Disclaimer : L'univers de One Piece appartient à Eiichiro Oda.
Note de l'auteur : Me revoilà pour le 5ème ficlet de ce recueil ! Il peut contenir des spoilers pour ceux qui n'ont pas encore vu l'arc Dressrosa. (même si je pense que la plupart de vous sont à jour au niveau des épisodes ?) Mais sans plus. J'ai eu l'idée en m'interrogeant sur ce fameux tuyau que notre blondinet préféré (pas Sanji, l'autre) trimballe toujours avec lui ! J'espère que ce ficlet vous plaira. Je vous souhaite une agréable lecture.
TUYAU
Sabo
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Le tuyau voltigea dans les airs quelques secondes avant de retrouver la poigne d'acier de son détendeur pour qu'il puisse achever son adversaire. Hack ne vit pas le coup venir : son bout recourbé l'assomma avec plus de violence que prévue, affolant le blondinet. Il se mit à courir dans tous les sens, appelant Koala, ses confrères révolutionnaires et même Dragon à l'aide. La jeune femme fut la première à arriver, peu pressée. L'habitude des frasques de Sabo s'était petit à petit encrée dans le quartier général des révolutionnaires : venant de lui, plus rien ne les étonnait. Sauf peut-être le corps inconscient de Hack.
Immédiatement, la petite femme agrippa les joues de son acolyte entre ses petits poings et les tira, comme si elles pouvaient se décrocher de sa mâchoire. Elle l'engueulait comme du poisson pourri. Enfin, le poisson pourri en l'occurrence, gisait toujours sur le sol, une bosse énorme sur la tête et les bras en croix.
— Qu'est-ce que tu as dans la tête pour assommer Hack pendant un entraînement ? De la paille ? Je parie qu'elle a dû flamber depuis le temps, foutu abruti !
— Hehehehe, désolé !, s'excusa-t-il en se grattant la tête.
Cependant, les mots de Koala résonnèrent encore et encore dans son crâne, s'enroulant vicieusement autour de ses neurones enrayés par l'amnésie. Paille. Ce mot s'insinua en lui comme un coup de poing, sans pour autant éclaircir ce qu'il représentait ; pourtant, il était persuadé qu'il avait une signification particulière pour lui, mais laquelle ? Ses souvenirs refusaient de lui apporter une réponse satisfaisante. Flamber. Par le feu. Léché par les flammes... C'était ce que Dragon lui avait dit, en parlant de son ancienne ville. Ou plutôt, du dépotoir où il vivait depuis sa plus tendre enfance ; tout le reste avait été voilé par sa promiscuité avec la mort. Sabo l'avait tutoyé de près alors que la barbe ne lui poussait même pas encore au menton. Après avoir aidé Koala à porter Hack jusqu'à l'infirmerie, le Second de l'Armée Révolutionnaire fila s'isoler dans sa chambre.
Le blondinet posa délicatement le tuyau contre un mur. Contre toute attente, il prenait soin de ce monceau de métal déglingué, récupéré dans une décharge lorsqu'il n'était pas plus haut que trois pommes. Avec lui à ses côtés, Sabo se sentait entier. Un sentiment de plénitude l'envahissait dès qu'il ne tenait, dès qu'il fracassait la tête d'agents du Gouvernement avec. Souvent, on lui demandait pourquoi il avait choisi cette arme ridicule, à défaut de s'être tourné vers des sabres, des pistolets... ou même encore ses propres poings. Lui-même ne le savait pas ; la seule certitude qui l'envahissait, c'était que ses mains voulaient utiliser ce tuyau et rien d'autre. De toute façon, il ne savait ni trancher, ni viser, ni cogner. La seule chose où Sabo excellait, c'était assommé.
Hack le prouvait.
S'affalant sur sa paillasse, le révolutionnaire à la tignasse blonde observa son tuyau. Son fidèle compagnon. Un sourire s'étira sur ses lèvres tandis qu'il glissait ses mains sous sa tête, en chassant le haut de forme qui l'ornait. Sans son tuyau, les deux tiers de son âme manquaient. Tiraillé par ce sentiment d'incomplétude, Sabo fit glisser le bout de ses doigts le long de la tige métallique. Elle cliqueta sous ses ongles agréablement.
Ce que la tête de Sabo oubliait, son corps s'en rappelait.
Il ne fit pas attention aux lettres inscrites au couteau dans le tuyau lorsque la pulpe de ses doigts y passa.
ASL.
