Je dois admettre que ça fait beaucoup de bien de réécrire quelques passage après des années. Je vous rassure l'histoire se déroule sans changement.

Bonne Lecture !


Ce matin-là, la pluie tombait violemment contre la fenêtre quand Edward se réveilla. Il avait d'abord cru à une tombée de grêlons et s'était levé en sursaut puis en regardant l'heure il constata que c'était le moment de sortir du lit. Il émergea lentement du sommeil qui le gâtait encore en essayant de se rappeler de tous les détails des jours précédents pour finalement réprimer de justesse l'envie de retourner au lit... En chemin vers la cuisine, il croisa Alphonse et lui adressa un furtif signe de la main sans le déranger. Il savait très bien que ce n'était pas conseillé de parler à Alphonse dès que celui-ci venait de se réveiller. Le cadet Elric restait toujours une bombe à retardement lorsqu'il n'était pas réveillé et si par malheur quelqu'un se risquait à la déranger, il serait bien capable de mordre... Mais Edward ne s'en risqua point et fila dans la salle de bain pour se laver. Ceci étant fait, il s'habilla et attacha ses cheveux avant de sortir rejoindre Al dans la cuisine et siroter un café.

" - Tu vas aller travailler ? Demanda Alphonse avec une pointe meurtrière dans la voix "

Alphonse avait le regard à moitié fermé et la bouche de travers. Ses cheveux étaient ébouriffés et ses mains se refermaient sur sa tasse de café comme un lion referme ses griffes sur sa proie. Edward hocha la tête et termina son café en se levant. Il attrapa sa veste sur le porte-manteau et sortit de l'appartement sans un mot. Alphonse fixa la porte avec un regard glacial;

" - Cent... Je paris cent que quand tu rentreras, tu seras en pétard... "

Il soupira et continua de boire en faisant des bulles dans sa boisson. Après tout, à force il avait l'habitude en ce moment. Tout n'allait pas. Rien n'allait plus...Quand Edward n'allait pas bien, Alphonse n'avait pas de raison d'aller bien. C'était ainsi depuis toujours et c'était bien la seule chose qui n'avait pas changé entre eux.

Edward arriva à la Caserne et se retrouva les bras chargés de paperasses en tout genre dont une feuille lui ordonnant de se rendre dans la région des montagnes de Briggs pour une inspection... Une inspection dont il s'en fichait à mesure qu'il s'approchait du Bureau du Colonel. Cette fois, il décida de forcer le destin et fonça droit sur la porte en bois de chêne qui lui barrait le chemin entre lui et Roy. Il la défonça presque, déterminé comme jamais et la referma avec un pied avant de se diriger droit devant lui, vers le fameux bureau. Roy Mustang sursauta et leva son regard onyx sur le jeune homme. Lorsque son cerveau assimila l'information et la situation, il fronça les sourcils et commença à être rouge de frustration. La frustration, c'était pour l'entrée incongrue. Le rouge, c'était parce qu'il n'avait vraiment pas envie de le voir !

*Pas toi...*

Edward fit voler la paperasse contre le bureau et plaqua ses mains contre le bois de celui-ci en fixant méchamment son supérieur. Le beau brun lui rendit l'appareil puis se leva lentement de sa chaise en prenant la même position que son subordonné. De sa voix grave et fluide, dure et douce, dramatique et déterminée à la fois il demanda alors;

« - On frappe avant d'entrer. Mais je te prierais de partir, j'ai des choses à faire...

- Taisez-vous ! »

Roy écarquilla les yeux et ses ongles se plantèrent dans le bois de son bureau.

*Va t'en... Va t'en...*

Edward inspira profondément. Les mots ne venaient pas, mais ils avaient une folle envie de sortir. Son cœur s'emballa et il remua la tête pour que ses mèches lui libère le visage, la chaleur lui vint aux joues et il se sentait tout d'un coup démuni. Pourtant, il n'en laissa rien paraître et confrontait le regard du Colonel.

"- J'y vais cash ! O.K !"

Roy feignait l'innocence et arbora une expression surprise. Il se redressa et croisa les bras. Il sentait bien la suite arriver, il savait de quoi Edward allait lui parler et il n'en avait pas envie...

"- De quoi parles-tu ? Demanda-t-il alors"

Edward grogna dans sa fausse barbe avant de se redresser à son tour. Après tout, que pouvait-t-il dire ? Il était venu avec la ferme intention de parler de « ça »... Mais maintenant ? Le sujet était beaucoup plus délicat de plus qu'il ignorait encore quel genre de réaction pourrait avoir son supérieur. Ils étaient adultes et sobres... A ce moment précis, Edward devina rapidement que tout se jouait. Il avait les cartes entre les mains et il était en train d'offrir gratuitement son joker à Roy. Celui-ci pourrait alors tout faire...En bien...Mais surtout en mal. Il était énervé ! Edward posa sa main contre son front et cacha ses yeux qu'il ferma. Maintenant qu'il y réfléchissait, cela devenait de plus en plus dur à aborder. Il releva la tête et fixa Roy Mustang. Celui-ci l'avait lâché des yeux et fixait son bureau avec hésitation et malheureusement pour lui Edward l'avait vu au bon moment. Le Colonel se tourna alors vers sa fenêtre de tel qu'il tournait le dos au jeune blondinet.

" - Pourquoi vous m'évitez ? Demanda calmement Edward "

Il observa Roy qui fit un mouvement de tête en avant. L'hésitation le faisait réfléchir à son tour. Le grand brun soupira et posa sa main contre le verre brillant de la fenêtre et la fit glisser le long tout en faisant grincer ses doigts dessus.

" - Le prix à payer, susurra t-il "

Edward qui n'entendit qu'un murmure ne comprit pas et plissa les yeux en tendant l'oreille;

" - Quoi ? "

Roy se retourna alors vers lui et mit ses mains dans ses poches.

" - Je n'ai rien à te dire et je n'ai pas à me justifier devant toi. Va donc travailler ! "

Edward fulminait de rage et tout son corps tremblait.

" - Vous vous foutez bien de ma gueule ! Hein ?! C'est ça ? Riposta t-il, Parce que...Parce que pour vous c'est sans doute plus simple que de vous rendre à l'évidence. Ça vous dérange que ce soit ainsi et pas autrement... Ça... "

La voix du jeune homme se faisant plus faible, Roy le regardait et pour une fois l'écoutait pour de vrai.

*Ne dis pas ça...Ne dis plus rien...*

Edward étouffa un rire gêné;

" - En fait ça vous fait chiez si je... Je vous...Mais c'est quoi votre problème, merde ?! "

Il s'approcha de son supérieur et tapa son poing d'acier contre le bureau;

" - Ça vous fait quoi, bon sang, si je vous aime ? C'est quoi le problème ? Ça vous fait peur ou quoi ?! J'ai l'impression que depuis cette soirée j'ai chopé la gale et que personne ne veut m'approcher ni même me parler... "

Ça y est. Il l'avait dit. Roy voulait qu'il se taise. Qu'il ferme sa bouche. Qu'il arrête de parler. Chaque mots sortant de sa bouche était comme une aiguille pointue qui se faufilait dans son cœur. Plus les paroles du jeune homme devenaient insistantes et plus il sentait en lui la colère se propager. Mais qu'il se taise ce petit garnement...

" - ... Je comprends pas pourquoi vous réagissez comme ça... Pétard et dire que Alphonse, au départ, m'avais dit que s'avouer à quelqu'un ça ne pouvait pas faire de mal... Vous vous rendez compte ? "

Roy se massa les tempes même si le blondinet ne le voyait pas, trop concentré à parler et à chercher ses mots tout en évitant le regard du Colonel. Le beau brun ferma les yeux et essaya de se focaliser sur autre chose.

*Tais-toi... Tais-toi... Tais-toii !*

Il ne pouvait se résoudre à le prendre dans ses bras même s'il en avait la fâcheuse envie. Et il ne pouvait ni l'embrasser, ni lui parler en bon amant, ni même lui expliquer pourquoi une telle relation était impossible pour lui. Le jeune homme se vexerait..

" - … Pourquoi c'est tombé sur vous... C'est surement ce que vous êtes en train de vous dire... "

Nom de Dieu, ce garçon ne cessait donc jamais de parler ?! Roy en avait entendu suffisamment et il décida de mettre un terme à la « conversation » qui commençait à le chambouler. Son masque se brisa. Il attrapa les épaules du garçon et le bouscula contre le mur. Le blondinet mâcha un hochet de surprise et se sentit serré entre le mur et l'imposante personne qu'était Roy Mustang. Le brun ténébreux fit craquer ses phalanges en serrant les épaules du garçon, qui heureusement pour lui, n'avait qu'un bras sur deux qui souffrait...

" - Tais-toi ! Hurla t-il "

Il soufflait comme un bœuf tout en tentant de contenir sa rage, sa tristesse et son propre chagrin de ne pas pouvoir lui dire qu'il l'aimait en retour. Non... A la place, il faisait exprès de lui faire mal pour lui faire passer un message.

*Laisse-moi...*

" - Je ne veux plus t'entendre... Je ne veux plus te voir... "

C'est à ce moment précis que Edward commença à être effrayé. Son incompréhension l'emmenait dans toutes sortes d'hypothèses mais il ignorait encore ce qui pouvait mettre Roy Mustang dans un tel état... Et pourtant il se risqua, avec une toute petite voix où un soupçon de frayeur et de tristesse s'incrusta;

" - Me faites pas partir comme ça... J'aimerais comprendre pourquoi... Pourquoi ça vous met dans une telle colère... "

Il ne se défendait même pas de l'emprise douloureuse qu'avait Roy sur lui. Il n'en avait plus la force maintenant, à cet instant précis. Lorsque de nouveau Roy lui ordonna de se taire, il s'exécuta. Après un petit moment de silence dont seuls leurs souffles réguliers faisait du bruit, Roy lâcha Edward qui glissa le long du mur et finit assit au sol. Il sentait ses larmes à deux doigts de couler, mais il n'avait pas envie de partir du bureau. Il baissa la tête et fixait ses mains. Roy se tournait et se retournait derrière son bureau tout en se massant les tempes. Lorsque son regard se reposa sur Edward, il cria;

" - Je t'ai dis de partir ! "

Edward sentit les larmes couler sur ses joues. Lentement il se leva, puis pousser par le chagrin il se précipita vers la porte. Arrêté en plein élan par une rage indéfinie il se retourna vers Roy. D'un pas rapide il alla vers lui. Le Colonel redressa la tête et le fixa pour le voir arriver tout en se demandant quel genre d'audace il avait encore. Edward ne prit pas le temps de stopper son élan et il envoya sa main gauche dans la figure du beau brun. Le coup claqua violemment et Roy en fut brutalement secoué.

" - Merde ! Vous avez qu'à me virer, j'en ai plus rien à faire ! "

Le visage rouge et en larmes, il sortit du bureau laissant le Colonel méditer sur la baffe qu'il venait de recevoir. Roy ne s'y attendait pas à celle-là... Et le pire de tout, c'est qu'il n'avait même pas réagit. La main contre sa joue, la bouche entre-ouverte, il était là, debout, derrière son bureau...Seul. Un rire nerveux s'échappa de sa bouche alors qu'il se rasseyait dans son fauteuil...