Bonjour tout le monde, comment allez-vous ? Comment était cette rentrée ?
Voici enfin le chapitre 7 de cette fiction, encore une fois excusez mon retard Mais le chapitre 8 ne devrait pas mettre autant de temps à suivre, puisque je suis déjà en train de l'écrire en cet instant précis. Merci en tout cas pour votre fidélité et j'espère que ce chapitre vous plaira !
Dans ce chapitre, un nouveau personnage apparaît et entraînera de nouvelles aventures pour notre petit NijiAka :D
Réponses aux reviews :
Cookiiie : La rentrée a été plutôt dur, mais je vais bien et toi ? Je suis contente que la relation entre Nijimura et Akashi te plaisent autant que dans Le Papillon ; je ne pouvais pas résister et me voyais donc presque obligée de faire une fiction rien qu'à eux xD Et oui Kuroko est plus âgé qu'Akashi, c'est choquant hein ? ;) Mais je le voyais bien interargir avec Nijimura. Et Nijimura n'est pas complètement aveugle face aux sentiments d'Akashi, ne t'inquiète pas ;) Mais je n'en dirais pas plus et te laisserais découvrir cela plus tard. Merci beaucoup pour ton commentaire et je te souhaite une bonne lecture !
lara croft : Merci beaucoup pour ta review et je te souhaite une bonne lecture !
luce1999 : Et voici le chapitre 7 :D Merci pour ton commentaire et je te souhaite une bonne lecture !
Saiken-chan : Merci beaucoup pour ton commentaire qui m'a énormément fait plaisir ! Et oui, il faut bien remplir ce fandom de NijiAKa, ce couple est tellement formidable et évident. Et crois-moi, Nijimura n'est pas tant aveugle que ça face aux sentiments d'Akashi, mais je ne t'en dirais pas plus ;) J'espère que ce chapitre te plaira et je te souhaite une bonne lecture !
Rin-BlackRabbit : Et voici le chapitre 7 pour te ravir davantage :D Et oui, Masaomi n'est pas tendre avec Nijimura, mais il faut comprendre que c'est un homme jaloux... et ne t'inquiète pas, malgré son intervention ce n'est pas ça qui va empêcher Akashi de continuer à voir notre petit brun ! Pour ce qui est de la différence d'âge, Nijimura a ici 23 ans et Akashi 15, donc elle est de 8 ans :) En tout cas, je m'amuse à lire tes avis sur cette fiction, et je suis plus que ravie de voir que cela te plaît. Un grand merci à toi donc pour commenter cette fiction et la suivre avec une telle passion haha ! J'espère donc que ce chapitre te plaira et te laisse découvrir les nouveaux éléments !
Le portrait
Chapitre 7
Quelques jours s'étaient écoulés depuis sa conversation avec le majordome de leur maison et Akashi n'avait toujours obtenu aucune réponse. Au cours des repas en compagnie de son père, il avait bien évidemment pensé ouvrir la discussion en abordant le sujet de Nijimura, mais ses mots mourraient toujours au fin fond de sa gorge. Ce n'était pas de la timidité, ou même de la nervosité, simplement Akashi ne savait pas comment lancer le sujet et surtout quoi demander exactement. De plus, son père avait toujours été réticent à parler de son ancien manager, alors il savait avant même d'avoir commencé que tout ceci ne serait pas aisé. Puis, il avait pensé appeler directement Nijimura pour convenir d'un jour où ils pourraient se rencontrer et discuter, mais là encore Akashi avait abandonné l'idée.
Il avait compris que Nijimura ne comptait plus revenir chez eux, et de par ce fait, ne plus le côtoyer. A cette pensée, son cœur se contractait toujours de cette façon douloureuse qui lui était jusqu'alors inconnue. Il était conscient de s'être attaché au brun, qui était parvenu à le comprendre et ne l'avait jamais forcé à peindre comme le faisait actuellement son nouveau manager. Nijimura lui avait tendu la main lorsqu'il n'allait pas bien et lui avait fait découvrir de nouvelles choses lors de leur sortie, réveillant son imagination et son plaisir à se saisir d'un pinceau et couvrir une toile blanche de mille couleurs.
Sa passion pour la peinture ne devait pas devenir une contrainte. Il avait démarré ses travaux pour sa mère, afin de lui faire plaisir et voir un sourire s'étendre sur son visage blême. A sa manière, il désirait la rendre heureuse.
En se souvenant de sa défunte mère, Akashi eut subitement une nouvelle idée. Il quitta immédiatement sa chambre pour se diriger dans le couloir et rejoindre une pièce singulière à l'intérieur de cette grande maison, bien trop grande pour juste un père et son fils. En face de la porte en bois, sa main hésita tout de même un instant à abaisser la poignée.
Cela faisait des années qu'il n'était pas entré dans cette pièce où les souvenirs de sa mère avaient été entreposés ; photographies, livres, tout objet qui lui avait été important, se trouvaient rangés dans cet espace. Les domestiques n'avaient pas le droit d'y mettre les pieds, même pour y faire le ménage. Cet endroit sacré n'était réservé qu'à lui et son père, et était pourtant souvent ignoré afin d'oublier ce drame qui avait ébranlé leur famille. Les fois où Akashi y avait mis les pieds se comptaient sur les doigts d'une seule main ; la première fois étant lors de la création de cette pièce, lorsque sa mère venait de les quitter injustement et qu'il ne parvenait pas à faire face à la réalité. Se berçant ainsi de ces souvenirs et de son parfum, encore diffusé par certains des objets, il avait comme l'impression qu'elle était toujours à ses côtés et enlaçait son corps victime de soubresauts.
Akashi ferma les yeux et inspira longuement afin de chasser ses douloureux souvenirs, puis il poussa la porte et entra dans l'espace clos.
Puisque peu de personnes y mettaient les pieds, une odeur particulière remplissait les lieux. Quelques rayons du Soleil parvenaient à déjouer les rideaux et ainsi bercer la pièce de douces lumières, éclairant la poussière qui voltait à l'air libre. Malgré son hésitation précédente, Akashi se sentit étrangement apaisé en redécouvrant cet endroit et ses traits se détendirent.
Il se rapprocha ainsi de l'étagère qui était remplie des livres qu'avait lu sa mère, mais aussi des quelques albums photos qu'elle avait pris soin de concocter afin de se souvenir du moindre événement passé aux côtés de sa famille. Du bout de ses doigts, comme si les prendre en sa possession les détruirait, Akashi l'arrête tout en apercevant les dates défiler les unes après les autres. Sa main s'arrêta toutefois sur le dernier album photos ; l'année de sa mort.
Lentement, sa main retomba le long de son corps et son poing se contracta. Durant un instant ses yeux le démangèrent, mais il agita rapidement sa tête sur les côtés et redressa son visage. Avec un soin particulier, il se saisit du dernier album photos et alla s'asseoir sur le petit bureau au fond de la pièce. Délicatement, il ouvrit l'album et rencontra les premières photographies où il avait huit ans et que son père lui faisait prendre une leçon d'équitation. Un sourire nostalgique se forma dès lors sur ses lèvres. A cette époque, son père n'avait pas cette sévérité sans borgne et savait se mesurer, souvent grâce à l'intervention de sa femme qui lui imposait des limites afin de ne pas l'étouffer. Lorsqu'ils étaient tous les trois, Masaomi oubliait son rang et ses devoirs et se comportait comme un père jouant avec son fils unique.
Ainsi sur cette photographie où il était clairement visible qu'il n'était pas à l'aise sur son cheval, son père lui étirait un large sourire et lui tenait les mains à travers les rênes. Akashi se souvint alors qu'il lui donnait des conseils pour mieux tenir son cheval en bouche, sans y mettre trop de force et ainsi déranger l'animal. Ce moment complice entre un père et un fils qui avait été pris en photo par Shiori ; mais dont la disparition fit s'envoler au loin cette fameuse complicité pour n'y laisser derrière elle qu'un sentiment amer. Ils n'étaient plus que des étrangers, se croisant parfois dans les couloirs sans s'adresser la parole.
Un sentiment de lourdeur le prit alors, et l'obligea à relever son attention de l'album pour regarder le ciel à travers la fenêtre.
« Maman serait malheureuse de la situation actuelle… »
Son soupir combla le silence qui remplissait les lieux, pour rapidement disparaître et être oublié de tous. Du bout de ses doigts, Akashi caressa la photographie où son père souriait. Il ne se souvenait même pas que cet homme puisse sourire de la sorte.
Il décida cependant de tourner les pages et ainsi laisser au temps passé ses mystères et ses souvenirs, s'intéressant de la sorte aux nouvelles photographies qui apparurent sous ses yeux. Ses sourcils se froncèrent subitement lorsque ses yeux rencontrèrent un cliché qui attira tout particulièrement son attention. Cette fois-ci, sa mère apparaissait sur le papier rectangulaire et se trouvait positionnée derrière un adolescent aux cheveux blonds, tirant sur ses joues afin de le forcer à sourire tandis que son visage à elle irradiait de malice. Sa longue chevelure sanguine retombait contre les épaules du garçon qui rougissait légèrement, le regard fuyant.
Observant avec grand soin ce garçon dont Akashi n'avait aucun souvenir, une multitude de questions tournoyèrent dans son esprit. De toute évidence, ces cheveux semblaient être une décoloration puisque des racines corbeaux étaient visibles. Son visage décalé sur le côté permit à Akashi de remarquer les nombreux piercings qui couvraient ses oreilles.
« Que fais-tu ici ? »
La voix cinglante le fit sursauter plus que nécessaire, sa main se refermant autour du cliché qu'il avait glissé hors de l'album. Derrière lui, son père était apparu après avoir vu la porte de cette pièce entrouverte depuis le couloir. Il s'était alors pressé, pensant qu'un domestique lui aurait désobéi, mais fut davantage surpris en y apercevant la silhouette de son fils.
« Réponds-moi Seijūrō : que fais-tu ici ? Répéta une nouvelle fois la voix orageuse de Masaomi.
— Je voulais obtenir des réponses, avoua enfin le rouquin.
— Des réponses sur quoi ? Ne pouvais-tu pas venir me voir et me demander au lieu de venir ici ? »
En levant les yeux vers son père qui lui crachait ces paroles, Akashi se rappela de la photo où cet homme lui souriait. Un temps si lointain que même lui semblait l'avoir oublié, ou bien l'avait enterré en même temps que sa femme. Son père n'était plus que sévérité et autorité depuis la disparition de sa mère. Il se demanda alors s'il devait lui parler de ce garçon présent aux côtés de sa mère sur la photographie, il hésita un long instant, avant de finalement y renoncer.
De toute évidence, si jamais il lui parlait du cliché, son père le lui arracherait es mains afin de le remettre à sa place. A l'intérieur de cette pièce où tous les souvenirs de Shiori avaient été soigneusement consignés, dans l'unique but de les préserver et de laisser une trace matérielle de son existence, rien ne devait être déplacé ou retiré de peur de briser l'illusion.
« Je ne voulais pas vous déranger dans votre travail. Je vais ranger et m'en…
— Ne t'occupe pas de ça, je m'en charge. Retourne dans ta chambre. »
L'ordre soudain lui fit arquer un sourcil, mais son père refermait déjà l'album photo. Durant un instant, il observa la silhouette de Masaomi qui se trouvait encore de dos, et qui, bien que le livre de famille était déjà fermé, ne quitta pas le bureau. Le plat de sa main reposait contre l'ouvrage, sa prestance s'effritant au fur et à mesure qu'il restait dans cette pièce imbibée des souvenirs de sa femme défunte. Sans attendre davantage, Akashi quitta les lieux ; désireux de laisser l'intimité nécessaire à son père.
De nouveau dans le couloir, et après avoir refermé la porte derrière lui, Akashi déplia sa main où la photographie de ce garçon et de sa mère se trouvait jusqu'alors cachée. Malheureusement, sa précédente position avait broyé le cliché par endroit, mais le visage de ce garçon y avait échappé.
Scindant en deux le nuage de son incompréhension et ses doutes, un éclair de réponse lui était apparu ; une direction dans laquelle aller afin d'obtenir une réponse qui attiserait sa curiosité.
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Le lendemain de sa découverte, Akashi dut cependant cesser de forger des hypothèses plus alambiquées les unes que les autres. Son nouveau manager était revenu à la charge et l'attendait dans le salon, où un domestique lui avait servi le thé et lui avait proposé de s'asseoir. Cependant, après avoir descendu les escaliers qui séparaient le salon des chambres, Akashi trouva Shirogane occupé à faire des allers-retours. Ses paroles marmonnées ne remontèrent pas jusqu'à ses oreilles, mais l'adolescent n'eut aucun mal à comprendre qu'il en était la raison. Cela faisait plusieurs semaines qu'il n'avait même pas touché un pinceau.
Son regard sanglant ne tarda à rencontrer celui de Shirogane qui s'arrêta immédiatement, ses bras se décroissant de son torse pour rapidement venir longer son corps. Il se passa quelques secondes durant lesquelles aucune parole ne fut prononcée, où ils se regardèrent simplement. Bien que Shirogane avait rapidement succédé à Nijimura et occupait dès à présent le rôle de manager, Akashi ne l'avait pas accepté et retrouvait son ancien comportement. Le rouquin n'avait jamais été particulièrement coopératif avec ses anciens managers, leur menant souvent consciemment la vie dure comme pour les tester et ainsi vérifier leur motivation et leurs capacités. Il n'avait pas besoin d'un manager qui plierait à la moindre difficulté et c'était en parti pourquoi il avait finalement accepté le travail de Nijimura à ses côtés, parce que le brun lui avait tenu face et s'était imposé.
« Êtes-vous parvenu à peindre récemment, Akashi-san ? Demanda rapidement Shirogane, rendu à bout de patience.
— Je vous aurais tenu au courant si cela avait été le cas, répondit-il tout en soupirant.
— Cessez ce ton condescendant avec moi. Je ne suis pas votre ami ni un membre de votre famille, et sans manager il vous sera impossible d'exposer vos œuvres.
— Serait-ce une menace ? »
Akashi avait froncé ses sourcils suite aux propos tenus par Shirogane, qui continuait à soutenir son regard et se tenir en face de lui sans montrer le moindre signe de faiblesse. Cet homme avait été poussé jusqu'à ses retranchements et avait perdu toute trace de patience et de considération. Dorénavant, Shirogane semblait avoir décidé de lui tenir tête et de l'affronter sans garder sa langue dans sa poche.
« Vous avez connu le succès très jeune et de façon immédiate, alors je peux comprendre votre façon de raisonner. Mais pensez-vous vraiment que sortir des œuvres seulement quand cela vous chante est suffisant ? Une réputation s'entretient de jour en jour, et non de manière épisodique. Si vous avez décidé de continuer à faire la forte tête et ne peindre que selon vos caprices, reconsidérez votre carrière. »
Etant conscient que Shirogane le remettait à sa place, Akashi contracta sa mâchoire. La première fois qu'il avait utilisé un pinceau pour créer une toile, c'était pour sa mère : dans le seul but de la voir sourire et être heureuse. Il n'avait même pas songé un seul instant aux répercussions que son geste pouvait avoir sur l'avenir. Après tout, voulait-il devenir un peintre professionnel ? Serait-il capable de vivre de ses peintures ? Et est-ce que cela lui serait suffisant ? Toutes ces questions importantes, qui le concernaient directement, n'avaient absolument pas de réponse.
De ce fait, les paroles de Shirogane prirent rapidement tout leur sens et s'accrochèrent à ses pensées. Akashi se pencha alors sur la question, abaissant un instant son regard pour se perdre dans ses réflexions et se questionner sur sa position actuelle. Tout un tas de choses arrivaient en même temps, ses yeux s'ouvrant sur des faits qui avaient pourtant toujours été à ses côtés mais dont il n'avait su prendre conscience ; et honnêtement, Akashi ne savait pas dans quelle direction poursuivre son chemin.
Semblant saisir le nouvel état d'esprit confus de l'adolescent, Shirogane soupira tout en affaissant ses épaules. Il ne devait pas oublier qu'Akashi était un enfant de quinze ans qui n'avait assurément pas la même mentalité, et la même maturité, que ses autres protégés. Ce fut donc par une voix adoucie, qu'il reprit la parole :
« Si c'est un simple manque d'inspiration, sortez donc de chez vous. Je n'ai jamais vu quiconque retrouver l'envie de peindre en restant cloisonné chez lui.
— Je devrais donc sortir ? Sourit amèrement Akashi, doutant fortement que son père l'y autorise.
— Je peux en discuter avec votre père, s'il ne s'agit que de ça. »
Tout d'abord surpris que cet homme parvienne à saisir ses pensées, Akashi finit tout de même par étirer un tout autre sourire sur le coin de ses lèvres. Ses yeux s'allumèrent d'une nouvelle flamme et, tout doucement, sa vision de Shirogane commença à se métamorphoser.
« Occupez-vous des choses qui bloquent votre imagination et prévenez-moi quand vous serez prêt à peindre de nouveau, d'accord ? »
Akashi acquiesça et il fut convenu d'agir ainsi. Shirogane promit de s'entretenir avec son père afin de lui permettre de sortir dehors, et sans même réfléchir à deux fois, Akashi savait dans quel endroit il mettrait les pieds en premier. Derrière ses paupières repassaient la photographie de ce garçon aux côtés de sa mère ; ayant pour mission d'associer un nom à ce visage et de découvrir le lien qu'il avait pu tisser avec Shiori pour la rendre si vivante à travers ce cliché.
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Quelques jours plus tard, le réveil fut particulièrement difficile pour Nijimura. Sa main droite vint supporter le poids de son visage tandis que l'autre chercha à l'aveuglette son téléphone afin d'arrêter le supplice. Il se retrouvait donc assis sur son canapé avec à ses pieds des cadavres de bouteilles et de cannettes de bière. Depuis sa réconciliation avec Haizaki, ils se retrouvaient souvent à son appartement pour boire ensemble après son travail.
Nijimura pensa tout de même à diminuer son taux d'absorption pour la prochaine fois, son mal de tête n'allant sûrement pas l'épargner au cours de la journée.
Sa main gauche finit par attraper son portable, renversant entre temps quelques canettes qui terminèrent leur chemin contre le sol dans un tintement sec. Nijimura grogna tout en fronçant ses sourcils, jetant un regard assassin vers les détritus jonchant le sol. Des ronflements attirèrent cependant son attention et son regard dériva pour finalement remarquer la silhouette d'Haizaki allongé à même le sol.
Au cours de leur nuit mouvementée, le corps de son vieil ami n'était couvert que par une minuscule couverture laissant apparaître certaines zones de son corps complètement dénudées. Au même instant, Nijimura fut pris de maux de tête et il saisit son front entre ses mains. Il n'était pas plus couvert qu'Haizaki : un simple caleçon l'habillait, et en un simple coup d'œil il pouvait voir toutes leurs affaires éparpillés de part et d'autres dans son appartement. Il n'était donc pas compliqué de comprendre comment la soirée avait pu se terminer, poussant Nijimura à laisser tomber sa tête vers l'avant et passer sa main à toute vitesse dans ses cheveux.
Toutefois, Nijimura n'avait pas le temps de s'attarder sur le sujet et reconsidérer ses actes ; il allait devoir retrouver Kuroko au bar et assurer son service. Il quitta de la sorte le canapé et se dirigea vers Haizaki, la couverture lui servant uniquement pour couvrir son bas-ventre et une de ses jambes. Tout son torse était exposé à la vue de Nijimura dont les souvenirs de la veille continuaient de lui revenir, se jouant derrière ses paupières tandis que sa main vint cette fois-ci gratter sa nuque nerveusement.
Qu'est-ce qu'il avait fait…
Il n'eut cependant pas le loisir nécessaire pour méditer sur la question, puisque son attention fut attirée par de nouvelles cicatrices qu'il aperçut sur le corps de son ami. Aussitôt, ses sourcils se froncèrent et il se rapprocha. Du bout de ses doigts, Nijimura suivit la longueur de ces entailles. Des coups de couteaux, Nijimura avait lui-même déjà connu cela ; son corps en était la preuve parfaite puisqu'il avait lui aussi son lot de cicatrices. Tout en continuant d'effleurer les marques sur le corps d'Haizaki, le brun se demanda si son ami avait trouvé un moyen par lui-même pour arrêter leurs bêtises ou bien s'il avait gardé un pied à l'intérieur de ce monde.
A cette réflexion, son esprit se coupa du monde qui l'entourait, ne remarquant pas la fin des ronflements d'Haizaki dérangé par les effleurements qu'il ressentait contre son estomac.
Haizaki avait tout d'abord ouvert de grands yeux en apercevant Nijimura accroupi à ses côtés, le regard perdu dans le vague et le bout de ses doigts continuant à suivre le tracé de ses cicatrices. Néanmoins, il finit par sourire et gigota un instant en remuant son bassin, attirant ainsi le regard de son ancien amant dans sa direction.
« Je savais que mon corps t'avais manqué. » Souffla-t-il d'une voix enjôleuse.
Décontenancé par l'intervention soudaine d'Haizaki, Nijimura pivota rapidement son visage sur le côté tout en se redressant et infligeant un coup de pied contre son flanc. Il ne s'attarda pas plus longtemps sur cet idiot et se dirigea vers la salle de bain, ignorant ainsi le rire étouffé par la douleur d'Haizaki.
S'appuyant contre le sol afin de se redresser, un sourire satisfait s'étira sur le coin de ses lèvres. Haizaki prit à son tour le chemin de la salle de bain, il n'avait jamais eu froid aux yeux et même si les coups de Nijimura faisaient mal, cela ne suffisait pas à l'effrayer. Le fait qu'en plus, la porte lui permettant de rejoindre son ami n'avait même pas été verrouillée l'incita davantage à venir le rejoindre : se glissant ainsi à l'intérieur sans se poser de questions, Haizaki entendit à peine Nijimura marmonner une injure avant de recouvrir sa bouche par la sienne. Bien entendu, le brun chercha à se débattre et le faire sortir de la cabine de douche, mais Haizaki ne comptait pas laisser une opportunité pareille lui filer entre les doigts. Ses mains partirent ainsi étreindre ce corps abîmé, caressant les endroits qu'il savait sensibles, et vint déposer son front contre l'épaule de son vis-à-vis.
Depuis toujours, ils avaient passé de nombreuses nuits à partager un lit miteux, se servant mutuellement de la chaleur de l'autre comme unique couverture afin de survivre à l'hiver. A aucun moment ils ne s'étaient demandés si ce qu'ils étaient en train de faire était mauvais ; leur existence même était un délit. Du moins Haizaki s'était mis à raisonner de la sorte lorsque Nijimura s'était soudainement volatilisé de son champ de vision pour réapparaître aux côtés de cette femme mourante un beau jour, sans crier gare. Cette silhouette qui au cours de plusieurs années avait été son unique pilier, son seul moyen de garder en lui une part d'humanité et ne pas sombrer complètement, avait pourtant disparu du jour au lendemain sans même laisser un mot derrière lui.
Il avait été abandonné, lâché misérablement après avoir perdu toute son utilité. De son côté, Nijimura souriait et prenait tranquillement le thé avec cette femme prise d'un élan de gentillesse, ayant sûrement ressenti le besoin de venir en aide à ce jeune délinquant dont l'avenir obscur était déjà tout tracé. Haizaki se moqua intérieurement de cette femme, ses mains continuant de glisser sur le corps de Nijimura qui participa à l'échange. Son corps réagissait aux mains bien trop connues d'Haizaki, et au fond ce serait mentir de dire que ce genre de moment charnel ne lui avait pas manqué.
Se sentir désiré, parfois même aimé, avait toujours été leur seul rayon de Soleil au cours de cette époque sombre.
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Plus tard dans la matinée, Nijimura arriva sur son lieu de travail et vint saluer Kuroko qui se trouvait déjà derrière le comptoir. Après être passé dans les vestiaires afin de revêtir sa tenue de serveur, enfilant son tablier noir qu'il noua derrière son dos, avant de revenir aux côtés du bleuté qui servait des cafés aux premiers clients. Il se mit rapidement à la tâche et s'occupa à son tour de ces hommes qui venaient de passer la porte.
Depuis plusieurs semaines, le quotidien de Nijimura se résumait entre son appartement où il passait les nuits ainsi que son lieu de travail. Parfois, à la fin de son service ils sortaient avec Haizaki et profitaient de la ville nocturne, ou bien ils se retrouvaient à son appartement et buvaient quelques bières devant la télévision. Son train de vie paisible lui convenait parfaitement et lui permettait de souffler, offrant un repos inespéré à ses nerfs mis à rudes épreuves par le caractère d'Akashi et les regards condescendants du père de ce dernier. Dorénavant, malgré quelques querelles avec Haizaki, Nijimura se sentait sur la bonne voie. L'idée qu'avait eue Kuroko de le faire travailler à ses côtés n'était pas si mauvaise.
Peut-être qu'à ce jour, il allait enfin pouvoir devenir un homme honnête et heureux comme l'aurait souhaité Shiori.
Cependant, lorsque les clochettes accrochées au-dessus de la porte firent retentir leur douce mélodie cristalline, ce ne fut pas pour annoncer l'arrivée d'un nouveau client. Kuroko fronça tout d'abord les sourcils en voyant une jeune fille apparaître dans son établissement. Il vit son visage s'illuminer un instant après avoir trouvé la silhouette de Nijimura, et sans crier gare ni même avertir celui-ci, se précipita vers lui. D'une poigne ferme, elle avait saisi son bras et semblait vouloir l'emmener avec elle sans se soucier de l'effet de surprise qui s'étendait sur le visage de Nijimura.
« Rin !? »
Les yeux agrandis à leur paroxysme, Nijimura mit un certain temps avant de poser ses mains sur les épaules tremblantes de sa petite sœur afin de l'arrêter mais, surtout, la faire tenir en place. Il la détailla alors avec la plus grande attention, ressentant ses tremblements contre ses paumes. Plusieurs fois, Rin chercha à se défaire de l'emprise de son frère exigeant qu'ils ne perdent pas davantage de temps, malheureusement il avait beaucoup plus de force qu'elle. Ainsi, son regard foudroya celui du brun qui arqua un sourcil en remarquant l'impatience anormale de la jeune fille.
« Takeru a des ennuis ! Dépêchons-nous ! »
De nouveau, elle tenta de s'échapper et y parvint grâce à l'effet de la nouvelle alarmante. Sans plus tarder, elle attrapa de nouveau le bras de Nijimura et essaya de l'emmener avec elle, mais les pieds du brun restèrent à leur place et elle fut bientôt stoppée à son tour. Dans un mouvement rapide, son corps pivota sur le côté et ses cheveux courts se rabattirent contre son visage tandis qu'elle dardait de nouveau son frère d'un regard menaçant.
« Ce n'est pas le moment de te tourner les pouces ! Takeru a besoin de toi, cria-t-elle.
— Je ne peux pas partir maintenant, Rin. Je suis au travail. » Gronda-t-il.
Le ton ferme de Nijimura fit passer une expression douloureuse sur le visage de sa petite sœur, qui mordit fiévreusement dans sa lèvre inférieure tout en serrant davantage le bras du brun dans le creux de sa main. Elle ne pouvait pas repartir sans Nijimura, pas dans l'état actuel des choses. Ses yeux commencèrent à se brouiller tandis qu'elle voyait de nouveau Takeru être appelé par l'un de ses camarades de classe, un sourire mauvais étiré sur son visage.
Elle retint toutefois ses larmes et releva de nouveau son regard vers celui de son frère qui chercha au même instant à se libérer de son emprise, et retourner à ses tâches. Il eut à peine le temps d'exercer le moindre mouvement que la voix de sa sœur gronda déjà dans l'établissement.
« Tout est de ta faute ! Tu nous as laissé derrière, maman, Takeru et moi… Tu crois que ça a été sans conséquence !? Tu penses vraiment que Takeru n'a pas dû essuyer des coups à ta place ? »
Cette fois-ci, Rin éclata en sanglots tandis qu'elle se remémorait tous ces mois où son grand-frère avait quitté la maison, les laissant derrière lui sans même savoir s'il était vivant ou non. Elle apporta rapidement ses mains par-dessus ses yeux, essayant en vain de cacher ses larmes. Tout son corps tremblait à vue d'œil tandis que l'énervement et son inquiétude envers Takeru étaient en train de déborder. Elle en avait assez de s'inquiéter, d'entendre des moqueries de ces enfants dont leurs grands-frères avaient croisé la route de Nijimura et dont la disparition avait suscité son lot de moqueries.
« Comme si la perte de papa n'a pas été importante… tu n'as pas été là pour nous. Quand Takeru et moi avions le plus besoin de toi, tu… »
Toutefois, Rin ne put continuer sur sa lancée qu'une main vint délicatement se poser par-dessus sa tête. Afin d'éviter un scandale dans l'établissement, Kuroko avait fini par intervenir et étira un sourire réconfortant lorsque son regard croisa celui de cette jeune fille, dont les larmes s'arrêtèrent. Kuroko lui tendit ensuite un mouchoir, lui chuchotant par la suite des mots réconfortants afin de la calmer et lui permettre de leur raconter ce qui était arrivé.
De son côté, Nijimura se souvint que Takeru l'avait toujours suivi et regardé avec admiration. Ainsi à force de le regarder en coin, Takeru avait adopté certains traits de son comportement et avait même commencé à dévaler la même pente que lui.
Son petit frère qui fréquentait des adolescents bien plus âgés que lui, qui faisaient les quatre cents coups en leur compagnie. Nijimura sentit son sang bouillir et son rythme cardiaque s'accélérer en s'imaginant divers scénarios catastrophiques ; songeant à retrouver Takeru encerclés par des délinquants venus chercher des ennuis, ou arrivé en retard et n'avoir d'autres choix que d'appeler les urgences.
« Nijimura-san. »
Il fut ainsi arracher à ses pensées pour diriger son attention vers Kuroko, qui les invita ensuite à rejoindre l'arrière de la boutique pour écouter l'histoire de Rin. Tous les trois se dirigèrent ainsi vers la petite pièce qui servait de réserve, Nijimura apportant ensuite son regard vers sa sœur qui séchait ses dernières larmes avant de leur expliquer la situation.
« Ces derniers jours, un camarade de sa classe a commencé à lui chercher des ennuis et… »
Rin leur raconta ainsi que depuis quelques jours, Takeru rentrait à la maison couverts d'hématomes mais ne pipait aucun mot sur les raisons de ses blessures. Il s'enfermait simplement dans sa chambre et n'en sortait que le lendemain, ne les rejoignant même pas pour manger auprès d'elles.
« On rentrait tous les deux pour la maison quand ce garçon nous attendait, annonça-t-elle tout en contractant ses poings.
— Doucement, lui souffla Kuroko en lui caressant les cheveux.
— Takeru est encore là-bas, il… je voulais l'aider mais… ce garçon avait fait venir son grand-frère et… »
Regardant son frère, Rin finit par leur indiquer l'endroit où ils étaient tombés sur ce groupe de garçons venus donner une bonne leçon à Takeru. Kuroko jeta un simple coup d'œil à Nijimura qui ne tarda pas et quitta l'établissement à vive allure, interdisant à sa sœur de le suivre en la voyant s'apprêter à le faire. Il retira rapidement son tablier qu'il balança dans le vide, ne se souciant plus de ce qui pouvait l'entourer, ne pensant qu'à rejoindre au plus vite son petit-frère.
Il ne savait pas ce qu'avait pu faire Takeru pour recevoir les foudres de ce garçon, ni même si c'était celui qui avait lancé les hostilités, seulement il ne pouvait décidément pas fermer les yeux sur la situation après avoir entendu l'histoire apportée par Rin. La perte de leur père et ses propres erreurs de jeunesse ayant suffisamment blessées cette famille pour que leur deuxième fils suive ce chemin. Ses poings se contractèrent dès lors et il accéléra un peu plus son allure, ne remarquant pas le taxi qui venait au même instant de s'arrêter devant le bar de Kuroko et la silhouette d'Akashi en ressortir.
Agrandissant tout d'abord ses yeux en apercevant Nijimura circuler parmi la foule à toute vitesse, Akashi se décida tout de même à entrer dans l'établissement. Sa surprise fut doublée lorsqu'il aperçut Kuroko réconfortant une jeune fille qui pleurait à chaudes larmes et qui excusait son incompétence, la voix douce et réconfortante du serveur venant cependant la contredire.
Ce ne fut qu'après que Kuroko riva son attention sur lui et le salua d'un simple mouvement de tête, l'invitant ensuite à venir s'asseoir au comptoir et leur servir, à lui ainsi qu'à cette fille, des chocolats chauds afin de patienter.
