Caribouchka,
Voici le chapitre 13. Si vous vous souvenez bien, il reste le chapitre 14 et l'épilogue (ou bien chapitre 15 suivant la longueur (nan mais je peux décemment pas appeler mon épilogue "épilogue" s'il est plus long que mes chapitres précédents xD)). Du coup on se rapproche à donf de la fin!
Concernant ce chapitre. Eh bien je n'en suis pas vraiment satisfaite... Mais j'espère qu'il vous plaira tout de même.
Il est assez long, ça rattrape peut être xD
RAR Guest :
AnAndrewz : Maiiis euuuh pourquoi je peux pas te répondre en MP? -_-
Ouaiis, les caribous, c'est trop cool =D
Je suis ravie que tu aimes autant cette histoire =)) J'espère que la suite te conviendra!
Bonne lecture!
Chapitre 13
Mercredi 14 octobre
William sentait sur lui le regard de Stanley tandis qu'il enfournait un pain au chocolat dans un de ces petits sachets que l'on ne trouve qu'en boulangerie. Il s'empêcha de lever les yeux au ciel en entendant le soupir pressé, limite agacé de la cliente et ignora le ricanement – indiscernable pour le commun des mortels – du visiteur du futur. Puis, il gratifia la vieille femme d'un grand sourire en lui mettant le sachet et un pain dans les mains.
« C'est pas trop tôt ! » Grinça-t-elle entre ses dents, assez fort cependant pour qu'il l'entende parfaitement. Comme le reste des personnes présentes.
« Tout le plaisir est pour moi. » Répliqua-t-il en adoptant le ton du parfait commerçant. « Un dollar et vingt-cinq cents, s'il vous-plaît. »
La vieille fouilla une longue minute dans son sac en bougonnant comme quoi « et en plus d'être trop long, c'était trop cher », pour lui tendre finalement la somme exacte tout en regardant ailleurs avec ostentation, comme soucieuse de prendre la clientèle à témoin de toutes ces injustices.
« Bonne journée, Madame Hewitt. »
Il observa l'acariâtre rejoindre à pas lents la sortie et se retint difficilement de lancer une chouquette sur son dos légèrement bossu. William s'enquit ensuite des commandes des deux autres clients – beaucoup plus aimables que la précédente, fort heureusement. Lorsque le carillon de l'entrée retentit pour la dernière fois, il se tourna en soupirant de soulagement vers Stanley qui souriait de toutes ses dents.
« Alors, c'était ça ton boulot super secret dont tu voulais pas me parler ? »
« Ouais » Il s'étira de tout son long et continua dans un bâillement censé être autoritaire – mais bon, c'était un bâillement quoi : « Et pas de commentaire. »
William ne savait pas trop comment Stanley avait pu connaître la nature de son boulot – bien qu'il ait eu certains doutes concernant son oncle toujours trop bavard. Il avait effectivement tout fait pour que son invité ne soit pas au courant. Pas qu'il eut honte, ou quoi que ce fut, mais il aurait préféré garder ça secret. Juste pour le plaisir d'embêter Stanley qui voulait absolument tout savoir à son sujet. Une vraie concierge. Alors c'était hilarant de le voir se faire des nœuds au cerveau pour deviner quel job pouvait bien permettre au loup d'avoir tant de temps libre.
« Nan mais arrête ! C'est trop cool, vendeur dans une boulangerie. » Stanley haussa les épaules. « Bon, okay, avec toutes tes cachotteries, je pensais plutôt à un truc genre agent secret ou bien serial killer... Mais ça, c'est encore mieux ! T'as toutes les pâtisseries que tu veux ! »
« Euh... » William décida d'éluder le fait qu'être vendeur était encore mieux que serial killer et dévisagea le jeune homme. « Tu sais que je suis censé vendre tous ces trucs, hein. Pas les manger »
Stanley fit un signe approximatif de la main, comme pour dire que ce n'était qu'un détail. Depuis que le jeune homme avait débarqué dans le local, une petite heure plus tôt, il avait dû s'envoyer une bonne dizaine de chouquettes, un pain entier et au moins trois croissants. William avait bien tenté de l'en empêcher, mais il ne pouvait pas avoir les yeux partout en même temps et Stanley en avait ignominieusement profité. Et puis, il lui avait sorti un argument qu'il pensait apparemment imparable : « Non mais, ton oncle est le proprio de la boulangerie, alors tout va bien ! » Hum. Mouais. Ce que William pensait, lui, c'était que Stanley allait devoir faire un peu plus que la vaisselle et le repassage à partir de ce soir pour rembourser le dixième de ce qu'il était en train d'engloutir... Quoi ? William était pas une balance mais... il allait pas retirer de l'argent de son salaire pour nourrir un puits sans fond ! Fallait pas pousser non plus !
Il vit du coin de l'œil Stanley s'approcher des macarons et s'autorisa un roulement d'yeux des plus féroces. Puis, sa montre lui donnant son aval, il frappa des mains, faisant sursauter l'estomac sur pattes qui lui servait d'ami.
« Bon, il est midi quarante, j'ai fini depuis dix minutes déjà. » Il enleva le tablier que son patron l'obligeait à mettre – un truc rose infâme qu'il arrivait pourtant à porter sans être totalement ridicule, la marque des Hale sans doute – et l'accrocha sur la poignée de la porte derrière lui. « On va fermer. Viens m'aider. »
Stanley soupira dramatiquement et coula un regard désolé vers un macaron rose fluo qui lui faisait apparemment de l'œil, puis le suivit, traînant les pieds, jusque dans l'arrière boutique. Ils croisèrent une jolie blonde – Gabrielle, une fille avec qui William avait passée une nuit sympathique – qui s'attelait à gérer les comptes de la boulangerie. Celle-ci fit un sourire charmeur à Stanley, mais il était bien trop occupé à convaincre Will que sa faim était insoutenable et qu'il allait probablement mourir dans l'heure pour s'en apercevoir.
Ils mirent les pâtisseries au frais, rangèrent l'argent du matin et vidèrent quelques poubelles. Le tout sous les geignements – plus que pitoyables – de Stanley. Enfin, ils récupérèrent leurs affaires et sortirent respirer le bon air vivifiant de Beacon Hill – autrement dit, ils se firent arroser méchamment par une pluie particulièrement rafraîchissante. Les deux hommes trottinèrent jusqu'à la voiture de William, tentant vainement de se protéger des gouttes vicieuses qui prenaient un plaisir malsain à s'infiltrer sous leurs vêtements. William sortit rapidement sa clef et la voiture s'ouvrit dans un bip aimable. Si si, les bips pouvaient être sympas. Surtout lorsque quelqu'un, là haut, avait décidé de tirer la chasse.
« Putain de temps pourri ! » S'exclama Stanley après s'être assis lourdement sur le siège passager qui couina sous l'assaut. « Et dire que cette nuit, on avait trop chaud ! »
« Tu avais trop chaud. Moi, ça allait. Enfin...sauf quand tu t'es collé à moi en murmurant des insanités. » Ajouta rapidement William avec un clin d'œil suggestif.
« N'importe quoi. »
« Si si si. » Il s'approcha rapidement de Stanley et prit une voix gémissante. « Oh... Oh oui comme ça... prends-moi...oh oui... oooooh encore... Ouiiiii ! »
Stanley explosa d'un rire clair et communicatif avant de frapper William à l'épaule. Celui-ci ricana à son tour en se repositionnant correctement dans son siège, faisant mine de s'épousseter l'articulation « blessée ».
« J'ai jamais dit ça, connard. » Dit Stanley après s'être calmé. « Et en plus j'ai pas cette voix-là. »
« Que tu crois ! T'as pas idée de ce que tu peux être chaud quand tu dors, mon poussin. »
Il mit le moteur en marche et tourna à fond le bouton du chauffage. Parce que ça caillait un max. Fallait pas croire, même en Californie ils avaient des jours de merde. Il faisait quinze, putain ! Un froid de canard !
« Tiens, en parlant de ça, Derek t'as dit quand il rentrait, aujourd'hui ? » Lança Will, l'air de rien.
« Derek ? » Les sourcils de Stanley se froncèrent. « Quel rapport entre ce qu'on racontait et ton cousin ? »
William haussa les épaules avec un petit sourire sans se donner la peine de répondre à la question, du coup Stanley lui lança une œillade perdue puis parut abandonner. Le loup y aurait presque cru. Presque... Si ce n'était l'accélération brutale de son cœur et la légère coloration de ses pommettes. Ce mec était pire que Pinocchio, incapable de mentir sur quoi que ce fut. Le conducteur leva les yeux au ciel et quitta sa place de parking pour s'insérer dans la circulation dense d'un mercredi midi à Beacon Hill. Autrement dit, seule la Mercedes rompait à elle seule le silence de la rue.
« Nan, je sais pas. » répondit tout de même Stanley et, malgré le chauffage, l'habitacle fut parcouru d'un frisson glacial lorsqu'il continua. « Il me dit rien quand il est avec Kate. Ça me regarde pas, après tout. »
William hésita. Que répondre ? Fallait-il le réconforter ou pouvait-il se contenter de sourire ? Oui. Sourire comme un vainqueur. Parce qu'il était tellement fier de lui. Fier d'avoir eu raison.
La première fois que Stanley avait rencontré Derek – du moins, à cette époque-ci – William avait tout de suite senti quelque chose. Sur le moment, il avait pensé à une simple tension, comme celles qui apparaissent lorsque deux personnes incompatibles viennent à se rencontrer. Comme lorsque deux aimants positifs se trouvent trop proches l'un de l'autre. Mais au fil des jours, il s'était vite rendu compte que ce n'était pas ça. Cette sorte de...d'électricité dans l'air – c'était un peu bateau comme description, mais c'était ce qui s'en approchait le plus – n'était sûrement pas de la haine, parole de Hale. Et ça ne disparaissait pas avec le temps, loin de là. Ça s'amplifiait.
Alors, quand Stanley lui avait avoué qui il était vraiment – ou presque – William avait eu une inspiration soudaine. Le mec voulait se rapprocher de Derek. Qu'à cela ne tienne ! William était dans la place. Ils avaient donc œuvré avec acharnement pour que Derek se détache petit à petit de Kate. Et si William devait un peu trop se lier avec Stanley pour que son cousin se rende enfin compte de ce que, lui – dans sa grande plussoyance – avait deviné dès le début, et ben pourquoi pas. D'ailleurs, il avait pas besoin de se forcer beaucoup. Fallait avouer que Stanley était plutôt... craquant. C'était le bon mot. Et observer – ou entendre, voire sentir – le plus jeune des Hale s'énerver à chaque fois que William et leur « invité » étaient très proches... ça lui remplissait sa journée à William. Parce que son plan diabolique marchait à fond les ballons.
Bon, son complice n'était absolument pas au courant qu'il était... eh bien, son complice. Mais cela valait mieux. Stanley était un gros boulet lorsqu'il était question de mentir, et ça il l'avait pas pas déjà dit. Et puis, il n'aurait jamais accepté de simplement considérer le fait que Derek puisse en vouloir... à son corps, et donc n'aurait donc jamais voulu participer activement au plan géniallissime de William.
Revenant au moment présent, il jeta un coup d'œil amusé à son passager qui fixait méchamment la route au-dehors. Stanley avait tendance à ressembler à son cousin lorsqu'il s'énervait. Ce qui ne le rendait que plus mignon. Si Derek se rend pas compte de leur « truc » avant dimanche, tant pis pour lui...
« Donc... Vous êtes à nouveau en froid tout les deux ? » Demanda Will en se penchant pour vérifier son angle mort avant de tourner. « Encore ? »
« Ouais, si on veut. » Grommela son voisin. « C'est ton cousin, il est chiant. Il s'énerve pour des conneries et après, par textos, il fait comme si de rien n'était. »
« Mouais... » L'allure de la voiture ralentit tandis qu'il passait en seconde pour rentrer dans le bois. « D'après ce que tu m'as dit, c'est pas plutôt toi qui t'es énervé ? »
« Quoi ? Tu prends sa défense ? » Stanley lui jeta un regard horrifié et William dut se retenir de ne pas éclater de rire. « Déshonneur sur toi ! Déshonneur sur ta famille ! Déshonneur sur ta vache !... » Il remarqua l'air blasé de Will et toussota, le regard contrit « Je me suis laissé emporter, désolé. » Puis ses bras recommencèrent à se balancer en l'air. « Mais quand même ! T'es un traître ! »
« Huhum... Si tu l'dis. »
Il laissa Stanley bouder dans son coin et ses yeux se firent pensifs un instant. Cela faisait plusieurs jours que William ne pouvait s'empêcher de ressasser la conversation qu'il avait eue avec son passager. Il avait bien compris que, dans la version de l'avenir que Stanley connaissait, ça finissait mal. Genre, avec tout plein de morts et des pleurs. Et qu'il était un peu plus que concerné – c'était si joliment dit... Mais Stanley ne semblait pas du tout avoir prévu de le mettre plus au courant que ça. Il avait osé espérer ne pas avoir besoin d'insister, que son Marty McFly personnel finirait par lui distiller quelques informations, mais apparemment, c'était pas prévu dans la suite du programme. En pleine réflexion, William gara la voiture à côté d'une berline noire et grimaça en reconnaissant à la dernière seconde la voiture de Kate. Il coula un regard vers Stanley, et ne fut pas surpris d'apercevoir que la haine déformait déjà ses traits.
« Et en plus, il la ramène ici... » Marmonna-t-il concentré, les yeux plissés vers la voiture comme pour tenter de la faire exploser par la simple force de sa volonté. Connaissant Stanley, c'était sûrement le cas.
« Elle venait souvent à la maison avant. » Intervint-il doucement, les mains tapotant le volant désormais immobile.
« Avant quoi ? »
« Avant toi. »
À ces mots Stanley ne put réprimer un sourire satisfait et Will soupira avant de sortir rapidement de la voiture, son ami le suivant docilement. Arrivés sous le porche, la porte d'entrée s'ouvrit devant eux et la blonde détestée sortit de chez les Hale, suivie par son petit-ami.
Le couple se figea. Stanley et William en firent de même. Personne ne prononça un mot durant une bonne minute, laissant Stanley et Kate se fusiller du regard. William observa les yeux de Derek passer de l'un à l'autre, ne sachant visiblement pas quoi faire. Finalement, il attrapa la main de la jeune femme pour la soustraire à cette joute optique et l'entraîna vers sa voiture.
Stanley jeta un dernier coup d'œil coléreux vers le couple qui se disait au revoir, un peu trop tendrement à son goût, et rentra dans le manoir à grandes enjambées. William soupira – encore – et le talonna, ne voulant spécialement assister à la scène écœurante de mièvrerie qui se déroulait près de la berline. La garce y mettait beaucoup d'entrain.
« Hey. »
Derek leva la tête qu'il avait penchée sur un bouquin d'anglais à lire pour le vendredi. Du Shakespeare. Il en était à la page douze. Sur deux cents. À vingt-deux heures. Ouais, il était mal barré. Il croisa le regard timide mais joyeux de Stanley et ignora son propre cœur qui se fit une joie de marteler sa cage thoracique. Pour seule réponse, il offrit un signe de tête avant de replonger dans son livre.
« Ça va ? » Continua Stanley sans se démonter.
Derek ne répondit pas et fit semblant de lire.
« Ta journée, c'était sympa ? »
Toujours aucune réponse de sa part. Après tout, il avait promis à Kate de ne plus trop traîner avec Stanley et William. Bon, certes, elle n'avait rien demandé, mais il avait bien senti que c'était ce qu'elle désirait. Et même si ça le faisait royalement chier de rester loin des deux mecs, il avait décidé de faire le maximum pour faire plaisir à sa copine. En effet, il s'était passé un truc la nuit précédente, Derek ne savait pas exactement quoi, mais il avait deviné que Kate lui en voulait. Et il n'aimait pas quand Kate lui en voulait. Il entendit Stanley soupirer et, du coin de l'œil, le vit lancer un regard désespéré à William, qui en profita pour lui faire un clin d'œil. Derek se retint de grogner.
« Et... ça te dirait de faire une partie de jeux vidéo ? » Tenta mollement Stanley en reportant son attention sur lui. « Je te laisserai gagner, promis. » Ajouta-t-il dans un petit rire. Rire qui ne chamboula absolument pas Derek, non monsieur.
« Écoute, tu me soûles, je suis occupé là. » Rétorqua-t-il, énervé contre lui-même de ne pas savoir contrôler les réactions de son cerveau. Il leva les yeux vers Stanley dont le visage avait repris le même air que la veille, lorsque Derek l'avait rembarré. Et de nouveau, il se sentit mal.
Mais il n'y pouvait rien, sans compter que depuis la nuit dernière ça s'était aggravé. À chaque fois que ses pensées s'égaraient vers Stanley, une sensation bizarre l'étreignait. Son cœur accélérait, son visage chauffait et son cerveau imaginait des trucs bizarres. Vraiment bizarre. Et c'était encore pire lorsqu'il se trouvait en sa présence. Alors il préférait, pour sa propre intégrité, se soustraire de toute situation Stanléyienne.
Stanley lui lança un dernier regard, frisant maintenant le dédain, et se tourna vers William. Il tendit le bras et attrapa le biceps de son cousin pour le faire lever du canapé où il était affalé.
« On n'est pas les bienvenus, viens. »
« Eh ! C'est toi le pas bienvenu, pas moi ! » Se plaignit faussement William, se laissant traîner vers la sortie de la salle.
« Ferme-là Will. » Rétorqua Stanley.
Et il disparurent dans l'encadrement de la porte. Au dernier moment, William secoua la tête dans sa direction, semblant déçu. Derek les entendit monter les marches en chuchotant et les imagina très proches l'un de l'autre, franchissant largement les limites de l'amitié. Il les visualisa en train d'entrer dans la chambre qu'ils partageaient et vit très nettement William entreprendre de déshabiller Stanley pour le réconforter. Et Stanley riait en sentant une main chatouiller ses côtes, et il fermait fort les yeux lorsque- STOP ! Qu'est-ce-qu'il disait ! Il s'inventait des trucs vraiment gênants depuis ce matin.
Il ferma son livre, le posa sur la table, et appuya son front dessus. Fallait vraiment qu'il arrive à penser à autre chose, parce qu'il se sentait incapable de lire une seule phrase ce soir. Il se leva et ramassa le bouquin avant de sortir de la pièce. Il passa dans la cuisine pour saisir une bouteille d'eau, en profita pour dire bonne nuit à sa mère, puis monta les escaliers à pas lents. Cependant, au lieu de l'emmener dans sa chambre, ses jambes le conduisirent devant la pièce voisine. La chambre de son cousin. Et à nouveau, sans qu'il ne puisse le contrôler, son esprit tâcha de combler les vides laissés par son ouïe. Il entendait des rires mêlés de chuchotements. William embrassait le cou de Stanley, lui murmurant des paroles obscènes qui faisaient rire Stanley tandis qu'il se retournait pour presser leurs deux corps. Des bruits de pas précipités. Ils se chamaillaient gentiment et William finissait par tomber sur le lit, les yeux rivés au regard troublé de son invité qui commençait à enlever sa chemise. Un froissement de tissu. Stanley ne portait plus que son pantalon et s'avançait à pas félins vers son cousin qui se léchait les lèvres d'impatience. Un bruit mouillé fit sursauter Derek qui se dépêcha de décoller son oreille de la porte pour s'éloigner le plus possible du couple. Il ne voulait pas imaginer la suite, son cœur se pinçant douloureusement dès que son cerveau tentait de visualiser la scène.
Arrivé dans sa chambre, il se dépêcha de fermer la porte à clef et alla s'affaler dans son lit. Bien sûr, cela ne changerait pas grand chose. Il entendait tout ce qui se passait dans la pièce adjacente. Alors il saisit ses écouteurs et monta le volume de son mp3 à fond. Pour apaiser son visage en feu, il passa lentement la bouteille d'eau fraîche sur ses joues et soupira. Fallait vraiment qu'il apprenne à ignorer les sentiments stupides qui le prenaient parfois. Et fallait surtout qu'il arrête d'avoir ces pensées profondément déplacées qui ne lui ressemblaient pas.
Il jeta un rapide coup d'œil à l'écran de son portable. Aucun nouveau message. Il tergiversa avec lui même pendant une seconde pour savoir s'il allait envoyer un message à Kate. ...Non, pas envie. Il éteignit la lumière. Maintenant dans le noir, du Maroon 5 hurlant sur ses tympans, il s'autorisa à réfléchir convenablement. Bon. Il pouvait pas faire la gueule éternellement à Stanley. Déjà parce que ça lui perturbait le cerveau, et puis parce que, mine de rien, il l'aimait bien ce couillon. Juste... fallait que Kate ne s'aperçoive pas qu'il restait ami avec lui. Il aimait pas les mensonges, mais là ça comptait pas vraiment. Et pour régler les choses entre Stanley et lui... et bien il verrait ça le lendemain, lorsque celui-ci viendrait le chercher au lycée. Comme il avait pris l'habitude de le faire.
Oui. Tout allait s'arranger.
Jeudi 15 octobre
« T'es pas venu me chercher aujourd'hui. »
La phrase claqua dans l'air, asséchant l'humidité de début de soirée qui commençait à poindre. Stiles sursauta légèrement, perdu dans ses rêveries durant lesquelles il avait laissé son regard vagabonder sans but tandis qu'il se berçait, las, sur la balançoire. Il releva la tête et planta son regard dans celui de Derek. Fallait-il répondre ? Fatigué, il ne souhaitait pas se lancer dans une nouvelle dispute. Mais l'air passablement énervé de son interlocuteur le força à prendre la parole.
« Non, pourquoi, j'étais obligé ? »
Certes, il aurait pu lui dire cela plus calmement. Mais, pour sa défense, il avait eu une journée crevante. D'abord, William l'avait entraîné – de force, il tenait à le préciser – à son boulot le matin, l'obligeant à se lever à une heure abominablement précoce. Tout ça, parce qu'il avait mangé un ou deux croissants la veille. C'était vraiment trop injuste. Ensuite, il avait aidé Mamie Hale – incapable de retenir son nom... Un truc genre Marie-Josette – à ranger sa boîte à couture. Franchement ! Il était vraiment trop serviable pour son bien... Et enfin, alors qu'il pensait être tranquille pour une sieste, Cora s'était pointée tout sourire après l'école, accompagnée de ses supers copines, et avait exigé de lui qu'il les accompagne construire une cabane dans les bois. William l'avait lâchement abandonné en prétextant un travail urgent – mes fesses ouais – et il avait donc passé trois loooongues heures à faire du baby-sitting auprès de quatre gamines surexcitées qui ne cessaient de lui faire les yeux doux. Stanley tu peux m'aider à attraper la branche s'il-te-plait ? Stanley, tu me fais la courte échelle ? Stanley, j'ai réussi à attacher une planche toute seule, je suis sûre que je mérite un bisou ! Il aimait bien les enfants, vraiment, et Cora était une gamine géniale. Mais personne ne devrait devoir supporter quatre pré-ados déchaînées dans les bois.
Bref, tout ça pour dire qu'il avait pas la force d'être sympa. Il lança un regard au loup dont l'air s'était davantage assombri.
« Je pensais... » commença Derek en avançant d'un pas vers la balançoire. Mais Stiles ne lui laissa pas le temps de finir, voulant abréger la conversation le plus vite possible.
« Et bien moi, je pensais que tu voulais pas que je vienne, ok ? » Il se leva et passa une paume fatiguée et agacée sur ses yeux.
« T'énerve pas. » Lança le loup abruptement, haussant le ton et s'arrêtant à un mètre de Stiles.
« Que je m'énerve pas ? » Ouais, c'était pas la phrase à lui sortir aujourd'hui... Franchement, on dit pas un truc comme ça pour calmer un type qui s'énerve, si on veut pas le soûler un peu plus, nan ? « C'est l'hôpital qui se fout de la charité là ! C'est pas moi qui t'ai envoyé bouler mardi. C'est pas moi qui t'ai repoussé hier, alors que j'ai tout fait pour être sympa ! Alors, si j'ai envie de m'énerver, je m'énerve ! » Son ton s'était fait de plus en plus incisif tout au long de sa tirade, et il s'aperçut avec étonnement qu'il s'était rapproché de Derek. Il n'eut pas le temps de retenir, ni de regretter ses derniers mots. « Et si t'es pas content, va voir ta copine, je suis sûr qu'elle sera comblée. »
Les yeux de Derek semblèrent luire dangereusement, mais Stiles n'en n'avait rien à foutre. Si Derek voulait sa dispute – comme son attitude le laissait à penser – il l'aurait, et qu'il essaie de l'impressionner n'y changerait rien. Le loup-garou s'approcha de Stiles à son tour, s'arrêtant à un pas de lui.
« Arrête. » Sa voix était chargé d'une colère mal retenue.
« Nan j'arrête pas. Tu me soûles Derek. Vous me soûlez toi et Kate »
« Arrête de tout mettre sur le dos de Kate, Stanley ! »
« Je suis pas jaloux de Kate, putain ! »
Les paupières de Derek, plissées dans l'espoir stupide de l'intimider, s'ouvrirent brutalement. Il paraissait choqué par les mots de Stiles, bien que ce dernier ne sut pas pourquoi. Il n'avait pourtant rien dit de bizarre...
« Quoi ? » Demanda le brun, figé sur place.
« Quoi, "quoi" ? »
« Qu'est ce que t'as dit ? » Précisa-t-il, à bout de patience.
« J'ai dit « je m'en fous de Kate » » Répéta Stiles, la mâchoire crispée. « T'es sourd ou quoi ? »
« Non, c'est pas ce que t'as dit. » L'air de Derek flottait entre la stupeur, la fureur, et le calme. Une combinaison ultra bizarre.
« Si »
« Non. »
« Je sais encore ce que je dis Derek. » Claqua Stiles, épuisé de cette conversation qui ne menait à rien, excepté à faire foirer un peu plus son plan Sauvons les Hale. « Fais chier, j'me casse. »
Il avança vers Derek d'un pas rapide et fit exprès de le bousculer en le contournant. Le fait que Derek ne bouge pas d'un poil l'énerva encore plus. Putain de loups-garous.
Durant le dîner, William remarqua que Derek cherchait à croiser le regard de Stanley, mais ce dernier s'appliquait à ne jamais laisser leurs yeux se croiser. Pour une fois, que c'était pas l'inverse ! Il observa son cousin lutter un moment, avec un air triste qui attendrit légèrement William. Puis subitement, il sembla prendre une grande décision – il avait cette expression qu'ont les personnes qui s'apprêtent à pousser le bouton rouge... ou à changer radicalement de coupe de cheveux – et dégaina son portable de sa poche, pianota dessus quelques instants avant que Talia ne lui fasse remarquer qu'ils étaient à table. Il prit quelques secondes de plus pour envoyer son message – enfin, ce fut ce que William supposa – et redressa la tête pour rencontrer les iris verts de William. Ce dernier lui lança un regard interrogatif que Derek esquiva, plongeant les yeux dans son assiette.
Elle descendit prudemment les quelques marches qui menaient au sous-sol, sa main ne lâchant la rampe à aucun moment. Arrivée sur la dernière marche, elle tâyonna, cherchant l'interrupteur qui permettrait de chasser les monstres tapis dans le noir. Pas qu'elle en ait peur, non. Du haut de ses dix ans, Allison n'avait peur de rien. Elle savait manier un arc depuis déjà trois longues années, et elle ne ferait qu'une bouchée d'un vampire ou d'un loup-garou si l'un d'eux avait la stupidité de croiser son chemin. Cependant... elle avait un léger rhume aujourd'hui, et donc peu d'énergie pour combattre quoi que ce soit.
Finalement, après cinq secondes de recherche, la lumière fut. Elle put alors distinguer deux voitures garées dans le garage. Celle de ses parents et celle de sa tante. Mais aucune trace d'un monstre, ni de Kate qu'elle avait pourtant aperçue passer la porte du sous-sol quelques minutes plus tôt. Allison tendit l'oreille et un claquement lui parvint. Il provenait de l'arrière salle. À pas de loup, elle s'avança vers la porte du fond et passa sa petite tête brune à travers l'ouverture dans le mur de béton.
Kate était là, assise sur une caisse d'armes dans la salle d'entraînement où son grand père l'emmenait très souvent – tous les samedis et mercredis après-midi en fait – pour lui apprendre le tir à l'arc. Enfin, lui apprendre à mieux tirer, car elle était déjà très forte, Grand-Père lui disait tout le temps. Sa tante était penchée sur son travail, à savoir : lustrer les deux Magnums argentés qu'elle aimait tant.
Absorbée par son œuvre, elle n'avait pas encore remarqué sa nièce. Allison l'entendait marmonner pour elle-même d'un air agressif, comme si elle en voulait spécifiquement à l'arme qu'elle nettoyait. Ses gestes étaient brusques et secs, en accord avec sa posture défensive.
Voulant annoncer sa présence – elle n'était pas une fouineuse et ne voulait pas que sa tante le pense – Allison s'appuya légèrement sur la porte qui grinça doucement. Comme prévu, Kate leva la tête dans un mouvement rapide, et son visage colérique se décrispa automatiquement lorsqu'elle aperçut les grands yeux bruns de sa nièce. Elle lui sourit gentiment et l'invita à s'approcher.
« Qu'est-ce-que tu fais là Ally ? » Demanda-t-elle en la regardant avancer à petits pas jusqu'à sa position. « Tu n'es pas censée être au lit ? Je croyais que tu avais de la fièvre. » Sa main vint machinalement se poser sur son front mais Allison se décala pour échapper à paume.
« C'est le cas » Lui répondit-elle d'une petite voix rauque avec un sourire fatigué. « Mais je voulais savoir ce que tu faisais. » Elle regarda un instant l'arme entre les mains de sa tante. « Tu fais quoi ? »
« Je me prépare. »
Le regard de Kate se fit un peu plus dur et elle se pencha pour enlever le chargeur de l'arme et compter les balles. Allison hésita une micro seconde avant de reprendre la parole.
« Pour quoi ? »
« Tu es un peu trop curieuse, tu le sais ça ? » Malgré son air de reproche, elle releva la tête, lui sourit et embrassa avec tendresse le haut du crâne de sa nièce. « J'ai quelque chose à faire demain, une affaire de grandes personnes. Et il faut que je sois prête. » Ses yeux se firent lointains quelques secondes avant qu'elle ne reprenne son sourire affectueux. « Tu comprendras quand tu seras grande. »
Allison hésita un instant à bouder. Elle détestait quand on lui disait ça. Après tout, elle aussi était une chasseuse, et elle pouvait tout comprendre des affaires de grandes personnes. Cependant, elle avisa le regard mélancolique de Kate et se contraignit à sourire. Après tout, il fallait qu'elle réagisse comme une adulte si elle voulait qu'on la considère comme telle, et bouder c'était faire l'enfant, Grand-Père lui avait déjà dit de nombreuses fois.
« D'accord. » Elle se mit sur la pointe des pieds et ses lèvres vinrent effleurer la joue de sa tante. « Te prépare pas trop quand même, faut dormir. »
« Bien sûr ma puce. »
Allison se détourna après un dernier sourire et se mit à marcher vers la sortie, direction son lit. Elle espérait que sa mère n'était pas encore rentrée du travail, sinon elle allait se faire disputer. Alors qu'elle franchissait le seuil de la porte, elle entendit la vibration d'un téléphone. La petite fille tourna légèrement la tête vers sa tante qui avait agrippé son portable d'un geste vif et lisait maintenant le message qu'elle venait de recevoir. Sa mâchoire se crispa de plus belle, jusqu'à ce que Kate lance l'objet de toutes ses forces contre le mur, au fond de la pièce. Sans demander son reste, Allison se faufila dans le garage avant d'éteindre la lumière pour remonter à l'étage. Alors qu'elle fermait la porte du sous-sol, un cri enragé, teinté de tristesse, frappa ses tympans.
=D
Tintiiiiin !
Ça sent la fin!
Alors, qui s'était douté de ce que faisait William? ;)
Qu'a fait Derek avec son portable?
Stiles va-t-il ENFIN ouvrir les yeux? Et Derek?
Que va-t-il se passer au prochain chapitre?
Quelqu'un va-t-il survivre?
Pfiou trop de questions!
J'attends vos remarques avec impatience!
Sinon, y'a 3 références ici. Un dessin animé Disney, Un film de Burton et un film avec Dylan O'brien (N'est ce pas Skouare? ;))
Pour la suite... Ben, vous êtes sur'ment au courant, mais c'est la rentrée. Et je suis prof. Voilà, tout est dit je crois.
Donc, je peux pas du tout vous donner de date. Le chapitre 14 est pour l'instant avancé au 1/5 je dirais xD
Aller, bisou les moules!
'Lys
