! BLABLA DE L'AUTEUR !
Hello ! Me revoilà avec la suite de l'histoire ! Désolé pour le retard, mais je suis en train d'en prendre pas mal sur cette histoire. Je vais donc ralentir sur la fréquence des posts :) Une fois par mois, je pense :) Mais je n'abandonne pas pour autant cette histoire ! Voici donc la suite !
Chamonutella : Hey ! Contente que mon perso te plaise :) C'est ce sur quoi je travaille le plus dans cette histoire, je crois :D
Je vous souhaite donc une bonne lecture !
Chapitre 5 :
J'avais laissé Gwen avec la fille blonde, Beth, qui avait accepté de rester près d'elle. Je m'étais approché de Rick, constatant rapidement qu'il était en état de choc. L'annonce de la mort de sa femme semblait l'avoir complètement déboussolé. J'avais de la peine pour lui. C'était la première fois qu'il montrait des signes de faiblesse et je comprenais soudain son comportement. Sa froideur n'avait en fait d'autre but que de le protéger.
- Rick ? Rick !
Devant le chef, l'homme à l'arbalète tentait vainement de le ramener à la réalité. Je le regardais faire, un étau m'enserrant la gorge. Je jetai un rapide coup d'œil à Maggie, qui tenait toujours fermement le bébé dans ses bras. La petite s'agitait, commençait à pleurer. Je sentis alors comme un poids de plus s'abattre sur mes épaules. Si on ne faisait rien, cette petite allait mourir de faim. Il fallait trouver du lait, et vite, sinon ce bébé n'avait aucune chance de survivre. Il n'avait plus de mère, son père partait complètement en cacahuète, et ce n'était pas son frère qui allait pouvoir lui procurer tout ce dont elle allait avoir besoin.
- Viens, fait-moi voir le bébé, demanda Hershel à Carl, qui venait de prendre sa sœur dans ses bras.
- Avec quoi on va le nourrir ? questionna sèchement l'homme à l'arbalète. On a quoi comme bouffe à lui donner ?
Je tournais la tête vers lui. Il avait l'air déterminé et indécis à la fois. Il était prêt à faire tout ce qu'il fallait, mais il ne savait pas quoi faire. À vrai dire, je ne pensais pas que quiconque eut une idée de ce qui devait être fait. Même moi, qui étais somme toute assez débrouillarde, je ne savais pas quoi faire. J'étais là, les bras ballants, l'air complètement perdu. Je ne savais pas quoi faire, et j'enrageais de ce constat. J'avais honte de mon incapacité à agir.
- La bonne nouvelle, c'est qu'elle a l'air de bien se porter. Mais…
- Il lui faut du lait, dis-je alors. Du lait pour bébé.
Tous les regards se tournèrent d'un coup vers moi et je pris sur moi pour ne pas rougir. À vrai dire, je ne pensais pas que quiconque eut une idée de ce qui devait être fait.
- C'est exact, confirma Hershel en hochant la tête. Et vite. Sinon, elle n'y survivra pas.
Je sentis le poids s'alourdir davantage sur mes épaules et mon souffle se coupa brutalement pendant quelques secondes. Non. Hors de question de laisser ce bébé mourir ! C'était hors de question ! Il allait vivre, grandir et… ! Il n'allait pas mourir ! Je refusais cette possibilité. Sa mère n'était pas morte pour que cette petite meure à son tour quelques heures plus tard !
- Non. Pas question. Pas elle. On a eu assez de morts : je vais essayer d'en trouver, déclara alors l'homme à l'arbalète en passant son arme dans son dos.
- Je viens avec toi, dit Maggie.
- Moi aussi.
Je regardais Glenn un moment, serrais les dents, jetai un regard à Gwen. J'étais en plein dilemme. Je ne savais pas quoi faire. Je ne savais pas quelle décision prendre. Je voulais aider ce bébé, mais j'étais inquiète du fait de devoir laisser Gwen derrière moi. C'était horrible. Mais… Mon regard se posa sur Beth, juste à côté de Gwen. Elle croisa mon regard un instant et je pus y lire sa tristesse, sa fatigue. Je regardais Gwen. Elle sembla lire dans mes pensées et ses yeux s'écarquillèrent, puis elle hocha la tête, comme résignée. Elle m'approuvait.
J'hochai alors la tête, déterminée.
- Je veux venir aussi, déclarai-je haut et fort.
Encore une fois, tous les regards se posèrent sur moi. Je posais alors la main sur le manche de mon couteau, passé à ma ceinture, et je défiai chaque membre du regard. J'avais pris ma décision, il allait leur falloir beaucoup plus de volonté que moi pour me faire changer d'avis.
- Hors de question, trancha net l'homme à l'arbalète.
- Je veux venir ! m'écriai-je. Je ne supporterais pas de voir ce bébé mourir alors que je peux faire quelque chose ! Je viens. Je vous ai bien prouvé que vous pouviez me faire confiance, non ?
J'étais déterminée et en colère. Dans ces moments-là, j'étais plus butée que n'importe qui, et personne ne pouvait me détourner de mon objectif. Certain aurait appelé ça de la bêtise. Ce n'était pas totalement faux. J'aurais pu rester ici, en sécurité. Mais je voulais aider ce bébé. S'ils voulaient essayer de m'en dissuader, et bien bon courage ! Je n'allais pas me laisser faire aussi facilement. J'avais décidé d'aider ce bébé, et je le ferai.
Le regard de l'homme à l'arbalète était planté dans le mien, dur et aussi déterminé que je l'étais. Je ne clignais pas des yeux, sachant pertinemment que tout se jouait maintenant. L'homme était en train de se demander si j'étais digne de confiance ou pas. J'espérais de tout mon cœur qu'il se souvienne encore que je l'avais aidé dans les couloirs, face aux Mordeurs.
- Elle pourrait venir, déclara Maggie. Plus on est, mieux c'est, Daryl.
Alors comme ça, il s'appelait Daryl, pensai-je. J'avais enfin un nom à mettre sur « l'homme à l'arbalète ». Ce dernier me regarda encore un instant, puis il hocha la tête.
- Très bien. Tu viens avec nous. Mais fais gaffe ! Au moindre truc louche, j'te dégomme, dit-il en pointant un doigt menaçant vers moi.
Ma première réaction fut d'écarquiller les yeux et d'ouvrir la bouche, stupéfiée qu'ils acceptent enfin mon aide – et aussi légèrement choquée de la menace. Je me secouai cependant rapidement, ne souhaitant pas passer à côté de cette opportunité. C'était le moment ou jamais de leur prouver qu'ils pouvaient me faire entièrement confiance. J'avais peut-être une chance de nous faire rester à la prison, Gwen et moi. J'hochais alors la tête, soulagée qu'ils acceptent de me prendre avec eux. Je me tournais vers mon amie et lui fis un petit sourire confiant pour la rassurer. Elle me regardait avec des yeux remplit d'inquiétude, mais je décidais d'ignorer ce fait. J'avais pris ma décision et j'allais tout faire pour aider ce bébé.
- Ok, réfléchissez où on peut aller, déclara alors Daryl en se dirigeant vers Beth.
Il l'attrapa par le bras et l'attira un peu à l'écart pour lui parler. Je me dirigeais immédiatement vers Maggy et Glen, sortant mon couteau de ma ceinture. Daryl revint rapidement vers nous.
- Vous trois, à la grille ! S'ils sont amassés devant, ça va pas être facile de sortir !
Au même moment, alors que personne ne lui prêtait plus attention depuis un petit moment, Rick se releva rageusement et s'empara d'une hache, à quelques mètres de lui. J'eus un mouvement de recul devant ce geste et je le regardai, indécise. Ses yeux fous me dissuadaient totalement de tenter quoi que ce soit envers lui. Je tenais à ma vie, et la hache qu'il tenait dans ses mains ne me disait rien de bon.
- Rick ! cria Maggie.
Il ne l'écouta pas et s'enfonça dans la prison. Je pinçais les lèvres, comprenant, et détournais les yeux. Il en venait à une extrémité que je m'étais toujours refusée. Se défouler sur les Mordeurs… Quand la haine devenait trop forte, cela devenait affreusement tentant. Combien de fois avais-je dû lutter contre cette envie ? Combien de fois avais-je dû contenir ma colère au plus profond de moi ?
- Hé ! Occupez-vous de la grille ! s'écria Daryl en se dirigeant vers cette dernière. Allez ! On se magne avant que la nuit tombe !
Je suivis alors Glen et Maggie, laissant Rick là où il était. Ce n'était pas mon problème pour le moment. J'avais autre chose sur quoi me concentrer. Ma priorité était de trouver de quoi nourrir le bébé, j'aviserais la suite après.
- Il y a un supermarché sur la route 85, dit Glen à Daryl, les sourcils froncés.
- Non. Le rayon bébé a été vidé, expliqua Maggie. Lori m'avait demandé de jeter un coup d'œil, j'avais pas trouvé grand-chose.
Je me creusais la tête comme une dingue, cherchant un endroit où il nous serait possible de trouver du lait pour bébé. Rien ne me venait à l'esprit, malheureusement. Avec Gwen, nous nous étions contenté des maisons sur lesquelles on tombait de temps en temps dans la forêt. Nous n'avions pas tenté de nous rendre dans les magasins. À deux, cela aurait été suicidaire.
- Y'a encore des coins qu'ont pas été dévalisés ? demanda Daryl, tendu au possible.
Je n'osais rien dire. Ma présence était déjà une chance incroyable, je ne voulais pas la gâcher en mettant mon grain de sel un peu partout. Je préférai fermer ma bouche et écouter, attendant le moment où je pourrai dire quelque chose d'utile.
- On a vu des panneaux qui indiquaient un centre commercial, au Nord, indiqua Glen.
- Oui, on les a vus aussi avec Gwen, dis-je, me souvenant de ça. Mais la route est complètement bouchée. Une voiture ne passera jamais.
Tous les regards se posèrent alors sur une moto, juste à côté de nous. Un silence s'abattit pendant quelques secondes puis, au moment où Maggie allait parler, Daryl se tourna vers moi, l'air sévère.
- Toi, dit-il d'un ton menaçant. Vu que t'as l'air tellement décidée, tu vas v'nir avec moi, c'est clair ? J'veux t'avoir à l'œil. Vous, dit-il en désignant Glen et Maggie, vous allez rester ici. Vous vous occupez de la p'tite et de sa pote là.
- Non ! Attends Daryl ! Je veux venir ! s'écria Maggie. Je dois venir. Pour Lori.
Il y eu un moment de flottement, un de ceux dont ils avaient tous le secret ici, et je poussais un léger soupir avant d'avancer d'un pas, un peu incertaine.
- Je ne sais pas si mon avis aura beaucoup de poids, mais je pense que tu ferais mieux de rester. Le petit a l'air mal en point. Le chef a pas l'air dans son assiette non plus. Je ne servirais à rien ici, à part apporter des tensions. Dehors, je pourrais aider, me rendre utile, dis-je.
Et gagner ma place, pensai-je également. Maggie me regarda un moment puis hocha lentement la tête, enlevant son sac à dos pour me le donner. Je l'enfilais rapidement. Elle semblait le faire à contrecœur, et je ne pouvais que la comprendre. Cependant, les autres semblaient être d'accord avec moi. C'était une première, et je l'appréciais à sa juste valeur. De plus, j'étais déjà prête à partir. Mon cœur repartait à toute allure. Mon sang se remettait à battre contre mes tempes. L'adrénaline parcourait mes veines une fois de plus. Mon corps se mettait en condition de combat.
- Bon, on y va.
J'hochais la tête et m'approchais de la moto. Daryl y monta en premier, s'installant devant le guidon. Gênée et soudainement maladroite, je passais une jambe par-dessus l'assise et m'installais, gardant une certaine distance entre lui et moi. D'aussi loin que je pouvais me souvenir, je n'avais jamais été une grande adepte des contacts physiques. J'étais câline seulement avec les gens que j'aimais, mais je gardais les inconnus très, très loin de moi, en règle générale. C'était… physique. C'était le mot. Je n'arrivais pas à me détendre quand j'entrais en contact avec un inconnu. Néanmoins, je n'avais pas le choix.
Trouvant rapidement la place pour mes pieds, je les calais et l'engin démarra alors en trombe. Décontenancée, je m'accrochais à l'homme devant moi, lâchant une petite exclamation de surprise. Le rouge me monta instantanément aux joues et je détournais la tête, bien qu'il ne puisse pas me voir. Je détestais vraiment, mais vraiment les contacts physiques de ce genre-là !
Nous passâmes les deux portails rapidement, puis la moto partit à toute allure. Je sentais le vent me fouetter de toute part, ébouriffant mes cheveux au passage. Je plissais les yeux, tentant de conserver mon regard fixé sur la route. Plus on avançait, plus je reconnaissais le paysage autour de nous. Nous étions restées plusieurs jours dans cette forêt, à tourner en rond entre la route et les arbres. Je pouvais limite m'y déplacer les yeux fermés. Je passais alors en revue tous les lieux où nous avions été. Plusieurs maisons me vinrent à l'esprit, mais aucune d'entre elles ne contenaient quoi que ce soit d'intéressant pour un bébé, ou même pour un adulte. Elles avaient été vidées depuis longtemps, et le peu qui avait survécu avait été ramassé, et consommé, par Gwen et moi. Il n'y avait plus rien d'intéressant dans le coin. J'avais beau me creuser les méninges, rien ne me venait à l'esprit. Et ça m'énervait de plus en plus. J'avais l'impression que je n'arrivais plus à réfléchir. Mon cerveau ne voulait plus fonctionner, et malgré toute ma bonne volonté, rien n'y faisait.
Prenant une grande inspiration, je fermai les yeux un instant, tentant de me calmer. Si je restais dans cet état, je n'allais rien pouvoir faire. Il fallait que je reprenne mes esprits, que j'empêche la panique de me monter à la tête. Pendant plusieurs minutes, je restais ainsi, bien accrochée à l'homme devant moi, les yeux fermés, à tenter de me concentrer du mieux que je le pouvais. Avant de tomber sur ces panneaux indiquant le centre-commercial, Gwen et moi avions remonté la route sur plusieurs kilomètres. On avait espéré tomber sur un petit village, quelque chose comme ça. Mais la seule chose sur laquelle nous étions tombé, c'était un sacré paquet de Mordeurs, ainsi que deux ou trois maisons et…
J'écarquillai soudainement les yeux. Non mais quelle idiote !
- Hé ! Je sais où on peut trouver des trucs pour bébé ! criai-je alors à Daryl pour couvrir le bruit du moteur.
- Où ?!
- Plus loin sur la route, il y a une sorte de… une sorte de crèche, quelque chose comme ça ! On était tombé dessus avec Gwen ! Il reste encore plein de trucs pour bébé !
Daryl hocha la tête et accéléra brutalement, manquant me faire tomber. Je m'accrochais davantage à lui, le foudroyant du regard. J'avais l'impression qu'il tentait de me faire peur, de m'impressionner pour voir la façon dont j'allais réagir. Il me testait, c'était clair comme de l'eau de roche. Mais ce n'était pas lui qui allait me faire peur. J'arrivais encore à conserver un minimum de calme devant un Mordeur, ce n'était pas lui qui allait m'effrayer.
Une bonne demi-heure plus tard, nous arrivâmes enfin devant le petit bâtiment que j'avais indiqué à Daryl. Ce dernier arrêta enfin la moto et je me précipitais pour descendre. J'avais les fesses en compote ! Toutes ces accélérations et les irrégularités de la route m'avaient complètement démolies le derrière !
- Oh putain… Et dire que y'a aussi le retour… soupirai-je suffisamment bas pour que l'homme n'entende pas.
- On pourrait avoir d'la compagnie. Fais gaffe, j'ai pas envie de devoir te sauver la mise à chaque pas que tu f'ras, dit Daryl en descendant de la moto à son tour.
Je lui lançais un regard noir. Il avait touché ma fierté là, et mon ego le prenait assez mal.
- Je sais me défendre, dis-je en sortant mon couteau de ma ceinture. Au cas où vous l'auriez oublié.
Je lui passais alors devant et pénétrais dans la cour, là où se trouvaient tous les jeux d'extérieurs. Si je me rappelais bien, nous étions entrées là-dedans par une fenêtre, quelque part sur la lui passais alors devant et pénétrais dans la cour, là où se trouvaient tous les jeux d'extérieurs.
Je me trouvais maintenant dans une pièce qui avait dû être une salle de jeu chaleureuse à une autre époque. Je fis rapidement un tour, mais, comme je m'en doutais, il n'y avait rien qui puisse nous intéresser. Les articles pour bébé dont j'avais parlé se trouvaient dans une pièce, un peu plus loin dans le couloir. Je me tournais, vérifiant que Daryl était bien entré. Il venait tout juste de passer par la fenêtre et avait son arbalète pointée devant lui. Je devais avouer qu'il avait la classe.
Faisant signe à l'homme qui me suivait, je me dirigeais vers le couloir. Ce dernier était vide, mais ça ne voulait rien dire. Des Mordeurs pouvaient surgir à tous moments devant nous pour nous bouffer. C'était une chose que j'avais rapidement apprise au cours de l'année qui s'était écoulée.
Je commençais à avancer dans le couloir, me concentrant sur ma respiration pour la faire la plus silencieuse. J'avais mon couteau à l'horizontale, à hauteur de mon visage. J'étais prête à me défendre au moindre bruit suspect. J'essayais également de me rappeler où se trouvait la pièce qui contenait le nécessaire pour bébé. Normalement, elle se trouvait sur la droite, à deux portes de la pièce que nous venions de quitter. Du bout du pied, je poussai alors la porte que je croyais être la bonne et j'eus le soulagement de voir que, de un, j'avais raison, et de deux, il n'y avait pas de Mordeurs. Jackpot. Je me précipitais alors sur le placard en bois qu'il y avait pas loin de l'entrée et l'ouvrai. Dedans, il y avait des couches, un biberon et des vêtements pour bébés. J'ouvrai le sac et fourrai le tout dedans.
Alors que je me redressais, un bruit se fit entendre plus loin dans le bâtiment et je me figeai, attentive. Je tournais la tête vers l'homme qui m'accompagnait et il me fit signe de ne pas faire de bruit avant de ressortir dans le couloir, l'arbalète levée. Fou comme on pouvait plus facilement se comprendre quand on était en danger. Je refermai le sac, le passai à l'épaule et le suivis, prenant garde à où je posais mes pieds. Le couloir était vide. Lentement, nous avançâmes l'un derrière l'autre, sur nos gardes. Alors que j'avançais, je remarquai soudainement que Daryl était passé derrière moi. Je pinçai les lèvres et me retins de lui dire que si j'avais voulu le tuer, je l'aurai fait depuis longtemps. J'avais déjà vu des gens paranos, l'étant moi-même un peu. Mais quand ils nous voyaient, Gwen avec sa timidité presque maladive et moi avec ma fierté de merde, ils comprenaient rapidement que nous étions deux simples filles paumées dans un monde auquel elles avaient dû s'adapter. Nous n'étions pas des tueuses en séries ou je sais pas trop quelles autres conneries qu'ils étaient en train de s'imaginer. J'en avais marre de ressentir cette méfiance constante. Ils pourraient au moins faire semblant de nous faire confiance, ou au moins ne pas afficher clairement leur hostilité. Enfin quoi ! On avait déjà prouvé notre bonne foi et nous nous étions pliées à toutes les règles qu'ils nous avaient imposées, ou presque. On n'était pas des malades !
Je poussais un profond soupir et baissais mon couteau. J'étais au bout du couloir, et il n'y avait rien à signaler. Tout à coup, le bruit se fit de nouveau entendre et je me retournais d'un bloc, tous les muscles tendus. Ça venait d'une des pièces que nous venions de passer. Je m'approchais lentement. Daryl était déjà près de la porte, en face de moi. Lentement, il s'en approcha. La porte était en deux parties, et l'homme regarda à l'intérieur par la partie supérieure. Apparemment, il n'y avait rien. Il ouvrit alors doucement la porte et entra. Je le suivis, couteau levé. Le bruit venait d'un placard. Cela ne me rassurait pas. J'avais déjà fait un tour ici, les corps dans le couloir pouvant en attester, et cela n'avait pas été très dangereux. Mais me faire attaquer dans un espace aussi réduit... Je devais avouer que ça me faisait un peu peur.
Alors que j'avançais encore un peu, Daryl me fit signe de passer devant et d'ouvrir. Je déglutis péniblement et hochai la tête. Je faisais au moins confiance à son arbalète… Je m'approchais lentement et, d'un coup, j'ouvris la porte. La flèche fusa avant même que je ne puisse identifier l'animal que j'avais devant les yeux. Je me reculai alors d'un bond et me tournai vers l'homme qui venait de tirer.
- Hé ! m'exclamai-je en pointant mon sweat tâché de sang du doigt. C'était mon dernier change propre ! grognai-je, irritée.
- Ça m'fait une belle jambe, grommela-t-il en attrapant la bestiole.
Je le fixai un petit moment puis poussai un soupir excédé. J'en avais assez.
- Vous n'en avez pas marre d'être désagréable ? claquai-je alors, lasse de ce comportement. Que vous ne nous fassiez pas confiance, je peux comprendre, mais un peu de savoir-vivre, ça fait pas de mal.
Je me tournais alors pour ouvrir les placards, qui contenaient à ma plus grande joie plusieurs pots de lait en poudre. J'en profitai pour cacher mes joues légèrement rouges. Je ne regrettais pas ce que je venais de dire, mais ça me faisait toujours aussi bizarre de remettre quelqu'un à sa place. Avant… avant, je n'aurais jamais osé.
- On vous connait pas. Tu croyais quoi ? Qu'on allait vous accueillir en déroulant l'tapis rouge peut-être ?
- Si vous aviez fait ça, je serais parti en courant et en hurlant que vous étiez tous de gros tarés, dis-je avec un sourire moqueur au coin des lèvres, légèrement détendue. Ce que je veux dire, c'est que si on avait été dangereuse, on aurait déjà tenté quelque chose, vous croyez pas ? C'était pas les occasions qui manquaient…
Je refermai le sac une fois que j'eus mis le dernier pot dedans, puis je me retournai pour faire face à Daryl. Ce dernier me regardait comme s'il réfléchissait. Je lui fis un petit sourire, refoulant ma gêne au plus profond de moi, et passai le sac sur mon épaule.
- Allez. C'est pas deux pots qui vont la faire aller bien loin à cette petite, dis-je en passant à côté de lui pour sortir. En route pour le centre commercial.
Nous ressortîmes du bâtiment et lorsque nous fûmes devant la moto, je me permis de faire une petite remarque.
- Au fait, si vous pouviez rouler plus calmement, mon derrière vous en serait très reconnaissant, soufflai-je en grimaçant
Je tentais un peu d'humour. J'avais l'impression, après avoir échangé quelques mots avec lui, que Daryl était légèrement plus accessible. Très légèrement. Alors j'essayai à mon tour de ne pas me refermer comme une huître. Pour seule réponse, Daryl afficha un léger, très léger sourire en coin. C'était un bon début, même si j'avais fortement l'impression qu'il se moquait de moi.
Alors j'essayai à mon tour de ne pas me refermer comme une huître. Cela me surprit tellement que je me mordis le bout de la langue. Je me retins de pousser un gémissement de douleur et foudroyai l'homme à l'arbalète du regard. Il le faisait exprès, j'en étais sûre et certaine.
Pour arriver au centre commercial, nous mîmes un petit peu moins d'une heure. Une fois devant le bâtiment, l'angoisse, qui m'avait laissé un peu de répit dans la crèche, revint à la charge. Le centre était sur deux étages. Plusieurs fenêtres étaient brisées et la porte d'entrée pendait sur ses gonds. Juste devant l'entrée, il y avait déjà deux Mordeurs. Je poussai un soupir et sortis mon couteau en avançant pour m'en débarrasser. Une flèche me frôla alors l'oreille, allant se planter dans le crâne du premier Mordeur, puis un couteau suivit le mouvement, tuant le deuxième. Je me tournai vers Daryl et le fixai un moment avant de baisser mon arme, à la fois frustrée et assez impressionnée par tant d'habileté. L'homme passa alors devant moi et ramassa sa flèche et son couteau pour les ranger. J'étais presque certaine qu'il faisait ça exprès aussi. Il essayait de me faire rager ? Il voulait me faire péter un plomb ? Ben il était sur la bonne voie. Un sourire en coin apparut rapidement sur mes lèvres avant que je ne le suive à l'intérieur du bâtiment, sans rien dire. Il avait décidé de jouer avec moi ? Il ne savait pas à qui il se frottait. J'étais la plus grande chieuse que ce monde ait jamais portée, et il allait rapidement le découvrir. Quand on me défiait, je répondais. Question de fierté.
Je poussai un léger soupir. Je poussai un léger soupir. Si nous trouvions quelque chose dans ce bordel, ce serait un vrai miracle. Tendant l'oreille, je passai dans le premier rayon que je vis et plaçai mon sac de façon à ce qu'il soit devant moi. Je l'ouvris discrètement, appuyant sur la fermeture pour atténuer le bruit. Une fois que cela fut fait, je commençais à le remplir de tout ce qui me paraissait utile pour le bébé. J'essayais notamment de trouver de l'eau en bouteille, une denrée devenue assez rare.
Alors que j'avais déjà parcouru la moitié des rayons, un bruit de verre écrasé se fit entendre dans le centre. Je tendis immédiatement l'oreille, figée, la main fermement serrée sur le manche de mon couteau. Tout à coup, un bruit se fit entendre derrière moi et je me retournais, envoyant mon poignard dans le crâne du Mordeur d'un mouvement circulaire du bras.
Je fus cependant stoppée net par une poigne ferme et je tombais alors nez à nez avec Daryl. Ce dernier haussa un sourcil et me regarda comme si je n'avais absolument rien de crédible. Je rougis légèrement, gênée, et relâchai mon bras, les sourcils froncés, frustrée. Qu'est-ce qu'il pouvait être horripilant ! Ça faisait longtemps que je n'étais pas tombé sur quelqu'un comme lui ! Je baissai soudainement les yeux, remarquant qu'il avait les bras chargés de boîtes de lait en poudre. Je pinçai les lèvres et ouvris le sac, le laissant déposer son butin dedans. Il se détourna ensuite et repartit dans le couloir. J'étais en train de m'imaginer tout ça ou il se fichait vraiment de moi ? Je poussai un profond soupir. J'étais beaucoup trop fatiguée.
N'ayant plus rien à faire ici, nous nous dirigeâmes alors vers la sortie. Alors qu'on arrivait près de la porte d'entrée, je pilai net, faisant également s'arrêter Daryl, qui était juste derrière moi. Je reculai précipitamment pour me cacher derrière le mur, obligeant l'homme à faire de même. Ce dernier m'interrogea du regard, l'air passablement énervé. Je fis alors un signe de tête vers l'entrée.
- Une bonne dizaine, soufflai-je le plus doucement que je pus.
Daryl fronça les sourcils, puis passa légèrement sa tête de l'autre côté du mur pour regarder. Je vis à son visage qu'il était plus las qu'apeuré et je me retins de ricaner à ce constat. Ce n'était plus la peur qui dominait maintenant, mais la lassitude. On aurait tout vu. Il me lança alors un regard, puis s'avança, se dirigeant droit sur les Mordeurs. Il leva son arbalète et tua le premier, l'air presque décontracté. Je le regardai faire, décontenancée. Non mais… Hors de question ! Je sortis à mon tour de derrière le mur et me précipitai sur les Mordeurs, couteau en main.
Il ne fallut pas plus de quelques minutes pour venir à bout de ces steaks pourris. En tout, il y en avait eu dix. J'en avais tué cinq. Je grimaçais, pas satisfaite de cette égalité flagrante. Je lançais un regard noir à Daryl, mais ce dernier était déjà en train de sortir. Non mais c'était pas vrai ! Il se moquait vraiment de moi ! Rageusement, je me mis à le suivre, sortant à mon tour du centre commercial. Dehors, le soleil commençait déjà à se coucher. Nous rentrerions avec la nuit, c'était plus que sûr. Daryl était déjà sur la moto quand je le rejoignis enfin et je montai derrière lui en prenant bien soin de garder une certaine distance entre nous. Je m'accrochai cependant fermement à lui, bien décidée à ne pas me faire surprendre par un démarrage en trombe.
La route de retour fut tout aussi douloureuse que l'allée. J'avais presque la certitude qu'il se débrouillait pour se prendre tous les trous qu'il y avait sur la route. J'avais l'impression de devenir complètement folle, parce qu'il ne montrait jamais aucune émotion sur son visage, je ne pouvais donc pas appuyer mes dires. J'aurai pourtant presque juré qu'il était passé de la phase « Montrons qui est le patron » à la phase « Faisons-la chier bien comme il faut ».
Lorsque nous arrivâmes enfin devant le portail de la prison, je ne sentais plus mes fesses depuis au moins une bonne dizaine de minutes. Nous passâmes l'entrée sans problèmes et une fois que la moto fut arrêtée, je m'éjectais loin de cet engin de malheur et de son propriétaire. Je me mis alors à me masser les fesses, aussi discrètement que possible, essayant de faire passer la douleur. Je n'avais plus l'habitude de passer d'aussi longs moments assise, et encore moins sur une moto avec un conducteur qui prenait plaisir à se prendre toutes les irrégularités de la route.
Je me précipitai alors dans la prison, aussi pressée de donner nos trouvailles pour le bébé que de revoir Gwen. Je déboulais dans la salle principale en enlevant le sac de mes épaules.
- On a du lait, déclarai-je en le posant sur la table.
Je l'ouvris rapidement et sortis tous les pots qu'on avait pu ramener. En tout, il y en avait onze. C'était largement suffisant pour tenir un petit moment, à moins que ce bébé se montre glouton. Beth se précipita à côté de moi et ouvrit le premier pot sur lequel elle mit la main. Dans un coin de la salle, dans les bras de son frère, la petite pleurait à grand renfort de cris. Je tournais la tête vers elle, les lèvres pincées. Je croisais alors le regard soulagé de Gwen et je me précipitais vers elle. Elle était juste à côté de Carl, assise sur une chaise avec la jambe relevée. J'arrivai au même moment que Daryl, qui s'était précipité sur Carl en balançant ses affaires dans un coin.
- Comment elle va ? demanda-t-il en s'accroupissant devant le gamin.
Carl haussa les épaules. Il semblait ne plus savoir quoi faire et fut presque ravi de se débarrasser du nouveau-né pour le donner à Daryl. Je le regardai quelque seconde, puis je portais mon attention sur Gwen.
- Ça va ? murmurai-je.
Gwen hocha la tête. Elle était encore un peu pâle, mais la fièvre ne semblait pas baisser. Je la regardais un instant, puis lui fis un petit sourire. Je me redressai ensuite et posai mon regard sur Daryl. J'écarquillai légèrement les yeux, étonnée, quand je vis l'homme tenir fermement le bébé d'un bras et le biberon dans l'autre main. Il allait lui donner son premier repas ? Je trouvais ça assez… surprenant. Je n'aurais jamais imaginé cet homme faire ça. Je l'aurais plutôt imaginé donner le biberon à Carl pour qu'il s'en occupe lui-même. C'était vraiment inattendu, pour moi.
- Tu lui as trouvé un nom ? demanda-t-il à Carl, alors que la petite rassasiait sa faim tranquillement.
- Pas encore, mais… je me disais peut-être… Sophia. Ou alors, Carol… ou… Andréa. Emi, Jacky, Patricia… Ou… Lori.
C'est là que je compris. Ma gorge se serra et je détournai les yeux. Il était en train de lister les noms des personnes mortes qu'ils avaient connues. Il y en avait… beaucoup. Beaucoup plus que je ne pourrai en citer. Ils avaient vraiment subi beaucoup de perte. Plus que je me l'étais imaginé.
- J'en sais rien, finit par dire Carl en détournant la tête.
Il venait de se refermer. Son visage venait de perdre le peu de joie et de sentiment qu'avait suscité sa petite sœur. J'avais de la peine pour ce gosse. Il allait mal grandir. Il allait devenir quelqu'un de froid, j'en avais bien peur.
Daryl regarda Carl un instant, puis reporta son attention sur la petite. Un sourire étirait ses lèvres et je le fixais, incrédule. C'était une autre personne que j'avais devant moi. Une autre facette de cet homme. Jamais je ne l'aurais imaginé si doux, si tendre avec qui que ce soit.
- Oui… T'aimes bien, hein ? dit-il en souriant davantage. P'tite dure à cuire…
J'haussai un sourcil et un sourire amusé étira mes lèvres. P'tite dure à cuire ? Je jetai un regard à Gwen. Un petit sourire étirait également ses lèvres.
- Bah alors ? C'est pas mal, non ? dit Daryl en relevant la tête. P'tite dure à cuire… Ça te plaît à toi ? demanda-t-il alors en regardant la petite.
Un petit rire se fit entendre dans le groupe et l'ambiance se détendit. Je posai mon regard sur le bébé. C'était un petit miracle. Un petit rayon de soleil.
J'espérai juste que les nuages n'allaient pas l'étouffer trop vite…
