindre les deux autres, un peu plus loin, tandis que l'homme à l'arbalète refermait la porte derrière lui. Les couloirs semblaient vides, mais je restais sur mes gardes, prête à abattre le premier Mordeur qui montrerait sa face putréfiée.
Pendant plusieurs minutes, le prisonnier nous guida dans le dédale sombre qui nous entourait. Rien ne se passait et tout était silencieux. Je trouvais ça trop louche. De l'autre côté, les couloirs grouillaient de Mordeurs, et là, rien. Absolument rien. C'était encore plus stressant que de se faire courser par toute une horde. L'attente était insupportable. Nous ne savions pas ce qu'il pouvait bien nous arriver et nous attendions que quelque chose nous tombe dessus, la peur au ventre. J'en venais presque à espérer l'apparition d'un Mordeur pour briser ce silence trop compacte.
Nous marchions chacun côte à côte. Le prisonnier était devant, surveillé de près par Rick, et j'étais derrière avec l'homme à l'arbalète. Je soupçonnais ce dernier de me surveiller à la demande du chef. J'avais très bien vu le regard qu'ils avaient échangé tout à l'heure. Il m'était destiné, et je le savais. Je le sentais. Ils ne me faisaient pas confiance. Je ne pouvais pas leur en vouloir, car je n'étais là que depuis la veille. Mais c'était frustrant de se sentir surveillé, soupçonné. Ce n'était pas la même chose quand j'étais seule avec Gwen.
Je serrai les dents en pensant à mon amie. J'espérais de tout mon cœur que j'avais fait le bon choix et qu'elle était encore en vie. Si ce n'était pas le cas… Non, je ne préférais pas y penser. Gwen était en vie et j'allais la retrouver. J'espérai juste que j'avais eu raison de faire confiance à Maggie, Lori et Carl. Je priais le ciel pour qu'ils ne l'aient pas laissé tomber quelque part sous l'assaut des Mordeurs. C'était ce dont j'avais le plus peur. Qu'ils l'aient abandonnée. Après tout, comme on ne cessait de nous le faire comprendre, nous ne faisions pas partit du groupe.
Alors que j'étais plongé dans mes pensées, un râle se fit entendre dans un des couloirs du dédale. Je me stoppai alors, l'oreille aux aguets, la main crispée sur la poignée de mon arme, le cœur battant à cent à l'heure. Les autres se stoppèrent également. Je tournai la tête dans tous les sens, essayant de repérer d'où provenaient les sons, mais l'écho se propageait dans les couloirs. Les Mordeurs étaient là, quelque part, et ils approchaient, mais nous ne savions pas où est-ce qu'ils allaient nous tomber dessus. Nous étions dans un couloir simple et devant nous, il y avait deux entrées menant à d'autres couloirs. C'était la même chose derrière nous. Dans le pire des scénarios, on se retrouvait coincé entre deux groupes de Mordeurs. Mais il était inutile de se monter la tête avec ça, c'était la meilleure chose à faire pour perdre tous nos moyens.
- Restez sur vos gardes, souffla Rick.
Je lui lançai un rapide regard puis raffermis ma prise sur mon couteau. Je fermai les yeux quelques secondes et me concentrai. Il fallait que je me calme, que je calme les battements de mon cœur. Il fallait que je me débrouille pour desserrer cet étau qui m'enserrait la poitrine et la gorge. Je devais calmer ma respiration, pour la faire la plus silencieuse possible, et garder mon sang-froid. Si des Mordeurs nous tombaient dessus dans cet espace réduit, il fallait que je puisse m'en occuper sans piquer une crise de panique.
Le prisonnier continua à nous guider pendant plusieurs minutes sans que rien ne se passe. Nous avancions lentement, surveillant nos arrières et inspectant chaque couloir que nous traversions. Je redoutais assez le fait de tomber sur des Mordeurs dans un espace aussi réduit, où nos gestes pouvaient être limités. J'avais toujours eu l'habitude de me défendre dans des endroits plus grands. De plus, habituellement, j'avais toute mes armes sur moi. Mon arc, mon pistolet, ainsi que mes autres couteaux. Hors, là, je n'avais pour me défendre qu'une simple lame. Je sentais la panique me gagner rien qu'en pensant à ça.
Alors que nous tournions à l'angle d'un couloir, d'autres râles se firent entendre, plus près. Je me retournai d'un bond en même temps que l'homme à l'arbalète. Ils étaient là, tout près. Je sentais mon cœur battre à cent à l'heure dans ma poitrine. Mon sang battait contre mes tempes, m'embrumant légèrement l'esprit. Je luttais pour conserver mon sang-froid, mais le stress de l'attente et du silence ambiant usait mes nerfs au fur et à mesure que les minutes passaient. Irritée, je tournai la tête vers le prisonnier.
- On est bientôt dehors ? murmurai-je.
- On n'est plus très loin de la sortie, me répondit-il.
J'avais envie de lui hurler dessus. Il nous disait la même chose depuis qu'on était sorti de cette fichue salle ! Je poussai un profond soupir rageur et me retournai pour surveiller nos arrières.
Et c'est là que je les vis.
Ils arrivaient en groupe. Ils étaient plusieurs, une bonne dizaine, peut-être même plus. Ils se bousculaient dans le couloir en grognant. Leurs râles résonnaient jusqu'à nous tandis qu'ils approchaient encore et encore.
Alors que je me préparais à attaquer, d'autres grognements se firent entendre de l'autre côté du couloir. Je tournai la tête et je me sentis pâlir. Un autre groupe de Mordeurs arrivait, aussi conséquent que le premier. C'était un cauchemar. Ils étaient une vingtaine contre quatre. Nous allions forcément être submergés par le nombre. Nous avions peut-être la vitalité et les reflex des vivants, mais les morts avaient l'avantage de la force et du nombre. Ce serait un réel miracle si aucun d'entre nous n'était blessé.
- Et merde ! Tenez bon ! hurla Rick.
Au même moment, les Mordeurs attaquèrent.
Sans même regarder ce que je faisais, j'abattis mon bras, ma lame explosant un crâne complètement au hasard. Je me reculai alors, me retrouvant dos à dos avec le prisonnier. Le Mordeur que je venais de tuer s'effondra au sol, la tête en sang et je le regardai un moment, le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine. Mes mains étaient moites, mon esprit était embrumé par la panique. Mon corps tremblait de peur et ma respiration était saccadée. J'étais au bord de l'implosion. Seule l'adrénaline qui courrait dans mes veines me permettait encore de tenir debout. Au fil du temps, elle était devenue une alliée bien plus précieuse que ce que je n'aurais pu imaginer avant.
À côté de moi, l'homme à l'arbalète tuait Mordeurs sur Mordeurs. Il ne leur laissait pas le temps de répliquer, même si certains lui donnaient un peu de fil à retordre. Néanmoins, dans son dos, son carquois se vidait à vue d'œil. C'était l'inconvénient des armes telles que l'arc ou l'arbalète. Elles faisaient des dégâts, mais les munitions s'épuisaient vite. Les armes à feu avaient le même problème, bien sûr, mais il y avait la frustration en moins. Quand on utilisait un pistolet, on savait qu'une fois la balle tirée, il n'y avait plus rien à en faire. Or, pour un arc ou une arbalète, nos munitions étaient réutilisables et on les avait là, sous le nez, à portée de main. Mais on ne pouvait malheureusement pas les atteindre. Pas le temps, trop d'ennemis. C'était contraignant.
Un nouveau zombie tomba sous ma lame, m'aspergeant de sang des pieds à la tête. Heureusement que je n'avais pas pris le temps de me changer la veille, pensai-je en me jetant sur un autre Mordeur. Le nombre ne semblait pas diminuer. En fait, il en arrivait toujours plus et quand un tombait, un autre apparaissait. J'avais l'impression de me battre avec de l'air. Tout ce que je faisais ne changeait rien et la fatigue commençait à se faire sentir. Encore un de nos gros points faibles à nous, les vivants.
Derrière nous, la situation semblait être meilleure. J'entendais les corps tomber les uns après les autres et le prisonnier avançait. Je me collais à lui, profitant de son avance pour me reculer et me tenir hors de portée des Mordeurs avides de chair fraîche. Mon bras me faisait souffrir. Il était courbaturé. À chaque mouvement, j'étais obligé de serrer les dents pour ne pas lâcher un gémissement de douleur. Depuis plusieurs jours, le couteau était la seule arme que j'utilisais. Je voulais préserver mes flèches pour des situations plus risquées et je conservais un maximum les balles pour que Gwen puisse s'en servir. Je me débrouillais bien avec un couteau en main, mais là, je fatiguais beaucoup trop. C'était mauvais. Mes reflex devenaient moins bons et je le sentais. J'avais de plus en plus de mal à me défaire des Mordeurs qui m'attaquaient continuellement. Néanmoins, je continuais à me battre, à attaquer. Il fallait que je défende ma vie coûte que coûte. Je devais continuer à vivre. Je ne pouvais pas laisser Gwen toute seule.
D'un mouvement circulaire du bras, je plantai ma lame dans le crâne d'un autre Mordeur, pile sur la tempe. Je relevai la tête et vis alors que le groupe devant nous commençait lentement à diminuer. Le flux de Mordeurs avait cessé et ils étaient tous en train de périr devant nous. De plus, Rick s'était joint à nous, laissant le prisonnier s'occuper des derniers Mordeurs qu'il restait de leur côté. Les coups de feu, les flèches et les coups de couteau pleuvaient. Je voyais enfin la fin de cette hécatombe quand un nouveau Mordeur se jeta sur moi alors que j'étais déjà en train de me débattre pour me défaire de l'emprise d'un autre. Je poussai un petit cri avant de serrer les dents et de le repousser. Je n'allais pas mourir aujourd'hui ! Déterminée, la rage au ventre, je plantai ma lame dans l'œil du Mordeur qui tentait de me bouffer depuis au moins cinq bonnes minutes, puis je me tournai pour faire face aux autres. Je remarquai alors qu'il n'y en avait plus que trois.
Et ils étaient tous sur l'homme à l'arbalète.
Mon hésitation ne dura qu'une toute petite seconde avant que je ne me lance. J'attrapai le premier et lui perçai le crâne alors qu'il essayait désespérément de mordre le bras de l'homme. Ce dernier s'occupa de celui qui l'attaquait de front, et qu'il avait réussi à maintenir à distance grâce à son arbalète. Le troisième recula de quelques pas sous l'impulsion qu'avait prise l'homme pour tuer l'autre Mordeurs et resta stoïque pendant quelques secondes. J'en profitai et, au moment où l'homme allait le tuer, je plantai mon couteau à la base de sa nuque, à l'arrière de sa tête. Lame vers le haut. Le Mordeur mourut dans un borborygme répugnant et s'effondra au sol comme une masse. Dans le couloir, le silence était revenu, seulement brisé par nos respirations saccadées.
Je relevai la tête, la bouche sèche, essoufflée, et je plantai mon regard dans celui de l'homme en face de moi. Ce dernier hocha la tête, sans rien dire. Je détournai rapidement les yeux, n'arrivant pas à soutenir l'intensité de son regard, et me tournai vers Rick et le prisonnier. Le chef du groupe me lança un regard insondable puis hocha la tête à son tour. Je pris cela comme un remerciement, sans chercher à faire de complication. Peut-être que cela leur montrerait que nous n'étions pas un danger.
- On se remet en route. Avec le boucan qu'on a fait, le reste va pas tarder à rappliquer, souffla Rick en faisant signe au prisonnier de repartir.
Quelques Mordeurs plus tard, nous atteignîmes une porte en métal coulissante que le prisonnier ouvrit sans mal. La lumière du jour nous aveugla et je levai une main devant mes yeux pour me protéger. Pourtant, malgré la lumière qui nous brûlait la rétine, nous nous précipitâmes dehors, nous retrouvant dans la cours de l'entrée. Là, le reste du groupe attendait. Mon regard parcourut rapidement les visages et un poids quitta mes épaules quand je vis Gwen. Je poussai une exclamation de joie et me précipitai vers elle. Elle était assise par terre, contre les escaliers qui menaient à la salle principale où nous avions passé la nuit. Je m'écroulai à côté d'elle et la pris dans mes bras, la serrant aussi fort que je le pus.
- Romane ! s'écria-t-elle, les larmes aux yeux.
Je me reculai, l'attrapant par les épaules, inquiète au possible. Je la détaillai rapidement, essayant de savoir si elle était blessée ou pas. Mais elle ne semblait pas avoir subi plus que ce qu'elle n'avait déjà au moment où nous nous étions séparées
- Tu vas bien... murmurai-je. Tu vas bien…
Gwen hocha la tête, les larmes aux yeux. Je fronçai les sourcils et la regardai de plus près. Quelque chose n'allait pas. Je le sentais. Gwen n'était pas normale. Elle était pâle et ses joues étaient déjà mouillées, comme si elle venait tout juste de pleurer. Ses yeux étaient rouges et elle arborait un air triste. Je lui lançai un regard interrogatif. Pour seule réponse, Gwen tourna la tête vers Maggie, qui se tenait un peu plus loin, en retrait. Je tournai la tête et me figeai sur place, les yeux écarquillés.
Dans ses bras, bien serré contre elle, Maggie tenait un bébé. Le bébé. Celui de la femme, celui de Lori.
Mais Lori n'était pas là.
Les liens se firent rapidement dans mon esprit et je sentis un froid se répandre dans ma poitrine. Je tournai la tête, posant mon regard sur Carl. Je l'avais entendu appeler la femme « maman », tout à l'heure, quand j'étais encore avec eux. Le garçon affichait un visage impassible. Ses yeux étaient tels des glaçons et ses traits étaient figés. On pouvait voir qu'il serrait les dents et ses yeux étaient humides. Honnêtement, il me faisait peur. Je trouvais ça effrayant de ne pas le voir réagir. Je…
- Il a tiré une balle dans la tête de sa mère, Romane.
Je reportai vivement mon regard sur Gwen, les yeux encore plus écarquillés, si c'était possible.
- Quoi… ? Mais…
- Elle est morte en mettant sa fille au monde, m'expliqua-t-elle, le regard voilé. Il y avait des complications et… du sang, et… la césarienne, c'était la seule solution, mais elle…
Des larmes coulèrent sur les joues de Gwen et elle ferma les yeux. Elle tremblait de tout son corps, complètement sous le choc.
- Il a dû lui tirer une balle dans la tête… Pour ne pas qu'elle… qu'elle devienne un Mordeur. Je… j'étais avec Maggie, je… j'ai rien pu faire, Romane, rien du tout ! s'écria-t-elle.
Elle éclata alors en sanglots, s'écroulant dans mes bras. Je la serrai contre moi le plus fort que je pus. Par-dessus son épaule, je pus voir Rick apprendre la nouvelle. Il ne voulait pas y croire… Il refusait la mort de sa femme. Il hurlait. Son fils resta de marbre. Sa fille s'agita.
Et Gwen pleura.
! BLABLA DE L'AUTEUR !
Voilà ! Une nouveau chapitre ! Donc on repart dans de l'action. Pour le moment, je reste très collé au scénario de la série, le temps d'encrer mon histoire, puis je me détacherai un peu plus par la suite. Enfin bref ! :) J'espère que ce chapitre vous a plu ! A la semaine prochaine !
