Bonjour tout le monde, comment allez-vous ? Tout d'abord, félicitation à tous les lycéens qui ont passé le bac. Maintenant, vous allez pouvoir vous reposer un peu ;) J'espère par ailleurs que ce chapitre vous plaira et que vous passerez de bons moments !
Réponses aux review :
Karma power : Bienvenue à toi et merci beaucoup pour ta review ! La suite est là ;) je te souhaite une bonne lecture !
mystrale9331 : C'est super si tu trouves Akashi mignon et attachant à présent x). Pour moi, il l'a toujours été haha. Mais bon, j'aime les personnages un peu sadique/psycho. Merci en tout cas pour ta jolie review et je te souhaite une bonne lecture !
amelayy : Tu sauras dans ce cas que tes review illuminent aussi mes journées, c'est toujours un plaisir ! Je suis contente que tu sois touchée par mes chapitres, c'est vraiment un plaisir. J'espère donc que ça continuera avec ce chapitre et je te souhaite une bonne lecture !
Merci aussi à tout le monde pour continuer à lire cette fiction, à la mettre en favori ou en follow. Je vous livre ici le chapitre 12 et n'hésitez pas à laisser une review ;) Bonne lecture à tous !
Le portrait
Chapitre 12
Un nouveau jour illumina les rues Tokyoïtes, quelques courageux se mettant déjà en route pour rejoindre leur lieu de travail. La journée commençait tout juste pour certains alors qu'Haizaki se retourna une énième fois dans son lit. Il n'était pas parvenu à fermer les yeux de la nuit, n'ayant eu de cesse de chercher une position confortable encore et encore sous ses couvertures dans l'espoir de se faire gagner par le sommeil. Seulement, à peine ses yeux se fermaient que le visage de la mère de Nijimura lui revenait en mémoire.
Une injure passa ses lèvres tandis qu'il se tourna une dernière fois et parti observer le plafond au-dessus de lui. Il avait toujours été une personne bornée, proclamant avoir toujours raison même lorsque des personnes lui prouvaient le contraire. De toutes façon, qu'est-ce qu'ils en savaient ? Si bien que son entourage avait tendance à le comparer à un chien féroce qui aurait trouvé son os et refuserait de s'en séparer, quoiqu'il advienne. Seulement, ce dit os était finalement devenu sa propre faiblesse et son propre désarroi. Il ne pouvait s'en détacher et ne voulait pas non plus, bien qu'il y avait un risque que cela le détruise sur le long terme.
A chaque fois qu'il parvenait à se convaincre d'arrêter, de tourner la page et de vivre sa vie de son côté, il fallait que Nijimura fasse un petit geste ou dise quelque chose pour le faire revenir. C'était inconscient, le brun ne se rendait pas compte de son influence sur lui, mais Haizaki se trouvait faible en face de ce dernier. Au bout du compte, il devait se rendre à l'évidence et s'avouer une bonne fois pour toute être dépendant de la présence de Nijimura à ses côtés. Il avait besoin de lui, il avait toujours eu besoin de lui ; de son attitude autoritaire mais aussi distante, donnant l'impression de ne vouloir aucune attache avec ce monde.
Nijimura avait toujours été comme de la fumée : insaisissable. Haizaki avait beau tendre ses mains dans sa direction, l'appeler afin de le retenir, jamais il n'y parvenait. La réalité se révélait plutôt douloureuse et il préférait donc se voiler la face, se dire qu'il était peut-être seulement pessimiste, mais à quoi bon. Jamais Nijimura ne le verrait autrement qu'en tant que spectre du passé ; ils n'avaient aucun futur.
Le plus intelligent serait de disparaître à son tour, afin de minimiser les dégâts et de pouvoir se relever.
Toutefois, il était un chien qui se trouvait incapable de lâcher son os. Nijimura lui appartenait et il ne laisserait jamais personne mettre les pattes dessus, et pour cela il était prêt à montrer les crocs pour défendre sa propriété.
Puis, sachant que le sommeil ne le gagnerait pas, Haizaki quitta son lit et sortit de sa chambre. Ses pieds trainaient sur le sol et lui donnaient une allure peu élégante, mais tout cela lui passait au-dessus de la tête. Il n'avait à impressionner personne entre ces murs et de toute façon, c'était à peine si les autres habitants le remarquaient. Il ouvrit le réfrigérateur et se saisit d'une bouteille de lait, observant en biais la silhouette de son grand-frère qui discutait avec l'un de ses hommes.
Haizaki replaça ensuite sa boisson à sa place et se dirigea vers les placards afin de retrouver sa boîte de céréales avant de retourner dans sa chambre. Ce n'était pas que son grand-frère refusait sa présence à ses côtés, puisqu'il participait parfois à quelques-unes de ses activités, mais simplement il ne se sentait pas à sa place. C'était comme s'il ressentait contre sa peau le regard inquisiteur d'une personne qui le jugeait, qui l'observait, et lui soufflait à l'oreille à quel point il était inutile.
Une fois son bol de céréales entre les mains, il se dirigea vers sa chambre avant qu'une voix ne vienne l'arrêter dans son élan. Haussant un sourcil, il se tourna pour remarquer l'intérêt que lui portait Shinichi. Son bras droit finit par quitter la cuisine, les laissant désormais seul à seul. Haizaki le vit alors se rapprocher tel un félin ayant focalisé toute son attention sur son prochain repas.
Un désagréable frisson parcouru son épiderme tandis qu'il se faisait aspirer par le regard profond que son frère lui jetait.
« Est-ce que ta petite tête n'a pas retenu ce que je t'ai dit la dernière fois ? Gronda Shinichi, menaçant.
— Je fais ce que je veux. »
Son attitude fit s'assombrir un peu plus les yeux de son frère. Haizaki savait parfaitement que son homologue ne supportait pas qu'on ignore sa volonté et encore moins ses ordres. Il y avait là une rébellion à éliminer sur le champ, une menace à exterminer pour éviter la propagation. Seulement, il y avait des choses dans cette vie auxquelles Haizaki ne pouvait renoncer, ou ne pouvait se résoudre à sacrifier, et ce qu'importe ce que son frère lui ordonnait.
« Je me demande qui a bien pu te l'autoriser. »
La question rhétorique de Shinichi le fit déglutir, mails il soutint le regard coléreux de son aîné. Plusieurs fois il s'était écrasé face à lui, afin de pouvoir garder un toit sous lequel dormir et de quoi pouvoir s'alimenter. Cela ne le dérangeait pas de faire le sale boulot ou de nettoyer après que son frère soit passé par-là, seulement il ne demandait qu'une chose en retour. Une petite chose insignifiante, qui ne coûtait rien à Shinichi, mais celui-ci ne voyait malheureusement pas cela du même œil.
Puis, brusquement et violemment, son menton fut emprisonné par la poigne ferme et douloureuse de son grand-frère. Il le força à le relever tandis que des ongles griffaient la peau de sa mâchoire, le faisant rapidement grimacer. Son regard toujours plongé dans celui de Shinichi, Haizaki put y lire toute la fureur de ce dernier et son corps se raidit instinctivement, comme pour anticiper la douleur.
« Ma demande était pourtant simple et claire : ne t'approche plus de lui. Je n'ai vraiment pas envie que notre famille découvre que tu écartes les cuisses pour un homme. »
Haizaki savait parfaitement pourquoi son frère n'appréciait pas sa relation avec Nijimura. En soit, il ne portait guère d'intérêts aux relations homosexuelles du moment qu'elles ne l'approchaient pas. Seulement, dans le cas présent, il était le petit-frère du grand Shinichi Haizaki ; respecté et craint dans plusieurs quartiers et quelques villes environnantes. Si les gangs rivaux ou mêmes leurs alliés apprenaient que le petit-frère de Shinichi était amoureux d'un homme, assurément sa réputation en prendrait un coup. Shinichi lui en avait longuement parlé, parfois plus calmement qu'en cet instant.
A sa manière, Shinichi le protégeait mais Haizaki était incapable de le voir. Il ne se focalisait que sur lui-même et ses sentiments pour Nijimura. L'Amour était de toute façon connu pour être un sentiment égoïste et injuste. Haizaki préférait perdre ce qui lui restait de famille que de voir disparaitre définitivement Nijimura. Durant ces mois où le brun s'était volatilisé, il s'était senti comme incomplet ; un sentiment de vide avait élu domicile dans son cœur.
L'existence de Nijimura Shūzō lui était devenue vitale.
Une dépendance qu'était parvenue à déceler Shinichi et qui l'énervait autant que cela l'inquiétait.
« Maintenant tu vas m'écouter, d'accord ? Ce type joue avec toi. Alors fais-moi le plaisir de t'en séparer. »
D'un mouvement sec, Shinichi le relâcha et le dépassa pour vaquer à ses occupations. De son côté, Haizaki laissa retomber sa tête vers l'avant et observa, sans réellement le voir, le sol à ses pieds. Il en était conscient. Il savait que Nijimura n'éprouvait pas les mêmes sentiments à son égard, cela n'avait jamais été le cas même par le passé. Peut-être y avait-il un peu plus que de l'amitié, une affection particulière qui toutefois n'avait jamais dépassé un certain seuil. Et malgré les années, malgré les moments passés ensembles à discuter et à rire, à s'embrasser et à faire l'amour, rien ne changerait cela.
Nijimura Shūzō était insaisissable, il ne pouvait le saisir et le garder contre lui malgré tous ses efforts et ses sentiments.
-x-x-x-
Plus tard dans l'après-midi, Haizaki traversa les rues de Tokyo et mit rapidement les pieds dans un bar dont il connaissait le personnel. Son visage s'adoucit pour la première fois de la journée et il chercha rapidement la silhouette de Nijimura entre les tables, avant qu'une autre personne n'accapare son attention. Accoudé au bar et discutant avec Kuroko, Akashi était aussi de sortie. Le visage d'Haizaki s'assombrit aussitôt, se renfrognant. Il s'avança tout de même, venant même s'asseoir à côté du rouquin qui ne tarde pas à lui rendre son regard, mais il l'ignora. C'était ici la meilleure place pour pouvoir discuter avec Nijimura quand ce dernier repasserait derrière le bar.
Il demanda sa boisson habituelle à Kuroko et balaya une nouvelle fois la salle du regard, à la recherche de la silhouette de Nijimura, mais force est de constater qu'il n'était pas là.
« Nijimura-san a dû s'absenter pour aller faire quelques courses. » L'informa Akashi.
Haizaki sentit la colère monter malgré la gentillesse de l'adolescent, savoir que ce garçon le savait l'énervait. Qui il était pour détenir cette information ? Que lui avait dit exactement Nijimura avant de disparaître ? Comment s'était-il comporté avec lui ? Haizaki riva à cet instant son regard sur le profil d'Akashi, qui était retourné à sa conversation avec Kuroko après avoir compris qu'il n'aurait aucune réponse de sa part.
Pourquoi était-il autant jaloux de ce garçon ? Nijimura n'était pas assez inconscient et stupide pour entretenir une relation intime avec un enfant. Il n'avait aucune raison de s'inquiéter, vraiment.
Quelques temps après, Nijimura fit son apparition, portant à bout de bras des caisses contenant des bouteilles d'alcools. Kuroko le remercia, visiblement il y avait eu un problème de livraison et Nijimura avait dû allez chercher leur commande avec sa voiture. Les caissons furent ensuite transportés jusqu'à la réserve, obligeant le brun à faire plusieurs allers retours de sa voiture à la petite pièce où plusieurs fois ils s'étaient faits soigner par Kuroko.
« Oh tiens t'es là, toi ? »
Nijimura sourit en le voyant accoudé au bar, le saluant de la sorte par cette remarque moqueuse mais affectueuse à la fois.
« Ouais. J'suis venu te faire chier pendant tes heures de boulot, se moqua-t-il.
— Haizaki-san, menaça lourdement Kuroko.
— Oui, oui, t'inquiète pas. On se frappera pas, renchérit Nijimura en voyant l'air sombre de son collègue.
— On peut parler sans en venir aux mains tu sais… » Marmonna-t-il.
Toutefois, Kuroko lui jeta un regard dubitatif et Nijimura ne put s'empêcher de se moquer de son attitude. De son côté, Akashi observa l'échange entre ces trois hommes qui visiblement se connaissaient bien. Haizaki et Nijimura se volaient dans les plumes, s'insultant et se menaçant par moment, mais en vue de l'étincelle malicieuse qui brillait dans leurs yeux c'était une scène tout à fait banale.
Par moment, Nijimura devait s'absenter afin de retourner à son travail et Kuroko partait servir les autres clients assis devant le bar. De sorte qu'Akashi et Haizaki se retrouvaient seul et le silence s'abattait autour d'eux. Aucun ne chercha à lancer la conversation. Haizaki buvait tranquillement sa boisson, jetant quelques coups d'œil à l'adolescent qui avait sorti entretemps un petit calepin et traçait des courbes au crayon de papier.
Tout à coup intéressé par ce que ce garçon pouvait bien dessiner, Haizaki chercha à se rapprocher afin de pouvoir regarder par-dessus l'épaule d'Akashi. Le tout en essayant de rester un minimum discret, mais rapidement le rouquin leva un regard énervé dans sa direction.
« Pourquoi ne pas me demander directement ? Lui demanda-t-il après en avoir eu marre de l'entendre gigoter sur son siège.
— Comme si ça m'intéressait. »
Haizaki pesta et se rassit correctement sur son siège, partant regarder ailleurs tout en terminant sa boisson. Sa mauvaise foi fit soupirer Akashi, qui reposa son crayon de papier et fit glisser son calepin jusqu'à son voisin de droite. Haizaki le regarda avec surprise avant de finalement se saisir des extrémités du cahier. Il observa ainsi la page sur laquelle Akashi travaillait jusqu'à présent et qui représentait le mur en face d'eux, en partie recouvert par différentes bouteilles et verres. Ses yeux s'agrandirent devant l'esquisse de ce garçon. Il n'avait passé que quelques minutes sur l'esquisse, et pourtant le jeu d'ombres sommaire apportait déjà pertinence et profondeur à ses traits.
Rapidement, mais attentivement, Haizaki fit tourner une à une les pages et dévora du regard ces dessins qui représentaient certains endroits de la ville. Tout en remontant les pages une à une, il remarqua que certains dessins paraissaient plus sombres que d'autres, plus chargés en émotion. Il y avait là un violon dont le dessin avait été laissé inachevé, mais dont les traits s'étaient fait rageusement, au point de s'enfoncer dans le papier. Puis, à la page suivante, un magnifique jardin aux coups de crayon plus léger, plus subtiles.
Au fil de ses découvertes, Haizaki jeta quelques coups d'œil en direction d'Akashi qui discutait avec Kuroko. Il avait l'impression d'avoir entre ses mains le journal intime du plus jeune, ses dessins dévoilant son état d'esprit à certains instants de sa vie.
« Le petit dessine bien, hein ? » Lança Nijimura en se penchant par-dessus son épaule.
Pour unique réponse, Haizaki tourna une nouvelle page et observa silencieusement chaque esquisse. Son attitude amusa Nijimura qui enfouit sa main dans ses cheveux, un geste qui ne passa pas inaperçu aux yeux d'Akashi qui sentit son cœur se contracter. Il ne fit alors plus attention à ce que Nijimura et Haizaki purent se dire après que le brun ait regagné le bar, récupérant simplement son calepin et son crayon.
Akashi repartit pour poursuivre son dessin inachevé jusqu'à ce qu'une question d'Haizaki ne le ramène à leur échange.
« Je peux venir chez toi ce soir ? Ta mère nous a dérangés la dernière fois. »
Bien sûr, la question d'Haizaki n'était pas innocente, sa précision l'étant encore moins au sujet de la mère du brun. Il voulait marquer Nijimura comme sien, apprendre à ce garçon qu'il ne lui serait jamais disponible. Haizaki porta alors toute son attention sur Akashi qui avait cessé de dessiner.
Un sourire se dessina au coin de ses lèvres.
« Depuis quand tu demandes ? D'habitude tu arrives plutôt avec ton pack de bières et tu t'imposes, rappela le brun en se moquant.
— J'me suis dit que t'en avais peut-être marre ! Mais si tu veux, je peux continuer à n'en faire qu'à ma guise. »
Haizaki se pencha par-dessus le bar, pivota le haut de son torse sur ses coudes de sorte à se rapprocher de Nijimura qui arqua un sourcil devant son attitude. Il entrouvrit ses lèvres afin de donner le coup de grâce quand une toux exagérée parvint jusqu'à ses oreilles et lui fit tourner son attention vers Kuroko qui se glissa rapidement entre lui et Nijimura.
« Nijimura-san, des clients se sont installés en fond de salle. »
Alors que son regard suivait la silhouette du brun qui s'éloignait, Haizaki fut rappelé à l'ordre par Kuroko, de toute évidence énervé.
« Quoi ?! Demanda-t-il en haussant le ton.
— Tu es insupportable, Haizaki-san. »
Les paroles ambiguës de Kuroko firent toutefois sourire le concerné. Est-ce que le bleuté avait percé à jour sa combine ? Il n'en avait pas la preuve, mais il ne s'en préoccupait pas réellement. Ce n'était assurément pas Kuroko qui allait l'empêcher de coucher avec Nijimura et encore moins de flirter avec lui, même en public. Surtout si ce petit rouquin se trouvait dans les parages.
« Akashi-san, veux-tu boire autre chose ? Proposa gentiment Kuroko.
— Non merci. Je ne vais pas tarder à y aller de toute façon. »
L'adolescent referma son calepin et laissa sur le bar l'argent nécessaire pour payer sa consommation. Kuroko le regarda sans faire quoi que ce soit tandis qu'Haizaki étira un sourire satisfait. Il allait enfin pouvoir se retrouver seul avec Nijimura et ne pas se soucier d'un potentiel adversaire. Sa joie fut pourtant de courte durée lorsque Nijimura revint et vit la place, occupée jusqu'alors par Akashi, soudainement vide.
« Il est parti ?
— Peut-être qu'il avait à faire, supposa Haizaki en haussant nonchalamment les épaules.
— Ou peut-être qu'Haizaki-san s'est montré grossier et qu'il ne pouvait plus le supporter, répliqua Kuroko.
— Haizaki, commença à grogner Nijimura tout en le foudroyant du regard.
— Mais quoi à la fin !? Je lui ai rien fait ! Et puis merde, je vais pisser, vos gueules m'énervent. »
Se relevant brusquement, Haizaki se dirigea d'un pas énervé jusqu'aux toilettes de l'établissement. Nijimura soupira devant son attitude grossière et partit ensuite observer la porte qui faisait office d'entrée et de sortie. Il ne se rendit pas compte que Kuroko l'observait, ce dernier soupirant devant l'attitude de ses amis. Parfois, la nature humaine le désespérait.
« Si tu le souhaites, tu peux aller lui courir après et lui dire au revoir, l'autorisa-t-il.
— Hein ? Pourquoi je ferais ça ? S'écria rapidement Nijimura, pris sur le fait et faisant de nouveaux soupirer Kuroko.
— Parfois je me dis que tu es vraiment un idiot, Nijimura-san.
— Mais qu'est-ce que vous avez tous ces derniers temps ? Entre ma mère, toi et Akashi…
— Dans ce cas, peut-être qu'on a tous raison. Tu es un idiot.
— Alors toi, menaça Nijimura en se rapprochant de son collègue.
— Mais tu devrais faire attention, Nijimura-san. »
La voix chargée en double sens de Kuroko fit s'arrêter l'intéressé, qui marqua une pause devant la mine grave du bleuté. Celui-ci releva les yeux pour les plonger dans les siens, hésitant d'abord à formuler la chose sans se montrer indiscret ou dépasser les bornes. Il appréciait le petit Akashi et ne savait même pas si ce dernier s'était rendu compte de l'intérêt particulier qu'il portait à Nijimura, et ce que cela pouvait signifier réellement pour lui.
« Hey Kuroko, qu'est-ce que tu veux dire ? Insista pourtant Nijimura.
— Je dis juste que tu devrais faire attention à ton comportement. Ne te montre pas trop intime avec les clients. »
Kuroko vit son collègue froncer les sourcils, cherchant sûrement à comprendre le sens caché de ses paroles, mais il ne comptait pas en dire davantage. Ce n'était pas à lui d'ouvrir les yeux de Nijimura et encore moins de prononcer les mots qu'Akashi dirait au brun, si jamais il réalisait ses sentiments. De plus, il savait qu'Haizaki se trouvait non loin. Celui-ci ne tarda d'ailleurs pas à les rejoindre, s'asseyant en face d'eux et commandant une nouvelle boisson.
Désormais qu'Akashi n'était plus là et qu'aucun élément perturbateur ne se trouvait dans les environs, Haizaki se relâcha complètement et un large sourire vint illuminer ses traits. Il allait enfin pouvoir profiter de Nijimura.
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En milieu de semaine, Akashi avait reçu un appel de la part de Rin qui lui proposait une sortie. La jeune fille s'était mise en tête de l'emmener visiter une galerie d'art après avoir compris que son problème d'inspiration n'était toujours pas résolu, espérant de la sorte dénouer le blocage que rencontrait Akashi en lui montrant d'autres œuvres. L'idée était plutôt bonne et le rouquin appréciait l'intérêt que Rin semblait porter à ses peintures, relisant les quelques messages échangés tout en souriant légèrement. A cause de son statut et des volontés de son père, Akashi n'avait pas réellement l'opportunité de côtoyer des personnes de son âge et encore moins de tisser des liens d'amitié avec ces dernières. Rin était sûrement sa toute première amie, bien qu'âgée d'un an de plus que lui.
Le fameux jour de leur sortie, sa surprise fut totale lorsqu'il vit arriver la jeune fille accompagnée de quelques-uns de ses amis. Deux filles qu'il n'avait alors jamais rencontrées vinrent le saluer tandis, qu'un peu en retrait, Takeru discutait avec un garçon. Gênée, Rin finit par présenter ses excuses.
« J'ai parlé de toi à mes meilleures amies et quand elles ont su que je te voyais aujourd'hui, elles ont voulu m'accompagner, s'expliqua-t-elle nerveusement.
— Ce n'est pas grave. Si elles aiment l'art ou finissent par s'y intéresser après cette sortie, ce sera un bonus. »
Akashi lui sourit doucement afin de la rassurer et Rin acquiesça, ravie d'entendre cela. Ils se dirigèrent ensuite tous à l'intérieur de la galerie d'arts et observèrent les multiples tableaux exposés sur les murs, ou encore les statues installées par endroit, le tout concordant avec le siècle et le mouvement que présentait la pièce. Parfois, Akashi expliquait comment l'artiste avait pu peindre ce tableau, si celui-ci avait choisi un support telle qu'une toile ou du bois, variant aussi son type de peinture comme l'aquarelle, le pastel ou même encore le fusain. Il décrivait par ailleurs certaines techniques employées pour rendre de si bels effets, retraçant parfois les mouvements historiques qui accompagnés ces tableaux.
Passionné par ce milieu et heureux d'en faire découvrir davantage à ces nouvelles personnes qui lui posaient des questions, Akashi expérimenta pour la première fois le plaisir de fréquenter des enfants de son âge. Partager et recevoir en retour étaient des expériences nouvelles pour Akashi. Bien évidemment, ils ne parlèrent pas que d'art et il répondit aux différentes questions des amies de Rin sur son mode de vie, qui était très différent des leurs. Il évita soigneusement de mentionner l'ampleur de la fortune de son père, restant ainsi très évasif sur certains points. Malgré son comportement parfois difficile envers son entourage, Akashi n'appréciait pas créer de fossé entre lui et les autres.
Au fond, il restait un banal adolescent de quinze ans.
Après avoir passé au peigne fin plusieurs pièces, tantôt seul et tantôt accompagné, Akashi s'arrêta devant une série de tableaux qui avait su l'interpeler. Il détailla de la sorte les visages et les expressions que ces peintres étaient parvenus à insuffler à leurs modèles. Des femmes, des enfants et même des hommes constituaient le cadre. Il ne s'y trouvait aucun autre artifice. Akashi n'avait jamais peint le portrait d'une personne, seulement la silhouette de sa mère sur le tableau qui l'avait rendu célèbre. A vrai dire, le rouquin n'avait jamais été intéressé de peindre un autre être humain, il n'en voyait pas l'intérêt puisque pour lui cela n'avait rien d'extraordinaire. Pourtant, devant ces chef-d'œuvres exposés contre les murs, il ne pouvait qu'admettre la beauté de ces portraits. La lueur qui se trouvait présente dans le regard de ces personnes dessinées, cette chaleur qui se dégageait de leur sourire en coin, tous ces petits détails que le peintre était pourtant parvenu à faire transmettre en quelques coups de pinceaux.
Il devait trouver un thème pour sa prochaine série, un mot commun sur lequel il pourrait s'appuyer pour ensuite créer ces toiles qui prenaient la poussière. Aucune idée ne lui avait encore traversé l'esprit. La mésentente avec Nijimura étant réglée, il avait espéré pouvoir se concentrer à part entière sur ses peintures et retrouver de l'inspiration, mais cela n'avait pas fonctionné. Il avait pourtant passé du temps dans son jardin, où lui venait souvent son inspiration, seulement rien n'y faisait. Parfois, il s'était forcé à plonger son pinceau dans sa peinture, l'amenant ensuite vers sa toile, mais rien ne lui venait. Seul un point coloré tranchait avec le blanc restant.
Sur quoi pouvait-il peindre ? Quel thème se dégagerait de ses prochaines œuvres ? Dans quelle direction devait-il avancer ? Toutes ces questions ne trouvaient pas encore de réponses et Akashi espérait pouvoir sortir de cette galerie en ayant les idées plus claires.
« Est-ce que tu aimes peindre ? »
La question soudaine lui fit décrocher son attention d'un énième tableau pour voir Takeru à sa droite. Son ton monotone fit se demander au rouquin si son interlocuteur s'inquiétait réellement de sa réponse ou s'il ne l'écouterait qu'à moitié. Il regarda par-dessus son épaule et vit Rin accompagnée de ses amis discuter à quelques mètres de là.
Jusqu'à présent, Takeru et lui n'avaient jamais réellement discuté. Pourtant, cela n'avait pas empêché le petit-frère de Nijimura de l'écoper d'un petit surnom : fils à papa. Le jeune homme semblait sur ses gardes en sa présence, s'armant d'une attitude hostile à son encontre. Cette fois-ci, pourtant, le brun était venu à lui et avait même ouvert la conversation.
C'était là une question certes étrange, mais il avait tout de même fait l'effort d'ouvrir le dialogue.
« Oui. Sinon je ne vois pas pourquoi je le ferais, répondit-il honnêtement.
— Parfois nous n'aimons pas faire certaines choses mais nous les faisons quand même. »
Akashi fronça ses sourcils suite à la réponse que lui offrit Takeru, qui ne semblait pas se soucier de l'étrangeté de ses propos. Le garçon gardait les mains dans ses poches dans une posture désinvolte. Depuis un certain temps toute trace de sa bagarre avait disparue, plus aucun pansement ne semblait couvrir son corps. Les plaies avaient guéri et n'avaient laissé aucune trace.
Seulement, comme tout être humain Takeru était composé de blessures invisibles qui jamais ne cicatriseront. Des fractures qui déchiraient son âme en une palette de morceaux, lui laissant le choix de se redresser ou bien de s'écrouler.
« Par exemple, j'ai toujours détesté me battre mais je dois pourtant le faire. Je n'ai rien demandé à personne, ça m'est juste tombé dessus à cause de mon stupide frère.
— Pourquoi ?
— Bonne question, répondit Takeru tout en haussant les épaules. Shūzō était doué pour se battre et à cette époque des gars venaient à sa rencontre pour le mettre au défi, jusqu'à ce qu'il disparaisse. Ces personnes doivent penser que comme je suis son petit-frère, je dois aussi être doué à ça. Un truc de famille ou une connerie du genre. Ou alors c'est simplement de la vengeance et ils aiment s'attaquer à plus faible qu'eux. J'en sais rien. »
A cet instant, Takeru se tourna dans sa direction et riva son regard sombre dans le sien. Akashi put dès lors voir la solitude qui remplissait les iris gris, bien plus ternes que celles de Nijimura.
« Je n'ai jamais compris comment mon frère s'y prenait…
— Pour ? Interrogea-t-il.
— Pour se faire passer pour ce qu'il n'est pas. »
Bien que déjà sombres, les yeux de Takeru se voilèrent davantage et Akashi fut surpris d'y lire toute la haine que son interlocuteur ressentait pour son propre frère.
« Tout le monde l'adore et l'idolâtre presque. Je l'idolâtrais. » Précisa rapidement Takeru.
Un rire amer lui échappa et il regarda à son tour en direction de Rin qui riait aux côtés de ses amis. Sa sœur était sûrement celle qui portait la plus grande affection envers leur aîné, qui avait revêtit malgré lui la figure paternelle dont avait besoin leur famille. Une figure rassurante, calme mais forte également ; c'était tellement risible lorsque finalement on se rendait compte de qui était réellement Nijimura Shūzō.
« A cette époque, j'étais vraiment fier qu'il soit mon grand-frère. Tous mes amis m'enviaient et j'en étais heureux. Je pensais que personne ne pourrait le battre et qu'il serait toujours là pour nous. C'était que des conneries ! »
Takeru fusilla Akashi du regard tout en prononçant son injure, faisant se retourner quelques adultes dans leur direction suite à son haussement de ton.
« Toi aussi, non ? Tu dois le trouver impressionnant et rassurant, hein ? Enfin j'ai pas besoin d'entendre ta réponse, ça a toujours été comme ça. Il est toujours parvenu à faire croire à tout le monde ce qu'il n'est pas. »
Tout en crachant ses paroles, Takeru se remémora cette douloureuse période où les jours de son père étaient comptés. Leur famille avait déjà volé en éclats à cause des mauvaises fréquentations de Nijimura, qui revenait toujours blessé à la maison et qui causait encore plus de mouron à leur père malade. Est-ce que son grand-frère avait participé à la mort de leur père ? Bien que le mal qui rongeait leur paternel en était la réelle cause, Nijimura avait sûrement accéléré l'inévitable.
Takeru se rappela de ces soirées que leur père avait passées à jurer contre Nijimura pour que ce dernier se reprenne en main, qu'il cesse ses bêtises et prenne soin de lui. Seulement, Nijimura ne voulait rien entendre et s'enfonçait davantage dans cet environnement malsain où la famille Haizaki évoluait. Et, pris au beau milieu de tout cela, Takeru se souvenait parfaitement de Rin recroquevillée et tremblante dans ses bras, ses sanglots étant plus forts que les cris de ces deux hommes, et leur mère qui se trouvait toujours au milieu, cherchant à les séparer.
« Tu dois te demander pourquoi je te parle de ça, hein ? Se moqua ensuite Takeru.
— Car tu as envie qu'une autre personne voit ton frère comme toi et qu'on cesse de l'idéaliser, non ?
— Je dirais bien que tu m'épates, mais ta perspicacité m'énerve en fait.
— Ton frère a pris soin de moi à la suite du décès de ma mère. Je sais que Nijimura-san n'est pas parfait et qu'il a dû te décevoir pour que tu parles ainsi, mais il reste ton grand-frère et un membre de ta famille.
— Un membre de ma famille, hein ? Il s'est peut-être occupé de toi quand ta mère est morte, mais sais-tu ce qu'il a fait quand notre père est parti ? »
Un rire amer traversa de nouveau les lèvres de Takeru, dont le visage était déchiré par la haine longtemps gardée au plus profond de lui-même. Akashi ressentit rapidement un frisson parcourir son corps, mais il continua à soutenir le regard de son interlocuteur. La question de Takeru n'attendait pas réellement de réponse de sa part, l'adolescent allant sûrement reprendre le fil de ses paroles et lui révéler le fond de ses pensées
Cependant, Akashi ne pouvait empêcher son imagination de préparer différents scénarios à ce sujet. Il ne savait pas quand exactement le père de la famille Nijimura avait bien pu fermer les yeux pour la dernière fois, mais de toute évidence c'était après la mort de sa mère. Nijimura était resté à ses côtés quelques mois avant de partir de leur maison, pour ne revenir que quelques années plus tard en tant que son manager.
« Il n'est même pas venu à l'enterrement de notre père, voilà ce qu'il a fait. Pas une seule fois il est venu vers nous alors qu'on était tous au bord du gouffre ! Et tu veux encore que je le considère comme mon grand-frère !? Cette personne est un lâche qui ne se soucie que de lui ! Ce n'est pas parce que nous partageons le même sang que je dois lui pardonner et faire comme si tout ça n'était jamais arrivé ! Je ne suis pas aussi stupide que ma mère et Rin !
— Takeru ! »
Le cri poussé par Rin fit se tourner plusieurs personnes dans leur direction, un employé venant leur demander de baiser d'un ton ou bien de prendre le chemin de la sortie. Akashi présenta alors ses excuses pour le comportement des deux adolescents et l'employé repartit rapidement, non sans toutefois leur jeter un regard appuyé, qui laissait présager des représailles à venir au prochain débordement.
Akashi porta par la suite son attention sur la jeune fille qui fusillait du regard son deuxième grand-frère, ayant suivi la conversation de loin sans la moindre difficulté puisque Takeru avait la sale manie de toujours parler trop fort.
« Tu avais promis de bien te comporter, lui reprocha-t-elle froidement.
— J'en ai marre qu'on prenne ce crétin pour ce qu'il est pas, poursuivit Takeru.
— Tu n'as pas à mêler Akashi-san à nos histoires.
— Il s'y mêle tout seul à tout le temps coller Shūzō. »
Un sourire mauvais vint étirer les lèvres de Takeru qui se retourna dans sa direction, tandis qu'il le vit se rapprocher de lui. De son côté, Rin contracta ses poings et ses yeux défièrent son frère de continuer son petit jeu. C'était la première fois qu'Akashi la voyait s'énerver, tremblant de rage mais cherchant tant bien que mal à se contenir afin d'éviter un scandale.
Malheureusement, Takeru ne semblait pas comprendre, ou en tout cas vouloir voir, les signaux d'alertes que sa sœur lui envoyait. Il se retrouva ainsi en face de lui, le dépassant légèrement et posa brutalement sa main contre son épaule, le faisant brièvement tressauter.
« Tu sais quoi, même Haizaki pourra te dire que Shūzō est un connard. Il l'a toujours aimé mais Shūzō…
— Assez. »
Rin avait marmonné entre ses dents, ne tenant plus en place. Sa main agrippa férocement la veste de son frère, le tirant en arrière et faisant ainsi décrocher sa main de l'épaule d'Akashi qui agrandit davantage ses yeux en voyant son interlocuteur reculer de plusieurs pas. Sans un mot de plus, Rin tira derrière elle son frère et se mit en direction de la sortie afin de pouvoir le recadrer sans craindre de déranger les personnes autour d'elle. Elle se ficha donc du nombre d'injures qu'elle entendit sortir de la bouche de Takeru, ou encore des regards interloqués de ses amies qui ne tardèrent à la suivre.
Ses deux meilleures amies savaient à quel point Rin pouvait devenir terrifiante lorsqu'elle perdait patience. Et malheureusement, son frère avait un don pour la faire sortir de ses gongs.
Akashi se retrouva tout seul, cherchant tant bien que mal à regrouper les informations pour pouvoir les traiter efficacement. Tout était parti d'une question un peu étrange et avait ensuite pris des proportions hallucinantes. Il était choqué par la haine apparente que ressentait Takeru à l'égard de son propre frère ; toute cette amertume et cette idéalisation qui avait finalement évolué en un tout autre sentiment, bien plus malsain et douloureux. Des œillères s'étaient posées contre ses yeux et il ne voyait désormais plus que les mauvais côtés de Nijimura.
Cependant, Akashi était lui-même énervé à présent. Takeru n'avait de toute évidence pas connaissance de tout ce qu'avait fait Nijimura pour sa famille, mais surtout pour lui. Akashi ne connaissait sûrement pas autant Nijimura que son propre petit-frère, ou même Haizaki, mais il était certain que le brun se souciait de sa famille plus qu'il ne le laissait transparaître. Si Takeru avait raison sur l'égoïsme de son frère, Nijimura aurait-il vraiment pris le temps de venir le sauver la dernière fois ? Akashi en vint inconsciemment à contracter ses poings, une colère nouvelle venant l'animer tandis qu'il repensait aux paroles venimeuses de Takeru. Ce dernier n'avait pas à parler de la sorte de Nijimura.
— Il l'a toujours aimé…
Akashi sentit son cœur se serrer. Le sens de ce mot ne lui avait pas échappé, Takeru ne parlait sûrement pas de la grande amitié qui unissait Haizaki et Nijimura. Son comportement de la dernière fois reflétait plus qu'une affection fusionnelle. Haizaki aimait Nijimura comme un homme pouvait aimer une femme ; et à partir de cet instant, tout parut soudainement plus clair pour Akashi qui oublia l'environnement dans lequel il se trouvait, les personnes s'effaçant graduellement pour bientôt le laisser seul dans cette galerie d'arts.
Ce besoin de connaître réellement qui était Nijimura Shūzō, de ressentir le besoin de l'avoir à ses côtés et de le voir le plus souvent possible, tous ces signes évidents qui pourtant ne lui furent révélés qu'en cet instant précis. Telle une bombe qui exploserait subitement et qui ravagerait tout sur son passage, comme c'était le cas dans son for intérieur. Il revoyait tous ces moments passés avec Nijimura, la manie que ce dernier avait à passer sa main dans ses cheveux pour l'embêter, ainsi que la fois où il avait pu voir son sourire et où son cœur s'était emballé.
Il était amoureux de Nijimura.
Il était amoureux d'un autre homme.
