Disclaimer : L'univers de One Piece appartient à Eiichiro Oda.

Note de l'auteur : Je suis désolée de mettre ce recueil à jour si tardivement... (et si aléatoirement) mais mes cours m'en empêchent. Heureusement que les vacances se rapprochent ; avec un peu de chance, je pourrais me plonger pleinement dans la fanfiction pendant ces deux précieuses petites semaines. Je tiens également à m'excuser de ne pas avoir répondu aux reviews, pour la même raison que la mise à jour tardive ! Sachez cependant que vous voir commenter mes filets me fait extrêmement plaisir et que je trépigne devant mon ordinateur à chaque review ! Trève de blabla, passons aux choses sérieuses... Ce nouveau ficlet ! J'espère qu'il vous plaira. Bonne lecture à tous et à toutes !


TATOUAGE

Portgas D. Ace

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Inconsciemment, Ace effleurait la lettre barrée sur son bras du bout des doigts. Assis sur le rebord du pont, les pieds au-dessus de l'océan, il observait paresseusement l'horizon. La pulpe de son son pouce retraça la croix. Ses yeux,eux, se tournaient vers les confins de Grand Line, de l'autre côté de Reverse Mountain. Là où s'étendait East Blue, la plus calme de toutes les mers. Mais aussi la plus turbulente, lorsque l'on connaissait les énergumènes qui y avaient grandis. Lui, par exemple. Ou ses frères.

Ses frères. Ils avaient partagé leurs rêves, leurs désirs d'aventures, leurs bains, leurs éclats de rire, leurs larmes... Pour qu'il n'y ait plus que Luffy et Ace pour partager la perte de Sabo.

A la pensée du premier, un sourire étira ses lèvres ; Ace avait ouï dire que le plus jeune de la fratrie brandissait désormais un Jolly Roger affublé d'un chapeau de paille et se rapprochait dangereusement de la Route de Tous les Périls. Pour sûr que son petit frère y aspirait depuis des années : il l'avait déjà hurlé à la face de tout Goya lorsqu'ils étaient enfants.

Luffy, inconscient comme il était, devait déjà débusquer son équipage petit à petit, s'entourant des meilleurs dans leurs domaines et certainement... des plus étranges phénomènes que leurs îles natales n'aient jamais portée. Le sourire d'Ace s'agrandit. Il ne se faisait pas de soucis pour cet abruti, au contraire ; il l'encourageait mentalement à poursuivre cette voie.

Par contre, pour le second...

Une boule se forma graduellement dans sa gorge, écrasant sa trachée jusqu'à ce que l'air lui manque. Ravalant durement ses larmes et reniflant piteusement, ses doigts s'accrochèrent tels des serres autour de la lettre barrée. Il ne s'était pas planté dans l'écriture de son prénom, non ; il ne se l'était pas fait faire après quelques verres de saké en trop ; il n'avait pas eu soudainement une illumination excentrique pour se démarquer de ses pairs.

Cette lettre en particulier dénaturait son prénom pour une seule et unique raison : rendre l'hommage à celui qui l'avait pour initial. Parce que même s'il n'existait plus, même s'il ne pouvait pas découvrir les merveilles de ce monde de ses propres yeux, Ace le trimballait toujours avec lui. Comme ça, il voyait Grand Line à travers ce tatouage, il devenait fou de joie dans le Nouveau Monde et se foutait de sa gueule en l'observant repriser mille et une fois le chapeau conique qu'il confectionnait pour Oz Jr. Même si sa présence physique manquait à ses côtés, sa voix nasillarde résonnait avec la même vivacité d'autrefois dans son esprit.

C'est si beau l'océan ! Tu en as de la chance, Ace !

Qu'il entendait aussi clairement qu'il pourrait observer des poissons aux couleurs criardes au fond d'un lac transparent. Là-bas, à des centaines de milliers de lieux, au fond d'East Blue gisait le corps dépouillé de vie de Sabo. Peut-être même qu'ils ne restaient plus que ses os, la chair ayant été dévorées par l'usure et les bêtes marines carnivores.

Détournant son regard de l'infini bleuté clapotant sous ses pieds, Ace sauta à pieds joints sur le pont du Moby Dick. La main toujours crispée sur le S barré, si important à ses yeux mais tant raillé par ses compagnons, Ace descendit dans la cale jusqu'à sa cabine. Il se laissa tomber sur sa paillasse dans un long soupir résigné. Le Commandant de la Seconde Flotte enfouit sa tête dans le creux de son coude, masquant par la même occasion son visage à quiconque oserait le déranger. Alors qu'il s'apprêtait à se rincer le gosier avec une gorgée de saké, une douce brise salée effleura sa joue. Pourtant, elle était collée à la peau tatouée de son bras. Pourtant, à l'intérieur, le vent perdait tous ses droits, bloqués par des hublots scellés.

Ce ne fut qu'après quelques secondes d'étonnement qu'il se rendit compte avait esquissé la même forme qu'un S. Sans que la croix ne suive ; comme si cette brise rêvée n'était là que pour lui affirmer une vérité qu'il ne croirait jamais.

Parce qu'il était persuadé du contraire depuis trop longtemps.