Bonne Lecture
La pluie battait toujours à tout rompre sans vouloir cesser. Dieu était-il contre lui ?
La question l'effleura subitement alors il qu'il nettoyait sa lèvre inférieure légèrement enflée avec un mouchoir en papier. Il se tenait devant la fenêtre d'une chambre d'ami où Roy l'avait envoyé se « calmer ». Alphonse avait raccompagné Jean chez lui et décida d'aller faire un tour à la banque dans l'espoir que celle-ci soit ouverte et payer enfin leur loyer. Edward, quant à lui, fixait de ses yeux dorés l'horloge et la grande flèche tourner avec une expression indifférente. Il était toujours habillé de ses habits trempés et boueux et se tenait debout en tentant de ne rien salir d'avantage. Son regard se promena sur le paysage pluvieux quand soudain il fut attiré par un cadre-photo soigneusement posé sur la table de chevet à côté du lit d'invité. Il posa doucement son mouchoir immaculé de sang et attrapa soigneusement l'objet entre ses mains. La photo était vieille et elle représentait Roy, tout sourire qui était bras dessus, bras dessous avec son meilleur ami Maes Hughes. Sur la photo, il n'avait pas ses lunettes et visiblement il n'était pas marié lorsqu'il regarda les mains de son défunt ami qui levait les bras dans un geste joyeux.
Maes...
L'homme pour qui Roy à une détermination inébranlable. Riza Hawkeye avait déjà fait le récit de la guerre d'Ishbal à Edward. Elle lui avait parlé de la conversation que Roy et Maes avaient eu concernant l'avenir du pays. Ils avaient décidés que Roy ferait tout son possible pour devenir le dirigeant et protéger tout ceux qui se trouvait sous sa coupe.
« - Je suis vraiment un imbécile, murmura Edward pour lui-même, essayant de refouler sa nostalgie »
Maes avait été un ami et même un père pour lui. Il l'aimait beaucoup pour ça et s'il était mort...Il restait tout de même cher à tout ceux qui l'avait connu. Edward fixait la photo soigneusement encadrée lorsque la porte de la chambre s'ouvrit. Il se retourna violemment et sous l'effet de l'angoisse, il posa précipitamment le cadre sur la table de chevet. Le cadre n'étant pas satisfait d'être ainsi malmené retomba face contre bois. Edward jura rapidement entre ses dents et le redressa. Sa main se posa alors contre le bois de la table, un peu comme pour cacher le cadre et son geste tendit qu'il se retournait vers la personne qui continuait son avancé sur le pas de porte.
Roy arrivait avec une tasse dans une main et du linge dans l'autre le regardant avec un air plus détendu. Il s'approcha et posa la tasse sur la table de chevet faisant par ailleurs reculer Edward qui retourna dans la contemplation de la fenêtre. Le grand brun attrapa du bout des doigts le cadre et le fixa longuement avant de soupirer et de le poser délicatement. Il posa les habits qu'il tenait sur le lit et retourna vers la porte. Avant de s'éloigner, il dit alors, d'un ton très doux;
« - Je t'ai apporté des vêtements propres pour que tu ne prennes pas froid, ainsi qu'un chocolat au la...Un chocolat... »
Edward fixa la tasse, radouci par l'intention de Roy. C'était gentil...Après ce qu'il avait dit... Et avant que Roy ne referme la porte, il se retourna subitement vers celle-ci et s'exclama avec désarroi;
« - Je suis désolé ! »
La porte s'arrêta de couiner et ne se referma pas. La tête de Roy réapparut suivit de son corps. Edward baissa les yeux et se répéta, plus doucement.
"- Je suis désolé..."
Le grand brun ne fut pas surpris d'entendre ça. Il fut même soulagé. Enfin Edward redevenait normal ! Roy se rapprocha alors et posa une main hésitante sur l'épaule de son cadet;
« - Ne t'inquiète pas, va... dit-il en douceur. »
Les précédentes paroles du blondinet sous la pluie l'avait blessé. Sa colère était une vraie furie à éviter et pourtant il en avait fait les frais... Tout les deux avaient un peu raison dans une telle situation. Roy suivait un rêve dans l'espoir de rendre hommage à son ami décédé et de pouvoir exaucer son souhait, laissant de côté ses sentiments amoureux. Quant à Edward, il pouvait à présent être libre de toute contrainte car il avait atteint son but depuis déjà deux ans. Roy fixa le jeune homme et rajouta dans un souffle;
« - Toi aussi, autrefois tu poursuivais un but. Tu dois pouvoir me comprendre, j'en suis sûr. Imagine un peu si j'étais venu perturbé ta quête en t'avouant que je t'aimais ? »
Cet aveu soudain fit relevé la tête du blondinet dont le regard s'immisça dans les yeux onyx qui lui faisaient face. Finalement, c'est avec un pincement au cœur qui se résigna à ne pas poser la question qui lui brûlait les lèvres.
*Est-ce que c'est vrai que vous m'aimez ? Ou bien est-ce juste un exemple...*
Edward répondit sincèrement;
« - Je vous aurait envoyez balader ! Ricana t-il pour détendre l'atmosphère. »
Roy esquissa un sourire évident, puis chuchota;
« - A mon plus grand désespoir... »
Les yeux du plus jeune se rabaissèrent pour contempler le sol, tellement passionnant !
« - Que voulez-vous dire ? Demanda t-il lentement »
Roy ne répondit pas. Il se contenta de lever la main vers son subordonné. Il se permit alors de gentiment caresser la lèvre meurtrie du jeune homme. Celui-ci fut agréablement surpris et c'est avec un pincement au cœur qu'il repoussa doucement la main du Colonel.
« - Faites attention... Ça va nuire à votre réputation, dit-il. »
Roy ricana et se pencha un peu plus vers le blondinet;
« - Je pourrais te promettre qu'une fois que je serais au sommet de la pyramide, ma réputation n'aura plus à s'en faire...
- Mais ? Demanda Edward »
Roy le regardait mais ne le voyait pas. Il cherchait ses mots. Les yeux dans le vague, il redressa la tête et se pencha vers Edward;
« - Mais je ne pourrais attendre jusque-là...Ce serait trop long. »
Le visage du grand brun s'assombrit. Un million de pensées l'assaillait. Il ne savait plus quoi faire.
« - Mais malheureusement... commença t-il»
Il fut coupé par un contact chaud contre sa joue. Les douces lèvres du blondinet se collaient contre sa joue tendit que de sa main il rapprocha la tête du Colonel contre lui. Roy d'abord surpris par l'action du plus jeune, ferma les yeux. Une partie de son cerveau lui intimait qu'il commettait une grave erreur. L'autre, plus docile aux sentiments du grand brun, le convainquait d'embrasser Edward. Ce qu'il fit. Il détourna la tête vers les lèvres du garçon et l'embrassa délicatement. Le blondinet faillit le repousser, prit par surprise, mais se laissa vite faire. Sa main de métal se posa contre le torse de Roy dans l'espoir de sentir les battements de son cœur. De l'autre main, il passa ses doigts contre la joue de son amant, lui laissant une petite trace de boue au passage.
Et c'est ici, dans cette petite chambre d'invité, cachés de tout les regards qu'ils profitèrent de ce petit et simple moment pour se rapprocher. Un simple câlin qui avouait tant de choses à la fois. Les mots se perdaient dans leurs têtes et ils s'embrassèrent encore. Personne n'en saurait rien... Jamais personne.
Ce doux baiser devint plus passionné et Roy avança, obligeant Edward, dos contre la fenêtre. Il lui prit sa main de chair dans la sienne et cessa le baiser. Il embrassa le front tiède de son cadet en reprenant son souffle puis lui susurra à l'oreille;
« - Si personne ne le découvre, se sera notre secret... »
C'est pas trop tôt ! Ah ? Mais... A suivre !
