Bonsoir !
Enfin la suite pleine de flash-backs !
Bonne Lecture. Et...
Edward se réveilla en sursaut et mit le temps de retrouver ses esprits. Son bras gauche était endolori sous sa tête et sa colonne vertébrale semblait à l'envers. Il se mit doucement à genoux en s'étirant et balaya la pièce du regard. Evidemment, il se rendit compte rapidement que la raison pour laquelle il avait si mal venait simplement du fait qu'ils s'étaient endormis tout les deux sur le sol après avoir fait des pieds et des mains pour rester les plus silencieux possible. Edward tourna la tête vers son compagnon qui inspirait tranquillement dans son sommeil. La bougie posée sur la table de nuit terminait de fondre dans sa soucoupe. La petite lumière dessinait des traits angéliques sur le profil de Roy. Mais Edward savait bien qu'il n'avait rien d'un ange. C'était juste...Roy qui dormait sans se soucier que d'une seconde à l'autre, le blondinet à ses côtés ne le laisserait pas faire plus longtemps. Le jeune homme leva les yeux vers sa montre en argent qui était bientôt menacée par la cire de bougie à ses côtés. Il se dépêcha de la prendre entre ses doigts métallique et l'ouvrit. Tic Tac. Plus de quatre heures du matin. Roy allait bientôt devoir repartir pour un tour de garde et se qui fut le plus déstabilisant pour Ed, c'est qu'ils n'auraient pas le temps de discuter d'avantage avant cela. Edward l'observa un petit moment avant de lever son poing gauche en l'air, juste en dessus de l'estomac de son bien-aimé. Il le laissa ainsi quelques fractions de seconde avant de se désister.
*Non... C'est vraiment dégueulasse... En plus ça ne me ressemble pas.*
Il leva les yeux en l'air et esquissa un petit sourire machiavélique.
*En fait, si !*
Il releva furtivement son poing et l'abattis (moins méchamment qu'il ne le souhaitait vraiment)sur l'estomac de son partenaire. Celui-ci se redressa d'un bond, l'air n'arrivant plus à se faire un chemin jusqu'à ses poumons. C'était estomaqué et en colère qu'il se retourna vers Edward. Des cernes se dessinaient sous ses yeux sombres et ses cheveux étaient légèrement en bataille. Il avait clairement une aura de meurtrier et Edward fut intérieurement soulagé qu'il ne dorme pas avec ses gants imprimés du sceau d'alchimie de flamme.
"- Il est quatre heures vingt, fit Edward pour sa défense"
Roy reprenait son souffle de moins en moins vite ce qui lui donnait un air étrangement serein puis brusquement il lui sauta à la gorge...
" ... *tshhhh*Equipe Valse, ici Equipe Salsa. RAS depuis trois heures du matin. Faites attention sur le chemin, il y a un ours blanc dans le périmètre. *tshhhh*"
Riza cligna des yeux en relevant doucement la tête du comptoir de cuisine. Elle attrapa le talkie-walkie entre ses mains, sans lâcher son fusil et confirma d'une petite voix qu'elle avait bien reçu le message. Dans un soupire, elle se redressa et décidait dans le même temps de faire couler du café. Une fois qu'elle eu une tasse chaude dans la main, elle s'assit en face de la radio et enclencha le petit bouton noir. Elle chercha minutieusement la fréquence du QG Nord et c'est d'une voix plus réveillée qu'elle annonça;
"- Ici les renforts en position. Actuellement, deux de nos coéquipiers sont en garde devant le repère A. RAS. Prochaine prise de contact à dix heures trente."
Elle attendit quelques secondes avant de recevoir une réponse positive. Ce fut soulagée qu'elle éteignit la radio. Les interférences devenues muettes laissèrent place à un bruit des plus étranges qui venait du fond du couloir; Des cris et des gémissements de douleur fusaient de plus en plus fort alors que des pas se faisaient entendre. Riza retourna dans la cuisine et attendit que la porte du couloir s'ouvre. Soudain, elle s'ouvrit dans un fracas. Roy reposa son pied devant lui après avoir visiblement donner un coup dans la pauvre porte puis s'avança. Mais ce qui figea Riza sur place c'était le petit blond sur son dos qui avait passé ses bras autour du cou de son Colonel et qui lui mordait l'oreille. Roy agrippait la nuque d'Edward et s'apprêtait à se pencher pour le balancer par terre mais ils furent tout les deux stoppés net dans leur position quand ils découvrirent la jeune femme devant eux. Celle-ci les toisa quelques secondes pour finalement se retourner;
"- Je ne veux pas savoir..."
Automatiquement, elle attrapa deux tasses de café en plus qu'elle servit sur le comptoir. Pendant ce temps Edward et Roy se fixaient, partagés entre la paix, la négociation ou la lutte à mort. Le grand brun décida finalement et comme le blondinet avait lâché son oreille, il se pencha subitement en avant en faisant valser Edward au dessus de lui. Celui-ci s'écrasa sur le dos à ses pieds. Satisfait d'avoir emporté cette manche, Roy fit mine de se désintéresser du jeune homme et récupéra sa tasse tout prête sur le comptoir en saluant Riza. C'était en grognant qu'Edward se relevait en frottant son coccyx. Il n'avait jamais vu Roy employer des moyens physiques face à des adversaires et jusqu'à aujourd'hui il ne se doutait pas qu'il puisse être aussi fort, car après tout il fallait avouer qu'il était un poids avec ses deux auto-mails...
Ils s'accoudèrent tout les trois au comptoir sans un mot. Riza les observa faire le silence avant de se relever paisiblement;
"-Je vais informer le QG Nord de notre situation, fit-elle en disparaissant dans le couloir"
Elle les laissa seuls une nouvelle fois, un sourire mi-figue, mi-raisin sur le visage. Edward ne touchait pas à son café. Pour lui, il était beaucoup trop tôt et il ne tarderait pas à aller se recoucher. Roy sirotait le sien en rassemblant son cerveau et il se tourna vers le blondinet;
"- Au fait, tu me dois une chemise."
Son ton était sans réplique. Edward le reluqua quelques instants; effectivement il n'avait pas fier allure. Sa chemise était ouverte et les parties qui étaient censées retenir les boutons étaient en lambeau. Roy avait passée une veste par dessus et s'acharnait à présent à fermer la fermeture éclair. Edward s'approcha d'un bond et passa ses mains sur celles de son amant afin de la fermer lui-même. Son nez arrivait à la naissance du cou de Roy et il se sentit très petit. Il releva la tête pour croiser un regard sombre et plein de méfiance. Est-ce que le blondinet allait lui sauter dessus pour se venger du plaquage ou arracher sa fermeture éclair en prétextant que les hormones sont trop puissants ? Jusque-là très suspicieux, Roy fut surpris de sentir les bras d'Edward encerclés son buste et sa petite tête se poser contre sa poitrine. C'était un contact timide.
"- Tu n'y va pas par quatre chemins, toi, souffla Roy"
Edward esquissa un sourire contre sa peau et il répondit, les yeux clos;
"- Je suis pas du genre à faire des pirouettes quand je veux quelque chose..."
Roy ricana et il se remémora la veille. Edward n'avait pas du tout l'air d'un gamin timide et effarouché par sa sexualité. C'était très surprenant. Que c'était-il passé pendant ces deux années d'interlude entre leur aventure et maintenant ? Roy fronça les sourcils et baissa la tête vers son compagnon;
"- Tu as déjà ... commença t-il avant de s'interrompre brusquement."
Ce n'était peut-etre pas le bon moment pour parler de tout ça. Il devait partir d'une minute à l'autre pour son tour de garde. Mais la curiosité du plus petit était piquée au vif.
"- Déjà quoi ? demanda t-il en se redressant et desserrant sa prise sur le grand brun.
- Nous en parlerons ce soir, répliqua Roy."
Le grand brun reposa sa tasse vide dans le lavabo de fortune et se dirigea vers l'entrée. Riza se postait déjà à ses côtés. Edward et Roy se regardèrent quelques secondes.
"- A ce soir ! fit le Colonel d'un ton tout à fait professionnel."
Quand l'équipe Valse (Roy et Riza) décida de passer le pas de la porte, Edward retourna dans sa chambre. Malgré tout, il se sentait peiné. Il n'avait pas eu le droit à un baiser. En revanche, un lumbago le guettait sans doute. Il s'effondra sur son lit dans un soupire de béatitude et sentit le sommeil lui revenir peu à peu.
"- Pourquoi est-ce que j'ai l'impression qu'on ne cessera jamais de se battre ?"
[...]
"- Et on ne cessera jamais de se battre puisqu'on à commencé ainsi."
Edward rouvrit les yeux et contemplait le plafond. Oui, les bagarres avec Roy, c'était amusant. D'autant plus que récemment, ils avaient eu chacun des mots très douloureux l'un pour l'autre. La donne avait changé cette nuit mais est-ce que cela suffirait ?
"- Tu n'as plus confiance en moi, n'est-ce pas ?"
Il se mordit la langue en essayant de ne pas repenser aux gifles qu'ils s'étaient données, aux cris incessants, à la poigne de Roy contre son cou... Mais il du se rendre à l'évidence; Ils s'aimaient, mais ils étaient totalement maladroits l'un envers l'autre.
"- Je veux gravir les échelons. Je veux monter tout en haut du sommet pour pouvoir servir le peuple et le protéger. C'est mon souhait le plus cher."
[...]
"- Parce que si je pense que vous êtes égoïste, c'est peut-être faux ?!"
Le souvenir de cette conversation entre lui et Roy quelques jours plus tôt lui donna l'impression d'un vide total et soudain. Il fixait le plafond avec insistance comme si celui-ci pouvait lui donner un conseil ou simplement lui tomber sur la tête afin d'en finir. A présent, il trouvait les mots de Roy justifiés. Il se sentait lui-même égoïste de ne pas avoir compris plus tôt que l'intention de son supérieur était plus importante, voilà tout. Au début, cela lui paraissait totalement hors contexte, mais maintenant qu'il l'avait ... Maintenant qu'il avait Roy, il se sentait simplement bête de l'éloigner de son objectif. Ils passaient leur temps à se battre et à se chamailler. Roy était venu ici, avec lui dans le but de lui faire comprendre qu'il ne voulait PLUS l'éloigner. Toute cette mascarade éloignait Roy du sommet. C'était certain. Persuadé par cette conclusion gênante, Edward se retourna sur son lit, s'étouffant avec son oreiller.
*Il faut que je lui parle... *
Le sommeil ne venait pas.
*Qu'est-ce que je peux dire aussi ? ... J't... J'te quitte ? On n'est même pas ensemble... J'en sais rien. C'compliqué... Je comprend rien ! Pourquoi je pense ça ? Je veux pas le quitter !*
"- Toi aussi, autrefois tu poursuivais un but. Tu dois pouvoir me comprendre j'en suis sûr. Imagines un peu si j'étais venu perturbé ta quête en t'avouant que je t'aimais ?"
[...]
"- Je vous aurait envoyez balader !"
Edward agrippa ses cheveux avant de crier dans son oreiller. Il se sentait profondément partagé entre sa raison et ses désirs. Il repensa à hier soir pour se réconforter. Roy l'aimait. Il l'avait dit. Il l'avait si bien dit... Quand il lui avait murmurer à l'oreille.
"-C'est une chose que je n'ai jamais dit à une femme. Jamais avec autant de sincérité. Je t'aime. Je suis maladroit, je sais. Laisse moi me racheter."
Edward parvint à s'endormir, fort de ce souvenir. Il se mit à rêver que tout s'arrangerait d'une manière ou d'une autre. Dans son esprit à présent comateux, il imaginait clairement Roy dans son bureau qu finalisait des documents et alors il se vit arriver dans ledit bureau et embrasser son beau brun ténébreux. Bizarrement, son rêve sonnait faux. D'autant plus qu'il n'était pas un homme mais une femme. Son inconscient était peut-être en train d'assimiler que tout serait plus simple s'il avait été une femme. Dans ce rêve idyllique, il se vit arracher la chemise de Roy (encore) et soudain la terre trembla.
Il ouvrit un œil, puis deux afin de se rendre compte qu'Alphonse se tenait au dessus de lui et finissait de lui secouer l'épaule.
"- Queya ? demanda t-il d'une voix pâteuse
- Il est dix heures, répondit son petit-frère, en forme"
Ils se rejoignirent dans la cuisine afin de partager un petit café. Jean ronflait sur le canapé, résigné à la vue d'Alphonse dans son lit quelques heures plus tôt. Le plus jeune Elric contemplait son grand-frère tout en sirotant le breuvage magique. Il l'avala avec difficulté car il était brûlant et décida de rompre le silence;
"- Qu'est-ce qui ne va pas ?"
Edward prit une inspiration, prêt à lui répondre et lui déballer tout ce qu'il avait sur le cœur avant de croiser le regard d'Alphonse. Il se rappela alors qu'ils devaient parler ensemble mais pas de sa vie... Plutôt de la sienne.
"- R...Rien, répondit-il finalement"
Il esquissa un petit sourire plein de tendresse à Alphonse. Ils parleraient c'est sûr... Ils avaient beaucoup à rattraper tout les deux.
Et pas taper !
