! BLABLA DE L'AUTEUR !

Hello tout le monde ! Alors désolé pour le temps que j'ai mis pour poster ce chapitre, mais le dernier que j'étais en train d'écrire m'a donné énormément de fil à retordre :o Donc du coup, désolé ! Mais le voilà, le chapitre dix est là :D J'espère qu'il vous plaira ! On en découvre un petit peu plus sur la vie de Romane, alors j'espère que vous aimerez !

Chamonutella : Haha :D Eh bien, voilà la suite, avec un peu de retard, désolé :)

Lucie : Oui, je sais, ce chapitre es un peu plus court que les autres :/ Je pense que c'est parce que j'ai eu un plus de mal à l'écrire :) Pour ma fréquence de post, en fait, je ne poste pas "par semaineé. J'ai essayé au début, mais en fait, c'était un délai trop court pour moi ^^' Alors du coup, je fais autrement. Je conserve toujours deux chapitres d'avance sur celui que je poste. Donc, quand je termine le deuxième chapitre d'avance, je poste un chapitre. Je ne sais pas si c'est très clair, mais c'est comme ça que je fonctionne ^^' Donc, en fait, je poste en fonction de mon avancement dans l'histoire.

Lonore : Merci :D En toute franchise, ce qui m'éclate le plus dans cette histoire, c'est les relations entre les persos ( surtout Rick et Romane ;) ). En tout cas, je suis contente de voir que Romane et Gwen s'intègrent bien :D Merci !

Voilà, voilà ! J'espère que ce chapitre vous plaira ! :) Rendez-vous au chapitre 11 ! ( déjà ?! :o )

Chapitre 10 :

Quand je repris connaissance pour la deuxième fois, je me trouvais à l'arrière de la voiture, allongée. À en juger par les mouvements que je pouvais sentir, nous étions en train de rouler. Je tournai légèrement la tête sur la gauche, mais la douleur qui s'ensuivit dans mon bras me fit renoncer à toutes tentatives de bouger. Bon sang ! Je pouvais presque sentir la balle dans mon épaule ! C'était affreux ! Je poussai un long gémissement de douleur et fermai les yeux. J'étais toute moite, je le sentais. Mon pull me collait à la peau d'une façon très désagréable. J'avais également la respiration saccadée, la douleur m'essoufflait complètement. Et pour ne rien gâcher, j'avais l'impression de flotter dans un entre-deux totalement délirant. Je sentais la fièvre s'emparer lentement de mon esprit. J'étais à moitié en train de délirer.

- … dépêcher, elle va pas bien.

- On arrive.

À travers le brouillard créé par la fièvre, je pus reconnaître la voix de Maggie et celle de Rick. Qu'est-ce qu'il se passait ? Qu'est-ce que j'avais raté ? Où était Daryl ? Et l'autre abruti de Merle ? J'avais mal à la tête. Je me sentais mal. J'entrouvris les yeux et, à mon plus grand étonnement, je tombais directement sur le visage de Maggie. Vu d'en bas. Je fronçai les sourcils.

- Qu'est-ce que… ?

Maggie baissa les yeux vers moi et je compris alors que j'avais la tête sur ses genoux. Si je n'étais pas déjà rouge de fièvre, je devais sûrement être en train de rougir. C'était gênant. Relevant légèrement, je vis alors que j'avais les jambes repliées au-dessus de la femme au katana et que mes pieds reposaient sur les jambes d'Oscar. Je poussai un gémissement de douleur en laissant ma tête se reposer sur les genoux de la femme, morte de honte. Je détestais les contacts de ce genre.

- Hé, souffla Maggie. Reste tranquille, on arrive à la prison. Mon père va s'occuper de toi.

Je répondis par un vague grognement, incapable de former une réponse correcte. Je n'avais plus de forces. Je me sentais partir toutes les deux minutes, comme si une force invisible tentait par tous les moyens de me faire reperdre connaissance. Je luttais de toutes mes forces, ne souhaitant pas perdre le contrôle une nouvelle fois. Pas la peine de se retrouver une nouvelle fois dans cette situation plus que gênante.

Finalement, je sentis la voiture s'arrêter. Je plissai légèrement les yeux, la respiration rapide. J'avais chaud. Affreusement chaud. Ma tête tournait comme une toupie. Et j'avais cette affreuse envie de vomir qui me prenait aux tripes. Mon estomac voulait désespérément rendre le peu qu'il contenait. Oh bon dieu, que ce calvaire cesse ! Je n'en pouvais plus !

Quand la voiture s'arrêta définitivement après avoir passé le portail d'entrée de la prison, je serrai fermement les dents, sachant déjà que la douleur allait être difficile à supporter. J'entendis les portières claquer, des bruits de discussions, de pas. Finalement, la portière du côté d'Oscar s'ouvrit et je sentis ce dernier se dégager pour sortir, suivit de la femme. Je relevai légèrement la tête et reconnus vaguement Rick.

- Il faut qu'on se dépêche. Maggie, aide-la à se redresser.

Les dents serrées à m'en faire mal, je me relevais alors d'un coup. Je poussai un petit cri de douleur sous les regards surpris de Maggie, Rick et Oscar. Une nuée de point noir troubla ma vue et je sentis des larmes de douleur venir s'ajouter au reste. Je me sentis alors partir en avant sans rien pouvoir y faire, mais deux mains me retinrent au niveau des bras pour m'empêcher de m'étaler par terre. Je poussai un gémissement de douleur. Bon sang ! J'aurais peut-être dû y aller plus doucement. Moi qui avais pensé qu'y aller franchement ferait passer la douleur plus vite.

- Hé, vas-y doucement ! Ça va ? demanda Maggie.

- Je… Non, soufflai-je péniblement.

- Elle est brûlante de fièvre. Il faut qu'on se dépêche, déclara Rick. Tu peux marcher ?

Si j'en avais été capable, j'aurais balancé une remarque acerbe à Rick en lui faisant clairement comprendre que je n'étais pas d'humeur pour ses questions débiles. Sauf que, malheureusement, je n'en étais pas capable. J'étais beaucoup trop faible pour cela. Je n'arrivai même pas à lui lancer un regard noir, c'était pour dire. La seule chose que je pus faire, ce fut de lâcher un nouveau gémissement de douleur. Rick soupira fortement.

- D'accord, alors qu'est-ce qu'on… ?

- Pousse-toi.

Je relevais la tête. Oscar s'approcha alors de moi. J'eus un mouvement de recul en le voyant approcher ses mains, mais je ne pus l'éviter. Je me sentis alors soulever et la douleur m'aveugla quelques secondes. Je résistai de toutes mes forces pour ne pas retomber dans les vapes et, quand je repris pied dans la réalité, je me trouvais dans les bras d'Oscar, fermement serrée contre lui. J'eus un mouvement pour m'éloigner de lui, mais la douleur se fit à nouveau sentir et je renonçai à établir une distance entre nous. De plus, le prisonnier me serrait beaucoup trop fermement pour que je puisse tenter de m'échapper de son étreinte particulièrement gênante.

- Hé ! Reste calme ! Je vais pas te bouffer. Et tu risques de te faire mal.

Désolé, mais rester calme alors que j'étais dans les bras d'un inconnu qui avait fait de la prison, c'était pas vraiment dans mes cordes. Malheureusement, je n'avais pas le choix. Mon état ne me permettait pas de l'obliger à me lâcher. Je me résignais donc à ne pas bouger.

Alors qu'Oscar me portait jusqu'à la prison, j'entendis vaguement des voix autour de nous. Mais c'était vague. J'avais l'impression qu'on m'avait enfoncé du coton dans les oreilles. J'entendais mal, je voyais mal, je respirais mal. Bon sang, je maudissais le gars qui m'avait tiré dessus ! Je lui souhaitais toutes les tortures du monde !

Finalement, après un moment qui me sembla durer des heures, j'entendis la porte en métal de la prison s'ouvrir et le soleil disparut, remplacé par la lumière diffuse de la prison. Les marches furent un réel supplice, mais je serrai les dents, les yeux fermés.

- Hé ! Doc, on a besoin de vous ! s'exclama Oscar.

Je sentis alors que ce dernier m'étendit sur le sol et je poussai encore une fois un gémissement de douleur. Ma tête me lançait affreusement. Et j'avais tellement envie de vomir. Mais d'un autre côté, la fraîcheur de la prison me faisait un bien fou. Si j'avais pu, j'aurais plaqué mon front contre la dalle de béton.

- Romane ! s'exclamèrent alors plusieurs voix.

Je fronçai légèrement les sourcils et entrouvris les yeux. J'avais reconnu la voix de Gwen, bien entendu, et c'était déjà inquiétant en soit, car cela signifiait qu'ils l'avaient déplacé. Mais il y avait d'autres voix avec. D'autres voix que j'avais crues ne plus jamais entendre. Je croisai alors le regard inquiet de deux personnes que je n'avais plus vu depuis bien longtemps et, malgré la douleur, un sourire fleurit sur mes lèvres. Une larme franchit alors la barrière de mes cils et roula sur ma joue tandis que mon cœur explosait de joie. Plusieurs sentiments vinrent alors se mêler dans mon esprit embrumé et je papillonnais des yeux pour tenter de rester consciente.

- Tyreese… Sacha… !

Bon sang ! C'était impossible ! Un vrai miracle ! Et moi qui les avais crus morts ! Une vague de soulagement me submergea et mes nerfs cédèrent sous la pression. Trop de choses, il fallait que je lâche un peu de lest. Alors je laissai les larmes s'écouler lentement sur mes joues, les lèvres pincées pour ne pas laisser échapper de sanglots.

- Blessure par balle ? demanda soudainement la voix d'Hershel.

- Ouais. Elle est pas ressortie.

Je tournai la tête sur la droite et vis les béquilles d'Hershel devant mes yeux. Je sentis alors une pointe de douleur me traverser le crâne et la réalité s'effaça autour de moi.

Pendant plusieurs minutes, je flottais dans cet état de semi-conscience, entre la réalité et le monde noir qui m'attirait de plus en plus. J'avais envie de me reposer, de ne plus ressentir cette douleur insupportable. Lorsque je repris conscience de ce qui m'entourait, je me trouvais sur un lit, en débardeur, Hershel à mes côtés. Je regardai rapidement autour de moi, puis je lançai un regard au médecin, qui ne me rassurait pas le moins du monde avec le couteau qu'il tenait à la main. Je savais ce qu'il allait dire, et faire. Et je devais avouer ne pas être très emballé par l'idée. Lorsqu'Hershel se rendit compte que j'avais repris connaissance, il m'adressa un regard compatissant et je secouai légèrement la tête.

- Vous… Non…

- Nous n'avons pas le choix. Il faut enlever la balle. Tu perds trop de sang, il faut stopper l'écoulement, et, pour ça, il faut un bandage. Mais je ne peux pas le faire tant que la balle est dans ton épaule.

- Merde… sifflai-je.

Je pris une grande inspiration et hochai la tête. Je savais bien qu'il n'y avait pas d'autres choix. Il fallait l'enlever. Hershel me tendit alors un chiffon bleu. Je ne compris pas immédiatement à quoi cela pouvait bien me servir, mais une fois fait, je grimaçai. J'attrapai le chiffon avec le bras gauche et le roulai un peu avant de le serrer fermement entre mes dents.

- Vous allez souffrir, déclara alors Hershel avant de se pencher sur ma blessure.

L'extraction de la balle fut un véritable supplice. Pire encore que tout ce que j'avais ressentis jusque-là. J'avais l'impression qu'on m'enfonçait un fer chauffé à blanc dans l'épaule et qu'on s'amusait à le tourner, encore et encore. Mes cris résonnaient dans toute la prison, brisant le lourd silence qui s'était installé. Le chiffon ne parvenait pas vraiment à les étouffer. Plusieurs fois, Hershel dut s'arrêter pour m'immobiliser et, finalement, au bout d'un moment qui me parut interminable, un petit tintement indiqua que la balle avait finalement perdue la bataille et était allée s'échouer sur le sol. Je poussai alors un profond soupir et entrouvris faiblement les yeux. Hershel s'essuyait les mains avec un morceau de tissu qui se retrouva tâché de rouge. Une fois qu'il eut les mains propres, il s'attela à nettoyer ma plaie du mieux qu'il le put. Une fois fait, il me redressa contre le barreau du lit superposé, m'arrachant une grimace et un gémissement de douleur. Je lui lançai un regard suppliant, lui demandant implicitement de faire vite. Il me rendit mon regard, les lèvres pincées.

- Je vais devoir te retirer ton haut pour pouvoir faire le bandage. Il va falloir que tu m'aides à faire passer ton bras, d'accord ?

Je piquai un fard monumental et détournai la tête, gênée au possible. Bon sang ! Non, pas ça. Je détestais montrer mon corps. C'était déjà tout juste si je supportais de me balader en débardeur, alors me mettre en soutien-gorge devant un homme, même âgé de plus de soixante ans, c'était presque mission impossible.

- Romane, je regrette, mais nous n'avons pas le choix. Il faut faire ce bandage, déclara alors Hershel, la voix autoritaire.

J'eus soudain l'impression de redevenir la jeune adulte que j'étais censée être. Je tournai mon regard vers Hershel. J'avais totalement perdu l'habitude de devoir me plier à l'autorité d'un adulte plus âgé et expérimenté que moi. Entendre ce ton dans la bouche d'Hershel me rappela soudainement que je n'avais finalement que vingt ans. Bientôt vingt et un, mais cela restait quand même jeune. Alors, les lèvres pincées et les joues rouges, je hochais la tête et me laissai faire. Une fois le débardeur enlevé, Hershel me fit le bandage autour de l'épaule, tandis que je regardais fixement le mur sur ma droite. J'avais toujours l'esprit embrumé, mais malheureusement pas assez pour ne pas me rendre compte de ce que faisait le médecin. Malgré son statut par rapport à moi, je ne pouvais empêcher certains mauvais souvenirs de remonter, et la gêne devenait alors de plus en plus forte. Ce que je pouvais avoir honte ! C'était idiot, mais je ne pouvais empêcher cette ancienne compagne de revenir me hanter en ce moment précis.

Une fois le bandage terminé, le médecin s'occupa de mes autres blessures, après m'avoir aidé à remettre mon haut. Une fois que j'eus l'air d'aller un peu mieux, Hershel s'écarta un peu sur le petit tabouret où il était assis et m'adressa un sourire compatissant. Je tentai de le lui rendre.

- Tu ne devras pas bouger ton bras pendant quelque temps. Jusqu'à la fin de la semaine, je t'interdis de faire de gros efforts, me suis-je bien fait comprendre ? demanda-t-il en haussant un sourcil.

Je hochai la tête. Hershel se leva alors à l'aide de ses béquilles. Je tendis alors le bras et lui attrapai la manche, me souvenant d'une chose.

- Attendez… Quand je suis arrivé dans la prison, il y avait bien deux personnes avec vous, je n'ai pas rêvé ? demandai-je, la voix faible.

- Oui, c'est exact.

- Je pourrais les voir ?

Mon cœur faisait des bonds dans ma poitrine et l'impatience me gagnait. Tyreese et Sacha… Depuis combien de temps m'étais-je fait une raison quant à leur sort ? Depuis combien de temps les pensais-je mort ? Et là, les voilà, vivants, l'air plutôt en forme. Comme j'étais contente ! J'étais tellement heureuse que je me sentais presque la force de me lever et d'aller les voir. Mais je ne voulais pas prendre le risque de faire bouger mon bras pour l'instant. Une sorte de fourmillement le parcourait, comme s'il était anesthésié, et je n'avais pas envie de tenter le diable.

Je vis cependant l'expression d'Hershel changer en quelques secondes après ma question et je fronçais les sourcils, inquiète. Pourquoi prenait-il cet air gêné ? Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Depuis combien de temps étais-je dans les vapes avant de reprendre connaissance ?

- Quoi ? demandai-je simplement, la voix légèrement rauque.

- Eh bien… Ils… Ils ne sont plus là, bredouilla alors l'homme aux cheveux blancs. Ils sont partis.

J'eus l'impression qu'on me vidait un seau d'eau sur la tête. Quoi ? Mais… Pourquoi seraient-ils partis ? Non, c'était impossible ! Tyreese et Sacha n'auraient jamais pu partir comme ça, alors qu'ils savaient que j'étais là. Tyreese, Sacha, Gwen et moi étions liés par un passé commun. Pendant plusieurs mois, nous avions fait partie du même groupe. Mieux, nous en avions été à la tête. C'était eux qui nous avaient appris la plupart des choses qui nous avaient permis de rester en vie lorsque nous avions été séparés, un mois et demie avant que l'on ne tombe sur Woodbury. Alors je refusais de penser qu'ils aient pu juste partir avant même que j'ai pu les revoir. Non, c'était impossible. Ce n'était pas…

Soudain, une pensée me traversa l'esprit et je sentis les traits de mon visage se durcir. Je posai alors un regard noir sur Hershel, qui pinça légèrement les lèvres, gêné.

- C'est Rick, n'est-ce pas ? sifflai-je, de la haine dans la voix. C'est lui qui les a chassés !

- Romane, nous ne pouvons pas…

- Non ! Non, c'est bon, ne me servez pas vos salades, stoppai-je. Vous voulez me faire croire que vous avez votre mot à dire dans les décisions ? C'te blague…

Hershel ne répondit pas. Il finit alors par pousser un profond soupir et revint s'asseoir sur le tabouret en face de moi. Je pinçai les lèvres et détournai le regard, rongé par la tristesse et la colère. Bon sang. J'avais envie de pleurer tellement je regrettai. Tellement j'avais envie de les voir. J'avais été tellement heureuse de les revoir, même brièvement. J'avais senti mon cœur se gonfler de joie et voilà que, avant même que je ne puisse les serrer dans mes bras, ils disparaissaient à nouveau.

- Romane… Je pense que tu ne comprends pas ce que Rick représente pour nous.

- A part un dictateur, vous voulez dire ?

C'était fou comme la colère pouvait être un carburant efficace. J'avais l'impression de ne plus ressentir que légèrement la douleur dans mon épaule et l'engourdissement dans mon bras, et j'étais prête à démonter Rick. Enfin… Je savais bien, quand même, que ce sentiment de force ne durerait pas.

- Il n'est pas un dictateur, Romane, souffla doucement Hershel. Il prend les décisions, c'est vrai. Mais c'est parce qu'il sait ce qui est le mieux pour nous. Nous avons un passé. Étant donné que tu ne le connais pas, je pense que tu ne peux pas juger.

Je lui lançai un regard buté et détournai la tête. Je n'avais pas envie de parler de cet homme. Cet homme qui m'avait ôté la possibilité de revoir des personnes qui comptaient énormément pour moi. Ce… ce salaud, il n'y avait pas d'autres mots. J'en venais presque à me demander si Merle n'avait pas raison quand il parlait de ce « fils de pute de flic ». Poussant un profond soupir, je secouai la tête.

- Est-ce que je pourrais voir Gwen ? demandai-je.

Hershel ouvrit la bouche pour répondre, puis la referma, se contentant de hocher la tête. Il se releva en s'aidant de ses béquilles et, lentement, disparut hors de la cellule. Je fermais alors mes paupières et pinçai mes lèvres, retenant à grande peine les larmes qui voulaient passer la barrière de mes cils. Je ne devais pas pleurer. Je ne devais pas pleurer ! Pas maintenant, pas après tout ce que j'avais déjà vécu. Ce n'était rien, ça allait passer. J'allais m'en remettre. Ce n'était qu'une déception parmi beaucoup d'autres. Qu'un coup au cœur parmi tant d'autres.

Alors que je tentais encore de me contenir, Gwen entra dans la cellule, soutenue par Beth, et elle se laissa alors lourdement tomber sur le matelas où j'étais. Je grimaçai de douleur et elle me lança rapidement un regard désolé. Beth nous fit un petit sourire, puis elle nous laissa. Elle avait dû sentir ma mauvaise humeur.

- Ça va mieux ? me demanda doucement Gwen en se calant de l'autre côté du lit superposé, en face de moi, étendant sa jambe sur le matelas.

Je hochai la tête. Gwen pinça les lèvres et poussa ensuite un long soupir, qui trembla légèrement sur la fin.

- Je ne pensais pas que… Quand ils sont arrivés, j'ai cru que j'étais en train d'halluciner. Ils sont vivants, ajouta-t-elle avec un sourire incrédule.

- Mais Rick les a foutus dehors. Il les a peut-être condamnés à une mort certaine en les renvoyant dans cette forêt, sifflai-je.

Gwen fronça légèrement les sourcils. Je vis un léger éclat de colère passer dans ses yeux, rapidement effacé par une grande tristesse. Gwen n'était pas du genre à se mettre facilement en colère. Du moins, plus maintenant. Avant, peut-être. Aujourd'hui, la tristesse était plus forte. Je tendis la main et Gwen la saisit. Immédiatement, je me sentis un peu mieux. Nous avions besoin de ce contact. Nous avions besoin de nous sentir présentes l'une pour l'autre. On venait de nous arracher des personnes qu'on nous avait déjà prises une fois. Nous étions mal en point. Nous avions besoin de ressouder nos liens.

- Je… Ils m'ont dit de te dire que… qu'ils étaient heureux de nous savoir en vie. Ils te disent de surtout ne pas penser qu'ils ne voulaient pas te voir. Tu sais, ils ont été obligés…

- T'inquiète, coupai-je, la voix dure. Je sais qui tenir pour responsable.

Gwen hocha la tête. Je poussai un profond soupir et papillonnai des yeux pour tenter de faire passer mon envie de pleurer. Il fallait que je me reprenne ! Bon sang ! J'en avais marre de perdre le contrôle de mes émotions ! Là, c'était trop, j'en avais marre, marre, marre ! Il fallait que je me reprenne ! Il fallait que je retrouve mon sang-froid !

- Tu sais…, intervint alors Gwen, captant à nouveau mon attention. Je crois que… Je crois que Rick ne va pas bien.

- Non, tu crois ? sifflai-je, haineuse.

- Romane… Je parle sérieusement, dit mon amie, un air de reproche dans la voix. J'ai l'impression qu'il… qu'il voit des choses.

Je fronçai les sourcils et lançai un regard interrogatif. Il voyait des choses ? Genre, il avait des hallucinations ?

- T'en es sûre ? demandai-je.

- Eh ben… Quand il… Quand il a chassé Tyreese et Sacha, j'avais l'impression… qu'il ne s'adressait pas vraiment à eux. Ou, du moins, pas totalement, bredouilla Gwen. Comment dire… ? Il avait l'air perturbé. Comme si… comme s'il voyait un fantôme.

Je fronçai les sourcils et croisai les bras sur ma poitrine. Comme s'il voyait un fantôme ? C'était étrange. Très étrange. Mais ça ne m'étonnait pas vraiment de la part de Rick. Je n'étais pas plus étonné que ça d'apprendre que tout ne tournait pas rond dans son cerveau. Pour moi, cet homme était taré, complètement fou à lier. Alors ça ne me choquait pas. C'était un peu comme si on me disait quelque chose que je savais déjà.

Nous discutâmes encore quelques instants de tout ça, tandis que je sentais mes forces s'affaiblirent de plus en plus. Finalement, je m'allongeai entièrement sur le lit, tandis que Gwen prenait place sur le tabouret.

- Tu veux que je te laisse te reposer ? me demanda-t-elle doucement.

Je secouai la tête de gauche à droite. Non, je ne voulais pas. Pas maintenant. Le silence s'étira et, alors que j'étais en train de plonger dans un repos bien mérité, des pas se firent entendre à l'entrée de la cellule. Je relevai légèrement la tête, clignant des paupières pour me réveiller. C'était Oscar. Gwen releva la tête vers lui, les joues légèrement rouges, et le dévisagea un instant, l'air pas très rassuré. Moi, je haussai les sourcils, surprise de le voir là. C'était étrange.

- Hum… Je suis venu voir comment t'allais. Je… Ça va mieux ? me demanda-t-il soudain, l'air un peu mal à l'aise.

- Ouais… soufflai-je. Merci pour… pour tout à l'heure.

Oscar hocha la tête et me lança un regard légèrement gêné. C'était étrange de voir le prisonnier avec ce genre d'expression. Il avait l'air tellement sûr de lui en temps normal, et, là encore, malgré sa gêne perceptible, il gardait un air plutôt impassible. Je lui fis un sourire un peu bancal, gênée par sa présence.

- Oh, euh… Tiens, fit-il alors en sortant le pistolet que je lui avais donné à Woodburry. Je te le rends…

- Merci, soufflai-je.

Oscar hocha la tête, lança un petit regard à Gwen, puis fit demi-tour et s'en alla. J'échangeai alors un regard intrigué avec Gwen.

- C'est vrai qu'il t'a porté jusqu'ici quand vous êtes arrivé, déclara Gwen, en haussant un sourcil légèrement interrogateur.

Je ne pus m'empêcher de rougir à ce souvenir plus que gênant. Ouais, il m'avait amené jusqu'à l'intérieur de la prison en me portant dans ses bras, je m'en souvenais parfaitement. Et moi, trop épuisé par ma blessure, je n'avais pas pu instaurer de réelles distances. Et du coup, y'avait eu contact. Et je détestais les contacts de ce genre. Je poussai un grognement vague pour approuver, puis me laissai retomber sur le matelas après avoir posé le pistolet par terre, à côté de mon lit.

- Et… ? C'est tout ? demanda Gwen, l'air un peu interloqué.

- Qu'est-ce que tu veux qu'il y ait de plus ? demandai-je en haussant à mon tour un sourcil. J'étais incapable de tenir debout et je n'ai donc pas eu d'autres choix que de le laisser me porter, soufflai-je.

Gwen haussa les épaules, puis un petit sourire vint flotter sur ses lèvres. Je ne voulais même pas savoir ce qu'elle avait derrière la tête.

- J'aurais tout donné pour voir ta tête quand il t'a soulevé, se moqua-t-elle alors gentiment. Ça devait être un mélange de gêne, de choc et d'incompréhension très comique !

Je lâchai un petit rire. C'était à peu près ça.

- Bon, il faut que tu te reposes maintenant, lâcha soudainement Gwen en se levant maladroitement du tabouret. Je te laisse dormir tranquille.

Je hochai la tête, un léger sourire aux lèvres. Gwen me rendit mon sourire puis, lentement, à cloche-pied, sortit de la cellule, avant d'appeler Beth d'une voix soudain beaucoup plus timide. Je poussai un profond soupir et posai mon bras gauche sur mes yeux. J'étais épuisé. J'avais mal, je me sentais faible, et la fatigue n'arrangeait rien. J'avais envie de dormir. Mais d'un autre côté, je me sentais mal à l'aise de faire ça, alors que les autres étaient à côté, tout aussi épuisés que moi, tout aussi usés. Alors j'étais gênée de me laisser aller dans les bras de Morphée. Il me fuyait pourtant depuis un bon moment, j'aurais dû être contente de pouvoir enfin le rejoindre. Mais non. En fait, j'avais presque l'impression de pouvoir me lever et aider les autres, sans faire cas de mon bras. Ce n'était malheureusement pas le cas, bien entendu. C'était juste ma volonté d'agir qui voulait me pousser à bouger. Mon corps, lui, réclamait fermement quelques heures d'un sommeil amplement mérité. Je poussai un nouveau soupir et grimaçai légèrement. Mon épaule me brûlait, comme si j'avais un tout petit morceau de braise coincé dans la plaie. Je sentais le sang couler et imbiber le bandage. J'avais mal, mais je n'y faisais pas tellement attention. Maintenant que la balle n'était plus là, la douleur n'était plus tellement forte. Du moins, tant que je ne bougeais pas. Mais c'était déjà ça.

Tout doucement, mes pensées dérivèrent et je me retrouvais rapidement dans un entre-deux, flottant entre le sommeil et la réalité. Des images se mirent alors à apparaître sur l'écran de mes paupières. D'abord un peu floues, elles se précisèrent ensuite, créant des formes, des couleurs. Je pus alors voir distinctement ce qui m'entourait. J'étais dans une maison abandonnée, assise devant une fenêtre, mon couteau sur les genoux. Je montais la garde. Dehors, tout était calme. Il n'y avait rien à craindre. Mais j'avais une angoisse sourde qui grondait dans ma poitrine, comme si je savais que quelque chose d'affreux allait arriver. Soudain, un bruit dans mon dos brisa le silence. Je tournai la tête avec une lenteur effrayante, mon cœur battant de plus en plus vite. Mon regard se posa alors sur un homme, qui se tenait là, un léger sourire aux lèvres. Je ne réagis pas, me contentant de le détailler de la tête aux pieds. Il vint alors s'asseoir à côté de moi, sans rien dire. Je le dévisageai toujours, impassible à l'extérieur, de plus en plus paniquée intérieurement. Il se mit à son tour à regarder par la fenêtre. Il avait un arc sur les genoux. Je fixai mon regard sur son visage et le détaillai. Ses cheveux bruns légèrement trop longs lui tombaient devant les yeux, sans le gêner pour autant. Ses orbes bruns semblaient voir plus loin que le paysage qui s'étendait derrière la fenêtre, comme s'il pouvait voir l'avenir. Son visage fin aux joues creusées par la faim était à moitié dans l'ombre, à moitié dans la lumière. Il était beau, paisible et inquiétant à la fois. Je clignai des yeux et détournai la tête. La peur me grignotait le ventre. J'avais envie de prendre mes jambes à mon cou, de fuir la présence pourtant tranquille de cet homme. Mais mon corps refusait de bouger. Je ne pouvais faire un seul mouvement. Bizarrement, ce n'était pas pour me rassurer, au contraire.

- Tu as fait du chemin, Romane, dit soudainement l'homme.

Il avait une voix grave, profonde. Un frisson me parcourut la colonne vertébrale, mais je ne décrochai pas mon regard de la fenêtre. Je sentais une sueur froide dégouliner dans mon dos, conséquence de ma peur panique incontrôlable.

- Ce n'était pas de ta faute pour Julian. Tu n'y pouvais rien.

Mon cœur se serra douloureusement dans ma poitrine. Je sentis les larmes me monter aux yeux, tandis que ma vue se brouillait. Des images passèrent rapidement devant mes yeux, faisant remonter des souvenirs encore trop frais à mon goût. Une larme passa la barrière de mes cils et roula sur ma joue, tandis que je continuais à rester parfaitement immobile, aussi figée qu'une statue de sel.

- Ce n'était pas non plus ta faute pour Gwen. Tu as fait tout ce que tu as pu.

Je tournais la tête vers l'homme. Il ne regardait plus dehors. Il avait le regard fixé sur quelque chose à l'intérieur de la maison, l'air triste. Je suivis son regard. Je vis alors le corps de Gwen étalé sur le sol de la maison, immobile au milieu d'une flaque de sang. Je sentis mon sang se figer dans mes veines et mes yeux s'écarquillèrent. Mais je ne bougeais pas. Mon amie était là, les yeux grands ouverts, le pistolet encore dans la main. Du sang s'étalait sur son ventre, à travers ses vêtements, par terre, sur son visage. Il y en avait partout. Du rouge partout. Partout. Partout. Mon corps se mit à trembler.

- Tu sais Romane… Ce n'était pas ta faute non plus pour moi.

Je ne bougeai pas. Mon cœur battait à cent à l'heure. J'avais peur, je voulais partir. Je ne voulais plus voir le corps sans vie de Gwen. Je ne voulais plus me souvenir des yeux vides de Julian. Et je ne voulais pas voir la suite. Je ne voulais pas voir ce qui allait se passer. Je ne voulais pas. Je ne voulais pas !

- Mais…

La main de l'homme se posa sur mon poignet. Je réalisai alors que je tenais mon couteau dans ma main. D'une légère pression, il porta alors ma main jusqu'à lui. Je ne le regardais toujours pas. Je ne voulais pas voir. Je ne voulais pas voir ça. Pas encore. Pas une nouvelle fois.

- Tu n'as pas pu le faire. Ça… Ça, c'est ta faute. Ta faute, Romane.

Je tournai brusquement la tête vers l'homme qui me faisait face. Son visage était maintenant livide, creux, froid. Ses yeux étaient recouverts d'une fine pellicule blanchâtre. Ses cheveux sales tombaient devant, projetant une ombre effrayante sur ce visage sortit tout droit de mes plus profonds cauchemars. J'étais complètement en panique, mais mon corps refusait toujours de faire le moindre mouvement. Je voulais me dégager de la poigne de cet homme qui n'en était plus un. Je voulais m'enfuir. Je ne voulais pas entendre la suite. Je voulais partir. Maintenant ! Je ne voulais pas !

- Regarde ce que tu m'as fait Romane. Regarde ce que tu m'as laissé devenir.

Un sanglot franchit alors mes lèvres. Un sourire tordu étira les lèvres craquelées de la chose qui me faisait face et, soudain, un râle rauque s'échappa de sa gorge. Sa prise sur mon poignet se resserra alors et son regard changea. Il se vida totalement et, sans que je ne puisse réagir, il se jeta sur moi. Je sentis ses dents s'enfoncer dans mon cou et je lâchai alors un hurlement strident, tandis que des larmes d'impuissance et de tristesse me montaient aux yeux.

Ma tête heurta alors une surface dure et j'ouvris les yeux. Quelqu'un était en train de hurler, et je mis un certain temps à comprendre que c'était moi qui m'époumonais comme une possédée. Je ne pus pas m'arrêter pour autant. Je voyais toujours ce visage devant mes yeux. Je sentais toujours les dents dans mon cou. Je voyais toujours le sang. Le sang. Le sang !

- NON ! hurlai-je. PARDON ! PARDON ! JE T'EN PRIS !

J'eus tout juste conscience que quelqu'un déboulait soudainement dans la cellule. J'étais encore dans mon rêve. Ce dernier se superposait à la réalité. La peur se répandait dans chaque cellule de mon être. La tristesse, le remords, les regrets, le désespoir. Tout se déversait dans mon corps. J'allais exploser. J'allais mourir sous le poids de toutes ces choses que je devais supporter. J'allais mourir là.

Soudain, je ressentis une vive douleur au niveau de l'épaule, puis une autre suivit, plus faible, au niveau du visage. Un visage apparut alors devant moi. C'était Gwen. Je clignai plusieurs fois des yeux puis, quand l'information atteignit mon cerveau, je reculai d'un bond, percutant douloureusement le mur. La douleur irradia immédiatement dans mon crâne, ainsi que dans mon épaule. Des points noirs vinrent danser devant mes yeux et je portai une main à mon visage. Je tremblais. Et je pleurai. Qu'est-ce que… ? Un rêve ? Je relevai la tête et plantai mon regard dans celui de mon amie. Gwen était à moitié assise sur mon lit, autant quele lui permettait sa jambe. J'étais adossée contre le mur contre lequel était collé ce dernier. San plus réfléchir, je me jetai dans les bras de mon amie, les yeux écarquillés, les images de mon rêve défilant toujours dans ma tête. Gwen referma maladroitement ses bras autour de moi. Du coin de l'œil, je vis Glenn et Maggie à l'entrée de la cellule, mais je n'y fis pas attention.

Je me mis soudain à pleurer. Comme une enfant. De longs sanglots déchirants, comme je n'en avais plus lâché depuis longtemps. De grosses larmes coulaient sur mes joues, mouillant le tee-shirt de Gwen au passage. Je ne pouvais plus m'arrêter.

- Romane, qu'est-ce qu'il s'est passé ? demanda alors doucement mon amie.

- Je…

Mes sanglots redoublèrent d'intensité quand les images s'intensifièrent devant mes yeux et je m'accrochai davantage à mon amie, la serrant fermement contre moi. Non, c'était plus fort que moi, je ne pouvais pas en parler. Je ne pouvais pas rendre ça totalement vrai. Ça l'était déjà beaucoup trop.

- Romane, s'il te plait, parle-moi.

Je fermai les yeux le plus fort que je pus, tentant de faire disparaître les traces de ce cauchemar trop vrai. Je ne voulais plus y penser. Je ne voulais plus jamais revoir ça. Pourquoi est-ce qu'il était apparu ? Pourquoi ? Pourquoi ?!

- Romane…

- C'était lui ! m'écriai-je soudainement. C'était… Ce… C'était…

Un sanglot brisa ma voix et je fondis une nouvelle fois en larme. Je ne parvenais pas à me calmer. Je ne pouvais pas. C'était impossible. Trop de souvenirs. Trop de souvenirs. Une image me revint soudainement, comme un flash. Le visage de cet homme, paisible, entre l'ombre et la lumière.

Entre la vie et le mort.

Je lâchai finalement un mot, dans une longue plainte déchirante qui sortit du plus profond de mon être.

- Djun ! m'écriai-je, comme si je crachai enfin ce qui me pesait. Pourquoi… ?! soufflai-je ensuite, le visage caché dans le cou de mon amie.

Gwen s'était tendue à l'entente du nom. Elle comprenait. Elle savait. Lentement, mon amie resserra alors son étreinte, me serrant davantage contre elle. Mes pleurs augmentèrent encore. Oh oui, elle savait. Elle était la dernière à savoir. La dernière à se souvenir, en dehors de moi. Elle était la dernière à se souvenir de Djun.

La dernière à se souvenir de mon frère.