Toujours dans la réécriture !

Je vous remercie de vos rewiews très motivantes ! Merci beaucoup !

Et Bonne Lecture !


Le lendemain matin était humide. Après la pluie, le beau temps. Le soleil pointa timidement son nez sur les rues de Central City.

Brusquement, un jeune homme ouvrit la porte de son appartement avec empressement tout en enfilant la manche de sa veste et manquant de peu de tomber la tête la première dans la rue. Un bout de pain entre les dents, il courut et dérapa avant de se rattraper.

"- Ed ! Tu oublie ta montre ! Fit une voix dans l'embrasure de la porte."

Le jeune homme fit alors demi-tour en courant et arracha la montre des mains de son petit frère. Tout en se dépéchant de partir, il lança un signe de la main à son cadet...

Celui-ci sourit en refermant la porte de l'intérieur, puis soupira.

"- J'espere que tout ce passera bien..."

~.~.~.~

Edward arriva en courant devant la porte du bureau du Colonel Roy Mustang. Il s'arrêta soudainement devant celle-ci et ne bougea plus. Sa respiration rapide était le seul son qui vibrait encore dans les couloirs du QG de Central. À cette heure-ci, tout le monde travaillait ou bien roupillait dans leur bureau. Il n'avait pas envie d'entrer... Un mal de crâne lui vrillait méchamment les tempes et il avait l'impression que toute l'alcool ne c'était pas encore évaporé de son corps. Il ne se rappelait pas de toute la soirée de la veille, mais en ce qui concernait Roy...Jamais plus il n'oubliera. Et jamais plus il ne boira en sa précense !

*J'ai vraiment du mal à le croire... Que j'ai pu faire ça !*

Dans un coin de sa tête, il était plutôt soulagé de lui avoir enfin avouer, mais pour ce qui était du reste de son cerveau, les remords l'accablaient, surtout... Surtout de lui avoir dit ainsi... Et que Roy est réagit ainsi...

Il leva la tête vers l'horloge qui trônait sur le mur au fond du couloir et regarda la grande aiguille faire son tour circulaire...56...57...58...59...secondes !Neuf heures, piles ! Il soupira et s'apprêta à rentrer tout en posant sa main sur la poignée de la porte. Il s'arrêta dans son élan et d'une main tremblante il toqua à la porte. (C'était l'une des premières fois qu'il faisait ça !) Faiblement...

"- Entrez ! "

Cette voix à l'intérieur qui lui ordonnait tellement de choses depuis six ans le rendit soudain très mal à l'aise. Il rentra donc, poussant avec une extrême lenteur la porte en face de lui, puis s'avança dans le bureau du Colonel. Celui-ci sirotait un café tout en feuilletant la paperasse qui gisait sur son bureau. Il ne leva pas les yeux vers son subordonné mais lui ordonna d'un ton sec de s'asseoir. Edward alla donc s'avachir sur le canapé, les yeux fixés dans le vide. La colère s'immisçait peu à peu dans sa tête.

" - Pas ici ! Lui renvoya la voix glaciale "

Edward esquissa une moue boudeuse et posa son coude contre le boudin du canapé et son menton dans sa main. Il osa regarder son patron à l '« œuvre » et répondit d'un ton tout aussi glacial;

"- Ça fait six ans que je m'assoit dans ce canapé, alors je m'assoit sur ce canapé... Et estimez-vous heureux que je sois à l'heure car je m'en fou après tout de perdre mon emploi au sein de l'armée. Ça me ferais une belle jambe !"

Aucune riposte. Il fut soulagé intérieurement et d'ailleurs il n'aurait pas été d'humeur pour une joute verbale. Roy se leva de son bureau en laissant retomber le papier de sa main. Il caressa le bois du bureau tout en passant sur le côté afin de se rapprocher d'Edward, puis ses doigts attrapèrent deux verres vides que le blondinet n'avait pas vu jusque-là. Roy les posa sur la petite table en face du canapé. Il daigna mettre un sourire sur ses lèvres et demanda à Edward;

"- Tu ne refuserais pas un petit verre de whisky ?"

Edward prit cela pour de la provocation et se leva du canapé d'un bond;

"- C'est quoi votre problème, Colonel ? rétorqua t-il, dédaigneux

- Assit ! Ordonna Roy d'un tout plus mauvais"

Edward se rassit malgré lui, rouge comme un coquelicot traînant dans un champs de blé. Il reposa son menton dans sa main. Il se retint comme il peut pour ne pas trembler sous l'émotion qui le submergeait, qui s'appelait plus communément le « chagrin ». Il inspira profondément pour calmer ses ardeurs.

"- Pourquoi vous réagissez comme ça ? Demanda t-il plus doucement"

Roy soupira, mécontent;

« - Tout d'abord parce que boire ainsi avant une journée de travail est déconseillé...

- Mais pas interdit que je sache ! Riposta le blond en pestant »

Il n'allait quand même pas lui faire la morale pour ça ! Cet ivrogne pouvait bien parler ! Parce qu'il avait vingt ans de plus que lui, il pouvait se permettre de l'enguirlander pour ça ? Lui, quand il était ivre, il allait dans les bordels ou les bars malfamés... (Bien-sûr, Edward ignorait que la mère adoptive de Roy s'y trouvait.) Ce n'était pas comme s'il allait sagement avouer son amour pour quelqu'un ! Roy fixa le blondinet d'un air paresseusement en colère. Edward souffla et fit voler ses mèches devants ses yeux avant de lui envoyer un signe de la main lui incitant à continuer de qu'il disait...

"- On ne t'a pas reconnu à cette soirée...Ce n'est pas ton genre de vider une dizaine de verres comme ça et de bousiller la fête ainsi. Car oui, après cet incident, Jean et Riza étaient véritablement déçus et je le suis aussi !"

Edward se sentit affreusement honteux. Il décida qu'après cet entrevu avec le Colonel, il irait s'excuser auprès du couple. Mais avant ça, il avait quelque chose à régler;

"- Ce n'était qu'une fois... Et la première et dernière fois que je fais ça ! J'avais une raison !... Et puis c'est pas une dizaine de verres, mais sept... La différence étant que deux verres de plus, et là, j'aurais vraiment pété mon câble !"

Roy resta là, debout devant lui et le dévisageait. Il posa une main contre son front d'un air exaspéré;

« - La différence étant que...Boire n'est de toute façon pas une solution à aucun problème. Retient le bien... Sur ce tu peux parti... Ah, encore une chose ! »

Il tendit le doigt vers lui tout en cherchant ses mots. Son doigt zigzaguait devant Edward pendant qu'il réfléchissait. Et là... Edward le sentait mal...

*Il va me parler de ce que j'ai dis... J'en suis sûr...*

"- C'est pénible d'être pointé du doigt, hm ? lui fit Roy entre deux réflexions."

Edward plissa les yeux et aurait bien souhaité lui tirer la langue si ce n'était pas aussi puéril.

"- Quel genre de problème ? Intervint Roy, aussi brusquement que possible

- Hein ?!"

Il feignait la surprise. D'ailleurs il ne se souvenait pas avoir un "problème". Roy le regardait, attendant la réponse, arborant un visage innocent. Il avait une idée derrière la tête celui-là... Edward voyait bien qu'il attendait une réponse le concernant ! Ce... Ce... Ce bâtard... Ce lèche-bottes de l'armée... ce.. Conna... Edward détourna le regard, plus rouge que précédemment;

"- Genre c'est pas vos affaires, mêlez-vous de ce qui vous regarde ! Répliqua t-il alors."

Il se leva, furibond et se dirigea vers la porte pour sortir de ce bureau infâme ! Mais encore une fois, la voix de Roy l'arrêta dans son élan.

"- Encore une chose...C'est là où je voulais en venir et la principale raison pour laquelle je t'ai convoqué dans mon bureau..."

Edward serra instinctivement ses doigts autour de la poignée de la porte. De dos à Mustang, il se mordit la lèvre inférieure en fermant les yeux. Il pria les dieux de toutes religions pour que Roy ne réagisse pas d'une manière négative...

"- J'espère que tu plaisantais, hier soir... Tu sais le « je vous aimes »...

- Je ne vois pas de quoi vous parlez ! Riposta Edward de but en blanc."

La poignée de la porte tremblait à force qu'il la serre entre ses doigts. Roy mit ses mains dans ses poches et d'un ton plus que détendu, il rajouta;

" - Tan mieux alors... commença t-il, hésitant, parce que j'aime les femmes."

Edward ouvrit la porte et se hâta de partir. Finalement, il remettra ses excuses à Jean et Riza plus tard. Pour l'instant il ne se sentait pas bien. Son cœur se serra dans sa poitrine comme s'il avait envie de vomir. Ses yeux le piquaient et il sentait surtout les larmes venir. Il courut à tout jambes jusqu'à l'appartement où son frère se trouvait. Il tenta d'ailleurs d'éviter son cadet et lui proposa de tout lui expliquer plus tard. S'enfermant dans la salle de bain, il ouvrit l'eau chaude à fond. Soudain, il éclata en sanglots. Il s'assit sous la douche, encore habillé et laissa l'eau le laver de sa tristesse. Le bruit de l'eau dissimulait ses pleurs. Il ne pouvait permettre que Alphonse l'entende ainsi. Jamais... Il cacha son visage dans ses mains en tentant d'étouffer ses sanglots. Mais ils avaient été retenus trop longtemps... Six ans... Six ans que la vérité sur ce secret était néfaste. Son cœur sembla se rétracter encore plus dans sa poitrine alors qu'il essayait de respirer correctement entre la douleur qui le prenait et ses pleurs qui ne s'en terminait plus...

~.~.~.~

Au même moment, dans la caserne militaire de Central, Roy sortit de son bureau pour aller tranquillement se servir un café. Il ne se sentait pas bien... Il avait mal à la tête et il était suspicieux. Depuis que Edward lui avouer, certes en étant ivre, qu'il avait des sentiments pour lui, Roy ne tenait pas en place. La raison lui était évidente mais il s'empêchait de le formuler ne serait-ce que dans ses pensées. Son poing cogna contre la machine à café et il soupira. Dans sa tête il essayait de ce convaincre lui-même. Il commença même à murmurer cette phrase pour être sûre qu'elle était vrai;

"- Je ne l'aime pas...Je ne l'aime pas... Je ne l'aime...Je l'aime...Je l'aime..."

Il ferma les yeux et respira calmement pour ralentir les battements de son cœur. Combien de temps avait-il des sentiments pour ce garçon au juste ? Il ne se souvenait plus. Au début il avait cru que c'était du paternalisme, mais il dut rapidement se résoudre. Cela faisait peut-être un an. Peut-être moins. C'était récent. Il avait vu le garçon devenir un jeune homme. Un beau jeune homme.

*Il est... Beaucoup trop jeune, je n'ai pas le droit de me soumettre à mes sentiments... Je finirais par me convaincre qu'ils sont faux !*

Il n'eut pas le temps de s'y résoudre qu'il entendit une autre voix dans ses oreilles. Pas la sienne. Celle d'Havoc;

"- Vous l'aimez, ou vous l'aimez pas ?"

Roy se retourna subitement face à lui, les yeux écarquillés;

"- Qui ça ?! Demanda Roy, prêt à exploser

- Bah je sais pas, vous arrêtez pas de répétez « Je l'aime pas, je l'aime... "

Dieu seul sait combien Roy fut soulagé que Jean n'est pas le don de lire dans les pensées... Il ramassa son masque infaillible et posa sa main sur l'épaule du fumeur. Dans un sourire il lui répondit;

« - Je parlais d'une vieille connaissance... Je crois qu'elle te connaît... Une conquête que j'ai dû te voler sans doute... »

Il n'en fut pas plus pour Havoc que d'entendre la voix moqueuse du Colonel et déguerpir... Roy Mustang fut satisfait de son mensonge puis attrapa son café chaud dans la machine et retourna à son bureau d'un pas... Lent. Son désir pour la petit personne d'Edward Elric lui faisait honte. Il ne voulait pas que ça se sache. Car personne ne savait, n'est-ce pas ?

*L'éviter... Ne pas lui parler... Ce montrer ferme... Et il finira par cesser de m'aimer...pensa Roy*


Quel têtu !