Hey les caribous!
J'adoore ce mot... ah vous avez remarqué? =)
Voici sans plus attendre le chapitre 4! Bonne lecture!
PS: Eh, c'est la première fois que je dis si peu de choses en note de haut de page xD
Chapitre 4
Il en avait un peu marre – pour être poli.
Deux heures ! Deux heures que William le suivait partout comme un petit chien, lui posant questions sur questions.
À la base, il avait été gêné – voire mortifié – de se rendre compte qu'il avait été pris en flagrant délit de pleurs. Fallait rappeler que la dernière fois qu'il avait été dans cet état remontait à... loin, très loin. Un Stilinski ne pleure pas. Enfin pas devant quelqu'un, et surtout pas devant une personne qu'il ne connaît pas.
Puis, la suspicion avait pris le pas sur l'embarras. Pourquoi était-il là celui-là ? Franchement, de tous les restaurants de la ville, il avait choisi le même que Stiles ? Hmm. Permettez-lui d'en douter grandement. Mais c'est ce que William lui avait assuré avant d'enchaîner par sa première question ... Pourquoi était-il parti si vite le matin-même ? Stiles avait bugué pendant quelques secondes, cherchant la réponse la moins ridicule. Après avoir éliminé le « Je viens du futur et je connais ton cousin, du coup je voulais pas rester de peur de créer un bordel temporal. » et le « J'ai laissé le four en route. » il lui avait sorti le plus pitoyablement possible l'excuse la plus bidon qui soit. Tellement, que William en avait pleuré de rire.
« Je sais pas d'où tu viens mais tu sais, a priori y'a des toilettes chez les gens civilisés. » lui avait-il répondu entre deux gloussements.
À partir de ce moment, l'agacement avait pris le pas sur tout autre sentiment et maintenant, après une bonne cinquantaine de questions sur l'endroit d'où il venait « Loin. Encore plus loin. Ouais, vers New York voilà c'est ça. », ce qu'il venait faire ici « Je te l'ai dit, je fais du camping avec mon oncle Patrick. », qui étaient les gens qu'il stalkait à travers la vitre du restaurant « Je ne harcèle personne ! Pas comme certains... », son âge etc etc...et ça n'en finissait pas. Il avait un peu l'impression d'avoir affaire à un autre lui-même, était-il aussi chiant parfois ? L'envie de tuer quelqu'un commençait à grimper en flèche. Tant qu'à faire, il pourrait commencer par s'exercer sur un mec brun, incroyablement bavard, aux yeux trop verts et au sourire énervant.
Il avait donc fait le tour de la ville, un pot de colle gluant à ses trousses, tel le chewing-gum récalcitrant qui s'accroche à votre semelle. Stiles avait bien tenté de le semer en prenant des raccourcis ou bien en accélérant le pas lorsque William parlait avec une connaissance qu'ils avaient croisée. Mais aucune de ces subtiles tactiques n'avait abouti. Bien sûr, ce mec était un Hale, et donc un loup. Et bon courage pour distancer ou vous planquer d'un loup-garou... Bref. C'était la galère.
Stiles soupira discrètement – ou presque – tandis que William partait dans l'un de ses nombreux – trop nombreux – monologues. Stiles avait eu le malheur de dire que, oui, un jour, il avait eu un chien – mais pourquoi ce mec lui posait-il ce genre de question? - et William en avait profité pour lui raconter à quel point il aimait les animaux, surtout le chat de son cousin, et que bla bla bla...
« … la ville. »
Perdu dans ses envies de meurtre – ou à peu près – Stiles n'avait entendu que la fin de la phrase, qui semblait être une question d'après l'air interrogateur qu'affichait William. Il hésita. Devait-il lui demander de répéter, au risque de le faire repartir dans une avalanche de questions toutes plus farfelues les unes que les les autres ? Ou valait-il mieux qu'il fasse comme si de rien n'était... technique que Stiles avait déjà expérimentée plusieurs fois durant cette charmante promenade. Maintenant qu'il avait William en face de lui, il comprenait pourquoi il énervait si souvent les gens qui l'entouraient. Mais franchement, ce mec était pire que lui. Comme... comme un hyperactif-garou ! Ça existe ça ?
« Alors ? » William s'était arrêté de marcher et Stiles avait suivi le mouvement. Enfin le non mouvement. Le brun se tenait ainsi devant lui, les mains dans les poches, semblant s'impatienter légèrement.
« Hum. Oui... plaît-il ? » Demanda-t-il, un petit sourire crispé aux lèvres, regrettant déjà d'avoir ouvert la bouche. William soupira, faussement agacé.
« Je te demandais si tu voulais faire un tour de la ville. » Répéta-t-il en haussant les épaules.
« Euh... Sans vouloir te vexer, je crois qu'on en a fait au moins trois. »
« Oui, mais, en bagnole cette fois... » William fit une pause puis, voyant l'air hagard de Stiles, s'exclama « En fait t'as rien écouté des cinq dernières minutes ! »
Stiles ouvrit la bouche pour se défendre mais il se détendit lorsqu'il aperçut le petit sourire qui ornait le visage de Will.
« T'inquiète, je t'en veux pas – enfin pas trop. Il paraît que je parle trop des fois. » Il rit doucement lorsque Stiles hocha la tête de haut en bas avec de grands mouvements. « Eh, aggrave pas ton cas le nouveau. Ce que je disais, c'est que je suis garé pas loin, je te demandais si tu voulais venir faire un tour. »
Ils se remirent à marcher tandis que Stiles remuait sa langue dans sa bouche pour envoyer bouler William le plus gentiment possible. Cependant, la délicatesse et Stilinski, ça faisait deux. Voire trois lorsqu'il n'était pas d'humeur. Il s'apprêtait donc à refuser mais la phrase qu'il avait concoctée – à savoir « Mec, c'est pas que je t'aime pas, mais c'est vraiment utile qu'on reste ensemble toute l'après-midi ? » - Oui, il n'avait vraiment aucun tact – mourut sur ses lèvres lorsqu'ils arrivèrent à côté d'une magnifique Porsche, gris métallisé.
« Wow ! » Stiles se précipita vers la voiture et colla son nez contre la vitre conducteur. Puis il se redressa vivement. « C'est la tienne au moins ? Je veux pas me faire chasser à coups de fusils si un mec me voit en train de toucher à sa caisse », dit-il rapidement en regardant avec une demi-anxiété la porte de la maison pas loin.
« Oui, c'est la mienne. » Will sourit, une certaine fierté illuminant son visage.
Stiles hocha la tête, satisfait, et reprit son poste d'observation – même si, réellement, les vitres teintées n'autorisaient qu'une mise en bouche assez modeste – et murmura pour lui-même « Ça doit être de famille... C'est peut-être génétique les voitures de frimeurs ». Bien sûr, William l'entendit mais choisit pour une fois de l'ignorer. À la place, il s'approcha à son tour de la voiture, sortit ses clefs et les balança sous le nez de Stiles.
« C'est encore mieux lorsqu'on est assis sur les sièges en cuir... » Il sourit largement en voyant Stiles baver d'envie.
« En fait t'es un grand malade ! Ralentis ! » s'écria Stiles alors que la voiture s'élançait dans un virage en épingle, à une vitesse bien au-delà du raisonnable. Il s'accrocha au tableau de bord et préféra fermer les yeux – pour ne pas vomir, entre autre raison.
« Fillette » pouffa Will en décélérant tout de même. Il reprit une vitesse de croisière plus...normale et se tourna vers Stiles qui ne desserrait plus les mâchoires. « Allez, t'es pas mort, déstresse. »
Stiles lui lança un regard mauvais et faillit lui répliquer que, lui, s'il avait un accident, il pouvait mourir, a contrario des loups aux pouvoir garouesques. Mais il retint sa langue. D'abord parce qu'il ne voulait pas se trahir, ensuite parce qu'il n'était pas sûr de ne pas gerber s'il ouvrait la bouche. Un bon moment passa sans que ni l'un ni l'autre ne se décide à parler, assez long pour que l'hyperactivité de Stiles se fasse sentir et qu'il commence à se trémousser sur place. Finalement, William prit la parole.
« Alors, Stanley, parle moi un peu de toi. » Il lança un regard à Stiles qui haussa les épaules en retour, comme pour dire « Qu'est ce que tu veux savoir de plus que ce que je t'ai dit tout à l'heure... ? » Bon, réellement, il n'avait pas dit grand chose étant donné que William avait passé son temps à monopoliser la conversation – pas que Stiles s'en plaigne. « Tu as une petite amie à New York ? » Continua-t-il devant l'absence flagrante de réponse de son passager.
« Euh... non pas vraiment. »
« Pas vraiment ? » répéta William lentement. « Comment on peut ne pas vraiment avoir de copine ? »
« Bah, eh ben en faisant comme moi. » Il n'avait pas d'autre réponse à lui donner. Il ne savait même pas lui-même comment nommer la relation qu'il entretenait avec Malia depuis quelques semaines. Bien sûr, ils s'étaient embrassés. Bien sûr, ils avaient couché ensemble – et c'était quand même quelque chose! Mais il ne ressentait pas le « truc » qu'il était censé ressentir pour elle. Vous savez, ce machin dont les gens amoureux parlent. L'étincelle, quoi. Eh bien, il n'y avait pas d'étincelle de passion alors, pour ce qui était du feu dont Scott n'avait pas cessé de lui rebattre les oreilles à propos d'Allison, on pouvait repasser. Donc, non, il n'avait pas vraiment de petite amie.
« Un petit copain alors ? » Proposa William, un sourire au coin des lèvres, se réjouissant du rosissement qui avait pris place sur les pommettes de Stiles.
« Ouhla non ! Les mecs et moi, ça fait deux. » Pause. « Euh enfin non, c'est pas ce que je voulais dire, je suis bien un mec hein ! » William pouffa de rire et il l'accompagna, heureux de pouvoir faire descendre la pression qui s'était accumulée depuis ce matin. Depuis la veille en fait. Il s'autorisa enfin à lâcher la poignée du plafond et grimaça de douleur lorsqu'il déplia ses doigts devenus rouges et légèrement gonflés. « Non, j'veux dire, je suis pas de ce bord. » Finit-il tout de même par préciser, ne voulant pas laisser s'installer le moindre doute dans l'esprit du conducteur.
« Je vois. » Stiles le fixa, attendant une suite. Qui ne vint pas. « T'aimes la musique ? » Enchaîna William, sans laisser à Stiles le temps de réfléchir à sa réponse énigmatique. « Je dois avoir quelques CD dans la boîte à gants. » Il profita de l'absence de virages pour se pencher vers Stiles et prendre quelques pochettes dans la-dite boîte. Il déposa son butin sur les genoux de Stiles. « À toi l'honneur. »
« Que de privilèges ! » Stiles inspecta rapidement le contenu des disques et en choisit un qu'il inséra presque religieusement dans la fente prévue à cet effet. Quelques secondes passèrent. Puis, trois notes mythiques résonnèrent dans l'enceinte de la voiture, engendrant un large sourire entendu de la part de William.
« Bon choix. Très bon choix. Allez viens, je t'emmène dans un endroit cool. »
« Pas en enfer j'espère ? » Répliqua Stiles, faisant référence à la chanson qui venait de commencer.
William ne répondit pas – y avait-il un intérêt ? - et préféra battre le tempo de la batterie sur le volant. Les trois minutes qui suivirent furent remplies de cris chantés – plus ou moins justes... plutôt moins que plus – des deux garçons. Ils imitaient les instruments de musique mobilisant leurs mains et leurs pieds. Stiles ne s'était pas senti aussi bien depuis un bon bout de temps. À vrai dire, en 2012 l'ambiance n'était plus spécialement à la déconnade. C'était franchement désespérant qu'il faille faire un voyage dans le passé pour retrouver la joie de pouvoir se défouler sur une musique de hard-rock.
Un bon quart d'heure se déroula dans la même ambiance détendue, rythmée par les hurlements et rires des deux passagers – Stiles hurlait, William se moquait. Puis la voiture ralentit lorsqu'ils arrivèrent aux abords d'un parking. William mit le frein à main au moment exact où la dernière note était jouée et fit un clin d'œil à Stiles, fier de lui, avant de descendre du véhicule. Stiles batailla quelques secondes avec sa ceinture avant de rejoindre son nouvel ami – enfin, son seul ami de l'époque à vrai dire... on y pense pas assez, mais une virée en voiture sur du AC/DC rapproche vachement – qui avait avancé de quelques pas en direction d'une grille. Derrière laquelle se trouvait un grand et gros bâtiment. Bâtiment qui ressemblait à s'y méprendre à -
« Tu m'as amené au lycée ? » S'exclama Stiles avec un air ahuri. « C'est ça ton endroit super cool ? » Il fit une grimace faussement dégoûtée en direction de William. « Tu crains un max, mec. »
William explosa de rire et passa un bras autour des épaules de Stiles, ravi de sa réaction.
« Allez, fais pas la gueule. » Il croisa le regard stoïque de son invité et sourit un peu plus avant de reprendre, plus sérieusement . « Si je t'avais dit qu'on allait chercher mon cousin, t'aurais jamais accepté de remonter dans la bagnole. »
« C'est vrai. Et avec raison. » Approuva Stiles d'un hochement de tête, satisfait de son hypothétique réponse. Il s'appuya un peu contre William – ce gars était vraiment trop confortable – les yeux dans le vague. Puis... « Hein, quoi ? Ton cousin ? » Il sursauta, provoquant la même réaction chez son congénère, et s'éloigna vivement de la grille. « Non non non non non... non non, je peux pas. »
William haussa les sourcils tellement haut qu'ils disparurent... bon non, il n'avait pas assez de cheveux pour ça, mais vous voyez le concept. Il l'observa faire quelques allers-retours entre la voiture et la grille, ne cessant de secouer la tête, marmonnant des « Non, pas possible, faut pas, franchement, papillon, non, non » et certaines phrases qui n'eurent aucun sens, même pour ses oreilles surentraînées. Lorsque Stiles eut achevé de créer une petite tranchée dans le béton du parking, William s'approcha de lui et le stoppa en posant une main sur son épaule.
« Eh, du calme. Faut pas de mettre dans des états pareils. C'est parce qu'on va voir Derek ? » Il cilla et son front se plissa lorsqu'il entendit nettement le cœur de Stiles accélérer à la mention de son cousin. « Bah, pourquoi ? »
« Mais, non, c'est pas ça... » Commença à dire Stiles, arrêtant sa cavalcade pour passer une main sur sa nuque. Il se demanda un dixième de seconde ce qu'il allait pouvoir dire pour s'en sortir. Puis : « En fait, si, c'est Derek le problème. » Devant l'air plus qu'étonné de William, il continua. « Je veux dire, il me rappelle quelqu'un à mon... dans ma ville. Et cette personne est pas super sympa avec moi. Mais du genre, carrément horrible. En fait il me frappe tout le temps. Et, avec sa force surhumaine – enfin, façon de parler – il fait super mal. Ça me laisse des traces, regarde. » Il souleva son tee-shirt pour montrer un bout de hanche sur lequel on apercevait une petite cicatrice en forme de croissant de lune – toujours la lune ! A croire que ce mec doit forcément apposer son sceau, j'vous jure... encore heureux qu'il m'ait pas pissé dessus en fait ! William s'approcha de Stiles pour examiner la marque et ce dernier rabattit brusquement son haut lorsque sa main effleura sa peau. « Derek... je veux dire De..rick ! – ouais en plus ils ont, genre, presque le même prénom, le calvaire – donc, Derick est super chiant. Et il ressemble énormément à ton cousin. Mais avec plus de poils. Donc voilà, j'aime pas trop me retrouver face à Derick. Enfin Derek. Et euh... voilà. »
Stiles espéra de tout cœur que William n'était pas en train d'écouter les battements de son palpitant. Car, en vérité il vous le dit – Amen - s'il avait dû passer au détecteur de mensonges, la machine aurait hurlé au viol.
Étrangement, son mensonge passa comme une lettre à la poste. Pourtant Stiles avait gravement dérapé sur ce coup-là et il en était bien conscient. À sa grande surprise, William ne fit que hausser les épaules en regardant ailleurs et se détourna de Stiles pour avancer vers le lycée. Cette absence de réaction fit douter Stiles – son guide l'avait-il entendu ? Ou compris ? Ou encore, Stiles s'était-il fait un trip, tout seul dans sa tête ? - mais, ayant retrouvé un peu de prudence, il n'en rajouta pas, heureux qu'on ne lui pose pas plus de questions. Puis, il entendit William grogner, et il comprit pourquoi il n'avait pas cherché à voir au delà de son baratin : la sonnerie avait dû retentir lorsque Stiles parlait, car une ribambelle de jeunes étaient en train de sortir du lycée. L'hyperactif repéra facilement Derek dans la foule. Parce que, premièrement, c'était le genre de personne qui ne se fond pas dans la masse. Et deuxièmement il se déplaçait au centre d'un large cercle vide, comme si les autres jeunes n'osaient pas l'approcher. Par crainte ? Peut-être. Parce qu'ils considéraient le brun comme un dieu inaccessible ? Au vu des regards envieux et béats de ceux-ci, sûrement.
Stiles faillit demander à William ce qu'il avait à grogner – non mais franchement, tous les loups étaient-ils obligés de grogner ? C'était, genre, un passage obligatoire pour être considéré comme un loup-garou badass ? Peut-être que c'était pour ça que Scott avait plutôt l'air d'un bébé chiot – ouais, il pléonasmait beaucoup dans sa tête, et alors ?
Bref, il allait lui poser sa question mais, pile au moment ou il ouvrait la bouche, ses yeux furent accaparés par une crinière blonde aux reflets mordorés qu'il avait vu... eh bien, la veille. Ou dans huit ans. Kate Argent. Stiles avait pourtant un sacré flair pour repérer les gens diaboliques depuis sa... possession, mais il ne l'avait pas remarquée au premier abord. Pourtant elle était scotchée au bras de Derek. À sa décharge, l'aura du brun était tellement forte que Stiles n'aurait probablement même pas vu un chameau, s'il y en avait eu un. C'était l'effet Hale.
« Ce que cette fille peut m'énerver... » La voix grinçante de William fit sursauter Stiles, perdu dans sa contemplation de cette scène tellement... surréaliste. « Je la déteste. Si je pouvais la mettre dans un carton et l'envoyer à l'autre bout du monde, ça m'arrangerait. » Il croisa le regard approbateur de Stiles et leva un sourcil. « Tu la connais ? »
« Qui ça, Kate ? » Oups...et voilà... Deuxième énorme bourde. Il eut la soudaine envie de se suicider lorsqu'il se rendit compte de la connerie qui venait de passer la barrière – résolument peu étanche – de ses lèvres. « Non. » Euh...là, ça pouvait pas passer.
William le fixa. Encore. Et encore. La scène dura des heures. Enfin dans l'esprit de Stiles. Réellement, il ne fallut que dix secondes montre en main pour que William hausse à nouveau les épaules – il avait sûrement une sorte de toc – et reprenne stoïque:
« C'est la copine de Derek. Elle a mon âge, on a fait toute notre scolarité ensemble. Une vraie conne. » Il posa de nouveau son regard sur le couple qui venait de décider de s'étouffer à coups de langues. Beurk. « Je viens souvent chercher Derek à la sortie des cours pour éviter qu'il rentre avec elle. Mais je sais pas comment elle s'y prend, elle l'alpague toujours avant moi. » Il fit une pause pour faire une grimace tandis que les deux tourtereaux s'étaient arrêtés pour mieux se tripoter. Stiles en profita pour prendre la parole, voulant connaître le fond de ses pensées.
« Mais...euh...qu'est ce qu'elle a fait de si horrible pour que tu la détestes comme ça ? Je veux dire, elle est stupide, d'accord, mais c'est pas si terrible. » Il avait eu du mal à laisser sortir ces mots, s'étouffant presque avec le dernier. Kate, pas si terrible ? Qu'est-ce-qu'il fallait pas dire comme âneries !
« Je la sens pas. Du tout. Elle est mauvaise, j'en suis persuadé, j'ai toujours l'impression qu'elle prépare un mauvais coup. »
Et c'est seulement à cet instant que Stiles se rendit compte que, si William était le cousin de Derek et qu'il habitait dans le manoir au cœur des bois, cela signifiait qu'il allait mourir brûlé à cause de cette harpie de Kate. Oui, il était plus que long à la détente, mais nous avons déjà passé cet aspect de Stiles en revue. Une chape de plomb s'abattit sur son estomac et il dut se mordre la langue pour s'empêcher de prendre William dans ses bras pour le réconforter. Quoi ? Ce mec était mort ! Ou presque ! Purée quand est-ce-que ça arrive déjà ? Se demanda vivement Stiles, comme si William allait s'embraser spontanément dans la minute.
Il n'eut cependant pas le temps de chercher dans ses souvenirs le mois ou au moins l'année de l'incendie car le couple arriva soudain devant eux. Derek arborait un air revêche – mais bien moins intimidant qu'en 2012 – et Kate un sourire de façade n'illuminant que la moitié inférieure de son visage. Les deux cousins restèrent à se fixer en silence quelques instants, puis Derek prit la parole.
« Qu'est-ce-que tu fous là ? Je t'avais dit que j'allais chez Kate après les cours. » Tous les regards étaient dirigés vers Derek et Stiles en profita pour l'observer de façon approfondie, mettant totalement de côté cette histoire d'effet papillon – après tout, il suffisait qu'il ne fasse pas autant de bourdes qu'avec William... de toute façon ce dernier allait mourir, ça ne changeait pas grand chose qu'il connaisse Stiles. Oh mon dieu, je suis une horrible personne.
Le Derek de 2004 était très semblable à celui de son époque. Mais une chose attira l'esprit de Stiles : sa carrure. Il était beaucoup moins musclé. Et un peu plus petit. Stiles se rendit compte, qu'en fait, il était plus grand et plus baraqué que Derek. Il aurait bien fait une petite danse de la victoire tant il en était heureux – il lui suffisait de peu – mais le regard noir que Derek posa sur lui lui coupa toute envie.
En fait, tous les regards venaient de converger vers lui, et il savait fichtrement pas la raison de cet intérêt qu'on portait à sa petite personne. Stiles se fit la réflexion qu'il serait peut-être utile d'écouter ce qui se passait dans la réalité plutôt que de s'évader toutes les cinq minutes à mille lieux de celle-ci.
« Oui ? » Demanda-t-il, comme si de rien n'était.
« Derek t'as demandé ce que tu faisais à mes côtés », répondit rapidement et gentiment William. Bien que, vu la tête de Derek, il n'avait pas dû prononcer exactement ces mots. « Je l'ai rencontré cet après-midi et on a discuté. » Continua-t-il sur sa lancée, ne voulant apparemment pas que Stiles prenne la parole. Sûrement pour éviter qu'il ne raconte de la... enfin, vous avez compris. Et Stiles l'en remerciait grandement. « C'est Stanley, un New-yorkais en vacances. »
« C'est la période des vacances, à l'est ? » intervint une voix aiguë. Stiles fronça les sourcils devant l'air attardé que Kate affichait. Elle voulait peut-être paraître sensuelle avec cette moue, mais Stiles lui trouvait plutôt un air de ressemblance avec un canard. Un canard retardé et un peu constipé. Mais sa tentative pour être... mignonne dut fonctionner car Derek lui adressa un regard d'adoration, teinté d'une espèce... d'amour ? Écœurant.
C'était probablement ce que William pensait aussi car il poussa un long soupir dans lequel Stiles l'entendit nettement imiter Kate. La jeune femme fut certainement la seule à ne pas se rendre compte de la moquerie car Derek jeta un regard de tueur à son cousin – Stiles aurait juré voir une lueur jaune s'allumer au fond de ses prunelles.
« J'ai pris une année sabbatique » répondit finalement Stiles pour ne pas laisser les deux Hale s'entre-tuer. « J'ai décidé de venir au chaud pour faire du camp- »
« Bref ! » L'interrompit vivement William. « Derek je suis venu te chercher parce que Peter a besoin de toi... pour... réparer la porte du garage. » Stiles n'était pas un loup-garou, mais il put facilement déceler le mensonge grotesque qui venait de sortir de la bouche de William.
Derek aussi.
« Tu peux pas l'aider, toi ? » Grogna-t-il en caressant les cheveux de Kate qui venait de poser la tête sur son épaule. « J'ai promis à Kate qu'on irait voir un film, ce soir. » Il lança un regard mi-suppliant mi-énervé – mon dieu, un Derek qui supplie ! - à son cousin mais il capitula devant l'air sévère qu'il reçut en retour – mon dieu, un Derek qui capitule !
Ce dernier soupira et se tourna vers la blonde qui continuait à s'accrocher à lui comme une moule à son rocher.
« Bébé, je vais devoir y aller. On se voit demain, promis. »
« Mais, tu m'avais juré... » le ton geignard vrilla les oreilles de Stiles. Franchement, quelle comédie ! Il savait parfaitement que Kate n'était pas ce genre de princesse pleurnicheuse qu'elle s'appliquait à présenter en cet instant.
Il dut laisser passer un léger soupir d'ennui car le couple se tourna rapidement dans sa direction, visiblement prêt à commettre un meurtre. Stiles leva les mains, comme pour se disculper, et recula de quelques pas, s'arrêtant seulement lorsqu'il fut contre la voiture de William. Il observa Derek murmurer quelques mots à l'oreille de sa dulcinée avant de détacher les bras qu'elle avait fermement noué autour de son cou et de s'éloigner d'elle, suivi par son cousin. La jeune fille lui fit un signe de la main, tout sourire, tandis qu'il la regardait encore. Puis, au moment où il se détourna d'elle, son air angélique s'effaça pour laisser apparaître la vraie Kate. Ce changement glaça le sang de Stiles, qui avait momentanément oublié à quel point cette femme pouvait être machiavélique et totalement flippante. Pour ne rien arranger, la blonde lui adressa un regard glacial, accompagné d'un sourire mielleux. Et c'est à cet instant exact que Stiles prit une décision qui allait tout changer : il ne la laisserait pas gagner. Il allait l'empêcher de mettre ses plans à exécution. Foi de Stilinski, les Hale survivraient.
Pfiouuuu, il était long quand même! J'suis fière de moi BD
Aloors, j'espère que vous avez apprécié ce chapitre, moi j'l'aime plutôt bien =D
Vala mes petites questions habituelles:
1) D'abord, avez vous reconnu la chanson de la voiture?
J'ai laissé pas mal d'indices =)
2) Ensuite, que pensez-vous de notre charmant couple, ils sont mignons hein =DD
3) Euh sinon j'ai pas mis de références (enfin je crois pas lol).
Celle de la dernière fois c'était "Pourquoi cet air si sérieux?"
phrase mythique du Joker dans Batman. Bah alors mes caribous,
on est pas trop super héro? =)
4) J'ai cru comprendre (enfin non, on m'a clairement dit) que pour certains d'entre vous, 2 semaines entre deux chapitres c'étaient trop long.
Alors c'est vous qui voyez, soit j'arrête de publier pendant un petit moment (genre 3 mois...) pour avancer dans l'histoire et vous poster
les chapitres tous les 2/3 jours. Soit je continue comme ça. J'aimerai avoir le plus d'avis possible. Oui ça vaut aussi pour toi, lecteur anonyme!
Voui voui, je te vois à travers ta cam!
5) Il est quand même bizarre William hein? Genre il comprend rien... xD
Aller, je vous laisse profiter des derniers rayons de soleil de ce beau dimanche venteux!
Bisou bisou et paix à tout le monde (surtout aux caribous)
'Lys
