! BLABLA DE L'AUTEUR !

Hey ! Me voici de retour, avec le chapitre 17 ! Désolée pour l'attente ! J'espère que ce chapitre vous plaira ! On va passer dans une nouvelle partie de l'histoire, étant donné que la série fait une ellipse sur la reconstruction de la prison et la création du nouveau groupe :) Donc, ça va bouger ! J'espère que vous serez toujours au rendez-vous :)

MyFariLadyRose : Désolé, désolé ^^' Moi aussi j'adore Merle, et surtout sa façon de bien foutre la merde, mais bon... j'ai décidé de conserver ce détail, donc voilà ^^' J'espère que tu continueras quand même à suivre l'histoire :) Qui sait, peut-être qu'il sera quand même présent un peu plus loin ;)

Gwendydixonforever : Tout d'une traite ?:o Ouah, merci ! Ça, ça veut vraiment dire que t'as aimé :D Contente que Romane te plaise ! Et je comprends totalement ce que tu ressens ! X) Moi aussi j'ai énormément de mal à voir d'autres perso que les miens avec Daryl ! (c'est une des raisons principales de la créations de cette fiction en fait XD) ! En tout cas, contente que ça te plaise ! J'espère que tu apprécieras aussi ce chapitre !

Voilà, voilà ! Bonne Lecture à tous !

Chapitre 17 :

Merle est mort.

C'était presque la première chose qu'on m'avait dite lorsque j'avais repris connaissance. Je n'aurais pas su dire ce que j'avais ressenti à ce moment-là. De la tristesse, oui, un peu. Je n'avais pas toujours haït Merle. Un choc, aussi. Je n'aurais jamais cru… je n'aurais jamais cru apprendre ça, comme ça. Et puis de la colère, ça, c'était certain. Contre lui. Contre moi. Contre tout le monde. Parce qu'une fin comme celle qu'il avait eu, c'était une fin que personne ne méritait. Merle avait énormément de défaut. J'étais la première à le dire. La première à les pointer du doigt. Cependant, un être humain ne peut pas être fait que de défaut. C'est impossible. Et Merle avait des qualités. On m'aurait demandé d'en citer, je n'aurais pas pu, ou alors, j'aurais pris un temps fou. Mais il en avait. Sinon, il ne nous aurait pas laissées partir, moi et Michonne. Il ne nous aurait pas laissées filer. C'était loin d'être un paria. C'était loin d'être un homme destiné à faire le sale boulot. C'était juste le chemin qu'on lui avait indiqué et qu'il avait cru devoir prendre. Mais Merle, ce n'était pas ça. Ou pas que ça. Oui, je me rendais bien compte que penser tout ça une fois la personne morte ne servait strictement à rien. Mais les morts n'en avaient plus que faire. Ceux qui restaient, c'était les vivants. Et vivre en se disant qu'on avait jamais vu que le mauvais côté d'une personne, ce n'était pas supportable. Il valait mieux se voiler la face en se disant qu'il y avait toujours un peu de bon partout.

Gwen avait tenté de me parler. J'avais juste dit que ça allait, que j'allais bien. C'était la stricte vérité. Enfin, plus ou moins. Durant le temps où j'étais restée inconsciente, Hershel m'avait refait le bandage. En fait, ce que j'avais pris pour de simples vertiges dus à la perte de sang était finalement un début d'infection. Ce qu'Hershel avait redouté. Je commençais à me sentir vraiment mal et le vieil homme ne m'avait pas rassuré du tout en me disant que ça n'allait faire qu'empirer. Au contraire. Il m'avait donc conseillé de ne pas bouger. C'était Gwen qui avait dû s'occuper de faire les sacs à ma place. Coup de chance, nous avions toujours aussi peu d'affaires. Les sacs furent vite bouclés. La cellule retrouva en un clin d'œil l'aspect qu'elle avait avant notre arrivée, et c'était déroutant.

- Tu sais ce que ça me rappelle ? demanda Gwen, alors qu'elle était assise sur son lit, juste à côté de moi.

Je me contentai de tourner la tête vers elle. Gwen balaya la pièce du regard puis ses yeux croisèrent les miens.

- Quand on est partie de la maison, en laissant Julien, allongé sur le lit.

Je pinçai les lèvres. Mon regard balaya également la pièce et je hochai la tête, toujours en silence. Gwen soupira, attrapa un des sacs et se leva. Je pris l'autre et me levai à mon tour. Tant bien que mal, j'aidai Gwen à sortir de la cellule et à descendre les escaliers. Autour de nous, tous les autres s'activaient, passant d'une cellule à l'autre. Dans la pièce principale, Hershel rassemblait les soins dans un sac. Dehors, Oscar et les autres rangeaient tout dans les voitures. Lorsqu'il nous vit arriver, cependant, l'ancien prisonnier cessa ce qu'il était en train de faire et vint proposer son aide. Il passa son bras autour des épaules de Gwen et l'aida à avancer jusqu'à la voiture la plus proche, où il l'installa à l'arrière. Je m'approchai d'eux et, au moment où j'allais poser mon sac à côté de Gwen, un vertige assez violent me prit et je m'écroulai contre la voiture.

- Hé ! s'écria Oscar en me retenant tant bien que mal, passant son bras gauche autour de ma taille. Est-ce que ça va ?

Le simple contact avec cet homme me fit reprendre mes esprits et je me redressai presque immédiatement, m'éloignant rapidement d'Oscar. J'hochai la tête, peu convaincante, je le savais bien, puis je m'assis à mon tour au bord de la voiture, Gwen s'étant déplacée sur la place du milieu. Mon épaule me lançait. C'était encore relativement supportable, mais elle me lançait. Saleté de balle…

- Tu devrais arrêter de trop faire d'efforts. Reste ici, me recommanda Oscar. Ça vaut mieux. De toute façon, on gère.

Il lança ensuite un regard à Gwen, comme s'il me confiait à elle, puis il s'éloigna. Je poussai un soupir frustré et laissai ma tête retomber contre le dossier du siège. Du coin de l'œil, je vis Gwen me lancer un regard inquiet.

- Il faut qu'on te trouve des médicaments pour soigner cette infection. Sinon…

- Ça va aller Gwen, t'inquiète.

- Non, ça va pas aller. Il te faut des antibiotiques, sinon, ton état va empirer de plus en plus jusqu'à ce qu'on ne puisse plus rien faire !

- … Tu sais comment remonter le moral des gens toi, pas de doute là-dessus.

Il fallut un petit moment, mais Gwen finit par rire légèrement. L'humour me sauvait souvent la mise dans ce genre de situation. Détourner l'attention, c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. Je n'avais pas envie de parler de mon infection. Je savais que ça pouvait très vite dégénérer, surtout dans nos conditions de vie, mais je préférais ne pas aborder le sujet dans l'immédiat. On avait suffisamment à faire avec l'évacuation de la prison, il ne servait à rien de s'encombrer l'esprit avec ce genre de chose. Bon, nous ne faisions strictement rien, là, tout de suite, mais voilà. Je n'avais pas envie d'en parler.

Alors que je laissais mon regard errer sur ce qui m'entourait, observant les autres préparer le départ, je vis Daryl, à l'autre bout de la cour.

J'avais demandé, rapidement après mon réveil, comment est-ce qu'il allait. On m'avait dit qu'il s'était isolé un long moment, qu'il n'était rentré que bien longtemps après moi et Michonne, ce qui en disait long sachant que cette dernière avait dû me trainer jusqu'à la prison. Il n'était reparut que ce matin. Il n'avait rien dit, apparemment. Gwen m'avait expliquée qu'il avait fait comme si de rien n'était. Il s'était contenté de faire ce qu'on lui demandait.

- Il réagit exactement comme toi, avait soufflé mon amie en me lançant un petit regard.

Elle n'avait pas tort. Quand Djun était mort… Il avait fallu que je trouve un moyen de faire avec. J'aurais pu passer mes journées à pleurer. J'aurais pu passer ma colère sur tout ce qui passait à ma portée. J'aurais pu me tuer aussi. Mais non, moi, je m'étais murée dans un silence profond pendant quelques jours, n'effectuant que les tâches qu'on me demandait de faire, puis, finalement, j'avais repris le contrôle. Je n'avais peut-être pas fait mon deuil, mais je ne m'étais pas laissée abattre. Et Daryl faisait pareil. Avec une vitesse étonnante. Mais je comprenais. J'avais tellement envie, à ce moment précis, d'aller lui parler, de lui dire que j'étais là, s'il voulait lâcher ce qu'il avait sur le cœur. Lui dire que j'avais vécu ça, moi aussi, que je savais ce que ça faisait. Mais j'avais l'impression qu'il me fuyait comme la peste depuis qu'il était rentré. Comme s'il savait ce que je voulais lui dire et qu'il refusait la discussion, sans pour autant le dire clairement. J'aurais dû comprendre là aussi, et arrêter de le chercher pour parler. Mais c'était plus fort que moi.

- Gwen ?

- Mmh ?

- Tu trouves que j'agis bizarrement ces derniers temps ? demandai-je alors de but en blanc. Je veux dire… depuis qu'on est à la prison.

Il y eut un moment de silence et je tournai la tête vers mon amie. Cette dernière avait les yeux fixés sur le plafond du véhicule, l'air particulièrement songeur. Elle semblait prendre la question très au sérieux, et c'était assez inquiétant, étant donné que j'avais demandé ça juste sur un coup de tête.

- Un peu, finit-elle par dire, au bout d'un moment. Ce n'est pas flagrant, mais moi, je te connais. Plus que les autres. Tu es… plus à vif. J'ai presque l'impression que tu stresses plus ici que dans la forêt. Et puis… Il y a quelque chose qui bloque, non ? demanda-t-elle en tournant la tête vers moi. Tu n'es pas aussi à l'aise que d'habitude. Je veux dire… Quand on tombait sur d'autres groupes, avant, tu étais plus… sûre de toi. Je ne sais pas comment définir ça. Tu es à la fois plus agressive et plus… fragile.

Ouille. Elle aurait pu choisir d'autres mots. Le « fragile » de la fin n'était pas bien passé pour mon ego. Pas bien du tout. Mais j'acceptais ce que Gwen venait de me dire. Plus agressive et plus fragile… Elle n'avait pas tort. Avant, je me serais montrée beaucoup plus diplomate, au lieu de me fâcher avec le chef du groupe. De plus, je n'étais pas particulièrement calme depuis qu'on avait mis les pieds dans la prison. J'avais constamment une sorte de peur au creux de l'estomac. Comme si j'étais toujours en train de fuir dans la forêt. Et pour ce qui était du fragile… Depuis que j'étais ici, j'avais beaucoup rêvé. Je n'aimais pas ça. Quand je rêvais, je dormais mal, car c'était souvent des cauchemars que je faisais. Alors oui, j'avais les nerfs à fleurs de peau. Et puis, entre Rick et Daryl, je n'étais pas aidée non plus ! Et puis il y avait Oscar aussi, et sa manie de me toucher tout le temps ! De quoi être sur les nerfs, non ?

- Pourquoi cette question ? demanda soudainement Gwen, les sourcils légèrement froncés en signe d'interrogation.

- Je me trouve… comment dire… étrange, depuis quelques temps, finis-je par dire au bout d'un moment. Je ne sais pas… Je me trouve moins… sûre de moi. Plus fragile, comme tu dis. J'aime pas ça.

- Tu sais, dit Gwen, un léger sourire aux lèvres, tu ne peux pas être forte tout le temps. Il faut bien que tu relâches la pression, parfois. C'est peut-être pas plus mal, tu crois pas ?

Je ne répondis pas. Je détournai la tête et, presque immédiatement, des souvenirs d'une vie qui semblait ne pas être la mienne me revinrent à l'esprit. Etre forte tout le temps ? Gwen semblait penser que je l'avais toujours été. C'était faux. Je n'avais pas toujours été comme j'étais maintenant. Avant l'épidémie, c'était même tout le contraire. Mon amie ne le savait pas pour la simple et bonne raison que nous ne nous étions jamais côtoyées. Même avant, alors que nous habitions pourtant dans le même village, alors que nous étions allées à la même école pendant des années. Gwen et moi, avant l'épidémie, nous vivions dans deux mondes totalement différents. Gwen avait toujours eu cette facilité à communiquer avec les autres. Surtout à ce moment-là. Elle était joyeuse, bavarde, jolie et elle avait ce petit truc dans son style et sa façon d'être qui attirait les gens vers elle. Moi…

C'était tout l'inverse.

Lorsque j'étais à l'école, que ce soit au collège ou au lycée, je n'étais jamais parvenue à m'intégrer dans un groupe. Ironique, n'est-ce pas, quand on savait que, maintenant, c'était moi qui gérait notre intégration. Mais c'était pourtant vrai. Avant… Avant, j'étais la fille au premier rang, à côté de la fenêtre, toujours un peu dans la lune, avec pourtant les meilleures notes. « Le petit génie », « la grosse tête », « le cerveau », « l'intello »… Combien de surnoms est-ce qu'on m'avait donnée au fil des ans ? Combien de fois j'avais mangé seule à la cantine ? Combien de fois je m'étais réfugiée dans les toilettes pour cacher mes larmes et ma haine ? Je ne me souvenais plus. Ce dont je me rappelais de cette époque, c'était juste la solitude et la honte. Alors, pour d'autres, c'était peut-être difficile à croire, mais moi, j'en venais presque à préférer ma vie d'aujourd'hui que celle d'avant. Parce qu'aujourd'hui, comme le disait Gwen, j'étais forte. Plus forte. Tellement plus forte. Je n'avais plus peur des autres. Pourquoi craindre le regard de quelqu'un quand on sait que la mort peut arriver à n'importe quel moment ? Ce n'était plus la peine. J'aimais à me dire que j'avais totalement intégré cette façon de penser. Mais ce que je refusais de voir, c'était que ce n'était pas le cas.

Il fallut encore un petit moment avant que tout ne soit prêt. Finalement, Hershel et Beth s'installèrent à l'avant du véhicule, tandis que Carl montait de l'autre côté et prenait place à côté de Gwen. Je fermai alors la portière, que j'avais laissé ouverte jusque-là, et posai mon front contre la vitre. Mon regard tomba alors pile sur Daryl. Il était en face de moi, près de sa moto. Il était avec Carol. Encore une fois, de vagues questions sur le lien les unissant me vinrent. Elle semblait être la seule à pouvoir approcher réellement Daryl. Il était différent avec elle. Comme si elle avait un accès direct à ses sentiments, qu'elle pouvait les toucher, les observer, et agir en conséquence. Elle avait cette aisance de ceux qui accorde une totale confiance à l'autre, que ce soit dans leurs actes, dans leurs pensées, ou dans leurs sentiments. Ils savaient tous les deux qu'ils pouvaient être honnêtes, l'un envers l'autre. Oui, voilà, c'était ça.

Encore une fois, j'eus envie d'aller voir Daryl, pour lui parler. Mais je ne bougeai pas d'un centimètre. Ça ne servait à rien de se presser si c'était pour voir Daryl fuir. Et puis, de toute façon, ce n'était pas le bon moment. Pour l'instant, on se contentait d'évacuer la prison.

- Bon, vous êtes prêts ?

Je tournai la tête. Rick était accoudé à la portière, côté conducteur. Hershel hocha tranquillement la tête. Le regard du chef nous passa tous en revue, puis il se posa sur son fils. Rick ouvrit alors la bouche, comme pour parler, hésita quelques secondes, puis la referma, hocha la tête, et s'en alla. Gwen tourna alors la tête vers moi, l'air interrogateur. J'haussai l'épaule gauche. Comment est-ce que j'aurais pu savoir ce qui se passait entre Rick et Carl ? Ce gosse semblait me détester pour une raison qui m'était inconnue et il semblait pas être du genre très bavard. De plus, Rick était pas ce que j'aurais appelé le père le plus attentif qui soit. Mais bon, entre les Mordeurs et son fils, parfois, faut faire un choix, hein. Donc voilà.

La voiture démarra quelques instants après ça et, bientôt, nous nous retrouvâmes à l'extérieur de la prison. Il ne nous fallut que quelques minutes pour rejoindre l'endroit où nous avions convenu que nous attendrions et, une fois le moteur coupé, ils se précipitèrent tous dehors pour observer de loin. Gwen et moi, nous ne fîmes pas un geste. Voir le Gouverneur attaquer la prison ? Très peu pour moi. Et puis, de toute façon, je n'avais pas la volonté de me lever. Je sentais que j'étais de plus en plus fatiguée, et c'était pas bon, alors je préférais rester assise là. J'ouvris néanmoins la portière, attirant une petite brise fraîche.

Un silence de plomb s'étira un long moment sans que personne ne pense à le rompre. Nous étions chacun perdus dans nos propres pensées, complètement hermétiques au monde extérieur. Enfin, jusqu'à ce qu'un bruit d'explosion ne nous fasse tous sursauter. Je redressai instantanément la tête. L'assaut avait commencé. Très vite, les bruits de tirs et d'autres explosions suivirent, tandis que nous restions là, à attendre. Je n'aimais pas rester en arrière. Malheureusement, cette fois, je devais bien me rendre à l'évidence, je n'aurais été qu'un poids mort pour le reste du groupe. Alors il valait mieux que je sois là, même si j'aurais préféré ne pas avoir ce bras en écharpe et pouvoir aider les autres.

Plusieurs minutes passèrent ensuite sans qu'aucun coup de feu ne soit tiré. Je sentais la tension dans l'air, tout autour de nous. C'était horrible d'attendre, comme ça, sans rien faire. Pourtant, c'était ce qu'il fallait faire. Attendre. Que les autres aient finit de défendre la prison, qu'ils viennent ensuite nous chercher. S'ils arrivaient à s'en tirer.

Me rendant compte des pensées qui commençaient à me monter à la tête, je claquai ma langue contre mon palet et décidai finalement de sortir de la voiture. Immédiatement, cela attira l'attention de Gwen.

- Romane ? Qu'est-ce que tu fais ? Tu ne devrais pas te lever.

- J'ai besoin de me dégourdir les jambes.

- Tu reviens poser tes fesses sur ce siège.

Je me tournai vers Gwen, les sourcils haussés en signe de surprise. Il était rare que mon amie s'exprime avec autant de sérieux, et, généralement, c'était pour prouver qu'elle avait raison. Je n'avais encore jamais eu l'occasion de voir ce ton dirigé vers moi.

- Qu'est-ce que…

- Reviens ici Romane. Tu es fatiguée, tu as un début d'infection, alors tu vas me faire le plaisir de revenir t'asseoir ici. Maintenant.

Je décidai de ne pas tenter le diable et, un peu à contrecœur, je revins prendre place aux côtés de mon amie. Juste à ce moment-là, les tirs reprirent. Je me tendis immédiatement et Gwen posa sa main sur mon bras pour tenter de me calmer. Cela aurait peut-être pu marcher si je ne l'avais pas vu pâlir d'un seul coup. Elle se faisait vraiment du souci pour le groupe. Moi aussi, mais c'était plus flagrant chez elle. De toute façon, ce n'était pas nouveau. Gwen s'attachait vite aux gens. Je l'avais vu discuter avec Beth de nombreuses fois, ainsi qu'avec Oscar et Carol. Moins avec les autres. Bon, il fallait dire que les autres avaient la bougeotte, et que Gwen était bloquée à cause de sa jambe. Mais j'étais sûre qu'elle ne tarderait pas à se lier avec eux une fois remise sur pied. Elle était comme ça Gwen, elle se liait vite aux gens. Pas comme moi.

Au bout d'un moment, les tirs cessèrent et le silence revint. Aucun d'entre nous ne bougea. Nous étions tous immobile, à attendre sans rien dire. Le silence était lourd, difficile à supporter, mais personne n'osait le briser. C'était un moment étrange. Nous attendions le signale pour pouvoir rentrer.

Soudain, brisant le silence, des bruits de pas se firent entendre. Quelqu'un approchait. Immédiatement, tout le monde se tourna vers l'endroit d'où provenait le bruit. Un garçon, d'environ mon âge, peut-être, déboula alors des fourrés et, lorsqu'il vit les flingues de Carl et Hershel pointés droit sur lui, il s'arrêta, l'air effrayé.

- Wow, wow, wow ! Tirez pas !

- Lâche ton arme, fiston, dit calmement Hershel.

- Ok. Tiens, prends-la.

Il s'approcha de Carl et se baissa pour déposer l'arme au sol. Je me détendis instantanément. Il n'avait pas l'air d'un mauvais bougre, juste d'une personne qui s'était trouvée embarquée dans une situation qu'elle n'avait pas totalement compris.

Soudain, sans que je ne m'y attende, il s'effondra, un trou sanglant entre les deux yeux.

Je mis un certain temps à comprendre ce qui venait de se passer. Gwen fut plus rapide que moi.

- Oh mon dieu…, souffla-t-elle, les yeux écarquillés, son regard fixé sur le corps désormais sans vie du garçon. Il est… Il est…

Je relevai la tête, les yeux écarquillés, et je lançai un regard choqué à Carl. C'était lui qui venait de tirer. Lui qui venait d'abattre ce garçon de sang-froid. Lui qui venait de l'assassiner. Je n'en revenais pas. Une sorte de vide immense s'installa en moi et je restai là, assise sur mon siège, regardant Carl à travers la vitre de la voiture. Un lourd silence pesait sur nous.

Finalement, au bout d'un long moment passé dans l'immobilité, Carl abaissa son arme, la rangea, et revint s'installer dans la voiture, sans dire un mot. Gwen n'osa même pas le regarder. Hershel hésita un instant puis revint à son tour. Beth le suivit. La voiture démarra et nous reprîmes la direction de la prison, considérant que le fait de voir l'ennemi fuir était un signe évident de notre victoire.

Je restais pétrifiée tout le long du trajet. Je n'avais même pas lancé un regard à Carl depuis qu'il était monté dans la voiture. J'étais figée, totalement incapable d'accepter ce qui venait de se passer. J'avais pourtant vu Carl appuyer sur la gâchette. J'avais vu cet inconnu s'effondrer au sol, un trou entre les deux yeux. J'avais vu le sang, j'avais vu ce qui s'était passé. Mais je ne pouvais pas croire que cela soit réellement arrivé. Ce n'était pas possible. C'était un enfant. Il ne devait pas avoir treize ans. C'était un gosse, merde ! Il ne pouvait pas avoir fait ça ! Bon, oui, il était particulier, mais… mais…

Je lançai un regard à Carl.

Si. Si, il avait tué ce type. Il lui avait tiré une balle en pleine tête. Oui, il l'avait fait. Sans frémir. Il l'avait tué. Il l'avait…

La voiture s'arrêta et, sans chercher à comprendre, j'ouvris la portière, sortis maladroitement, ma main gauche sur la bouche et je me précipitai à l'écart pour rendre tout ce que contenait mon estomac. Gwen me rejoignit le plus rapidement possible accompagnée d'Hershel. Mon amie posa sa main sur mon épaule, tandis que je restais à genoux au sol, tremblante. Je sentis alors une main fraiche se poser sur mon front. Ce n'est qu'à ce moment-là que je me rendis compte d'à quel point j'avais de la fièvre. Elle était montée rapidement. Je ne m'en étais même pas rendu compte.

- Elle n'est pas bien. Il faut la ramener à la cellule.

- Je…

- Qu'est-ce qui se passe ici ?

Je ne perçus pas le reste de ce qui se dit. Je me sentis dériver vers un entre-deux et, quand je repris connaissance, j'étais allongée dans un lit. Je clignai des yeux quelques instants puis tentai de me redresser. Une main m'en empêcha en effectuant une légère pression sur mon épaule. Je tournai la tête et reconnus aussitôt Hershel.

- Ne bouge pas.

Je me laissai retomber comme une masse sur le lit. Mon épaule me lançait, sans que je ne sache réellement pourquoi. Peut-être un mauvais mouvement. Avec un petit gémissement, je portai ma main gauche à ma blessure et effleurai du bout des doigts mon épaule. Des picotements désagréables se firent immédiatement sentir et je retirai ma main dans la seconde qui suivit. Je poussai un long soupir. J'avais chaud.

- Je suis pas restée inconsciente très longtemps, si ? demandai-je.

- Un bon quart d'heure quand même.

J'écarquillai les yeux et, ne trouvant pas quoi dire, je poussai un nouveau soupir. Je ne m'étais pas attendue à ce que ça me tombe dessus, à vrai dire. Je pensais y avoir échappé. Mais non. Et voilà que maintenant, en plus de déjà être bloquée à cause de mon bras, je me retrouvais clouée au lit par cette satanée infection ! Non mais c'était pas vrai, le sort s'acharnait sur moi ! Frustrée au possible, je poussai une exclamation rageuse et frappai du poing contre le matelas. Immédiatement, toute une série de petites décharges électriques s'attaquèrent à mon épaule et mon exclamation se transforma en gémissement de douleur. Par réflexe, je portai ma main à mon épaule, et se fut encore pire. Des larmes de douleur et d'impuissance me montèrent aux yeux je plaçai alors mon bras sur mon visage, rouge de honte. J'entendis Hershel soupirer à côté de moi.

- Romane… Il faut que tu te reposes. L'infection a mis du temps à se déclarer, et, crois-moi, j'aurais préféré qu'elle ne se déclare pas. Mais voilà, maintenant, on ne peut faire autre chose que d'attendre de pouvoir aller chercher les médicaments appropriés. Te rendre davantage malade ne servira à rien.

Pendant quelques instants, je ne dis rien. Puis, une nouvelle fois, je soupirai. J'en avais plus qu'assez de devoir rester sur le carreau, à attendre. A ne rien faire. Avant, peut-être que cela ne m'aurait pas dérangé. Un sourire désabusé prit place sur mes lèvres. Pourquoi est-ce que je continuai à faire le lien avec le « avant » ? Ça ne servait à rien. On ne reviendrait jamais à un « avant ». Désormais, c'était les Mordeurs, le Gouverneur, la prison. Et moi, incapable de faire quoi que ce soit. A nouveau, une vague de frustration s'abattit sur moi, et je pris une profonde inspiration avant d'expirer profondément.

- Qu'est-ce qu'il s'est passé ? demandai-je finalement pour changer de sujet.

- Rick, Daryl et Michonne sont partis. Ils vont à Woodburry.

- Quoi ?! m'exclamai-je en me relevant d'un coup. Mais… ! Mais ils sont fous ! Et Michonne ! Elle est suicidaire ! Il faut… ! Il faut que… ! AH ! criai-je soudainement.

Je m'écroulai d'un seul coup sur le matelas. Sans le vouloir, je m'étais redressée sur mon bras droit, et la douleur s'était franchement réveillée cette fois-ci. Je pouvais même sentir le sang se remettre à couler. Je me redressai en position assise et, presque aussitôt, Hershel se pencha pour voir l'état de ma blessure. Il dégagea légèrement mon sweat et grimaça.

- Il faut que…

- Je sais, soufflai-je.

J'enlevai presque aussitôt mon pull, me retrouvant en débardeur. Heureusement pour moi, il m'allait bien trop grand, et je n'eus qu'à dégager les bretelles pour que Hershel puisse refaire le bandage, une fois de plus. De ça aussi je commençais à en avoir marre. En fait, je n'avais qu'une envie : pourvoir à nouveau me débrouiller par moi-même et faire les choses comme je l'entendais.

Il fallut plusieurs minutes pour qu'Hershel refasse mon bandage et cette fois, la chose fut réellement compliquée. La douleur ne semblait pas vouloir redescendre ne serait-ce que d'un cran et chaque mouvement était une torture. J'avais l'impression que je venais tout juste de me prendre la balle. Et j'exagérais à peine. A maintes reprises, Hershel dû s'arrêter pour me laisser souffler et, lorsque cela fut enfin terminé, je poussai un long, très, très long soupir, tout en remettant mon débardeur en place. Je n'en pouvais plus de cette satanée blessure.

- Tu devrais te reposer, souffla Hershel.

- C'est ce qu'on n'arrête pas de me dire depuis je ne sais pas combien de temps, sifflai-je. Mais en attendant, les autres risquent leur vie dehors, et moi…

- Et toi, tu es blessée. Et tu resteras cloîtrée ici jusqu'à ce que tu te décides à guérir, répliqua Hershel d'une voix ferme.

J'en restai muette. Hershel me regarda un moment, droit dans les yeux, comme pour s'assurer que j'avais bien compris, puis il soupira et se releva péniblement. Il se tourna ensuite vers moi et afficha un petit sourire.

- Il te faut prendre ton mal en patience Romane.

- C'est pas une de mes qualités principales, la patience, répondis-je en souriant très légèrement.

- C'est une chose qui s'apprend.

Et, sur ce, il sortit. Je restai un moment à regarder dans le vide à l'endroit où il avait disparu puis, sans m'en rendre compte, je m'endormis.

Pour la première fois depuis un petit moment, je fis ma nuit entière. Et même plus. Je dormis d'une traite sans me réveiller, sans que mon sommeil ne soit troublé par quoi que ce soit. C'était la nuit la plus reposante que je passais depuis un bon moment. Cependant, au réveil, j'eus la mauvaise surprise de découvrir que la fièvre avait augmentée. J'avais affreusement chaud, alors même que je m'étais endormie totalement découverte, avec seulement mon petit débardeur. J'étais carrément moite de sueur. Et j'avais la bouche sèche. Il fallait que je boive un truc. Alors, lentement, avec précaution, je me redressai en position assise sur le lit. C'est alors que je découvris que je n'étais pas dans ma cellule. J'étais dans celle d'Hershel. En même temps, c'était un peu normal. Comment aurait-il pu me soigner si j'avais été dans le lit superposé ? Je me demandai rapidement où avait bien pu dormir le vieil homme. Sûrement pas à ma place. A moins que quelqu'un ne lui ait cédé la sienne. Oui, c'était plus que probable même. Peut-être Beth.

Je chassai rapidement ces pensées de mon esprit. Il faisait encore nuit, et j'avais affreusement soif. Il fallait que je me lève. Avec des gestes tellement lents que j'aurais pu faire la course avec une tortue sans problème, je me levai. Immédiatement, le monde se mit à tourner autour de moi et je sentis mes membres se mettre à trembler légèrement. Bon, mon corps n'était pas du tout d'accord avec moi pour le coup. Je me rattrapai tant bien que mal au lit et attendis un moment que je puisse avancer droit. Finalement, je me sentis un peu mieux et je me redressai totalement, avant d'enfiler mon écharpe et de sortir de la pièce. Il faisait déjà un peu moins chaud ici. A moins que ce ne soit le léger courant d'air que je sentais qui rafraîchissait mon corps moite. Je m'en fichais un peu, à vrai dire. Je me contentai juste d'apprécier cette fraîcheur bienvenue.

Une fois dans l'espace cuisine et un verre d'eau à la main, je revins dans la partie des cellules et m'approchai des fenêtres. De là, j'avais une vue sur la cour et je remarquai alors qu'il manquait une voiture. Je fronçai les sourcils et balayai le paysage du regard. Le soleil se levait. La nuit commençait à disparaître, laissant la place au jour. Est-ce que Rick, Michonne et Daryl avaient passé la nuit dehors ? Est-ce qu'il leur était arrivé quelque chose ?! Une soudaine panique me prit à la gorge et je déglutis péniblement. Non, il ne fallait pas tirer de conclusion hâtive. Il avait pu arriver n'importe quoi… Et ce « n'importe quoi » n'était pas forcément mauvais. Pas forcément. Peut-être même que tout allait parfaitement bien… Si les autres n'avaient pas jugé bon de s'inquiéter, je n'avais pas à le faire. N'est-ce pas ?

Je restai là un long moment. Mon verre était terminé depuis longtemps et je commençai à peine à frissonner quand j'entendis un bruit dans mon dos. Je me retournai et vis Maggie sortir d'une des cellules. Lorsqu'elle me vit, elle m'adressa un petit sourire et vint vers moi.

- Salut. Ça va mieux ? demanda-t-elle.

- Oui, ça va. J'ai passé une bonne nuit. Et toi ?

- Mmmh… Je suis un peu inquiète pour les autres, à vrai dire.

Et voilà. Le truc que je n'avais pas tellement besoin d'entendre. Je sentis de nouveau une boule se former au niveau de ma gorge et je détournai le regard pour balayer une nouvelle fois le paysage de l'autre côté de la vitre.

- Mais ils ont dit qu'ils reviendraient. Ils ne tarderont sûrement pas à rentrer.

Je sentis un léger tremblement sur la fin de sa phrase mais je ne relevai pas. Je préférais faire comme si j'y croyais également. Bon, ce n'était pas totalement faux, mais j'avais un côté pessimiste très prononcé par moment, pour ne pas dire tout le temps.

- Je l'espère, finis-je par souffler, ne sachant pas quoi dire d'autre. Au fait, où a dormi Hershel ? demandai-je, souhaitant changer de sujet. Je lui ai un peu piqué sa place, alors…

- T'en fais pas, Beth a pris ta place. Il a dormi dans sa cellule.

- Ah, tant mieux, soufflai-je. J'espère que ça n'a pas dérangé.

- Eh, dit doucement Maggie. T'es pas bien, c'est normal que tu sois fatiguée.

Comme si c'était le signal que mon corps attendait, je sentis tout à coup la fatigue me reprendre. Soudain, le verre que je tenais dans la main me parut peser des tonnes. Bon sang, c'était pas vrai ! Comment voulais-je avoir l'air crédible si je ne parvenais même pas à rester debout plus de quelques minutes ?! Un léger vertige me prit soudainement et je portai ma main à ma tête.

- Je… je crois que je vais aller m'asseoir, bredouillai-je, alors que ma main se remettait à trembler légèrement.

- Oui, il vaut mieux. Je dirais à Gwen que tu vas un peu mieux quand elle se réveillera. Elle voulait te voir hier, mais tu dormais déjà.

- Hum.

Je ne voulais pas paraître impolie, je ne voulais pas non plus qu'elle croit que je m'en fichais, mais j'avais vraiment besoin de m'asseoir. Maintenant. Je traçai donc jusqu'à la cellule et me rassis sur le lit. Je posai ensuite une main sur mon front et, même si je ne le sentais pas réellement, je me rendis compte que j'étais chaude. Je devais avoir une bonne fièvre. Heureusement, elle n'était pas encore suffisamment forte pour me clouer au lit. Du moins, pas pour le moment.

Peu de temps après que j'aie rejoint la cellule d'Hershel, il y eut du mouvement dans la prison. Tout le monde devait être réveillé maintenant. Les grasses matinées, c'était plus trop au programme de nos jours. J'allais me lever pour sortir quand, soudain, Gwen apparut dans l'entrée de la cellule, les béquilles d'Hershel l'aidant à marcher. J'haussai un sourcil interrogatif auquel mon amie ne daigna pas prêter attention et cette dernière s'avança jusqu'à moi puis se laissa tomber sur le matelas, un sourire aux lèvres.

- Ça va ? me demanda-t-elle de but en blanc.

- Mmh. Ça v…

- Donc, ça va pas.

J'haussai les sourcils puis un léger sourire étira mes lèvres.

- Dis voir, t'as repris du poil de la bête toi, dis-je en riant légèrement.

Gwen lâcha un petit rire et secoua légèrement la tête.

- Nan, c'est juste que tu dis jamais la vérité quand tu réponds à cette question. Non, je la refais, me coupa-t-elle quand elle me vit ouvrir la bouche pour protester. Tu réponds toujours « ça va » à cette question, et c'est « souvent » un mensonge.

- … Même pas vrai d'abord ! m'exclamai-je au bout d'un moment à chercher mes mots.

Gwen écarquilla légèrement les yeux sous la surprise, puis éclata de rire. Je la suivis dans son éclat de joie, jusqu'à ce que mon épaule se rappelle à mon bon souvenir et que je ne grimace sous la vague de douleur qui traversa légèrement mon corps. Néanmoins, je conservai le sourire aux lèvres.

- Tu t'es levée du bon pied aujourd'hui.

- Oui ! répondit Gwen, un grand sourire aux lèvres. J'ai l'impression qu'aujourd'hui va être un bon jour !

Comme si je n'étais pas faite pour voir les choses du bon côté, je me rappelai instantanément que Rick, Michonne et Daryl n'étaient toujours pas rentrés. Et, avant même que je ne pense à me taire, je le dis à haute voix. Immédiatement, le sourire de Gwen vacilla et je m'en voulus. J'avais vraiment le chic pour voir le monde en noir. Bon, en même temps difficile de faire autrement, mais je n'avais pas à gâcher les quelques moments de bonheur que les autres parvenaient à glaner.

- Dé-Désolée Gwen, je…

- Non, c'est bon, se reprit mon amie. C'est vrai, ils ne sont pas rentrés. Mais je suis sûr qu'ils ne vont pas tarder. Ils ont dû être bloqués, et comme c'était la nuit et que personne ne pouvait venir leur ouvrir, ils se sont arrêtés quelque part, dit-elle, le sourire à nouveau plaqué sur son visage. Arrête de tout voir en noir Romane, ajouta-t-elle avec une petite moue triste.

Je fis un petit sourire désolé et Gwen rit légèrement. Soudain, du bruit se fit entendre depuis l'autre partie de la prison. D'un même mouvement, Gwen et moi nous redressâmes. Je lui lançai un regard, qu'elle me rendit, et nous allions nous lever quand Beth apparut à l'entrée de la cellule. Un grand sourire aux lèvres.

- Ils sont rentrés ! Et ils ne sont pas tous seuls !

- Comment ça ? demandai-je en fronçant les sourcils.

Pitié, pas Blondie.

- Venez voir !

Et elle partit en courant. Gwen et moi, nous échangeâmes un rapide regard, puis je me levais, tandis que mon amie ramenait près d'elle les béquilles. Je l'aidai doucement à se mettre debout et nous sortîmes de la partie réservée aux cellules. Hershel était dans la pièce principale. Gwen s'avança vers lui et lui rendit ses béquilles avant de se tourner vers moi, un sourire très explicite aux lèvres. Je levai les yeux aux lèvres et vins près d'elle. Elle s'appuya sur mon épaule gauche et, doucement, presque à cloche-pied, elle avança.

Une fois dehors, le soleil me frappa de plein fouet. Je clignai un moment des yeux, le temps de m'habituer à la lumière, puis je vis alors ce que Beth avait voulu dire. Un bus se trouvait en plein milieu de la cours. Barricadé. C'était le bus de Woodburry. Je m'en rappelai très bien, il servait de fortification. Normalement. C'était pas d'ailleurs lui que j'avais escaladé avant de me prendre une balle ? pensai-je en plissant les yeux, irritée. Comme pour confirmer mes dires, une petite décharge de douleur me traversa l'épaule et je grimaçai. Bon sang ! Décidant d'ignorer ce petit coup de faiblesse, je m'approchai davantage, alors que les gens commençaient à sortir. Nous n'avions pas passé beaucoup de temps à Woodburry, mais suffisamment pour que je me souvienne des visages et des noms des personnes de la ville. Et je reconnaissais tout le monde. Ou presque.

Soudain, alors que j'avançai davantage, Gwen juste à côté de moi, j'entendis une voix qui me figea sur place. Gwen me lança un regard interrogateur et je me tournai vers elle, les yeux écarquillés, avant de me dégager doucement de sa prise et de m'avancer davantage vers l'entrée du bus. Je le vis d'abord de dos. Puis, soudain, il se tourna légèrement et la surprise et la joie explosèrent en moi.

- Tyreese ? demandai-je.

L'homme se tourna immédiatement vers moi et un grand sourire fendit alors mon visage. Tellement grand que je ne savais pas si j'avais assez de place pour le faire. Derrière moi, Gwen lâcha un cri de joie et, sans se concerter, nous nous jetâmes toutes les deux sur Tyreese et Sacha, qui venait d'arriver à côté de son frère.

- Romane ! Gwen !

J'en avais presque les larmes aux yeux. Non, en fait, j'avais vraiment les larmes aux yeux. Et je m'en fichais, mais à un point inimaginable. Je m'approchai immédiatement de Tyreese et le serrai contre moi. Tant pis pour mon bras. Cependant, Tyreese sembla se souvenir de ma blessure, et il ne me serra qu'avec son bras droit. Je me dégageai ensuite de son étreinte, mais juste pour tomber dans celle de Sacha.

- Oh bon sang… Tu vas mieux…, souffla-t-elle.

- Vous aussi, soufflai-je en me dégageant, tandis que Gwen, de son côté, restait accroché à Tyreese en riant. J'ai eu tellement peur quand on m'a dit que… enfin… tu sais, soufflai-je en faisant rappel au fait que Rick les avait éjectés de la prison. Mais… vous étiez à Woodbury ? demandai-je alors, en faisant le lien avec le bus.

- C'est une longue histoire, répondit Tyreese en revenant vers nous, Gwen appuyée sur son épaule.

Je souris en voyant ça et les larmes revinrent à la charge. Je papillonnai des yeux pour les chasser et Sacha lâcha un rire gentiment moqueur.

- Je pleure pas ! protestai-je immédiatement.

Cela ne fit qu'accentuer son rire. Les autres s'y mirent également et, finalement, je me joignis à eux. Soudain, je sentis à nouveau la tête me tourner et je levai légèrement la main pour me stabiliser. Presque immédiatement, la main de Gwen fut sur mon épaule, Tyreese et Sacha furent mis au courant et on me rapatria avec les autres à l'intérieur de la prison. Bon, je crois que, pour le coup, je n'avais apparemment pas mon mot à dire.

La pièce principale n'avait jamais été aussi pleine. Il y avait du monde partout, dans tous les coins. S'en était presque effrayant. Bon, je n'avais jamais aimé la foule, mais quand même. C'était oppressant. Trouvant une chaise qui, par miracle, était encore libre, Tyreese m'obligea à m'assoir dessus et j'obtempérai sans trop rechigner. En fait, c'était surtout le dernier vertige qui m'avait convaincu. Autour de nous, tout le monde parlait. Un brouhaha que je n'avais pas entendu depuis longtemps. C'était à la fois agréable et gênant. Mon dieu qu'il était compliqué de redevenir sociable… De plus, plusieurs personnes que nous avions côtoyé durant notre court séjour à la ville venaient nous voir, étonnées et heureuses de nous savoir en vie. Pour la plupart, c'était des vieilles personnes. Allez savoir pourquoi, mais je me sentais plus à l'aise avec les vieux qu'avec les autres. Alors bon, voilà, j'avais… disons… tissé des liens, dans cette ville. Et c'en devenait gênant, pensai-je alors que Madame Beckett, une vieille femme tout à fait charmante mais beaucoup trop sensible, fondait en larme dans mes bras. Une fois que j'en fus débarrassé, faute d'autres termes pour définir le fait que Tyreese lui ait gentiment demandé d'aller s'asseoir pour ne pas qu'elle se fatigue, je poussai un long soupir et Gwen me décocha un sourire. Je le lui rendis et je sentis alors cette petite pointe de bonheur percer mon cœur. Ça faisait tellement longtemps que je ne l'avais pas pleinement ressentit que je faillis me demander ce que c'était que cette chose qui gonflait dans ma poitrine.

Soudain, alors que tout le monde continuait à parler, Rick fendit la foule jusqu'à la table et grimpa dessus. Immédiatement, le silence se fit et, pour une fois, même moi je fus totalement concentrée sur ce que le chef avait à nous dire. Il remontait clairement dans mon estime après le coup qu'il venait de faire. Ramener tout le monde… C'était génial.

- Je vous demande un peu d'attention, s'il vous plait, déclara-t-il, faisant taire les derniers bavardages. Merci. Alors… Nous vous avons déjà tout expliqués à Woodburry. Et ici… ici…

Rick tourna lentement sur lui-même, regardant chaque personne. Tout le monde le fixait, attendant la suite. Nos regards se croisèrent quelques secondes et je fis un petit sourire. C'était le moment de sortir le grand jeu, chef.

- Ici, c'est là que commence un nouveau départ. Ce que nous allons construire, ce n'est pas un nouveau Woodburry. Ce n'est pas juste une rénovation de la prison, que nous allons entamer. Non, ici, c'est le début de quelque chose de nouveau. Repartir de zéro. Voilà ce que nous allons faire. Tout reprendre, depuis le début. Tout reconstruire. Former une communauté. Former un groupe, soudé. C'est… une nouvelle chance. Une nouvelle chance de vivre.

Il y eut un moment de silence puis, lentement, je me levai. Je lançai un regard à Gwen alors que les autres se tournaient vers nous et je commençai alors à applaudir. Rapidement, d'autres clappements se joignirent au mien et, bientôt, la salle fut remplie d'un bruit assourdissant. Rick hocha la tête dans ma direction et je lui envoyai à nouveau un sourire. Je n'applaudissais pas seulement son discours, bien que je trouvais ses mots parfaitement justes. Non, je n'applaudissais pas que ça. J'applaudissais aussi ce qu'il venait de faire. J'applaudissais aussi le renouveau. J'applaudissais aussi ce qui se profilait à l'horizon. Cela n'allait pas être facile, c'était sûr. On n'avait jamais vu un nouveau départ se faire facilement. Mais ils se faisaient quand même. Ici, personne n'était faible. Ceux qui étaient dans cette pièce avaient tous une force présente en eux qui faisait qu'ils étaient encore en vie. Nous y arriverions. Car nous avions la force, la foi, le courage et tout ce qui allait avec. Et parce qu'on avait le plus important. Cette chose que je redécouvrais de plus en plus depuis que j'étais ici.

De l'espoir.

Finalement, Gwen n'avait pas tort. Cette journée s'annonçait sous les meilleurs auspices.

Un sourire étira franchement mes lèvres et, pour la première fois depuis un petit moment, il n'était pas du tout forcé.

Les choses étaient en train de changer.