Pourquoi es-tu un tas de cendres ?


La prairie bruissait délicatement. Chaque brin d'herbe, des plus doux au plus sauvages, s'inclinait, presque par instinct grégaire. Le vent laissait ses empreintes dans la plaine verte qui s'inondait d'un orange sombre et d'une ombre portée grandissante ; rarement Maria ne faisait aussi peur que quand elle cachait toute lumière, toute chaleur. Le vent se précipitait dans ses vêtements, ce qui l'incita à se retourner. Le ciel passa soudainement à un bleu plus épais, lourd, qui venait recouvrir de son manteau de fraîcheur le monde qui s'était déjà rafraîchi. Quelques-unes de ses franges se rebellaient, rebondissaient entre son visage caressé par l'air en mouvement et les strates atmosphériques dont la valse lui paraissait insaisissable. Sa main dans ses cheveux, le peu de soleil restant tentant de le réchauffer péniblement, ses jambes se mirent à avancer, hésitantes ; il se risqua à piétiner la verdure fougueuse, ayant presque peur que celle-ci se dérobe sous ses pieds tant elle remuait avec vigueur. La chaleur de son corps se réfugiait dans ses entrailles, et la fraîcheur ambiante prenait possession de son corps. Ses jambes, vacillantes, qui tentaient au prix d'efforts remarquables de rester fortes, semblaient vouloir s'absorber dans ce vent qui chevauchait vers le mur.

"-Tu as froid."

Le murmure du vent devenait de plus en plus doux. Il rebondissait dans ses oreilles, son écho s'échouant encore et encore au plus profond de sa tête.

"-Tu sais, le jour se lève."

Le soleil se glissait encore un peu plus sous l'horizon. La ligne orange qui éclairait le sommet de Maria était comme un duvet, uniforme et rectiligne, seulement entrecoupé de quelques traits qui paraissaient être des plis.

"-Penses-tu qu'ici est l'endroit où tu es censé être ?"

L'orange devenait rouge. Les oies sauvages en vol prenaient des allures de créatures mystiques, et leur plumage renvoyait un reflet intriguant.

"-Moi, je ne sais pas."

Le vent se taisait peu à peu. L'herbe drue se redressait. Les premières étoiles tardaient à apparître.

"-Mais je sais une chose."

Le murmure du vent disparut. La plaine se couchait, drapée dans un tissu épais.

"-Le jour se lève."

La prairie mourut.

"-Et demain, tu mourras."


Bonsoir très chers lecteurs/lectrices ! Tout d'abord, désolé pour mon absence. La terminale est une année exigeante, et j'ai très vite été dépassé par le boulot qui a été exigé de moi. Cependant, je tiens aussi à rendre les choses claires : ce petit interlude, bien qu'existant, ne garantit pas un retour de Modern Tales : l'écriture d'un chapitre est quelque chose qui me demande pas mal d'investissement, donc tout ce que je peux vous proposer aujourd'hui est ce texte - histoire de faire sentir que Modern Tales n'est pas mort mais juste en pause. Désolé encore et toujours, je posterai peut-être un chapitre aux prochaines vacances mais je ne garantis rien...

Maintenant, venons-en à ce chapitre en lui-même : s'il n'a pas de sens, ne cherchez pas, c'est normal. Je veux pas trop vous en dire parce que je pense que ce genre de texte est quelque chose que je vais sûrement de plus en plus utiliser, et donc ce serait spoiler par rapport à mes objectifs, mais bref c'est quelque chose que j'ai bien aimé faire, je trouve ça très reposant. Bref, bonne lecture, bonne journée, bonne vie, amusez-vous bien et faites de beaux rêves !

A plus !