Hm... Euh... Bonsoir...

Purée j'ai honte. Ça fait, quoi, six mois que j'ai rien posté? Alors que je vous avais dit que la suite arrivait bientôt. Franchement c'est la grosse loose.
... Vous me laissez m'expliquer? Merci c'est gentil ;)

Bon alors, déjà, mon appartement. Parce que, ouiii, j'ai acheté mon premier appart', et que j'ai fait pas mal de travaux dedans. Genre, j'ai rénové mon parquet. Avec la méga machine là. Et puis que je te récure le truc, et que je passe vingt ans à passer le vernis et bla bla bla... Bref. Et puis y'a aussi les trucs chiants genre fuites des toilettes, des radiateurs... Le truc normal quoi.

Puis, y'a eu le truc de la gamine qui s'est amusée à voler les histoires des gens et tout. J'avais bien avancé sur la fin de Back in time quand j'ai vu ça, et ça m'a soulée donc j'ai arrêté. D'ailleurs je vous remercie encore une fois tous et toutes pour votre soutien, ça m'a trop trop trop fait plaiz'. J'ai rougi, même que c'est vrai =)

Ensuite, j'ai rencontré quelqu'un. Et quand je rencontre quelqu'un, ben j'écris moins. Narmol.

Et enfin, mes élèves me faisaient chier. Quoi y'a aucun rapport avec Back in time? Mais si mais si... Bon, peut-être pas, mais j'avais envie de le dire XD Mais là, dans deux jours, je suis en vacances. L'avantage d'être prof (il en faut bien!). Du coup, ben j'ai touuuuuut mon temps. Je voulais vous poster le chapitre plus tôt mais hier y'avait foot, et tout à l'heure y'avait GOT (omondieuomondieuvoulavévu?jevaismourirdejoicétaitrobien!)

Breeeeeef, je suis de retour! Pour vous jouer un mauvais tour! Et voici le chapitre 15.
Ben ouais, normalement c'était l'épilogue mais il était tellement long que j'ai décidé de faire un chapitre en plus.
C'est pas ça qui va vous déranger lol

Je vous retrouve en bas les z'amis!

PS : Remerciez ma super bêta pour son efficacité. Je disparais pendant 4 mois, je reviens et hop! elle est au taquet. N'est-elle pas formidable?


Chapitre 15

Il se releva dans un soubresaut tel un diable sortant de sa boîte. Un de ses bras se tendit machinalement devant lui et un cri silencieux lui brûla la gorge.

Derek !

Il fallait qu'il le sauve. Il devait lui faire foutre le camp de cette putain de baraque avant qu'il ne soit trop tard !

Il tenta de se relever mais un élancement dans le bras gauche contrecarra son plan. De son épaule rayonnait une douleur sourde et il dut s'appuyer sur son autre bras pour rester assis. Des gouttelettes salées lui brûlaient les joues, Stiles les essuya rapidement du plat de la main et poussa un gémissement sourd lorsque un flash du visage ensanglanté de William lui raya la rétine.

William, non...

Son cœur battait fort dans sa poitrine, menaçant de s'extirper de celle-ci à tout moment pour hurler son désespoir. L'adrénaline qui avait envahi ses veines faisait pulser son sang, générant des poussées de tremblements que Stiles ne parvenait pas à maîtriser. Il tenta de contrôler sa panique et força ses neurones à s'animer. Il n'était peut-être pas trop tard. Il était blessé, mais pas mort. Il pouvait encore sauver les autres, ils avaient besoin de lui. Il devait juste arriver à se relever pour-

Sa respiration précipitée se bloqua dans sa gorge. Ses yeux s'écarquillèrent et se mirent à voguer devant lui, cherchant avec détresse à comprendre où il se trouvait malgré l'obscurité qui baignait la pièce.

Car à n'en point douter, Stiles avait quitté, sans trop savoir comment, l'enfer de la cour du manoir Hale que les cendres commençaient à recouvrir. Plusieurs preuves confirmaient cette impression. Premièrement, il faisait nuit, et aucun souffle de vent glacial ne venait s'immiscer entre sa peau et ses vêtements – les vêtements de Will, lui rappela cruellement son cerveau.

Deuxièmement : les vêtements justement. Il n'en avait pas. Cette prise de conscience le fit se crisper un peu plus contre... eh bien… contre l'allégation finale de sa théorie : ses fesses reposaient sagement contre un matelas doux et moelleux, et des draps frais recouvraient ses jambes, tout aussi nues que son postérieur.

Bien. Bien bien bien. Ne paniquons pas, il y avait forcément une explication au fait qu'il se retrouve aussi nu qu'à sa naissance dans un lit – pour le moment inconnu – alors que, quelques secondes plus tôt, les graviers ruinaient ses genoux.

S'armant de courage, Stiles fit lentement glisser ses mollets contre le lit pour les poser, avec le plus de délicatesse possible, sur le sol. Ses doigts de pieds s'engouffrèrent entre les fils d'un tapis à longs poils et il fronça les sourcils, son malaise prenant de l'ampleur. Trop de douceur. Quelque chose clochait, c'était évident.

Il laissa ses yeux s'acclimater quelques instants à la pénombre ambiante. Lorsqu'il y parvint, il se tourna gauchement sur lui-même, son crâne pulsant légèrement, et se concentra pour identifier le lieu.

La chambre était immense et le lit tout autant. Stiles laissa courir son regard. La pièce était bien rangée, à part quelques vêtements qui traînaient ici et là, par terre entre la porte et le lit. Stiles avança d'un pas aussi rapide qu'il le put, tentant de rester le plus silencieux possible, vers les habits semés sur le tapis. Il saisit ce qui lui parut être un de ses caleçons – merci mon dieu – et un tee-shirt... Eh bien… qui devait sûrement appartenir à quelqu'un. Il les enfila avec difficulté, gêné par la douleur qui flirtait toujours avec son épaule, et se rassit au bord du lit, face à la porte.

Que faire ? Il n'était clairement pas en territoire connu et ne voulait pas risquer de tomber sur un ennemi en sortant de la pièce, surtout accoutré comme il l'était. Cependant... Malgré la surprise du changement radical de décor, son cœur lourd de douleur et de colère lui hurlait à chaque seconde qu'il devait retrouver coûte que coûte les membres de la famille Hale. Même si son cerveau lui soufflait amèrement qu'il était maintenant bien trop tard pour changer quoi que ce fut à leur terrible destin...

Stiles souffla un bon coup et se leva, s'avançant à pas de loup vers la porte entrouverte qui laissait passer un filet de lumière. Il saisit la poignée, tira la porte qui s'ouvrit sans bruit et avança prudemment la tête à travers l'ouverture. Rien. Ni d'un côté, ni de l'autre. Bon. Un pas de plus fit craquer le parquet du couloir et Stiles se crispa, la tête rentrée dans les épaules. Une minute entière s'écoula. Personne ne vint. Il tendit l'oreille, essayant de percevoir le plus infime des sons qui lui permettrait de percer le mystère de l'endroit. En se concentrant, il capta un léger bruissement, tel le son de la pluie battant contre une vitre. Rien de bien concluant.

Quelques autres pas, toujours hésitants, le menèrent jusqu'à un large escalier et ses yeux s'ouvrirent en grand lorsqu'il lui sembla reconnaître l'agencement des murs. Les papiers peints avaient changé, les meubles ne se trouvaient plus aux mêmes endroits, mais... Mais c'était bien le parquet du manoir Hale qui craquait sous ses pieds nus.

Son corps se mit en mouvement sans que sa tête ne l'ait ordonné. Il descendit les marches, guidé par il ne savait quel instinct, et se retrouva bien vite à fixer le plan de travail de la cuisine qui avait été entièrement rénovée. Plan de travail où était assis un homme, seulement vêtu d'un bas de jogging gris, les jambes battant l'air en dessous de lui. La tête penchée vers un bol de céréales, il marmonnait. Stiles ne sut pas trop si celui-ci était en train de chantonner ou bien s'il parlait à ses Kellogg's – bien qu'il penchât pour la seconde solution.

Autant vous dire qu'il regretta presque d'être descendu.

Le point positif était que l'homme qui chuchotait à l'oreille des corn flakes était tellement absorbé par sa discussion – sûrement passionnante – qu'il n'avait pas encore remarqué la présence de Stiles.

Ce dernier n'osait plus bouger, ne sachant pas vraiment s'il était préférable de continuer à s'avancer vers l'homme brun pour lui demander une explication, ou bien de rebrousser chemin pour fuir cette situation plus que bizarre. Et pourtant, il s'y connaissait en situations étranges. Cependant, il n'eut pas le loisir de réfléchir davantage que le brun releva brusquement la tête pour venir fixer ses iris verts au regard surpris et apeuré de Stiles.

« Hey, Sunshine ! Tu dors pas ? » Il ne laissa pas le temps à Stiles de répondre – de toute façon celui-ci n'aurait pas pu, le choc ayant court-circuité ses neurones déjà engourdis par l'angoisse – et reprit en secouant la tête, comme blasé de ses propres mots : « Ouais, c'est une question stupide, je vois bien que tu dors pas. Quoique, tu nous as fait quelques fois le coup du somnambulisme, et on a bien flippé. Je t'ai réveillé ? Me dis pas que je t'ai réveillé, je te croirais pas. J'veux dire, je mâche bruyamment certes – Grincheux me l'a déjà assez reproché – mais faut pas exagérer. Bon je sais, j'ai toujours dit que t'exagérais constamment. Franchement, faudrait que tu te calmes des fois, c'est épuisant... »

Un silence choqué accueillit cette diarrhée verbale. Le brun fronça les sourcils et posa son bol où flottaient encore quelques pétales de maïs et fit travailler ses bras pour rejoindre le carrelage de la cuisine.

« Stiles ? Ça va ? T'as pas l'air bien, vieux... »

Il s'avança d'un pas et Stiles, toujours hébété, s'en permit un en arrière. Ses yeux noisette, grands ouverts, fixaient l'intrus sans vraiment assimiler l'information qui pourtant lui agressait la rétine. Mais ça paraissait tellement improbable...

« Sérieux Stiles, faut que tu dises quelque chose. Si je t'ai cassé, Derek va grave m'en vouloir. »

Au nom du loup-garou, le cerveau de Stiles se remit en marche.

« W-William ? »

« O-oui ? » Se moqua le brun, un large sourire illuminant ses traits.

Pour la seconde fois en ce qui lui semblait être une heure, un voile noir envahit la vision de Stiles et il s'écroula.


Ce furent des chuchotements frénétiques qui le réveillèrent. Son corps reposait toujours sur le carrelage glacé et, en plus de son épaule, son crâne le lançait atrocement. Les yeux étroitement clos, Stiles pouvait cependant deviner que William – William ! C'était quoi ce bordel ? – et lui n'étaient plus seuls. Une autre personne les avait rejoints et avait les mains posées sur ses joues.

« Mais je te jure que j'ai rien fait ! » S'exclama William dans un crépitement de langue agacé. « Il est arrivé comme un voleur, m'a louché dessus et est tombé dans les vapes ! Il avait un air bizarre, certes, mais je me suis juste dit que... ben… que c'était Stiles quoi. J'veux dire, tu le connais, c'est ton meilleur pote, il est toujours bizarre. »

« Will... » Un soupir las vint ponctuer le prénom du brun. « Des fois je me demande pourquoi... »

« Pourquoi quoi ? »

« Pourquoi Stiles traîne avec toi. Ça doit être pour faire plaisir à Derek, je vois pas d'autres solutions. »

« Eh ! Tu disais pas ça y'a quelques nuits... »

« Erreur de parcours. Maintenant ferme-la et aide-moi à le mettre sur le canapé. »

« Ok, ok, pas obligé d'être vexant... »

Les mains de Scott – oui, parce que, fallait pas déconner, Stiles savait encore reconnaître la voix de son meilleur ami, merci bien – glissèrent de son visage pour aller soulever sa nuque tandis que celles de William crochetaient ses aisselles. Doucement, ils le portèrent jusqu'à un divan à quelques mètres de là. Le loup Hale vint effleurer d'un doigt l'arcade sourcilière gauche de Stiles qui frémit. William poussa un petit gémissement plaintif.

« Ohhh, Derek va me tuer... »

« Oui, aucun doute là-dessus. Va chercher une compresse. »

« Va chercher toi-même ! »

« William... » soupira à nouveau Scott.

« Oui ? »

« S'il-te-plaît ? »

« Mais avec plaisir Scotty. »

« Arrête ça. »

« Quoi ? »

« De m'appeler comme ça. »

« Roooh, toujours à te plaindre ! Tu pourrais pas être un peu plus sympa, des fois ? »

« Il me semble que je t'ai largement assez montré ma sympathie. »

« Oh... » Il laissa traîner sa réplique avant de demander avec hésitation : « Donc, on va en parler finalement ? »

« Non. »

« Est-ce-que... Je suis mort ? » Croassa difficilement Stiles en papillonnant des yeux. Autant pour avoir une réelle réponse que pour interrompre les deux énergumènes qui s'engueulaient au-dessus de lui.

Cela eut le mérite de fonctionner. Scott et William se turent dans un bel ensemble et portèrent leur attention sur celui-qui-s'évanouissait-plus-vite-que-son-ombre. William ouvrit la bouche, sûrement pour lui poser un tas de questions, mais la referma lorsque Scott lui lança un regard furieux. Ce dernier adressa ensuite à Stiles un sourire doux de cette mâchoire toute tordue qui lui avait tant manqué.

« Non, Stiles, tu n'es pas mort... » Il secoua la tête et haussa un sourcil, ses iris chocolat se faisant malicieux. « Et donc, ça t'amuse de faire de la drague au carrelage, ou bien c'est juste pour éviter une conversation avec cet abruti de Hale ? » Ajouta-t-il en ignorant le « hey ! » indigné de William.

Stiles ne sut pas trop quoi répondre, son cerveau essayant tant bien que mal de remettre dans l'ordre les éléments dont il disposait, tel un puzzle de mille pièces sans image.

D'abord, William. William qui était bien vivant et tentait d'accrocher son regard au sien depuis que Stiles avait soulevé ses paupières. William qui l'avait appelé par son prénom plusieurs fois depuis son réveil. Son vrai prénom. William qui ne semblait porter aucune séquelle de l'attaque dont il avait été la victime quelques... heures ? Jours ? ...plus tôt. L'image de son visage éclaboussé de sang se superposa à la présente réalité et lui donna le tournis. Stiles préféra se focaliser sur Scott.

Ce qui, finalement, n'arrangeait pas grand-chose à son mal de tête. Parce que, bordel, Scott n'était pas censé être là. Il n'était pas censé connaître William. On était dans le passé, non ? Comment pouvait-il... à moins que... Son regard se perdit dans le vide une paire de secondes avant de revenir se fixer sur le loup-garou. Et plus particulièrement sur ses tempes. Ses tempes grisonnantes.

« Bordel de cul. » murmura-t-il.

Ses yeux se posèrent au fil des secondes sur les petits détails que son cerveau n'avait pas encore intégrés. Sa barbe de trois jours – qu'il n'avait définitivement pas voilà une heure – qui tirait ça et là vers le gris, les quelques ridules qui apparaissaient autour de ses yeux, sa carrure plus imposante... Ce William n'était absolument pas le William d'une vingtaine d'années que Stiles avait rencontré en septembre 2006.

« Voyons Stiles, langage ! » Finit par s'exclamer le trentenaire, cherchant à dissimuler le malaise qu'il ressentait visiblement à être ainsi fixé.

« Appelle-moi Stanley. »

William, qui avait commencé à ricaner bêtement, s'étouffa avec sa salive. Il lui fallut au moins une minute pour s'en remettre sous le regard ahuri de Scott qui ne comprenait apparemment rien à la situation.

« Bordel de cul ! » Finit-il lui aussi par lâcher après s'être remis de ses émotions, fixant intensément le-dit Stanley comme si c'était la première fois qu'il le voyait.

« Langage. » S'autorisa Stiles dans un sourire, nettement plus confiant que précédemment.

Un silence tomba sur la pièce. Silence durant lequel le regard de Scott faisait des allers-retours entre son meilleur ami et William, tandis que ce dernier ne semblait pas pouvoir détourner ses yeux de Stiles. Dans le genre gênant, on pouvait pas mieux faire. Finalement, au bout d'un temps certain, William fit frémir ses fossettes et gémir les rotules de ses genoux en se relevant brusquement. Après un dernier regard appuyé vers le voyageur temporel, il secoua la tête pour adresser un signe du menton à Scott qui était toujours aussi perdu.

« Va chercher des compresses. » ordonna-t-il doucement mais fermement.

« Euh... » Scott se releva à son tour et croisa les bras sur son torse dans un signe manifeste de rébellion. « Déjà, tu me donnes pas d'ordre, et ensuite, il me semble que c'était à toi que revenait ce rôle, commence pas à me la faire à l'envers. »

Stiles se permit un léger sourire. Il lui avait vraiment manqué, son Scotty.

« Scott, j'ai pas le temps de parloter, Stiles et moi on doit discuter. » Son ton était doux, voire infantilisant... – ce qui n'aurait pas du tout plu à Stiles, si on lui demandait son avis... Ce qui n'arrivait pas souvent, certes – mais Stiles eut l'impression qu'il allait rapidement perdre patience. Sûrement trop pressé de savoir le pourquoi du comment. Ouais, on va dire ça.

« Va chercher des compresses, s'il-te-plaît. » demanda de nouveau Will, cette fois-ci avec plus de tact. « Et prends du désinfectant aussi. »

« Il est hors de qu- »

«Immédiatement ! »

Stiles sursauta. Un grondement sourd fit vibrer le mot lorsqu'il franchit les lèvres de William et l'air autour d'eux crépita.

A nouveau, un silence envahit la pièce, accueillant à bras ouverts l'accès de colère du loup. William et Scott se mirent à se fixer en chiens de faïence, et Stiles eut l'envie soudaine d'aller se cacher dans un coin pour n'en sortir que lorsque l'orage serait passé. Toujours allongé sur le divan, il osait à peine respirer de peur de s'attirer les foudres de l'un des deux loups garous. Parce que, oui, Scott était bien un loup-garou, même à cette époque... dans cette réalité... enfin bref, là tout de suite maintenant, Scott appartenait bien à l'espèce lupine. La façon qu'il avait de se tenir et le grognement sortant de sa gorge ne laissaient aucun doute sur la question...

Une minute très longue s'étira avant que Scott ne soupire de frustration et de rage contenue, baissant les yeux et la nuque dans un même mouvement pour offrir son cou à l'autre loup, sous le regard plus qu'étonné de Stiles. Puis, le métis recula de quelques pas pour finalement se détourner et sortir de la pièce, les épaules crispées et la démarche rageuse.

Il fallut quelques secondes à Stiles pour se remettre de cette scène surréaliste. Scott, son Scotty, se soumettant à un ordre lancé par un autre loup... Il ne pensait pas pouvoir voir ça un jour ! Dire que Derek n'avait jamais pu ne serait-ce qu'obtenir un acquiescement de sa part...

Un raclement de gorge le sortit de ses pensées et son regard quitta la porte pour aller se fixer sur Will qui s'avachit sans grâce aucune sur le canapé. Les jambes de Stiles ne furent sauvées de l'écrasement que par un réflexe d'évitement dont il ne se pensait pas capable quelques instants seulement après s'être assommé sur le carrelage. Il faillit râler contre Will mais n'en n'eut pas l'occasion, car sa bouche alla s'écraser violemment contre le torse du brun lorsque celui-ci lui saisit les épaules pour l'emporter dans le câlin forcé le plus broyeur d'os de tous les temps… Au moins.

« Stanley ! » Lança Will tout contre son oreille, un immense sourire dans la voix contrastant violemment avec son attitude précédente. « Ce que je suis content de te revoir ! » Son étreinte ne fit encore un peu plus serrée et Stiles jura entendre son épaule se déboîter dans un gémissement plaintif. « Pas que je ne t'aie pas vu depuis longtemps... Réellement, ça fait quoi ? Huit heures qu'on s'est pas parlé, à tout casser Mais je veux dire, c'était pas toi, toi. Tu vois ? »

Non, justement Stiles ne voyait plus très clair. Le manque d'air et tout... Il couina pitoyablement et tenta un vague tapotement dans le vide devant lui pour signaler son décès imminent. William dut se rendre compte que les battements du cœur de Stiles ne se faisaient plus tout à fait réguliers – à moins qu'il n'ait sentit l'odeur douceâtre de la mort commencer à s'excaver de son pauvre corps prisonnier, qui sait? – car il eut la bonne idée de lâcher la masse douloureuse qu'était devenu Stiles. Celui-ci en profita pour inspirer avec délice quelques bouffées d'air en tentant de suivre le monologue de William qui ne semblait pas pouvoir s'arrêter de parler.

« Mais du coup t'es genre…toi de maintenant et toi d'avant en même temps ? Ça se passe comment ? » Il se semblait pas réellement attendre de réponse – heureusement, la trachée de Stiles ne s'étant pas encore remise de sa compression forcée – car il reprit avec passion : « Nan, t'as l'air tellement à l'ouest que tu dois juste être toi d'avant. Rolala j'ai tellement de trucs à te dire ! Tu vas enfin pouvoir me raconter le futur puisque c'est plus franchement le futur... » Il prit un air pensif. « Il va falloir qu'on se fasse une pyjama party d'au moins huit jours pour rattraper tout ça ! Je vais chercher de la glace ! »

Il se leva aussi brusquement qu'il s'était assis et se détourna de l'air ahuri de Stiles pour aller dans la cuisine. L'humain le suivit du regard, tentant de remettre ses idées – et ses vertèbres – en place. Chose qu'il avait presque réussi à faire lorsque le loup-garou surexcité revint, un pot recouvert de petit cristaux de gel et deux cuillers dans les mains. Sans lui laisser le temps de protester, William lui fourra un des deux couverts dans les mains, plongea le second dans le pot et engouffra une pleine cuillerée de glace entre ses lèvres avant de fixer avec impatience Stiles qui n'en menait pas large. Ce dernier osa un regard incertain vers la sucrerie avant de poser sa cuiller sur la table basse et de soupirer.

« Quoi ? » S'exclama William, un air paniqué voguant dans ses prunelles. Ce qui se comprenait : fallait vraiment que Stiles soit mal en point pour refuser de la glace, surtout sa préférée – beurre de cacahuète et chocolat, au cas où ça intéresserait quelqu'un... Comment ça, ça n'intéresse personne ?

« William... » commença Stiles, la gorge toujours un peu enrouée. « Faut qu'on parle. »

« Quoi, tu veux me quitter ? » Une main sur le cœur, Will affichait un air affolé qui fit soupirer – encore – Stiles.

« Arrête tes conneries... » lâcha-t-il en levant les yeux au ciel, ne sachant pas franchement s'il devait rire ou s'énerver. Attendez... « C'est bien des conneries hein ? » Reprit-il, les yeux s'écarquillant lorsque son cerveau commença à imaginer le truc. Non parce que, finalement, c'était pas spécialement impossible, on était dans une réalité beaucoup trop alternative pour que Stiles ne puisse envisager n'importe quel scénario... Si ça se trouve, je suis enceinte ! … Bon, okay, ce scénario-là était vraiment peu plausible. Quoique...

« Commence pas à paniquer Sunshine, je me risquerais pas à te câliner plus qu'amicalement, je tiens à ma vie. » Stiles dut avoir l'air un peu trop soulagé car William fronça les sourcils. « Eh oh, fais pas cette tête-là, tu vas me vexer ! »

« Désolé... » sourit-il. « C'est juste que... je suis carrément perdu depuis que je me suis réveillé à l'étage, et tu m'aides pas trop actuellement. »

Will eut le bon sens de paraître légèrement gêné et déposa avec dépit le pot de crème glacé sur la table.

« Désolé. Vraiment. Je suis juste tellement heureux de te retrouver. De retrouver mon pote Stanley, j'veux dire. »

« J'ai des questions. » Le coupa Stiles.

« Ouais je me doute. » acquiesça le brun.

« Genre, plein de questions. »

« Je t'écoute. »

« Déjà : t'es pas mort. » Ça n'était pas vraiment une question. Mais Stiles ne se voyait pas demander pourquoi William n'était pas mort. Ça semblait un peu trop macabre.

« Euh... Non... » William sourit ironiquement avant de prendre un air catastrophé en captant l'air hanté qui tanguait toujours dans le regard de Stiles. « Oh bordel je suis tellement désolé ! » Il fit mine de se rapprocher de Stiles pour le prendre à nouveau dans ses bras mais Stiles se recula précipitamment. Hors de question de risquer l'asphyxie une seconde fois !

Merci, mais non merci.

« Ouais voilà. On va dire que la dernière fois que je t'ai vu, t'étais recouvert de sang, donc tu comprendras que... »

« Oui oui, je comprends ! » Il sembla s'insulter quelques secondes en pensée, les yeux au ciel, avant de reposer son regard devenu sérieux sur Stiles. « Ça fait tellement longtemps... Je vais quand même essayer d'être le plus précis possible. C'était... On allait fêter l'anniversaire de Cora, c'est ça ? » Un acquiescement l'encouragea. « Et Peter faisait des crêpes. Je m'en souviens bien parce qu'il s'en est tellement voulu... » William dut capter le regard interrogatif de Stiles mais l'ignora. « Et puis Kate est arrivée. »

« Et tu es mort. » Continua Stiles. C'était très étrange de prononcer ces mots, même pour un mec aussi bizarre que lui.

« Presque. »

« Comment ça, « presque » ? »

« Cette abrutie ne savait pas viser. Elle a sonné à la porte, j'ai ouvert, elle était à quoi, deux mètres de moi ?... Et pourtant, la balle ne s'est pas du tout logée là où elle l'avait prévu. »

« Mais ton visage ! » Le souvenir du rouge poisseux tachant la peau du loup lui souleva le cœur et il ferma les yeux un instant. « Il était couvert de sang » continua-t-il plus doucement. « Et tu semblais ne plus respirer... »

Lorsque Stiles rouvrit les yeux, il tomba sur des prunelles vertes dont l'inquiétude était visible. Le comble ! On parlait de la presque-mort de William et c'était Stiles qu'il fallait réconforter !

« C'est vrai, » acquiesça-t-il d'une voix douce et lointaine, « Et j'en ai gardé une belle trace de sa foutue balle. »

Il tourna légèrement la tête et Stiles n'aperçut qu'à cet instant la cicatrice striée de blanc sur la tempe de Will. De la taille d'une pièce de cinquante cents, elle se tenait fièrement à deux centimètres du haut de l'oreille. Stiles se leva, tentant de ne pas s'affaler à terre lorsque la tête lui tourna, et contourna le loup-garou pour aller vérifier sa théorie. Arrivé derrière Will, il saisit délicatement le crâne de celui-ci pour lui faire pencher la tête et retint son souffle lorsque ses yeux glissèrent sur la seconde trace de balle, à l'exact opposé de sa jumelle.

« Calme toi, Sunshine, je suis pas mort. » souffla Will, sûrement en entendant les battements précipités du cœur de Stiles. « C'est pas une petite balle de rien du tout qui va abattre William Hale, après tout... » finit-il un sourire dans la voix.

Stiles sourit légèrement en retour, continuant à fixer, presque fasciné, la balafre qui tachait le crâne de son ami. Ses doigts s'approchèrent d'eux même et il sentit Will frissonner à leur contact.

« Mais alors... Personne n'est mort ce jour-là ? » Demanda Stiles avec réserve. Il eut la réponse à sa question avant même que Will n'ouvre la bouche. La crispation de ses épaules parlait pour lui.

« Si... » William soupira douloureusement et Stiles s'en voulut d'avoir demandé. Après tout, cela faisait des années et il obligeait Will à rouvrir la plaie. « Ma tante. Elle s'est retrouvée en première ligne de mire lorsque les Argent sont arrivés, et la balle qu'elle a reçue…a malheureusement rempli son office. Elle n'est pas morte sur le coup, mais le temps qu'on puisse lui fournir des soins... »

La fin de la phrase mourut dans sa gorge et, dans un réflexe, Stiles entoura les épaules du loup de ses bras. Malgré sa peine immense, William tint à continuer son récit.

« Après sa mort, la succession de son pouvoir d'Alpha s'est mise en marche. Peter aurait dû devenir notre nouvel Alpha, mais il a refusé ce titre. Il disait qu'il n'en était pas digne. Et du coup... Tu te trouves en compagnie du chef de meute... »

Stiles haussa un sourcil et réprima un rire.

« Toi ? Alpha ? » Il secoua la tête, désabusé. « La meute court à sa perte. »

Un éclat de rire perça le mur de tristesse du côté de Will et il appuya sa tête contre l'épaule de Stiles pour le fixer d'un air faussement sévère, une étincelle rouge valsant dans ses yeux.

« Ça va, j'vous dérange pas ? »

Tous deux sursautèrent et William poussa même un petit cri avant de se relever vivement pour accueillir le nouveau venu.

« Hey ! Comment tu vas ? Tu ne dors pas ? C'est pas bien, faut dormir, tu vas être fatigué demain, après le long voyage que tu viens de faire. Pas sérieux tout ça. En plus c'est la pleine lune, tu vas t'énerver pour rien, et tout. Oh ce que tu as vu, là ? C'est pas du tout ce que tu crois. Ouais, je sais, cette phrase est pourrie, mais je t'assure qu'elle est vraie. Stiles arrivait pas à dormir, du coup- »

« Du coup tu t'es dit que t'allais l'aider en te faisant tripoter. »

« Voilà. Enfin non, pas du tout ! Il était juste- »

« Ferme-la. »

« Oui, c'est mieux. »

Stiles aurait pu se mettre à rire de l'embarras de son ami. Il aurait pu se dire que, pour un présumé Alpha, il n'en menait pas large. Il aurait pu se mettre à penser tout un tas de choses... Si son cerveau ne s'était pas brusquement éteint.

Tout ce qu'il pouvait présentement faire était de fixer le nouveau venu qui ne semblait pas outre mesure dérangé que son tee-shirt à moitié trempé par ses cheveux dégoulinant d'eau lui colle atrocement au torse. Sans parler de cet indécent pantalon de jogging qui tombait lâchement sur ses hanches.

« Derek. »

Le loup-garou arrêta de fustiger son cousin du regard pour venir planter des iris vaguement énervés dans ceux de Stiles. Un flash aveugla soudainement l'humain et le salon des Hale disparut, au profit d'un des nombreux couloirs du lycée de Beacon Hill.

C'était la rentrée. Les élèves, nouvellement lycéens, se pressaient pour sortir, déjà impatients de regagner leur liberté tout juste envolée. Un cri de protestation s'éleva et quelques jeunes gens se retournèrent, surpris, vers la paire de garçons en train de se battre. Bon, « se battre » était peut-être un terme un peu fort. Disons que la tête de Scott était enfouie dans le creux du bras de Stiles et que ce dernier lui frottait le crâne à l'aide de sa main libre.

« Dis-le. »

« Non ! »

« Dis-le ! »

« Jamais ! »

Scott geint encore une fois et Stiles explosa de rire alors que le brun tentait de s'extraire, en vain.

« Dégage Stiles ! »

« Tu l'as cherché ! T'avais qu'à pas te foutre de ma gueule ! »

Scott força sur ses bras et finit pas réussir à repousser son meilleur ami.

« En même temps, j'ai raison, t'as un air stupide lorsque tu regardes Lydia. » Il se mit à loucher et ouvrit grand la bouche, l'imitant avec brio.

« Espèce de... »

Stiles se rua sur Scott mais malheureusement – ou heureusement – ne l'atteignit jamais car le brun fit un pas sur le côté. Ce qui l'amena tout naturellement à foncer droit sur la personne qui se trouvait derrière lui. Après tout, c'était Stiles.

Il ferma les yeux, se préparant à l'impact, s'attendant à s'écraser au sol en emportant le pauvre malheureux avec lui, mais il eut plutôt l'impression de se briser les os contre un mur. On ne pouvait même pas dire que Stiles l'avait bousculé, puisque l'homme, de dos, n'avait même pas bougé. Tâchant de désincruster sa joue du dos du grand brun, Stiles se releva tant bien que mal. Ce n'est qu'à ce moment que le mur personnifié se retourna.

Stiles en avait vu, des yeux. Du brun chocolat au bleu perçant, il avait eu le loisir de contempler un maximum de prunelles, toutes plus semblables les unes que les autres. Mais à cet instant, il lui parut que les iris dans lesquels il venait de plonger les siens étaient uniques, un mélange de gris, de bleu, et d'un peu de vert... Le tout saupoudré d'une profonde surprise.

Les yeux écarquillés, le grand brun fixait Stiles comme s'il voyait un fantôme, ou quelque chose dans le genre. Trouvant le moment plus que bizarre, Stiles toussota pour casser l'ambiance pesante et tendit la main.

« Désolé de t'avoir percuté. Je suis Stiles. »

Il cligna des yeux et retomba dans la réalité. Et sursauta en se rendant compte que Derek s'était fortement rapproché, assez pour que Stiles puisse sentir son parfum.

« Stiles, tu vas bien ? »

Derek fronça les sourcils tandis que Stiles cherchait des réponses à ses questions, les yeux fixés sur ceux qu'il venait de voir dans son souvenir. Parce que oui, Stiles avait bien compris, son cerveau s'acharnait à combler les parties manquantes de sa vie en piochant dans sa mémoire. Ok, ça il pigeait. Ce qu'il saisissait moins, par contre, c'était pourquoi son esprit tentait d'éclaircir les choses concernant Derek, mais pas William. Ou Scott. Bordel, ils étaient largement plus importants que Derek !

Il tenta de se remémorer un peu plus la scène qu'il venait de revivre. Derek était au lycée parce que... Parce qu'il venait chercher Cora. Oui, voilà, elle s'était attiré des emmerdes dès le jour de la rentrée et il était venu à la place de Peter... Toujours est-il qu'il ne voyait pas pourquoi ce souvenir-là était plus important qu'un autre.

« Qu'est-ce-que tu lui as dit ? »

Stiles sursauta à nouveau. Derek avait détourné le regard et louchait maintenant méchamment – de son regard où perlait une dangereuse lueur bleue – sur William qui les regardait niaisement.

« Moi ? Rien ! Rien du tout ! » Les mains écartées devant lui et un grand sourire stupide aux lèvres, il avait tout du parfait coupable.

« Pourquoi il a cet air ahuri ? »

« Hey ! » S'exclama Stiles, outré. C'était pas parce que c'était vrai qu'il fallait le dire !

L'attention de Derek revint sur lui et Stiles se maudit d'avoir ouvert sa grande bouche. Si c'était vraiment la pleine lune, il valait mieux faire profil bas.

« Il l'a encore fait, c'est ça ? » Lui demanda Derek après l'avoir fixé quelques secondes dans un silence gênant.

« Hein ? » Répondit Stiles fort à propos.

« Il t'a encore dragué. » S'énerva le loup, sans laisser à son interlocuteur l'occasion de répondre – de toute manière, il n'aurait récolté qu'un nouveau « hein ? ». Il se tourna vers son cousin. « Je vais vraiment finir par t'égorger, tu le sais ça ? »

« J'suis ton alpha, je te rappelle. » Objecta crânement William, toujours un sourire aux lèvres, semblant se réjouir d'énerver Derek maintenant qu'il se trouvait à plus de deux mètres de lui.

« Alpha mon cul. Tu l'es seulement quand ça t'arrange. »

« C'est pas faux. » Lui accorda calmement William. « Cependant, en tant que bêta, il est de ton devoir d'être partageur, ne l'oublie pas. »

Euh... Comment dire...

Les yeux de Derek virèrent totalement au bleu glace alors qu'il serrait les poings.

« Je vais te- »

« Wow on se calme ! »

Stiles se plaça stupidement entre les deux loups garous. Comme si son intervention allait faire sortir quelque chose de positif de la situation. Mais à part se faire déchiqueter, là tout de suite, il voyait pas trop.

Néanmoins, son coup d'éclat eut le mérite de stopper net Derek qui le fixa d'un air colérique.

« Donc en plus, tu le défends ? »

« Alors, non, c'est pas ce que j'ai d- »

« Je me suis absenté pendant une semaine. Une semaine sans te voir. » Derek avança d'un pas vers Stiles qui recula en avalant difficilement sa salive. Il ne comprenait pas ce qui se passait, mais était certain qu'il était dans la merde. « Lorsque je reviens – tard cette nuit, je te l'accorde – je te trouve endormi alors que tu m'avais promis de rester éveillé. »

Un nouveau pas vers lui. Sans qu'il ne sache trop comment, Stiles se retrouva rapidement le dos contre un mur. A croire que c'était la conclusion normale de toute discussion entre lui et Derek.

« Je pars prendre une douche. Lorsque je reviens tu n'es plus là... » Derek se colla pratiquement à Stiles tout en continuant sa tirade d'une voix rauque. « ...et je te retrouve en train de câliner mon putain de cousin ! » Une de ses grandes mains vint se saisir du bas de son visage pour le forcer à lui faire face. « Et en plus, tu as l'audace de prendre sa défense ? »

« Euh... »

Derek n'attendait pas de réponse. Enfin, c'est ce que comprit Stiles lorsque ses lèvres s'écrasèrent violemment sur les siennes.

Ils étaient tous assis devant la télé. Enfin, « assis » était un bien grand mot. Disons plutôt que Laura était allongée de tout son long sur le tapis angora, Scott et Derek affalés sur chacun des accoudoirs, William et Stiles confortablement enfoncés entre les coussins moelleux du canapé.

Ils étaient censés regarder un film en cette froide soirée de décembre, mais aucun d'entre eux n'aurait pu dire qui était le personnage à l'écran et pourquoi il étranglait une grande blonde. En effet, Laura était bien trop occupée à envoyer des textos, Scott - à droite du canapé - dormait à moitié sur l'épaule de William – lui qui criait à tous ceux qui voulaient bien l'entendre qu'il détestait l'Alpha... Ce dernier discutait joyeusement avec Stiles, lui racontant avec passion comment il avait rétamé son nouveau bêta durant l'entraînement quelques heures plutôt – Scott avait raison de dormir, l'atmosphère était bien trop paisible pour qu'une dispute n'éclate.

Seul Derek semblait concentré sur les images qui défilaient à l'écran. Pourtant des grognements et autres soupirs excédés s'échappaient fréquemment de sa gorge, comme pour répondre aux répliques de son Alpha qu'il aurait qualifiées de stupides .. si bien sûr, celui-ci n'avait pas été, justement, son Alpha.

« Je t'ai montré ma cicatrice Stiles ? »

Ce soudain changement de sujet surprit le jeune homme qui haussa les sourcils.

« Euh oui... »

« Tu l'as montrée à tout le monde ta foutue cicatrice... » grogna Derek dans sa barbe, les yeux toujours fixés sur la télé.

Stiles pouffa et William fit semblant de s'insurger de la remarque de son cousin, tentant mollement de lui assener un coup de poing à l'épaule que la « victime » esquiva aisément.

« Alors, oui, peut-être. Tout le monde a vu ma cicatrice... » Commença-t-il lentement, ses yeux s'emplissant petit à petit d'une lueur malicieuse. « Mais tout le monde ne l'a pas touchée. »

Une brusque inspiration s'échappa du loup, à gauche de Stiles tandis que celui-ci, déconcerté, avait le regard plongé dans le vert des prunelles de William.

Cela faisait à peine quelques mois que Stiles connaissait la meute Hale – depuis le fâcheux événement où les crocs de William s'était fichés dans l'épaule de son meilleur ami. A peine quelques mois, donc, mais dès le début de leurs relations, Stiles avait trouvé qu'ils avaient un comportement étrange vis à vis de lui. Toujours en train de faire des sous-entendus qu'ils étaient seuls à comprendre. Enfin, William faisait les sous-entendus, Derek semblait plus les subir qu'autre chose. Et depuis trois ou quatre semaines, William s'était mis en tête l'idée stupide de le draguer. Ce n'était pas vraiment de la drague vu que l'alpha était le plus souvent mort de rire dès qu'il tentait une approche avec toute la lourdeur qui le caractérisait. Non, ce n'était pas du charme, mais plutôt une vaste blague qui ne plaisait apparemment pas franchement à Derek, ce qui réjouissait grandement William. Et mettait Stiles plus que mal à l'aise.

« Alors ? » s'enquit Will en se rapprochant de Stiles qui eut en retour un mouvement de recul.

« Alors quoi ? »

« Tu veux toucher ? »

« Euh... »

Stiles n'eut cependant pas à répondre car une main surgit de derrière lui, repoussa William qui était bien trop près et se saisit de la nuque de Stiles pour lui faire tourner la tête. Il eut à peine le temps de plonger son regard dans le bleu des yeux de Derek avant que ses paupières ne se ferment d'elles-mêmes lorsque ses lèvres furent impérieusement posées sur celles du loup. Malgré la violence du geste, le baiser fut court et délicat, comme si Derek n'était pas vraiment sûr de ce qu'il était en train de faire. Un soupir lui échappa lorsque le contact fut rompu et il répondit timidement au sourire incertain que Derek laissait filtrer. Dans une bulle qui n'appartenait qu'à eux, ils oublièrent d'envoyer se faire voir l'entremetteur qui ricanait à côté.

Lorsque Stiles reprit pied dans la réalité, Derek avait cessé de l'embrasser, sûrement parce qu'il avait senti que Stiles n'était pas vraiment là. Ce qui avait eu au moins le mérite de calmer sa fureur sélène car il avait reculé d'un pas et le regardait à présent avec douceur et un peu d'inquiétude.

« Qu'est-ce qu'il y a ? »

« A part le fait que tu viens de me violer la bouche ? »

« Stiles... » Soupir d'épuisement, d'amusement et d'excuses. Oui, Derek savait manier le soupir.

« On est... ensemble... ? » Osa demander Stiles dans un plissement d'yeux hésitant.

« ...Tu me poses vraiment la question ? »

Le regard de Derek se fit à nouveau blessé et dangereux, et William eut la bonne idée – une fois n'est pas coutume – d'intervenir.

« C'est Stanley. »

Cette phrase sortie de nulle part paralysa la colère qui menaçait d'éclater de nouveau. Y avait pas à dire, Derek ferait mieux de rester couché les nuits de pleine lune.

« Stanley ? » Derek semblait perdu, fixant Stiles puis William sans comprendre.

« Ouais. Tu sais. Stanley. McFly »

Il vissa ses yeux au visage de Stiles, cherchant visiblement à comprendre en quoi ces deux noms pouvaient éclaircir quoi que ce soit à la situation. Puis, la lumière fut.

« … Oh! »

Une seconde passa. Puis trente. Derek semblait réfléchir aux implications de ce nouveau contexte. Au bout d'une minute à se fixer sans échanger un mot, Stiles envisagea la possibilité de dire quelque chose et se racla la gorge mais Derek le devança.

« Du coup... J'ai gâché notre deuxième premier baiser... »

Stiles s'attendait à tout sauf à ça. Le ton était si doux que, sans qu'il ne comprenne bien pourquoi, le cœur de Stiles fit un triple salto arrière. Il essaya vaguement de contrôler les pulsations de son sang et tenta un sourire. Pas la peine qu'il essaye de répondre, il n'aurait fait que bégayer.

« Et donc... Pour toi, je suis juste Derek. » Continua le brun, le regard toujours un peu vague et hésitant. Remarque, l'humain préférait ce regard perdu à celui, glacé, auquel il avait le droit tout à l'heure.

Stiles hocha la tête quelques secondes avant de prendre la parole, ayant peur de passer pour un attardé. Enfin, plus que d'habitude.

« Juste Derek, c'est ça. »

« Hum. Et la dernière fois qu'on s'est parlé, c'était... »

« Dans les bois, y'a... sept ans ? »

« Huit. »

Stiles acquiesça, ne voyant pas trop quoi ajouter. Le silence perdura un instant, mais était bien plus confortable que celui qui le précédait, et aucun des deux jeunes hommes n'avait envie de le rompre. Derek s'était légèrement appuyé contre Stiles et semblait ne pas vouloir quitter son nid. Pas que Stiles ne s'en plaigne. A vrai dire, et c'était bizarre de se l'avouer, plus les minutes défilaient, plus le fait d'avoir Derek tout contre lui semblait... naturel. Comme si... Comme s'ils s'étaient déjà retrouvés dans cette situation des centaines de fois. Ce qui était probablement le cas, à bien y réfléchir. Derek et lui. Un couple... Si on lui avait dit ça un jour...

« Attends une minute... »

Derek releva la tête, les sourcils froncés, en pleine réflexion.

« Si je comprends bien... »

Ses yeux s'écarquillèrent et un sourire goguenard apparut sur ses lèvres.

« T'es toujours vierge... J'veux dire, dans ta tête. »

Stiles faillit s'étouffer avec sa salive et repoussa Derek qui ne tentait absolument pas de camoufler son rire moqueur. Ce dernier s'écarta légèrement pour mieux saisir le col du tee-shirt de Stiles et coller ses lèvres aux siennes pour la deuxième fois de la soirée. Ce baiser fut totalement différent du premier. Déjà parce que Stiles était bien présent, et ensuite car, d'une manière qu'il ne pouvait expliquer, Stiles en avait envie. Besoin, même.

Derek commença par picorer le coin de sa bouche avant de passer lentement la langue sur sa lèvre inférieure. La bouche entrouverte et les yeux fermés, Stiles pouvait sentir son pouls s'intensifier alors que Derek approchait encore un peu plus son corps du sien. Une des mains de Derek alla saisir son poignet. Son pouce débuta un petit mouvement circulaire dans la paume de sa main et un courant électrique parcourut Stiles des pieds à la tête. Il sentit Derek sourire tout contre sa joue et se dit que c'était assez injuste – et bizarre – que le loup sache exactement quoi faire pour provoquer la réaction qu'il désirait chez Stiles. Et curieusement, assez excitant.

Il glissa sa main hors de la poigne de Derek et vint entourer la nuque du brun qui, en réponse, soupira d'aise et força l'espace entre ses cuisses pour se coller totalement à son corps. A ce contact, Stiles gémit doucement, plainte qui fut happée par la bouche de Derek, maintenant affamée. Il ne savait pas trop ce qu'il était en train de faire, mais en tout cas, une chose était sûre, il le faisait avec entrain.

« Euh les gars, je suis encore là. ».

Stiles se figea et une rougeur bien visible commença à s'étendre sur son cou, pour continuer tranquillement sa course vers ses joues déjà rosies par l'excitation pour le moins impromptue qu'il ressentait au contact de Derek. Il décrocha ses lèvres de la bouche de son petit ami – mon dieu que c'était un concept étrange – et baissa légèrement la tête pour finalement jeter un coup d'œil par delà l'épaule de son partenaire. William lui adressa un regard mi-moqueur, mi-dégoûté, mi-bienveillant, mi-blasé. Oui, ça faisait pas mal de moitiés pour juste deux yeux.

Derek, toujours dos à son cousin, soupira et embrassa une dernière fois la joue de Stiles avant de saisir la main restée autour de son cou pour le tirer hors de la pièce. Un dernier sourire d'excuses à William et ils quittèrent le salon.


Boom bébé !

Voui, il est pas mort Wiwi, toujours aussi... Lui quoi =D Z'êtes contents ? Moi je l'suis =DD
Je vais pas m'éterniser dans cette note de bas de page, parce que je vais encoooore vous souler
et après vous allez pas vouloir me poster un petit commentaire =)

Juste : l'épilogue est à la moitié de son écriture. Du coup, si vous avez des suggestions, je suis encore preneuse.

Bisou les meufs et les keums, j'vous aime quoi.

'Lys