XI. Surprises & Secrets
- Echec et maths !
Sirius émit un grognement sonore à la manière d'un chien en voyant James prendre son roi avec sa tour.
- J'ai gagné contre Sirius ! chantonna James en entamant une danse de la joie dans la salle commune sous les regards amusés des autres élèves présents dans la pièce. J'ai gagné contre Sirius !
- La ferme ! protesta Sirius. C'est bon, c'est pas extraordinaire non plus ! Enfin, si, j'admet que je suis incroyablement doué aux échecs, mais bon ! Arrête de danser comme un abruti, tout le monde te regarde !
James s'arrêta soudain et constata que, effectivement, tous les yeux étaient rivés sur lui. Avec un sourire, James s'inclina en une révérence et retourna s'asseoir auprès de son ami.
- N'empêche, j'ai gagné ! constata-t-il pendant que Sirius rangeait le jeu d'un coup de baguette. Bon, on fait quoi ?
- Aucune idée, répondit l'autre en regardant sa montre. Les filles arrivent dans une demi-heure. On a fait deux partie d'échec, et chacun en a gagné une – sauf que moi, je ne m'en suis pas vanté en dansant ridiculement. On a qu'a… manger !
- Pff… On croirait entendre Peter !
- Bah, que veux tu ? demanda Sirius d'un air solennel. Faut bien quelqu'un pour lui rendre hommage… P'tain, il est vraiment pas doué quand même ! S'étouffer avec une Dragée…
- Yep, j'avoue ! approuva James. Mais ça règle pas la question : qu'est-ce qu'on peut faire pendant une demi-heure ? Non, pas manger… On a qu'a se préparer ! Réfléchis : qu'est-ce qui ferais plaisir à Alexia pour le pique-nique ? Qu'est-ce qu'elle adore ?
Sirius réfléchit quelques instants puis, illuminé, il s'exclama fièrement :
- Les Chocogrenouilles !
James sourit et hocha la tête.
- Très bien, conclut-il. Donc, t'as qu'a lui offrir un plateau entier de Chocogrenouilles pour le dessert ! Pas bête. On a qu'a réfléchir sur tout ça pendant le temps qui nous reste : qu'est-ce qui leur ferais plaisir…
Sirius approuva et commença à se balancer sur sa chaise tout en réfléchissant. James fit de même. Quelques secondes plus tard, Sirius se leva brusquement et sortit de la salle commune. James le regarda, surpris, avec un sourire amusé : connaissant son ami, ça serait probablement… surprenant ! Quant à lui, il continua à réfléchir à ce qui ferait plaisir à Lily. Sirius revint une demi-heure plus tard avec un panier dans les mains. James désigna le panier d'un signe de tête interrogatif mais tout ce que Sirius répondit ce fut :
- Il nous reste deux minutes ! Ca sonne dans deux minutes ! Viens, dépêche !
Et il traversa la salle commune en courant. James le suivit, étonné. Arrivés dans le couloir, ils coururent encore et encore le plus vite possible pour arriver devant la salle d'étude des moldus où Lily, Alexia, Lou et Remus avaient cours. Au moment où ils s'appuyaient sur leurs genoux pour reprendre leur souffle, la cloche retentit et des bruits de pas résonnèrent dans tout le château. Sirius et James se redressèrent brusquement et attendirent que les élèves sortent de la salle. A la fin du rang qui se pressait dans le couloir, Sirius aperçut Alexia qui discutait avec Lily. Devant elles, Lou était en grande conversation avec Remus. Il se dirigea vers eux, suivit de James qui se passait la main dans les cheveux pour se recoiffer – ou plutôt, se décoiffer. Lily eut un sourire amusé et lui fit signe de s'approcher.
- J'ai faim, lui murmura-t-elle à l'oreille. T'as intérêt à m'avoir préparé quelque chose de mangeable, parce que je tiendrai pas longtemps.
- J'espère que tu aime les surprises, répondit-il.
Ce qui ne rassura pas Lily, mais la rendit plus impatiente que jamais. Elle attrapa le poignet de James et se mit à dévaler l'escalier en courant, le traînant par la main, ce qui ne semblait pas déranger James le moins du monde. Elle arriva dans le Hall et s'arrêta un moment pour reprendre son souffle, un grand sourire au lèvre. Quelques instants plus tard, ils furent rejoints par Alexia, Lou, Remus et Sirius qui les regardaient d'un air attendri.
- Qu'est-ce que vous attendez ? leur lança Lily. On y va oui ou non ?
Tous approuvèrent de la tête. La rousse s'avança vers l'immense porte de bois et l'ouvrit. Aussitôt, James lui prit la main et l'entraîna à l'écart des autres. Curieusement, Remus fit de même avec Lou. Idem pour Sirius et Alexia. Ainsi commençait le pique-nique inoubliable…
Alexia & Sirius
- Où tu m'emmène ? demanda Alexia d'une voix amusée tandis que Sirius la traînait toujours par la main.
Il ne répondit pas et marcha quelques minutes, jusqu'à arriver devant un grand saule pleureur – pas le saule cogneur, attention, ne pas confondre – dans un coin du parc. Il poussa d'un geste nonchalant les branches souples qui descendaient jusqu'au sol pour dégager un chemin sous le plafond de feuilles que formait l'arbre. Une fois que les deux adolescents furent sous le saule, Sirius posa le panier sur le sol et déroula une énorme nappe à carreaux rouges et blancs sous le regard surpris d'Alexia. Il s'assit dessus, imité par la jeune fille.
- T'as faim ? demanda-t-il.
- Tu peux même pas imaginer ! répondit Alexia en se passant la langue sur les lèvres. Alors, qu'est-ce qu'on mange ?
- Eh bien en fait…, marmonna Sirius dont les joues rosirent. Tu sais, j'ai jamais cuisiné pour personne, alors t'étonne pas trop si c'est pas…
Il fut coupé par Alexia qui s'était jetée sur lui et le serrait dans ses bras. Sirius, un peu surpris mais très content, lui rendit son étreinte mais, à sa grande déception, Alexia le lâcha et s'éloigna un peu. Sirius put quand même constater avec fierté que la jeune fille avait les joues aussi roses que lui.
- C'est fou à quel point mon charme leur fait un effet incroyable ! s'exclama Sirius en souriant. Suis-je si séduisant ?
- Séduisant je sais pas, mais t'es surtout prétentieux ! répliqua Alexia en lui rendant son sourire. En tout cas, personne avait jamais cuisiné pour moi – hormis bien sûr mes parents. Bon, c'est pas tout ça mais j'ai faim moi ! Alors, qu'est-ce que ce charmant Mr Black nous a préparé aujourd'hui ? ajouta-t-elle en prenant une voix solennel.
- Charmant ? répéta Sirius, comme si c'était le seul mot qu'il avait capté dans la dernière phrase. Charmant ? Tu me trouve charmant, vraiment ?
- Je te répondrai quand tu m'aura répondu ! rétorqua Alexia. Qu'est-ce qu'on mange ?
- Ahem… J'ai… J'ai préparé une salade niçoise. J'espère que ça te plaît ? Moi j'adore ça depuis que je suis tout petit et j'adore toujours ça maintenant que je suis un peu moins petit et je pensais que vu que je connais plein de gens qui aiment ça tu aimerai peut-être aussi et…
Il fut de nouveau interrompu par Alexia qui s'était encore jetée dans ses bras. Il sourit et murmura :
- Je savais que la nature m'avait doté d'un charme hors du commun mais à ce point… Je te fais tant d'effet que ça ?
Alexia ne répondit pas mais, quand elle le lâcha, elle était écarlate.
- En fait, les salades niçoises, c'est mon plat préféré ! avoua-t-elle comme pour se justifier. J'ai toujours adoré ça.
- Que de points communs, ma chère, que de points communs !
Alexia éclata de rire. Sirius élargit son sourire et sortit du panier un gros saladier contenant ladite salade niçoise qu'il avait préparé une demi-heure à préparer à l'aide d'un livre de cuisine – et d'un peu de magie pour que ça reste mangeable, vu que c'était sa première expérience culinaire. Il était fier d'avoir deviné qu'Alexia aimait ça, car il n'imaginait même pas la honte qu'il aurait eu si elle lui avait dit « J'aime pas ça. T'as pas autre chose de mangeable ? » Non, vraiment, il aurait eu du mal à s'en remettre ! Il disposa deux assiettes sur la nappe d'un coup de baguette, ainsi que des couverts et deux verres qu'il remplit de jus de citrouille.
- Santé ! fit-il en levant son verre. A nous !
- A nous ! répondit Alexia en l'imitant.
Parfaitement synchronisés, ils avalèrent le contenu de leur verre en une gorgée.
- Alors, ça te plaît ? demanda Sirius en remplissant de nouveau les verres.
- Le jus de citrouille ? Ah ouais, j'adore !
- Mais non, je veux dire mon idée ! Le pique-nique sous cette arbre, la salade niçoise et tout…
- Ah ! Ah oui, oui c'est vraiment génial !
Ravi, Sirius but d'un trait son second verre et, empoignant fermement les couverts à salade, il remplit les assiettes, les sourcils froncés par la concentration, sous le regard amusé d'Alexia.
- Tu sais que tu n'as toujours pas répondu ? fit remarquer Sirius. Est-ce que tu me trouve charmant ?
Alexia sourit devant son air timide. Elle n'avait jamais vu Sirius Black gêné, et elle trouvait ça incroyable de voir ce garçon si sûr de lui rougir au simple fait qu'elle le trouve charmant.
- Evidemment, tu es un vrai gentleman ! répondit Alexia en commençant à manger. Eh… Mais c'est pas mal du tout ! Où est-ce que t'as appris à cuisiner comme ça ?
- Dans un livre de cuisine, dit simplement Sirius. Et avec une baguette et un peu de volonté.
- Les efforts portent leurs fruits en tout cas ! C'est super bon !
- Content que tu apprécie, fit Sirius en inclinant la tête.
- Que j'apprécie ? répéta Alexia en lâchant sa fourchette, incrédule. Que j'apprécie ? Sirius Black, LE Sirius Black m'invite à un pique-nique. J'accepte, évidemment. Il a préparé lui-même à manger pour la première fois de sa vie. Pour moi ! Ensuite, il a préparé un de ses plats préférés que, coïncidence, j'adore aussi. C'est délicieux. Et tu ose… Sirius Black, tu OSE en conclure que j'apprécie ? Mais j'adore, imbécile !
- Arrête, tu va me faire rougir ! répliqua Sirius en s'éventant avec la main.
Alexia éclata de rire et continua de manger avec délice. Sirius, flatté de sa remarque sur la qualité de ce qu'il avait préparé, goûta lui aussi à la salade niçoise et dû avouer qu'en effet, ce n'était pas mal du tout.
- Alors, t'as déménagé à Londres cet été ? demanda Sirius pour engager la conversation.
- Oui, une maison super belle pas très loin du Chaudron Baveur. C'est plus pratique quand il faut se rendre au Chemin de Traverse. Et puis, c'est plus grand que l'appartement où on habitait avant, c'est mieux vu que ma mère adore les animaux et qu'on en a plein à la maison.
- Et toi, tu aime aussi les animaux ? demanda Sirius d'un ton innocent bien qu'il fut avide de connaître la réponse. Les chiens, par exemple ?
- Les chiens ? Tu veux rire ? C'est mon animal préféré ! Mais pas les petits chihuahuas… Non, les gros chiens, je trouve ça super beau ! C'est trop mignon ! Justement, à la maison, on en a trois ! Deux bergers allemands et un labrador noir. En plus de ça, on a aussi deux chats : un mau égyptien et un persan qui ne fait que dormir. Vu que je suis fille unique et que ma mère adore les animaux comme je te l'ai dit, on a de la place pour accueillire trois chiens, deux chats, une tortue et une dizaine d'oiseaux. Mais mes favoris, ça reste quand même les chiens.
Sirius parut ravi. Dès qu'ils eurent fini de manger la salade, il sortit du panier un plat sur lequel était posé une magnifique tarte aux fraises.
- Au fait, en dessert… J'espère que tu aimera !
- J'adore ça, répondit Alexia. Ca aussi, tu l'a fait toi-même ?
- Moi-même. Tu veux encore un peu de jus de citrouille ?
- Avec plaisir ! fit Alexia en souriant, tout en se servant une part de tarte tandis que Sirius remplissait son verre.
- Oh et… J'ai aussi une surprise pour toi ! Et ça, c'est pas moi qui l'ai fait mais je suis sûr que ça te plaira !
Lentement, avec un large sourire, il tira du panier un énorme plateau d'argent dont le contenu était recouvert d'un petit drap de soie violette. Doucement, il fit glisser le tissu, laissant apparaître une quantité exceptionnelle de…
- Chocogrenouilles ! s'écria Alexia en lui sautant au cou, le faisant basculer par terre.
Il éclata de rire. Elle se trouvait allongée sur lui, ses longs cheveux blonds lisses chatouillant légèrement le bout du nez de Sirius. Elle avait les deux mains posées sur ses épaules et s'appuyait dessus, tandis que leurs jambes étaient entremêlées. Il ne pouvait plus bouger, mais riait toujours. Alexia eut un sourire gêné et tenta de se relever. Sans succès.
- Faudrait peut-être… rouler ? suggéra Sirius.
Elle approuva d'un hochement de tête enthousiaste et, laissant retomber ses mains, elle se retrouva collée contre Sirius. Celui-ci lui prit les mains et ils entamèrent une suite de roulés-boulés sur l'herbe. Lorsqu'ils se séparèrent, allongés côte à côte, ils étaient partis dans un fou rire. Ils se relevèrent et se rassirent sur la nappe à carreaux, le teint d'un rose soutenu, un sourire toujours accroché aux lèvres. Ils échangèrent un regard. Alexia ouvrit une Chocogrenouille, le regard toujours plongé dans celui de Sirius, l'engloutit d'une traite et rangea dans sa poche la carte sans même y jeter un coup d'œil, toujours fixant les yeux du brun.
Lou & Remus
- Mumus, où est-ce qu'on va ?
- Tu verras, répondit Remus en souriant à l'évocation de son nouveau surnom affectueux. C'est une surprise…
Lou se contenta de sourire aussi et de se laisser entraîner par la main. Ils passèrent près du lac mais ne s'arrêtèrent pas devant. Remus continua de marcher et ils arrivèrent près du saule cogneur. Ses branches s'agitaient paresseusement, comme si il s'ennuyait. En voyant l'arbre, Lou obligea Remus à s'arrêter se stoppant net. Elle paraissait hésitante.
- Tu es sûr que tu veux aller par là ? marmonna-t-elle avec appréhension. Tu sais que cet arbre cogne sur tout ce qui bouge ? C'est pas un peu dangereux ?
- T'inquiète pas, il me connaît bien, on est bons amis, lui et moi…
Un sourire triste apparut sur le visage de Remus et son regard devint flou. Lou parut gênée d'avoir engagé ce sujet qui semblait perturber le jeune garçon. Pour se faire pardonner, elle lui tira le bras et s'avança d'un pas décidé vers le saule cogneur. Elle s'arrêta à une dizaine de mètres du grand arbre qui commençait à s'agiter à leur approche.
- Euh… Mumus, comment on va faire pour passer ? Il va nous réduire en bouillie…
- T'inquiète pas ! répéta Remus en ramassant une longue branche par terre. Si seulement Peter était là… Avec lui, c'était bien plus facile d'entrer…
Il soupira et s'approcha doucement du saule cogneur qui agitait ses branches de plus en plus furieusement. A l'aide de la branche, il appuya sur un nœud que formaient quelques racines et l'arbre s'immobilisa immédiatement. Lou haussa les sourcils, surprise. Remus lui fit signe de la suivre et il s'engouffra dans un tunnel au pied de l'arbre. Lorsqu'ils furent tous deux entrés dans le tunnel, ils sortirent leur baguettes et chuchotèrent : « Lumos ! ». Une petite lueur argentée apparut au bout des baguettes, leur produisant assez de lumière pour y voir clair à un mètre ou deux autour d'eux.
- Avant qu'on y aille, commença Remus, j'aimerai que tu saches…
- Avant qu'on aille où ? l'interrompit Lou. Où on est, là ? Sous le saule cogneur ? Pourquoi on est là ? Qu'est-ce qu'on y fait ? Où tu m'emmène ?
- J'aimerai que tu saches que je n'ai jamais invité personne d'autre ici, poursuivit Remus comme si elle ne l'avait pas coupé. Sauf bien sûr James, Sirius et Peter. Tu comprendras après pourquoi, je t'expliquerai tout… J'ai décidé de tout t'expliquer parce que tu es la personne la plus importante à mes yeux après ma famille et mes amis, et je voulais partager ce secret avec toi. Tu as confiance en moi ?
- Euh… Je ne suis pas sûre de bien comprendre… Je veux dire…
- Tu as confiance en moi ? répéta le jeune garçon, insistant.
- Euh… Oui.
- Très bien. Alors, suis-moi.
Il lui tendit sa main et elle la prit sans hésitation. Il se mit alors à courir le long du tunnel sombre, éclairé par la lueur que produisaient leur baguettes. Quelques minutes plus tard, ils arrivèrent dans la Cabane Hurlante. Quand Lou arriva dans la pièce, elle tomba à genoux sur le parquet glacial et s'épousseta ses longs cheveux ondulés d'un noir corbeau.
- C'est plein d'araignées là-dedans ! gémit-elle. J'en ai plein dans les cheveux ! J'ai horreur des araignées ! Je… Eh ! On est où, là ?
- Dans la Cabane Hurlante.
- Quoi ?! s'exclama la jeune fille en se relevant d'un bond. Tu veux dire cette horrible maison d'où on entend parfois des hurlements et des cris déchirants à Pré-au-Lard ? Tu parle de ça ?
- Oui.
- Pourquoi tu m'a amenée ici ? s'écria Lou, effrayée. C'est plein de fantômes et…
- Ne me dit pas que tu as peur des fantômes ! répliqua Remus en s'époussetant nonchalamment les vêtements. Tu en vois tous les jours à Poudlard !
- Oui mais… Je sais pas, y'a des cris qui proviennent d'ici des fois la nuit et…
- Toutes les nuits ?
- Non, seulement certaines, et…
- Lesquelles ?
- Mais je sais pas moi !
- Alors je vais te le dire. C'est pas n'importe quelles nuits. C'est les nuits de pleine lune.
- Quel rapport ?
- C'est pas des fantômes.
- Alors c'est quoi ? s'exaspéra Lou, paniquée à l'idée de voir surgir un monstre de derrière une porte pour l'égorger. C'est quoi ?!
- Un loup-garou.
- Quoi ?! Comment tu peux le savoir ? Et puis d'abord je…
Soudain, le visage de la jeune fille s'illumina. Elle avait compris. Elle ne recula pas. Elle ne poussa pas de hurlement horrifié.
- C'est… toi ? demanda-t-elle avec douceur. C'est… c'est toi qui pousse ces cris les nuits de pleine lune ? Tu… Remus, tu es un loup-garou ?
Le garçon hocha la tête avec un sourire triste et lui tourna le dos.
- Si tu veux partir en courant raconter ça aux autres, la sortie est juste derrière toi… Tu peux aller leur dire que je suis… Que je suis un monstre…
Sa voix se brisa. Lou resta pétrifiée.
- Imbécile.
- Pardon ? fit Remus sans se retourner.
- J'ai dit que tu étais un imbécile.
- C'est bien ce que j'avais compris.
- Comment peux-tu oser croire que je suis aussi inhumaine ? Jamais… Jamais, je n'irai raconter ça à qui que ce soit. Comment peux-tu croire que je suis indigne de confiance pour… Pour un tel secret…
- Alors, tu ne diras rien ? demanda timidement Remus en se retournant pour lui faire face.
Lou constata avec stupéfaction que des larmes coulaient sur ses joues. Il avait l'air si triste… Elle s'avança vers lui et lui prit tendrement le visage entre les mains.
- Evidemment que je ne dirais rien, idiot ! murmura-t-elle. Et je vais même t'aider…
Elle déposa un baiser sur sa joue et s'assit par terre.
- Mais je veux juste savoir pourquoi tu m'as amenée ici.
- Parce que c'est l'un des seul endroit où je suis à peu près sûr d'être tranquille… Et puis, personne ne vient jamais ici, et je m'y suis habitué. Tu as faim ? demanda-t-il pour changer de sujet.
- Bien sûr ! Tu as préparé quoi ?
Pour toute réponse, Remus claqua des doigts. Aussitôt, une petite elfe transplana à côté de lui dans un petit claquement sec.
- Vous m'avez demandé, monsieur ?
- Oui, Yaria. Peux-tu m'apporter ce que j'avais prévu ? Tu sais, quand j'étais passé te voir aux cuisines l'autre jour…
- Oui, monsieur. Certainement, monsieur.
L'elfe disparut et revint quelques instants plus tard avec un petit chariot d'argent sur lequel était disposés plusieurs plateaux également en argent, dont le contenu était recouvert par des voiles de soie fine argentée aussi. Yaria poussa le chariot vers Remus qui s'était assit aussi et, après s'être inclinée, elle disparut de nouveau. Remus pris un plateau et le tendit à Lou. Celle-ci ôta le tissu en souriant, dévoilant ainsi du caviar et des petites tranches de pain.
- Wouah, mais j'ai droit au repas de roi ! s'exclama-t-elle en élargissant son sourire. Du caviar ! Messire, si vous le permettez…
Elle déposa du caviar sur un bout de pain et l'approcha de Remus. Celui-ci sourit et ouvrit la bouche pour manger ce qu'elle lui tendait. Ensuite, à son tour, il tartina de caviar du pain et le porta au niveau du visage de Lou, pour qu'elle puisse le manger. La jeune fille l'attrapa entre les dents et l'englouti, sous le regard amusé de Remus. Le plat fut vite fini.
- Qu'avons-nous ensuite, très cher ? fit Lou en prenant une voix sérieuse et un air hautain.
- Du homard, chère madame ! répondit Remus sur le même ton.
Il lui tendit un autre plateau dont elle tira le voile de soie avec impatience. Le homard était joliment présenté et elle eut un sourire ravi.
- Je vous sers ? proposa Remus.
- C'est demandé si gentiment ! dit Lou en inclinant la tête. Faites donc.
Encore une fois, le plat fut rapidement vidé.
- C'était délicieux, mon cher ami.
- Je ne vous le fais pas dire.
- C'est bien dommage. Oh, amusons-nous, faites.
- Quoi donc ?
- Faites-le moi dire, voyons.
- Plait-il ?
- Je dis « C'était délicieux », et vous dites « Je ne vous le fais pas dire ». C'est amusant. Faites-le moi dire.
- A votre guise, alors. Dites-moi que c'était délicieux !
- C'était délicieux.
Ils échangèrent un regard et éclatèrent de rire. Reprenant à grand peine son sérieux, Lou exigea d'un signe dédaigneux de la main la suite. Remus acquiesça de la tête et lui mit sous le nez un troisième plat, le plus grand. Sans hésiter, elle arracha avidement le tissu et retint une exclamation de joie. Plaquant ses mains contre sa bouche, elle ne put qu'admirer le spectacle qui s'offrait à elle, des larmes de bonheur perlant au coins de ses yeux.
- C'est… c'est… c'est magnifique ! balbutia-t-elle en contemplant le contenu du plateau d'argent. C'est merveilleux, j'ai l'impression de rêver !
- Ravi que ça te fasse cet effet ! constata Remus en souriant.
Lou lui adressa un sourire rayonnant. Devant elle, sur le plateau, s'étendait une quantité incroyable de bonbons en tous genres. Des sucreries sorcières comme moldues. Ca allait des Patacitrouilles aux Fraises Tagada, en passant par les Dragibus, les Schtroumpfs, les fils à la fraise, au coca, à la pomme, les bouteilles roses et bleues acidulées, les Chocogrenouilles, les Souris au Poivre, les Dragées Surprises de Bertie Crochue, les caramels, les sucre d'orge, les Baguettes Réglisse, les sucettes… Et tant d'autres encore ! Lou, experte, connaissait tout les noms. Elle était en extase. Jamais de sa vie elle n'avait vu pareille collection de bonbons… Elle se croyait au paradis.
- Tout ça… tout ça, c'est pour moi ? s'exclama-t-elle, un énorme sourire se dessinant sur ses lèvres. C'est vraiment pour moi ?
- Oui.
- Oh… Je… Remus, je… Je sais pas quoi dire, c'est si…
Ne trouvant pas les mots, elle lui sauta au cou et le serra dans ses bras le plus fort qu'elle put. Remus parut surpris mais ne se plaignit pas le moins du monde.
- Merci, lui murmura-t-elle à l'oreille. Merci beaucoup, c'est le plus beau cadeau qu'on m'ai jamais fait…
- Je t'en prie ! répondit Remus dont le teint pris une couleur rose soutenu.
Elle le relâcha quelques secondes plus tard, souriant toujours d'émerveillement.
- Oh, et… J'ai faillit oublier ! se rappela Remus en lui tendant le dernier plateau, dont le contenu était recouvert par un couvercle en demi-rond. Le dessert, au cas où les bonbons ne te suffiraient pas !
Elle souleva le couvercle, laissait apparaître des sorbets glacés qui flottaient à quelques centimètres au dessus du plateau.
- Fizwizbiz ! s'écria Lou. Oh, vraiment, c'est trop, je sais pas quoi dire !
- Alors dis rien, et mange ! répliqua Remus en souriant à son tour.
Lou ne se fit pas prier. Elle prit une cuillère en argent et la planta vigoureusement dans la glace. Elle la fourra dans sa bouche et sourit de contentement.
- Citron ! J'adore le citron !
- Content que ça te fasse plaisir.
- Alors tu n'as jamais été aussi heureux de toute ta vie.
Remus lui adressa un sourire rayonnant, qu'elle lui rendit. Dès qu'ils eurent terminé les sorbets, il reposa sa cuillère.
- Au fait, tu sais, tout à l'heure, tu m'avais dit que tu pouvais m'aider ! commença-t-il. Tu sais, pour mon… Pour mon petit problème de fourrure.
Lou pouffa de rire.
- Oui, c'est comme ça que James appelle le fait que je sois un… loup-garou. Bref, tu disais que tu pouvais m'aider…
- En quoi as-tu besoin d'aide exactement ?
- Me contrôler.
- Pardon ?
- Quand je me transforme, je deviens intenable. Je ne reconnais même plus mes amis, je ne suis plus moi-même, je dévaste tout sur mon passage… T'as jamais écouté les cours de Défense Contre les Forces du Mal ? Par contre, quand je suis avec James et Sirius, je redevient un peu moi. Tu comprends, faut que je te dise… Maintenant que tu sais pourquoi on m'appelle Moony, je t'explique pourquoi ils se font appeler Padfoot et Prongs.
- Pourquoi, alors ?
- Ils sont des animagus.
- Quoi ?!
- Oui, des animagus non-déclarés. Sirius en chien et James en cerf. Peter aussi m'aidait, avant. C'était un rat. C'est lui qui aidait à appuyer sur le nœud de racines pour venir ici. C'est dans cet endroit que j'ai vécu mes transformations. Au fur et à mesure, les mois on passés et j'ai réussi à m'habituer, à me faire apprivoiser. Tous les trois, ils ont réussi à m'emmener faire des balades nocturnes à Pré-au-Lard et, si jamais je devenais violent, le chien et le cerf étaient là pour moi. Ils me contrôlaient. Mais malgré tout, c'est tout juste suffisant, car ils revenaient souvent blessés le lendemain matin des nuits de pleine lune, et je m'en veux beaucoup pour ça. Surtout depuis la mort de Peter, ils ne sont plus que deux et… ça risque de devenir plus compliqué. Mais tu ne peux pas m'aider.
- Bien sûr que si.
- Non.
- Et qu'en sais-tu ? On a tous nos secrets, ajouta Lou avec un petit sourire malicieux.
- Explique-toi, je vois pas ce que tu veux dire.
- Tu m'as avoué ton secret, je vais te dévoiler le mien. Je ne l'ai jamais dit à personne, même pas à Lily ou Alexia…
- Je suis content alors que tu me fasse cet honneur. Je t'écoute, fais-moi confiance…
- Je suis un animagus, moi aussi.
- …
- Depuis ma troisième année. J'ai été tout de suite fascinée par les cours de métamorphose, dès le début de ma première année, et j'ai commencé à vouloir devenir un animagus. J'ai vite compris que ça n'allait pas être facile mais j'était l'une des meilleures de mon année en métamorphose, et je le suis toujours. Alors, en milieu de troisième année, j'ai fini par réussir.
- Quel animal ? demanda simplement Remus après quelques instants de silence.
- Devine… Quel est mon prénom, Mumus ? Comment est-ce que je m'appelle ?
- Lou… Loup ! Tu te transforme en loup, n'est-ce pas ?
Un sourire tendre de la part de la jeune fille fit comprendre à Remus qu'il avait raison. Le garçon sourit.
- C'est fort, un loup. C'est puissant… Surtout que ça fait maintenant… environ trois ans ? Tu dois t'être entraînée à décupler tes forces, non ?
- J'ai fait de l'exercice dans la forêt à mes heures perdues, admit Lou. Je courrais parmi les arbres pour m'entraîner à l'endurance, griffait les troncs pour aiguiser mes griffes et améliorer mes coups de patte… J'ai toujours été fascinée par les loups. Ce sont des animaux merveilleux, si beaux, si gracieux, si puissants, si majestueux… Je suis très contente d'être un animagus. Je pourrais t'aider, alors ?
- J'ai vraiment pas envie de te faire mal… Quand je vois, le lendemain matin, les marques de griffes dans le dos de Sirius ou que James se retrouve à l'infirmerie pour faire recoller des côtes…
- Ca fait trois ans que je fait de l'exercice pour être plus forte sous forme de loup, répéta la jeune fille avec un sourire insistant. Je peux t'aider… Je veux t'aider. De gré ou de force, je t'aiderai.
- Merci…, murmura Remus avec un sourire reconnaissant. Merci de m'avoir confié ce secret.
- Merci à toi de m'avoir avoué que tu étais un loup-garou ! répliqua Lou en souriant.
- C'est marrant quand même, nan ? Lou, loup, loup-garou…
- Bah, ça nous fait juste des points communs !
- C'est cool.
- Ouais, c'est cool…
Ils échangèrent un sourire amusé. Au bout de quelques minutes, un silence gêné s'installa. Pour faire quelque chose, Lou se décida à entamer le grand plateau de sucreries offertes par Remus, en ayant bien sûr pris une photo avant – une telle masse de bonbons rassemblée, ça se garde en souvenir !
- Sucre d'orge ? proposa Lou.
- C'est mon bonbon préféré, acquiesça Remus en prenant le sucre d'orge qu'elle lui tendait.
Elle esquissa un sourire joyeux tandis qu'elle ouvrait un paquet de Dragées Surprises.
- Alors comme ça, t'es un loup-garou…
- Yep, depuis mes cinq ans. Me suis fait mordre. Pas de remède à cette maladie-là. Condamné.
- Et les trois autres t'aident à te contrôler et à tenter de te calmer toutes les nuits de pleine lune ?
- T'as tout compris. Soit ils viennent m'enfermer ici, soit on va faire un tour à Pré-au-Lard. Mais ça a toujours été un peu risqué vu que Peter n'était pas super… fort pour me faire face, alors maintenant qu'il n'est plus là, c'est encore plus dangereux… Et donc si toi, tu pouvais m'aider, ce serait génial…
- Heureusement que j'ai pris la bonne initiative de devenir une animagus !
- Patacitrouille ?
Lou sourit, hocha la tête et attrapa au vol la Patacitrouille que Remus lui envoyait. Elle fourra la friandise dans sa bouche sans quitter le garçon des yeux.
Lily & James
- James Potter, je t'ordonne de me lâcher immédiatement !
- Lily Evans, tais-toi et suis-moi sans faire de commentaire.
- Comment oses-tu ? Potter !
James s'arrêta et lui fit face. Il ne supportait pas qu'elle l'appelle par son nom de famille, surtout maintenant qu'ils étaient amis.
- Comment tu m'as appelé ?
- Potter.
- Tu me cherches, là ?
- Ca se pourrait bien. Pourquoi ?
Le brun eut un petit sourire et, sans crier gare, se mit à la chatouiller. Lily, surprise, éclata de rire et tenta de se défendre. En vain. Elle se roula par terre, partie dans un fou rire.
- Alors, on fait moins sa maligne, hein ? fit James avec un sourire amusé. Ca fait quoi de se faire… dominer par « Potter » ?
- Ca… chatouille ! articula Lily entre deux hoquets, perdue dans son fou rire. Arrête… pitié… j'en peu plus !
- Oh ! s'exclama James. Lily Evans qui me supplie ! Qu'entends-je ? Seraient-ce les trompettes du triomphe ? Ou bien le tambour de la gloire ? Ou encore le doux chant de la victoire ?
- James… c'est… pas… drôle !
- Arrête de rire chérie, tu vas finir par t'étouffer ! conseilla James avec un clin d'œil amusé, chatouillant toujours la jeune rousse qui ne pouvait que se rouler par terre, riant comme une folle.
- Chérie ?! s'offusqua Lily qui avait du mal à parler en riant. Répète un peu, pour voir !
- Si tu insiste ! Chérie, chérie, chérie…
- Potter…
- Moi aussi, je t'aime.
- Tu savais… que c'était… la 168e fois que… que tu me dis ça ? répliqua Lily sans pouvoir s'arrêter de rire.
- Tu les comptes ? remarqua James sans stopper ses chatouilles. C'est trop mignon… J'ai un charme fou, c'est pas possible !
- Attention Potter, tu vas t'envoler.
- Pourquoi donc, chérie ?
- T'as les chevilles tellement gonflées que tu risque de partir comme si c'était des ballons…
- On se complète vraiment bien tous les deux ! J'ai le charme terrible, tu as l'humour terrible… On est fait pour être ensemble.
- Tu crois ça ?
- Je crois ça, affirma James en reprenant ses chatouilles de plus belle.
Il continua ainsi quelques minutes, en plein milieu du parc de Poudlard, sous le regard attendri de quelques élèves aux alentours. Lorsque le brun consentit enfin à la laisser reprendre sa respiration, Lily eut un soupir soulagé.
- Un peu plus et je finissait étouffée par un fou furieux.
- Je ne l'aurais pas permis, assura James.
- Tu es vraiment… incroyable.
- Je prend ça pour un compliment de ta part. Bon, on y va ?
- J'te suis.
- Tu me suivrais jusqu'au bout du monde, pas vrai ?
- Attention.
- Quoi ?
- Tes chevilles recommencent à gonfler.
James sourit, lui prit la main et l'entraîna sur le sol vert près du lac, un peu à l'écart des autres élèves.
- Il fait chaud pour une journée de début d'automne, tu trouve pas ? fit remarquer Lily en s'allongeant sur l'herbe fraîche.
- Ouais. Viens manger.
Lily se redressa et vit James, assis en tailleur, agiter sa baguette. Soudain, un énorme plateau apparut sur le sol entre James et Lily. Dessus, il y avait une variété de plats chinois : des nems, du riz cantonnais, des rouleaux de printemps, des beignets de crevettes… Lily eut un sourire joyeux en voyant le repas.
- J'adore manger chinois !
- Ca tombe bien, constata James.
Il entreprit de la servir mais elle lui arracha les baguettes chinoises des mains.
- Merci, je peux encore me nourrir toute seule ! s'indigna-t-elle faussement. On veut se la jouer gentleman, mais ça prend pas avec moi !
Elle se servit alors quelques nems et une grande quantité de riz cantonnais. James la regarda empoigner des baguettes, amusé, et se servit à son tour quelques beignets de crevettes, rouleaux de printemps et nems. Il prit ses baguettes avec une aisance qui déconcerta Lily et commença à manger.
- Comment tu fais ? bougonna-t-elle en s'emmêlant les doigts. J'y arrive pas !
- Ben tu passe ta main comme ça et… Non, regarde, ce doigt-là, ici, et… Attends, je vais te montrer.
Il lui prit la main et essaya de placer les baguettes correctement. Dès que la chose fut faite, Lily marmonna un « Merci » mais James lui tenait toujours la main.
- Ahem…, fit Lily. Eho, James, tu peux me lâcher, c'est bon. James ? EHO !!
James lui lâcha aussitôt la main, les joues roses.
- Désolé, j'étais… j'ai oublié.
Lily eut un sourire amusé et entreprit de manger. Ce n'était pas chose facile car bien qu'elle ai apprit à placer les baguettes chinoises, il fallait maintenant apprendre à manger avec. Elle regarda James s'engouffrer une énorme boulette de riz dans la bouche. Elle tenta de l'imiter mais impossible de faire tenir le riz entre les baguettes : il coulait comme s'il était liquide.
- Mais, euh ! se plaignit-elle. Pff, j'y arrive pas, tu veux pas me montrer ?
- Ecoute, y'a plus simple, on va faire comme les p'tits bébés : je vais te donner à manger, moi. Oh, mais non c'est vrai, j'oubliais ! T'as pas besoin de moi !
- James, c'est pas drôle…
- « Je peux encore me nourrir toute seule ! » couina James en imitant la voix de Lily. Ouais, ouais, tu parles ! Bon, allez, j'ai pitié de toi !
Et sans attendre qu'elle puisse répliquer, il lui fit rapidement une boulette de riz avec ses propres baguettes et l'enfourna dans la bouche de Lily. Lorsqu'elle eut mâché et avalé, James brandit fièrement devant elle une autre boulette de riz. Elle éclata de rire et ouvrit la bouche comme un enfant qui attend qu'on lui donne à manger. James lui donna aussitôt le riz. Un long manège se poursuivit : le garçon mangeait lui-même de temps en temps et continuait de la nourrir. Il était assez satisfait et content qu'elle ne sache pas se servir de ses baguettes, finalement. Elle paraissait enchantée de ce petit jeu. Lorsque le riz cantonnais fut fini, elle passa aux nems.
- Ca, je crois que je peux manger seule, merci ! répliqua-t-elle, indignée, alors que James brandissait sous son nez un nem tout chaud. T'as de la sauce ?
James lui tendit aussitôt un petit bol de porcelaine joliment décoré remplit de sauce chinoise. Il trempa le nem dedans et, sans attendre les protestations de Lily, il lui fourra dans la bouche. Elle écarquilla alors grandement les yeux et ses joues virèrent à l'écarlate. Elle recracha aussitôt.
- Putain, c'est brûlant ! s'écria-t-elle en se versant de l'eau dans un verre en cristal posé sur le plateau de nourriture, qu'elle avala d'un trait. T'as voulu me tuer ou quoi ?
- Moi ? s'offusqua James. Vouloir te tuer ? T'es tarée !! C'est pas de ma faute si tu trouve ça brûlant ! Moi je peux manger facilement quelque chose de plus chaud encore sans faire une seule grimace alors je savais pas que mademoiselle pouvait pas supporter ça ! Mademoiselle est bien délicate !
- Tu sais ce qu'elle te dit, mademoiselle ?
- Oui, et conseille-lui de se taire, parce qu'une jeune fille de son âge ne devrait pas proliférer de telles grossièretés !
- Je… Tu… Oh ! s'exclama Lily en croisant les bras, furieuse de n'avoir plus rien à répliquer.
- Tu boude ?
- Ouais.
- Ah…
- …
- T'es mignonne quand tu boude.
- La ferme, Potter.
Il se pencha vers elle et déposa un baiser sur sa joue. Elle ne fit aucun mouvement pour l'en empêcher, se contentant de l'ignorer royalement, jouant l'indifférence. Il sourit.
- Allez, c'est bon, fais pas la tête ! dit-il doucement en passant un bras autour de ses épaules. Je dois faire quoi pour être pardonné ?
- …
Mine de chien battu. Lily craqua.
- Tu lâches pas l'affaire, toi, hein ?
- Jamais. Pourquoi ?
- C'est ce que j'aime chez toi.
Elle eut un sourire timide. Pétrifié, il eut du mal à réaliser ce qu'elle venait de dire.
- Pardon ?
- J'ai dit que c'était ce que j'aimais chez toi. Que tu…
- Tu veux dire que tu aimes quelque chose chez moi ? coupa James, abasourdi.
Lily sourit et acquiesça d'un signe de tête.
- Cool ! fit James, enthousiaste. C'est déjà un bon début ! Peut-être qu'un jour, tu comprendra alors que tu ne peux résister à mon charme irrésistible et…
- Tes chevilles recommencent à gonfler, prévint Lily. Tu devrais consulter un médicomage, ça devient une manie.
Un sourire radieux pour toute réponse. Lily lui rendit son sourire et, sans prévenir, lui fourra un nem brûlant dans la bouche. Il le recracha aussitôt.
- Sans grimacer, hein ? railla Lily, triomphante. Prétentieux, Potter, prétentieux…
- C'est ce que t'aime chez moi aussi, ça ? répliqua James, souriant toujours malgré la douleur.
- Ca se pourrait bien, Mr Potter ! fit-elle en élargissant son sourire. Bon, on le continue, ce pique-nique ? Ca va refroidir !
- Tu vois, je pense que ça serait plutôt pas mal justement, que ça refroidisse…
Lily éclata de rire.
- Je t'adore ! s'exclama-t-elle.
- Moi, je t'aime ! répondit-il avec un sourire radieux.
- 169e fois, Potter !
- Tu le veux une 170e fois ? répliqua James, amusé. Je t'aime !
Lily, amusée, lui adressa un sourire radieux, les yeux fixés sur ceux de James. Cette idée de pique-nique était vraiment… Géniale…
Désolée pour le retard, mais ce chapitre était plus long que les autres et j'ai mis du temps à l'écrire... J'éspère en tout cas qu'il vous a plu.
