Salut mes Caribous chéris d'amouuuuuur
(vous sentez comme j'essaie de vous amadouer là? xD)

Voici le chapitre 12, tout beau tout neuf!
J'ai beaucoup aimé l'écrire, j'espère que vous l'apprécierez =)
Le rating M commence à se justifier (tintintiiiin je mets trop de suspense dans mes notes de début de chapitre xD)

On se retrouve en bas pour un petit débriefing ?

Bonne lectuuuuuuure


Chapitre 12

Mardi 13 octobre, au matin

« Ok, d'accord. À moi. »

Stanley plissa les yeux, en pleine réflexion tandis qu'il garait la Mercedes en douceur sur le parking. Il prit la dernière place de libre, juste à côté de l'entrée du lycée, et coupa le moteur. Une place handicapée, nota Derek. Il hésita à lui faire remarquer. Hm... Après tout, il est un peu attardé quand on y réfléchit...

« Ah je sais ! » Stanley se tourna vers lui, l'index levé et un grand sourire stupide aux lèvres. « Tu préfères : coucher avec Mr Harris devant tout ton lycée – en sachant qu'il sera au-dessus, bien sûr – ou bien te couper un bras et le manger? »

Derek lui lança un regard atterré, à la limite de l'écœurement.

« T'es vraiment dégueulasse. »

« Dit celui qui m'a demandé de choisir entre tuer un bébé phoque et forniquer avec une chèvre. » Fit Stanley en levant un sourcil ironique.

Oui, bon... vu comme ça...

« C'est pas pareil. » Argumenta le brun avec talent.

« Non, c'est pas pareil. » Admis Stanley en hochant la tête, solennel. « C'est pire. »

« Tu rigoles ! Je préfère coucher avec une chèvre plutôt que de me faire Harris. » Répliqua Derek avec un sérieux à tout épreuve.

Silence.

Stanley s'esclaffa, vite suivit par Derek – enfin, il sourit, fallait pas pousser non plus, « s'esclaffer » ne faisait pas partie des fonctions préenregistrées chez lui. Au même titre que « glousser » ou « pouffer ». Cependant il avait remarqué que, dès que Stanley commençait à rire, il lui était très difficile de garder l'air grave qu'il affichait en permanence. Pas au point de glouglouter comme une dinde – encore heureux ! – mais il se déridait plus facilement. À savoir si c'était une bonne chose... Le jury délibérait encore.

« Mec, t'as un sérieux problème. » Lança Stanley en secouant la tête, hilare.

Derek lui sourit de nouveau et détacha sa ceinture en entendant la première sonnerie d'entrée en cours. Il était déjà arrivé à la bourre la veille, il espérait ne pas récidiver ce jour-ci. Harris le détestait suffisamment comme ça... Et voilà, maintenant j'ai une image horrible en tête en pensant à lui...Tout en grimaçant, il s'apprêtait à sortir mais avant même qu'il ne puisse saisir la poignée de la portière, la main de Stanley se posa sur son épaule. Et, comme à chaque fois, malgré la couche de vêtements qu'il portait, il frissonna. Ça devait faire la... quoi ? Vingtième fois que ça lui arrivait ? Et il avait toujours du mal à ne pas laisser voir son trouble. Surtout depuis ce dimanche matin... Hmm.

Bref.

Derek tourna légèrement la tête vers l'habitacle, croisant le regard noisette qu'il avait appris à apprécier ces derniers jours. Peut-être un peu trop parfois.

« Je viens te chercher ce soir ? » Demanda Stanley avec un sourire espiègle. « Et on se refait une soirée massacre de monstres, comme hier ? Enfin : je joue et tu meurs. Parce que, faut l'avouer t'es super nul. C'est pas ta faute, mais t'es nul. » Devant l'absence de réponse de Derek, il continua. « Faut pas te vexer hein, pour une fois que je peux gagner contre toi... Derek ? »

« Euh... » Le loup-garou avait détourné les yeux durant toute la tirade de l'hyperactif et sa main se trouvait maintenant posée sur la poignée de la portière. D'un coup sec, il tira dessus et posa un pied sur le sol du parking. Puis, il osa un regard vers Stanley qui attendait toujours sa réponse. « Je peux pas ce soir. » Finit-il pas avouer en sortant sa seconde jambe.

« Ah. » L'air de Stanley se fit déçu et Derek se surprit à prier. Ne demande pas pourquoi, ne demande pas pourquoi, ne demande pas pourquoi. « Pourquoi ? » Merde.

Il regarda dehors, puis vers Stanley. Hésitant. Fallait-il vraiment qu'il lui dise ?

Kate lui avait envoyé un message la veille au soir, alors qu'ils étaient en plein milieu d'une tuerie de zombies – il détestait ce genre de truc, il était plus que mauvais avec une manette entre les mains, mais Stanley avait insisté... Et Derek avait fini pas céder. Bref. Sa petite amie venait de rentrer de France, et lui avait proposé de passer la soirée du lendemain en amoureux, dans un chalet à quelques kilomètres de Beacon Hill. Bien sûr, il avait accepté, envoyant un sms de confirmation lorsque Stanley était parti pisser. Pourquoi tant de secret ? C'était très simple. Il aimait bien Stanley. Ça le surprenait lui-même, mais il avait finit par apprécier de passer du temps en compagnie de cet énergumène qui squattait sa famille. C'était le seul, en dehors des membres du clan Hale, à supporter toutes ses remarques, son caractère quelquefois difficile et, plus que tout, le gars n'hésitait pas à se foutre de lui. Ce point précis lui semblait étrange. Lui qui adorait se faire craindre, il adorait le fait que Stanley n'ait pas peur de lui. Pire. Qu'il le provoque. Certes, le mec était trop bavard, souvent un peu chiant, et avait carrément un humour de merde mais... Ça lui plaisait. Vraiment beaucoup.

Malheureusement Stanley détestait Kate – et l'inverse était réciproque. Derek ne comprenait pas pourquoi, mais ils ne pouvaient pas s'encadrer. Or ça l'embêtait de se disputer avec Stanley dès que le sujet « Kate » entrait en jeu. Bon, non, soyons franc : ça lui foutait grave les boules. Alors la seule manière d'empêcher une engueulade c'était d'éviter par tous les moyens de parler de sa petite-amie. Jusque là, Derek s'était plutôt royalement débrouillé – sans se lancer de fleurs ou quoi – et il se doutait bien que c'était en partie parce que Stanley avait adopté la même stratégie. Mais ça ne pouvait pas durer indéfiniment. Et là, il était coincé.

Peut-être qu'avec un peu de tact...

« Je... ça te regarde pas. » Dit-il beaucoup froidement que ce qu'il avait imaginé. Il extirpa son corps de l'habitable et s'appuya contre le haut de la portière pour garder Stanley en vue.

« Oh. »

Pour le tact, on repassera...

« Bien. »

Le visage de Stanley, quelques secondes plus tôt très avenant, s'était fermé comme une huître et il remit le contact en brisant leur échange visuel. Avant même que Derek ne puisse faire quoi que ce soit – comme s'excuser par exemple... bien qu'il ne fut pas sûr qu'il l'aurait fait, même s'il en avait eu l'occasion – Stanley enclencha la marche arrière et sortit de la place handicapée, ne laissant au loup-garou que le temps de claquer précipitamment la portière qu'il tenait encore dans sa main et de sauter en arrière pour conserver l'intégrité de ses pieds.

Sans lui adresser un seul regard, Stanley quitta le parking, manquant de peu d'écraser un lycéen retardataire qui courait vers l'entrée du lycée.

Derek resta un moment les bras ballants, les yeux rivés sur l'endroit où avait disparu la voiture grise. Pourquoi tout devait-il être aussi compliqué ? Depuis que Stanley était là, son petit train de vie était plus ou moins chamboulé. Avant son arrivée, il y avait Kate d'un côté, avec laquelle il passait le plus clair de son temps, et sa famille de l'autre. Certes, les deux parties de sa vie ne s'appréciaient guère, mais c'était à peu près gérable. Maintenant, il devait inclure Stanley dans l'équation, et ça foutait un bordel monstre. Parce que, bien qu'il s'en défende, il portait énormément d'attention à ce que le type au yeux bruns pensait, et ses avis l'influençaient plus qu'il ne l'aurait voulu. Ça le faisait de plus en plus chier de devoir jongler avec des émotions contradictoires, putain.

Il soupira de dépit, ne trouvant pour une fois pas de solution à la galère qu'était devenue sa vie, et regarda sa montre. Bon, était-ce vraiment une bonne idée de se pointer en physique ?


Mardi 13 octobre, au soir

Elle passa une main tendre dans les cheveux courts qui peuplaient la nuque de Derek. Comme les fois précédentes, il ne réagit pas, le visage toujours baissé vers l'écran de son téléphone. Elle soupira de mécontentement et se renfonça dans le canapé sur lequel ils s'étaient installés depuis près d'une heure maintenant. L'idée de mettre un film avait fait le consensus. Et bien entendu, personne ne regardait ce foutu film. Le grincement du cuir interpella Derek qui tourna distraitement la tête vers sa petite-amie.

« Qu'est-ce-qu'il y a ? T'aimes pas le film ? » Demanda-t-il vaguement, les yeux toujours fixés à son portable, ses doigts pianotant allégrement sur le petit clavier.

« Qu'est-ce-qu'il y a ? T'aimes pas le film ? » Singea-t-elle, une mimique presque agressive sur les lèvres. Cette fois-ci, Derek haussa un sourcil surpris et délaissa son portable pour la regarder dans les yeux. « Ah bah enfin, j'ai ton attention ! »

« Qu'est-ce-qui te prend ? » Grinça-t-il, sentant la dispute venir. Il soupira et, avisant le film qui continuait à défiler sur l'écran géant face à eux, attrapa la télécommande et mit le DVD sur pause. « Qu'est-ce-qui se passe ? »

« Tu me le demandes vraiment ? » Souffla Kate, désabusée. Elle ne le laissa pas répondre et continua sur sa lancée. « J'ai pas eu droit à un seul véritable regard depuis qu'on est dans le chalet. On s'est pas vus depuis des jours, je te propose une soirée en amoureux et toi, tout ce que tu trouves à faire, c'est envoyer des textos. »

« Arrête Kate, c'est pas vrai. » Intervint Derek avec une mauvaise foi moyennement assumée, tentant d'ignorer son portable qui vibrait contre sa cuisse. Cependant, ce ne fut pas le cas de la blonde qui émit un son entre le ricanement et le mépris.

« Bien sûr que si, et tu le sais très bien. » Elle croisa les bras devant elle et Derek, machinalement, l'imita.

« Bien ? Admettons ! Je suis désolé d'avoir des amis, c'est ça que tu veux entendre ? » S'écria Derek, les paumes vers le haut.

Le coup d'éclat du brun, inhabituel, la surprit légèrement et elle dut prendre quelques secondes pour trouver ses mots. Ceci fait, elle repartit de plus belle :

« Mais je m'en fous que tu aies des potes, sois ami avec tout ton putain de lycée si ça te chante ! Mais pas avec cet abruti de Stanley ! » Il voulut prendre la parole mais, à nouveau, elle l'en empêcha. « C'est un connard ce mec ! Toi même tu le disais i peine une semaine ! Qu'est-ce-qui s'est passé pendant mon séjour en France pour te faire changer d'avis ? Il t'a fait une pipe ou quoi ? »

Elle ne se rendit compte que trop tard qu'elle était allée trop loin. Le regard de Derek prit une nuance azurée dangereuse tandis qu'il serrait la mâchoire à s'en faire grincer les dents. Il se leva lentement et elle frissonna au ton qu'il employa pour lui parler, la dominant de toute sa hauteur.

« Stop. Arrête. J'ai fait beaucoup d'efforts pour ignorer ta mauvaise humeur ce soir, pour ignorer tes remarques acerbes sur tout ce que je pouvais te raconter au sujet de mon week-end. » Elle voulut démentir ses propos – pourtant véridiques, elle le savait – mais il leva une main, la coupant dans son élan. « Je sais que tu l'apprécies pas, mais Stanley fait partie de ma vie maintenant, va falloir faire avec. Je t'aime Kate, mais par moment, tu me fais chier. »

Il lança brutalement la télécommande qu'il avait encore en sa possession sur le canapé et s'en alla vers la chambre à pas rapides. Un simple « Je suis crevé, je vais me pieuter. » Franchit ses lèvres alors qu'il passait le seuil du salon.

Kate resta paralysée une longue minute, réfléchissant à toute allure à la scène qui venait de se dérouler. Qu'est-ce-qui lui avait pris de s'emporter de la sorte ? À quoi pensait-elle donc ? Trois jours à peine avant la date fatidique ! Alors que son futur-elle l'avait pourtant prévenue : Avec ce minable... Je sens tout autre chose. Seulement elle... elle ne pensait pas que Derek allait réagir ainsi. À vrai dire, ils n'avaient jamais eu de véritable dispute. Lorsque Kate avait une remarque à faire au brun, celui-ci se pliait toujours à ses exigences, acceptant obligeamment les critiques et tentant de satisfaire sa volonté. Il n'avait jamais, au grand jamais, élevé la voix contre elle et encore moins employé ce ton froid qui avait glacé toute réponse quelques secondes plus tôt.

Sans plus réfléchir, elle se précipita derrière Derek. Lorsqu'elle arriva dans la chambre, il était déjà sous les draps et s'apprêtait à éteindre la lumière. L'arrivée brusque de Kate le fit se figer et il la fixa, le regard toujours colérique. Elle osa quelques pas vers le lit et s'assit près de lui, ses mains se posant sagement sur ses genoux. Elle patienta quelques instants avant de prendre la parole.

« Écoute... » Commença-t-elle du bout des lèvres. « Je suis désolée, tu as raison c'est ma faute. » Les mots lui écorchaient la bouche mais c'était un mal nécessaire. « Je me suis emportée, j'aurais jamais dû dire ça. J'exagère tout. Mais... » Elle leva la main et alla lentement caresser la joue de Derek, s'attendant presque à un refus net de sa part. Un soupir tremblant s'échappa de ses lèvres lorsqu'il ne recula pas. « … Je... Tu m'as manqué Der'. Et je voulais juste passer un moment romantique avec toi... Tu comprends ? »

Derek resta muet un instant avant de soupirer à son tour. Il laissa son masque de rancune se fissurer et le soulagement prit Kate à la gorge lorsqu'il lui adressa un petit sourire.

« Non, c'est moi qui m'excuse. J'aurais pas dû envoyer des messages pendant la soirée. Je suis désolé. »

Il se mit en position assise et, d'une légère traction, amena Kate à se blottir dans ses bras. Il embrassa le sommet de son crâne et elle ferma les yeux.

« On fait la paix ? » Chuchota-t-il, sa main allant caresser le cou de la blonde qui sourit de contentement.

« On fait la paix. »


Kate se réveilla en sursaut. Les yeux grands ouverts, le dos collé au matelas, elle fixa le plafond en attendant que sa rétine s'adapte à l'obscurité ambiante, tout en essayant de comprendre ce qui avait bien pu perturber son sommeil. La jeune femme avait le sommeil très léger, on l'avait entraînée dans ce but. Elle se rappelait très clairement les nuits, lorsqu'elle était encore une gamine stupide, où son père s'introduisait dans sa chambre pour la tester. Les premières fois, elle avait dû faire beaucoup de pompes en guise de punition pour avoir manqué de vigilance, mais elle avait appris rapidement à ne dormir que d'un œil, à être toujours en alerte qu'importât l'heure du jour ou de la nuit. Cependant... Depuis qu'elle était avec Derek, sa garde s'était relâchée. Pas totalement, bien sûr ! Elle restait une chasseuse jusqu'au bout des ongles ! Mais... Lorsqu'elle passait ses nuits avec le loup-garou, elle s'autorisait un sommeil profond, sachant très bien que l'ouïe du lycanthrope était largement suffisante pour deux. Dormir sur ses deux oreilles en présence d'un loup... un comble pour une Argent.

Dehors, la nuit était encore bien noire, aucune lumière ne filtrait à travers les volets en bois. D'un mouvement lent et las, elle saisit son téléphone sur la table de chevet et appuya dessus pour vérifier l'heure. 3H52. Et aucun message n'était arrivé qui aurait fait vibrer son portable. Bon. Ne se sentant plus totalement en sécurité, elle tâtonna au dessus d'elle. Lorsque ses doigts rencontrèrent l'interrupteur, une douce lumière, venant de la porte menant au couloir, éclaira peu à peu la pièce. Personne. Elle attendit, sur le qui vive, à la recherche du moindre bruit qui lui indiquerait la présence d'un intrus dans le chalet. Non, rien.

Au moment où elle allait éteindre lampe, un étrange son se fit entendre. Kate se figea. Cela avait été fugace et elle n'avait pas pu déterminer avec précision l'origine du bruit, mais il lui parut provenir de l'autre côté du lit. De Derek. Elle déplaça son buste pour lui faire face. Les sourcils légèrement plissés, les lèvres entrouvertes, il paraissait totalement absorbé par des images qui défilaient derrière ses paupières closes. Il semblait dormir, profondément et sans un bruit. … Hm... Bizarre. Elle était toujours en train de s'interroger sur la source de ce son – probablement responsable de son réveil – lorsque celui-ci se fit entendre à nouveau. La blonde sursauta et son regard se posa derechef sur son petit ami.

Une sorte de sifflement, mêlé à un léger gémissement sortait d'entre les lèvres humides de celui-ci. D'abord doucement, puis de plus en plus fort. Elle hésita. Fallait-il qu'elle le réveille ? Il faisait apparemment un cauchemar, mais elle n'osait pas. Derek était plus que grognon lorsqu'il n'avait pas une nuit complète. Inutile de faire en sorte qu'il lui en veuille encore un peu plus aussi près du jour J. Elle nota que c'était particulièrement stupide de penser ainsi. Elle avait tous les renseignements qu'elle désirait et n'avait donc plus besoin d'être proche du gamin. Mais... Peut-être que... Elle ne savait pas trop... Elle osait à peine se l'avouer, mais elle s'imaginait quelques fois garder Derek après avoir décimé la famille Hale. Après tout, il allait perdre tous ses proches, il lui faudrait bien quelqu'un pour le réconforter. Elle avait été ce quelqu'un après Paige, pourquoi ne le serait-elle pas une seconde fois ?

Un gémissement plus fort que les autres rompit le fil de ses pensées et ses yeux allèrent voyager sur le visage de Derek. Visage détendu. Beaucoup trop détendu pour que son rêve soit cauchemardesque. Un sourire satisfait ourla ses lèvres et elle se détendit. La lumière toujours allumée, elle observa avec intérêt la bouche du garçon s'ouvrir par à-coups pour laisser se faufiler un souffle rauque et chargé de promesses. Sa main se leva pour aller caresser tel une plume la mâchoire carrée de Derek puis depuis la courbe douce de son cou, elle glissa sur son torse qui se soulevait à une cadence soutenue. Excitée par le spectacle, elle rapprocha son corps du sien, tous deux en tenue d'Adam, et laissa une main partir à l'aventure sous les draps, cherchant la dernière preuve qui mettrait un terme à ses doutes, aussi minces puissent-ils être.

Lorsque ses doigts se resserrèrent sur la virilité tendue du loup-garou, ce dernier laissa échapper un geignement plus énergique que les autres et elle le sentit commencer à émerger. Kate sourit, ravie des réactions qu'elle provoquait toujours chez le garçon, même après la dispute qu'ils avaient eue quelques heures plus tôt. Elle se suréleva légèrement pour venir se coller à Derek, qui continuait à gémir sourdement, encouragé par sa main qui se mouvait lentement sur sa hampe. Ses seins durcis appuyant lourdement sur le torse de Derek, elle vint poser des lèvres impatientes sur les siennes, plongeant directement sa langue dans la bouche si accueillante de son petit ami.

D'une main tremblante d'anticipation, elle guida la virilité de Derek entre ses jambes et soupira d'aise lorsque le bout de la verge pénétra lentement son intimité glissante de désir. Ses yeux, fermés sous le plaisir de la pénétration progressive du membre imposant du loup, se rouvrirent lorsqu'un halètement différent des précédents s'échappa de la bouche de ce dernier. Il était diablement sexy, ainsi abandonné à sa volonté. La joue contre le cou du garçon, elle commença à se mouvoir langoureusement sur le sexe tendu, tandis que de sa langue elle retraçait le relief de la carotide de son petit-ami, désormais agitée de soubresauts frénétiques. Son visage remonta lentement vers celui de Derek, laissant derrière elle un sillon humide et brûlant. Arrivée à hauteur de la bouche, elle laissa sensuellement sa langue y pénétrer pour goûter sa consœur, ses yeux plongeant dans les iris gris-vert de Derek.

Elle se figea soudainement. Son effarement était de taille. Le garçon naviguait encore entre le sommeil et l'éveil, les yeux légèrement flous, mais elle discernait très bien l'expression qui brillait dans ses prunelles. Et ce n'était pas du tout ce qu'elle s'attendait à voir. Il avait l'air... surpris... Presque...déçu. Kate eut l'impression qu'une chape de plomb s'écroulait sur elle.

Stupidement, elle s'était jetée sur l'occasion de se rabibocher avec Derek par le sexe. Après tout, n'était-ce pas ce que certains couples avaient l'habitude de faire ? Évidemment, elle n'avait pas une seule seconde imaginé ne pas être la source de ce rêve érotique. Pourquoi l'aurait-elle fait ? Après tout, elle était sa petite amie, elle devait donc lui suffire. Mais, alors que Derek s'éveillait tout à fait, elle repensa aux drôles de bruits que celui-ci avait laissés franchir ses lèvres. Un sifflement. Non, pas un sifflement. Le début d'un prénom.

Des larmes de rage – et de quelque chose d'autre qu'elle n'eut pas le temps ni l'envie d'identifier – vinrent embrasser ses cils et elle se sépara brutalement de Derek dont les prunelles s'étaient faites interrogatrices. Elle s'enroula dans l'un des draps qui les recouvrait et se leva, ses pieds nus plongés dans la grosse moquette qui recouvrait le sol.

« Ça va pas ? » Murmura Derek, encore un peu endormi, la voix rauque d'avoir trop gémit.

Kate eut envie de l'insulter, de le frapper, de lui arracher ces yeux qui avaient imaginé... pendant qu' elle... Une envie de vomir la prit aux tripes et elle posa le dos de sa main contre ses lèvres.

« Je me sens pas bien. » Souffla-t-elle alors qu'elle se détournait vers le couloir. « Je reviens. »

Il ne la retint pas et elle s'engouffra dans le corridor menant à la salle de bain. Arrivée là, elle ferma la porte et s'appuya dessus pesamment. Les poings serrés contre sa poitrine, ses yeux humides fixant un point invisible devant elle, elle se contraignit à prendre quelques longues inspirations pour se calmer. Pour ne pas laisser ses sentiments prendre le dessus. C'était un loup-garou. Pas un homme. On ne pleurait pas pour un animal stupide. Il n'y avait aucune raison de pleurer. Elle était une Argent, oui ou merde ! Nous chassons ceux qui doivent être chassés.

Au bout de cinq bonnes minutes, elle fixa son propre regard, sec et déterminé, dans la glace en face d'elle et hocha la tête. Puis, sans bruit, elle retourna dans la chambre toujours éclairée, où elle trouva Derek dormant comme un bienheureux. Elle se délesta du drap qui la recouvrait pour se glisser aux côtés de l'adolescent, et le fixa, ses iris brillant d'un éclat glacial. Nous chassons ceux qui doivent être chassés.


Alors alors alors... Pfiou!

Vous vous y attendiez à celle-là? Moi pas xD
Dans ce chapitre, j'ai essayé de rendre Kate un peu plus sympathique. Ben ouais, elle a aussi des sentiments quoi!
Et puis, la pauvre, elle veut garder Derek (ça se comprend un max) et elle se retrouve dans une situation plus que naze =)
(oui, bon, vous allez me dire : OUAIS BAH TANT MIEUX POUR CETTE FDP! Et vous auriez raison xD)

Etant donné que je me suis ENCORE emballée sur ce chapitre, ben en fait ça c'était que la première partie du chapitre 12 normalement. Du coup, ben la 2nde arrivera en chapitre 13. Dooonc si vous avez tout bien suivi, y'aura 14 chapitres (de la folie, c'est beaucoup 14!... Non? Ah.) et un épilogue.
Normalement, pas plus. Parce que y'a un moment où faut savoir s'arrêter lol

Je sens que certains d'entre vous vont me dire : MAIS IL EST OU WILLIAM? ON VEUT DU STILLIAM!
(vous avez remarqué comment je hurle pour vous imiter? xD)
Et ben rassurez-vous : On voit énormément William au prochain chapitre. Et pour ceux qui voulaient Derek... BEN TANT PIS! xD

Aller, je vous laisse m'insulter via le petit rectangle blanc. Défoulez-vous =D

Bisou
'Lys (qui vous aime quand même, alors soyez pas trop méchant =B)