« Missing 3.0 »
Il brûle, il en est sûr, il est en train de brûler. Chaque centimètre de son corps se consume. Et sa tête cogne encore, puis soudain une vague de froid, et il est parcouru d'un frisson, cette sensation couplée à la brûlure lui arrache un grognement.
« Shhhh Non non ne bouge pas, ça va aller, je suis là, je reste avec toi. » Et ces mots se répétèrent encore et encore. Clément ne cessa de lui chuchoter des paroles réconfortantes, mais il ne pouvait arrêter les tremblements, les spasmes de ses muscles qui agissait par instinct pour fuir la douleur. Là tout de suite il avait envie de s'endormir, de s'endormir pour des heures, des mois, et de se réveiller chez lui, dans son lit, avec son amant. Mais à chaque fois qu'il fermait les yeux, la voix de Clément se faisait plus insistante, lui ordonnait de les rouvrir, de rester avec lui. Et il ne pouvait pas dire non, il ne pouvait pas laisser Clément seul face à leur kidnappeurs. Car c'était ce que c'était, un kidnapping. Il avait repris connaissance à l'arrière d'un pick-up, le choc initial avait laissé place à la douleur. Il l'avait pris dans l'épaule, et si les premières minutes l'avait anesthésié, quand Clément appliqua une pression sur sa blessure, c'est tout son corps qui se mit à brûler par solidarité pour son épaule meurtrie. A vrai dire, il mourrait de chaud, mais le froid lui aussi lui saisissait les entrailles . Clément aussi tremblait, de froid ou de peur il ne savait pas. Clément avait rarement peur, c'était son JRI tout terrain, il était endurant, avait ce qu'il faut de culot pour avoir les bonnes images, et surtout il était son ami et une personne de confiance. Une personne qui le ramènerait à sa famille si jamais … Pour la première fois depuis que la balle avait pénétré sa chair il pensa au fait qu'il pouvait mourir, là, ici, au milieu de nul part, dans les bras de Clément, à des milliers de kilomètres de chez lui. Et la douleur se dissipât pour laisser place à la panique, il était allonger à l'arrière du pick-up, le haut du corps sur les genoux en tailleur de Clément, qui appuyait comme un fou furieux sur son épaule. Sa tête reposait sur là poitrine de Clément, et celui si avait son menton posé sur son front pour l'immobiliser. Mais Martin commença à s'agiter, à vouloir réagir à la douleur, et non plus subir.
Il se releva brusquement, et eût l'impression qu'on lui arracha le bras, mais qu'importe, il fallait qu'ils partent d'ici, ils ne mourraient pas ici, ni lui, ni Clément, hors de question.
« Shhhh, Non non Martin arrête, reste tranquille ! S'il te plaît ! Arrête bon sang ! , mais Martin continua, et ce ne fut que quand l'homme qui était assis avec eux à l'arrière se leva et braqua de nouveau son arme sur Martin qu'il ne cessa.
-Bouge plus ! Sinon la prochaine c'est dans la tête de ton collègue ! » Ok, message reçu, ils ne pourraient pas sauter du véhicule en marche, et allaient devoir attendre de connaître leur destination.
Martin se laissa tomber dans les bras de Clément, qui renforçât son étreinte et la pression sur son épaule. Toute cette action avait réactiver la centrifugeuse qui jouait avec son cerveau depuis l'accident,il avait du mal à respirer et commençât à suffoquer. La lumière des phares de la voiture qui les suivaient commençât à perdre en intensité et ses oreilles se mirent à siffler. Il remarqua que la douleur semblait plus lointaine, la sensation de brûlure s'amenuisait, et les paroles rassurantes de Clément n'avaient plus de sens, et, enfin, Martin s'endormit.
« Et l'ambassade, elle dit quoi ? Ils peuvent faire quoi concrètement ?, demanda Hugo, qui faisait les cents pas dans le bureau de Yann, la nouvelle était tombée à 21h00, il était maintenant 23h mais une bonne partie de la rédac était encore dans les bureaux en train d'attendre des nouvelles, bonnes ou mauvaises des deux reporters.
-L'ambassade de France en Irak a d'autres problèmes, ils disent que tant qu'il n'y a pas eu revendication ils ne peuvent pas s'avancer et faire d'hypothèses. L'Irak est un pays beaucoup trop grand pour pouvoir faire des recherches sans indices. Et le vent s'est bien occupé de les effacer les traces justement, répondit Théo. »
Yann écoutait à peine la conversation, il était coulé dans sa chaise de bureau, les deux pieds sur celui ci, les yeux rivés sur les cartons de Martin laissés dans un coin de la pièce. La boule qu'il avait au creux de l'estomac s'était rependue, et il avait l'impression que son corps entier était anesthésié, il entendait son cœur battre contre sa poitrine. Il était terrifié. Terrifié à l'idée de le perdre, terrifiée à l'idée de devoir continuer sans lui. Continuer à vivre, à travailler, à aimer, sans lui, sans Martin. Il était entré dans sa vie i ans et avait tout changé, en mieux. La vie était plus belle, plus joyeuse, plus rieuse, plus gay, plus sensationnelle quand il était près de lui. Un rien le faisait craquer, un sourire, un éclat de rire, une blague, une phrase innocente, un rien et son cœur chavirait.
Et maintenant tout cela était menacé de disparition, quelqu'un lui avait prit Martin, quelqu'un lui avait peut être, sûrement, fait du mal, mais il était complètement impuissant . Comme souvent face aux problèmes que rencontrait le jeune reporter au quatre coins du monde. La discussion entre Hugo et Théo continuait, mais il n'avait pas suivi et préféra retourner à sa rêverie. Il avait perdu la notion du temps, et ce fut une sonnerie de téléphone qui le ramena à la réalité. Théo décrocha avant lui.
« -Allô ? Vraiment ? Depuis quand ? Où ça ? D'accord, merci beaucoup,tenez nous au courant. » Théo raccrocha et lui tourna le dos, si bien qu'il ne pouvait pas voir son expression.
« - Quoi ? Qu'est ce qu'il y a ? » Sa voix se brisa sur les dernières syllabes, il ne pensait pas pouvoir supporter une mauvaise nouvelle, pas maintenant. La boule était de retour, elle se forma au creux de son estomac et remonta dans sa gorge.
« -Ils ont une piste, les journalistes qui ont été kidnappés en même temps qu'eux ont été retrouvés sur le bas côté d'un sentier, morts. » Morts, ils étaient morts. Cela voulait dire que Martin était peut être mort lui aussi. A cette pensée Yann se leva précipitamment, sorti du bureau en vitesse laissant Hugo et Théo sans voix, en sortant il passa devant Laurent qui était au téléphone pour essayer de gérer la future tempête médiatique qui les menaçait et qui guettait les dernières nouvelles. Il passa aussi devant tout ces reporters et journalistes, qui était rassemblés autour d'une table. Tous le regardèrent passer avec inquiétude. Il arriva enfin sur le toit après avoir monté les marches à toute hâte, haletant. Le froid l'enveloppa d'un coup mais ne fit pas le poids face à la vague de chaleur qui l'envahissait de l'intérieur, son cœur battait à mille à l'heure, son souffle était court, il paniquait. Mort, il pourrait être mort à l'heure qu'il est. Clément aussi. Son pire cauchemar devenait réalité. Il l'avait peut-être perdu pour toujours. Il faisait -2°C dehors mais il mourrait de chaud, ses mains étaient moites et il avait de plus en plus de mal à respirer, sa vue commençait à se brouillée, les larmes coulaient sur ces joues. Lui qui ne pleure que rarement. Il perdit toute notion du temps. Si Martin était mort, une partie de lui l'était aussi.
Hugo ne savait plus où se mettre, son meilleur ami était en danger et lui était totalement impuissant, à la merci d'un coup de fil. Qui achèverait ou non ses espoirs. Il savait que journaliste était un métier dangereux, mais il n'avait jamais réalisé à quel point puisqu'il n'avait jamais été affecté personnellement. Mais maintenant l'angoisse était insoutenable, pour lui comme pour ses collègues, tous tenaient à Martin et à Clément. Ils n'étaient pas souvent là mais leur présence apportait quelque chose en plus, un peu de mystère, ils avaient toujours de super anecdotes à raconter et tout simplement tout le monde aimait passer du temps avec eux. L'idée qu'il arrive quelque chose à leurs amis terrifiait la rédac entière. Yann était parti s'isoler sur le toit, Hugo comprenait, tout le monde avait eu vent de la relation entre Martin et leur patron, et tout le monde approuvait. Et si eux était mal, Yann devait l'être encore plus, d'autant que c'est lui qui donnait son accord pour les reportages. Hugo sentit un pic de colère monter en lui... Quelle idée d'envoyer un reporter là bas ? Alors que la sécurité était compromise partout ? Etait-ce l'info à tout prix ? Bien sûr il savait que c'était faux et que c'est Martin qui avait insister pour y aller, mais comme il n'avait personne à blâmer il prenait le premier venu. Une sonnerie de téléphone retentit alors depuis le bureau de Yann d'où était sorti Théo et Hugo, Théo se précipita pour répondre.
«- Allô ? Oui c'est bien nous. Vraiment ? Où ça ? Comment vont-ils ? …, il y eût un long moment de silence ou Théo ne dit plus rien. Hugo sentit comme une enclume lui tomber sur les épaules. Mon dieu, tout mais pas ça, tout sauf ça.
-Mon dieu … D'accord, merci beaucoup, je transmet le message, on vous rappel. » Théo raccrocha et ce tourna vers l'équipe. L'air grave. L'air des mauvaises nouvelles, celles qu'on entend qu'à moitié tellement elle sont insupportables.
« - C'est grave, c'est très grave. ».
Tadaaaaaaaaaaaaaaa, allez-y détestez moi haha. Je n'en suis pas très fière, mais bon c'est mieux que rien. Pour la petite expliquation, l'équipe à Paris a 24h d'avance dans l'histoire sur Martin et Clément, d'où le fait qu'on en sache un peu plus. Dans le prochain chapitre ce ne sera que du Martin pov, enfin Clément surtout, pour rattraper leur retard et être dans la même timeline, pour le meilleur et pour le pire.
