Hey les Carib's !
Vous êtes déjà allés en Italie?
Parce que pour moi c'est la première fois... et je dois dire que je suis assez déçue.
Principalement pour la nourriture. Normalement, c'est bon en Italie non?
Je sais pas si je suis mal tombée ou bien si c'est partout pareil...
BREF!
J'arrête de raconter ma vie, promis =D
Voici donc le nouveau chapitre, que j'ai écrit rapidement (nan mais, une semaine... allô quoi!... Désolée -_-) et avec amour rien que pour vous, mes Carbous chéris que j'aime
Parce que OUI, je vous aime! Vous m'avez comblée de joie avec vos commentaires =D
Bon, y'en a aussi qu'aime pas et qui le font savoir. Bon. OK. On peut pas plaire à tout le monde, certes.
Merci beaucoup en tout cas, vous êtes géniallissimes mes amis, continuez xD
Allez, je vous laisse lire tranquillou la suite et on se retrouve en bas, comme d'hab'
Biz!
Chapitre 8
Une semaine plus tard, vendredi 9 octobre.
« Plus haut Kate ! Comment veux-tu ne serait-ce qu'espérer en tuer un si tu vises comme une fillette ! »
Kate repoussa une mèche pleine de sueur qui barrait son champ de vision et tendit à nouveau les bras devant elle, son Remington pesant lourd entre ses mains qui ne tremblaient pourtant pas. Kate plissa les yeux, et fixa avec détermination la silhouette lupine qui leur servait de cible. Elle compta jusqu'à cinq puis relâcha son souffle lentement lorsque son arme fut à la bonne place, expirant petit à petit tout l'air qu'elle avait emmagasiné. Elle pressa la détente. Son visage trempé par l'effort s'éclaira lorsqu'elle vit un petit trou percer la patte gauche de l'animal. Elle tourna la tête vers son entraîneur, fière d'elle. Cependant, le regard qu'elle reçut en retour lui donna envie d'aller se cacher dans un trou de souris.
« Et bien... » il fit quelques pas en direction du bouton pour ramener la cible à lui. « Si tu chasses un bébé loup boiteux, ne dépassant pas les cinq kilomètres à l'heure et s'arrêtant souvent pour reprendre son souffle... Bien joué, tu l'as eu. Sinon... » Il détacha la silhouette et la secoua abruptement sous le nez de Kate. « Sinon, tu es morte. Et depuis au moins cinq minutes. » Il secoua la tête, déçu.
Kate tenta de ne pas laisser paraître la blessure que les mots de son père faisait saigner. Mais Gérard Argent étant ce qu'il était, on ne pouvait pas lui cacher grand chose. Il jeta un long regard à sa fille qui lui tournait maintenant le dos, les épaules raidies par l'épuisement et la consternation. Au bout de longues minutes de silence, il s'avança à pas lents et posa une main sur son épaule. « Mais qu'est-ce-que tu as aujourd'hui ma chérie ? »
Kate soupira. Elle se retourna vers son père qui la fixait de son regard perçant. Malgré le surnom qu'il aimait parfois lui donner, elle savait que ce ton affectueux cachait une colère sous-jacente. Comme toujours. Gérard Argent était un homme d'action aux sentiments souvent exacerbés.
« Je sais pas, papa, c'est juste que... ». Elle prit une grande inspiration pour calmer ses nerfs soumis à rude épreuve. Croisant son regard légèrement curieux, elle hésita. « Non, rien. » Finit-elle par lâcher dans un souffle.
« Voyons, ma poupette. » Elle grinça des dents en entendant le surnom stupide qu'il affectionnait tant. Il savait très bien qu'elle n'aimait pas qu'il l'appelle ainsi. Mais comme tout bon père qui se respecte, il prenait soin de s'en foutre royalement. Il s'approcha un peu plus d'elle et l'enlaça d'un bras, tapotant son dos de sa main libre. « Tu sais très bien que tu peux tout me dire. » Il se tut un instant, passant une main apaisante sur les cheveux blonds de sa fille. « C'est Derek ? » Tenta-t-il, la voix baissant d'une octave.
Il sentit le corps de Kate se crisper entre ses bras et sut qu'il avait visé juste. Elle se défit doucement de l'emprise de son père et alla s'asseoir sur une des caisses d'armes qui habillait l'arsenal de la cave. Elle soupira de nouveau, la bouche collée à son genou surélevé, et posa son regard sur le patriarche qui n'avait pas bougé d'un centimètre, les mains jointes sur son ventre. Elle hésita encore une fois sur le discours à tenir. Si elle en parlait à son père, ne signifierait-ce pas qu'elle était incapable de s'en sortir seule ? Elle n'avait pas besoin d'aide, ni de son père, ni de personne d'autre.
« Et bien ? » S'impatienta Gérard, son ton se faisant plus incisif tandis que les secondes passaient.
Kate baissa les épaules.
« Oui. » Elle croisa le regard attentif de son père et avala sa salive avant de continuer. « Je sais pas ce qu'il a en ce moment... Il devient, je sais pas... Distant, je crois. »
« Et qu'as-tu fait pour que cela dégénère à ce point ? » Le ton de Gérard venait de passer de sec à polaire et Kate frissonna. « Il me semble qu'il avait tout de l'amoureux transi il y a encore quelques semaines... »
« Il l'était mais... » Kate se ravisa, sachant très bien ce que son père pensait des « oui mais » geignards, comme il aimait les appeler. « C'est ce Stanley. » lâcha-t-elle brusquement.
« Stanley? » Gérard plissa les yeux. « Qui est Stanley? »
« Un nouveau. Un ami de la famille Hale. » Elle se releva vivement pour aller trifouiller dans une caisse à proximité. Sa voix se fit sourde tandis qu'elle avait le nez plongé dans le coffre. « Il est... Je le sens pas. »
Elle se releva, les mains chargées d'un fusil. Ses yeux se perdirent quelques secondes dans le vague tandis qu'elle l'examinait.
Quatre jours plus tôt
« Je t'avais dit de ne pas acheter tant de sucreries... Tu n'arriveras jamais à finir. » Elle piocha dans le paquet de biscuits qui lui faisait de l'œil. « Je vais être obligée de t'aider à tout manger, du coup. »
Un rire lui répondit et elle sentit qu'on la poussait légèrement. Kate sourit et revint à la charge, cette fois-ci dans le cône de pop corn dont le caramel semblait la supplier de venir le manger. Une tape sur la main lui fit lever les yeux.
« Tu n'as pas honte d'enlever le pain de la bouche de ton petit-ami ? » Lui demanda Derek en souriant légèrement, tentant à nouveau de barrer la route aux doigts gourmands de Kate.
Ils venaient de sortir de la salle de cinéma pour aller voir un film d'amour – et Kate avait dû se retenir durant tout le film pour ne pas rire devant l'air niais et pitoyable des acteurs - et les puissants rayons de soleil, après deux heures assis dans le noir, les éblouirent lorsqu'ils poussèrent le battant du grand bâtiment. Ils firent quelques pas pour s'éloigner de la foule pressée de sortir pour profiter au plus vite de l'après-midi ensoleillée.
« Pas du tout. D'ailleurs... » Elle fit mine de réfléchir, un index sur le menton. « Tu m'as l'air d'avoir pris quelques kilos ces derniers temps, mon loup... faudrait p't'être que je te mette au régime. »
Elle vit du coin de l'œil Derek ouvrir grand les yeux et se pincer le ventre, circonspect. Elle ne put empêcher une grimace désabusée de s'installer sur son visage. Ce gamin prenait tout au premier degré, c'en devenait vraiment lassant. Les premières semaines pourtant, elle avait trouvé ça mignon. Maintenant, deux mois après le début de leur relation, elle avait juste envie de lui coller un pain et de se détourner sans un regard. Mais... les affaires étaient les affaires, il lui fallait encore attendre quelques jours. Ensuite, elle n'aurait plus à s'en soucier.
Kate se força à rire légèrement et embrassa la joue du jeune homme.
« Je plaisante mon amour, tu es beau et toujours aussi mince, t'inquiète pas. »
Derek la regarda étrangement un instant, une hésitation palpable dans les yeux. Il ouvrit la bouche, dans l'intention manifeste de parler, mais se ravisa et préféra lui offrir un sourire tendre. Elle prit la main qu'il lui tendit et ils firent quelques pas en direction du parc à une centaine de mètres du centre-ville. Cependant, ils n'eurent pas le temps de reprendre leur conversation que quelqu'un, absorbé par un bouquin, leur entra brusquement dedans.
Kate sentit Derek se tendre au moment où le corps de l'homme les heurta, les narines du brun se dilatant lorsqu'il reconnut le parfum de celui qui tapait l'incruste. Elle détourna son regard de son petit ami pour le poser sur le nouvel arrivant qui arrivait à faire réagir Derek. Une véritable prouesse puisque celui-ci était le champion de l'expression impassible. Elle grimaça en le reconnaissant.
« Tiens, Riley ! »
Il leva des yeux brumeux vers le couple et fronça les sourcils en découvrant les personnes qu'il avait bousculées. Kate avait eu la chance – sentez l'ironie – de lui parler à nouveau deux journées d'affilée après avoir discuté de son cas le samedi précédent avec Derek. Et à chaque fois, Stanley – dont elle prenait plaisir à écorcher son nom – ne lui avait pas fait du tout bonne impression. Cette pédale était pire que sa petite nièce Allison, à toujours fouiller dans les affaires qui ne le concernaient pas et à s'incruster constamment. Lorsqu'elle était venue chercher Derek la veille et l'avant veille à la sortie du lycée, il était là, tentant de s'insinuer vicieusement dans leur couple. Le pire dans tout ça, c'était que Derek ne l'envoyait jamais chier. Comprenez bien : Derek l'avait gentiment insulté, avait ronchonné, grogné contre Stanley. Mais, ça, c'était ce qu'il faisait habituellement. Elle connaissant bien Derek lorsqu'il n'aimait pas quelqu'un, il faisait en sorte que l'autre le comprenne et qu'il dégage vite fait. Là... là, il n'avait rien dit. Ni la première fois, où le couillon les avait suivis toute l'après-midi, jacassant comme une pie. Ni la seconde, où il avait carrément voulu les accompagner au lac – c'était Kate qui avait dû mettre les points sur les i, d'une façon assez brutale. Derek, lui, semblait accepter avec ce qui paraissait être du dépit, la présence de l'agité du bocal. Elle savait très bien ce qu'il en était. Même s'il ne voulait pas l'avouer, Derek appréciait le nouveau. Et ça, ça lui plaisait pas, mais alors pas du tout.
Stanley se remit rapidement sur ses pieds, époussetant le jean qu'il portait. Elle le vit ensuite tâter ses poches et son air se fit stressé alors qu'il ne trouvait pas ce qu'il cherchait. Au même moment, elle sentit la main de Derek échapper à la sienne tandis qu'il se baissait pour ramasser une boîte de médicaments transparente orange. Stanley soupira de soulagement en avisant la main qui lui tendait l'objet.
« Merci mec. »
Avant que l'intrus ne puisse récupérer la boîte, Kate avança son bras et la saisit d'un geste rapide. Stanley se crispa et elle sourit, fière d'elle, amenant l'étiquette du flacon à portée de lecture.
« Adderall... » déchiffra-t-elle lentement. Elle croisa le regard irrité du type. « Bah alors, Riley, on est un peu taré là-dedans ? » Dit-elle méchamment en appuyant deux fois sur sa tempe, faisant s'entrechoquer les pilules. Derek prit sa main et la serra, comme une sorte de demande muette, mais elle l'ignora. Pas question d'être sympa cette fois-ci. « Je me doutais qu'il y avait un truc qui tournait pas rond chez toi. »
« Rends-la moi, conn- Kate. » Il avança d'un pas dans sa direction, se redressant de toute sa hauteur pour... l'impressionner ? Elle se mit à rire devant son air ridicule. Mais s'il voulait jouer à ça...
« Viens la chercher si t'es un mec, folasse. » S'amusa-t-elle dans un rictus mauvais en levant le bras et agitant le tube.
Stanley s'avança encore un peu, apparemment prêt à en découdre avec elle. Le sourire de Kate s'agrandit et sa main se défit de l'emprise de celle que Derek tentait de maintenir avec mollesse. Elle avait hâte de coller une trempe à ce fouineur qui ne faisait que perturber leur couple. Cependant, avant que la situation ne dégénère, Derek s'interposa entre Stanley et elle, lui faisant face.
« Arrête-ça Kate. »
Elle se figea. Parce que maintenant il prenait sa défense ? Par dessus son épaule, elle aperçut le regard victorieux que lui lança le petit con qui servait de fourre-bite à William – qu'elle n'avait jamais apprécié non plus. Elle voulut lui en mettre une, mais Derek attrapa son poignet au moment où elle levait le bras.
« Non. » Dit-il sèchement.
Rapidement, il attrapa le flacon que Kate tenait toujours fermement et lui arracha des mains. Elle allait protester mais il la coupa dans son élan en se retournant vers la tapette et fourra les médicaments dans les mains de Stanley, qui recula sous la force de Derek. Elle observa avec un amusement non feint le visage de Stanley se décomposer lorsqu'il entendit les mots qui suivirent.
« Il n'en vaut pas la peine. »
Sans attendre de réponse, Derek reprit la main de Kate et tira légèrement sur son bras pour les faire s'éloigner de l'autre abruti. Tandis que la silhouette de Stanley se faisait de plus en plus petite, elle lui fit un signe joyeux de la main, qui se transforma vite en un geste plutôt malpoli. Elle faillit éclater de rire en avisant l'air chagriné qu'il avait toujours, tel un chiot perdu. Elle détestait les chiens, ça tombait bien.
Elle sourit légèrement en se rappelant de cette tête de demeuré qu'il avait tiré, mais se rembrunit à la seconde suivante. Depuis cette scène, Derek était devenu moins présent. Elle ne l'avait au téléphone que lorsqu'elle l'appelait elle-même, alors que les semaines précédentes, elle devait pratiquement éteindre son portable pour éviter d'être assaillie d'appels et de textos. Et quand ils discutaient, elle sentait bien que quelque chose n'allait pas. Il semblait toujours ailleurs. Bien sûr, cela ne faisait que quelques jours, elle se faisait peut-être des idées... Mais malgré tout, elle s'inquiétait. Pas question de tout foutre en l'air si près du Jour J. Il lui manquait encore quelques informations capitales – qu'elle n'avait pas pu obtenir cette semaine à cause de ce fouille-merde suceur de queues.
« Et bien ? » Répéta son père, commençant à s'énerver devant cette absence de réponse.
Elle cligna deux fois des paupières pour revenir à la réalité, reposa l'arme qu'elle avait entre les mains et alla se poster face à Gérard, le regard vif.
« J'ai la situation bien en main. Il n'y aura aucun problème, je t'assure papa. » Que pouvait faire un con dans le genre de Stanley contre une Argent, de toute manière ?
Gérard fixa sa fille quelques instants, scrutateur, avant de hocher la tête, satisfait de la lueur prédatrice qui brillait dans son regard.
« Bien. Lorsque nous rentrerons, lundi, tu rassembleras les informations nécessaires concernant l'emplacement de chaque membre Hale le 2 novembre. Il nous reste peu de temps, nous devons être sûrs que tout ce passe selon nos plans. »
Il s'avança vers le champ de tir et lui tendit un pistolet Magnum. Lorsqu'elle l'eut pris, il appuya sur le bouton qui positionna la cible déjà criblée de balles. Sur un signe de tête de son père, elle s'avança de quelques pas pour se poster face à la silhouette de loup. Elle leva l'arme et se concentra. À la place de l'ombre lupine, elle imagina la tête d'un branleur qu'elle avait assez vu pour le reste de sa vie. Elle sourit et tira.
Samedi 10 octobre
Il soupira et ses yeux gris se posèrent pour la millième fois – au moins ! – sur l'horloge murale au-dessus du bureau de leur prof de biologie. Il détestait les sciences, surtout le samedi matin. C'était pas parce qu'il était nul dans cette matière – bon, ok, ça aidait pas. Non, juste, il voyait pas trop l'intérêt de la chose. Et puis, fallait dire qu'il avait un peu l'impression qu'on se foutait de sa gueule. La plupart des notions qu'on cherchait à lui fourrer dans le crâne était totalement fausses, il le savait et c'était du vécu. On pouvait pas convaincre un loup-garou que la lune n'avait aucun effet sur les Hommes, qu'une métamorphose était irréversible et qu'on ne pouvait pas maîtriser les battements de son cœur. Non, c'était ridicule, et Derek avait la plupart du temps envie de rire devant les explications balourdes que son professeur leur fournissait pour donner un sens à ce qui ne pouvait être défini. Derek avait bien tenté de débattre quelques fois avec lui, mais les regards des autres élèves l'avaient aussitôt calmé. Il supportait donc en silence la diarrhée verbale de Mr Robinson, attendant avec une impatience mal contenue que la cloche se décide enfin à sonner.
Il jeta encore un coup d'œil agacé à la grande aiguille du cadran qui semblait s'être arrêtée sur le « 55 » et ne voulait plus bouger depuis quelques minutes. Peut-être qu'en se concentrant assez, il pourrait la faire avancer ? Il plissa les yeux et fixa intensément l'objet.
« Mr Hale ! Faites-vous de l'aérophagie à grimacer ainsi ? » La voix grinçante de son professeur le fit sursauter et il grogna lorsque quelques rires firent écho à la plaisanterie – douteuse – de Mr Robinson. Les gloussements s'arrêtèrent net. Personne ne voulait se mettre à dos le plus jeune des Hale... Le professeur lança un dernier coup d'œil goguenard à Derek et se détourna pour prendre une craie et noter quelques mots au tableau.
« Pour la prochaine fois, vous réviserez l'intégralité du cours. » La sonnerie retentit enfin, annonçant la fin d'une semaine de torture. Un soupir général de la part des étudiants résonna dans la pièce senteur javel. « N'oubliez-pas que cette note compte pour le tiers de votre moyenne ce semestre ! » Rappela-t-il en voyant ses élèves filer sans demander leur reste.
Derek se leva lentement pour ramasser ses affaires – constituées d'une feuille plissée recouverte de notes éparses et d'un stylo à moitié rongé – et se leva, le sac sur l'épaule, pour sortir de la classe à la suite des autres lycéens. Sur le chemin de la grande porte menant à la liberté, il croisa quelques filles qui se mirent à glousser sur son passage, le taux de phéromones ayant grimpé en flèche lorsque leurs regards s'étaient brièvement mêlés. Il haussa un sourcil désabusé dans leur direction et le parfum de leur excitation redoubla d'intensité. Les filles... toujours en train de se faire des films. Il sortit machinalement son portable de sa poche. Un appel manqué, trois messages. Tous de Kate. Il se colla contre des casiers à proximité – faisant fuir par la même occasion les personnes qui s'y trouvaient – et ouvrit chaque message l'un après l'autre.
Samedi 10/10, 9h32 : « Coucou mon amour, je suis bien arrivée chez mes grands-parents. XOXO »
Samedi 10/10, 10h55 : « Tu vas bien mon bébé ? »
Samedi 10/10, 11h30 : Appel manqué.
Samedi 10/10, 11h37 : « Chéri ? »
Derek fit virevolter ses doigts sur les touches de l'appareil quelques secondes.
Samedi 10/10, 12h02 : « Ça va, bisou. »
Il hésita un instant avant d'envoyer le message. Ça faisait peut-être un peu court... Ok, ils s'étaient un peu disputés la veille, au sujet de ses réactions excessives, et s'étaient quittés légèrement en froid. Mais quand même... Il finit par rajouter un timide « Jtm » à la fin de sa courte phrase et appuya sur le bouton d'envoi. Puis, il rangea son portable dans son jean et s'avança vers la porte de sortie.
Il dépassa les grilles du lycée quelques mètres plus loin et inspira un grand bol d'air pur – la fraîcheur de celui des salles de classe laissait passablement à désirer et irritait son nez sensible. Ici, c'était le parfum de la liberté. L'odeur des pins, de la terre, du chocolat... Du chocolat ? Derek huma par à-coups l'air à proximité et fronça les sourcils. Ça sentait un mélange de gaufre, de chocolat noir, de savon et de... Il croisa un regard qu'il ne connaissait que trop bien et se figea. Stanley.
Campé sur ses deux jambes et en léger appui contre la Mercedes de William, Stanley lui fit un petit signe de la main tandis qu'il finissait un cornet de glace qu'il tenait de l'autre main. Derek soupira, lui tourna le dos et entreprit d'avancer dans la direction opposée, décidant tout simplement de l'ignorer, lui et son regard déstabilisant. Il ne fit que quelques pas avant que les battements de cœur de Stanley ne se fassent plus proches, indiquant qu'il le rejoignait à grandes enjambées. Lorsque l'odeur sucrée emplit totalement ses narines, il s'arrêta brusquement et fit volte-face, empêchant de ce fait la main du garçon de se poser sur son épaule. Ce dernier sursauta légèrement mais ne recula pas, restant tout simplement face à lui, un sourire incertain sur les lèvres. Après tout, cela ne faisait que la quatrième fois de la semaine que ce mec venait lui pomper l'air, il devait avoir l'habitude de se faire rembarrer.
« Hey, salut... »
Le silence de Derek fut sa seule réponse tandis qu'il le toisait, le regard agacé. Stanley ne se démonta pas pour autant.
« Je suis venu te chercher, William peut pas, il prépare ses aff- »
« Pourquoi ? »
La question claqua dans l'air et Stanley sursauta à nouveau. Il haussa les sourcils.
« Pourquoi quoi ? » Répondit-il dans un sourire hésitant, formant une petite fossette sur sa joue droite – que Derek ne regarda pas, évidemment. « Pourquoi William prépare ses affaires ? Bah tu sais, il part à Derry pour le week-end, lui et Laura vont- »
« Pourquoi tu me suis constamment ? » Le coupa de nouveau le loup. Il croisa les bras sur sa poitrine et fit un pas en arrière, tentant de mettre le plus d'écart possible entre Stanley et lui. Malheureusement, l'autre avança d'un pas. Derek soupira. « Tu peux pas me foutre la paix un peu ? »
Le ton s'était fait plus dur que ce qu'il avait imaginé dans sa tête. Mais c'était de la faute de ce type, aussi ! À lui, et à sa fossette débile. Le regard de Stanley se fit un instant blessé et Derek eut presque du remord. Presque.
« Écoute... » Stanley fit à nouveau un pas en avant, et Derek un autre en arrière. À ce rythme-là, Derek allait finir par se vautrer dans les poubelles pas loin. « Je suis venu pour m'excuser. »
Derek ne put empêcher la surprise de se peindre sur ses traits. Il ne dit mot, attendant de voir la prochaine connerie qui allait sortir. Non parce que, fallait quand même le dire, la moitié des paroles de ce type était des mensonges, l'autre moitié des absurdités plus grosses que lui. Pas qu'il soit gros. Non, il avait pile poil le poids nécessaire, et puis il était plutôt bien musclé... d'un point de vue totalement objectif, bien sûr !
« Je suis désolé de vous avoir collés aux basques, à Kate et à toi, ces derniers jours. Et je suis désolé de m'être mêlé de ta relation avec elle, ça me regarde pas... Juste... » Il fit une pause, semblant chercher ses mots, et Derek tenta de rester impassible alors que la curiosité le tiraillait. « Je veux simplement que tu ne te trompes pas de personne. »
« Pourquoi ? » demanda à nouveau Derek, perplexe.
« Tu sais dire autre chose ? » Ricana soudain Stanley, et le loup-garou dut forcer sur ses lèvres pour ne pas les laisser s'étirer. Il s'empêcha de répondre à sa question, attendant une réponse à la sienne. Stanley s'en aperçut au bout de quelques secondes. « Je sais pas moi, pourquoi ! » Finit-il par soupirer en levant les mains au ciel. « Parce que je t'aime bien ? »
Un sentiment de satisfaction presque honteux envahit son corps et Derek sentit ses joues rougir à ces mots. Il bénit son bronzage d'été, pas entièrement disparu, qui lui permettait de cacher légèrement son embarras. Il se racla la gorge, tentant de reprendre contenance alors que Stanley continuait de le fixer, un sourire toujours aussi agaçant plaqué sur les lèvres.
« Et donc... » commença-t-il en triturant un fil qui dépassait de l'ourlet de son tee-shirt, sous sa veste en cuir. Toute la colère présente quelques secondes auparavant s'était étiolée, laissant place à une soudaine timidité. Pour cela il maudissait son interlocuteur. «...William fait ses affaires... ? »
Stanley sembla amusé par la gêne flagrante de Derek.
« Comme je te le disais tout à l'heure... William et Laura font leurs valises pour le week-end. Tu sais, pour l'anniversaire de Cora... » La moue perdue de Derek le força à continuer. « Ils vont à Derry pour chercher tes grands-parents... On en parlé dimanche soir à table, Derek. »
« Ah, oui. »
En fait, non, cela ne lui disait foutrement rien. Mais ça ne l'étonnait pas plus que ça, il n'avait pratiquement rien écouté aux conversations de ce soir là, trop occupé à détester le couple tout choubidoubidou que formaient son cousin et Stanley. À cette pensée, l'humeur de Derek, plutôt bonne depuis une grosse minute – un exploit en présence de Stanley, s'assombrit. Malgré la conversation civilisée qu'ils tenaient actuellement, ça ne changeait rien. Ce foutu « invité » restait toujours le petit con qui partageait le plumard de son cousin, qu'il entendait tous les soirs rire avec entrain, qu'il croisait tout les matins la tête dans le cul en passant devant la chambre de William... Il sentit à nouveau le sang affluer vers son visage en se souvenant du deuxième matin de la semaine. Ce matin-là, il avait eu affaire à un Stanley échevelé et torse nu, les yeux gonflés par une courte nuit, qui lui avait ouvert lorsqu'il avait frappé à la porte de leur... non... de la chambre de son cousin. Le gars ne s'était pas rendu compte du trouble qui s'était inscrit sur le visage de Derek lorsque ses yeux s'étaient attardés, malgré lui, sur la peau de son buste. Il était bien trop endormi pour comprendre quoi que ce soit. Mais, en levant les yeux, Derek avait croisé le regard malicieux de William et, comme à son habitude, il avait claqué la porte au nez de Stanley.
« …ing en forêt. Qu'est-ce-que t'en penses ? »
Derek se sentit très con. C'était pourtant pas son habitude de se perdre dans ses pensées, à croire que Stanley déteignait sur lui... Il croisa son regard où baignait une lueur interrogatrice. Trois choix s'offraient à lui : acquiescer sans savoir de quoi il retournait. Refuser sans le savoir non plus. Ou alors, lui demander de répéter.
« Euh... Ouais ...? »
Stanley lui lança un regard surpris, ne s'attendant apparemment à ce qu'il réponde ceci.
« ...Ou pas ? »
Cette fois-ci, des yeux blasés s'accrochèrent aux siens et il soupira, admettant sa défaite.
« Bon. Qu'est-ce-que t'as dit en fait ? »
Stanley éclata de rire et Derek grogna pour la forme tandis que son ventre gargouillait étrangement. Sûrement la pleine lune de la veille qui faisait des siennes.
« Comme William n'est pas là, je t'ai proposé de faire du camping aujourd'hui et demain. » Devant l'air ahuri de Derek, l'autre continua : « Tu sais, dormir à la belle étoile, pêcher du saumon et tout et tout. Un camping quoi »
« Je sais ce qu'est du camping, merci... » Il prit un air ennuyé. « Mais... toi et moi ? » Stanley acquiesça vivement. « Tu sais que j'ai souvent envie de te frapper, hein ? » Nouvel acquiescement. « Et tu veux quand même te retrouver seul au fin fond des bois avec moi, là où personne ne t'entendra crier ? »
« C'est ça ! » Derek roula des yeux en avisant l'air joyeux de Stanley. Quel attardé celui-là...
Mais l'attardé en question dut prendre son geste pour un oui car un grand sourire éclaira son visage et il se mit à monologuer sur les préparatifs du week-end. Bizarrement, Derek n'eut pas envie d'ôter cet air enthousiaste collé sur le visage de son interlocuteur et se garda bien de le détromper. Peu à peu, l'hyperactif – comme Derek l'avait compris le mercredi précédent – se mit en route vers la Mercedes toujours garée à une centaine de mètres d'eux, et Derek le suivit malgré lui. Également malgré lui, il observa les moindres mouvements du type dont, il y a encore trois semaines, il ne connaissait pas l'existence. C'était dingue comme cet intrus avait bousculé toute sa petite vie. Avant lui, il passait tous ses moments libres avec Kate, en amoureux, ou avec William, sous leurs formes humaines ou lupines. Maintenant, plus de cousin. Derek n'avait plus que Kate, et lorsqu'il était avec elle, il ne pouvait s'empêcher de penser au nouveau venu.
Alors que Stanley balançait un bras pour imager son propos – dont Derek n'avait strictement rien écouté – un éclat métallique s'échappa d'entre ses doigts pour venir s'écraser à un mètre de lui. Les deux jeunes hommes se figèrent, observant les clefs de la voiture qui les narguait avec leur scoubidou stupide fait par la petite sœur de Derek Stanley croisa rapidement le regard du loup et se précipita sur son butin, comme si Derek allait lui voler... Bon, okay, lui aussi s'était mis à courir pour récupérer les clefs, mais ça voulait rien dire. Et non, Stanley n'avait pas été plus rapide que lui. Le loup-garou l'avait laissé les prendre, voilà tout. Dans tous les cas, ils se retrouvèrent face à face, Stanley plissant les yeux et pressant les clés contre son buste, bien enfouies dans sa main.
« Hors de question que tu aies ces clés. » Grinça Stanley en reculant d'un pas. « Ton cousin m'a prêté sa voiture. »
« Tu crois vraiment pouvoir me tenir tête ? » Derek avança d'un pas, vaguement menaçant. « Si je veux, je- »
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que Stanley poussa un petit cri aigu et se précipita vers le parking, les bras volant de part et d'autre de son corps. Derek resta coi quelques secondes, de stupeur ou d'horreur, il se savait pas trop. Et c'est ça que je vais me coltiner deux longs jours... Il finit par secouer la tête, un léger sourire aux lèvres en entendant le rire incontrôlé de Stanley au loin. Et ben, c'est pas gagné.
Valà valà =)
Alors, des questions? Des remarques? Des cris de joie à m'envoyer?
Non mais parce que, pour ceux qui ne voyait pas le sterek arriver...
Ils vont passer le week-end ensemble quoi.
Vous imaginez ce qui se passer en 48h? Non ? Moi oui =D
Bon, faut pas s'attendre à de la folie tout de suite non plus hein xD Bande de cochons
Mais mais mais, un petit pas pour le Sterek, un grand pas pour l'humanité comme on dit...
Ah non, on le dit pas?
Breeeef, j'espère que vous avez aimé et que vous détestez toujours autant Kate
(elle est là pour ça, on va pas se le cacher lol)
Gérard est vilain aussi =)
Et Stiles... reste Stiles.
Y'a une petite référence à un bouquin de Stephen King dans ce chapitre, cap' de la trouver?
Aller, je vous aide, y'a qu'un seul mot dans le titre, et il commence par C et finit par A
Oui, je suis gogole, et alors?
Pour le prochain chapitre publié, il concernera mon autre histoire, M-59.
Etant donné que je suis super rapide en ce moment (rien que pour ça, je mériterais un bouquet de caribous)
le chapitre 9 devrait pas trop tarder.
Quoi d'autre...
AH SI!
J'ai le plaisir de vous annoncer qu'il y aura 12 chapitres à cette histoire.
Pluuuuus un épilogue que je suis sûre que vous apprécierez =DD
Voilà voilà, j'ai tout dit. A vos clavier!
Bisou
'Lys
