Disclaimer : L'univers de One Piece appartient à Eiichiro Oda.

Note de l'auteur : Me revoilà pour un quatrième ficlet. J'ai pris beaucoup de plaisir à imaginer celui-là ; comme beaucoup de gens (je suppose) je me suis toujours demandée ce que Killer dissimulait sous son masque... Jusqu'à avoir l'illumination. J'espère que ça vous plaira. Bonne lecture à tous !


MASQUE

Killer

Le cliquetis d'une clé verrouillant une serrure résonna contre le carrelage. Sur le miroir de la salle de bain, un monceau de tissu opaque. Posé là pour ôter toute chance à Killer d'admirer son reflet, qu'il soit beau, laid, parfait, déformé... Qu'importe ; il ne le regardait de toute façon jamais. Certain que ses camarades d'infortunes ne l'importunerait pas, il commença par ôter mécaniquement ses fripes. Ses chaussures, ses chaussettes, son jean rapiécé, son t-shirt au bleu délavé puis son caleçon. Ses yeux, à travers les trous de son masque, détaillèrent sa physionomie avantageuse. Des muscles saillants pour une force de titan.

De quoi faire pâlir de jalousie les plus narcissiques et faire tomber en pâmoison les plus belles jeunes femmes. Enfin, si son masque ne les perturbait pas tant. Dissimulant la totalité de son visage, il ne laissait place qu'à l'imagination ; que ce soit venant de son équipage, ou des murmures qu'il entendait sur son sillage. Heat avait pensé qu'il s'agissait d'une énième excentricité, comme si ses deux lames recourbées et mortelles ne suffisaient pas. Wire songeait à une cicatrice moribonde et écœurante, s'étalant sur la majeure partie de sa face. Il l'imaginait magnifique, à l'origine ; une gueule d'ange pour un coeur démoniaque. C'était beau, presque poétique. Mais pourtant si loin de la vérité.

Avec lenteur, Killer ôta son masque. Loin des regards indiscrets. Ses mains rugueuses tâtèrent ses joues pour y redécouvrir, encore et encore, la même marque. Profonde. Éternelle. En se glissant sous la douche, Killer ferma les yeux. Comme si son reflet pouvait apparaître sur les parois de la cabine. Il nettoya consciencieusement ses longs cheveux blonds. Si seulement... Si seulement cette marque avait été ailleurs. En savonnant son corps, il détaillait mentalement chaque partie de son corps disponible qu'il aurait pu dissimuler avec plus de facilité. Ses épaules, son dos, ses pectoraux, ses reins, son pelvis, ses fesses, ses cuisses... Toute cette peau claire, intacte. Ses muscles roulaient sous ses doigts à mesure qu'ils se contractaient.

Son front se posa contre le carrelage du mur alors que sa respiration se faisait sifflante. L'air accédait difficilement à ses poumons contractés sous des kilos de muscles tendus. Sa marque le lançait, se réveillant de sous son carcan métallique.

Qu'est-ce que ça fait, d'avoir été réduit à néant ?

Le savon quittait la surface de sa peau rougit d'avoir été trop frottée à mesure que l'eau se répandait sur son corps. Elle nettoyait les blessures les plus récentes mais ne pourrait jamais apaiser les plus anciennes. Les plus profondes.

Qu'est-ce que ça fait, d'avoir été condamné pour avoir été sauvé ?

Son poing s'abattit sur le mur carrelé, le fissurant d'un même mouvement. Killer se mordilla inconsciemment la lèvre, laissant quelques gouttes de sang salir la clarté de l'eau. Il ne se souciait pas de se détruire la lèvre ; après tout, personne ne voyait son visage. Personne n'avait envie de le voir. Encore une fois, il frappa le mur. Mais cette fois-ci, c'était sa peau qui se fissura. Ses phalanges craquèrent douloureusement alors que ses yeux restèrent clos.

Qu'est-ce que ça fait, de s'obliger à vivre derrière des barreaux rayés ?

S'extirpant de la cabine de douche, Killer s'apprêtait à enrouler une serviette autour de ses hanches avant que son regard n'agrippe le miroir, désormais découvert. Le tissu avait glissé après son dernier coup de poing, un peu plus rageur que les précédents. Ses doigts agirent d'eux-mêmes : ils redessinèrent le creux du cercle qui ornait sa joue droite. Puis remontèrent lentement vers ses trois excroissances triangulaires. Avant qu'il ne réalise ce qu'il était en train d'admirer, le dégoût s'empara de ses tripes. Son autre main agrippa son carcan de fer pour le faire glisser sur sa tête jusqu'à sa mâchoire.

Il n'y avait que son masque pour dissimuler la marque des esclaves des Dragons Célestes.