Bonne Lecture pour ce chapitre neuf ! J'ai délibérément zappé les détails du voyage.

Voici la réécriture !


Des dunes de neige à perte de vue et aucune trace d'un quelconque chemin. le Nord. Ou plus communément, la Montagne de Briggs. Ce n'était guère de tout repos de marcher dans cette mélasse blanche qui arrivait à hauteur des cuisses. Personne ne parlait, personne ne gesticulait. Ils attendaient d'être arrivés pour pouvoir crier victoire. Le chef en tête des six silhouettes blanches s'arrêta brutalement, enfonçant ses bottes dans la neige au pied d'un grand arbre. Il sortit plusieurs papiers de sa poche avec difficulté, bataillant contre le vent. Un petit plan s'offrait à ses yeux alors qui les plissait pour y voir quelque chose;

« - ...Comme l'a dit Alex-Louis, cet arbre est le dernier repaire que nous ayons ! Il faut faire attention à ne pas le quitter des yeux et continuer tout droit... Le repère que nous allons utiliser sera dissimulé lui-même sous la neige... Faites attention ! »

Il criait ses ordres pour se faire entendre de tous à travers la tempête puis rangea le plan avant de continuer la marche. En réalité ce n'était qu'une petite tempête. Les tempêtes de Briggs pouvaient se montrer bien plus monstrueuses et destructrices. De cela, Alphonse s'en souvenait. Celui-ci, encapuchonné et enveloppé dans un manteau de fourrure croisait pathétiquement les bras sur son frêle corps en claquant des dents. Il s'approcha de son ainé qui ressemblait alors plus à un ourson déguisé et lui chantonna à l'oreille;

« - Je me souvenais pas qu'il faisait aussi froid... J'aurais sans doute jamais eu à le deviner si nous n'en étions pas là ! Je regrette presque de n'être plus une armure sans sensations... »

Edward le gratifia d'un sourire gelé avant de répondre mélancoliquement;

« - Ne dis pas ça, ça porte malheur ! On est bientôt arrivés, rassure-t... »

Il n'eut pas le plaisir de terminer sa phrase car la neige se brisa sous ses pieds et il dégringola. Sa petite chute fut interrompue contre un objet invisible. Quand il rouvrit les yeux, il aperçut son œil dans une poignée de porte.

« - Arrrrrrrrg ! Mais qu'est-ce que ça fous là, ça ? »

Tous s'arrêtèrent en le dévisageant et Roy s'approcha en sortant une clé de sa poche.

« - ...C'est notre humble demeure, fit-il ironiquement en tournant la serrure. »

Ils levèrent la tête en chœur, constatant aisément que le chalet dans lequel ils allaient séjourner était difficile à admirer. Le vent n'aidant pas, ils n'arrivèrent même pas à distinguer le toit, bien trop blanc... Mais il ne restèrent pas pour tenter d'admirer la vue car à l'idée de pouvoir se réchauffer, ils se ruèrent sur la porte que Roy avait ouvert. Ils enlevèrent leurs capuches, déçus car le froid régnait tout de même derrière les planches de bois.

« - ...J'espère qu'il y'a du bois déjà tranché quelque part, répliqua électriquement Bréda en cherchant du regard. »

S'ils avaient eu à s'inquiéter de l'espace, ils pouvaient à présent se sentir soulagés. En effet, le chalet était rez-de-chaussé, ils venaient d'entrer dans un modeste salon qui dérivait sur un couloir. Celui-ci aboutissait à une petite cuisine dans laquelle un escalier descendait en colimaçon. Roy alla faire le tour du propriétaire et il constata qu'au "sous-sol" ils avaient trois chambres et une salle de bain.

"- Il faudra faire fondre de la neige tout les jours pour se laver..."

Cette idée le fit frissonner d'avantage car il était gelé. Il remonta en remettant ses gants correctement. Résigné, il posa une main sur l'épaule de Jean et Breda et éleva la voix comme pour réveiller toute la petite troupe:

« - Bon ! Nous sommes arrivés c'est une certitude, mais attendez encore un peu avant de vous laisser aller. Alphonse, peut-tu déposer les bagages dans les chambres s'il te plait et trier la nourriture dans la cuisine. Lieutenant Hawkeye, veuillez regarder si la radio marche. Mettez là dans le salon t'en qu'à faire. Edward, répare tout ce que tu vois de plus ou moins amoché dans cette maisonnette. Du sol au toit ! Je ne veux pas de fuite pendant ce séjour ! Quant à vous... »

Il se tourna vers les deux restants;

« - … Vous allez m'aidez à trouver du bois pour qu'on se réchauffe. Même s'il faut aller couper notre dernier repaire... ! »

Il les laissa méditer quelques secondes puis tapa dans ses mains en signe de « top départ ». Tout le monde fit ce qu'il avait à faire malgré le froid et la fatigue. Ils jubilaient déjà en espérant pouvoir passer une bonne soirée devant le feu...


Le soir arriva bien plus vite que tout le monde l'aurait pensé. Le vent ne s'était pas calmé, mais de l'intérieur, les occupants étaient à l'aise ainsi assis devant le feu de la cheminée qui crépitait au gré de ses envies. Des assiettes vides arpentaient la table du salon tendis que leurs propriétaires s'étaient affalés sur les canapés. Des soupirs bienheureux franchissaient la plupart des lèvres sans qu'un mot de plus ne soit prononcé. Ce fut Alphonse, de sa manière tendre, qui brisa le silence;

« - C'est apaisant...De pouvoir sentir le confort après l'effort... Je ne sais pas ce que vous en pensez tous mais... J'aime bien ce voyage. Pour vous ce n'est sans doute qu'une mission à achevée mais... »

Riza le coupa net en rigolant;

« - Non tu as raison ! J'aime bien aussi. Cela nous fait du changement. Et cela rappelle bien des souvenirs... »

Des souvenirs... C'est justement ce que pensait Edward en observant Roy. Celui-ci l'ignorait royalement en se penchant sur la radio, le casque à moitié dresser sur sa tête. Il ne semblait pas s'amuser celui-là... Ni même se détendre. Edward ne se sentait plus aussi bien que lorsqu'il avait quitter Central City. La colère était réapparue au même moment que le sentiment que Roy l'évitait. Le blondinet plissa les yeux, les joues gonflés par l'envie inhumaine de lui faire une scène de ménage, tout de suite et maintenant...Il se mordait la langue pour ne rien dire, mais ses jambes qui ne cessaient de trembler sous l'effet de sa tension alertaient son cadet. Alphonse ne dit rien pour autant et laissa gentiment passer l'ange du silence dans la pièce. Cependant, Edward l'attrapa par les ailes et lui déchira son auréole dorée;

« - J'espère que ça ne nuit pas à votre réputation d'être ainsi écarté de Central City, Colonel ? Demanda t-il ironiquement, la voix quelque peu trop élevée. »

L'interpellé leva vers lui ses prunelles flamboyantes, interceptant le message comme une pique. Cependant, il ne répondit pas. A l'étonnement de tous. Mais ceci ne servit qu'à échauffer un peu plus la colère grandissante du chaperon rouge.

« - Ça fait un peu miteux d'être envoyé ici en même temps...Continua t-il, j'imagine que si vos chefs vous laisse venir sans vous retenir, il doit bien avoir une petite raison... »

Certes, il s'était excusé dans la chambre d'ami de la demeure Mustang. Oui, il savait que ce qu'il disait n'était ni de bonne augure, ni même très chaleureux. Justement... C'est en étant acide qu'il voulait faire comprendre à son Colonel qu'il n'était pas né de la dernière pluie... Roy redressa le visage de la radio et foudroya le jeune homme du regard;

« - Edward...Ce n'est ni l'heure, ni le moment d'aborder ce suje... D'être désagréable ! »

Mais le blondinet se leva, les poings serrés le long du corps;

« - Alors quand ? Vous avez peur que si j'élève trop la voix, tout le monde sache que vous êtes un abruti fini qui prend tout le monde pour des gros cons ! »

Breda le gratifia d'un regard dur, tendit que les autres tentaient de faire comme s'ils n'entendaient rien. C'était ces moments-là dans la vie qui étaient les plus pénibles quand on ne savait plus où se mettre... Roy se leva brusquement, et attrapa le bras du garçon en l'entraînant dans la cuisine. Il jeta le casque de la radio aux pieds de Riza tout en s'éloignant. Plaquant le jeune homme contre le mur, il le perça d'un œil noir avant de lui murmurer agressivement;

« - Je t'interdis formellement de recommencer ce que tu viens de faire ! »

Edward voulut retirer son bras, mais c'était peine perdue. Loin d'avoir peur, ses lèvres s'étirèrent en un demi-sourire luné d'une facette de méchanceté;

« - Ah oui ? Pourquoi ? Je m'exprime moi au moins... Je ne laisse personne au pied du mur. »

Il dit cela tout en tapant de son talon contre le bois derrière lui.

« - ...C'est quoi "ton" problème, "Colonel" ? Un jour, tu me promettras la lune, et puis le lendemain tu m'enverras cueillir des roses dans le pays d'à côté... En quelques mots, sache que je ne suis pas débile et que je vois aisément que tu m'ignores depuis deux jours ! »

Il tira sur son bras devenu otage. Mais Roy serra plus fort encore la prise qu'il avait sur lui. Ne sachant que répondre, il ne pouvait que le foudroyer du regard en sachant pertinemment que le jeune homme avait raison. Pourtant, il tenta tout de même;

« - Je ne t'ignores pas.

- Oh ! Sans blague ? Tu peux faire mieux que ça ?

- Je ...Ne t'ignores PAS !

- Tu fais quoi alors ? Tu joue des claquettes avec Alphonse ? C'est marrant car ça fait deux fois qu'il vient me voir depuis le début de cette journée pour me faire passer un message de ta part ! En chemin, j'imagine que tu avais trop peur de venir me parler ! Pourquoi ?

- ...J'étais occupé!

- Bon dieu, Roy, depuis le temps que tu as des relations ici et là avec plusieurs filles à la fois, tu n'a toujours pas appris à mentir correctement ?»

Roy serra sa prise sur son bras, utilisant sa deuxième main pour enserrer la gorge de son subordonné. Celui-ci réprima un cri de surprise puis fronça les sourcils;

*Qu'est-ce qui me prend ?*

« - Qu'est-ce que tu fais ? ...Tu veux me mordre ? ... tenta Edward»

Le regard du blondinet s'adoucit et sans même se défendre, il dit alors;

« - ...J'ai fais quoi pour que tu me regardes comme ça ? Je croyais pourtant qu'on pouvait...

- TU CROIS MAL ! hurla Roy tout prêt de son visage !»

Il le lâcha soudainement et sortit de la cuisine en se hâtant, laissant Edward éberlué. Celui-ci porta sa main à son cou et outré, se mordillait la lèvre tout en clignant des yeux pour ne pas pleurer...


A suivre ! Rewiews s'il vous plaît ?