Disclaimer : L'univers de One Piece appartient à Eiichiro Oda.
Note de l'auteur : Voilà le troisième ficlet de ce recueil. Pour celui-là, je n'ai pas grand chose à dire mis à part que j'espère que vous l'apprécierez. (d'autant plus qu'il n'y a aucun risque de spoilers) Bonne lecture à tous !
SABRE
Roronoa Zoro
.
.
.
Assis en tailleur dans l'herbe grasse du pont du Thousand Sunny, Zoro se tenait à l'écart du reste de ses compagnons. Entre ses mains, Wado Ichimonji. Son pouce caressait lentement le fourreau immaculé de son sabre, satisfait de n'y découvrir aucune imperfection. Inspectant ensuite la lame, il la pointa droit devant lui. Aucune fêlure ne ternissait l'éclat de Wado Ichimonji. Pour s'en persuader un peu plus, il ramena la lame à l'horizontale vers son visage, tâtant du bout des doigts son tranchant. Pourtant aiguisé, il n'entailla pas une seule fois la peau tendre du bretteur. Et ce, malgré la pression qu'il y exerçait. S'il appliquait la même force contre un de ses ennemis, sa tête aurait roulé dans la poussière.
Alors que ses yeux se reportèrent sur son sabre, il fut surprit de ne pas y trouver son reflet comme il s'y attendait. À la place de sa tignasse verte en bataille, son œil grisâtre, sa cicatrice et sa peau basanée se tenait des cheveux blancs, une paire d'yeux ambrés ainsi qu'une peau pâle. Les yeux disparurent une fraction de seconde pour laisser apparaître une bouche peinturlurée d'or ouverte en un sourire mutin sur des dents parfaitement alignés.
Le bretteur cligna de l'œil. Comme pour s'assurer qu'il ne rêvait pas. Autour de lui, l'équipage du Chapeau de Paille continuait ses fanfares habituelles.
— Qui es-tu ?
Celle qui va t'aider à réaliser votre rêve.
— "Votre" ?
Le tien et celui de Kuina.
Zoro déglutit difficilement, une boule coincée au fond de la gorge. Sa mâchoire se crispa alors que de vieux souvenirs revinrent lui tourmenter l'esprit. Kuina... L'adolescente qu'il n'avait jamais pu battre et qu'il ne pourra jamais vaincre. Une sensation pernicieuse s'installa au creux de son estomac. Celle du manque. Celle d'une perte qu'il ne digèrera pas, incapable d'y parvenir ; pas plus qu'il n'arrivait à détacher son regard brûlant des pupilles mordorés de la jeune femme immatérielle.
Fermer son unique pupille valide pendant moins d'une fraction de seconde fut sa seule erreur. Lorsqu'il l'a rouvrit, la jeune femme aux cheveux blancs avait disparu, le laissant tout le loisir d'admirer sur sa lame son reflet étonné. Aussi vite apparue, aussi vite disparue. Pourtant, Zoro remarque que quelque chose avait changé. Pas à l'extérieur ; sa cicatrice n'avait pas bougé et sa tignasse ne s'était pas allongée. Mais à l'intérieur, ce quelque chose chassa si violemment le poids qui lui meurtrissait les tripes qu'il hoqueta.
Kuina ne veut pas que tu souffres à cause d'elle, Zoro ; elle veut que tu réalises votre rêve, que tu la rendes fière en m'utilisant pour l'atteindre comme elle m'a utilisé lors de votre dernier combat...
Un sourire mutin s'étira sur ses lèvres sèches : le même que celui de l'intrigante jeune femme. De la malicieuse Wado Ichimonji.
Consciencieusement, Zoro rangea son sabre dans son fourreau. Pour Kuina, pour lui-même, pour eux, il deviendrait le meilleur sabreur au monde. Il lui suffisait d'emprunter la Route menant vers l'Harmonie. Et il savait que sur celle-là, il ne se perdrait jamais. Pas tant que Wado Ichimonji veillerait sur lui, comme Kuina l'aurait souhaité.
