! BLABLA DE L'AUTEUR !
Hello tout le monde :) Me voilà de retour avec le neuvième chapitre ! :) Je dois avouer que c'est pas mon préféré, mais bon... Donc, dans ce chapitre, Merle débarque ! :) Vous savez déjà qu'entre Merle et Romane, c'est pas trop ça. Mais faudra attendre un peu avant de vraiment pouvoir assister à tout "l'amour" qu'ils ressentent l'un pour l'autre ;)
Chamonutella : Derien pour ton anniversaire ;) Et merci pour la review, ça me fait toujours autant plaisir :)
Rosie : Une des meilleures fics ? :o Ah bah là, je suis franchement touchée ^^ Merci, ça me fait très plaisir :)
Léonore : Haha :D C'est vrai que j'aurais moi-même été déçue de m'arrêter au deuxième chapitre :) Mais faut croire que, vu comment les choses sont parties, ce sera ma première histoire à laquelle je pourrais apposer le mot " fin" ;) Pour le Background avec Merle, j'ai pas pu m'en empêcher ^^ Merle est un perso que j'adore et que je déteste à la fois :) Mais pour "l'explosion des retrouvailles", faudra attendre encore un peu :P
Axel : Merci ! :)
Lucie : Merci ! Contente de pouvoir compter une nouvelle personne dans la liste de ceux qui suivent l'histoire :3
Voilà, voilà ! Je vous laisse donc lire tranquillement le chapitre maintenant :D Rendez-vous au chapitre 10 ! :D
Chapitre 9 :
J'avais mal. Je ne me souvenais pas avoir déjà eu autant mal. Ah, si en fait. Une fois. Quand ce connard de Merle m'avait planté sa lame dans le bras et qu'il avait pris un malin plaisir à la faire bouger dans tous les sens pour bien me faire ressentir toutes les nuances de la douleur. Je m'étais débarrassé de lui en lui donnant un grand coup dans ses bijoux de famille. Mais la douleur était restée. J'étais tombé dans les pommes à l'instant même où la lame avait quitté mon bras. Julian s'était occupé du reste avec Gwen. J'avais pissé le sang pendant des jours, et ce, au moindre mouvement que je faisais. Et là, je sentais bien que c'était la même chose. Malgré le fait que j'avais les yeux fermés, je pouvais sentir le bandage humide de sang frais qui m'entourait l'épaule. Je sentais aussi très bien la douleur atroce qui se répandait de la blessure jusqu'au bout de mes doigts et qui passait également par ma tête. J'avais un de ces maux de crâne ! J'avais l'impression que j'allais à nouveau tomber dans les vapes. J'étais à bout de forces. C'était pour ça que je n'avais même pas fait l'effort d'ouvrir un œil quand je m'étais réveillé. Je savais déjà où j'étais de toute façon. Si je tenais compte du matelas que je sentais sous moi, nous étions de retour à la prison. C'était une plutôt bonne nouvelle. Après, il restait à savoir si d'autres que moi avaient été touchés.
Alors que je flottais encore dans ma demi-conscience, j'entendis des bruits de pas s'approcher et je sentis immédiatement que quelque chose clochait. Ce fut ce qui me poussa à ouvrir les yeux. Je tombais alors sur un plafond gris, comme je m'y étais attendu, mais ce plafond ne se trouvait qu'à quelques centimètres de moi. Je tournais la tête sur le côté, et je tombais nez à nez avec le dos d'un fauteuil. Merde. Où est-ce que j'étais moi ? Légèrement en panique, j'essayai de me relever, mais mon épaule se rappela immédiatement à moi et je poussais un cri de douleur que je tentai quand même d'étouffer en serrant les dents. Presque immédiatement, une ombre apparut dans l'encadrement de la portière et je posai les yeux sur elle. C'était Glenn. J'étais dans la voiture. Il faisait jour. C'était quoi ce bordel ?
- Qu'est-ce que… ?
Je tentai à nouveau de me redresser, mais la douleur se fit à nouveau sentir et j'abandonnai l'idée de pouvoir me relever.
- Hé ! Bouge pas ! m'ordonna Glenn. Tu t'es fait tirer une balle dans l'épaule, si tu bouges, ça va pas s'arranger.
- Qu'est-ce… Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demandai-je. Où sont les autres ?
Glenn poussa un petit soupir et s'appuya à la portière.
- Quand tu t'es fait tirer dessus, on t'a emmené avec Maggie pour te mettre à l'abri. Ensuite, les autres nous ont rejoints, mais…
Je n'aimais pas ce « mais ». Je ne l'aimais pas du tout. Je relevais la tête et fixai un regard fiévreux sur Glenn.
- Mais quoi ? Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Quelqu'un… Quelqu'un est mort ? demandai-je.
- Non. Non… mais Daryl s'est fait prendre. Les autres sont retournés le chercher après nous avoir déposés ici, expliqua Glenn, l'air anxieux.
Je basculai la tête en arrière, dépitée. Non. Non, non, non ! Retourner là-bas, c'était du suicide ! Le Gouverneur… Le Gouverneur allait tous les faires tuer. Et Daryl ! Quel crétin ! Bon sang, on lui avait dit pourtant que son idée était mauvaise ! On le lui avait dit ! Bordel !
- Putain, mais quelle bande de cons ! m'exclamai-je.
J'étais vulgaire en ce moment. Cela signifiait, chez moi, que je n'allais pas bien. Depuis qu'on était tombé sur ce groupe, tout partait en cacahuète. Ils avaient autant de bons que de mauvais côtés. Autant, c'était chouette d'avoir un abri, un endroit où on pouvait enfin être un minimum en sécurité, de la nourriture, de la compagnie et tout, autant, c'était désagréable de tout le temps avoir quelqu'un à sauver, à aider ou un truc dans le genre. Ça leur arrivait jamais de vivre en paix ? Je poussai un soupir excédé et tendis la main vers Glenn.
- Tu peux m'aider à me redresser, s'il te plaît ? demandai-je.
- Tu ne devrais pas bouger dans l'état où tu es.
Je relevai la tête et vis la femme, qui se trouvait juste derrière Glenn. Je lui adressai un regard blasé et agitai la main.
- Je veux me redresser, soufflai-je.
Je me sentais déjà faible, mais je voulais me redresser. Je ne me sentais pas à l'aise, allongée, là, à l'arrière d'une bagnole, avec deux personnes me regardant comme ça alors que je ne pouvais strictement rien faire. Je voulais me redresser.
Poussant un léger soupir, la femme obligea Glenn à se décaler et attrapa ma main avant de tirer à elle. Je serrai les dents pour ne pas pousser de cri de douleur et fermai les yeux, le temps de me sentir mieux une fois que je fus assise. Je respirai vite et je devinais ma pâleur aux légers picotements qui me parcouraient le visage. Je ne me sentais pas bien. Quand j'ouvris les yeux, ma vue était un peu trouble, mais ça pouvait aller. Je poussai un profond soupir et pris ensuite une grande inspiration. Je fis ça plusieurs fois pour faire passer la légère nausée qui m'avait pris puis je relevais la tête. Glenn se tenait là, debout, l'air un peu inquiet. Il n'avait plus de sang sur le visage.
- Ça va mieux ? demandai-je.
- Je tiens debout, c'est déjà ça.
Je hochai la tête et poussai un soupir. Tout à coup, une pensée me traversa l'esprit et je relevai la tête, un peu trop vite au goût de mon épaule.
- Où sont… Aïe… ! Où sont mes armes, Glenn ?
- T'en fais pas, on a tout récupéré avant de partir. Ton arc et tes flèches sont là, dit-il en faisant un signe de tête sur sa droite. Oscar a gardé le pistolet. Le reste est toujours à la même place, ajouta-t-il en désignant le poignard qui dépassait de ma ceinture.
Je poussai un soupir de soulagement et laissai ma tête basculer contre l'encadrement de la portière. Bon sang, ce que j'avais mal !
- Glenn !
Je redressai la tête. C'était la voix de Rick ça. Je vis Glenn relever la tête et se précipiter à la rencontre du chef, suivit de la femme. Serrant les dents, je me levais à mon tour. Je fus tout à coup prise de vertige et je me rattrapais de justesse à la portière à l'aide de mon bras gauche, qui était resté intacte. Je poussai un gémissement étouffé, mais je me redressai quand même.
- Rick ! Oh, dieu soit loué…
Je contournais la voiture et avançai lentement dans la direction du groupe qui arrivait. Je vis alors Rick arriver, les mains tendues et je compris immédiatement ce qu'il essayait de faire. Quand il tendait ainsi les mains devant lui, c'était pour tenter de calmer le jeu. Il y avait un problème. Je pouvais le sentir même avec ces putains de points noirs qui dansaient devant mes yeux. Je m'approchai davantage.
- Bon, on a un problème, va falloir que vous reculiez…
Et là, je le vis. Derrière Daryl. Merle. Je me figeai net, insensible aux cris d'indignation que commençaient à pousser Glenn et la femme. Je sentis l'appréhension et la colère monter en moi aussi sûrement que la douleur se diffusait dans mon bras. Je ne pouvais pas détourner mon regard de l'homme qui était en train de se planquer derrière Daryl, avec l'air de quelqu'un de très fier de lui. Je fronçai les sourcils, indignée à mon tour, en colère, anxieuse, fatiguée. Bordel, mais qu'est-ce qu'ils avaient foutu ? Je vis alors la femme sortir son sabre de son fourreau et je m'avançai davantage, espérant calmer le jeu. La main sur ma blessure, je me postai aux côtés de la femme et posai l'autre main sur son bras pour lui faire baisser son arme.
- Ce salaud a essayé de me tuer ! hurla-t-elle.
- Range ton sabre ! rétorqua Rick.
De l'autre côté, Glenn faisait face à Daryl, l'air particulièrement remonté. Je regardais dans tous les sens, ne sachant pas quoi faire pour les calmer. J'étais totalement perdue. Entre la douleur que je ressentais dans mon épaule, les cris qui résonnaient encore dans ma tête, la panique dû à la vision de Merle et… tout le reste, je ne savais plus où donner de la tête.
- Hé ! Il nous a aidé à nous échapper alors tu baisses d'un ton ! s'écria Daryl en repoussant Glenn.
- Ouai, après t'avoir défoncé la tronche ! répliqua Rick.
- Hé, ça va ! On a dégusté tous les deux vieux !
J'avais espéré ne plus jamais entendre cette voix. C'était raté. Comme beaucoup de choses en ce moment. Je poussai un soupir et foudroyai Merle du regard. Par un heureux miracle, il ne semblait pas m'avoir encore remarqué. Je ne pensai pas du tout que le fait que j'étais à moitié en train de me cacher derrière la femme y soit pour quelque chose. Ni le fait qu'Oscar soit légèrement devant lui également.
Les paroles de Merle déclenchèrent immédiatement un concert de protestations et de cris et je serrai les dents. Ma migraine empirait de minutes en minutes. S'ils ne la fermaient pas, j'allais la leur faire fermer moi.
Le calme revint rapidement et le rire rauque de Merle résonna dans les bois.
- T'es devenu un vrai sauvage frangin !
- Toi, tu peux parler, qu'est-ce que tu foutais avec l'autre timbré ? demanda Daryl en se détournant de Glenn, l'air remonté.
- Oh, lui ? Bah… C'est un charmeur, faut dire ce qui est, répondit son frère. Même que ça a fait son effet sur ta copine Andréa et…
Son regard se posa alors sur moi et je sentis mon sang se glacer dans mes veines. Les points noirs devant mes yeux se firent plus présent durant une seconde, comme s'ils m'incitaient à retomber dans les vapes pour ne pas avoir à affronter ça, mais je restai consciente.
- Toi… siffla Merle en me désignant de sa main encore valide. T'étais censée être morte ! s'écria-t-il en avançant d'un pas dans ma direction.
- Je suis… plus coriace que j'en ai l'air, soufflai-je en reculant d'un pas à mon tour.
- Ah ouais ? Et elle est où ta petite bande ? demanda alors Merle. S'ils sont pas avec toi, c'est qu'ils doivent être en train de gambader dans la forêt à la recherche d'un vivant à bouffer. Ou alors, ils sont six pieds sous terre, c'est ça ?
Je serrai les dents et lui lançai un regard noir. Il venait d'enfoncer une pointe dans mon cœur. Ça faisait mal.
- Ferme ta gueule ! Je… !
- J'ai pas oublié, ma belle ! Je conserve encore précieusement la cicatrice à l'endroit où ta flèche m'a touché, sale garce ! s'exclama-t-il en tapotant sa cuisse gauche. Je te jure que si je t'attrape… !
- Ferme-la Merle ! Reste où tu es !
Daryl s'avança davantage vers son frère et se plaça de façon à ce qu'il ne puisse plus me voir. Je serrai les dents et reculai d'un autre pas, épuisée. Merle affronta un instant son frère du regard, puis il retrouva son sourire hautain et fier de lui. Putain, quel con !
- Du calme frérot. C'était juste pour rigoler. Je la toucherai pas.
Au regard qu'il me lança, je pus presque entendre le « pas encore » qu'il se retint d'ajouter. Je déglutis péniblement et détournai le regard, pas rassurée. Il y eut alors un moment de silence tendu, puis Glenn avança d'un pas, rapidement bloqué par Daryl.
- T'as dit qu'Andréa était à Woodburry ?
- Ouais, en bonne place avec le Gouverneur, lâcha Daryl, toujours sur ses gardes.
J'eus juste le temps de me décaler sur le côté avant de me faire bousculer par la femme qui se précipitait sur Daryl cette fois-ci. Apparemment, on touchait pas à son amie. Je poussai un gémissement étouffé quand elle me donna un coup dans l'épaule au passage. Je tombai à genoux, aveuglée par les points noirs qui se multipliaient rapidement. J'avais la tête qui me tournait et je n'entendais plus qu'un long bourdonnement. Je sentais mon sang battre à mes tempes et j'avais la nausée. Je ne me sentais pas bien du tout, et j'avais l'impression de sombrer à nouveau dans l'inconscience.
Cependant, quand je repris connaissance, j'étais juste à terre, couchée sur mon côté gauche, mon bras droit recroquevillé contre moi. Je sentais le sang couler sur ma poitrine. Le bandage ne le retenait plus suffisamment. En relevant la tête, je vis Glenn, Maggie, Oscar et Rick au-dessus de moi. Ils me disaient des choses, mais j'avais trop mal pour faire l'effort de les écouter. Maggie me redressa et je poussai un nouveau gémissement. Ok, j'aurais vraiment pas dû bouger de cette bagnole. Je le regrettai amèrement maintenant.
- Merde, ça saigne à nouveau ! Il faut pas qu'on s'attarde ici, sinon elle va perdre trop de sang ! s'écria Maggie.
- Ça… ça va, soufflai-je.
- Ne dis pas n'importe quoi, c'est tout juste si tu restes encore consciente.
Je me relevais tant bien que mal avec l'aide d'Oscar et Maggie passa un bras autour de mes épaules pour m'aider à rester debout, tout en prenant bien garde à ne pas appuyer sur ma blessure.
- Coriace, hein ? se moqua Merle.
Je relevai la tête et plantai mon regard dans le sien, tentant de lui faire passer toute la haine que j'avais pour lui. Je n'avais pas la force de répondre.
- Maggie, emmène-la à la voiture, ordonna Rick avant de se tourner à nouveau vers la femme pour la questionner au sujet de cette Andréa qu'ils semblaient connaitre.
Maggie hocha la tête et m'aida alors à marcher jusqu'à la voiture, où elle m'aida également à m'asseoir. Mon sweat commençait à se tâcher de sang. Je voyais le rouge se répandre de plus en plus sur le tissu tandis que mes forces m'abandonnaient.
- Hé, faut que tu tiennes le coup, d'accord ?
- J'ai… promis de rentrer, soufflai-je, les yeux fermés. Si je le fais pas, Gwen viendra me botter les fesses, même si elle ne peut pas marcher, et même si je suis morte.
Maggie ne répondit pas et, quelques instants plus tard, je l'entendis repartir. La voiture atténuait le bruit des cris qui se faisaient toujours entendre et je me sentais plonger dans une sorte de semi-conscience douloureuse, où seule ma blessure me fait encore sentir que j'étais éveillée. J'avais l'impression d'avoir deux cœurs : celui qui battait dans ma poitrine et un autre, plus petit, dans mon épaule. Ma blessure pulsait, crachant du sang qui s'écoulait ensuite sur mon bras et ma poitrine, tâchant mon pull au passage. C'était gênant de ne rien pouvoir faire pour ôter ce liquide qui me coulait sur tout le corps. C'était désagréable. Mais j'étais trop fatiguée pour faire quoi que ce soit.
Alors que je sombrais de plus en plus dans l'inconscience, le silence me parvint enfin et je luttai pour relever la tête. Qu'est-ce qu'il se passait ? Merle avait-il tué tout le monde, ou était-ce l'inverse ? Je poussai un profond soupir, puis une ombre vint à nouveau se placer dans l'encadrement de la portière. Je relevais légèrement la tête et croisai le regard froid de Rick.
- Comment tu vas ?
J'avais pas envie de lui répondre, alors je détournais la tête en grimaçant sous la douleur. J'entendis des bruits de pas, et je vis du coin de l'œil le reste du groupe approcher. Je lançai un rapide regard à Daryl. Bon, il avait l'air plutôt calme, alors Merle devait encore être en vie.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demandai-je.
- Merle a ouvert sa grande gueule, voilà ce qu'il s'est passé ! rétorqua Glenn, l'air remonté. Il a foutu la merde, comme d'habitude !
- Hé ! Fais gaffe à ce que tu dis ! C'est de mon frère dont tu parles là ! s'emporta Daryl.
Le ton monta rapidement entre les deux hommes. Leurs cris me vrillaient les tympans. Ils se tenaient juste à côté de moi, en train de gueuler, et j'avais de plus en plus de mal à le supporter. Je sentais une sensation sourde monter dans ma poitrine et j'avais de plus en plus envie de leur foutre un coup-de-poing à chacun. Finalement, alors que Daryl posait sa main sur son arbalète, Rick intervint.
- Hé ! On se calme, d'accord ?! C'est pas en s'engueulant qu'on va trouver une solution à ce… problème.
Pour une fois, j'étais d'accord avec lui. Et puis, je n'aurais pas pu supporter une minute de cris supplémentaire. Ma tête me faisait un mal de chien, presque autant que ma blessure, et j'exagérais à peine. Daryl et Glenn se turent, se dévisageant l'un l'autre avec une certaine rancune. Ils semblaient s'en vouloir mutuellement de ne pas se comprendre comme d'habitude. C'était étrange, et pourtant, j'avais l'impression de comprendre ce qu'ils pouvaient bien ressentir. Pour une fois. Je poussai un profond soupir et tournai la tête vers Rick.
- Qu'est-ce qu'on fait alors ?
- C'est assez clair, non ? intervint immédiatement Daryl. On ramène Merle à la prison avec nous.
Un silence de plomb s'abattit alors sur notre petit groupe, mais Daryl ne sembla pas se démonter et croisa les bras sur son torse. Il semblait prêt à défendre son frère à n'importe quel prix. Je le regardai fixement, un peu de tristesse dans les yeux. Bon sang… Pas maintenant…
- Ça marchera pas, déclara alors Rick d'un ton étonnamment calme.
Bon sang, j'allais finir par croire que je pouvais comprendre cet homme ! J'étais encore totalement d'accord avec lui. Intégrer Merle au groupe était une très mauvaise idée. C'était un homme instable, égoïste, exécrable, misogyne et affreusement raciste. Je n'étais pas sûre de pouvoir le supporter constamment plus d'une journée. Et puis, je n'avais pas envie d'avoir à dormir à nouveau avec un couteau sous mon oreiller et un flingue sous mon matelas. J'avais déjà vécu ça pendant les quelque temps où il nous avait traqués comme des bêtes, je n'avais pas envie de recommencer, merci bien ! Et puis, nous venions tout juste de nous faire une petite place dans le groupe. Merle était capable de tout foutre en l'air avec seulement quelques paroles. Et je n'avais pas envie de me retrouver à nouveau à devoir me démerder dans la forêt, seule avec Gwen et sa cheville cassée.
Pour être plus claire, je ne voulais pas de Merle à la prison. Je ne voulais pas de Merle tout court.
- Faudra bien, rétorqua Daryl, l'air toujours aussi déterminé.
- Il va encore foutre la merde, avança Rick.
- Le Gouverneur est sûrement en route pour la prison à l'heure qu'il est. Merle le connaît bien, et ça nous ferait un homme de plus.
Aïe. Un point pour Daryl. L'atout qu'il venait d'avancer était non-négligeable. Si je savais quelques trucs sur le Gouverneur, je n'en savais pas assez pour pouvoir contrer ses plans. J'étais encore très loin de pouvoir deviner ce que son esprit tordu pouvait bien imaginer. Mais Merle, lui, il savait peut-être. Il avait été le chien de garde favori du Gouverneur. Il était tout le temps derrière lui, en train d'exécuter le moindre de ses ordres. C'était d'ailleurs la seule et unique personne qu'il était capable d'écouter. Avoir Merle dans nos rangs pourrait apporter au groupe… mais il y avait trop de poids de l'autre côté de la balance pour que cette dernière puisse pencher en sa faveur.
- Il n'est pas question qu'on le prenne avec nous.
- Il allait nous tuer ! s'exclama Glenn. Tu veux vraiment qu'il dorme dans le même bloc que Carol ou Beth ?
- C'est pas un violeur, rétorqua Daryl.
Je sentais la nouvelle joute verbale arriver à grands pas. Lasse, je laissai ma tête aller contre l'encadrement de la portière. Bon sang, j'étais épuisée. Mais je n'avais pas suffisamment confiance en mes maigres forces pour me laisser aller au repos. Et si je tombais dans les vapes plus profondément et que ça partait sur un coma ? Ouais, parfois, réfléchir, c'était pas la solution idéale pour être tranquille.
- Son pote en est un, claqua Glenn, les yeux brillants d'une colère contenue.
- Non, c'est plus son pote. Plus depuis hier soir, déclara Daryl en lançant un regard appuyé à Rick.
- Non, on peut pas le prendre avec nous, il finirait par nous monter les uns contre les autres, dis alors le chef.
Il venait de prendre sa décision. Du peu que je savais sur Rick, je pensais pouvoir affirmer sans problème qu'il ne comptait plus changer d'avis sur le sujet. Daryl se battait désormais pour une cause perdue. S'il voulait faire changer d'avis Rick, il allait lui falloir de très, très bons arguments. Et j'avais un doute sur le fait qu'il en ait en stock. Il semblait acculé contre un mur, avec un nombre de possibilités d'action très restreint. Je ne pouvais que compatir. Avec lui, hein. Je n'aurais jamais pu compatir pour Merle.
- Tu vas lâcher mon frangin et ramener le dernier samouraï à la prison ? demanda alors l'homme à l'arbalète en désignant la femme qui faisait les cent pas, plus loin.
Je réalisais alors une chose incroyable. J'étais là, ils étaient tous là également, et ils prenaient des décisions. Ils étaient venus ici, à l'endroit où je me trouvais, et ils avaient commencé à parler de choses importantes pour la survie du groupe. J'étais en train de rêver, ou est-ce que c'était un signe de plus d'une potentielle acceptation ? Je ne pouvais empêcher mes pensées d'aller dans ce sens et j'étais plutôt heureuse de la chose. Bon sang ! On avait peut-être une chance, finalement !
- Non, elle rentre pas avec nous.
Je relevai la tête vers Rick et écarquillai légèrement les yeux. Quoi ?
- Attendez une minute, vous êtes sérieux ? demandai-je malgré la faiblesse de ma voix. Le Gouverneur est peut-être aux portes de la prison et... vous allez dégager une femme qui sait se battre ? Mais vous réfléchissez avant de... de parler ?
- Je sais ce que je fais, claqua Rick en me foudroyant du regard. Elle ne rentre pas avec nous.
- Dans l'état où elle est, elle survivra pas toute seule, avança Maggie.
- C'est elle qui vous a conduit à nous.
Je hochai la tête. Elle avait fait des choses pour le groupe, pour Maggie et Glenn. C'était grâce à elle qu'on avait pu savoir où ils étaient, qu'on avait pu entrer dans la ville sans se faire griller. Le groupe avait une dette à honorer, bien trop importante pour être effacée par quelques soins apportés à une blessure par balle.
- Ouais, et ensuite, elle s'est tirée, dit Rick, l'air buté.
- Laisse au moins mon père la soigner, insista Maggie.
- Elle est trop imprévisible, lâcha finalement Rick.
- Ouais, on sait pas qui elle est, renchérit Daryl.
J'en avais marre. La fatigue commençait vraiment à reprendre le dessus et je me sentais partir de plus en plus. La douleur était toujours présente et j'avais du mal à en faire abstraction. Écouter leurs âneries me donnait mal à la tête en plus. S'ils avaient si peur que ça, eh bien, ils n'avaient qu'à la laisser là. Et laisser Merle avec, par la même occasion. Et quand le Gouverneur se ramènerait avec ses chiens de garde, nous n'aurions plus qu'à lever le drapeau blanc et à sortir à la file indienne pour se faire descendre un par un. Avec un peu de chance, il prendrait pitié de la petite et de Beth. Peut-être même qu'il garderait Hershel pour ses connaissances en médecine, si ce dernier avait le temps de l'en informer. Ou alors, il n'aurait pitié de personne et il nous dégommerait tous. C'était une option fortement envisageable.
- Merle, par contre, c'est un des nôtres, dit alors Daryl, revenant à la charge.
- Non ! Merle, c'est ton frangin, intervint Glenn. Pas le mien ! Ma famille à moi, tu l'as devant les yeux ! Et le reste nous attend à la prison !
- T'en fais partie de cette famille !
Non mais j'étais en train d'halluciner là ! Rick était encore en train de prendre Daryl par les sentiments ? Cet homme n'avait vraiment aucune honte. Il n'hésitait pas à se servir de la compassion et de la bonté des autres ! Il pouvait dire ce qu'il voulait, mais ce gars me faisait de plus en plus penser au Gouverneur. Il cherchait toujours à maintenir les gens sous sa coupe. Il me dégoûtait. Vraiment. Mon aversion était de plus en plus importante. Parfois, il pouvait se montrer humain, mais son cœur était aussi dur que de la pierre et il n'éprouvait pas le moindre remords à chasser des gens pour se préserver. Il pensait sauver son groupe comme ça ? Il se plantait royalement. Il ne faisait que le mener droit dans le mur. Il attirait les problèmes comme un aimant.
- Mais pas lui. Pas lui, dit Rick en secouant la tête, l'air toujours aussi déterminé.
Je lançai un coup d'œil à Daryl à travers mes paupières mi-closes. Il avait l'air de douter. Rick avait réussi à faire flancher sa détermination. J'avais de la peine pour Daryl et j'éprouvais une immense colère envers Rick. Ok, je détestais Merle. Du plus profond de mon être. Mais Rick n'avait pas le droit d'obliger Daryl à choisir entre le groupe et son frère. C'était inhumain. Je voyais bien l'impasse dans laquelle on était. Mais il n'en restait pas moins que je trouvais la façon de faire absolument atroce. Rick aurait pu amener les choses d'une autre façon, au lieu de confronter directement Daryl à un ultimatum, car il y en avait clairement un, même s'il était sous-entendu. J'en avais marre.
- Je t'avoue, je sais plus, lâcha alors Daryl, l'air un peu perdu.
Il avait l'air de s'embrouiller avec ses propres pensées. Je n'osais même pas imaginer le bordel qu'il devait y avoir dans sa tête. Il devait être en train de se mélanger les pinceaux entre le groupe et Merle. Rick, lui, ne semblait absolument pas perturbé. Au contraire, il semblait attendre patiemment la décision de Daryl. Cet homme avait beau être un con de première, je voyais bien qu'il tenait quand même à Daryl. Je pouvais comprendre le fait qu'il veuille le faire rester à la prison tout en écartant le problème « Merle ». Mais je n'approuvais pas la façon dont il mettait tout ça en place. Si j'avais été à la place de Daryl, j'aurais déjà fait mon choix, au détriment de Rick.
- D'accord, trancha soudainement Daryl. Alors on se démerdera tous seuls.
Malgré mon état, je me redressai sur le siège arrière, faisant irradier la douleur dans tout mon bras et m'arrachant un gémissement de douleur au passage. Je tentai d'ignorer ma douleur et lançai un regard paniqué au petit groupe qui m'entourait. Bon sang, j'avais envisagé la possibilité que Daryl parte, mais… mais je ne pensais pas qu'il y penserait aussi ! Il ne fallait absolument pas le laisser faire !
- C'est pas ce que je voulais dire, intervint immédiatement Glenn. T'as pas à te sentir…
- C'est nous deux, ou rien, trancha Daryl.
Daryl avait totalement retourné la situation. Ce n'était plus Rick qui menait la danse, c'était lui. C'était lui qui posait l'ultimatum désormais, et il semblait déterminé à avoir gain de cause. Dans tous les cas, il resterait avec son frère. Je pouvais parfaitement comprendre la situation, mais… Merde, si ça avait été un autre que Merle, j'aurais été prête à le soutenir dans sa démarche, mais là… non, je ne pouvais tout simplement pas. C'était au-dessus de mes capacités. Je détestais trop Merle pour pouvoir l'aider, d'une quelconque manière que ce soit.
- J'avais jamais eu qu'Merle, alors…
- Arrête…, souffla Magie.
- T'es sérieux ? Tu vas te tirer comme ça ?
Je lançai un regard interloqué à Glenn. C'était plutôt à lui qu'on aurait dû poser la question. Il ne pouvait pas comprendre que Daryl ne veuille pas se séparer de son frère qu'il avait sûrement dû croire mort pendant plusieurs mois ? Je pouvais comprendre qu'ils ne veuillent pas de Merle dans la prison, et je me rangeais de leur côté pour ce point. Mais qu'ils considèrent les liens fraternels qui unissaient Merle et Daryl comme une trahison était, pour moi, inconcevable. Je pouvais comprendre l'irritation, voire la colère qu'ils pouvaient ressentir à voir Daryl s'en aller, mais il n'en restait pas moins qu'ils n'avaient pas réellement le droit de rejeter la faute sur lui. Je trouvais la situation injuste et révoltante, mais j'étais épuisée et je me sentais plonger de plus en plus dans un état de semi-conscience. Je ne pouvais pas faire part de ma façon de penser.
- Tu diras au revoir à ton père pour moi, lâcha alors l'homme à l'arbalète en s'adressant à Maggie.
Je poussai un profond soupir. Merde ! Non, il pouvait pas partir ! Il devait forcément y avoir une autre solution ! Je me tournai vers l'extérieur de la voiture pour pouvoir voir la scène qui se passait, pour tenter de retenir Daryl. Il fallait que quelqu'un trouve une solution ! Mais je sentis alors un éclat de douleur fulgurant me traverser l'épaule et, avant même de pouvoir comprendre ce qu'il se passait, je retombais dans les vapes.
