! BLABLA DE L'AUTEUR !
Hello tout le monde :) Et voilà, un nouveau chapitre :D Et dans celui-là, je pense que vous découvrirez un peu plus ma petite Gwen :3 J'aime bien son caractère, mais il faudra attendre encore un peu pour le découvrir totalement :)
Chamonutella : Merci :) Et je trouve ça trop cool le tir à l'arc, tu as beaucoup de chance :3
Léonore : Haha :D Ravie que mon histoire te plaise autant :) C'est vraiment sympa :) Merci !
Et pour finir, un petit cadeau ! Un petit dessin de Romane, fait par moi :) Bon, je suis pas une très grande artiste, donc il y a quelques problème de proportions :) Mais je tenais à vous le faire voir :D
h...t...t...p...:.../.../...image....noelshack....c...o...m.../...fichiers/2016/20/1463682941...-twd-romane...048....j...p...g...( Parce qu'on ne peut pas mettre les liens ici, j'ai bidouillé un petit système avec des points de suspension soulignés et en gras qu'il faudra faire attention à retirer ;) )
Voilà ! Je vous souhaite donc une bonne lecture, et à bientôt :)
Chapitre 7 :
Je ne savais pas ce qui l'emportait des divers sentiments que je ressentais en ce moment.
La joie ? Parce que, quand même, retrouver une personne qu'on pensait morte bouffée par les Mordeurs, ça procurait toujours de la joie. Et puis, Carol avait été la plus ouverte et la plus amicale, avec Beth et Hershel, alors oui, on pouvait clairement dire que j'étais heureuse de la savoir en vie.
L'amertume ? Parce que, en voyant Carol s'en tirer vivante alors qu'elle était censée être morte, je repensais à toutes les personnes que j'avais connues et qui étaient mortes. Et je savais qu'elles, elles ne reviendraient pas comme ça. Ces personnes-là ne s'étaient pas juste cachées et je n'allais pas les retrouver en ouvrant bêtement la porte d'un placard.
Ou alors, il restait la dernière solution, qui était un mélange de joie et de colère. Colère parce que – putain ! - pourquoi est-ce qu'ils avaient déplacé Gwen, qui était blessée ?! Et joie, parce qu'ils avaient déplacé Gwen dans une des cellules de l'étage et qu'elle se trouvait maintenant dans un des lits, avec un matelas sous les fesses et un oreiller dans le dos.
Franchement, j'étais perdue. Assise au pied du lit de mon amie, les bras croisés sur ma poitrine, j'avais finalement opté pour le silence. Nous n'étions revenus que depuis quelques minutes. Carol avait été emmenée dans sa cellule et ils étaient en train de s'occuper d'elle. Moi, après avoir piqué ma petite crise de stress en constatant que Gwen n'était plus dans le hall, je m'étais précipité ici et je n'avais plus bougé depuis. Encore une fois, j'avais ce sentiment de rejet de la part du groupe, et je détestais ça.
- Tu devrais aller voir comment elle va, suggéra Gwen.
Je secouai la tête, butée dans mon silence. Je commençais à en avoir ras-le-bol de toujours faire le premier pas. J'avais envie d'aller voir comment allait Carol, parce que je m'inquiétais quand même un peu, même si je ne la connaissais pas vraiment, mais je n'irais pas. Marre de me plier en quatre pour nous faire bien voir.
- Tu boudes.
Je foudroyai mon amie du regard, ce qui n'eut pas l'air de lui faire beaucoup d'effet. Elle se contenta de me fixer, un demi-sourire aux lèvres. Je poussai un profond soupir et m'adossai au mur.
- Peut-être bien. Je… Carol a de la chance.
Il y eut un petit silence durant lequel je ne pus m'empêcher de me traiter d'idiote. J'avais le don de plomber les ambiances qui étaient déjà au plus bas.
- Oui, c'est vrai… soupira Gwen. On n'a pas le droit de lui en vouloir Romane.
Je poussai un soupir et hochai la tête. Ouais, je savais bien qu'on n'avait pas le droit de lui en vouloir d'être toujours en vie. Elle avait juste eu plus de chance que d'autre. Au final, tout n'était qu'une question de chance dans ce monde dans lequel nous vivions. Si vous étiez doué avec une arme, vous aviez plus de chance de vous en sortir vivant. Mais cela ne garantissait pas votre survie à cent pour-cent. J'avais vu des anciens militaires capables d'abattre une cible à plus de cinquante mètres se faire dévorer par les Mordeurs. On pouvait avoir plus de chance, mais aucune garantie sur notre survie. C'était instable. On pouvait y passer à tous moments, et le moment n'était pas venu pour Carol. Alors nous n'avions pas le droit de lui en vouloir. Je n'avais pas le droit de lui en vouloir.
Poussant un long soupir de lassitude, je me levai du lit de Gwen et balayai la pièce du regard. La cellule n'était pas bien grande. Juste la place pour un lit superposé et une petite table de nuit. C'était tout. Mais c'était déjà bien.
- À ton avis, dis-je, tu crois que ça signifie quelque chose de bon pour nous qu'ils t'aient amenée ici ?
Gwen haussa les épaules.
- Je sais pas. Mais, tu vois, je compte bien profiter. J'ai l'impression que ça fait des années que je n'ai pas dormie sur un matelas !
Je me tournai vers mon amie, un léger sourire aux lèvres. J'étais contente de la voir aller un peu mieux, même si ce n'était pas encore trop ça. Elle ne pouvait toujours pas bouger. Oh, bien sûr, je savais que sa guérison allait prendre du temps, mais j'avais du mal à me faire au fait que Gwen ne pouvait vraiment plus bouger. Depuis que cette satanée épidémie avait commencé, Gwen et moi avions toujours été ensemble, toujours côte à côte. Ce n'était pas pour me vanter, mais quand nous étions toutes les deux face à des Mordeurs, on était plutôt douée. Alors, ne plus l'avoir toujours à côté de moi… C'était étrange comme sensation. J'avais vraiment hâte qu'elle aye mieux.
- Profites-en, t'as raison. Surtout que je ne sais pas ce qu'ils ont derrière la tête. Ils pourraient décider de nous foutre dehors du jour au lendemain que ça ne m'étonnerait même pas, dis-je en affichant une petite grimace.
- Je ne pense pas qu'ils le feront. Tu les as bien aidés. Tu les as aidés quand les Mordeurs ont été lâchés dans la prison, quand il a fallu aller chercher du lait pour le bébé. Aujourd'hui encore, quand vous êtes descendus nettoyer les couloirs. C'est grâce à toi si Carol est de nouveau avec nous. Ils te doivent quand même quelques petits trucs, c'est pas rien.
Je fixai Gwen un moment, puis affichai un petit sourire satisfait. Cette fille avait un don pour voir constamment le bon côté des choses. Je ne savais pas comment elle faisait avec tout ce qui nous arrivait en ce moment, mais j'étais heureuse qu'elle reste elle-même. Au moins, ça, ça ne changeait pas.
- Ouais, t'as raison.
- Tu devrais aller voir comment va Carol, répéta alors Gwen, un demi-sourire aux lèvres. Autant ne pas perdre ce que nous avons gagné, tu ne crois pas ?
Je lâchai un petit rire et hochai la tête.
- D'accord. J'y vais alors.
Gwen hocha la tête et je sortis de la cellule. J'entendais des voix provenir du hall et je descendis donc les escaliers pour les rejoindre. Je ne me sentais pas d'aller directement voir Carol, en fait. D'accord, j'allais prendre de ses nouvelles, mais je me voyais mal aller la voir alors que nous n'avions échangé que quelques mots. Et puis, je ne voulais pas la déranger. Je savais ce que ça faisait d'être dans l'état dans lequel elle était. C'était tout juste si nous avions la force d'ouvrir la bouche pour parler. C'était un miracle qu'elle ait trouvé la force de faire bouger cette porte. Elle devait vraiment tenir à la vie pour ça.
Lorsque je passai les grilles qui séparaient les cellules du hall, les discussions cessèrent et je vis tous les regards se tourner vers moi. Je sentis une vive rougeur envahir mes joues et je m'arrêtai sur le pas de la grille. Bon sang, je détestais quand les gens faisaient ça. Ils ne se rendaient pas compte à quel point ça pouvait être gênant ?
- Hum… Je… Co-Comment va Carol ? bredouillai-je.
- Elle est un peu faible, mais elle s'en remettra, me répondit Hershel.
J'hochai la tête et croisai mes bras sur ma poitrine. Ok. C'était très gênant. Mes yeux se posèrent alors sur le bébé que tenait le vieil homme et je ne pus m'empêcher de ressentir un peu d'inquiétude, comme à chaque fois que je le voyais.
- Et elle ? demandai-je en faisant un petit geste de la tête vers le bébé.
- Elle va très bien.
Hershel me fit un petit sourire et je m'efforçai de le lui rendre. Ensuite, le silence se prolongea. J'étais très mal à l'aise. Je devais trouver un truc à dire, et vite.
- Euh… Merci, lâchai-je. Pour Gwen. Et désolé de vous avoir crié dessus tout à l'heure, ajoutai-je en sentant mes joues me brûler légèrement.
Un petit rire parcourut les quelques personnes qui étaient là. Je souris à mon tour. C'est vrai, j'avais vraiment paniquée quand on était revenu des couloirs. Lorsque je n'avais pas vu Gwen, j'avais commencé à stresser et à gueuler. J'avais très bien fait comprendre que si je ne la retrouvai pas dans la seconde qui suivait, je faisais un malheur. Autant dire que je n'en étais que plus gênée, maintenant. Ça m'apprendrait à être trop émotive.
L'atmosphère se détendit légèrement après mes paroles et je me retins de pousser un petit soupir de soulagement. Ce n'était pas encore trop ça, mais bon. Avec le temps, le malaise se dissiperait. Enfin, s'ils nous laissaient rester suffisamment longtemps pour ça.
Alors que le silence s'étirait, je me rendis soudainement compte que je portais toujours mon arme à la ceinture. Je la fixai un moment puis décidai de la jouer un peu à la roublarde. J'ôtai donc mon arme et m'approchai de Daryl, qui était assis sur les escaliers. Je lui montrai mon couteau.
- Je vous le rends ? demandai-je.
Alors, là, soit il prenait mon couteau et je l'avais dans le baba, soit il me disait que ce n'était pas la peine et je pouvais donc en conclure qu'il nous faisait un minimum confiance désormais. L'homme à l'arbalète me fixa un moment puis il se leva et passa à côté de moi sans dire un mot. Je le regardai passer dans la partie des cellules et je ne pus m'empêcher de pousser un micro-soupir.
- Ça vous arrive de répondre clairement parfois ? lâchai-je en appuyant mes mains sur mes hanches.
Hershel me lança un petit regard un peu moqueur puis reporta son attention sur le bébé. Je poussai un soupir et allais pour poser mon arme sur la table quand Daryl revînt. Lorsque je vis ce qu'il tenait dans les mains, j'en lâchais mon couteau. Le métal produisit un bruit désagréable qui, heureusement pour moi, ne sembla pas gêner le bébé.
- Tiens, me dit alors l'homme à l'arbalète en me tendant mon arc et mes flèches, ainsi qu'un sac qui devait contenir nos autres armes.
Je pris le sac et le posai sur la table. Je m'en fichai un peu, à vrai dire. La seule chose qui m'importait, là, tout de suite, c'était mon arc. Je l'attrapai des mains de Daryl et l'observai sous toutes les coutures. Aucunes égratignures. Je passais mes mains sur le métal de l'armature et mes doigts sentirent une irrégularité familière qui me fit sourire. Je sortis une flèche du carquois, l'encochai et me mis en position. Un peu raide. Il allait falloir que je m'y remette sérieusement.
- Tu sais t'en servir ?
Je me tournai vers Daryl en abaissant ma flèche. J'haussai les épaules.
- Je sais atteindre une cible. J'ai déjà dégommé des zombies avec. Mais bon… J'ai encore des progrès à faire, ajoutai-je en rangeant ma flèche. Je me sers mieux de mon couteau.
- Et d'un flingue ?
Je fronçai les sourcils et lançai un regard un peu perdu à l'homme à l'arbalète. Pourquoi ces questions ?
- Le recul de l'arme me déstabilise et je n'arrive pas vraiment à viser avec un pistolet. Mais Gwen, elle, elle sait s'en servir. Les pistolets sont pour elle, même si je m'en sers parfois, en cas d'extrême urgence.
- C'est pour quoi faire les bombes lacrymogènes ?
- Le danger ne vient pas forcément des morts, lâchai-je simplement, le visage dur. Je n'aime pas gâcher des munitions.
Le silence s'installa. Je savais qu'ils comprenaient ce que je disais. Qui n'avait pas eu à faire à des hommes totalement dénués de morale et de compassion ? Personne. A un moment ou un autre, ils avaient forcément croisé la route d'une personne pas tout à fait nette. Peut-être l'avaient-ils tuée. Moi, je ne pouvais pas tuer, alors je me servais des bombes lacrymogènes.
Je me tournai vers Daryl. J'étais contente d'avoir retrouvé nos armes, mais cela faisait un nouveau « Merci » à ajouter à une liste qui ne cessait de s'allonger depuis qu'ils nous avaient sauvées la vie. Ça m'embêtait.
- Merci. Encore.
L'homme à l'arbalète se contenta d'hausser les épaules.
- On a besoin de personnes valides, donc bon…
Je mis un moment à comprendre le sens de ses paroles.
- Q-Quoi ? Attendez, vous voulez dire que…
Avant que j'aie pu finir ma phrase, Daryl s'approcha de moi. Il était très près. Et très grand aussi. Il me dépassait d'au moins une demi-tête. J'étais obligé de lever légèrement le menton pour le regarder droit dans les yeux. Cette soudaine proximité me mit mal à l'aise et je sentis mes joues reprendre encore un peu de couleurs. Néanmoins, je ne bougeai pas d'un pouce. S'il pensait pouvoir m'impressionner, il se trompait.
- Je te préviens. Un seul coup en traître, et ça se passera très mal pour vous.
- Vous n'êtes pas le premier groupe qu'on intègre, répondis-je. Nous connaissons les règles.
L'homme me regarda de la tête aux pieds et je me sentis rougir davantage. J'espérai juste que j'arrivai encore à conserver un visage relativement neutre.
- Ok. Alors arrête de me vouvoyer, j'ai l'impression qu'tu parles à mon vieux...
Je haussai un sourcil et Daryl s'éloigna. Je restai plantée là quelques secondes avant de réagir. Je lançai alors un regard à chaque personne présente. Les prisonniers, Beth, Hershel, Carl. Bon sang. Un profond sentiment de soulagement m'envahit alors et je dus me retenir pour ne pas me laisser aller. Il fallait que je le dise à Gwenaëlle.
Au moment où je fis un pas en arrière pour aller voir mon amie, la grille qui menait au couloir s'ouvrit. Je me figeai et le silence s'abattit de nouveau sur la pièce tandis que Rick s'avançait lentement. Je le regardai faire. Il avait les yeux remplis de fantômes. Encore plus que la première fois que je l'avais vu. J'en venais presque à prendre pitié de lui. Presque. Alors que tout le monde le fixait, le chef s'avança vers Hershel, qui tenait toujours la petite dans ses bras. Je ne pus m'empêcher de me crisper quand je vis les grandes mains abîmées de Rick se refermer sur le petit corps fragile du bébé et je dus serrer fermement la mâchoire pour m'empêcher d'intervenir. Je n'avais décidément pas confiance en cet homme.
Ne souhaitant pas me faire remarquer plus que nécessaire par Rick, je profitai du fait qu'il sorte pour revenir auprès de Gwen, embarquant nos armes avec moi. Peut-être que les autres étaient ok pour nous garder. En attendant, j'avais saisi dès le départ que ce groupe ne reposait pas sur une démocratie, mais plutôt sur une dictature. Rick était le seul chef du groupe et, même si les conseillers tentaient parfois de le résonner, il n'en restait pas moins que c'était lui qui prenait les décisions, et personne d'autre. Alors autant me faire discrète, qu'il oublie ma présence et celle de Gwen. Comme ça, si nous parvenions à rester suffisamment longtemps, il n'aurait plus le pouvoir de nous éjecter comme bon lui semble. C'était une question de temps.
Lorsque je pénétrai dans la cellule, Gwen était en train de lire un bouquin, qu'elle avait sûrement du prendre du sac marron, qui se trouvait au pied du lit.
- Tu as bougé, constatai-je, les sourcils froncés.
- Mmh. Je m'ennuyais.
Je posai le sac sur le sol, à côté du sac noir, et je l'ouvris. Cela attira l'attention de mon amie et lorsqu'elle vit mon arc posé contre le mur, elle me sauta presque dessus.
- Ils nous en rendus nos armes ?!
- Ouais ! À première vue, tout est là, et ils n'ont rien abîmé. Je pense qu'ils ont juste dû les poser dans un coin et les laisser.
Je sortis tout ce que contenait le sac. Il y avait les trois pistolets, les chargeurs, les bombes lacrymogènes et les couteaux. Tout était bien là.
- Mince… On n'a plus beaucoup de balles, soupira Gwen en attrapant un des chargeurs vides. Tu crois que… ?
Je secouai la tête de gauche à droite.
- Ce serait trop demander. Ils nous en donneront quand ils auront besoin qu'on les utilise. Pas avant.
Gwen poussa un petit soupir et se pencha pour tenter d'attraper un pistolet. Je vis alors son visage se tordre de douleur et je me redressai d'un bond.
- Gwen ! Arrête de bouger, sifflai-je entre mes dents. Si tu continues à gigoter, ça prendra une éternité avant que tout ne se remette correctement en place.
Mon amie leva les yeux au ciel, mais se rallongea quand même calmement. Elle était redevenue pâle. Je poussai un léger soupir. J'avais parfois l'impression de me comporter comme sa mère, mais je ne pouvais m'en empêcher, surtout depuis que nous n'étions plus que toutes les deux. Je me penchai alors et attrapai un pistolet avant de le lui tendre.
- Merci maman.
- Oh ça va hein !
Gwen lâcha un petit rire. Elle concentra ensuite son attention sur son arme. Au fil des groupes, nous avions acquis certaines connaissances auprès des survivants. Nous savions toutes les deux démonter une arme, la nettoyer, la remonter et la charger. Gwen avait même démonté un fusil une fois. Délicatement, elle commença donc à démonter le pistolet. Je m'assis à terre et sortis un chiffon d'une des petites poches du sac noir. Je le lui tendis et elle l'attrapa distraitement. J'en attrapai un autre et attrapai le premier couteau qui me tomba sous la main.
Nous passâmes plusieurs minutes à astiquer nos armes et à nous les réapproprier. Gwen repris ses deux pistolets, ainsi que les quelques balles isolées, et me donna le dernier, qui contenait le chargeur plein. Je replaçai mes couteaux à leur place, enfonçai le pistolet dans ma ceinture, dans mon dos, et plaçai le dernier couteau devant. Je poussai un léger soupir de satisfaction et me relevai. Là, j'avais vraiment l'impression d'être forte.
- Je te laisse mon arc, hein. Je ne crois pas que j'en aurais vraiment besoin à l'intérieur de la prison. Et puis… autant ne pas leur paraître trop dangereuse, tu crois pas ?
Gwen hocha la tête, un léger sourire aux lèvres.
Alors que j'allais m'asseoir sur le matelas, le bruit métallique de la porte d'entrée parvint jusqu'à nous et je me relevais d'un bond. Les voix des autres se firent entendre et je fronçai les sourcils. Bordel, c'était quoi ça ?
- J'vais voir. Bouge pas, ordonnai-je à Gwen.
J'agrippai fermement mon couteau et sortis en trombe de la cellule. Je descendis rapidement les escaliers et arrivai devant un spectacle déroutant. Rick était en train d'allonger une personne, encore inconnue au bataillon, sur le sol du hall. C'était une femme à la peau noire. Je la détaillai rapidement du regard et remarquai vite sa blessure.
- Elle a été mordue ? demandai-je en rangeant mon couteau et en m'approchant davantage.
Rick me lança un rapide regard et secoua la tête de droite à gauche. Bonne nouvelle. Je remarquai alors l'arme au sol et j'écarquillai les yeux. Un katana ! Bon sang ! Je jetai un regard à la femme. Ça devait pas être une faiblarde, celle-là.
- Qui es-tu ? demanda Rick.
Pour toute réponse, la femme se jeta sur son arme. Rick la repoussa rapidement du pied et, sans trop savoir pourquoi, je me baissai et la ramassai. Je la posai ensuite sur la table.
- On va pas te faire de mal, à condition que tu ne fasses pas un truc stupide, d'accord ?
Je fronçais les sourcils. Pourquoi est-ce qu'il la prévenait à elle ? Nous, c'était tout juste s'il avait accepté de nous laisser un petit bout de sol pour nous soigner. Je foudroyai l'homme du regard. Quel con celui-là !
- Rick.
Tous les regards se posèrent sur Daryl, qui venait de sortir de la partie des cellules et je me rappelai soudainement de Carol. Je regardai Rick. Personne ne devait encore lui avoir dit. Il était venu et s'était occupé de sa fille. Personne n'avait dû vouloir briser un tel moment.
- C'est qui elle ? demanda Daryl, l'air méfiant.
Rick se tourna à nouveau vers la femme et lui demanda plusieurs fois comment elle s'appelait. Seul le silence et un regard de glace lui répondirent. Finalement, il abandonna.
- Hey, Rick, tu peux venir voir deux minutes ?
Rick se tourna vers Daryl.
- Il y a un problème ? demanda le chef.
- Je veux juste te montrer un truc.
Je me demandai encore quelle réaction allait avoir l'homme au masque de glace. Est-ce qu'il allait juste regarder Carol et afficher un petit sourire, parce qu'il était quand même content ? Ou alors allait-il me surprendre avec une réaction un tant soit peu humaine ? À voir…
Tout le monde suivit alors Daryl, et je vis Carl emporter un panier rouge contenant du lait en poudre. Je fronçai les sourcils. C'était quoi ça ? J'attrapai le katana et suivis le mouvement. Daryl referma la grille sur la femme toujours muette et je lui lançai un regard à travers les barreaux. Elle ne semblait pas aller bien. Peut-être allaient-ils demander à Hershel de l'examiner, comme ils l'avaient fait pour Gwen, plus ou moins ?
Je n'osai pas suivre le groupe jusqu'à la cellule de Carol, aussi restai-je près de la porte. Je posai le katana contre le mur et l'observais un moment. Bon sang, c'était trop classe ! Si cette femme savait manier ce sabre… Ça devait être une tueuse ! Je lui lançai un rapide regard. Elle avait fermé les yeux et semblait souffrir. Je fis une petite moue navrée qu'elle ne vit pas et je me détournai. Je ne m'approchai toujours pas de la cellule de Carol. Mais j'entendis de petits sanglots et des « désolé ». Je vis également Carl reculer de quelques pas, chamboulé.
Je tournai la tête. Je fis un bond sur le côté en découvrant la femme à quelques mètres de moi, collée à la grille.
- Bon sang ! Hé ! On fait pas ce genre de truc, vous êtes pas bien ! m'écriai-je en plaquant une main sur mon cœur qui battait à cent à l'heure.
Elle ne dit rien, se contentant de fixer Rick, Carol et les autres. Je suivis son regard et poussai un soupir quand je vis la tête du bébé dépasser. Vraiment, je n'arrivais pas à m'y faire. Je me tournai vers la femme.
- Cool le katana.
Je remontai ensuite les escaliers illico presto et pénétrai dans la cellule de Gwen. Cette dernière me lança un regard interrogateur et je me laissai tomber sur le matelas, à ses pieds.
- Une femme vient de débarquer.
- Nouvelle tête ?
- Ouais. Apparemment, elle est blessée. Je pense qu'ils vont demander à Hershel de regarder pour voir ce qu'il en est. Mais elle n'a pas été mordue. En tout cas, elle pète la classe ! m'exclamai-je.
- Pourquoi ?
- Elle a un katana.
Gwen me regarda avec des yeux ronds. J'avais dû faire à peu près la même tête en voyant l'arme. Un katana, c'était classe ! Très classe ! Et super rare aussi ! Cette femme était chouette. Je l'appréciai déjà. Elle n'allait sûrement pas rester très longtemps, au vu de l'amabilité du groupe, mais bon… Je n'avais certainement pas mon mot à dire là-dessus. En fait, pendant un temps qui allait me sembler très long, je n'allais sûrement avoir mon mot à dire sur rien. Tout comme Gwen. J'allais devoir puiser dans mon stock de patience.
Poussant un profond soupir, je m'adossai au mur. Pour nous, l'arrivée d'une nouvelle personne dans un groupe avait toujours été une bonne chose. Gwen et moi étions de ceux qui pensaient qu'avoir un groupe solide et capable de se battre était la meilleure façon de survivre. Apparemment, le groupe de Rick pensait d'une façon différente. Je ne voyais pas vraiment laquelle, car ils formaient un groupe, mais ils n'acceptaient pas de nouvelles personnes. Ils croyaient pouvoir survivre en restant seuls ? Mais ils ne l'étaient pas… Il n'y avait donc pas vraiment de logique à tout ça. Du moins, je ne voyais pas laquelle. Je me demandais donc comment ils allaient réagir face à cette nouvelle arrivante. La réaction qui s'imposait, si on suivait leur logique, c'était de la faire partir. Elle ne semblait pas gravement blessée, elle devait sûrement pouvoir reprendre la route. Mais, peut-être qu'ils la laisseraient rester ? Si cela n'avait tenu qu'à moi, je lui aurais posé des questions, puis je l'aurais laissé rester quelque temps pour voir si ce n'était pas une psychopathe. Ensuite, je l'aurais intégré au groupe. Une personne en plus capable de se battre, c'était toujours ça de pris. Enfin bon. Si j'avais un jour eu mon mot à dire sur le fonctionnement d'un groupe, ce n'était plus le cas aujourd'hui.
- Tu m'impressionneras toujours pour ça.
Je relevai la tête, sortant de mes pensées, et je lançai un regard interrogateur à Gwen.
- Ça ?
- Ta capacité à profiter de chaque seconde de calme pour réfléchir. Je n'ai jamais vu une personne réfléchir autant que toi. C'est fou, il te suffit de quelques secondes pour que tu te plonges profondément dans tes pensées ! s'exclama mon amie en croisant les bras sur sa poitrine.
J'affichai un petit sourire. Oui, c'était vrai. J'étais une tête pensante. Mon cerveau ne se reposait pas, ou très peu. J'avais toujours matière à réfléchir, alors je réfléchissais. Il y avait toujours un problème à résoudre. Et puis, j'avais toujours été comme ça. Même avant l'épidémie.
- Je me disais que ça allait prendre du temps avant qu'on puisse à nouveau se faire entendre.
- Ça, c'est sûr, approuva Gwen. J'ai pas vraiment eu de contact avec eux, mais ils ont pas l'air commode. Surtout le chef, là… comment il s'appelle déjà ?
- Rick ?
Gwen hocha la tête.
- Ouais, lui. Il a pas l'air très aimable.
- Il l'est pas, claquai-je, la mine renfrognée.
Gwen haussa un sourcil moqueur et je me sentis rougir légèrement. Je n'avais pas pour habitude d'être aussi cassante avec les autres. Généralement, je m'entendais bien avec tout le monde. Mais Rick… Non, je ne pouvais pas. C'était plus fort que moi. Je savais pas trop bien pourquoi je n'arrivai pas à l'apprécier, mais… c'était comme ça.
- La dernière fois que je t'ai vue comme ça avec quelqu'un, c'était avec Allen, soupira Gwen, les yeux dans le vague.
- Ah, ne me parle pas de cet abruti. Je pouvais pas le blairer.
Gwen lâcha un petit rire qui disparut rapidement, puis elle poussa un petit soupir, les yeux dans le vague. Je pouvais presque voir le cheminement de ses pensées dans son cerveau, et je devinai ce qu'elle allait dire avant même qu'elle ouvre la bouche.
- Est-ce que tu crois que…
Soudain, le bruit de la grille nous parvint, encore une fois, et je me relevai. Qu'est-ce qu'ils fichaient encore en bas ? Je m'approchai de la porte de la cellule et regardai rapidement. Oh bon sang.
- Ils sont rapides ici. Ils commencent déjà à cuisiner la nouvelle, constatai-je.
- Sérieusement ? demanda Gwen, les sourcils haussés. Tu entends ce qu'ils disent ?
Je secouai la tête de droite à gauche. Je n'entendais qu'un bruit un peu indistinct de discussion, c'était tout. De là où j'étais, je pouvais voir Hershel, assis, et Rick, debout devant la femme, qui était également assise. Je voyais également les jambes d'un autre homme qui devait sûrement être Daryl. Il se tenait un peu en retrait.
- Va voir ce qu'ils disent, me souffla Gwen.
Je me tournai vers elle, les sourcils froncés. Quoi ?
- Tu veux que je me fasse tuer ?
- Oh, allez ! Je veux savoir ce qu'ils disent !
- On t'a jamais dit que la curiosité était un vilain défaut ? demandai-je en croisant les bras sur ma poitrine.
Je savais déjà que j'allais le faire. Je ne savais pas dire non, et puis, j'avais envie de savoir également.
- Ouais, mais on s'en fout. Vas-y, s'il te plaît ! me supplia Gwen en joignant les mains.
Je levai les yeux au ciel. Elle avait vite repris du poil de la bête celle-là. À croire qu'elle avait joué la comédie. Je poussai un soupir et hochai la tête.
- D'accord. J'y vais.
Gwen afficha un petit sourire et s'enfonça davantage dans l'oreiller qu'elle avait dans le dos, comme si elle allait assister à une représentation. Je haussai légèrement les sourcils de façon moqueuse et sortis de la pièce. Je passai sur la passerelle le plus silencieusement possible, puis je descendis les escaliers de la même manière. Je ne semblais pas attirer l'attention.
Je poussai un léger soupir et m'assis au bas des marches. Qu'est-ce que j'étais pas prête à faire pour Mademoiselle Gwen. De là où j'étais, je pouvais entendre ce qu'il se disait de l'autre côté de la grille sans paraître suspecte. Pour me donner une contenance, je sortis mon couteau de ma poche et commençai à jouer distraitement avec les yeux perdus dans le vague. De l'autre côté des barreaux, la situation semblait assez tendue. Maintenant, je pouvais voir que Daryl tenait fermement son arbalète et que Rick avait la main posée sur son arme. Ils ne semblaient pas rassurés. Tout ça pour une femme blessée et désarmée ?
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda Rick.
- Ils se sont fait attaquer ? renchérit Hershel.
Je fronçais les sourcils. De qui parlaient-ils ? Maggie et Glenn ? C'était les seuls pour qui Rick semblait s'inquiéter : ceux de son groupe. Il leur était arrivé quelque chose ?
- Ils se sont fait enlever, précisa la femme.
J'écarquillai les yeux et relevai la tête. Quoi ?! Maggie et Glen s'étaient fait enlever ? C'était quoi ce bordel ?
- Et par qui ? demanda Rick.
Il semblait au bord de la crise de nerfs. Il n'arrêtait pas de bouger et la main qui était posée sur son arme ne me disait rien qui vaille. J'avais l'impression d'avoir une cocotte-minute sous les yeux. Il y avait beaucoup trop de pression.
- Par le fils de pute qui m'a tiré dans la jambe ! cracha la femme, l'air mauvais.
- Hé, les deux jeunes, ils sont avec nous…
Je fronçai les sourcils. Je le sentais pas. Vraiment pas. Il s'approchait trop près de cette femme pour un simple interrogatoire. Je le vis alors s'approcher un peu plus de la femme et tendre la main. J'écarquillai les yeux. Non, il n'allait pas…
- Dis-nous ce qu'il s'est passé, tout de suite ! s'écria alors Rick en appuyant durement sa main sur la blessure de la femme.
- Hé !
Tous les regards se tournèrent vers moi, y compris celui de la femme, que j'avais coupé dans son élan pour sauter sur Rick et le tuer, sans doute. Je n'y prêtai pas attention et, sans réfléchir, comme souvent, j'ouvrai la grille et passai de l'autre côté.
- Vous êtes sérieux là ?! m'écriai-je en venant me planter devant le chef. Vous croyez que c'est en employant ce genre de méthodes que vous allez obtenir quoi que ce soit ?!
- Ne te mêle pas de ça !
- Oh si je m'en mêle ! m'écriai-je, révoltée. Elle est blessée, putain ! Si elle sait où sont Maggie et Glenn, ce n'est certainement pas en la menaçant ou en la maltraitant que vous en saurez davantage !
- Hé ! Retourne à ta place gamine, t'as pas ton mot à dire dans cette histoire.
Je tournai la tête vers Daryl et le défiai du regard. Il avait son arbalète levée et pointée sur la femme, qui s'était assise à nouveau. Je plissai légèrement les yeux et me tournai vers elle. Il y avait un truc chez moi, une sorte de règle, de code : quand on me disait de ne pas faire un truc, j'étais obligée de le faire.
- Démerdez-vous pour les retrouver, me lança la femme en plantant son regard pour le mien.
Je poussai un léger soupir et posai mes mains sur mes hanches.
- Écoutez… À votre place, je réagirai exactement de la même façon, dis-je en secouant légèrement la tête. Mais, vous voyez, les vies de deux des membres de ce groupe sont en jeu, alors… s'il vous plaît, est-ce que vous pourriez juste nous dire ce qu'il s'est passé, ou, au moins, où est-ce qu'on peut trouver ces personnes ? demandai-je.
Le regard dur de la femme me fixa un long moment sans qu'elle ne cille un seul instant et je le soutins. Elle semblait peser le pour et le contre, réfléchir. Finalement, au bout d'un moment, elle poussa un petit soupir et détourna le regard.
- Il y a une ville à côté… Woodburry… Environ soixante-quinze survivants. J'pense qu'ils ont été emmenés là-bas.
J'écarquillai les yeux et reculai soudainement de deux pas. Woodburry… ? Non… Impossible ! Ce n'était… Ce n'était pas possible ! Bon sang. Si Glenn et Maggie avaient été emmenés là-bas… Oh putain.
- Une ville tout entière ? demanda Rick, complètement aveugle à mon brusque changement d'humeur.
- Je confirme la chose, soufflai-je, plus pâle que quelques secondes auparavant.
Mes mains tremblaient et j'avais l'impression que mon sang se mettait à bouillonner dans mes veines. Woodburry… Le Gouverneur.
- Attends… Tu sais de quoi elle parle ? demanda Rick en se tournant soudainement vers moi. Tu connais cette ville ?!
- Je… Oui.
- Comment ?! s'écria-t-il en me saisissant par les épaules.
Le contact de ses mains sur moi me sortit instantanément de la semi-torpeur dans laquelle la nouvelle m'avait plongée et je sortais mon couteau de ma ceinture avant de le pointer sur le chef du groupe pour le faire reculer.
- Ne me touchez pas, sifflai-je entre mes dents.
Rick recula, les mains levées, et je rengainai immédiatement mon arme. Je poussai ensuite un petit soupir et relevai la tête.
- Je connais cette ville. Je la connais parce que… parce qu'avec Gwen, on… on y a vécu, bredouillai-je. Pendant deux mois.
- C'était pas dans le parcours que tu nous as raconté, ça, souligna Rick en plaçant ses mains sur ses hanches.
Je fronçai les sourcils. Toi mon gars, essais pas de jouer au plus fort avec moi. Tu me gonfles.
- Vous vous méfiez de nous, mais j'en ai autant à votre service, lâchai-je en croisant les bras. Vous vouliez pas que je vous raconte ma première cuite non plus, si ? Ça ne me paraissait pas important, alors je ne l'ai pas dit, voilà tout.
Je jouais avec le feu, je le savais. Le chef n'allait sûrement pas apprécier ma façon de m'adresser à lui, surtout devant des membres de son groupe et une inconnue qui semblait en avoir dans le froc.
- Surveille tes paroles, siffla Rick en s'avançant vers moi, l'air menaçant.
Bah tien ! Qu'est-ce que j'avais dit ? Susceptible. Je fronçai davantage les sourcils.
- Je vous parle comme je le désire. Vous avez encore de la chance que je vous accorde le vouvoiement, car ça signifie que je peux encore faire preuve d'un peu de respect, ce dont vous semblez totalement dénué. Depuis qu'on est ici, vous nous traitez comme de la merde, vous nous parlez comme à des moins-que-rien, dis-je, n'écoutant plus que mon antipathie pour ce type qui me faisait face. J'en ai ras-le-bol. Ok, vous êtes le chef, mais vous ne savez pas quand fermer votre grande boîte pour écouter les autres ! Cette femme et moi avons des informations sur l'endroit où sont peut-être Glenn et Maggie, alors, au lieu de nous faire chier, vous feriez mieux de la boucler et d'écouter sagement ce que l'on a à dire, c'est clair ?!
Le silence s'abattit sur la pièce à la fin de ma tirade et je repris mon souffle. Mon dieu, que c'était bon de se lâcher ! Du coin de l'œil, je pus voir que la femme semblait partager mon sentiment, puisqu'elle affichait désormais un petit sourire en coin délicieusement horripilant. Je fermai les yeux quelques instants pour me calmer, puis je repris.
- La ville de Wodburry est dirigée par un homme qui se fait appeler le Gouverneur. C'est un peu une sorte de guide, de protecteur. C'est lui le chef.
- Ils sont armés ? demanda Daryl.
- Ouais, et une milice qui se la joue commando, répondit la femme. Y'a des gardes armés sur chaque mur.
Je hochai la tête pour approuver. Putain… Le Gouverneur… Ce salopard. Je serrai les dents pour ne pas me laisser submerger par la haine que j'éprouvais envers ce type et poussai un long soupir.
- Vous savez comment entrer ?
- La ville est à l'abri des Rôdeurs, mais on pourrait se faufiler à l'intérieur.
- La plupart des murs protecteurs ne sont que des amas de véhicules détruits et de morceaux de taule, ajoutai-je. Pas très résistant face à un cerveau.
Rick me lança un regard un peu vague. Il semblait réfléchir. Pour une fois qu'il utilisait son cerveau, je le laissais volontiers faire. Je pinçai les lèvres. Il fallait que j'arrête d'être aussi cassante. Je ne pouvais pas blairer ce mec, ok, mais je pouvais simplement décider de l'ignorer. J'avais pas besoin d'ennemis en plus, les Mordeurs me suffisaient déjà bien assez.
Finalement, le chef se tourna une fois de plus vers la femme.
- Comment t'as su qu'on était ici ? demanda-t-il.
- Ils ont parlé d'une prison. J'ai suivi le chemin par lequel ils étaient venus et c'est comme ça que je l'ai vue.
L'interrogatoire semblait terminé. Rick semblait être redescendu d'un cran. Il avait l'air plus calme, même s'il paraissait quand même encore un peu agité. Ses pensées semblaient s'être organisées dans son esprit, et il paraissait plus enclin à écouter, même s'il n'y avait désormais plus rien à entendre. J'espérais juste que ce calme relatif allait lui faire oublier mon petit emportement. Je ne tenais pas à nous faire mettre à la porte, Gwen et moi, à cause d'un léger problème d'antipathie.
- Lui, c'est Hershel, dit finalement Rick en se tournant vers le vieil homme. C'est le père de la fille qui s'est fait enlever. Il va t'arranger ça.
La femme lui lança un regard impénétrable qui me donna des frissons dans le dos tant il était dur, mais Rick n'en fit pas cas et se détourna d'elle. Il échangea un regard avec Daryl puis, alors que j'allais retourner avec Gwen, il me retint par le bras. Je me tendis à ce contact, mais j'évitais de ressortir une nouvelle fois mon couteau. Je me contentai de me tourner vers lui, la mâchoire serrée.
- Toi, tu viens avec moi. Il faut qu'on discute, je crois.
Il ne me donnait pas du tout envie de discuter, mais je savais que je ne pouvais pas dire non. Je hochai donc la tête et je le suivis hors du hall de la prison. Daryl suivit le mouvement également, et je me tendis davantage. J'allais avoir droit à une entrevue privée avec les deux têtes pensantes de ce groupe. Il allait falloir la jouer plus fine que ce que j'avais fait jusqu'à présent. Si je voulais avoir une chance de rester, il fallait que je me montre plus aimable, mais il ne fallait pas pour autant que je perde de vue mes revendications. Je visais, entre autres, le respect et le droit à la parole. La liberté, quoi !
Je suivis donc les deux hommes jusqu'à ce qu'ils s'arrêtent, de l'autre côté des escaliers. Nous nous trouvions juste sous la cellule de Gwen. S'ils avaient voulu un peu de discrétion, c'était raté.
- Bien. Je crois qu'il est temps de mettre les choses au point, commença Rick, l'air aussi aimable qu'une des portes qui nous entouraient.
Je croisai les bras sur ma poitrine et relevai la tête. Ah, il voulait causer ? Très bien. Je commençais déjà à préparer mes arguments. Il allait s'en prendre plein la tête.
- On a été bien sympa de vous aider, toi et ta pote, l'autre jour. On vous laisse rester, on vous a même donné une cellule. Mais, tu vois, je me demande de plus en plus si on ne devrait pas vous remettre sur la route, dit-il alors en se penchant légèrement sur moi.
Je fronçai les sourcils et reculai d'un pas.
- Si vous pouviez garder vos distances, je vous en serais reconnaissante, dis-je, une légère grimace sur les lèvres. D'ailleurs, en parlant de reconnaissance, au cas où je n'aurais pas été claire les autres fois où je vais l'ai dit, nous vous sommes infiniment reconnaissantes. Mais la reconnaissance ne fait pas tout, vous devez bien le savoir. Depuis qu'on est ici, vous nous traitez comme des moins-que-rien. Vous en particulier, Monsieur le Chef, sifflai-je en plissant légèrement les yeux. Je ne veux pas passer pour une lèche-cul, mais à chaque fois que vous avez eu besoin de moi, j'ai répondu présente. Qui vous a aidé à repousser les Mordeurs quand ces derniers ont attaqué, le lendemain de notre arrivée ? Qui est allé chercher du lait pour votre bébé ? Qui est allé nettoyer les couloirs ? demandai-je.
- Tu crois que ces actions t'accordent un droit particulier ?
- Peut-être pas celui que vous sous-entendez, mais j'estime avoir au moins le droit au respect et à la parole. Nous ne vous connaissons pas, mais nous avons fait beaucoup pour votre groupe en très peu de temps. Si ce n'est pas suffisant pour se faire entendre, que vous faut-il de plus ? Excusez-moi, mais je ne suis pas prête à sacrifier ma vie pour l'un d'entre vous pour le moment.
Rick me regarda de la tête aux pieds, les sourcils froncés, l'air particulièrement contrarié. Il fallait dire que se faire remettre à sa place par une gamine qui devait avoir la moitié de son âge ne devait pas être particulièrement agréable. Mais pour moi, c'était jubilatoire. J'avais enfin l'occasion de déballer tout ce que je pensais, ou presque. Oui, presque, parce qu'il y avait certaines choses que j'aurais aimé dire, mais qui pouvaient faire affreusement mal. Je pensais, entre autres, à sa fille et à son comportement. Mais mieux valait me taire pour l'instant.
- Tu veux le droit à la parole ? susurra alors Rick. Eh bien, vas-y, parle. Je t'écoute.
Je pris une profonde inspiration, rassemblai mes idées, et me lançai.
- Très bien. D'abord, je voudrais parler de ce qui reste en suspens depuis que nous avons mis les pieds ici : Allons-nous pouvoir rester ici, ou pas ? Cette prison est très sécurisée et, malgré l'incident de la dernière fois, je dois avouer que j'aimerai beaucoup pouvoir m'y installer. Cela me permettrait de souffler un peu et Gwen pourrait se remettre sans avoir constamment peur de se faire bouffer par des Mordeurs. De plus, comme je l'ai déjà dit, on cherche tous un endroit où l'on puisse être en sécurité. Mais je sais pertinemment que vous ne nous laisserez pas rester comme ça, juste parce qu'on vous le demande, soupirai-je en me pinçant l'arête du nez. Alors, s'il vous plaît, je vous demande juste de réfléchir deux secondes. J'ai déjà prouvé plusieurs fois que je savais me défendre et que je n'avais pas peur des Cervelles Pourries. Je sais me servir d'un couteau, d'un arc et je sais utiliser un pistolet. Gwen aussi sait se battre. Alors, imaginez. Si vous nous laissez rester, vous gagnez deux combattantes supplémentaires.
- Dont une avec une cheville cassée, souligna Rick.
Je retins une grimace d'irritation et clignai fermement des yeux pour me contrôler.
- Je vous parle sur du long terme. Je pense qu'avec l'arrivée d'un bébé parmi vous, deux personnes en plus sachant manier les armes n'est pas une si mauvaise chose, non ?
L'argument du bébé. Mon dieu, j'avais osé le sortir. C'était bien le meilleur argument que j'avais en réserve. J'espérais franchement toucher l'instinct paternel de Rick avec ça. S'il pensait un peu à son gosse, il accepterait, par pure logique. Une personne de plus, c'était une chance de plus que cet enfant continue à vivre. Nous étions deux. Le calcul était vite fait.
- Je vois. D'autres choses à dire ? demanda Rick, l'air légèrement condescendant.
- Oui, je n'ai pas terminé. Mais ce que je vais dire n'a rien à voir avec le groupe, je pense que si vous accédez à ma demande et que vous nous laissez rester, le reste suivra. Alors, ce dont je souhaite vous parler maintenant, c'est Woodburry.
Je vis les deux hommes devant moi se tendre et je fus également gagné par une certaine anxiété, largement dissimulée sous la couche de colère qui venait de se former à la mention du nom de la ville.
- Qu'est-ce que tu peux nous dire sur cette ville ? demanda Daryl, parlant pour la première fois depuis le début de l'entrevue.
- Ce que j'en sais, et j'en sais pas mal. Si je ne me trompe pas, vous voulez faire une descente dans la ville pour tenter de récupérer Maggie et Glenn, c'est bien ça ?
Les deux hommes hochèrent la tête, soudain plus attentifs. Je retins le petit sourire moqueur qui me vint aux lèvres et repoussai loin de moi l'idée de ne rien dire de plus et de les laisser poireauter. Si je faisais ça, j'irais rejoindre les Cervelles Pourries en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « Mordeurs ».
- C'est bien beau de vouloir sauver vos amis, mais vous n'arriverez à rien si vous ne savez pas où aller, soulignai-je. La ville est plutôt grande, même si on ne dirait pas au premier coup d'œil. De plus, il y a des gens qui la protègent, et même si la plupart sont des gens sachant à peine comment tenir un pistolet, il y en a d'autre qui savent parfaitement viser et qui pourraient vous dégommer avant même que vous n'aillez fait un pas de l'autre côté du mur.
- Où est-ce que tu veux en venir ? maugréa l'homme à l'arbalète.
- Je veux venir.
Rick me regarda un moment, puis afficha un petit sourire qui me fit froid dans le dos.
- Tu croyais vraiment que j'allais te laisser rester ici alors que tu semblais connaître la ville comme ta poche ?
Je haussai les sourcils puis affichai un sourire moqueur.
- Vous vous rendez compte que je serai armé et que je pourrai être amenée à couvrir vos arrières ? Vous n'avez plus peur que je vous tue ?
Rick se tourna vers Daryl et posa sa main sur son épaule.
- Je lui fais confiance pour que ma prise de risque ne se solde pas par ma mort.
Il me lança ensuite un regard particulièrement éloquent, puis s'en alla. Je le regardai s'éloigner, puis je tournai la tête vers Daryl. Il tenait toujours son arbalète à la main, et il affichait un très léger sourire en coin. Je fronçai les sourcils.
- Quoi ? demandai-je.
- On peut dire que tu sais te faire écouter, gamine, souffla-t-il, un rire dans la voix.
L'homme à l'arbalète me fit alors un petit signe de tête, puis s'en alla à son tour. Je ne la lâchais pas du regard, un peu perdue. C'était pas un compliment qu'il venait de me faire là ? Au ton de sa voix, je pouvais penser que si, mais… mais c'était l'homme à l'arbalète quoi. L'homme aux yeux comme des rayons X, totalement insondable. Et puis, c'était un homme tout court, et je n'avais jamais réussi à comprendre cette espèce pourtant particulièrement répandue.
Je poussai un profond soupir et secouai la tête. Mon dieu, que c'était épuisant de réfléchir. Je m'étirai légèrement, puis je remontai les escaliers pour retourner voir Gwen, l'esprit plus léger.
Note pour plus tard : engueuler quelqu'un, ça fait du bien. À refaire.
