Yeah ! Hello ! Que j'aime les mercredis tout de même ! Non, aujourd'hui, ce ne sera pas une aussi longue –et barbante note d'auteure useless. Huhu. J'vous laisse donc profiter pour lire ce chapitre 3 ! Have fun !


La fête d'Halloween amenait avec elle les prochaines révisions pour les examens d'hiver. Cela signifiait qu'après s'être bien amusé, les élèves allaient croulés sous les devoirs. A croire que les professeurs adoraient ça… Ce matin-là, elle déjeunait en lisant un livre, la cuillère au bout des doigts. Le lait débordant s'écoulait doucement dans son bol. Elle restait dans cette position, plongée dans sa lecture. Elle semblait être la seule au milieu de la table des Serdaigles, les autres élèves soit partis, soit à table mais loin d'elle. Si ils la voyaient.

Non loin de la table des bleus et bronzes, un regard de ténèbres la fixait. Ces tempêtes ne pouvaient s'en détacher, comme hypnotisés par la seule petite chose qui suscitait son intérêt. Elle s'était rebellée à lui, malgré sa peur. Petite chose frêle et chétive qu'il pouvait renverser en une fraction de secondes. Dans sa tête, les pensées sombres circulaient les unes après les autres, elle avait un intérêt pour lui et à partir de ce moment où elle lui avait dit son prénom, il ne l'avait plus lâchée du regard. En cours, quelques regards en biais dans le fond de la classe, sur elle, qui écrivait sur son parchemin. Ses moindres faits et gestes étaient épiés. Et finalement, elle était presque si prévisible qu'il connaissait où elle allait après tel ou tel moment. Il avait même des informations sans intérêt, mais qui avaient été enregistrés dans sa mémoire. Elle ne faisait partie d'aucun club, elle ne jouait pas au Quidditch et ne participait même pas aux matchs en tant que supportrice, tout ce qu'elle faisait était de manger, lire et se balader jusqu'à la bibliothèque. Comment un être pouvait-il avoir aussi peu de vie ? Elle n'avait même pas d'amis… Sauf ce fantôme, mais il ne comptait pas. Il fut réveillé de ses pensées alors que ses yeux la suivait se lever et disparaître de la Grande Salle. D'un mouvement brusque, il se levait à son tour, détachant Eileen de son propre bouquin qui déjeunait à ses côtés. Surprise elle le regardait d'un œil curieux.

« Tom ? Tout va bien ? »

Le préfet se tournait vers la Serpentard qui le regardait, mêlant la surprise et l'interrogation dans ses iris sombres. Eileen pouvait l'aider. Ce n'était pas une fille naïve, bien au contraire. Elle était intelligente et réfléchissait toujours, même pour une futilité. C'était une fille certes, mais avec un caractère juste et franc. Et au fond d'elle, Eileen cachait une douceur insoupçonnée. Alors certes, elle lui serait d'une utilité particulière. Il se réinstallait, plus doucement cette fois.

« Tu te souviens de cette Serdaigle que je t'ai montré ? »

« Mh, oui. Mais pourquoi portes-tu un soudain intérêt à cette fille ? »

« Je te savais curieuse Eileen, mais de là à me le demander si ouvertement… »

« Pardonne mon tact Tom, mais tu comprendras que cela m'intrigue. »

« Elle semble différente. Sa capacité à s'effacer de telle façon à ce qu'on l'oublie quelques secondes après l'avoir perçue dans le couloir. »

Elle l'écoutait attentivement. Tandis qu'il balançait un ramassis de niaiseries. Il savait tellement se jouer des autres, mais quelque part, ce qu'il avait dit semblait être vrai. Elle l'avait intrigué. Pas qu'il la désirait réellement comme ces pauvres adolescentes sorcières en phase hormonales, non, mais c'est ce qu'il voulait faire croire à Eileen. Compréhensive, elle hochait d'ailleurs la tête. Elle savait qu'il n'avait pas encore pris la peine de vraiment ''sortir'' avec une fille, ni courtiser et qu'elle était sans doute la plus proche dans son entourage féminin. Il lui expliquait ô combien elle lui filait entre les doigts depuis qu'il l'avait croisée à la bibliothèque pour la seconde fois. Et c'était bien la vérité cette fois. Il était souvent réapparu dans la bibliothèque pour la chercher, mais Abel secouait la tête en lui répondant qu'elle n'était pas venue le voir depuis un moment. Il avait tenté de la rattraper dans les couloirs, mais elle disparaissait comme par magie. Tout ce qu'il arrivait à faire, était de l'observer. L'épier. Eileen n'avait jamais vu Tom Riddle aussi intéressé par une personne. Quelqu'un qui se méfierait de lui trouverait ça forcément louche, mais pas Eileen. La façon dont il jouait de ses mots, parfois interrompus de soupires évasifs facilitaient les choses pour qu'elle comprenne que son intérêt était vite passé à de l'amour. Sachant qu'Eileen ne se préoccupait pas du physique. Lorsque l'on tombait amoureux, c'était plus profond encore que l'attirance physique. La Serpentard avait une vision plus romantique que les autres. L'amour frappait n'importe qui et n'importe où. Cela ne se décidait pas. Elle hochait la tête, signe qu'elle avait tout très bien comprit de ce qu'il venait d'expliquer.

« Rattraper une personne qui nous file toujours entre les doigts n'est pas facile. Mais, je te conseille, si elle participe à un de nos cours, de te mettre à ses côtés. D'ailleurs, nous avons prochainement un cours de potions, maisons confondues. Slughorn a parfois des idées étranges… »

Cette idée ne lui avait pas traversé l'esprit, mais il savait qu'Eileen était l'élément féminin qui n'oubliait jamais rien. Il sourit une fraction de secondes avant de remercier la Serpentard. Sur ces paroles, ils filèrent en cours, jusqu'à attendre l'heure fatidique du cours particulier de Potions. Il l'avait bien mémorisée, elle avait aussi un petit talent en Potions et savait qu'elle y serait. La dernière heure retentissait dans les couloirs et certains élèves, aux uniformes confondus se dirigèrent vers les cachots. Agacé, impatient, Tom pénétrait les lieux entre le premier entré et le dernier élève. Il n'avait aucune envie que son plan tombe à l'eau à cause d'un idiot qui lui avait volé sa place. Malheureusement, le sort était définitivement contre lui, alors qu'un Serdaigle s'était mis en duo avec elle. Il sentit son corps se crisper de lui-même à cette vue. Et puis, le Serdaigle fut interpellé par un autre de ses compagnons, qui se détachait immédiatement de l'invisible petite Charlotte. Son sourire sombre réapparu alors, s'approchant d'elle, comme si il en faisait sa proie. Un prédateur au sang-froid. Il se postait à ses côtés, et sa présence fut si proche, que cela fit relever les yeux de Charlotte sur lui. Son regard endormi dévoilait une peur incertaine dans le fond de ce vert grisaillant. Que c'était laid et beau en même temps. Cette peur satisfaisante, mais aussi un certain mouvement interrogateur, léger mouvement de par ses fins sourcils. Elle allait ouvrir la bouche, mais il la stoppait se penchant sur elle, un regard dévoreur, le sourire charmeur. A quoi pouvait-il jouer ? Et Charlotte, sans expression de coutume venait de rougir l'espace d'une seconde. Elle, elle qui venait de piquer un fard. Quelle étrange situation. Elle frémissait, son regard transpercé, comme si il lisait en elle. Qu'y trouverait-il de toute façon ?

« Cela ne te pose aucun problème si nous sommes en binôme ? »

Elle secouait la tête très lentement, alors que le sourire satisfait du Serpentard s'élargit de quelques millimètres. Le cours dit ''bonus'' commençait alors. Slughorn expliquait ce qu'il fallait faire, tout en mentionnant les ingrédients à prendre pour cette préparation. Le philtre de confusion était une potion particulièrement instable si les ingrédients n'étaient pas servis dans l'ordre. Tom ne fit que l'observer. Rien de plus. Comme si cette fille était un rat de laboratoire qui ne faisait qu'attiser sa curiosité. Elle semblait habile de ses doigts fins et blancs, ses veines un peu trop voyantes. Il n'était, ni impressionné par ce qu'elle faisait, ni désintéressé. Un juste milieu qui convainquait n'importe qui dans la pièce. Tom Riddle avait trouvé sa proie, ou d'une vision plus générale, sa future conquête. L'amour avait-il frappé à sa porte ? Comme si cela était possible. Ce n'était qu'objectif, déterminé par un regard extérieur, autrement dit par Eileen, qui les observait de temps à autres du coin de l'œil. Il l'aidait tout de même, baissant l'intensité du feu pour mélanger dedans, tandis qu'elle versait des ingrédients dans la préparation. Ils étaient tous deux silencieux, qu'avaient-ils à se dire précisément ? Elle ne tentait même pas de lui poser des questions, on aurait même plutôt dit qu'ils se synchronisaient inconsciemment pour se répartir les tâches. Tout de même curieux et incapable de contenir plus longtemps son silence, le Serpentard se penchait légèrement pour lui chuchoter.

« Tu es plutôt douée, pourquoi ne fais-tu pas partie du Club de Slughorn ? »

« Parce qu'il n'a même pas remarqué mon existence. Et que de toute façon, peu importe, être doué en potion ou dans une autre matière fait partie de notre motivation. »

Elle n'avait pas tort. Mais il avait plus l'impression que ce petit rat malgracieux était toujours seule, qu'il n'y avait absolument personne pour lui attribuer ne fut-ce qu'un peu d'attention. Et c'était pour cela qu'elle avait été étonnée à la bibliothèque le soir même où il avait appris son prénom. Charlotte… Un prénom qui ne lui concordait pas, de son physique désordonné et de sa voix qui ressemblait plus à un ours mal léché. Par contre, elle dégageait un effluve subtil très agréable. Son parfum certainement. La potion terminée, Slughorn passait donc à toutes les tables et observait les philtres de chacun.

« Ah ! Je savais que même seul vous y arriveriez Tom ! »

« … Seul ? »

Il se tournait là où la Serdaigle était et la surprise s'emparait alors de ses traits. Elle n'était plus là, elle avait disparue. Alors c'était ça ? Elle disparaissait avant même qu'il ne lui propose de se rencontrer à nouveau ? Il allait réellement finir par perdre toute sa patience juste pour elle, chose qu'il n'admettrait pas, sous aucun prétexte. Il la retrouvera. Elle ne lui échappera pas longtemps. Slughorn était étonné, comme si le Serpentard avait eu un compagnon pour la préparation. Ce n'était pas si grave puisqu'il laissait les élèves s'enfuir de la pièce, un sourire sur les lèvres.

La fin de la soirée s'était achevée paisiblement, les élèves gavés de desserts, sortirent tous de la Grande Salle dans un brouhaha insoutenable. Lui ? N'avait pas lâché le morceau, obstiné qu'il était, il suivait le mouvement, mais bien vite sa main allait en agripper une autre, qui lui glissait de la manche rapidement. Il savait où elle allait. Il le savait et elle ne lui échapperait pas.

Le couvre-feu venait d'être annoncé, et c'était perchée qu'elle terminait son livre. Elle fermait le bouquin, puis descendait de l'étagère. Durant sa lecture, ses pensées la déviaient vers Tom. Pourquoi ce garçon, qui au départ lui avait fait mal réapparaissait sans cesse pour venir lui soutirer des informations à son propre sujet. Elle ne le comprenait pas. Alors qu'on ne faisait pas plus attention à elle, lui était venu la voir, et avait voulu ouvrir la conversation entre eux. Que cherchait-il exactement chez elle ? Tant de questions qui restaient encore sans réponses. Quelque part, c'était assez frustrant, pour une Serdaigle, obtenir des réponses logiques aux agissements du jeune-homme lui devaient d'être soumises. Mais non. Elle ouvrait la porte et se faufilait dans le si petit interstice qui faisait office d'ouverture. Elle fermait la porte et se retournait.

Elle vu ces deux yeux, et inconsciemment, son corps se collait à la porte. Il posait ses mains de part et d'autres de sa tête, les appuyant contre le bois. Elle clignait lentement des yeux. La peur était là, elle battait dans ses tempes, elle s'infiltrait jusqu'au bout de ses doigts. La vague d'adrénaline sécrétée par son cerveau ne fit qu'un tour en elle. Mais si inexpressive qu'elle était, juste une simple lueur dans ses iris naissait.

« Tu m'as laissé seul tout à l'heure. Et tu n'as même pas attendu que je te demande quelque chose. »

« Peu importe ce que tu me demanderas, je te prierais de me laisser tranquille à daté d'aujourd'hui… S'il te plaît. »

« Pourquoi donc ? N'apprécies-tu pas que l'on t'accorde ne fut-ce qu'un peu d'attention ? »

« Je n'ai pas envie que l'on s'occupe de moi, s'il te plaît. »

Les supplications, douce symphonie qui lui envahissait le conduit auditif. Elle avait peur de lui, il le ressentait. Elle finirait par se baisser à ses pieds, elle serait réduite en miettes par la seule force de sa persuasion. Malgré ses supplications, il la tiendrait entre ses doigts. Cette poupée de chiffon facile à modeler.

« Et si j'ai envie de ne pas te laisser ? »

« Tu es bien égoïste. »

Froide et dure avait été sa voix, plus forte que d'habitude. Le message était passé. Elle ne comptait pas être manipulée, et au-delà de cette phrase trop sèchement prononcée, il avait également compris qu'elle visait mot pour mot ''Tu n'es pas le seul à décider pour les autres. Je suis maître de moi-même.'' . Une tentative qui au final s'avérera houleuse de toute évidence. Il s'approchait encore plus de son visage, penché, le dos courbé. Ils se transperçaient du regard l'un et l'autre, obsédés chacun par cette étrange lueur, opposées toutes les deux.

« Accepte juste une fois de passer un peu de temps en ma compagnie. Si tu n'es toujours pas capable de comprendre que je désire t'accorder mon attention, alors je te laisserai tranquille. »

« Tu me donnerais rendez-vous ? »

« Prends ça comme un rendez-vous, ou ce que tu veux. Je veux ta réponse. »

Il voulait cette réponse. Maintenant…