Bonjour, amis lecteurs ! voilà donc l'arrivée du chapitre 2. Dites franchement ce que vous en pensez, ça ne peut être que bénéfique ! Bonne lecture !
Chapitre 2 : Dans les eaux sombres mon esprit s'éveille
Les ombres dansantes de l'épais feuillage avaient fini de le divertir. Il se releva, pris le manuscrit et le rangea dans sa sacoche. Il n'était même pas midi.
Il partit en vadrouille dans une forêt voisine. Après tout, il ne pouvait aller dehors si souvent que ça. Autant en profiter. Distinguant une clairière au creux des chênes et des ficus, il ajusta son équipement de manœuvre tridimensionnelle pour prendre un virage serré, et atterrit au bord d'un lac. Les coteaux riants se répétaient dans un écho doux et serein, apaisé. La lumière se réfléchissait dans ces eaux pures et vierges, et éclairait une eau tantôt cristalline en son rivage, tantôt obscure en son cœur. Mikail sourit. Il décrocha sa cape de ses épaules imposantes en premier lieu, puis enleva sa machinerie, sa veste, ses bretelles, sa chemise, ses bas, ses chaussures et ses chaussettes dans un calme olympien, avec une méthode presque religieuse. Son corps complètement nu révélait une ossature aussi solide que robuste, des bras longs et fins et une poitrine ferme sur laquelle reposait une poignée de poils blonds. Son poignet droit était comme scellé par un anneau de glace, lisse et poli.
Il n'avait l'opportunité d'être lui même qu'en dehors de murs. C'était le seul endroit ou il pouvait se mettre à nu, sentir la liberté l'étreindre. Le vent lui chatouillait le crin, glissait le long de sa peau exhibée à la lumière du jour.
Inspirant, il se pencha, s'empara de sa sacoche et en extrait le livre. Il paraissait extrêmement vieux. Le cuir qui le protégeait d'attaques extérieures était entaché de sang bruni par les âges. Les pages s'effritaient par endroit et, fait incroyable, de la mousse se dévoilait sur certaines d'entre elles. Pourtant, le titre paraissait intouchable, brillant du haut de ses caractères dorés. "Histoire de la grande et glorieuse Ba Sing Se". En quoi pouvait-on la qualifier de glorieuse ? Qui y avait-il de glorieux à savoir que de l'humanité, autrefois resplendissante, ne restait aujourd'hui qu'un tas de poussières, d'os et de sang séché?
Mikail ouvrit le livre, intrigué par son apparence. Il n'en avait jamais entendu parler. Ce n'est pas comme s'il était féru de lecture, certes. Mais on ne trouvait pas tant de livres que ça en Ba Sing Se. Et il n'avait jamais ne serait-ce qu'entraperçu un ouvrage de cette trempe. Le feuilletant rapidement, il sauta les chapitres concernant la famille royale et sa descendance. Qui en aurait eu quelque chose à faire? Ses doigts laissèrent échapper quelques pages et atterrirent brusquement sur un autre chapitre, accompagné d'illustrations. " Les titans". Voilà qui l'intéressait déjà plus. Il lut pour lui même, difficilement, entrecoupé par ci par là par les mots éradiqués par le temps, assis à même le sol.
"En 738, les titans apparurent ...amme. L'humanité ne put résister face à la menace oppressante des géants. Après quarante ans d'observation, voici tout ce que l'humanité sait d'eux : Leur taille … entre 3 et 15 mètres. Leur seul but est l'extermination de l'humain. L'utilisation du canon est inefficace contre eux. Ils sont inefficaces de nuit. Ils peuvent se régénérer après chaque blessure, ... celle-ci a été infligée à la nuque, auquel cas le titan se verra dans l'incapacité de se ... et mourra. Après avoir péri, la carcasse du titan s'évapore. Leur température corporelle est largement supérieure à celle de l'humain et, si leur chair est mise à jour, ... une épaisse vapeur. Qui plus est, un titan est insensible à la maîtrise. Toute tentative de maîtrise dans un rayon de la hauteur du titan par rapport à ses pieds est inenvisageable. De plus, tout objet façonné par la maîtrise est immédiatement détruit à l'approche d'un titan, dans le rayon dit de l'anti-maîtrise.
Le titan est … anti-humain. L'humanité a été réduite au silence par ces monstres surpuissants.
Partie ... : Les armes de l'humanité.
… dispose de plusieurs moyens de défense. … son armée est divisée en plusieurs branches : La Garnison, dont le but est l'entretien des murs de Ba Sing Se, les Brigades Spéciales dont l'objectif est la garantie de la sécurité et de l'ordre royal dans l'enceinte des murs, et les Bataillons d'Exploration, dont l'objectif est d'étendre les territoires humains et de mieux connaître les titans. Le soldat possède en tant qu'équipement … Tridimensionnel : celui-ci leur permet de … pour voltiger à haute vitesse afin de tuer efficacement le titan. Tout soldat qui est un maître utilise toujours un garde fou, c'est à dire une certaine zone de son corps sur laquelle il applique sa maîtrise pour pouvoir repérer un titan et éviter ... attaque surprise.
L'humanité est réfugiée derrière les trois enceintes de Ba Sing Se. La première, le mur Maria, est le mur séparant le monde des titans de celui des humains. Derrière celui-ci se trouve l'anneau inférieur, ou vivent les populations les plus pauvres. Le deuxième, le mur Rose, délimite l'anneau inférieur et l'anneau intermédiaire, abritant des ... plus aisées et ... urbanisées. Le troisième, le mur Sina, sépare l'anneau intermédiaire de l'anneau supérieur, abritant la cité royale et les populations les plus fortunées. Ces trois murs, autrefois construits par les Fils de la Terre, sont les seuls exemplaires de maîtrise insensible au titans trouvés jusqu'à ce jour.
En … murs, on trouve l'artillerie fixe. Son but est de repousser le plus possible les titans. Leur puissance... précision limitée.
Aux … points cardinaux, des districts ont été construits jouxtant les murs... attirer les titans pour les éliminer plus facilement."
Mikail se lassa de ce chapitre et s'empressa d'en changer ; il feuilleta encore quelques instants le recueil et atterrit sur une autre division, tout aussi intéressante : Conflits Post-Muros. Il continua sa lecture, d'abord étonné de la préservation de ces quelques pages.
" L'humanité, bien que réduite au strict minimum, connut tout de même une période de conflits vaste et intense. En l'an 746, les Maîtres de l'eau du pôle nord, communauté majeure de maîtres, lança un coup d'état pour récupérer le pouvoir. Ceux-ci souhaitaient le scellement des murs et par conséquent, l'annihilation de tout espoir de vie au delà des murs. Lors du dit coup d'état, la Reine Hong-Si vit sa tête tranchée. Le Dai-Li, police militaire, extermina alors tous les attaquant. Dans sa mort, la reine bienveillante laissait un jeune fils adolescent et une fille innocente, Wu et Ao-Lin. Wu, en guise de revanche, ordonna le génocide total des maîtres de l'eau. Pendant deux ans eut lieu une chasse aux sorcières : chaque maître de l'eau, peu importe son âge ou ses capacités, était pendu, exhibé sur les murs, puis jeté aux titans. On estime le nombre de disparus à 1 050. Cependant, le climat de terreur déclencha de multiples vagues d'émeutes, mettant en scène familles éplorées, habitants victimes d'abus sous prétexte de fouilles, femmes violées et hommes blessés par les membres des brigades spéciales et de la garnison abusant de leur pouvoir : au final, Wu fut décapité par un de ses conseillers, Lin-Yeng, qui assura la régence avant d'instaurer Ao-Lin au pouvoir. Cependant, le décret réclamant l'exécution de tous les maîtres de l'eau resta en vigueur, et, régulièrement, de nouveaux nés bénéficiant de ce pouvoir furent exécutés. Ainsi, l'humanité perdit tous ses maîtres de l'eau."
Lisant ces dernières lignes, le visage du soldat se défigura dans un rictus reflétant colère et mépris. Tous les maîtres de l'eau ? Morts? Et qu'était-il, lui, un canard-tortue ? Les Nordiques, eux, avaient su survivre. Après tout, ce sont les meileurs maîtres de l'eau. Les meilleurs parmi les meilleurs.
Il se souvint alors de sa jeunesse : dès son plus jeune âge, les membres de son clan l'initièrent aux techniques de combat les plus avancées et à la maîtrise de l'eau la plus brutale, poussant le jeune homme qu'il n'était pas encore dans ses derniers retranchements. L'aspect spirituel de leur apprentissage se limitait à la vie de leur collectivité : manger beaucoup, boire énormément, chasser à foison. Lorsque les enfants avaient passé les douze ans et perdaient leur voix, ils accompagnaient leur père à la chasse. Pas une de leur chasse habituelle, non : une chasse à la femme. Les aînés choisissaient une citadine au hasard, qu'ils enlevaient avec eux dans les bois les plus isolés, et que les enfants violaient tour à tour. Suite à quoi, on la tuait et la rendait à la nature en la brûlant. C'était tout. Sacré patrimoine culturel.
Au cours de ces apprentissages spirituels, Mikail, devenu Homme, comprit la notion de vice. Mais il ne pouvait qu'apprécier celui là. Après tout, c'était dans son sang : violeur, fils de violeur et fils de viol. En cachette, avec d'autres adolescents du clan, il assouvit ce besoin héréditaire dans les villages voisins, une fois par semaine. Jamais autre part il ne ressentit cette délicieuse appréhension. Celle qui le prenait aux tripes à ce moment là. Celle qui faisait germer un sourire démoniaque sur son visage enfantin lors de la pénétration. Au début, il compta ses victimes; il perdit bien vite le compte.
Une fois considéré comme un Homme aux yeux du clan, il put progresser dans son enseignement du domptage de l'eau : en effet, le secret de la survie des Nordiques était une maîtrise tellement parfaite qu'elle pouvait mimer la maîtrise d'un autre élément, mais seulement d'un seul, en dehors du feu. L'adolescent choisit de se faire passer pour un maître de l'air. Étant plutôt naturellement doué, son entraînement prit fin à 14 ans, le laissant capable de plier les airs à sa volonté grâce à la vapeur d'eau qu'ils contenaient.
Il s'engagea immédiatement dans les corps d'armée, et, sans surprise aucune, finit premier de sa promotion. Âgé d'environ deux ans de plus que ses autres camarades, celui-ci fut avantagé pendant ses trois ans de formation par la puberté ayant développé fortement sa carrure athlétique, ses capacités rares en maniement de l'équipement tridimensionnel et ses aptitudes au combat. Au final, il sortit de sa formation avec quatre-vingt dix-huit kilos de muscles, de blessures et d'expérience et un mètre quatre-vingt sept de brutalité et d'impulsivité, arborant sur ses épaules l'emblème des bataillons d'exploration.
Lui même ne savait pas pourquoi il rejoint les bataillons d'exploration. Peut-être par défaut. Il n'aimait pas les Rois. Il n'aimait pas les habitants des murs. Sauf les femmes, certes. Quoiqu'il en soit, toujours est-il qu'il officia dans ce corps d'armée pendant seize ans. Seize ans à tuer du titan, à voir ses camarades se faire dévorer, à assister à l'humiliation du retour. Enfin, lui n'était pas humilié. Lui, pour ses multiples sauvetages, était considéré comme un héros. Une centaine de soldats devaient leur vie à ses aptitudes hors norme.
Il avait toujours apprécié de voir les autres hués et de se savoir vénéré. De se sentir supérieur, hors d'atteinte.
Mikail ne respectait personne. Plus d'une fois, il avait littéralement craché sur ses supérieurs. Se sachant indispensable, jamais il n'hésitait à pousser à bout les membres de l'armée. Il était intouchable, et il aimait ça. Mais cette malsaine assurance se limitait aux bataillons d'exploration. Car, chez lui, il n'était rien. Un Nordique parmi tant d'autres. Une brute parmi tant d'autres. Seul son clan bénéficiait de sa dévotion à toute épreuve. Seul leur chef avait vu le jeune irrévérencieux s'agenouiller devant lui, bafouillant de honte et de déshonneur. Mikail n'était fidèle qu'à son clan. Qu'aux maîtres de l'eau.
Ses longues années de formation lui apprirent aussi la furtivité. Comment fusionner avec les ombres. Ce qui lui fut utile plus d'une fois, lors de ses crimes hebdomadaires. Cela lui permettait de s'échapper quand il le voulait, d'atteindre l'autre côté des murs dès qu'il le souhaitait. Et les déesses savent qu'il s'y rendait souvent, à l'extérieur : il y passait le plus clair de son temps, grâce à un équipement tridimensionnel fabriqué par ses propres soins. Il y restait nuit et jour, parfois des semaines entières, découvrant chaque fois des territoires plus reculés, des zones plus au nord, des titans plus affamés.
Son rêve avait toujours été de retrouver la terre natale de son clan. Dans les rares ouvrages que l'on ne retrouvait que dans la bibliothèque Nordique, celle-ci était décrite comme une montagne touchant les cieux et dont seule la base était limitée par la mer. La légende dit que c'est de la montagne elle-même que ses ancêtres reçurent la maîtrise de l'eau, et dès lors, façonnèrent la glace et les océans l'entourant, créant alors le pôle Nord. Mikail n'y avait jamais cru. Mais il croyait en la montagne. Il l'avait vue en rêve. Déchirant les nuages de son sommet abrupt. Surplombant de sa hauteur les flots déchaînés du Nord. Rompant, de sa blancheur immaculée, la violence des océans froids et monotones du Nord.
Mikail se surprit à rêver. Ce n'était pas son genre, les rêveries diurnes. Ça ne lui arrivait qu'en dehors des murs.
Les fesses endolories, il se leva. Il rangea le manuel et jeta sa sacoche, qui atterrit aux pieds de son attirail. Il se leva. Il s'approcha lentement du littoral, sentant la liberté dans le moindre balancement de ses bourses, dans le libre exercice de ses muscles, dans le vent qui venait hérisser sa peau, ne se heurtant que contre lui. Il avait quelque chose à faire ici, après tout.
Il s'étira, ferma les yeux, ouvrit la bouche et prit une grande bouffée de cet air lacustre si rare à trouver. Puis il s'avanca. Il posa un pied à la surface de l'eau, s'arrêta. Puis il avança l'autre, et enchaîna les foulées. Il glissa sur la surface, et, éventuellement, s'arrêta au centre du lac. Il respira à nouveau, observa les arbres qui l'entouraient, et regarda le ciel.
Il jeta un œil à son garde-fou et, d'un tour de main, le consolida. L'anneau de glace réfléchit un instant son visage imperturbable.
Il prit une autre respiration. Puis il ouvrit les bras et leva les mains à hauteur d'épaule. Tout en fluidité, il pivota et agita ses membres, de telle sorte qu'on eût dit qu'il cherchait à ramener l'air au plus près de son corps. Il prit une autre respiration. L'air se liquéfia autour de lui. Il en extrayait la vapeur d'eau, la plus immaculée qui soit. Il la réunit en une sphère aqueuse et l'éleva au dessus de sa tête, avant de s'en recouvrir doucement, comme dans une quelconque sorte de rite ancestral. Il tourna ses poignets et serra ses poings. L'eau était absorbée. Elle était rentrée par chacun des pores de sa peau. Elle le réparait. L'apaisait. Le purifiait.
Lavé de toute impureté, il pouvait maintenant pénétrer les eaux. Il se tenait au dessus du cœur sombre du lac, là ou l'eau était la plus froide. De nouveau, il sépara la vapeur d'eau de l'air, et la gela dans des expirations parfaitement contrôlées. Puis il s'en servit comme d'escaliers. Il grimpa, et finit par s'arrêter à trois mètres de haut. Là, il regarda, observa la surface si paisible. Si calme.
Il sauta dans un plongeon parfaitement maîtrisé.
Il était maintenant en harmonie totale avec le lac. Avec la nature. Avec lui-même. Les eaux obscures le pénétrèrent, le complétèrent. Elles s'infiltrèrent dans chaque parcelle de son corps, de sa bouche à ses pieds. Il était en paix.
Il était maintenant à plusieurs mètres de profondeur, tant et si bien que plus la moindre once de lumière ne parvenait à ses yeux. L'eau glacée le tonifiait et le réconfortait à la fois, réveillant des parties de son corps dont il avait oublié jusqu'à l'existence. Il s'abandonnait à la nature, et la nature se retrouvait en lui.
Il ferma les yeux.
Son poignet droit se libéra. La bulle d'air qu'il avait formé autour de sa tête pour respirer éclata. Il sentit sa maîtrise quitter son corps.
Un titan.
Paniqué l'espace de quelques secondes, il remonta. Au fur et à mesure qu'il approchait de la surface, il sentit des vibrations secouer les eaux.
Et puis, tout à coup, plus rien.
Plus rien.
Mikail sentit sa maîtrise lui revenir, traversant chacun de ses membres.
Là, il était vraiment paniqué. Ce n'était pas normal. Un titan, ça ne disparaît pas comme ça. Méfiant, il s'empressa de s'extirper hors du lac à l'aide de sa maîtrise et regagna ses affaires. Il s'habilla au plus vite, manquant de trébucher pusieurs fois. Il raccrocha au plus vite son équipement tridimensionnel ainsi que ses bretelles et s'envola sans demander son reste. Sachant la maîtrise des airs risquée à l'approche éventuelle d'un titan aux capacités inconnues, il progressa à travers les bois avec l'aide seule de son équipement, s'accrochant en rythme aux arbres les plus il s'éloignait du lac, plus il regagnait confiance en soi. Et c'est en arborant un certain sourire qu'il reconnut le chemin par lequel il était arrivé. L'orée du bois était proche.
Boum.
Derrière lui, des arbres s'effondrèrent avec fracas.
"Et merde!"
Le juron lui échappa, justifié par la situation. Derrière lui, un titan courrait, défrichant sur son passage une partie non négligeable de la forêt. Haut de 13 mètres, le sommet de son crâne dépassait du bois et ne regardait même pas ou il allait. Cependant, le titan était trop loin pour avoir flairé l'odeur de Mikail. Ce ne pouvait être qu'un déviant.
Du moins, c'est ce qu'il crut.
Car, à peine eût-il pris en considération cette possibilité, il fit demi-tour. Il avait entendu un cri. Un cri d'enfant. Se rapprochant à grande vitesse du titan, Mikail put voir qu'il poursuivait un enfant. Il lui aurait donné 11 ans, pas plus. Il courrait, désespéré. Il soutenait de sa main gauche son épaule droite, qui avait été arrachée. De celle-ci s'échappait de petites volutes de fumée.
Mikail ne comprenait pas. Qu'est-ce que cet enfant faisait là ? Pourquoi son membre dégageait-il de la fumée ?
L'enfant le vit.
La peur redoubla dans ses yeux.
Il s'arrêta. Tourna les talons.
Criant de toutes ses forces, il s'était jeté sur le titan.
Droit dans sa gueule.
Mikail, horrifié et incrédule, vécut cet instant au ralenti.
L'enfant, les cheveux bruns oscillant au gré des vents, avançait, résolu. Pas une fois il ne ralentit sa cadence.
Le titan ouvrit la bouche, exhibant des crocs pointus comme des flèches.
L'enfant sauta.
Le titan ferma ses crocs.
La tête de l'enfant céda lentement sous la pression des crocs.
Le sang jaillit en effusions. Le titan en avait sa tête couverte. Il mastiqua d'abord la tête. Puis il s'aida de ses mains pour engloutir le reste du corps sans vie.
Immédiatement après, le titan s'écroula.
Mikail ne comprenait vraiment plus rien.
Mais il voulait tuer ce titan. Cela lui permettrait de pouvoir utiliser sa maîtrise à nouveau. Qui plus est, le titan était à terre. Il n'y avait pas de meilleure opportunité. C'était le moment.
À sa droite, il vit un chêne massif. Il s'y accrocha, et, utilisant ses réserves de gaz comprimé, le contourna afin de prendre de la vitesse et de déboucher directement sur la nuque de sa victime. Tout se déroula comme prévu. Il se précipita sur le cou de l'ennemi et arma ses lames. Plus que deux mètres. Il appuya encore sur la détente pour libérer du gaz, afin de gagner encore de la vitesse.
Mais il n'eut jamais l'occasion d'abattre le monstre.
De la nuque du titan s'échappa de la fumée.
Mikail assista avec stupéfaction à ce spectacle inouï.
Un enfant était sorti du tian.
Il avait une douzaine d'année, comme sa victime.
S'extirpant de la nuque, l'enfant était inconscient. Tout son corps, à l'exception de son buste et de sa tête, était fusionné avec la dépouille du titan.
Sa tête s'arracha automatiquement des fibres qui le liaient au titan.
"Putain de m..."
Mikail, n'ayant pas d'occasion de se rattraper afin d'épargner l'individu sur lequel il se précipitait, dut expulser ses lames des poignées de contrôle. Il s'effondra à pleine vitesse sur le corps inanimé.
La violence du choc finalisa de séparer les deux corps.
Mikail culbuta et tomba au sol, rapidement suivi du corps qu'il avait bousculé.
Il était sans voix.
Plus rien dans son esprit n'était clair.
La seule chose qu'il savait, c'est que sa maîtrise lui était revenue.
Il sortit de sa sacoche son arme de secours : son bâton volant.
Il le déploya, attacha le corps de l'enfant sur ses épaules grĉe à sa cape, et s'envola avec peine.
Le poids sur le bâton déséquilibrait complètement son vol. Plus d'une fois, il faillit tomber.
Cependant, il parvint à regagner les murs.
La nuit était tombée.
Le titan était tombé.
Et il en était sorti.
Mikail ne pensa pas à ce terrible sentiment qui l'assaillait de toutes parts, et, sous couvert de la nuit, s'empressa de regagner les territoires de son clan. C'était une panique qu'il n'avait jamais connue, amplifiée par l'incompréhension la plus totale. Et par la peur. La peur de l'inconnu.
Voilà donc le chapitre 2 fini !
Du coup, comme vous avez pu le voir, j'ai beaucoup plus développé le personnage ici. Et malgré ses aptitudes hors du commun, j'espère ne pas en avoir fait un Gary stu ! En plus, le récit est entré dans une phase de narration pure que j'ai trouvé très difficile à marier avec mon style. Du coup vraiment donnez moi votre avis sur tout ! Merci d'avance !
