Nda : Merci beaucoup pour le bel accueil que vous avez fait à cette nouvelle fiction, ça m'a fait super plaisir ! :D Mais trêve de bavardage, voici la suite mes petits amis !
Chapitre 2
J2 - Dimanche
A précisément 8h05, Thomas ouvrit péniblement les yeux, réveillé par des bruits de pas. Il se redressa du canapé en grimaçant et jeta un coup d'oeil à celui qui arrivait. Short gris, haut blanc, yeux humides et un nombre incalculable d'épis sur sa tête dorée, Newt s'avançait en direction de la cuisine sans un regard vers lui.
- Bonjour ? dit Thomas sur un ton légèrement vexé.
Newt, qui avait pris l'habitude d'être seul le matin, sursauta à la voix qui l'interpella.
- Oh bonjour Thomas. Je t'avais déjà oublié, articula-t-il en baillant de manière peu respectueuse.
« Prends-toi ça dans les dents » se dit le brun pour lui-même avant d'imiter Newt qui commença à préparer son petit-déjeuner. En voyant qu'il se tenait le bas du dos en se mordant la lèvre, le blond lui demanda narquoisement s'il avait bien dormi, connaissant parfaitement la réponse.
- Votre canapé est un objet de torture, ça devrait être interdit de faire dormir des gens dessus.
- Oh le pauvre petit Tommy a mal au dos, ne compte pas sur moi pour te masser, se moqua Newt tandis que l'autre lui tirait la langue.
Newt alluma la télévision et s'installa à la grande table pour boire son grand bol de chocolat chaud et manger ses tartines beurrées, Thomas s'installa à ses côtés avec sa tasse de café.
Pour commencer, l'aîné regarda la chaîne d'information continue, puis à 8h13 il changea de chaîne. Thomas fronça les sourcils et interrogea Newt du regard, mais ce dernier ne quittait pas des yeux l'écran de son air sérieux et mature, contrastant parfaitement avec ce qu'il regardait. Il n'insista pas et se résigna à regarder ce vieil épisode de « Tom et Jerry ».
Il eut un sourire attendris lorsque son colocataire éloigna le bol de ses lèvres et qu'une moustache de chocolat apparue au-dessus de sa bouche, mais sa langue gourmande vint vite la faire disparaître. On aurait dit un gosse. Le petit-déjeuner fût englouti dans un silence reposant, quelques fois brisés par des rires légers.
Deux heures plus tard Minho se réveilla et marcha comme un automate vers le frigo. Dans des gestes lents, il saisit la bouteille de lait et quelques biscuits secs dans une armoire ainsi qu'une pomme. Il alla s'asseoir à la table où se trouvait Newt, penché sur une multitude de cahiers éparpillés ainsi que son ordinateur portable. Quant à Thomas, il venait tout juste de sortir de la douche.
Connaissant Minho, il savait très bien que ça ne servait à rien de lui parler quand il sortait du lit, le mort-vivant qu'il était à ce moment-là ne répondait jamais. A la manière dont Newt l'ignorait, il le savait aussi. Ils firent donc comme si de rien était, jusqu'à ce que le cerveau de l'asiatique se remette en marche.
Le nouveau constata qu'ébouriffer les cheveux du blond était une habitude pour Minho. Et le fait que Newt range la bouteille de lait à sa place aussi apparemment.
ooo
Minho était occupé à préparer ses affaires pour son départ ce soir, lorsque Thomas se mit à tourner en rond dans l'appartement. Planté en plein milieu de la pièce à vivre, son regard se posa sur Newt installé sur la grande table, toujours occupé avec ses cours .
Il devait avouer qu'il aimerait bien savoir sur quoi il travaillait, alors il se décida à s'asseoir en face de lui, au risque de le déranger.
– Tu étudies quoi ?
– De la sociologie, répondit le blond sans lever les yeux.
Thomas s'avachit en posant son coude sur la table et en appuyant sa main contre sa joue pour soutenir sa tête. Sa position préférée lors de ses années de lycée. Sa main étant près de sa bouche, sa question fût quelque peu étouffée :
– Et c'est quoi exactement ?
D'abord Newt haussa les sourcils, se demandant si Thomas était sérieux. Mais vu son sourire l'encourageant à répondre ainsi que ses yeux ambrés grands ouvert à la manière d'un gamin un peu trop curieux, Thomas voulait vraiment savoir ce qu'il étudiait tous les jours à l'université. Alors il fît une pause dans ses travaux pratiques et lui expliqua ce qu'était la sociologie.
Il se surprit à perdre parfois le fil de sa phrase, déstabilisé par le regard insistant du brun qui ne le lâchait pas une seconde, hochant par intermittence la tête.
- C'est pour faire quoi après ? demanda Thomas.
- Je ne sais pas trop. Pour l'instant je fais cette licence parce qu'elle me plaît.
Thomas n'eut pas le temps de poser d'autres questions que Minho débarqua dans la pièce pour leur proposer de manger en ville. Ils marchèrent donc jusqu'à la brasserie la plus proche, située à seulement dix minutes de l'appartement. Minho et Newt bavardaient ensemble tandis que Thomas était plus occupé à observer ce qu'il l'entourait. Les quartiers aux alentours étaient pleins de charme, il espérait qu'un jour Newt lui ferait visiter la ville entière comme il se doit.
Lorsque les cloches de l'église sonnèrent douze fois, les trois hommes étaient à une table en terrasse et mangeaient goulûment leur plat. C'est ce moment que choisit Newt pour aborder le sujet de l'organisation à l'appartement ainsi que la répartition des tâches.
- Puisque tu remplaces Minho, je propose que tu t'occupes des courses et de la cuisine, dit-il en s'adressant à Thomas.
Ce dernier tourna brusquement la tête, la bouche pleine de nourriture l'empêchant de contredire cette décision. Heureusement Minho parla à sa place :
- Hors de question que Thomas touche à la cuisine. Quelque chose finit toujours par brûler que ce soit lui ou la nourriture. Je l'ai déjà vu rater un œuf au plat, il n'est vraiment pas doué je te le jure.
- Génial, souffla Newt. Bon je m'occuperai de la bouffe mais alors je ne veux recevoir aucune plainte et tu as intérêt à être efficace quand tu fais les courses.
- Oui sergent, marmonna Thomas.
Lorsque son nouveau colocataire prenait cette voix autoritaire et ferme, le brun pouvait presque entendre les roulements de tambour militaire résonner dans sa tête.
- Je peux aider pour le ménage aussi.
- Tu rentres sur un terrain dangereux, prévint Minho. C'est un maniaque du rangement.
Newt lança un regard désabusé à son ami mais ne prit même pas la peine de répliquer. Par nécessité, Thomas et Newt s'échangèrent leur numéro de portable sous les sifflements suggestifs de Minho qui félicita Thomas d'avoir su séduire le blond si vite, mais le binôme fît comme s'il n'avait rien entendu.
Ensemble ils rentrèrent à l'appartement, Thomas resta dans sa nouvelle chambre à ranger ses affaires dans un coin de l'armoire que Minho lui avait dédié durant son absence. En fin d'après-midi, Minho rassembla ses valises et enlaça ses deux amis. Il leur fit un dernier sourire avant de quitter l'appartement pour de bon. La porte d'entrée claqua puis le silence s'installa. Le regard de Thomas s'accrocha à celui de Newt pendant un instant.
A présent, ils n'étaient plus que tous les deux.
J3 – Lundi
Pour une première journée de véritable colocation, Thomas ne vit pas beaucoup Newt. Il l'avait entendu se lever le matin et quitter l'appartement vers 7h40, faut dire que l'étudiant ne faisait aucun effort pour être discret. Puis Thomas partit à son tour, afin d'arriver à son nouveau lieu de travail à 9h.
Il avait décroché un boulot dans un magasin de prêt à porter en centre ville, l'ambiance de travail lui plaisait et il se fit vite adopter par ses collègues chaleureux qui s'occupèrent de lui tel un nouveau né dans sa nouvelle maison. L'un d'eux s'enthousiasma de son arrivée, car grâce à Thomas les hommes de la boutique contraient la dominance féminine.
Le seul point négatif serait ce garçon au nez de patate. Car même si Thomas était à l'aise dans ce nouvel environnement, cela ne l'empêchait pas de faire des erreurs qui énervaient ce collègue chargé de lui montrer les tâches à effectuer. Heureusement Thomas avait été prévenu que Gally menait la vie dure aux nouveaux et on lui conseilla de fermer sa bouche et de faire ses preuves pour monter dans son estime.
Sur la route du retour à l'appartement, il passa à la boulangerie près de l'université de Newt. Il fit la rencontre de la vendeuse qui l'éblouit de son sourire flamboyant, qui en plus d'être aimable était très agréable à regarder. Ses cheveux blond était attachés en une longue tresse qui retombait près de sa clavicule, l'éclat verdâtre de ses yeux sublimait son regard et ses lèvres rosés ne demandaient qu'à être goûtées. L'autre femme qui rangeait les baguettes chaudes derrière elle ne pouvait qu'être sa mère vu la ressemblance frappante. Thomas était sous le charme et ne pouvait que lui retourner son sourire.
Enfin, il retrouva Newt qui travaillait sur son ordinateur. Ils échangèrent quelques mots à propos de leur journée respective puis Thomas alla dans sa chambre. La surprise mêlée à la gêne se lisait sur son visage lorsqu'il découvrit la pièce incroyablement bien rangée. Il se dirigea vers le bord de son lit où était plié son pyjama, censé giser au sol là où il l'avait laissé ce matin.
« C'est pas vrai ... » marmonna-t-il.
Minho avait raison. Newt était un putain de maniaque du rangement.
J4 – Mardi
Pour confirmer une dernière fois l'idée que Newt ne supportait pas le manque d'organisation, Thomas fît un test.
Dissimulant son sourire qui prouvait définitivement qu'il préparait quelque chose de louche, il se fît un petit café dans la cuisine où Newt effectuait les cents pas, discutant au téléphone. Thomas glissa un carré de sucre dans son breuvage noirâtre et rangea le sucre dans le placard des féculents. Puis il recula vers le salon et observa la réaction du blond en apportant la tasse à ses lèvres.
Une minute ne s'était même pas écoulée qu'un sourire fendit son visage. Newt saisit la boîte de sucre mal rangée de ses deux mains, coinçant son portable entre sa joue et son épaule, et la remit à sa place. Sans cesser de parler à son interlocuteur.
En réalité ce qui amusait le plus Thomas, c'était qu'il faisait ça sans réfléchir, c'était inconscient, instinctif.
Ce n'était pas la seule chose qu'il avait remarqué chez Newt. Pour une raison qu'il ignorait, le blond n'allait jamais chercher le pain à la boulangerie près de son université, pourtant ça serait beaucoup plus pratique. Alors la plupart du temps il faisait en sorte que Thomas aille chercher le pain à sa place, ou alors il allait l'acheter autre part.
On pouvait rajouter que Newt était réglé comme une horloge, à croire que chaque instant de sa vie était chronométré. Il y avait aussi ce tic affreusement perturbant qui était d'humidifier ses lèvres sans cesse. Dans ces moments, Thomas le quittait instantanément des yeux, hypnotisé par le mouvement de sa langue.
S'il l'observait autant, c'était probablement parce que son colocataire n'était pas un grand bavard, alors il se débrouillait pour apprendre à le connaître dans le silence. Lorsque Newt lui adressait la parole, le plus souvent c'était pour le critiquer, le taquiner ou l'engueuler d'avoir mal rangé quelque chose. C'était pesant par moment.
Une barrière entre eux subsistait, et c'était Newt qui la renforçait à chaque fois que le brun cherchait à obtenir son amitié. Ça embêtait Thomas, lui qui était le genre de personne sociable à attirer la sympathie de tout le monde. A croire que Newt et Gally étaient les exceptions à la règle.
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Thomas devait avouer que ce soir-là, il avait trouvé plus fort que lui. Il pouvait contracter ses beaux muscles autant qu'il le voulait, ce fichu bocal de cornichons avait décidé de rester fermé.
Lorsque Newt rentra dans la cuisine il fût surpris de voir un Thomas, grimaçant, les joues rougies par l'effort et le manque d'oxygène afin d'ouvrir désespérément un bocal neuf. Il eut un sourire moqueur puis il se rapprocha de Thomas qui venait de lâcher prise et soufflait à présent comme un bœuf.
- Un coup de main peut-être ?
Thomas regarda Newt de haut en bas et dit d'une voix clairement railleuse :
- Avec tes petits bras ? Laisse tomber, chéri.
« Chéri » perdit instantanément son sourire et lança son regard le plus noir. Sans lâcher l'autre homme de yeux, il saisit le bocal, le retourna et lui assena un bon coup au derrière. Un « ploc » retentit et Newt n'avait plus qu'à tourner doucement le couvercle.
Thomas resta bouche bée devant le bocal ouvert. Newt passa derrière-lui pour lui souffler à l'oreille :
- Sans cerveau, les muscles ne servent pas à grand chose, chéri.
Il insista bien sur le dernier mot, puis parti, fier de lui.
Thomas eut un petit sourire amusé ; Newt avait un sacré caractère.
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La cuisine de l'appartement était ouverte sur la grande table à manger et le salon, cependant un mini comptoir séparait les deux pièces. Thomas était assis sur l'un des grands tabourets et avait ses coudes appuyés sur le comptoir. Ça faisait bientôt une vingtaine de minutes qu'il regardait Newt cuisiner.
L'aisance dominait les gestes fluides de l'étudiant, il était concentré et ne faisait pas attention à son admirateur. L'avantage d'être maniaque, c'est que tu sais où se trouve tout ce dont tu as besoin.
– Tu es bizarre Thomas, dit-il lorsque le repas fût enfin prêt à être servit.
– C'est le mec qui range les épices par ordre alphabétique qui me dit ça ?
– Tu n'aimes pas faire à manger mais tu adores regarder les autres cuisiner. C'est aussi étrange ?
– Ça m'apaise. C'est comme ça.
Non, Thomas n'avait pas rêvé. Newt lui avait offert un de ses précieux sourires sincères.
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Après le diner, la soirée prit une tournure inattendue.
– Allez Tommy, refais-le ! insistait Newt, son chronomètre à la main.
– Je t'en ai déjà fait plein ! répondit Thomas avec lassitude.
Il y avait encore quelques minutes ils étaient en train de regarder un téléfilm pourri, bien installés dans le canapé, avec un bol de cerises entre eux deux. Puis Thomas avait fait l'erreur de prouver son habilité avec une certaine partie de son anatomie.
Il pensait que Newt allait s'en foutre complètement, mais ce ne fût pas le cas. A sa grande surprise, le blond lui fît les yeux ronds et lui demanda de recommencer en s'approchant toujours plus prêt de sa bouche.
– Je suis sûr que tu peux le faire en moins de 15 secondes, lui dit Newt, le regard rempli d'encouragement.
– Bon d'accord, mais c'est le dernier.
Thomas saisit un de ces fruits rouges dans le bol, arracha la queue et lança un regard à Newt qui lui répondit d'un hochement de tête. Tous les deux étaient face à face, en tailleur sur le canapé, prêts pour le numéro d'habilité de Tommy.
Lorsqu'il se sentit prêt, il mit la queue dans sa bouche et joua de sa langue. Captivé, son colocataire s'approcha, ne remarquant pas à quel point ils étaient proches en cet instant. Thomas avait beau effectuer des cercles avec sa langue, il avait du mal à faire ce qu'il voulait, et pour cause, il ne pouvait empêcher son esprit de se focaliser sur deux choses : ses genoux qui touchent ceux de Newt, et les yeux caramel braqués sur ses lèvres en mouvement.
Un dernier effort et il réussit à sortir de sa bouche un nœud de queue de cerise.
– 22 secondes, trop lent. N'empêche que tu es doué avec ta langue Tommy.
– Et tu n'as encore rien vu, balança Thomas sans trop réfléchir aux sous-entendus qu'il venait de faire.
Pendant une seconde, Newt eut l'air surpris. Puis il plissa les yeux d'un air curieux et un sourire joueur courba ses lèvres.
– Tu me montrera, parce que j'ai hâte de voir ça.
Thomas sentit son visage chauffer. Ça lui apprendra à parler sans réfléchir.
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C'est ainsi que se finit le chapitre 2 ! J'espère qu'il vous aura plu.
