Euh... Hey ? =D
Naoooon me tapez pas ! Je sais je sais, quatre mois. Quatre putain de mois sans nouvelles... Va falloir que je vous raconte ma vie - pour changer :
Déjà, cette année au niveau du boulot c'est de la folie. Je suis prof, comme vous le savez, et je me retrouve sur deux établissements, dont un REP violence. Vous savez, ceux où vous voulez pas aller? Bah voilà. Bon, les élèves sont pas tous méchants, mais quelques uns suffissent pour gâcher une journée.
Ensuite, j'ai été inspectée. Et du coup, alors que je voulais écrire pendant les vacances de la Toussaint, ben je pouvais pas, pour cause de préparation intensive de cours et stressage en bonne et due forme.
Enfin, j'ai fait des recherches pour acheter un appartement. J'ai trouvé assez vite mais après y'a eu tous les rendez-vous avec les banques pour avoir un prêt, et du stress en plus...
Bref, vous connaissez donc toute ma vie xD
Maintenant, je suis en vacaaaaances ! Dès le vendredi soir, je me suis mise à écrire, et j'ai l'honneur de vous dire que ce chapitre est super méga long. Non mais, 20 pages quoi. Alors que d'habitude je m'arrête à 13. J'ai eu l'inspiration de Noël.
Avant de vous laisser lire, je voudrais remercier tous mes lecteurs, guest ou non, qui ont attendu avec gentillesse la suite de cette histoire malgré ma lenteur. Et aussi : MERCI MA BETA D'AMOUR Cathouchka qui déchire sa maman, comme d'hab'=D C'est grâce à elle que vous avez ce chapitre pendant les vacances =)
Donc je vous offre, comme cadeau de Noël, le dernier chapitre de Back in Time, en espérant qu'il vous plaise et que vous vous souveniez de cette histoire... Ouais je sais, moi aussi j'ai dû tout relire pour me souvenir de toutes les conneries que j'avais pu écrire xD
Bonne lecture!
Chapitre 14
Vendredi 16 octobre, 16h55
Peter fixa d'un regard sombre la poêle qu'il tenait encore et dont le contenu carbonisé émettait avec joie une fumée noirâtre et malodorante. Encore raté. Mais il y arriverait. Foi de Peter Hale, il saurait un jour faire des crêpes. Après tout, ne disait-on pas que les dix premières étaient toujours ratées ? Ou quelque chose dans le genre... Dépité, il plongea le massacre culinaire dans l'eau moussante de l'évier qui émit un gargouillis plaintif. Alors qu'il soupesait une nouvelle fois sa louche remplie de pâte visqueuse – était-ce normal qu'elle ait cet aspect de chewing-gum cuit ? – pour estimer s'il devait tout recommencer où sortir une nouvelle poêle, il entendit la porte de la cuisine s'ouvrir.
« Pouah ! » S'exclama-t-on d'un ton dégoûté en entrant dans la pièce. « Tu veux nous intoxiquer ou quoi ? »
Peter soupira, las, puis se retourna vers William qui grimaçait comiquement, une main battant l'air devant son nez. Un regard noir ne suffit pas à impressionner son neveu. Je me fais vieux...
« Fais pas ta chochotte William. »
« Pourquoi tu t'acharnes ? » Continua Will sans prendre en compte la remarque de son oncle. « T'es mauvais, t'es mauvais. » Affirma-t-il en attrapant une pomme sur le plan de travail. « Y'en a qui sont bons en cuisine, d'autres nuls en tout. T'as choisi ton camp. »
« Je t'emmerde Will. » Grogna Peter.
Il soupira de nouveau et vida le contenu de son plat dans la poubelle qui émit, elle aussi, un petit bruit de protestation. Ça va, n'en rajoute pas toi. Puis il sortit, pour la troisième fois de la journée, un saladier et commença à battre trois œufs. Bon, il y a des morceaux de coquille, mais c'est pas bien grave.
« Cora veut un gâteau de crêpes pour son anniversaire, elle aura un gâteau de crêpes. Même si je dois passer huit heures dans la cuisine. » Ajouta-t-il en marmonnant, fixant méchamment les ingrédients qui refusaient de coopérer.
« Hum. » approuva Will.
Affalé sur la table de la cuisine, il croqua dans sa pomme d'un air nonchalant. « Mais moi ce que je dis, c'est qu'avec tes conneries, mon odorat est saturé. Et ça fait que deux heures que t'es là. »
« Oh pitié, ça va pas te tuer de rien sentir une petite demi journée. Et au lieu de te moquer, sors moi donc du l-. »
La fin de sa phrase se perdit lorsque la sonnerie stridente de la porte d'entrée retentit. William fit un grand sourire qui faisait un peu tache avec l'air désolé qu'il essayait d'avoir. Peter roula des yeux tandis que son neveu se redressait pour sortir de la pièce, direction l'entrée.
« Sale gosse... » Marmonna Peter en ajoutant un paquet entier de farine aux œufs.
« C'est mon nez qui marche pas, pas mes oreilles ! » L'entendit-il glousser dans le hall.
Grommelant, Peter suivit d'une oreille distraite les pas de William jusqu'à la porte d'entrée qu'il ouvrit en chantonnant. Puis, il l'entendit prendre une brusque inspiration avant que ne résonne à ses oreilles le hurlement brutal d'une déflagration. Peter se tourna brusquement vers la porte de la cuisine, lâchant le fouet sur lequel il s'escrimait la seconde précédente. Dans sa chute, l'appareil éclaboussa le carrelage de pâte blanchâtre.
« William ? » Tenta-t-il, prudemment, avançant de quelques pas vers le hall d'entrée.
Ne pas paniquer. Après tout, ce n'était pas parce qu'il avait cru entendre un coup de feu qu'il fallait s'affoler. Beaucoup de choses peuvent ressembler à un coup de feu. Comme... Comme...
« William ? » Appela-t-il encore une fois, l'inquiétude entraînant sa voix dans les aigus.
Il huma l'air mais ne put passer à travers l'opacité de l'odeur âcre de la nourriture brûlée. Ne recevant aucune réponse, il se précipita vers l'endroit où avait disparu son neveu.
« William, c'était quoi ? »
Le temps de quelques pas pour rejoindre la porte et celle-ci s'ouvrit soudainement, le frappant à l'épaule. Déséquilibré, il se retint au chambranle, pour tomber nez à nez avec le canon encore fumant d'une arme. Son regard passa rapidement du flingue à son propriétaire, découvrant une grande blonde qu'il ne connaissait que trop bien.
« Salut Tonton ! » S'exclama Kate avec une joie haineuse. « C'est bien ici la fête d'anniversaire ? »
Le même jour, 16h
Stiles se fit violence pour garder un air concentré, les yeux plongés dans ceux du vétérinaire, tandis que la poche de son jean subissait, pour la cinquième fois en deux heures, l'assaut d'un appel téléphonique.
« Tu vois, si le cercle n'est pas totalement refermé, il est possible que le jour d'arrivée diffère d'un an. Peut-être plus si le diamètre n'est pas respecté. C'est pourquoi il est nécessaire que la pointe du triangle soit à l'exact opposé de là où tu te placeras. C'est simple, le mot ici, veut dire « alignement », et à côté « incantation ». Donc, logiquement, si tu- »
Le jeune homme réprima un bâillement. Que celui qui arrive à se passionner par les explications méta-physico-mathématiques d'un sortilège de plus de deux cents ans, écrit en grec ancien, lui lance la première pierre. C'était bien malgré lui, il pouvait vous l'assurer, que Stiles se trouvait en cet après-midi nuageux en compagnie du vétérinaire. Deaton l'avait mandé quelques heures plus tôt pour organiser les prémisses du sort, et dans sa grande gentillesse et son incroyable amabilité, Stiles avait accepté. Il s'en mordait hargneusement les doigts. Préparer des préparatifs. Passionnant.
Un nouveau vrombissement attira son attention vers sa poche et il soupira légèrement. Il était certain, à 90%, de l'identité du manique qui le fusillait de textos et d'appels. Et il savait aussi pourquoi. Derek avait décidé, sans doute après s'être concerté avec lui-même, qu'ils allaient joyeusement agiter le drapeau blanc aujourd'hui. Pas que Stiles n'en ait spécialement envie, toujours en rogne depuis la veille, mais Derek ne s'en souciait apparemment pas. Or il avait passé une nuit de merde à cause de ce petit salopard de loup-garou, il allait pas se laisser amadouer par quelques SMS de réconciliation.
Derek avait d'abord commencé, dans la matinée, par lui envoyer des messages comme si de rien n'était. « Hey, ça va ? ». …Non mais franchement, y avait-il pire que ça pour renouer après une dispute ? Stiles n'avait pas répondu, bien sûr. Et bien sûr, Derek avait insisté. En renvoyant exactement le même message. Trois fois. Au cas où Stiles n'aurait pas bien compris les premières fois. Ou alors il se disait peut-être que le fait que Stiles ne réponde pas devait forcément dire qu'il n'avait pas reçu le message. On ne pouvait pas ignorer Derek Hale, c'était physiquement impossible voyons.
Ne recevant aucune réponse au bout de deux heures, il avait donc changé de tactique. « William m'a dit que tu venais pas à l'anniversaire de Cora finalement ? » Aha, malin le poilu ! Mais Stiles ne s'était pas fait avoir, et avait persisté à ne montrer aucun signe de vie. Alors avait débuté le pire harcèlement que Stiles ait jamais connu. Bon, okay, c'était la première fois qu'il se faisait harceler. À vrai dire, d'habitude, c'était plutôt lui qui harcelait les gens. De façon sympathique, certes, mais-
« Si je parle dans le vent, ça serait bien que vous me le disiez. Que je ne m'acharne pas en vain à faire rentrer quoi que ce soit dans ta caboche vide. »
« Pas la peine d'être méchant ! » Grommela Stiles en sursautant, pris en flagrant délit de rêverie.
Il sortit distraitement son portable de sa poche, pas bien certain de savoir si c'était pour connaître l'heure ou pour s'assurer de l'identité du stalker. Puis, croisant les pupilles vexées du vétérinaire, il soupira et haussa les épaules.
« Écoutez, je suis crevé, et je vois pas en quoi faire tout ça maintenant va m'aider. J'veux dire, on a encore deux semaines devant nous, on pourrait pas plutôt voir ça dans quelques jours ? Histoire que je retienne quelque chose ? Parce que, faut pas rêver, je me souviendrai de rien dans une semaine. » Il baissa d'une octave et continua pour lui-même : « Déjà que je me rappelle de que dalle maintenant... »
« Hm. » Deaton passa une main fatiguée sur son crâne chauve et la laissa serpenter sur sa mâchoire, pensif. « Vous avez peut-être raison, tu n'es pas assez performant intellectuellement pour me servir à quoi que ce soit pour l'instant. » Il se détourna puis entreprit de refermer la tonne de bouquins responsable de son exposé assommant destiné au pauvre Stiles. « Nous reverrons ceci mercredi prochain. À dix heures. Et ne soyez pas en retard. »
« C'est vous l'doc, doc. » Répondit joyeusement Stiles en filant vers la sortie, ratant de peu le soupir désabusé du vétérinaire.
« Crétin. »
Bon. Finalement, il n'était pas allé très loin.
Derek avait pris son rôle de harceleur très au sérieux et l'avait reniflé jusqu'à chez Deaton. Saleté de cabot. Ils se trouvaient donc face à face, comme deux couillons, en plein milieu de la route. Route que Stiles avait commencé à traverser avant de se retourner en se rendant compte qu'il était suivi par un mec plus que collant. Aucun des deux n'avait prononcé le moindre mot, attendant visiblement que l'autre commence. Ou que le sol s'effondre pour faire diversion, dans le cas de Stiles.
Comme Derek se refusait à entamer la conversation et que le bitume semblait décidé à rester intact, Stiles prit une grande inspiration et se lança.
« Derek. »
« Stanley. »
Bien. C'était un bon début. Un blanc s'installa confortablement entre eux tandis qu'ils se fixaient de nouveau dans un silence oppressant. Au bout d'une trentaine de secondes, alors que Stiles se faisait la réflexion qu'il aurait dû rester s'éclater avec Deaton, Derek se décida à prendre la parole.
« Tu répondais pas à mes messages... »
Thank you, Captain Obvious. Non, Stiles, sois gentil. Et puis Derek faisait des efforts, fallait pas le perturber ou bien il deviendrait encore plus ronchon.
« Effectivement. »
Nouveau blanc.
« Donc je me suis dit que j'allais venir m'assurer que t'allais bien. »
C'était impressionnant comme tout ce qui passait les barrières de la bouche de Derek sonnait comme une agression. Même cette phrase qui aurait pu – aurait dû – sembler sympatoche.
« Je vais toujours bien, Derek. » Il allait se replonger dans son mutisme lorsqu'une idée le frappa. « Attends, tu sèches les cours pour venir me voir ? » Stiles ricana sans pouvoir retenir les mots suivants. « Alors que tu pourrais être avec ta petite-amie ? Je suis impressionné et très touché que sa majesté délaisse sa princesse pour un simple vaurien ! »
« Arrête. » Grogna Derek, son corps tendu avançant d'un pas mesuré vers le plus vieux.
Malgré l'avertissement silencieux, Stiles ne changea pas d'attitude et garda sa moue mi-figue, mi-pomme. Ou un truc du genre.
« Arrêter quoi ? »
« De t'énerver. » À nouveau, Derek fit un pas en sa direction. À nouveau, Stiles n'en eut cure. « Je t'ai dit que j'étais désolé. » Gronda le loup. Il faisait un effort de contenance qui aurait pu impressionner Stiles s'il n'était pas empêtré dans sa bouderie.
« Euuuuh, non. » Lança-t-il en retour, haussant les sourcils. « Je n'crois pas non. »
« Si, je l'ai dit. » Contra le loup, contrarié par tant de chiantise.
« Nope. »
« Et ben, je te le dis ! »
« Bien. »
« Bien. »
« Bien. »
« Bien ! »
Leur conversation surréaliste arracha un rire à Stiles, qui déteignit légèrement sur la moue contrariée de Derek, et celle-ci s'adoucit. Le silence revint à la charge, mais cette fois-ci il n'était plus aussi pesant. Stiles eut clairement l'impression que leur rancœur réciproque venait, en une seconde, de perdre quelques degrés. À l'inverse de l'atmosphère entre les deux hommes.
« On va faire un tour ? » Proposa finalement le brun au bout de quelques minutes.
Mais c'est qu'il était plus bavard qu'une pie ce loup !
« Pourquoi faire ? » Demanda Stiles, dont l'humeur avait viré à la taquinerie.
« Stanley... » Soupira Derek dans un grondement se voulant colérique en réponse à l'attitude de Stiles. Mais ce dernier pouvait clairement sentir l'amusement poindre dans son regard nuageux. Malgré tout, le visiteur du futur joua le jeu et leva les mains devant lui, en signe de protection.
« Ok ok, range tes crocs ! »
Derek roula des yeux – ah, ça faisait longtemps ! – et se détourna en direction de la forêt. Il commença à marcher à pas lents, sans s'assurer que Stiles le suivait bien. Comme s'il était impensable qu'il n'en soit pas ainsi.
…
Oui, ok, Stiles n'avait pas vraiment d'autre projet. Mais quand même ! Il trottina pour rattraper le brun et ralentit en arrivant à sa hauteur, calant ses pas sur les siens. Pour la énième fois, le mutisme les prit tous deux et il marchèrent durant quelques minutes sans qu'aucun bruit ne vienne entacher le son de leurs semelles sur l'asphalte. Enfin, le son des semelles de Stiles en l'occurrence. Il n'avait jamais compris comment Derek faisait pour ne faire aucun bruit lorsqu'il se déplaçait. Il loucha légèrement sur ses pieds. Non, il ne portait pas de chaussures particulières. Peut-être des semelles « spéciales loup »? Un genre de gadget à la 007 ?
« Qu'est-ce-que tu fous ? » Demanda brusquement le potentiel agent secret en interceptant le regard de Stiles fixé avec intensité sur ses baskets.
« Rien ! » Répondit ce dernier rapidement, ne voulant pas passer – encore, et toujours – pour le timbré de service. « Je croyais que tu voulais discuter ? » Lâcha-t-il dans une subtile tentative de changement de sujet.
« J'ai pas dit ça. ». Le regard de Derek se fit légèrement fuyant, comme s'il se sentait gêné. Mais étant donné la nature misanthrope du loup, ce n'était pas spécialement étonnant. Il n'allait pas avouer qu'il voulait avoir une conversation avec lui tout de même, fallait pas pousser !
« Ah. Tu veux pas qu'on parle alors ? »
« … Et toi tu veux ? »
« Euh... Ouais, tant qu'on y est... »
« Ok. » Accepta le loup en soupirant, comme lui faisant une faveur.
Stiles plissa les yeux, hésitant encore entre s'énerver contre Derek pour le faire tourner en bourrique, ou bien rire de cet embarras qu'il tentait avec force de cacher. Finalement, il coupa la poire en deux.
« T'es bizarre quand même. »
« Pas plus que toi. »
« Ah si ! »
Après un regard plus qu'équivoque de la part de Derek et un haussement de sourcil made in Hale, Stiles hocha la tête, magnanime. « Bon, peut-être pas. »
« Dépêche. »
La pointe brûlante de l'arme s'enfonça dans le creux de ses reins, lui tirant une grimace. Son corps se crispa tandis qu'une main gantée de noir se posait sur son épaule, le forçant à avancer vers la porte. Tout cela sans vraiment faire preuve de délicatesse. Mais à vrai dire, ni son confort ni même sa survie ne rentraient en ligne de compte depuis qu'il avait entendu le coup de feu, quelques minutes auparavant. Car, à n'en plus douter, c'était bien le son terrifiant d'un flingue qui avait troublé le calme relatif de cet après-midi. Depuis, la seule chose qui lui importait était de s'assurer que son neveu était en sécurité. Qu'il n'avait aucune raison d'imaginer le pire malgré la boule de stress entravant sa respiration.
Peter et son escorte – Kate et deux mecs armés jusqu'aux dents – franchirent la porte menant à l'entrée et les yeux du loup-garou se mirent immédiatement en quête du jeune homme. Malheureusement, avant même que ce dernier ne puisse témoigner de sa survie, un autre groupe de chasseurs apparut devant Peter et l'un d'entre eux le plaqua durement contre le mur, saisissant ses poignets pour les entourer d'une corde recouverte d'un liquide poisseux. Liquide qui dévora sa peau dès le premier contact. De l'aconit. Il tenta de ruer contre ses ravisseurs mais un second flingue fut pressé contre son flanc, accompagné d'une poigne ferme sur sa nuque, et il se contraignit à ne plus bouger. Calme toi Peter. Réfléchis.
Tant bien que mal, il jeta un coup d'œil derrière lui et croisa les iris verts de Kate qui bouillaient d'une colère non retenue, mais aussi d'une sorte de joie vengeresse. Celle qui était censée être l'âme sœur de Derek n'avait plus rien de la douce jeune femme qu'il leur avait présentée. Maintenant, elle avait tout d'une psychopathe, démoniaque sur les bords. C'était pas franchement ce que Peter avait imaginé lorsque son neveu lui avait dit que Kate se joindrait aux festivités.
Allez, il est temps de faire preuve de ton légendaire sens de la diplomatie, Peter.
« Tu n'es pas obligée de faire ça, Kate. » Commença-t-il en se forçant à prendre un air calme et rassurant. Ce qui était un peu compliqué alors que l'arête de sa mâchoire frottait douloureusement le crépis du mur qui s'effritait. « Tu peux tout arrêter maintenant. ».
La poigne sur sa nuque se fit plus légère et Peter put arracher sa joue à l'étreinte du plâtre.
« Oui, c'est vrai... »
Ses yeux se troublèrent un instant tandis qu'elle semblait réfléchir aux propos de Peter, et celui-ci en resta comme deux ronds de flan, s'étonnant de son sens inné des affaires.
« Mais j'ai pas envie. » Finit-elle par asséner cruellement au bout de quelques secondes de réflexion, son regard se faisant encore plus tranchant qu'auparavant. Puis elle éclata d'un grand rire, se trouvant apparemment très spirituelle.
Ok, j'me disais aussi...
« Pourquoi ? » Reprit Peter, ignorant les regards haineux que lui lançaient les mastodontes autour de lui. Apparemment, ils étaient là pour casser du loup, pas pour la parlotte. « Pourquoi est-ce que tu fais ça ? »
« Et pourquoi pas ? » Répliqua la blonde, une grimace de mépris au coin des lèvres. Elle saisit le lien qui enserrait ses poignets et le décolla du mur pour mieux le pousser dans le couloir. « Maintenant ferme ta grande gueule et avance, connard. »
« Où est William ? » Continua-t-il, tentant de passer outre les piques et la douleur qui lui vrillait les mains. « Où est-il ? »
« Parti faire un long dodo. Mais ne t'inquiète pas, papy, tu vas bientôt le rejoindre. Bouge ! » Finit-elle en frappa durement son dos à l'aide de son poing.
Ce coup entre les omoplates le fit se courber de telle sorte que son regard put accrocher une silhouette allongée au sol derrière ses agresseurs. Une silhouette dont le visage contre le sol était à moitié caché par des cheveux noirs, graisseux de sang, et dont les doigts étaient crispés autour d'une pomme croquée.
Le peu de self-control qui restait à Peter s'envola à la vue du cadavre du garçon et il vit rouge. Il sentit ses yeux virer au doré tandis que ses ongles s'effaçaient au profit des griffes. Il tenta à nouveau, de toutes ses forces, de ruer contre ses assaillants, laissant libre champ à la bête qui sommeillait en lui. Mais l'effectif – trop – réduit de loup-garous dans la pièce joua en sa défaveur et il se fit rapidement maîtriser par les humains et leurs armes électriques. Un taser le fit s'écrouler à quatre pattes, tête baissée, incapable de bouger tandis que des pas précipités se faisaient entendre dans l'escalier.
Sa posture l'empêcha de distinguer précisément les nouveaux arrivants, mais les voix pleines de sanglots ne lui laissaient guère de doute sur leurs identités. Ce fut donc avec une rage impuissante qu'il entendit toute sa famille se faire pousser, traîner, frapper jusqu'aux escaliers qui menaient à la cave. Il essaya de se redresser lorsque Cora, sa magnifique petite princesse, émit un geignement de douleur terrifié en recevant un coup qui la fit s'effondrer juste devant lui. Mais une nouvelle dose d'électricité l'empêcha de faire le moindre mouvement à part celui d'un haut le cœur qui recouvrit le parquet d'une bile verdâtre.
« Tu as vraiment sorti cette excuse pourrie ? » S'exclama Stanley, ses yeux ronds grand ouverts dans une expression stupide. Rien de bien inhabituel en soit. « Pitié, dis moi que c'est une blague. »
« C'est pas une excuse pourrie. » Grommela Derek en shootant dans une malheureuse pierre qui n'avait rien demandé à personne. Celle-ci roula jusqu'à un petit tas de feuilles mortes au pied d'un chêne.
Cela devait faire une petite heure que Stanley et lui marchaient côte à côte. Au début, ils avaient eu du mal à parler normalement, le souvenir de leurs disputes précédentes hantant chacun de leurs mots. Et puis, au fur et à mesure, l'ambiance s'était faite plus amicale, moins tendue, surtout grâce aux âneries que Stanley débitait régulièrement, Derek en était bien conscient.
« Pardon ? « Coach, je peux pas venir en sport parce que j'ai mes trucs. » ? C'est pas la pire excuse qu'on puisse sortir ça ? » Continua Stanley en levant les bras au ciel, comme implorant une force invisible.
« Quoi ? » Se renfrogna le brun, se gardant bien d'acquiescer à ses paroles. « Ça marche bien pour les filles. » Asséna-t-il, les lèvres barbouillées de mauvaise foi.
« Attends. » Stanley s'arrêta brusquement et tourna la tête vers Derek pour fixer ses yeux aux siens. « Rassure moi... » Fit-il lentement, pesant ses mots comme s'il parlait à un attardé. « Tu sais ce à quoi réfère le mot « trucs » dans ces cas là, hein ? »
Derek leva les yeux au ciel et le bouscula pour le soustraire de son chemin. Le léger « aiiieeuuh » lui fit esquisser un sourire satisfait.
« Vas-y fous toi de moi ! » Lança-t-il en se retournant vers celui-qui-se-massait-l'épaule. Il continua à avancer à reculons, les mains dans les poches. « N'empêche, le coach était tellement sur le cul qu'il a pas su quoi dire. Et j'ai pu me barrer tranquillement. »
Stanley éclata de son rire si communicatif et Derek se détourna pour cacher son trouble. Allez, il était temps de se lancer. Il était temps d'admettre la raison pour laquelle il se trouvait là. Allez. C'était pas bien compliqué.
« Euh...Je voulais te demander... » Commença-t-il, les doigts triturant furieusement l'intérieur de ses poches. Il lui sembla même entendre un léger bruit de déchirement.
« Oui ? » Répondit Stanley, les yeux toujours plein de malice. Et le ventre de Derek émit un gargouillement. La ferme, c'est moi qui parle !
« Hier, tu as dit un truc. »
« Sûrement. Je dis des tas de trucs tu sais. Et tout n'est pas bon à retenir. »
« Un truc à propos de Kate. »
« Faut que tu sois plus précis, Der- »
« Que tu étais jaloux. »
Il vit Stanley déglutir et son regard se fit fuyant. Ça y était. Derek avait lancé le sujet. Plus question de reculer.
« J'ai jamais dit ça. »
« Ah. »
« Ouais. »
« Ok. »
Oui, bon. Qui a dit qu'un Hale était courageux ?
« Et bien, imaginons que j'ai hypothétiquement dit ça. » Lança soudain Stanley rapidement, surprenant Derek qui s'attendait – espérait – que le sujet était désormais clos. « Ce qui n'est pas vrai, mais...imaginons. Et alors, qu'est-ce-que ça aurait f- »
« Moi aussi. »
Blanc.
« Quoi, moi aussi ? »
« Moi aussi je suis jaloux. »
« Jaloux... de Kate ? »
« Mais non abruti ! »
Derek passa une main fébrile dans ses cheveux courts et soupira, exaspéré par Stanley autant que par lui même. Par son incapacité à s'exprimer. C'était pas si compliqué pourtant ! Si le commun des mortels pouvait le faire, pourquoi devrait-il en être autrement pour lui ?
Il manqua une marche et de s'étaler de tout son long tant les intrus les pressaient dans les escaliers. Une fois atteint le sol de la cave, Peter se précipita vers Cora qui hurlait en sanglotant qu'elle voulait parler à sa mère. Il tenta par tous les moyens de la rassurer mais rien n'y fit. Ce qui n'était pas bien étonnant. Comment apaiser quelqu'un quand on est soi-même en pleine panique.
Il retrouva son beau-frère en train de soigner sommairement une blessure au crâne de sa sœur dont les yeux avaient roulé dans leurs orbites et qui ne bougeait plus, signe d'un traumatisme qui aurait nécessité des soins urgents. Soins qu'ils n'étaient pas en mesure de lui apporter maintenant. Le souffle lui manqua. Durant une bonne minute. Les yeux tellement écarquillés qu'ils auraient pu se faufiler hors de leurs cavités, il ne pouvait que fixer avec effroi sa sœur, sa grande sœur, celle qui avait endossé le rôle de leur mère après la mort de cette dernière. L'horreur lui nouait le bide. Sa sœur adorée était en train de mourir sous ses yeux. Les battements laborieux de son cœur ne trompaient personne. Ce ne fut qu'au bout d'un certain temps qu'il se rendit compte que quelqu'un l'appelait avec insistance.
« Peter ! Peter réveille-toi ! »
Il secoua la tête, toujours tremblant, pour fixer son regard hanté sur celui, plus calme, du bêta de la meute.
« Je m'occupe d'elle. Et de Cora. » Fit la voix caverneuse de Henry. Ce fut à cet instant que Peter aperçut le filet de sang qui serpentait de la tempe jusqu'à ses lèvres. Lui aussi avait tenté, en vain, de se débattre. « Occupe-toi de nous sortir de là. »
C'était un ordre, qui ne souffrait aucune discussion. Allez Peter, pour une fois, prouve-leur que tu vaux quelque chose.
Des bruits sonores de conversation arrivèrent jusqu'à ses oreilles lupines – dont il maudissait l'acuité depuis ces interminables dernières minutes – et il se retourna vers le palier, où deux ombres se découpaient sur l'obscurité ambiante. Il dut s'y reprendre à deux fois pour comprendre ce qu'il voyait, se demandant un instant si la panique ne lui provoquait pas une hallucination.
Deux Kate, pratiquement identiques, étaient en train de discuter, les bras croisés. Enfin, l'une monologuait tandis que l'autre, qui semblait plus jeune, les regardait d'un air méprisant et satisfait. Le visage sans vie de Talia restait gravé dans sa rétine et il vit rouge. Kate méritait de mourir pour faire subir ça à sa famille. Et si, par il ne savait quel tour de sorcellerie, il y en avait deux, eh bien il s'occuperait des deux.
Il se précipita avec hargne en direction des deux clones, montant quatre à quatre les marches qui le séparaient d'elles, préparant ses griffes à se baigner dans leur sang misérable. Dans une parfaite synchronisation, elles tirèrent deux flingues de leurs holsters et les pointèrent vers lui sans que leurs yeux ne s'emplissent, comme il l'aurait voulu, de la moindre peur.
Aucune des deux ne tira, cela ne fut pas nécessaire. Lorsque Peter eut atteint le seuil, il fut projeté en arrière, comme propulsé par un boulet de canon. Sa chute se termina lorsque son dos vint heurter le mur du fond dans un craquement sonore. Ce n'était ni son dos, ni le béton qui avaient émis ce son. Son nez lui apprit avec cruauté qu'il venait de fracasser quelques tonneaux d'huile qui n'avaient rien à faire là.
Il eut juste le temps de croiser le regard sans pitié des Kate avant que l'une d'entre elles ne lance un briquet allumé à travers l'escalier. Et l'enfer se déchaîna.
Il n'avait aucune putain d'idée de comment ils avaient pu se retrouver dans cette situation. Il lui semblait pourtant que quelques minutes auparavant, il avait la situation bien en main. Mais maintenant, acculé contre un arbre – mais genre, un gros – il n'était pas bien sûr de qui maîtrisait quoi. Et, au vu du regard perdu de Derek, il n'était pas le seul.
Bon...en fait, si. Il savait à peu près comment ils s'étaient retrouvés ainsi. Et, à bien y réfléchir, c'était – encore – de sa faute. Il se rappelait clairement de Derek lui affirmant qu'il avait dit être jaloux de Kate. Il se rappelait aussi – et c'était à peu près à ce moment là que son cerveau avait commencé à faire des chutes de tension (si c'était possible) – que le loup avait déclaré qu'il était jaloux de William. Parce que – d'après Derek – son cousin et Stanley étaient ensemble...
Ensemble...putain de merde ! Mais c'était du gros délire !
Alors Stiles avait ri. Pour se donner contenance. Et avait affirmé qu'il n'était absolument pas avec William. Est-ce-qu'il s'était arrêté là ? Mais bien sûr que non ! Emporté par sa langue incontrôlable, il avait déclaré haut et fort que le cousin de Derek n'était pas son type de Hale. Son type de Hale ! Mais c'était quoi cette putain de phrase à la con ?
Et les voilà donc, beaucoup trop près l'un de l'autre, Stiles adossé anxieusement à un arbre, attendant que Derek se lasse d'attendre qu'il réponde à sa question. Parce qu'il était évidemment hors de question qu'il lui avoue « quel était son type de Hale. » Non mais franchement.
Il déglutit, détourna le regard de celui du loup-garou, et chercha une réplique drôle à sortir. Ou même pas drôle en fait. N'importe quelle phrase aurait fait l'affaire. Il voulait juste sortir de cette situation terriblement gênante. Et terrifiante. Et bizarrement plaisante.
« Je... je t'ai posé une question. »
Mon dieu, même Derek bégayait. Le grand, le beau Derek... Oubliez. Le grand Derek bégayait. Si ça, ça n'annonçait pas l'apocalypse, Stiles voulait bien se couper une main... Bon, non, peut-être pas. Un ongle ?
« Stanley... »
« Oui ? »
Non, ce n'était absolument pas lui qui venait de répondre avec cette voix de petite fille. Pas du tout. Sûrement l'écho du vent...
« Tu m'as entendu. »
Ce n'était pas une question. Le ton tenait davantage de l'ordre. Comme tout ce qui franchissait les lèvres de Derek, finalement.
« Oui ? »
« Et donc ? »
« Oui ? »
Derek poussa un long soupir et s'éloigna de Stiles. Enfin il tenta. Stiles ne sut pas qui, de lui ou de Derek, fut le plus surpris lorsque l'une de ses mains, animée d'une volonté propre, se souleva pour aller accrocher le col de la veste du loup. Ben voyons, si même mon corps est contre moi...
Le-dit loup se figea et ses sourcils se froncèrent tandis que son visage, teinté d'interrogation, se baissait vers la main incroyablement – stupidement – audacieuse. Stiles dut se retenir de toutes ses forces pour ne pas faire de geste supplémentaire. D'abord, parce qu'il ne voulait pas tenter le diable avec Derek. Ensuite, parce qu'il n'était pas sûr de ce que sa main tenterait le faire s'il la laissait à nouveau se déplacer. Et il ne voulait pas le découvrir. Pas tout de suite.
« Je... » commença-t-il en passant une langue apaisante sur ses lèvres sèches.
Il attendit que Derek continue – pipelette qu'il était aujourd'hui – mais celui-ci semblait bien trop passionné par le bas de son visage pour ne serait-ce que penser prendre la parole. Alors, prudemment, Stiles continua.
« Je sais pas trop quoi te dire. »
Il crut un instant que le loup, malgré son ouïe surnaturelle, n'avait pas entendu sa réponse. Mais qu bout d'une paire de seconde, le regard orageux quitta la bouche de Stiles – mondieumondieumondieu – pour venir se fixer sur la partie haute de son visage.
« Tu pourrais juste répondre à ma question. » proposa-t-il de sa voix grave et suave qui devait faire fondre toutes les filles qui croisaient sa route. Le genre de voix qui pouvait dépuceler une vierge. Qu'est-ce-que tu racontes Stiles ? Concentre-toi, et sors lui une réponse qui lui clouera le bec, à ce bellâtre.
« Non. »
Oui, voilà. Dans les dents ! Hm.
« Non ? »
« Non. »
Derek fronça les sourcils, sembla réfléchir un instant et continua :
« On fait un break. »
« Qui ça ? »
« A ton avis ? Kate et moi. Je lui ai proposé hier. »
« Ah oui ? » Stiles aurait aimé, vraiment, que sa voix n'ait pas eu une intonation suppliante pour prononcer ces dernier mots.
« Ouais. »
« Ok. »
Un souffle de vent vint s'engouffrer entre les pans de la veste fine qu'il avait eu la mauvaise idée de mettre aujourd'hui et un frisson vint recouvrir sa peau d'une légère chair de poule. Réaction qui s'intensifia lorsque Derek eut le réflexe de s'approcher un peu plus près de lui. Trop près pour lui permettre de réfléchir convenablement. Et avec son cerveau.
La respiration de Stiles se fit plus rapide alors que le regard sérieux et si intense de Derek s'accrochait au sien. Le loup ne pouvait manquer d'y lire le profond trouble que Stiles ressentait. Ce dernier n'osait pas bouger, de peur de ruiner ce... qu'importe ce qui se passait actuellement entre eux deux, il était certain qu'il ne fallait pas l'interrompre. La main droite de Derek se leva pour aller se poser sur les doigts gelés de Stiles, toujours agrippés au col de la veste en cuir, et sa main gauche se positionna à côté de son visage, paume contre le tronc d'arbre qui permettait à Stiles de rester debout.
Ce dernier geste amena aux narines de Stiles les effluves du parfum de Derek et il dut se mordre la joue pour s'empêcher de fermer les yeux. Il n'était pas une midinette ! C'était totalement inacceptable qu'il se fasse avoir par un grand brun aux yeux bleu-verts et au parfum envoûtant. On n'était pas dans un roman Arlequin nom de nom ! Ce loup allait voir ce que Stiles avait dans le ventre !
« Je- »
« Ta gueule, Stanley. »
« Ok. »
Bien. On ne pouvait pas dire qu'il n'avait pas tout essayé ! Ses yeux se fermèrent donc avec l'accord de leur propriétaire tandis que le visage aux traits affûtés de Derek se penchait toujours un peu plus près du sien. Jusqu'à ce que...
Jusqu'à ce que...rien du tout.
Stiles entendit le loup renifler. Une fois. Deux fois. Il rouvrit les yeux et tomba dans le regard déconcerté et inquiet de Derek. Le loup-garou huma l'air une dernière fois avant de se détourner de Stiles sans un mot pour se mettre à courir comme si le diable en personne le poursuivait, ne cherchant même pas à cacher la vitesse de sa course à l'humain. Ce dernier fronça les sourcils, ne sachant pas bien s'il devait se sentir agacé ou soulagé d'avoir été abandonné. Il s'écarta de l'arbre...qui avait failli être témoin d'une belle erreur – bordel il avait presque embrassé un mec ! De son plein gré en plus ! Du grand n'importe quoi... – pour s'élancer à la poursuite du loup. Après tout, la lueur angoissée qu'il avait lue dans les iris de Derek n'incitait pas Stiles à le laisser seul. Pourvu que...
Ce ne fut qu'en arrivant à quelques pas de l'orée du bois, à une cinquantaine de mètres de la grande bâtisse des Hale, essoufflé et en nage, qu'il sentit la cause de l'affolement de Derek. Ses yeux se mirent à le piquer tandis qu'il continuait à avancer vers la demeure, à pas précipités, confiant à son cerveau le soin d'analyser le plus rapidement la situation. Non, pitié...
Une épaisse fumée noire sortait de l'entrée béante de la maison. Elle était si opaque que l'on ne pouvait, même les yeux plissés, distinguer quoi que ce fut à l'intérieur. Deux possibilités s'offraient à lui. Premièrement, Peter avait à nouveau testé ses talents de chef cuisinier. C'était peu probable, voire inimaginable que l'oncle de Derek puisse provoquer un tel désastre... mais ça devait être le cas. Oui, il fallait que ce soit le cas. Parce que sinon... Stiles ne voulait même pas penser à l'autre possibilité. Trop terrifiante.
Quelques pas supplémentaires et la fumée vint lui brûler les pupilles, malgré la distance encore grande qui le séparait d'elle, faisant goutter des larmes sèches sur ses joues. Cependant, il se força à écarquiller les yeux, cherchant avec terreur un certain brun trop rapide pour son bien.
« Derek ? » Cria-t-il, son regard faisant de rapides allers-retours dans toutes les directions. Une quinte de toux le prit par surprise et il dut s'arrêter un instant pour reprendre sa respiration.
Il saisit le bas de sa veste – enfin, celle de William, qu'il avait « empruntée » le matin-même – et porta le bout de tissu contre son visage tandis qu'il s'avançait toujours plus près de cette insupportable odeur de brûlé. Ses yeux s'embuèrent encore un peu plus lorsqu'il avisa les voitures noires garées de l'autre côté du manoir. Il ne put dire si ses larmes étaient teintées de peur, de rage ou bien encore de désespoir. Sûrement un peu des trois.
« Non... » Murmura-t-il en reconnaissant aisément, malgré le gris de cendre qui recouvrait toutes choses, la voiture tape à l'œil de Kate. « Ça ne devait pas... » Il toussa. « Pas aujourd'hui ! »
Alors qu'il ne savait toujours pas comment réagir, du mouvement attira son attention vers le porche. Une ombre se dégagea des ténèbres vaporeuses, traînant à sa suite un corps inanimé. Immobile, Stiles regarda Derek, recouvert de suie, tirer avec force une chose à l'apparence humaine à l'extérieur de la maison. Ses entrailles se serrèrent alors qu'il fixait la personne, indéniablement masculine, se faire remorquer jusqu'en bas des marches. Encore plus lorsqu'il entendit avec netteté des sanglots s'échapper de la gorge de Derek alors qu'il s'affairait à déplacer le Hale inerte le plus loin possible de la bâtisse.
Ce fut ce son qui permit à Stiles de se réveiller de sa torpeur et d'accourir vers le loup-garou. Cependant, avant même qu'il ne puisse le rejoindre, Derek s'était déjà remis sur ses pieds et courait en direction de l'entrée, maintenant léchée par quelques flammes.
« Derek ! » appela Stiles dans un cri rauque, forçant sur ses jambes pour le rattraper et le raisonner. « Derek, non ! »
L'interpellé se retourna une minuscule seconde. Le temps pour Stiles de croiser ses iris électriques paniqués. Puis il disparut. Comme avalé par l'antre infernale.
« Derek ! »
Stiles poussa à nouveau sur les muscles de ses jambes, ne réfléchissant plus. Il était hors de question que Derek meure. Inacceptable. Pas maintenant. Jamais. Sous l'effet d'une force dont il ne se savait pas doté, il avala sans peine la distance qui le séparait du corps noir de suie dans l'intention très explicite de sortir Derek de cet enfer. Mais alors qu'il frôlait l'homme inanimé, un pressentiment angoissant lui noua le ventre. Il stoppa net sa course et se tourna vers le corps, ses yeux allant automatiquement se fixer sur son visage.
Stiles se retrouva tétanisé. Incapable de bouger tant la douleur crispait ses membres. Un gémissement horrifié gonfla dans sa gorge pour finir par éclater en un cri haché de spasmes. Le cœur s'émiettant à chaque seconde, il se laissa tomber au sol, comme une marionnette abandonnée par son créateur. Les genoux raclant les graviers, il se traîna aux côtés du corps, son cerveau refusant de croire ce que lui dictaient et son cœur et ses yeux.
« William. » Souffla-t-il dans un râle presque inaudible.
Il approcha ses mains du visage de celui qu'il avait appris à connaître, et qu'il considérait comme son ami, mais il ne put se résoudre à toucher sa peau. Et si elle était froide ? Et si le pouls n'existait plus ? Tant que Stiles ne le touchait pas, tant qu'il ne vérifiait rien, William était en vie. Il était toujours en vie.
Stiles ne put pousser ses pitoyables réflexions plus loin. Une douleur déchirante lui transperça l'épaule gauche et il fut propulsé avec force sur le corps de son ami. Un ricanement de sadisme dément vint torturer ses oreilles tandis que ses paupières obscurcissaient sa vue. Puis, il sombra, aspiré par le sol.
...
Je suis pratiquement certaine que vous avez envie de me frapper XD
Surtout que je sais que la plupart d'entre vous adore (adorait du coup xD) William
Hey, mais, calm down, il reste un épilogue pour conclure cette histoire qui aura duré...
Ben longtemps quand même!
Alors, votre avis? Vos idées pour l'épilogue?
Y a-t-il des survivants?
Kate va-t-elle devenir la futur Dark Moder?
Avez-vous trouvé mes références?
L'épilogue viendra... Ben je sais pas. Je vous avoue que j'ai quelques copies (une soixantaine... hm) à corriger pendant les vacances et je dois aussi préparer mes cours de 3ème (youhouu)... Donc tout dépend de mon inspiration. La trame de l'épilogue est prête, mais il va être long donc... On verra!
Allez, je vous laisse, faut que j'aille emballer les cadeaux!
Bisou les pains d'épice!
'Lys
PS: Pour ceux qui attendent la suite de M-59... Ben faut encore attendre lol
Non mais je préfère finir BIT (hihi) pour entièrement me consacrer à cette autre fic,
sinon je m'en sortirais jamais!
