Cher Rabicous,

Bon, ok, j'avais parlé de mardi. Mais, eh, on est mercredi noudidiou! Moins d'une
demi semaine entre chaque chapitre, c'est pas suuuuuper sympa ça? Moi je trouve =D

Je vous remercie pour vos commentaires qui me font rire à chaque fois xD

Bonne lecture mes chatons!
(et pas taper, hein!)


Chapitre 11

Lorsque Stiles se réveilla, il était seul. Pas besoin qu'il regarde autour de lui pour en être sûr. L'absence du parfum caractéristique était en elle même une preuve. Il ouvrit les yeux, les plissant pour éviter d'être aveuglé par les rayons du soleil naissant, encore partiellement caché par les pins. Un éclat bleuté d'une vague, sûrement l'œuvre d'un poisson, attira son attention vers le lac et le souvenir des yeux colériques de Derek lui revint en mémoire.

Ce qu'il avait pu être débile. Tout se passait pourtant si bien ! Il avait même réussi à le dérider putain ! Toutefois, stupide comme il était, il avait tout gâché, laissant sur son passage un Derek plus remonté que jamais. Mais comment faire autrement ? Il fallait que Derek se rende compte, il fallait qu'il comprenne que rester avec Kate ne ferait que les mener, lui et sa famille, à leur perte. Néanmoins, Stiles étant ce qu'il était, c'est à dire un jeune hyperactif incapable de retenir sa langue, il avait foiré. Trop direct. Trop franc. Trop con.

Il finit pas s'asseoir, libérant de ce fait une sorte de petite musaraigne qui avait élu domicile au creux de son cou. Il poussa un petit cri fort viril et la regarda fuir avec des couinements paniqués. Sale bête.

Stiles regarda autour de lui. Aucun bruit, à part le vent dans les branches et les caquètements enthousiastes des oiseaux qui tourbillonnaient au loin. Ses yeux voyagèrent sur la berge et il paniqua. Pas trop, hein, mais quand même... Toutes les affaires de Derek avait disparu !

Il se leva précipitamment, replia son sac de couchage et rangea tous ses effets dans son sac. Il hésita un instant lorsque son regard accrocha l'eau bleutée du lac. Baignera, baignera pas ? Non, pas le temps. Et puis il avait froid. En plus, maintenant qu'il se savait seul dans les bois, il osait pas trop se délester de ses fringues, même pour cinq minutes. On savait jamais quel genre de maniaque pourrait venir les lui piquer.

Un bruit se fit entendre dans un buisson à deux mètres de là. Stiles sursauta. Une brève image de lapin-garou flasha dans son cerveau avant qu'il ne secoue la tête pour la déloger. C'est pas possible, ils sortent que la nuit. Il plissa les yeux et s'arma d'une baguette en alu rescapée de la construction de leur tente et se prépara au pire. D'ailleurs il avait sûrement l'air bien ridicule, mais il préférait ça que mourir. Mouais.. Enfin t'iras pas loin avec ta baguette magique...

Le bruit se fit plus intense alors que Stiles apercevait des branches se déplacer. Puis, une main sortit du buisson et le visage de Derek suivit. Il fixa Stiles, le regard mi- hargneux, mi-blasé.

« Salut » murmura Stiles, tentant de calmer son palpitant tandis qu'il baissait le bras. « J'ai cru que t'étais parti. »

Derek continua à le dévisager sans rien dire un petit moment. Puis il prit la parole.

« Ouais. Bah non. Grouille-toi, on rentre. »

Et il s'enfonça de nouveau dans le bois. Stiles laissa tomber son arme de fortune et soupira. Un pas en avant, trois - voire quatre - en arrière. Bien joué, Stiles. Il accrocha son sac sur une épaule et trottina à sa suite, ne voulant pas spécialement se faire bouffer par un quelconque animal.


Stiles regardait le dos de Derek depuis... depuis si longtemps qu'il en avait mal aux yeux. Et marre, par la même occasion. Sa tête bourdonnait. Personne ne devrait avoir à observer un dos assez longuement au point de pouvoir en faire une thèse. Même celui de Derek. À moins qu'il soit torse n... .Merde Stiles, arrête ça.

Aucun mot n'avait été échangé depuis leur départ du lac – un échange, par nature, devait se faire dans un sens puis dans l'autre, voilà pourquoi il doutait fortement que son monologue des cinq premières minutes puisse être qualifié ainsi – et Stiles s'ennuyait à mourir. Et il avait faim. Genre, méga faim. Tellement faim qu'il avait hésité cinq secondes – dont cinq secondes de trop – à croquer dans une pomme...de pin.

Pour couronner le tout, Stiles se demandait vraiment s'ils n'étaient pas perdus. Parce que, primo, ça faisait super longtemps qu'ils marchaient. Et à un rythme plus soutenu qu'à l'aller. Secundo, il ne reconnaissait pas du tout les environs. Les arbres semblaient beaucoup plus proches les uns des autres que la veille. Il avait vaguement vu la racine de l'un d'entre eux bouger, il n'excluait donc pas de se trouver en présence d'Ents malfaisants. Bon, okay peut-être pas.

Mais quand même.

Il penchait de plus en plus vers son intuition première : ils n'étaient pas du tout, du tout, sur la bonne route. Oui alors, vous allez lui dire « Mais non, Derek est un loup-garou, il peut pas se perdre, surtout pas dans la forêt où il a un manoir... Ça serait le comble ! » Ouais, le comble, c'était aussi ce qu'il s'était dit. La première heure. Au bout de trois, il avait commencé à douter.

Devant lui, Derek s'arrêta brusquement et Stiles usa de sa légendaire agilité pour éviter de lui rentrer dedans. Autrement dit : il se prit un arbre. Mais avec une certaine grâce, il fallait l'avouer. Le coup d'œil blasé que lui jeta son joyeux compagnon ne fit rien pour alléger son inconfort momentané.

Tout en étirant les muscles de ses jambes et de sa nuque, il s'épongea le front – pour un matin d'octobre il faisait un peu trop chaud à son goût. Puis il observa le loup-garou en train d'observer les environs, une superbe mise en abyme dont il se serait volontiers passé, d'autant que l'animal avait les sourcils terriblement froncés. Pauvres sourcils, si souvent maltraités. Alors, au bout de ce qui lui parut être un délai convenable, il osa quelques pas dans sa direction. En gardant une distance raisonnable, évidemment, il se souvenait encore très bien de la menace sous-jac... non de la menace tout court dont il avait fait les frais la veille au soir.

« On est perdu ? » Demanda-t-il calmement. Ne jamais montrer sa peur.

« Bien sûr que non ! » Rétorqua Derek vivement en lui lançant une œillade glaciale. Un peu trop vivement d'ailleurs.

« Ah. »

Stiles se gratta le crâne et attendit. Ses jambes commencèrent à trembloter et il sortit deux petites pilules de son sac qu'il avala à sec. Il n'avait même plus d'eau... Ils allaient tous mourir.

« Par là. » Affirma le loup en prenant la direction de l'ouest. Ou du nord, il savait pas trop. La mousse, elle poussait où déjà ?

Stiles fut coupé dans ses interrogations existentielles par un drôle de bruit – une sorte de « chlowp » - suivi d'un cri. Il regarda vers Derek et se demanda vaguement s'il n'avait pas vraiment mangé cette pomme de pin, provoquant chez lui des hallucinations.

Le loup lévitait. Enfin du moins, ses pieds ne touchaient plus le sol. D'ailleurs, aucun des autres membres de Derek n'entrait en contact avec la Terre. Forcément. Il était enroulé dans un enchevêtrement de cordes qui le balançaient tranquillement. Bien sûr, Derek, affichant un air encore plus ahuri que celui de Stiles, tentait tant bien que mal – surtout mal – de se dépêtrer du piège. Ce fut un second cri où pointait un vent de panique qui ramena Stiles sur Terre – contrairement à Derek qui s'en éloigna.

Il se précipita vers le prisonnier.

« Derek ! Ça va mec ? »

« Oui, super, je me repose un peu comme tu vois. » Le regard qu'il lui lança fut carrément polaire. Son ton lorsqu'il reprit la parole aurait pu couper une tranche de bacon. Ouais, Stiles avait vraiment faim. « Abruti ! Sors-moi de là ! »

« Eh oh, j'voulais être sympa, calme-toi. »

« Que je me calme ? Je suis emmêlé dans un piège de chasseur et tu voudrais que je me calme ? »

« Bah ouais. C'est pas la fin du monde. Imagine : tu aurais pu te retrouver emmêlé dans un piège de chasseur et être tout seul. Tu vois ! Tout n'est pas perdu. »

Derek le toisa de toute sa hauteur – c'était le bon mot.

« Hmm. »

« Que d'éloquence ! » Ricana Stiles, une main sur la hanche. Que c'était bon de pouvoir se foutre du loup sans risquer d'être égorgé.

« Va te faire foutre. » Il arrêta de gigoter et attendit une minute, plus ou moins, dans une position ou le manque d'élégance le disputait probablement à l'inconfort. Et malgré tout, le mec restait quand même sacrément be... Putain, Stiles c'est quoi ce délire !

« Tu me détaches, oui ou merde ? »

Stiles délibéra quelques secondes avec lui même. Était-ce vraiment une bonne idée de lui répondre « merde » ? Bien qu'il le suggère lui-même... Et n'était-il pas sensé sympathiser avec le loup durant ce week-end ? Bof, au point où j'en suis...

« Et le mot magique ? » Il s'épatait lui-même d'avoir autant de cran. Bon, peut-être que son lobe frontal était défaillant, mais purée, avoir Derek, le loup grincheux, à sa merci était limite jouissif.

« Tu déconnes, là ! » S'écria Derek en recommençant à se débattre, ne faisant que s'entortiller davantage dans l'amas de cordes.

« Pas du tout. »

Derek parut se calmer un instant et réfléchir. À la mort lente qu'il prévoyait pour lui ? À la meilleure cachette possible pour enterrer son corps ? Probable.

« S'il-te-plaît ? » Finit par marmonner piteusement le prisonnier.

Alors ça ! Dire que Stiles ne s'y attendait pas vraiment était un sacré euphémisme. Derek qui lui demandait gentiment de l'aider. Ça lui en bouchait tous les coins ! Il sourit gaiement et détacha son sac à dos pour le poser par terre. Au bout d'une minute de fouille, il exfiltra un canif qu'il avait pris le soin d'emporter avec lui dans sa grande sagesse et jeta sur la situation un œil d'expert – ou presque. Comment faire... Un canif serait-il suffisant ? Il estima la hauteur de la branche qui supportait – plus ou moins bien – le poids de Derek. Bon, c'est faisable. Alors il commença lentement à grimper sur l'arbre, le petit couteau dans la poche, sous le regard attentif mais néanmoins circonspect de Derek.

Arrivé en haut, Stiles rampa doucement – douuuuucement – sur la branche qui semblait franchement hésiter entre la rupture et...la rupture. Allez, tu peux le faire. Il tendit le bras et, avec un geste lent, entreprit de lacérer le bois qui n'avait pourtant rien demandé à personne, dans l'intention évidente de s'aider de la gravité pour ramener le loup au sol. Malheureusement, Stiles n'ayant jamais vraiment de bol, ce qui devait arriver arriva. Au bout de deux minutes à peine, la gravité et la résistance des matériaux s'associèrent pour l'emmerder et les poids combinés de Derek et Stiles eurent raison de la branche qui supportait le piège. Dans un terrifiant grincement suivi d'un craquement sonore elle rendit l'âme, et Stiles n'eut que le temps d'ouvrir grand les yeux avant de se sentir tomber dans le vide.

Il s'écrasa donc au sol avec dignité – Derek, avec ses supers réflexes, s'étant déplacé de quelques centimètres pour ne pas se faire aplatir par un Stiles sauvage. Et avant même qu'il ne puisse reprendre ses esprits, une ombre apparut dans son champ de vision – déjà saturé de petites étoiles. Il déglutit bruyamment. Le regard de tueur de Derek ne lui disait rien qui vaille.

« Stanley... » Gronda le loup, son visage approchant dangereusement du pauvre, pauvre Stiles – rappelons qu'un visage contient une bouche, et qu'une bouche contient des dents.

« Oui ? » couina Stiles dans un élan de bravoure.

« Je vais t'étriper. Tu le sais, ça ? »

« Je me doute un peu. » Acquiesça-t-il d'un air arrangeant.

« Bien. Maintenant qu'on est au clair je v- »

Derek interrompit brutalement sa phrase, et Stiles rouvrit les yeux qu'il avait courageusement fermés. Il croisa les prunelles troublées de Derek avant que celles-ci n'aillent voyager sur leurs deux corps. Corps qui se trouvaient dans une étrange position. Derek, à force de se rapprocher de Stiles, se retrouvait maintenant à moitié assis sur l'humain, à califourchon quoi ! Le torse surélevé et les paumes placées de part et d'autre de la tête de sa future victime. Ce dernier, sans vraiment s'en rendre compte, avait posé ses mains sur les clavicules du loup, dans une piètre tentative de défense, sûrement. Et ses jambes étaient pliées de telle sorte que les fesses de Derek reposaient sur ses cuisses.

Hmm. Weird.

Et le plus bizarre dans toute cette scène, c'était probablement le regard de Derek. Stiles ne savait pas trop comment le qualifier. Il y avait de la surprise au fond de ces yeux-là, c'était sûr. De la colère, encore. Mais aussi...quelque chose d'autre. Quelque chose qu'il n'avait jamais aperçu dans ces iris à la couleur improbable. Une sorte de...tendresse ?

Il se demanda fugacement ce que Derek pouvait voir dans ses yeux à lui.

Puis une sorte de ronronnement brisa l'instant. Derek secoua la tête, comme sortant de sa torpeur, et se redressa légèrement pour plonger une main vers la poche de son jean, une de ses paumes toujours bien ancrée à côté du visage de Stiles. Celui-ci rougit violemment et détourna la tête. Ne pense surtout pas aux fesses de Derek qui se trémoussent sur tes cuisses. Tu es hétéro, tu te souviens ?

Il entendit Derek décrocher son téléphone et échanger quelques mots avec ce qui lui parut être Talia. Puis le loup termina l'appel et le silence gênant refit surface. Derek faisait tout pour éviter son regard – et Stiles n'était pas en reste non plus – mais ne semblait pas se décider à bouger. Ce fut un craquement de feuilles à quelques mètres d'eux qui les sépara. Stiles sursauta et le mouvement fit se soulever légèrement Derek. L'hyperactif en profita pour ramener les jambes vers lui et glisser hors de portée du loup. Ce dernier lui lança un coup d'œil nerveux et se releva, alla libérer son sac toujours empêtré dans les cordes, puis revint vers Stiles. Il hésita un instant avant de lui tendre lentement la main, comme ce-dernier l'avait fait la veille. Un sourire s'épanouit sur le visage de Stiles.

Tout n'était peut-être pas totalement perdu tout compte fait.


Lundi 12 octobre

Kate était en train de défaire ses valises, surveillant du coin de l'œil son portable qui restait irrémédiablement silencieux, lorsque le parquet du palier, à quelques mètres de sa chambre, grinça. Elle se tourna rapidement et pointa son flingue en direction du bruit. Rien. Un de ses sourcils se leva et, prudemment, elle s'avança vers la porte qui donnait sur l'escalier.

Encore un craquement. Mais cette fois-ci, dans la chambre de sa nièce. Elle se précipita, arme tendue devant elle. Lorsqu'elle entra dans la pièce, son pistolet se pointa automatiquement en direction de la personne assise sur le rebord de la fenêtre, cachant les derniers rayons du soleil. Kate fixa l'intruse, car c'était manifestement une femme. Jean neutre, sweat violet terne, yeux cachés derrière de grosses lunettes teintées. De la capuche qui recouvrait son crâne dépassait une frange brune et quelques mèches éparses dégringolant sur ses épaules.

« Vous avez exactement dix secondes pour me dire votre nom et ce que vous faites chez moi avant qu'un joli trou vienne décorer vos lunettes. » Attaqua-t-elle en visant lentement la tête de la femme.

Celle-ci ne broncha pas, comme habituée à se faire menacer d'une arme. Pire. Elle la gratifia d'un sourire de chat puis se releva légèrement et se mit à parler d'un ton calme et posé.

« Tu es née le trente avril mille neuf cent quatre-vingt-six à Dallas. Ta famille est venue s'installer à Beacon Hill lorsque tu avais six ans. Tu t'entraînes à l'art de la chasse depuis ton neuvième anniversaire, et tu sors actuellement avec Derek Hale pour atteindre sa famille. Des loups-garous. »

Kate plissa les yeux et resserra sa prise sur son arme.

« Je vous ai pas demandé de me réciter ma biographie, mais de décliner votre putain d'identité ! » Lança-t-elle.

« J'enlève mes lunettes si tu baisses ton arme. Ce n'est pas négociable. » Ajouta-t-elle avant même que Kate ne puisse broncher.

La jeune fille hésita quelques secondes avant d'abaisser son flingue de quelques centimètres. Elle n'avait pas l'habitude de parlementer avec les inconnus qui s'introduisaient chez elle. Mais... il y avait quelque chose chez cette femme, quelque chose dans sa voix, qui lui intimait d'écouter. Dès qu'elle se vit hors de portée de tir, la brune leva lentement les deux mains pour les amener tout aussi doucement vers son visage. Elle fit d'abord glisser la capuche sur sa nuque, puis saisit les branches des lunettes de mouche qui lui mangeaient le visage.

Lorsque celui-ci fut à découvert, Kate crut un instant s'évanouir. Ou hurler. Mais elle était une Argent pur sang, et il était hors de question qu'elle perde ainsi son sang froid. Elle se permit quelques secondes pour se remettre du choc. Découvrir son clone, juste en face de soi pouvait légitimement vous retourner le cerveau. Elle observa attentivement le visage de la femme. Non, pas son clone, pas exactement. Une version d'elle-même plus vieille. Oh pas de beaucoup. Une petite dizaine d'années en plus.

« Comment ? » Souffla-t-elle en s'approchant à petits pas de... son avenir?

« Je viens du futur. De 2012. » Dit la nouvelle venue avec la plus grande nonchalance, comme si elle annonçait le temps qu'il allait faire le lendemain. « Je suis venue pour t'aider. »

« M'aider ? » Croassa Kate, la gorge sèche. « Mais à quoi faire ? »

La Kate brune s'avança vers le milieu de la pièce et s'assit sur le lit d'Allison. Celle-ci était à l'internat, en dehors de la ville. Elle passa une main agacée dans ses cheveux et Kate eut une puissante impression de déjà-vu qui la fit chanceler. Elle secoua la tête pour se remettre les idées en place et partit fermer à clé la porte de la chambre. Elle avait tellement de questions à poser à son futur... Mais la femme n'était apparemment pas venue pour cela.

« Tu es sûrement au courant pour le garçon. Ce nouveau qui se fait appeler Riley. » Commença-t-elle d'une voix grinçante.

« Stanley. » reprit-elle machinalement, se fustigeant mentalement. « Oui, pourquoi ? Ce n'est pas son vrai nom ? » questionna la jeune Kate, impatiente de connaître... eh bien, tout ce que son futur elle pouvait lui dire.

« Pas du tout. Il s'appelle Stiles – tu parles d'un prénom de merde – et il vient aussi de mon époque. » Son regard se fit aiguisé. « Ce petit fumier est venu ici pour ruiner ma vie. Enfin, notre vie. » Ajouta-t-elle dans un sourire complice, que la blonde lui rendit, gagnant de l'assurance. Elle était plutôt sympa dans quelques années.

« Je savais que ce cloporte avait quelque chose de pas net. » Grimaça Kate lorsque les mots de la femme prirent sens. « Qu'est-ce-qu'il a prévu de faire ? »

« Il veut empêcher l'incendie du deux novembre. »

Un silence ébahi résonna bruyamment dans la pièce. Kate mit quelques secondes avant de trouver les mots pour exprimer sa rage.

« Cet attardé pense pouvoir faire quelque chose contre moi ? Contre nous ? Contre notre famille ? » Haleta-t-elle, devenant blanche de colère.

« Oui. Et, bien que j'aie du mal à l'admettre, il est bien parti pour. » Répondit calmement la plus âgée.

« Quoi ? » Aboya la jeune fille, les yeux écarquillés. C'était purement impossible. Ce débile profond n'était rien qu'un ignoble petit cafard qu'elle pouvait écraser sous sa botte si l'envie la titillait. « Comment ? »

« Écoute. »

Elle se leva et posa sa main sur l'épaule de Kate. Pile au moment où leurs corps rentraient en contact, la blonde eut l'impression que son futur-elle se troublait. Ça n'avait duré qu'une seconde, et la brune n'avait apparemment rien ressenti. Elle haussa intérieurement les épaules.

« C'est pour ça qu'il se rapproche de Derek. » Reprit la femme après s'être assurée que Kate n'allait pas piquer une crise. « Pour l'éloigner de toi et faire en sorte qu'il lui fasse confiance. » Elle se rassit sur le lit et croisa les bras sur sa poitrine. « Je suppose qu'il a prévu de lui dire la vérité lorsque le moment lui paraîtra opportun. Et il compte sur leur... « amitié » pour tout gâcher. »

« Tu crois vraiment que- » Commença Kate rapidement.

« Tu as reçu un message de lui lorsque tu étais en France ? Et depuis ton retour ? l'interrompit la brune.

« Non... mais- »

« Stiles est avec lui. Ils ont passé tout le week-end ensemble, et se sont pas mal rapprochés. Si tu vois ce que je veux dire. »

Kate resta interdite quelques secondes, réfléchissant à ce que son autre elle-même venait de sous-entendre.

« Impossible. Derek m'aime, j'en suis sûre. » Affirma-t-elle brutalement.

La brune secoua la tête, un air triste flottant sur son visage.

« J'ai bien peur que ça ne suffise pas. J'ai vu la façon dont Derek agit avec Stan-Stiles. Lorsque Derek t'a rencontrée – m'a rencontrée – il était toujours dans le deuil de son ancienne copine. Paige. Il nous aime comme... comme une sorte de substitut. Mais avec ce minable... Je sens tout autre chose. Et du coup, je pense malheureusement que nous sommes facilement remplaçables. »

« Non ! Je refuse de croire ton baratin. »

« Écoute, je sais que tu es amoureuse de lui mais- »

« Ça va pas la tête ! » Explosa Kate en se détournant de la brune. Elle se mit à faire les cents pas devant le lit de sa nièce. « D'abord tu viens me raconter qu'un mec bizarre du futur va pourrir ma vie, ensuite tu prétends que mon couillon de petit-ami est une putain de tafiole et enfin tu me balances que je suis amoureuse ! Amoureuse ! » Elle ricana nerveusement. « Mais t'es sûre que t'es moi ? Parce que, si c'est le cas, j'ai dû recevoir un putain de coup sur la tronche à ton époque ! »

La Kate du futur regarda la blonde fulminer pendant une bonne minute sans rien dire. Après tout, elle-même ne s'en était rendue compte que bien après... Lorsque la jeune Kate se calma légèrement, elle s'approcha d'elle et lui posa de nouveau la main sur l'épaule. Le même phénomène de « flou » se produisit, mais aucune des deux femmes n'était assez concentrée pour s'en apercevoir.

« Tout ça pour te dire... Il va falloir agir, et vite. » Elle réussit à capter le regard de la jeune fille et le vissa au sien. « On ne peut pas attendre le deux novembre, nous devons avancer la date de l'attaque. Il faut que tu te souviennes. Derek t'a-t-il parlé d'une fête où toutes ces saloperies de loups-garous seraient présents ? »

« Eh bien... » Kate réfléchit un instant, le front plissé. « Oui. vendredi prochain. C'est l'anniversaire de Dora. Il me semble qu'ils réunissent toute la famille à cette occasion. »

« Cora. Très bien. C'est parfait. Préviens papa, on attaque vendredi soir. Elle va avoir un drôle de cadeau d'anniversaire cette petite crétine. » Ricana-t-elle, une lueur malfaisante au fond des yeux.

La brune hocha la tête, un air satisfait s'étendant sur son visage, et se dirigea vers la fenêtre qu'elle ouvrit pour passer une jambe par dessus bord.

« Non, attends ! »

Elle tourna la tête vers la jeune Kate, un air interrogatif sur le visage. Celle-ci semblait peu sûre d'elle, voire totalement indécise quant à ce qu'elle s'apprêtait à dire. Tordant ses mains devant ses cuisses, elle prit une grande inspiration et ancra son regard à celui de son futur-elle.

« Plutôt... en fin d'après-midi que le soir, d'accord ? » Elle grimaça, comme en désaccord avec elle-même, mais continua. « Derek finit tard le vendredi, et il ne sera pas rentré à ce moment-là. Mais je pense que le reste de la famille sera présente ! » ajouta-t-elle précipitamment, comme tentant de convaincre la Kate du futur.

« Hmm... » La brune soupira et acquiesça. Après tout, elle se rappelait très bien avoir demandé la même chose à son père il y avait tout juste huit ans de cela. « D'accord. vendredi, dix-sept heures. Je te dirais quoi faire. Après tout, j'ai l'habitude. » Conclut la femme avant de se faufiler par l'ouverture.


Popopooooo
Vous vouliez du sterek? Et ben voilà deux Kate! MOUAHAHHAHAHA Dans les dents!

Alors, il nous reste deux chapitres et un épilogue avant la fin de cette histoire... Des idées pour ce qu'il va se passer?
(en sachant que ce que vous direz n'influencera pas la suite, dont j'ai déjà pas mal de passages...
Au cas où, que vous ayez pas peur de lancer une bombe genre : ils vont tous mourir et les Kate
vont se faire un martini et des gambas sur leurs cendres... Hum c'est pas ne mauvaise idée en fait..)

Stiles va-t-il pouvoir changer le futur finalement? Attention, J - 4 quand même, ça laisse pas trop trop le temps!
Va-t-il ENFIN y avoir du sterek? Parce que bon, nous on en a marre! (oui, je suis schizo)

Quelqu'un va t-il quand même mourir (ben oui, vous me connaissez, je suis super sadique xD)?

Avez vous trouvé la petite référence à un film? Si personne ne trouve, je vous cause plus, c'est un des meilleurs films de tous les temps!

Voilà, gros gros bisous!
Pour la suite, je sais pas du tout quand je pourrais la poster. Je vous préviendrai en RAR
Et concernant M-59, j'attends juste que le chapitre revienne de
bêta correction par ma Cathouchkaka (oui, je préfère à fond avec un ka en plus =D)

'Lys