Titre : La fille du Nil, chapitre 12 (finie)
Base : Papyrus
Personnages/Couple : Theti Cheri/Papyrus
Genre : famille
Gradation : PG-13 / T
Légalité : propriété de De Gieter, je ne cherche ni à tirer profit ni à manquer de respect.
Continuité/Spoil éventuel : à situer quelques années dans le futur ; ignore Les Enfants d'Isis ; écrit avant la sortie de Papyrus Pharaon
Nombre de mots : ~1500 = 18 800 !
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Dès sa naissance pourtant, l'enfant n'appartenait pas complètement à Theti Cheri et à Papyrus. La confrérie des Hathor veillait sur elle, comme la magie d'autres déesses l'avait protégée de toute attaque avant. Raouser tissait pour elle protection après protection en prévision de son avenir.
La Reine était là pour assister, être témoin, faire entrer dans la lignée.
Comme habitante du Palais, elle était sujet de Pharaon.
La Déesse aux cheveux resplendissants et les autres Dieux avaient déjà des projets pour elle. Princesse gardienne de la légitimité, l'enfant n'avait pas la même liberté de choisir son destin que ses parents avant, pas plus que si elle avait été prince héritier. Elle s'inscrivait dès à présent dans la dynastie et les mages voulaient déjà savoir sous quel nom.
Papyrus et Theti savaient qu'ils continueraient à tout faire pour protéger leur fille des attaques, physiques, magiques ou simplement verbales, mais leur enfant, le fruit de leur union, était aussi un nouveau rameau de l'arbre généalogique auquel ils appartenaient, qu'ils le veuillent ou non, et planaient sur eux à la fois ombre et protection des autres branches.
Aussi, dès le surlendemain, la cour s'ingéra à nouveau dans leur vie. Il fallait que la petite princesse existe aux yeux de l'Égypte tout entière !
On lui choisit une nourrice pour relayer sa mère, qu'elle le veuille ou non. On pensait déjà à quels précepteurs lui donner quand elle aurait un peu grandi. Ses parents, en plus de simplement l'aimer, tenaient à participer aussi à son éducation, d'une façon ou d'une autre. Il n'était pas question pour eux de répéter la même erreur qu'avait commise le père de Theti et éloigner Papyrus de la cour, de son épouse et de leur enfant. S'ils devaient repartir pour la province, ça serait tous les trois ensemble. Dès que possible, Theti tenait à soumettre cette idée à son père. Elle avait pris goût à une vie plus simple et voulait tenir compte des origines modestes de Papyrus et de la vie qu'ils avaient menée en tant que petits nobles presque tout le temps où ils attendaient leur enfant. Elle préférait que son enfant grandisse tranquillement, à l'écart de tout nœud politique. Elle recevrait quand même une éducation solide, même loin de la capitale, et la seule difficulté qu'elle voyait à ce projet, serait d'équilibrer la distance par rapport à la cour, et aux amis qu'ils risquaient d'y laisser à nouveau.
Au moins, c'était plus facile d'éloigner ainsi de la cour une fille qu'un garçon. Un fils aurait peut-être été immédiatement en danger. Cependant, comme la Déesse aux Cheveux Resplendissants fit entendre par la voix de la Reine, pour que Theti Cheri monte sur le trône dans le futur, il lui fallait une légitimité supplémentaire à sa seule naissance, comme être la régente d'un prince encore trop jeune pour gouverner. Elle ne lui souhaitait pas d'avoir à lancer une révolution à la manière de Hatchepsout.
Ou alors… il fallait confier cette tâche à Papyrus. En faire un grand guerrier, avec une victoire militaire pour prouver son mérite personnel à tous, et pas juste à la princesse qui l'aimait, et lui donne le rang nécessaire pour monter sur le trône. Mais ni Theti ni Papyrus n'aimaient l'idée d'aller guerroyer.
Une autre solution, politique et diplomatique, était de continuer à éduquer Papyrus autant que Theti dans les arts politiques, économiques, religieux et relationnels avec le peuple, pour faire du jeune prince mûrissant un conseiller privilégié de Pharaon, puis son Grand Vizir.
Alors, quand son temps serait venu, il pourrait lui laisser le pouvoir, à lui autant qu'à sa fille chérie.
Quant aux autres enfants qu'ils auraient eux-mêmes d'ici là… Ils n'étaient pas pressés. Ils avaient déjà une petite fille qui avait le temps de grandir. Theti Cheri restait fille unique, d'où les problèmes de succession. Papyrus n'avait plus aucune famille depuis longtemps ; Theti puis leur fille devinrent la sienne et c'était déjà beaucoup. Mais dans quelques années peut-être, changeraient-ils d'avis ?
En attendant, les réjouissances pour la naissance de cette première petite princesse s'ajoutaient à celles de l'Inondation. Malgré le désir de Theti et Payrus de retourner à une vie discrète et de ne pas trop exposer leur bébé à la cour, Pharaon et la Reine tenaient absolument à la présenter très officiellement aux hommes comme aux dieux et à demander pour elle la reconnaissance du pays entier. Son existence devait être très officiellement connue.
Toute la famille royale, Raouser et la grande prêtresse de Hathor, réunis, après maintes discussions, décidèrent que le Seigneur Nil résumait toutes les bénédictions possibles à donner à la nouvelle venue.
Papyrus, avec son embonpoint, ressemblait en ce moment à la personnification androgyne du Seigneur Nil. Et la princesse était née avec la Crue. Quel meilleur nom lui donner ?
La princesse fille de l'héritière et suivante sur la ligne de succession s'appelait donc Hâpimessou. Bénie soit-elle sur la terre d'Égypte. Son nom rappellerait pour toujours à ses heureux parents les temps de sa naissance. Qu'il soit un heureux présage ! Pourvu qu'elle soit aussi belle et sage que sa mère, et aussi droite et courageuse que son père.
Peut-être, si elle était appelée à régner, en changerait-elle pour en prendre un en hommage à la Déesse protectrice des parents. Sous la protection du Seigneur Nil et des dieux Crocodiles, elle serait un jour l'épouse de l'Égypte elle-même.
Pharaon et la Grande Épouse Royale étaient ravis de cette naissance et l'accueillirent avec une grande joie, plus grande encore que les épousailles dont elle découlait.
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L'absence de la Reine et de la Princesse au second jour des festivités fit beaucoup parler.
Le troisième, la famille royale au grand complet salua la foule. Pharaon, la Grande Épouse Royale, la Princesse héritière, son prince consort…
…et la princesse nouvelle née, fièrement présentée et bénie :
« Celle qui est née de Hâpy. Puisse-t-elle vivre longtemps, heureuse, paisible et belle ! »
Après cette présentation, Nefer Neferou Theti Cheri et sa fille n'apparurent plus en public avant la fête suivante. Mal à l'aise seul à l'idée d'accompagner seul ses beaux-parents royaux alors qu'il ne se sentait toujours pas prince et préférant nettement rester auprès de sa petite famille, Papyrus n'accompagna pas les processions et n'apparut que brièvement et symboliquement, au balcon, le dernier jour.
À la fin des fêtes de l'inondation, leur fille confiée à son berceau et à la garde d'une nourrice, Papyrus partagea son temps entre reprendre et approfondir son éducation, écouter ses amis et les gens du peuple. Il renoua avec Imoutep, casé entre tout le reste pour quelques heures où ils rappelaient le temps d'avant que tout change. Il s'activa à perdre le poids pris ces derniers mois. Entre une sortie en char avec Imoutep, un peu de natation dans le bassin de ses jardins et… aimer sa royale épouse, il commença vite à fonde.
Theti de son côté se remit de ses couches, facilement et rapidement. Elle perdit très vite les formes qu'elle n'avait que brièvement prises. Et si ses chairs étaient encore marquées de l'épreuve, elle eut vite fait d'inventer de nouveaux jeux pour contourner le problème. Papyrus, en mal d'exercice et sentant son appétit lui revenir en force, était plus qu'heureux de s'y prêter.
Les seins de Theti étaient devenus magnifiques, ronds et lourds, et Papyrus ne se lassait pas de les admirer.
Les tiens ne sont pas mal non plus, taquina Theti maintenant qu'elle savait que Papyrus ne s'en vexerait plus.
Mais qu'ils étaient heureux de retrouver enfin l'intégralité de leurs deux corps !
Theti se sentit un élan d'amour immense pour Papyrus. Son époux bien-aimé, le père de cette enfant. Le frère de son cœur, le prince de sa vie… Elle savait que c'était avec lui qu'elle voulait, plus que jamais, passer sa vie, ses jours et ses nuits. Et c'était bien réciproque. Délivré d'un grand poids dont il n'avait pris la pleine mesure qu'à le sentir disparaître, il voulait rattraper d'un coup tous ces mois mis en suspens.
Ça m'avait tant manqué. Toucher sans voir, ça n'était vraiment pas pareil.
Ils fêtèrent leurs doubles relevailles à leur manière ! Ils se montrèrent créatifs. Cédant des instincts des plus animaux, à quatre pattes, par derrière, ils faisaient usage de tout ce qu'ils trouvaient…
Les femmes avec qui Theti s'était liée pendant leur séjour incognito dans le peuple lui avaient fait des suggestions et transmis des trucs pour éviter de concevoir trop vite. Ils se firent une joie de les essayer.
Et si une nouvelle conception se produisait quand même…
« …Cette fois, les méchants n'auront qu'à bien se tenir. C'est moi qui le porterai du début à la fin, promet Theti. Tu as été admirable, mon Papyrus, mais je ne te demanderai pas cela une seconde fois. »
