Nouveau chapitre. Et ne critiquer pas mon planning, j'ai mis du temps à le faire xD
"- Equipe Toréador: Major Elric avec Colonel Mustang de 17h à 22h du soir.
- Equipe Salsa: Sous Lieutenant Havoc avec Sous-Lieutenant Breda de 22h à 5h du matin
- Equipe Valse: Lieutenant Hawkeye avec Colonel Mustang de 5h à 11h du matin
- Equipe Tango: Major Elric avec Alphonse Elric de 11h à 17h de l'après-midi.
- Colonel Mustang avec Lieutenant Hawkeye de 17h à 22h du soir
- Sous-Lieutenant Havoc avec Sous-Lieutenant Breda de 22h à 5h du matin"
"- ...Et on referme la boucle du planning en reprenant depuis le début, suivant les horaires, termina Riza en affichant le planning de garde contre le mur de la cuisine."
Edward observa avec attention le premier tour de garde et lança un regard éloquent à la jeune femme. Le tout premier tour de garde était le seul qui ne se répéterait pas... Et Riza en était tout à fait consciente. Elle lui renvoya un regard déterminé et esquissa un sourire satisfait.
"- Il est inutile de dire que les tours de garde se passent dans le silence et la discrétion la plus totale, rajouta t-elle en s'adressant à toute l'assemblée"
Il était évident qu'elle voulait faire passer le message au tout premier duo qui allait prendre la relève dans... Maintenant ! Il était 20 heures. Le tout premier jour serait difficile à vivre mais en regardant le tableau de plus près, Edward fut ravi de constater qu'il pourrait dormir jusqu'à 11 heures demain matin et qu'il serait avec Alphonse.
Il se tourna vers celui-ci, affichant un grand sourire plein d'espoir. Il avait hâte de pouvoir parler avec lui, l'écouter et se réconcilier ! Mais avant cela...
"- Que les premiers qui doivent prendre le tour de garde se lèvent !"
Le Colonel Mustang se redressa de sa chaise en s'étirant et partit en direction de la porte sans un regard pour le blondinet. Il attrapa son manteau à la volée et laissa la porte ouverte pour son poursuivant. Edward fusilla Riza du regard et suivit son supérieur sans mot dire. Même si le plus haut gradé était le Colonel, la jeune femme s'était occupé aisément du planning et s'affairait à donner les autres instructions avec une main de fer. C'est pour cela d'ailleurs que Roy l'appréciait autant. Elle était efficace et si jamais quelque chose ne plaisait pas au Colonel, il se chargeait de le lui dire. Sans aucun mot, il avait pourtant accepté son premier tour de garde, même s'il savait que pour cette fois, Riza ne l'aurait pas laissé changer d'avis. Après tout, cela l'arrangeait bien... Ils allaient peut-être pouvoir parler calmement, qui sait ?
Dehors régnait le froid et la nuit. Roy tapa du pied contre la neige et balaya l'horizon de ses yeux noirs. Où allaient t-il bien pouvoir se planquer pour absolument tout voir, sans être vus ? Il regarda par dessus son épaule; les lumières du chalet s'éteignaient petit à petit. Puis il avança de quelques pas.
"- Où va t-on ?"
La voix du FullMetal derrière lui le crispa. Il avait mit sa doudoune sur lui, immaculée pour changer car un chaperon rouge au milieu de la neige serait trop facile à repérer. Les mains dans les poches et le regard perçant, il attendait que Roy lui réponde.
Roy ne put s'empêcher de constater que , bien qu'ils se soient détendus à l'intérieur du chalet, l'expression d'Edward restait la même.
Suspicion, chagrin, violence. Le blondinet du s'en rendre compte car il gonfla les joues comme un enfant et tentait de paraître moins sévère. Le grand brun le gratifia d'un petit sourire narquois avant de répondre en se focalisant sur l'horizon
"- J'en ferais appelle à tes talents d'alchimiste pour réaliser un abri discret vers notre ancien repère. De la bas, nous pourrons aisément observer les alentours et repérer quelqu'un qui s'approcherait du chalet."
Roy sortit son talkie-walkie de sa poche et en approcha ses lèvres en actionnant le bouton;
"- Lieutenant, nous allons nous poster vers le repère A. Dites à l'équipe Salsa de venir nous rejoindre là-bas dans deux heures.
- Bien reçu."
Il rangea l'appareil au fond de sa poche et ils entreprirent de commencer leur marche.
"- On est quoi comme équipe nous ? demanda Edward qui avait tilté au mot "salsa""
Il trouvait les noms de codes toujours aussi affreux. Il savait bien-sûr que c'était nécessaire afin que l'ennemi qui pourrait entendre, ignore de qui il s'agit. Roy lui répondit rapidement;
"- Toréador..."
Ah oui... Celui qui provoque le taureau. Rien à voir avec une danse cela dit. Mais ce nom de code leur allaient à merveille pour l'instant. Le reste du trajet ce fit en silence. Ils arrivèrent dix minutes plus tard au repère. Sans demander son reste, Edward tapa ses mains l'une contre l'autre comme une prière et les posa au sol, paumes contre terre. Un éclair bleu apparut comme un coup de tonnerre et la terre se mit à changer de forme à quelques centimètres de ses doigts. Elle se levait et se mouvait, créant une cloison terreuse et immaculée de neige. C'est comme si la terre et la poudre blanche fusionnaient pour faire naître un nouvel élément.
Quand Edward se redressa, il contempla son oeuvre; C'était une petite cabane au toit rond dans laquelle ils seraient obligés d'être à genoux. Quatre trous perçaient les murs de neige afin de pouvoir laisser passer une arme de calibre suffisant.
"- Parfait ! Tonna le Colonel."
Ils entrèrent à l'intérieur et ils constatèrent que c'était vraiment serré. Au moins, ils étaient indétectables. Roy sortit le talkie-walkie qu'il posa entre eux deux. Assis, les jambes croisés l'un en face de l'autre, ils observèrent les alentours quelques minutes avant que leurs regards ne se croisent maladroitement. Edward porta instinctivement sa main contre son cou se souvenant de la manière dont Roy l'avait empoigné quelques heures avant. Ce fut douloureux de se remémorer ainsi les événements récents. Il se souvint alors de la manière dont il avait roué son supérieur de coups de pied et de gifles au visage. Il porta son regard sur Roy afin de l'observer et constata quelques tâches bleus sur ses joues.
Tout de rouge, Edward murmura;
"- Je crois que vous avez des coquards, Colonel..."
Surpris par le vouvoiement, Roy fronça les sourcils. Il tâta sa mâchoire et ses joues et sentit une petite douleur lancinante. Il ne put s'empêcher de foudroyer le blondinet du regard;
"- A qui la faute ! rétorqua t-il en murmurant aussi."
Edward se pencha vers lui, colérique mais discret;
"- Faites pas votre victime ! Vous étiez à deux doigts de m'étrangler tout à l'heure"
Le Colonel releva vivement la tête, honteux de son geste violent. Il était certain qu'il aurait plus de remords que le blondinet assis en face de lui. Il était très rare que Roy s'emporte. Quasiment jamais en fait, car il s'était façonné un masque de glace infaillible. Mais en présence d'Edward, de ses sentiments envers lui, il devenait méconnaissable. Il leva furtivement le doigt en direction du cou du jeune homme et marmonna;
"- Je suis désolé."
Edward croisa les bras et s'intéressa soudainement à l'horizon baigné dans la lumière lunaire. Il se sentait fautif aussi. Mais pour rien au monde il ne s'excuserait auprès de...Lui ! Sauf peut-être s'il meurt... L'un ou l'autre. Mais il préférait l'autre. Il entendit Roy soupirer;
"- Tu ne crois pas que c'est une occasion en or pour s'expliquer ? murmura le grand brun"
FullMetal esquissa une moue qu'il voulait boudeuse. Mais elle se mua en colère. Pour lui, il n'y avait plus rien à expliquer. Lui, il était un imbécile finit qui était amoureux de son patron et qui se focalisait uniquement là-dessus depuis plus d'un an. Quant à Roy, selon lui, c'était un égoïste pervers qui l'embrassait quand cela lui chantait et le menaçait quand il en avait marre. Point barre. Ils avaient établis une récente relation centrée sur la violence et la perversité. Leur jeu se mouvait dangereusement... Et n'avait plus rien à voir avec l'amour.
A cette pensée, Edward baissa les yeux et se sentit soudainement découragé.
"- J'étais sincère pour ce que je t'ai dis, intervint Roy, et je suis un abruti."
Le blondinet releva la tête et le taquina du regard. Roy en fut blasé. Il poursuivit néanmoins;
"- J'aurais dû tout avouer dès que tu es rentré dans mon bureau après les fiançailles. Ça aurait été plus simple. Mais, je suis ce que je suis et... Tu es ce que tu es. Rien ne sera jamais aussi simple."
Il inspira consciencieusement, cherchant ses mots. Il analysait la réaction du jeune homme en face de lui. Pour l'instant, Edward était attentif et calme.
"- Tu n'es plus un enfant."
Le concerné le fixait sans cligner des yeux. Sa mâchoire était crispée comme s'il attendait que le ciel lui tombe sur la tête. Les poings serrés, il plissa les yeux car en voyant le sourire téméraire qui naissait à la pointe des lèvres de son supérieur, il savait déjà ce qui allait sortir de sa bouche;
"- Bien que tu sois encore petit pour ton âge, rajouta le beau brun en levant instinctivement les mains devant lui"
Le "petit" commença à inspirer pour hurler. Roy posa une main sur son épaule et leva son index devant sa bouche pour lui faire signe de ne faire aucun bruit. Il riait silencieusement tout en lui intimant "Chuuut !" Edward se calma cinq minutes plus tard, mais la suspicion était toujours présente dans son regard. Roy redevint sérieux et lui demanda, furieux;
"- Tu ne me crois pas, c'est ça ?"
Edward le fusilla du regard. Il semblait vouloir déballer tout un tas de choses mais les mots ne sortaient pas pour une seule et bonne raison: garder son sang-froid. Mais il avait le sang chaud. Bouillant à cet instant. Il parla doucement;
"- Je crois surtout que tu ne sais pas ce que tu veux ! Tu as tenté de m'éloigner, puis tu es venu. Tu as voulu m'étrangler, puis tu m'a embrassé. Ce qui me désespère, c'est que ça fait de toi un homme dangereux. Un homme que je ne connais pas."
Roy écarquilla les yeux. Le tutoiement ne l'étonnait plus, non. Ce qui l'étonnait surtout c'était d'entendre dire qu'Edward avait presque peur de lui et qu'il remettait en cause son comportement. A cela, Roy répliqua aussitôt, plus calme que son vis-à-vis;
"- Je crois que tu ne t'es pas regardé ces cinq derniers jours, FullMetal."
D'entendre son surnom sembla réveiller la frustration d'Edward. Son regard était rageur et tout les membres de son corps étaient raides. Il se sentait mis à l'écart de sa réelle condition, comme si Roy lui parlait en tant que supérieur et non plus comme à un ... un quoi ? Ami ? Roy le pointa du doigt;
"- Là ! C'est de cela dont je parle. Tu es hargneux, au bon sens du terme. Tu n'es pas comme ça tel que je te connais."
Edward serra les poings et haussa la voix bien qu'il murmurait toujours. Il sentait son cœur battre dans sa poitrine;
"- Non, mais tu te fous de moi ! C'est le seul moyen d'avoir un tant soit peu d'attention depuis que tu cherches à m'éviter !
- Je ne t'évites pas là et cesse de me parler comme ç...
- Non, toi fermes-là !"
Edward avait cessé de murmurer cette fois. Un silence de plomb s'installa alors que, les yeux écarquillés, Edward se rendait compte de sa bêtise. Roy le contemplait, sévère.
"- Tu vois... On ne peux pas parler avec toi. "
Le blondinet ce fit soudain dédaigneux.
"- Il va peut-être falloir qu'un jour "vous" cessiez de croire que le problème ne vient que de moi."
Il soupira et après un moment d'hésitation, prit la main de Roy dans la sienne. Ce fut un geste maladroit. Enfantin. Mais plein de douceur. Il planta ses yeux d'or dans ceux de son aîné et souffla, déterminé;
"- J'abandonnerais pas, moi."
Il baissa alors la tête, des mèches blondes recouvrant son visage. Roy ferma les yeux quelques secondes pour profiter de ce moment rare et silencieusement agréable cette fois. Le grand brun pinça les lèvres. Il sentait en lui le désir de se rapprocher du jeune homme. L'occasion était idéale. Exquise. Mais il repensa alors à sa promesse faite à un vieil ami. "Je gravirais les échelons. De là-haut, je protégerais tout ceux qui seront à ma portée. On peut au moins faire ça"
"- C'est vrai, finit-il par dire, tu as raison"
Roy sentit son cœur martelé de coup à l'intérieur de sa poitrine. Il remit son masque de glace en place. Il ne pouvait pas... Non, il ne pouvait pas abandonner sa promesse. Il protégerait tout ceux qui sont à ses ordres. Edward aussi. Mais Edward...
*Je protégerais ta vie au dépend de la mienne. Mais celles des autres aussi. Un jour je regretterais sans doute ma décision. Mais c'est la plus importante.*
Il retira sa main de celle d'Edward. Celui-ci releva la tête et contempla la réaction du FlameAlchemist. Roy restait impassible de l'extérieur. Ce que Edward ignorait, c'est qu'il se battait contre son for intérieur.
Sous l'intensité du regard du brun, Edward sentit sa colère remonter.
"- *interférence* Equipe Toréador, ici l'équipe Salsa. Nous approchons du repère A. * interférence*"
Ils se fixaient toujours. L'un très en colère, l'autre calme et distant.
Roy attrapa son talkie-walkie sans cesser sa joute visuelle. Il approcha sa bouche de l'appareil;
"- Bien reçu équipe Salsa. Nous surveillons votre approche."
Il redescendit doucement sa main pour reposer le talkie-walkie et sentit brutalement le contact des doigts d'Edward sur son poignet. Rapidement, le jeune homme se redressa vers son oreille et lui murmura;
"- T'a oublié à qui t'avais à faire."
Edward lui lança un regard de défi, à peine à quelques centimètres de son visage. Il sentait le souffle chaud et perturbé du Colonel qui tentait de garder son sang-froid. Puis le blondinet posa sa bouche contre la sienne. Il sortit sa langue et lécha sa lèvre supérieure qui malgré Roy, s'ouvrit. Le jeune homme en profita aussitôt pour l'embrasser langoureusement. Ils respiraient bruyamment. Edward porta sa main contre la poitrine de Roy et sentit son cœur qui s'affolait derrière sa cage thoracique. Il ricana contre les lèvres du grand brun.
Roy, percé à jour et trahit par ses gestes mit fin au baiser en repoussant Edward.
"- Ne joue pas à ça, arriva t-il à dire en haletant"
Furieux et toujours prisonnier de la poigne d'Edward, il fit pivoter son poignet afin de serrer son avant-bras. Fort. Très fort.
"- Ne... Joue pas à ça, répéta t-il plus distinctement et d'un air menaçant."
Edward le fixa, satisfait et sortit en trombe de leur cabane de fortune. Il rabattit sa capuche sur la tête et aperçut l'équipe Salsa lui adresser un signe de la main.
A l'intérieur, Roy, encore troublé n'arrivait plus à réfléchir...
