Chapitre 4 : « Il n'existe qu'une seule rédemption quand on a eu un mauvais père : être un bon père. »
Draco Malfoy avait détesté Hermione à l'instant même ou il l'avait vu, elle n'était franchement pas jolie enfant : ses cheveux étaient absolument hideux et broussailleux, ses dents tellement grandes et longues qu'elle ressemblait en tout point à un castor, mais le pire restait son arrogance, et ce même depuis les premiers cours. Et pour couronner le tout, elle qui était ami avec les deux personnes les moins fréquentables de Poudlard, était aussi une abomination : un sang de bourbe. Comment Merlin avait pu laisser une fille si détestable exister ?
L'enfant aux cheveux d'or avait rêvé de la mort de cette pimbêche tellement de fois, souhaitant de tout cœur la voir inerte, au sol, suite à une ruée de coups. Elle qui était la honte des sorciers, personne ne la regretterai après tout. Alors pourquoi était elle si douée en classe ? Pourquoi avait elle les meilleures notes ? Pourquoi était-elle meilleure que tous les sangs purs qu'il connaissait ?
Malgré les années qui passait, la haine de l'adolescent envers la jeune fille s'accentuait jusqu'à être plus forte que jamais. Un jour il la détruirai, il le savait.
Et puis il y eu la guerre. Il la vit se dresser fièrement aux cotés de Potter et Weasley, et se battre pour ce en quoi elle croyait. Il n'avait jamais vu une personne aussi courageuse, elle qui aurait pu fuir à tout moment et faire sa vie chez ses moldus de parents. Mais elle était resté fidèle et forte, prête a mourir pour le plus grand nombre. Elle l'avait même sauvé, malgré tout ce qu'il lui avait fait subir, le trio avait fait demi tour au milieu des flammes pour sauver sa peau. C'est à ce moment qu'il se rendit compte qu'il s'était peut-être trompé sur sa nature et qu'il s'assagit.
Après la guerre et la défaite du seigneur du mal, la réinsertion obligatoire des enfants encore mineurs de mangemort fut mis en place. Draco, lui, était déjà majeur, selon la loi des sorciers, il aurait du être envoyé a Askaban, pourtant le trio avait joué de leurs relations pour le sauver.
Il était donc retourné à Poudlard pour passer ses ASPIC, c'était la condition à sa liberté. Il était logé a la même enseigne que tous ses camarades : obligation d'assister au cours sur les moldus, stage d'insertion dans le monde moldu, privation de sa baguette magique hormis pour les cours, il avait du vivre dans une des institutions pour sa réhabilitation pendant 3ans.
Et il avait rencontré Astoria, une sang mêlé, il était tombé immédiatement amoureux d'elle. Très vite ils s'étaient marié et avait eu un enfant qu'ils nommèrent Scorpius. C'est en voyant son fils, ce petit blond aux grand yeux gris, si semblable aux siens, qu'il fit la promesse de ne jamais commettre les mêmes erreurs que son père.
Grâce au ministère et a l'acharnement de Granger il avait eu une seconde chance. Il lui devait la vie et aujourd'hui il allait lui prouver qu'elle n'avait pas eu tords en la sauvant à son tour.
La gazette dans une main, sa tasse de café dans l'autre, le jeune homme installé dans son confortable fauteuil était préoccupé. Il entendait vaguement au loin son fils jouait.
Astoria était occupé à préparer le petit déjeuner, elle pensait à Rose et Hugo et à l'attente angoissante qu'ils devaient ressentir. Le rire de son fils lui réchauffa le cœur. Elle se tourna vers Draco, un élan de tristesse l'envahi, les moments ou il se montrait si vulnérable étaient rares.
-Draco ? chuchota la jeune femme d'une voix douce qui le fit sortir de ses rêves, tu penses à Hermione ?
-Il releva doucement la tête vers sa femme qui semblais inquiète :
-Oui, je ne peux pas me sortir cette affaire de la tête, ça va faire deux semaines qu'elle a disparue, les Aurors et l'Ordre n'ont aucun indice : aucune demande de rançon, pas de revendication, que dalle ! Potter et Weasley sont partis sur une piste mais ça ne mènera à rien.
Astoria fit le tour de la table et pris Draco dans les bras :
-Ils vont la retrouver, Ron et Harry ne stopperons pas les recherches tant qu'elle ne sera pas avec nous.
Il n'y croyait pas, il aurai aimé partager son avis mais à l'heure actuelle les recherches étaient au point mort.
A dix-milles lieux des pensées de Draco, dans la cellule humide et sombre, hurlait et agonisait de douleur Hermione, elle qui avait déjà subi la torture plus jeune, notamment des mains de Bellatrix Lestrange. Ce que lui faisait subir actuellement son bourreau dépassait toutes les horreurs qu'elle avait déjà pu endurer.
Elle avait compris, quand elle touchait les barreaux de sa cellule, elle recevait une forte décharge électrique. Malheureusement pour elle, son plateau repas se trouvait de l'autre coté et elle était obligé de passer son bras à travers en prenant soin de ne pas faire de faux gestes. Le choix simple, soit elle mourrait de faim, soit elle devait apprendre a supporter la douleur.
Le repas était accompagné d'un journal, grâce à cela elle pu apprendre que cela faisait deux semaines - dont une au moins sans manger - qu'elle croupissait dans cette cage.
Elle savait qu'elle pourrait rester plusieurs semaines sans manger, mais que plus de quelques jours sans boire s'avérerait impossible. Elle pensait toutefois que puisqu'on la nourrissait, on voulait forcément la garder en vie pour une raison. Elle n'allait donc pas mourir tout de suite, à moins qu'elle ne succombe aux tortures que ses ravisseurs lui réservaient.
Pour l'heure, la jeune femme se trouvait recroquevillée sur le sol, entourant ses jambes de ses bras, et la tête enfouis dans ses genoux. Elle pleurait de douleur, de rage, de fatigue.
Une voix la tira de sa léthargie :
-Ma très chère Hermione, la moindre des choses quand on te prépare à manger, c'est d'y goûter.
L'homme s'approcha du plateau repas que la jeune fille n'avait pas réussi à attraper. Quand il s'aperçut que son hotte ne semblais pas réagir a ses paroles, cela l'agaça profondément, il darda un regard de dégoût vers elle et dit :
-Je te parles espèce de souillure, réponds !
Hermione était à bout, tout son corps la faisait souffrir, elle voulait qu'il se taise, elle voulait dormir. Dans le creux de son estomac une boule de rage était en train de se former.
L'homme lâcha un rire froid dénué de toute humanité :
-Très bien fait la sourde oreille tu l'auras voulu.
Sur ces mots, un cris aigu et perçant retenti : elle connaissait cette voix, cette personne semblait souffrir le martyr.
A ces cris elle se leva d'un bond et se cramponna aux barreaux, résistant aux décharges qui traversait son corps. Elle ne ressentait plus aucune douleur, tétanisé par l'horreur, un hurlement de désespoir s'échappa de ses lèvres :
-Rose ! Arrêtez ça ! Je vous en supplie !
Impuissante, la panique la submergea, elle se mis à tambouriner de ses petits poings cette cage qui la retenait prisonnière. Qu'importe la douleur, qu'importe le sang, qu'importe les décharges qui se faisait toujours plus intenses.
Il lui semblait qu'il s'écoulait des heures, quand soudain, une décharge plus forte la projeta en arrière. Elle s'écrasa contre le mur et le craquement de sa tête contre le sol résonna dans la pièce.
Puis plus rien : plus de cris, plus de pleurs, plus de douleurs, seulement le silence.
L'homme sourit :
-La prochaine fois tu te montreras un tantinet plus poli a mon égard.
Après sa discussion avec Astoria, Draco, confortablement installé, replongea dans ses pensées :
-Malfoy, salua froidement Hermione.
-Granger, répondit le concerné sur le même ton.
-C'est maître Granger maintenant, le taquina la sorcière. Je pensais que tu le savais étant donné que c'est toi qui m'a demandé sur ton dossier.
Draco demeura imperturbable, préférant détailler la jeune femme qui se tenait debout en face de lui. Elle n'avait pas changé et cette constatation le fit sourire. Elle avait toujours ces mêmes cheveux qui semblait mener leur vie indépendamment de toute volonté, son visage était doux et délicat, de grands yeux chocolats illuminaient son regard, cependant elle avait l'air triste. Elle avait pris quelques formes notamment au niveau de ses hanches, ce qui était sûrement dû à ses deux grossesses, malgré ça elle restait très fine et élancée. Il la trouvait naturellement jolie, sans artifice. «Granger c'était la simplicité incarnée !».
Ignorant l'examen silencieux que lui faisait passer Draco, Hermione s'impatienta :
-Ce n'est pas que ta conversation m'enchante mais j'ai horreur de perdre mon temps, alors c'est simple soit tu m'expliques pourquoi je suis là, soit je m'en vais. Elle marqua une courte pose puis continua : si tu choisis la deuxième possibilité saches que tu recevras mes honoraires pour le temps que je t'ai consacrée.
-Draco esquissa un sourire en coin. Décidément c'était rassurant de constater à quel point certaines choses ne changeraient jamais. Il répondit :
-Toujours aussi orgueilleuse et fière de ta personne à ce que je vois.
La sorcière rit sincèrement. Ce rire rappela à Draco une douce mélodie, pure, franche, contagieuse, il l'aimait beaucoup.
-En effet Draco, mais si je me souviens bien tu n'es pas mal dans ton genre !
Ce fut autour du blond de rire, Hermione constata qu'elle aimait le voir comme ça : sincère, libre, apaisé, son rire était léger et quelque peu rauque. Comme s'il avait oublié comment faire.
Si aujourd'hui Draco Malfoy s'inquiétait du sort de son avocate s'en avait pas toujours était ainsi.
Le serpentard était purement et simplement un petit aristocrate imbu de sa personne, égoïste et par dessus tout arrogant. Mais il était aussi et surtout intelligent et rusé.
Au lendemain de la guerre, il avait utilisé toute l'attention médiatique à son avantage. Avec le temps il réussit à se faire passer pour un pauvre enfant endoctriné, maltraité par son mangemort de père et sa soumise de mère. Contraint et forcé de servir Voldemort pour la survie de sa famille.
Certes tout n'était pas faux. Mais se faire passer pour un martyr était quelque peut exagéré.
Longtemps le jeune sorcier était convaincu que son rang, son sang et son nom étaient supérieur au reste du monde.
Il ne connaissait absolument rien des moldus hormis ce que son cercle de relation conservatrice lui avait raconté.
Le blond était de ces enfants unique, gâté à outrance, choyé comme si c'était le dernier diamant sur terre, sans aucune notion du bien et du mal.
Il est vrai que l'affection et l'amour n'étaient pas chose courante chez les Malfoy, alors tout ce que ses parents n'avaient pu lui donner, il l'avait rendu en cadeaux multiples à son fils, en approuvant la moindre de ses requêtes farfelus.
Draco Malfoy ne connaissait pas le refus. Les années qui avaient précédé le retour du Seigneur des Ténèbres avaient était douce pour le garçon, il était beau, riche et puissant : le prince des serpents.
Il vénérait le retour du Lord, attendant avec impatience cet homme qui enverrait sa famille au rang qui lui était dû, toujours plus riche, toujours plus forte, toujours plus grande.
Il avait vite déchanté. Car ce que le jeune prince aimait c'était bien le confort que ses parents lui assurait.
Cela faisait maintenant deux moi et demi qu'Hermione avait disparu, le retour de Ron était inespéré pour la famille Weasley qui attendait des nouvelles avec anxiété.
Rose et Hugo était présentement endormis dans les bras de leur père qui profitait paisiblement de leur douce étreinte. Ses enfant lui avait tellement manqué, il avait besoin d'eux, au milieu de toutes ces horreurs c'était sa seule source de réconfort.
Le rouquin ferma les yeux quelque instant pour s'imprégner de la douce odeur de ces enfants.
Molly et Arthur, tous deux assis près d'eux, profitaient silencieusement de ce moment de calme.
Malgré les dizaines de questions qui se bousculaient dans leur esprit, ils n'osaient interrompre cet instant si précieux.
Ce ne fut qu'au bout d'un long moment qu'Arthur brisa le silence :
-Ron ...
Le jeune homme leva les yeux de la contemplation de ses enfants pour les poser sur son père et dit :
-Papa, je... Je suis désolé mais peut-on attendre demain ?
-Bien sur mon chéri, intervint Molly.
-J'ai besoin de prendre un bain , je meurs de faim et je suis fatigué, continua t'il, je dois m'occuper de l'envoi des hiboux, on doit se réunir au complet demain. Maman tu veux bien monter les enfants dans ma chambre ?
-Évidemment mon grand, répondit Molly en se levant pour enlacer de toute ses forces son dernier fils.
Arthur et Ron prirent la direction de la cuisine.
-Va prendre ta douche Ron pendant que je te prépare a manger, expliqua Arthur.
-Mais les...
-Les hiboux peuvent attendre que tu sois propre, le coupa son père.
-C'est urgent tous le monde doit être mis au courant de la situation ! Rétorqua Ron.
-Oui mais tu empestes franchement le troll, rigola le patriarche, et je ne suis pas sur que mes narines puissent attendre !
Le rouquin cligna des yeux avant de partir dans un fou rire, son père savait toujours comment dédramatiser une situation.
-De toute façon repris Arthur, la majorité de l'Ordre à élu domicile ici donc ça va réduire le nombre de lettre en envoyer.
-Ah bon ? S'étonna Ron, ou sont il ?
-En train de dormir, Bill, Fleur et les enfants nous ont rejoint immédiatement après la réception de la première lettre.
-C'est pas vrai, grogna Ron, eux aussi ?
-Malheureusement oui , Charlie est la pour donner un coup de main et c'est lui qui s'est occupé en majorité de Rose et Hugo.
Ginny et les enfants sont la bien entendu , elle les a déscolarisé.
A la mention de Ginny, Ron pâli. Merlin ! L'espace d'un instant il avait oublié pourquoi il était rentré.
Inconscient de son trouble Arthur poursuivit :
-Percy et Audrey son également présents, ainsi que Viktor.
-Viktor?
-Oui Viktor Krump, il a également reçu des menaces, bon tu le connais il n'est pas impressionné pour un sous par contre il a des infos concernant Hermione, il est la pour les recherches. Il dit qu'il l'a vu dans un parc en Bulgarie.
