« Missing »
« Grave ? Comment ça grave ? » Yann était redescendu du toit, il avait trouvé la force d'aller chercher des nouvelles mais était arrivé pile au moment où Théo avait raccroché le téléphone.
« Yann … Ils les ont retrouvés et ils les ont évacués… , commençât Théo,
Et ? Comment vont ils ? Dites moi qu'ils sont en vie !, sa dernière phrase fut prononcé dans un souffle, comme si son corps était incapable de la prononcer de vive voix. Théo baissa les yeux, et Yann se remit à paniquer, il regarda autour de lui et toute l'équipe semblait pendu aux lèvres de leur rédacteur chef.
Théo ? Répond nous comment vont ils ? », Hugo s'approcha en tremblant de son collègue, il posa sa main sur l'épaule du rédacteur comme pour l'encourager.
Théo releva alors les yeux vers ses amis et collègues, il y avait dans leur yeux de la peur, de l'appréhension mais surtout un petit peu d'espoir. De l'espoir qu'il allait faire disparaître dans quelques secondes.
« Clément est sévèrement déshydraté, il a des côtes fêlés, mais sinon il va bien, il sera remit dans quelque jours… Martin … » Sa voix se brisa, incapable de continuer. Yann eût l'impression de se prendre un bus en pleine face. Les quelques mots qui suivront changeront sa vie. Il le savait, si Martin ne rentrait pas il ne saurait continuer à faire son travail. Il ne saurait comment continuer à vivre sans la personne qu'il aimait à ses côtés. Théo prit une grande inspiration et se prépara à leur annoncer la nouvelle.
« Martin est dans le coma, il s'est fait tiré dessus, il a perdu beaucoup de sang et ne respire plus seul . Ils le transporte dans un autre hôpital de la région, pour pouvoir l'opérer et réparer les dommages. Ils sont aussi inquiets à propos d'un coup qu'il a reçu sur la tête pendant l'attaque, ses pupilles ne sont pas réactives et il ne montre aucun signe d'éveil. Ils doivent pourtant attendre pour pouvoir se prononcer sur d'éventuels dommages cérébraux. Ils lui feront une IRM quand ils seront à Erbil, pour être sûrs. »
Yann sentit tout l'air qu'il avait inspiré quitter ses poumons, s'il avait cru qu'il avait été percuté par un bus il y a quelques secondes, cette fois on venait de l'anesthésier. Hugo s'effondra dans une des chaises la tête entre les mains, Martha éclata en sanglots. Tout le monde était sous le choc, personne n'osait dire un mot, l'équipe se serait sobrement dans les bras des uns et des autres. Yann recommençât à suffoquer. Son pire cauchemar n'en était plus un, c'était la réalité maintenant. Martin , son ami, son amant, celui qui lui manquait tant était entre la vie et la mort à des milliers de kilomètres d'ici et il ne pouvait rien faire à part décrocher son téléphone. Et attendre. Encore. Pour qu'on lui donne des nouvelles, qui soit l'anéantiraient, soit remettraient sa vie en ordre. Il s'assît sur une chaise près de lui, Martha vint poser une main réconfortante sur son épaule, elle pleurait, mais lui n'arriva pas à pleurer. Il n'arrivait même pas à parler. Sa pomme d'Adam brûlait comme de l'acide, ses mains tremblait et il était bien content d'être assis car il n'aurait sûrement pas eût l'équilibre d'un homme sobre s'il était resté debout. Tout le monde autour de lui s'assît, personne ne parlait, beaucoup pleurait mais silencieusement. Laurent dit doucement qu'il fallait appeler la famille des deux reporters, mais comme personne ne se sentait d'assumer cette responsabilité, il partit dans une autre pièce pour le faire lui-même. Les minutes passèrent atrocement lentement. Ils attendirent tous dans les bureaux. La nuit avançait, les heures passait maintenant. Mais rien, le téléphone restait atrocement silencieux.
A 4 heure du matin celui-ci sonna enfin, Laurent s'en saisit et tout le monde scruta son visage à la recherche d'informations, celui-ci se contenta d'hocher la tête et de répondre par des « d'accord » répétitifs, il termina sur un « merci » et raccrocha. L'ambiance se tendit aussitôt. Il se tourna vers ses employés et collègues.
«- L'opération est un succès, ils ont réparés les dommages causés par la balle à son épaule, il a reçu une transfusion sanguine et respire à nouveau normalement. Il n'est pas sorti de son coma, il a un hématome sous dural au niveau de la tempe, il jugeront de la gravité des dommages quand il se réveillera, ce qui dépend de lui et de sa guérison. Les prochaines 24 H vont êtres déterminantes, mais sont état est stable pour le moment et ils le prépare à un rapatriement. »
Un poids se leva de la poitrine de Yann, Martin allait rentrer, il sera toujours entre la vie et la mort mais il sera près de lui. Hugo se leva pour étreindre ses collègues qui poussaient de longs soupirs de soulagement. Laurent repartit dans la pièce d'à côté pour informer les familles. Yann resta assit sur sa chaise, la main de Martha était toujours là et le réconfortait encore. Certains commençaient à rentrer chez eux, demandant qu'on les tienne au courant. Yann lui ne pourrait pas rentrer, il savait qu'il aurait les mêmes infos ici ou ailleurs, mais ici il n'était pas seul avec ses pensées et ses souvenirs de Martin.
Ils étaient donc une petite dizaine à rester jusqu'au matin. Il était maintenant 7H30 à Paris,le soleil ne se lèverait que plus tard lui, les équipes d'entretiens commencèrent à arriver, ne posèrent pas de questions à la vue des mines décomposées des employés. Chacun vaquait à ses occupations, Yann essayait de se changer les idées en analysant des discours plus long les uns que les autres, Hugo faisait des réservations pour des futurs déplacements, les autres discutaient entre eux, essayait de plaisanter pour alléger l'atmosphère. La sonnerie du téléphone qu'ils avaient attendus toute la nuit résonna dans l'open space, Théodore se précipita pour y répondre.
« - Allô ? Clément ! Ca va ? Mon dieu vous nous avez fait tellement peur ! D'accord ! On vous attend, pas de soucis. Vous décollez quand ?, Théo se mit alors à hocher la tête frénétiquement. D'accord, pas soucis, tiens nous au courant. Et toi tu es sûr que ça va ? Tu as pu avoir ta famille au téléphone ? D'accord, on les avait prévenu. On content que tu ailles bien…. Je me doute, tu nous racontera quand tu seras à la maison d'accord ? Bon voyage, et veille sur lui ! »
Yann se leva de sa chaise et s'avançât vers son collègue qui portait un sourire soulagé sur son visage.
« - Alors ? Qu'est ce qu'il se passe ?, une petite lueur d'espoir naquit au fond de lui, peut être que c'était moins grave qui le pensait et que Martin allait lui revenir en bonne santé.
Martin a commencer à s'agiter cette nuit, apparemment c'est bon signe. Ils vont être rapatrier dans la journée, ils seront là dans la nuit. Ils emmènent Martin dans un hôpital militaire dans Paris, on ne sait pas encore lequel. »
Pas de miracles donc, mais des progrès, et bientôt Martin serait près de lui et Yann pourra rester à ses côtés. Quoi qu'il arrive, pour le meilleur et pour le pire. On annonçât la nouvelle à l'équipe qui s'impatienta de retrouver leurs collègues, et de pouvoir apporter leur soutien à Martin en chair et en os.
Je n'en suis absolument pas satisfaite mais bon … La suite dans la semaine. Suite et fin surement. Bonnes fêtes les loulous. Plein d'amour et de tolérance itout itout.
