« Missing 2.0 »
Mossoul avait beau être au milieu d'un désert, l'hiver là bas ressemblait à s'y méprendre à une journée au Groenland. Il était tard, plus tard qu'à Paris, Martin et Clément avait finis leur duplex et commençaient à rejoindre leur baraque en voiture, comme d'habitude c'est Martin qui conduisait, de une parce que lui le stress de conduire en terrain inconnu il ne connaissait pas et de deux parce que Clément avait porté la caméra et la balise satellite sur le dos pendant 2 heures et méritait de se reposer. Martin aussi aurait aimé se reposer. Plus les jours passait et plus les minutes de sommeil qu'il arrivait à gratter chaque nuit lui paraissaient inutiles, il se réveillait de plus en plus fatigué, épuisé, vidé. Et pourtant ils devaient aller filmer, parler avec des gens encore plus fatigués qu'eux, plus épuisés, plus malmenés … Sauf qu'eux n'était jamais vidés, ils étaient toujours remplis de désespoir, de peur. Et Martin commençait à le ressentir ce désespoir, cette peur. Leur donner la parole était important, mais pas suffisant. Cela ne changeait rien au cours de leur vie, ils ne faisaient que parler dans un micro rouge. Mais chaque témoignage, chaque larmes versées au bout de son micro rouge changeait le cours de la sienne de vie. C'est aussi pour ça qu'il n'était pas rentré en France depuis 5 mois, pour ça qu'ils s'épuisaient à la tâche, lui et Clément. Parce qu'ils voulaient, voudraient, que les gens voient, entendent, ressentent ce qu'ils ressentent quand ils sont à l'autre bout du monde, dans des pays ravagés, où plus personne ne sourit, et où tout le monde attend.
Attend quoi au juste ? La fin de la guerre ? Et après quoi ? Qui viendrait reconstruire ? Qui voudraient vivre là où pendant 5 ans il n'y a eu que misère et peur ? C'est dans ces moments que Martin aurait aimé avoir la capacité de voir le future, de voir ce que deviendrait tout ces gens qu'il rencontrait, ses femmes, ses hommes, mais surtout tout ces enfants. Des enfants qui n'avaient rien demandé, mais qui ont tout eu. De mal.
Ils roulaient depuis maintenant 45 minutes, il faisait nuit depuis longtemps dans le ciel de Mossoul, même si Daech s'efforçait de supprimer les lueurs du jour en pleine journée, en faisant brûler des puits de pétrole, le ciel devenait alors noir et l'air toxique. Martin avait d'ailleurs depuis quelques jours la gorge et les yeux qui brûlait et Clément commençait à avoir une toux inquiétante. La voiture qu'ils avait loué circulait en plein farre sur une petite route normalement tranquille au Nord de la zone sécurisée. Ils étaient apparemment seuls sur la route, leur fixeur/traducteur avait pris de l'avance. Et c'est là que Martin aurait aimé avoir l'option ralenti dans son cerveau, car les événements qui suivirent allèrent beaucoup trop vite pour qu'il n'y comprenne quoi que ce soit.
L'arrière de leur voiture fut violemment percutées et parti en tête à queue sur le bas côté, Clément s'éveilla en sursaut, et eu juste le temps de prendre son souffle avant de voir son visage enfouit dans un air bag, Martin lui se cogna violemment la tête contre sa vitre conducteur, brisant cette dernière et vint lui aussi enfouir son visage dans un air bag. Une vive douleur se déclencha sur sa tempe et sa tête se mit à tourner, il aurait pu jurer qu'ils étaient en train de faire des tonneaux. Il fut pris de nausées, ses oreilles sifflait, et bon sang est ce que cette voiture va s'arréter de tourner un jour.
Il y eu un moment de battement, comme si tout s'était arrêté, une pause, avant le chaos.
« -M-tin ! M-tin ! Tu m'-tend ? -Va ? -passé ? C'était Clément, s'il pouvait parler c'est que ça allait,
Arrrrrgggg fut le seul mot qu'il arriva à articuler. Ou presque,
-ouge pas ! Hurla une voix qu'il ne connaissait pas,
-ortez de -ture ! Hurla une autre,
-k Ok ! Répondit Clément, »
Martin sentit qu'on ouvrait sa portière, et quelqu'un l'attrapa par le bras et le tira violemment de la voiture, une vive douleur aux côtes se fit sentir, et lui coupa la respiration. Il s'étala sur le sol, et les voix reprirent le concert de hurlement mais la douleur avait accaparé son cerveau, il était incapable de réfléchir, ou de se concentrer. Il entendait la voix de Clément, voyait des silouhettes floues et en double, il avait compté deux personnes, les deux parlaient français. Les deux étaient concentrées sur Clément, qui était pour l'instant le seul à pouvoir articuler une phrase. Les minutes passèrent, la centrifugeuse dans laquelle se trouvait Martin commençât à ralentir.
Il entendait leurs aggresseurs discuter avec Clément depuis l'autre côté du véhicule. Ils étaient trop loin et il était encore trop sonné pour comprendre ce qu'ils disaient. Il se dit alors que c'était le moment d'agir, personne ne le surveillait. Il ramassa alors ces dernières forces pour essayer d'atteindre l'arme située dans le vide poche de sa portière, il se mit alors à ramper et la vive douleur au niveau des côtes revint lui couper la respiration. Il y était enfin arriver quand les voix se turent.
Il empoigna l'arme et commençât à vouloir se relever, quand Clément apparu à sa droite, ligoté, traîné par leurs assaillants. Il eût à peine le temps de se tourner vers lui et d'ouvrir la bouche pour lui dire un mot que …
« - -âche ça ! Hurla l'un des assaillant, en s'approchant de lui. Soudain tout se mit, enfin, au ralenti, Martin jeta un coup d'oeil à l'arme qu'il avait dans les mains, puis releva les yeux pour voir une arme braquée sur lui,
-aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan ! Hurla Clément, Martin détourna les yeux du canon du flingue qui le braquait pour regarder Clément se débattre comme un enragé pour échapper à l'emprise de leur agresseurs,
Je vais t'apprendre à te mêler de ce qu'il ne te regarde pas Weill, dit une des deux voix, et Martin, pour la première fois depuis l'accident comprit une phrase en entier. »
Martin détourna le regard de Clément pour à nouveau fixer le canon du flingue face à lui, le moindre mouvement de sa part, lui qui était encore à genouillé par terre, pourrait être mal interprété, seulement son cerveau n'avait pas compris les choses ainsi. Il essaya alors de remettre le pistolet qu'il avait dans la main là où il l'avait trouvé, mais au moment même où il prit cette décision, il la regretta. Il entendit un « clic » puis un hurlement qui ressemblait fortement à Clément puis enfin un « Bang ». Après ça il en sentit plus rien et n' entendit plus rien. Une pensée lui vint à l'esprit : « C'est la merde, Yann va me défoncer. ».
Voilà ! J'espère que cela vous à plu. Je vous laisse patienter jusqu'à Noël, vous avez le droit de me haïr. Le prochain sera un mix entre le pdv de Yann/rédac et de Martin/Clément.
