Nda : Bonjour les petits amis ! J'aime bien publier le soir mais je pars en week-end à Toulouse dans l'après-midi (préparez-vous les toulousains .. I'm back ..)
Bonne lecture !
Chapitre 3
J6 – Jeudi
Pour Thomas, ce jour-là fût communément appelé une « journée de merde ».
Tout d'abord il fût réveillé à sept heures du matin par un certain blondinet qui avait, apparemment, oublié qu'il avait un colocataire qui souhaitait dormir plus longtemps. Newt claqua les portes, augmenta le son de la télé, jura contre un insecte auquel il avait balancé une chaussure, provoquant un claquement qui fît sursauter Thomas dans son lit. A croire qu'il faisait tout pour l'empêcher de se rendormir.
Quand Thomas se décida à sortir de son lit puisque de toute façon, Newt n'allait pas le laisser repartir au pays des rêves, il se fît directement aborder par ce dernier, son sac de cours à l'épaule.
- Thomas ! J'allais partir, je suis en retard. Il faut absolument que tu fasses quelques courses pour moi c'est urgent, lui dit-il en lui tendant une liste de fournitures.
- J'ai fait les courses hier, tu aurais pu me demander à ce moment-là.
- Sauf qu'hier je ne pensais pas que mes stabilos me lâcheraient et qu'on péterait mon disque dur. Fais le pour moi s'il te plaît, c'est urgent. Ce soir ça sera fermé, mais entre midi et deux tu auras le temps.
- Mais j'ai un…
Newt partit en coup de vent et Thomas fût coupé par le claquement de la porte d'entrée. Il se retrouva seul pour marmonner :
- … rendez-vous pour un appartement.
Durant une longue minute il grimaça tout en réfléchissant à comment il allait s'organiser pour qu'entre midi et deux, il fasse les courses de monsieur, visite l'appartement et déjeune en ville.
Il soupira bruyamment. Ça allait être la course contre la montre.
Quand il arriva à son lieu de travail, Thomas croisa son « ami de toujours », Gally, qui le fusilla du regard comme à son habitude. Il se trouvait tout de même chanceux de travailler ici, l'ensemble de ses collègues était sympathiques – à part cette tête de nœud de Gally évidemment – le cadre était très agréable et il était bien payé. Même qu'une petite brunette qui travaillait aux mêmes heures que lui lui avait offert une boîte de macarons faits maison ce jour-là, et puis les clients habitués commençaient à apprécier le petit nouveau.
Mais c'était avant qu'une dispute avec Gally ne faillisse le faire exploser. Ce dernier profitait souvent du fait qu'il ait un rang légèrement plus élevé que Thomas pour s'acharner sur lui. Au début ce n'était pas trop dur à supporter, alors il encaissait. Mais depuis qu'il répondait aux piques de Gally, celui-ci augmentait la fréquence de ses abus.
En fin de matinée Gally dépassa les bornes, lui demandant de décharger des cartons de vêtements pour encore 40 minutes, alors qu'il devait avoir fini depuis un quart d'heure déjà. Thomas osa lui dire « Non ». Un simple mot que son collègue détesta entendre. Il serra les poings alors que Gally tapotait son index sur son torse, le traitant de branleur devant de nombreux clients. Thomas rougit de honte et de colère, cependant il n'esquissa aucun geste, car jamais il ne pourrait assumer les conséquences d'un geste déplacé qui lui aurait fait perdre son emploi.
Parce qu'après tout, il n'était que le petit nouveau qui devait fermer sa bouche.
Il chercha brièvement un collègue du regard qui pourrait le défendre, mais il n'y avait que des clients autour d'eux. Alors il poussa Gally pour récupérer ses affaires avant que son envie de le gifler soit incontrôlable, puis il quitta le magasin d'un pas rageur. Sans un mot.
Une fois à l'intérieur de sa voiture, il posa ses mains tremblantes sur le volant, inspira et expira profondément durant de longues minutes. Petit à petit sa colère mua en tristesse, il se sentait bien dans ce magasin, et cet abruti venait tout gâcher.
Thomas jeta un coup d'œil à sa montre, à cause de ce tocard, il était déjà 12h20, son rendez-vous pour l'appartement était à 12h 45. Pendant un instant, il songea à ne pas faire les courses que Newt lui avait demandées. Après tout il avait qu'à y aller lui-même entre midi et deux.
« Fait-le pour moi s'il te plaît, c'est urgent ».
La voix de Newt résonnait dans sa tête, et il pouvait revoir ses deux grandes prunelles noires alors qu'il lui demandait ce service. Thomas expira profondément une dernière fois, puis il mit sa ceinture de sécurité et alluma le moteur de la voiture. Jamais il ne pourrait dire non à des yeux pareils.
Il fonça en direction du magasin spécialisé qu'avait indiqué Newt sur le bout de papier qu'il lui avait donné ce matin, pour se débarrasser de cette course au plus vite, ainsi il ira visiter l'appartement et pourra ensuite profiter de sa dernière demi-heure pour manger tranquillement quelque part. Enfin, ça c'est ce qu'il avait prévu.
Ce qui se passa réellement fut bien différent.
Tout d'abord, il mit du temps à trouver tout ce que Newt lui avait demandé, mais il savait que ce que l'étudiant souhaitait le plus, c'était un nouveau disque dur. D'après ce qu'il avait compris l'ancien venait de rendre l'âme, alors il prit le temps d'en choisir un de qualité. Heureusement il n'y avait pas trop de queue aujourd'hui, et à 12h35 il était en route pour sa visite. L'appartement était situé dans une petite commune jumelée à la ville, à dix minutes d'ici. En quittant la grande ville, il regarda sa montre et se dit qu'il était dans les temps, alors il s'accorda un sourire. Mais il disparut à la seconde suivante.
La voiture venait de faire un drôle de bruit.
ooo
Au bord de la route, Thomas était tout seul, assis à même le sol. Il regardait avec frustration les aiguilles de sa montre avancer sans jamais s'arrêter, comme si elles se moquaient ouvertement de lui parce qu'il était en train de rater sa visite pour l'appartement.
« Quand est-ce qu'elle arrive cette putain de dépanneuse ? » murmura-t-il.
Personne n'était encore arrivé alors qu'il était déjà 13h, il essaya plusieurs fois d'appeler Newt pour qu'il vienne le chercher mais il tombait à chaque fois sur le répondeur. Si la seule personne qu'il pouvait appeler dans cette ville ne décrochait pas d'ici une demie-heure, Thomas serait en retard pour son travail, ce que Gally s'empressera de faire remarquer à ses collègues. Il l'entendait déjà dire : « Regardez ! En retard comme toujours, je vous le dis depuis le début que c'est un fainéant ce mec ».
Un gargouillement monstrueux le fît sortir de ses pensées noires, il manquait plus que ça. Il crevait de faim et même si quelqu'un finissait par arriver, il n'aurait pas le temps de manger. Thomas remonta dans sa voiture dans l'espoir de dénicher quelque chose, et il tomba sur la boîte que lui avait offerte Brenda.
Lorsque le téléphone finit enfin par sonner il avait déjà ingurgité la moitié de la boîte de macaron, ils étaient tellement bons qu'il n'avait pas pu s'arrêter. Il lâcha vite la boîte pour pouvoir répondre au téléphone, mais il sembla oublier que sa bouche était toujours pleine, les mots qui sortirent de sa bouche furent incompréhensibles.
- Quoi ? demanda Newt à l'autre bout du fil.
Thomas avala tout ce qu'il avait dans la bouche puis répéta.
- Newt, pourquoi tu n'as pas décroché plus tôt ? J'ai un gros problème.
- Figure-toi que ma pause d'aujourd'hui ne peut pas être qualifiée de pause. Qu'est-ce qui t'arrive ?
- Ma voiture m'a lâchée en dehors de la ville, et ce n'est pas une panne d'essence. Je reprends le travail bientôt il faut absolument que quelqu'un m'y amène.
- Désolé Thomas, mais je ne peux vraiment pas, je l'aurais fait si j'avais eu le temps, mais là ça ne va pas être possible.
- Quoi ? Mais tu ne peux pas faire une exception ?
- Si je te dis que je ne peux pas, c'est que je ne peux pas. N'insiste pas, répéta plus fermement le blond.
- Mais je fais comment alors ?
- Tu n'as qu'à faire du stop !
Sur ce Newt raccrocha au nez de Thomas qui en resta choqué. « Mais quel … » grogna-t-il, sa phrase se finissant par un grognement de frustration.
Il se décida à écouter ce que lui avait proposé son colocataire cinq minutes plus tard. De toute façon il n'avait plus le choix, à part Newt il n'avait le numéro de personne dans cette ville.
Il attendit, debout, le bras tendu et le pouce levé. Il attendit. Jeta un coup d'œil à sa montre, jura, reposa son bras. Le tendit puis patienta. A un moment, une voiture ralentît et Thomas remercia le ciel. Mais le conducteur ne s'arrêta pas. Il regarda Thomas et lui fît coucou avant de ré-accélérer. Thomas cru halluciner.
C'était Gally.
Évidemment.
Thomas afficha sa grimace la plus pitoyable en levant les yeux au ciel, comme pour demander au tout-puissant ce qu'il avait fait pour mériter toute cette cruauté. Comme réponse, une goutte d'eau chuta sur son front.
ooo
Avant de sortir de la camaro noire, Thomas dit à son sauveur :
- Merci beaucoup de m'avoir amené jusqu'ici, je ne sais pas ce que j'aurais fait sans vous.
- Vous auriez attrapé une pneumonie, répondit sans pitié l'homme aux yeux verdâtres.
- Probablement, dit Thomas en reprenant possession de ses affaires, ainsi que les courses de Newt.
- A la base je vous avais pris pour quelqu'un d'autre qui a aussi le don de se fourrer dans des problèmes.
- C'est gentil quand même, vraiment.
Les deux hommes se dirent au revoir et Thomas sortit affronter la pluie. Il fit quelques pas, enjamba une flaque d'eau puis il arriva devant le magasin. Il s'engouffra à l'intérieur trempé de la tête aux pieds.
Dès qu'il recommença à travailler en compagnie de ses collègues, il remarqua rapidement que quelque chose avait changé. Alors que depuis le début il était le centre d'attention de tout le monde, à présent on l'ignorait. Pourtant on surveillait ses faits et gestes dès qu'il tournait le dos, et des messes-basses se faisaient pendant qu'il s'occupait des clients. Ça agaçait Thomas de ne pas comprendre pourquoi l'ambiance de travail était devenue si pesante.
Au milieu de l'après-midi, il prit Brenda à part, la seule avec qui il avait vraiment sympathisé. Il l'a remercia pour les macarons et elle lui répondit avec un mince sourire. Même si c'était plus discret, il y avait toujours ce malaise qui flottait dans l'air.
Thomas détestait ça. N'y tenant plus, il posa la question qui lui brûlait les lèvres depuis son retour :
- Tu peux me dire ce qu'il se passe ? On me regarde de travers depuis que je suis revenu, je vois bien que quelque chose ne va pas.
Brenda sembla hésiter un moment puis elle répondit franchement :
- Gally a craché sur toi. Il a refait ton portrait à sa manière, devant tout le monde avant que tu arrives.
- Comment ça ?
- Il a affirmé qu'il connaissait le genre de mec comme toi, qui pense qu'à se la couler douce, qui travaille le moins possible, beau parleur, poli et galant quand ça l'arrange, blablabla.
- Quel tocard ce type. Tu es celle qui travaille le plus avec moi Brenda, tu sais que je ne suis pas comme ça.
- Je sais bien. Mais il est vrai que tu es souvent en retard Thomas. Regarde, tu avais dix minutes de retard cet aprèm.
- Tu ne sais pas ce qu'il s'est passé.
Brenda fronça les sourcils et Thomas s'expliqua, il lui raconta sa journée catastrophique et le moment où Gally avait refusé de le prendre en stop. Ce qui finit par mettre sa collègue de son côté.
- On ne peut pas plaire à tout le monde. J'aime beaucoup Gally mais ce qu'il raconte sur toi n'est pas vrai, alors je vais essayer de parler aux autres et à Gally aussi, je ne lui demanderai pas de faire ami-ami avec toi mais au moins de te foutre la paix.
- Merci Brenda, bredouilla Thomas, soulagé d'avoir enfin quelque chose de positif dans sa foutue journée.
L'ambiance fût toujours aussi désagréable mais le brun fût optimiste en se disant que ça passera avec l'aide de Brenda. D'autant plus qu'il avait décidé de travailler durement afin de prouver aux autres qu'ils se trompaient sur son compte.
Au fur et à mesure que les heures passaient, Thomas comprit que manger uniquement une dizaine de macarons à midi, n'avait pas été la meilleure idée de la décennie. Son ventre complètement retourné hurlait à la mort, et l'once de lumière qui avait illuminée sa journée noire s'éteignit. Son esprit affaibli devint irritable, il suffisait de voir le nombre de fois où il râla contre un objet qu'il ne trouvait pas.
Lorsque enfin sonna l'heure de la délivrance, Brenda se proposa pour ramener Thomas chez lui. Il l'embrassa sur la joue en la bénissant des dieux, puis ils se dépêchèrent pour quitter la boutique au plus vite.
Il allait enfin pouvoir souffler, prendre une bonne douche, manger, s'étaler sur son lit en étoile de mer pour ne plus penser à rien. Il poussa la porte de l'appartement et esquissa un sourire à son colocataire assis à la grande table occupé à pianoter sur son ordinateur.
- Salut.
- Salut Thomas. Tu as mon disque dur ?
- Oh merde...
Bien sûr. Sale journée jusqu'au bout.
Les courses de Newt étaient restées dans un coin de la boutique. Il prit son visage entre ses mains, il en avait plus que marre. Le blond comprit et se leva pour s'approcher de lui. Il lui cracha d'un ton agressif :
- Putain je t'avais dis que c'était urgent ! Je comptais sur toi, tu avais une heure et demie devant toi et tu n'as même pas été fichu de m'acheter un pauvre disque dur ? Est-ce-que tu y as pensé au moins ?
Thomas sentit toute sa colère monter en lui, tordre ses boyaux, tendre ses muscles, monter jusqu'à exploser dans son crâne. Il chopa Newt par son tee-shirt et le fît reculer jusqu'au mur derrière lui. Lorsque son dos percuta la surface dure, le blond lâcha un petit couinement. Le visage de Thomas n'était qu'à quelques centimètres du sien quand il lui cria :
- Si tu n'es pas content Newt tu n'as qu'à les faire toi-même tes courses ! J'ai eu une vraie journée de merde tu vois ? J'ai raté un rendez-vous important pour toi donc arrête de faire comme si tu savais tout et de me prendre pour un idiot. Je suis pas ton chien !
Son souffle s'étalait sur le visage choqué de Newt qui n'osait ni parler, ni bouger. Voir cet air craintif fît prendre conscience à Thomas qu'il brutalisait Newt. Il le lâcha progressivement avant de partir à la salle de bain.
L'autre homme se laissa doucement glisser jusqu'au sol, encore heurté par la violente réaction de Thomas. Il plaça sa main tremblante sur son cœur et le sentit battre la chamade contre sa poitrine. Il avait eu peur, mais il devait avouer qu'il l'avait cherché.
Il frotta son visage et se félicita pour avoir foutu la merde entre lui et son nouveau colocataire, qui semblait ne lui vouloir que du bien.
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Vous devez vous en doutez, mais j'ai adoré écrire les malheurs de Tommy dans ce chapitre .. gniarkgniark
Avant que partiez, avez-vous remarqué l'apparition très discrète d'un personnage lycanthrope dans ce chapitre, provenant d'une série que vous connaissez tous ? :3
