Nda : Bonsoir les petits amis ! Vous allez bien ? Moi j'ai un rhume, mais on s'en fout, place à la suite les gens !
Bonne lecture ! :D
Chapitre 6
Leur deuxième semaine de cohabitation ne ressembla en rien à la première.
Newt réorganisa son monde pour faire de la place à Thomas. Avant, parmi ses nombreuses habitudes, il y avait celle de ne pas faire attention au bruit qu'il faisait le matin, tout simplement parce que le sommeil de Minho était semblable à un coma profond. Mais à présent il s'appliquait à être le plus silencieux possible avant de partir à l'université.
Thomas quant à lui appris à ranger les courses à leurs places sans que Newt repasse derrière lui. Il l'invita plusieurs fois à déjeuner lors de leurs pauses de midi et ne souriait plus à la jeune fille de la boulangerie. Aucun des deux n'hésitaient à partager leurs problèmes, et s'entraidaient s'ils le pouvaient.
Thomas progressait dans l'art de répondre aux piques sarcastiques de Newt, il se rappellerait toujours de cet après-midi où il se languissait dans son lit en recevant des messages du blond qui était en train de « réviser » sur la grande table de la pièce à vivre. Ces deux feignasses se chamaillaient par téléphone alors qu'un simple couloir les séparait. Pour la première fois ce fût Newt qui craqua le premier, il avait débarqué dans la chambre du brun pour lui donner la raclée qu'il méritait. En fin de compte ça s'était fini par une bagarre de coussins et une parfaite soumission de Tommy maîtrisé par une clé de bras.
J11 – Mardi
Thomas réfléchissait à la relation qu'il entretenait avec Newt tout en se brossant les dents. Certes ils s'entendaient mieux, riaient ensemble et se confiaient l'un à l'autre, cependant il n'était toujours pas satisfait. Il avait toujours cette impression de ne pas passer assez de temps avec lui pour combler son manque de Newty.
– Douze minutes.
Thomas tourna la tête dans la direction de la voix qui venait de briser le fil de ses pensées. Il vit Newt entrer dans la salle de bain, son chronomètre à la main.
– Tu réfléchis beaucoup quand tu te brosses les dents, ça doit être le seul moment de la journée où tu réfléchis d'ailleurs, railla-t-il.
Évidemment, Thomas ne pouvait pas répliquer car sa bouche était remplie de mousse qui venait aussi recouvrir ses lèvres. Il fît d'abord un sourire en apparence amical mais qui en réalité se révélait être carrément flippant, avant de plaquer sa bouche sur la joue de son colocataire.
Newt senti la mousse sur sa peau et poussa un gémissement dégoûté, il tenta de se dégager mais le bras de Thomas encerclait fermement sa taille.
– Tommy tu es dégueulasse ! Lâche-moi !
Le rire étouffé de Thomas résonna entre les murs. Avant de libérer son ami, il étala bien la mousse sur sa joue, glissant sur la commisure de ses lèvres sans s'en apercevoir.
J12 – Mercredi
Sa dure journée de cours terminée, Newt espérait voir Thomas à l'appartement puisqu'il lui avait dit qu'il finirait le boulot plus tôt aujourd'hui. Il fût presque déçu en constatant que seuls la solitude et un mot sur la table l'attendaient bien gentiment.
« Je suis parti courir, je ne rentrerai pas trop tard. Thomas. »
Newt poussa un énorme soupir, il n'avait pas vu Thomas de la journée, et il aurait aimer décompresser à ses côtés. Lui confier à quel point son réveil le saoulait, ses cours le saoulaient et ses camarades lui cassaient littéralement les couilles. Rien que d'avoir sa présence en travaillant lui aurait fait du bien, il en était certain.
Tant pis, il déprimera tout seul devant son ordinateur.
Thomas, qui ne soupçonnait en aucun cas le blues soudain de Newt, redécouvrait le plaisir de courir, sillonnant le parc qu'il avait visité dimanche lors de la fête du printemps.
Beaucoup de personnes lui demandait pourquoi il courrait, après tout ce n'était pas une activité très agréable. Lui ne comprenait pas pourquoi les autres ne courraient pas. Cela faisait plusieurs semaines qu'il ne s'était pas dégourdi les jambes, ses poumons subissaient un véritable décrassage printanier.
Le soleil disparaissait lentement à l'ouest tandis que le vent frais s'élevait pour venir agiter les feuilles des grands arbres et la longue chevelure brune de la jeune femme qui courrait devant lui. Elle avait relevé ses cheveux dans une queue de cheval qui se balançait au rythme de ses pas, elle se tenait bien droite avec des écouteurs aux oreilles. Mais elle ne courrait pas aussi vite que Thomas qui la doubla sans effort.
Mais à peine eut-elle disparue de son champs de vision qu'il entendit les pas de la brune accélérer pour lui passer devant. D'abord surpris, Thomas comprit cette action comme un défis et accéléra à son tour, se lançant dans une course improbable avec une inconnue.
La jeune coureuse ne se laissa pas intimider et tint le rythme de Thomas pendant un moment. Puis, faute d'endurance, il lui fît perdre son souffle. Elle ralentit progressivement pour enfin se plier en deux et respirer à grands coups, les jambes chevrotantes. Thomas remarqua son état inquiétant, alors il revint sur ses pas et s'approcha d'elle.
– Hey ça va aller ? demanda-t-il, inquiet.
Elle leva la main comme pour lui dire de patienter parce qu'elle ne pouvait sortir aucun mot de sa bouche asséchée. Quand elle releva d'un coup sec la tête, Thomas fît un mouvement de recul.
– Je respire, je suis vivante, dit-elle avec un reniflement dédaigneux, visiblement agacée de ne pas avoir réussit à suivre Thomas qui était à peine essoufflé.
Ce dernier ne l'entendit pas, occupé à détailler attentivement son visage fin, ses joues rouges et ses yeux d'un bleu éclatant.
– On s'est déjà vu, murmura-t-il d'un air absent.
Ce n'était définitivement pas une question, plutôt une affirmation qu'il n'arrivait à justifier. La fille, qui avait réussit à retrouver une respiration régulière, jugea Thomas avant d'afficher un grand sourire.
– Oui, dimanche.
– La vendeuse de couronne !
– C'est ça, tu étais avec ton petit copain aux sourcils froncés, dit-elle en plaçant ses doigts sur ses propres sourcils.
Elle rigolait toute seule pendant que Thomas assimilait à une lenteur d'escargot ce qui venait d'être dit en fixant bêtement l'arbre d'à côté. Après une bonne minute d'arrêt cérébral, il balbutia :
– Je... enfin, Newt n'est pas mon petit copain. Il est seulement mon ami.
La brune sembla surprise, les deux hommes avaient l'air tellement proches que le doute n'avait pas eu sa place dans son esprit. Mais visiblement, leurs regards emplis d'envie jetés l'un à l'autre l'avaient trompée.
ooo
Aux alentours de 20h à l'appartement, Newt avait fini de travailler, le dîner était prêt, les couverts étaient mis sur la table, les chambres impeccablement rangées. Il ne manquait plus que ce guignol de Thomas.
Le maniaque avait beau tenter de se concentrer sur autre chose, une même question revenait dans sa tête : que pouvait bien faire Thomas ? Tel un idiot, il se tortura le cerveau à deviner la réponse tout en effectuant les cent pas, sans comprendre qu'il n'y avait que son colocataire qui puisse la lui donner.
C'est pour cela que dès qu'il entendit la porte s'ouvrir, il se précipita à l'entrée pour le bombarder de questions.
– Désolé j'ai rencontré quelqu'un au parc, je lui ai proposé d'aller boire un verre, expliqua Thomas.
– Qui ça ? demanda Newt, plus sèchement qu'il n'avait pensé.
– Teresa, elle nous a vendu les couronnes de fleurs dimanche.
Newt ne se rappelait pas spécialement de cette femme, en fait il se rappelait seulement de la manière dont elle avait regardé Thomas lorsqu'il avait mis sa couronne. Ça le déprimait encore plus de savoir qu'il avait passé son début de soirée à attendre bêtement ce tocard alors que celui-ci prenait du bon temps avec une jolie femme. Enfin, il supposait qu'elle était jolie, vu le sourire idiot qu'afficha Thomas durant la totalité du repas.
Le brun ne demanda même pas à Newt comment s'était passé sa journée et se dépêcha de finir son assiette pour prendre sa douche.
Newt était en train de faire un énième rangement dans le salon lorsque l'appartement fût plongé dans le noir complet. Il ne paniqua pas contrairement à l'autre garçon qui voulu sortir de la douche mais glissa sur le carrelage dans un bruit sourd.
Le blond soupira, désespéré. Décidément, il n'avait jamais autant soupiré de sa vie.
Il se leva et s'aventura dans le noir, faisant avancer son pied tel un éclaireur pour éviter de se prendre un meuble, jusqu'à atteindre la porte de la salle de bain sur laquelle il toqua.
– Tommy ça va ? Rien de cassé ?
N'obtenant qu'une plainte étouffée comme réponse il se décida à entrer. Il décela une masse obscure qui soufflait étrangement fort se relever à la hâte.
– Je ne t'ai jamais dit d'entrer ! siffla Thomas, affreusement honteux d'être nu comme un vers dans la même pièce que son colocataire.
– Je n'ai pas des yeux de chat d'accord ? Je ne te vois pas, alors calme-toi.
Newt tâtonna à sa gauche afin de trouver l'armoire, il en sortit deux serviettes qu'il lança sur la tronche de l'autre homme.
– C'est pour que tu n'attrapes pas froid.
– Panne d'électricité ? demanda Thomas en ceinturant une serviette autour de ses hanches et en plaçant l'autre sur son dos.
– J'ai bien l'impression. Reste ici, je vais chercher des bougies.
Il s'apprêtait à partir lorsqu'il sentit une main tremblante mouiller son tee-shirt.
– Non, non, non, tu ne te barres pas comme ça. Ne me laisse pas tout seul.
Après un bref instant durant lequel Newt resta interdit, étonné par ces mots honteusement chuchotés, il se permit une petite pique moqueuse :
– Le petit Tommy à peur d'être seul dans le noir ?
– Te fous pas de moi, je veux juste... ne me lâche pas ok ? supplia Thomas qui, dans sa confusion, ne cessait d'ouvrir grand les yeux autour de lui, bien qu'il savait pertinemment qu'il ne se verrait que flotter dans un immense trou obscur.
Newt regretta de ne pas pouvoir voir son visage probablement embarrassé et apeuré. Il était certain que ça l'aurait attendris.
Il glissa doucement sa main dans celle mouillée et froide de Thomas et la caressa de son pouce dans un geste qu'il espérait apaisant. Ainsi ils traversèrent le couloir, Newt qui connaissait l'appartement comme sa poche était devant tandis que Thomas le suivait de près, effrayé par cette noirceur oppressante.
Plus ils avançait, plus il serrait les doigts de Newt.
Enfin, ils arrivèrent devant un placard dans le coin du salon. Quelques secondes qui parues comme des minutes pour Thomas s'écoulèrent, avant que le craquement d'une allumette sonne à ses oreilles et qu'une flamme jaillisse d'entre les mains de Newt.
Quinze minutes plus tard, le salon était envahit de petites bougies orangées. Les ombres qu'elles projetaient dessinaient des formes artistiques sur les murs.
Allongé dans le canapé, Newt observait en silence Thomas assit au bout de ses jambes. Il était toujours enroulé de ses serviettes dont il ne se servait pas pour éponger les gouttes ruisselantes dans son dos et celles gouttant à son menton, ce qui l'empêcherait de grelotter comme un idiot. Il avait retrouvé son calme mais n'était néanmoins pas totalement rassuré, vu comment son regard méfiant jonglait entre le coin sombre de la cuisine et le couloir qui lui rappelait les abysses de l'océan.
– Arrête de flipper, lui dit Newt en le bousculant avec ses pieds. Tu ne vas pas te faire attaquer par des monstres venus de nulle part.
– Et toi arrête de te foutre de ma gueule.
– Je me fous pas de toi, je te dis de te détendre.
Thomas roula des yeux, il n'en croyait pas un mot. C'est lorsque que Newt l'entendit claquer des dents qu'il trouva judicieux de lui conseiller d'aller se changer, mais Thomas secoua nettement la tête. Il ne pouvait pas nier qu'il avait affreusement froid, mais la peur le paralysait. Tant pis s'il tombait en hypothermie, jamais il ne traversera ce couloir, même avec une bougie.
– Bon ça suffit je vais te chercher des affaires, déclara Newt en bondissant du canapé.
Le brun voulu instantanément répliquer mais son colocataire le devança en lui plaquant la main sur la bouche. Il se pencha sur son visage et lui murmura de la voix la plus douce possible :
- Ça va prendre deux secondes, tu ne vas pas crever durant ce laps de temps, je te le promets.
Par ses yeux de miel amplifiés par l'éclat chaud des bougies, Thomas acquiesça malgré cette peur qu'il avait de se faire engloutir par les ténèbres.
Depuis ses huit ans, il avait peur du noir. Il ne se souvenait pas avec précision de cette nuit qu'il avait passé à pleurnicher sous ses couettes parce qu'il avait vu un film qu'il n'aurait jamais dû voir. Mais à cette époque, il était difficile pour sa mère qui l'élevait seule de surveiller tous ses faits et gestes. Durant cette nuit, il pensait que de mauvaises personnes allaient l'emmener très loin, lui ouvrir le crâne pour lui faire oublier l'amour de sa maman, et enfin, l'emprisonner dans un labyrinthe effrayant.
Thomas n'avait aucun souvenir du titre du film en question, mais son inconscient n'avait pas oublié le traumatisme qu'avaient provoqué ses images dans son esprit d'enfant.
Heureusement, Newt revint vite avec des vêtements et l'obligea à les enfiler. L'inconvénient c'est qu'il avait croisé les bras et restait planté là à regarder Thomas dont le visage commençait à sérieusement prendre de belles couleurs. Pour camoufler sa gêne, il tenta une plaisanterie :
– Retourne-toi, tu ne crois pas que je vais te laisser me mater pendant que je me change.
– Comme tu voudras Tommy, souffla Newt en haussant les épaules.
Quand le blond se retourna, il fît tomber ses serviettes et enfila les vêtements. Il gardait un œil sur l'autre homme pour être sûr qu'il ne bouge pas d'un pouce, tant bien qu'il faillit se casser la gueule une deuxième fois en enfilant son pantalon. C'était assez ridicule. Peut-être que si ça avait été quelqu'un d'autre, il n'aurait pas cherché à se cacher.
– C'est bon, Newt.
A ces mots, le blond se retourna et vit que ce crétin avait toujours ses cheveux trempés, pas étonnant qu'il ait toujours froid. Il ramassa l'une des serviettes et l'appliqua sur la tête de Thomas.
– Ta mère ne t'a jamais appris à te sécher correctement ? le nargua-t-il en frottant ses mèches ébènes.
– J'espérais que tu le fasses à ma place, voilà tout.
Bien sûr, Thomas ne faisait que dissimuler l'effet que cette attention lui procurait. Sans parler de la proximité de leurs visage à ce moment précis. Occupé avec les cheveux de son colocataire, Newt ne réalisait probablement pas comment les yeux ambrés de Thomas dévoraient chacun de ses traits avec une envie déplacée. Les flammes des bougies éclairaient plus le bas de son visage que le haut, mettant en avant ses lèvres charmantes. Dire que Thomas le trouvait séduisant était un euphémisme, l'harmonie de ce visage le faisait carrément baver.
Face à son mutisme, Newt finit par remarquer son air insistant et cessa tout mouvement en fronçant les sourcils. Le cœur du brun se mit à battre à toute vitesse en se voyant poussé par ce qui lui tordait le ventre.
Newt lâcha un hoquet de surprise, vite étouffé par la paire de lèvres qui venait de s'écraser contre les siennes.
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* La semaine la plus longue de votre vie vient de commencer ... *
