Avant propos: Je change les dates de naissance de Draco et Harry car c'est plus pratique pour moi. J'espère que ça ne sera pas trop perturbant. Donc le 16 Octobre 1999, ils ont 7 ans. Donc en 2009 ils ont 17 ans. Voilà pour les infos. J'espère que ce chapitre vous plaira :)
Chapitre 1
Cette histoire a peut-être commencé le 11 mars 1990.
Elle a peut-être commencé le 9 mars 1993.
Peut-être commence t-elle réellement le 12 août 2010.
Ou peut-être maintenant, en 2018.
Cela dépend du point de vue. Qui peut prétendre le savoir ?
16 Octobre 1999 (Draco 7 ans):
« -Tu sais papa, je me sens puissant aujourd'hui. »
-N'exagère pas. Tu es content d'être ici Blaise ? Draco ne t'embête pas trop ?
-Hé ! »
Leurs yeux pétillaient. C'était une scène attachante et habituelle . C'était l'amour d'un père pour son fils. Le cadre était presque parfait. La pièce blanche, était vide. Seul un piano noir habitait la pièce. Ses touches d'ivoires, fragiles en apparence, étaient immaculées. Une douce lumière se reflétait sur elles. Draco était effrayé autant qu'envieux. Effrayé par cet objet impressionnant envieux de ceux qui avaient le pouvoir de l'utiliser.
« -Papa, je pourrai y jouer un jour ? Je pourrai être comme maman ?
-Oui. Bien sûr fiston. »
Le petit s'en alla en courant. Tourna autour de l'instrument avec fascination. Son ami, Blaise, le poussa brusquement, lui demandant silencieusement de s'avancer vers l'instrument .
Ils échangèrent un regard. Draco s'approcha encore. Survola les touches de ses petites mains, puis posa un doigt sur l'une de ces pièces fragiles. Et délicatement appuya.
La note cristalline vola dans l'air, explosa, résonna clairement entre les murs.
Son père eu un léger frisson.
« -Tu es déjà comme elle, Draco. »
13 Janvier 2009 (Draco 17 ans):
La musique résonnait entre les murs. Les notes volaient, s'évaporaient. Les doigts parcouraient, survolaient les touches. La musique douce mais puissante tournait dans l'air, stagnait, s'échappait. Elle parcourait le corps du pianiste. Elle lui faisait froncer les sourcil, laissant une légère ride apparaître sur son front pâle. Une, deux, trois, puis mille larmes coulèrent. Le son cristallin atteint son apogée, se brisa sur une fausse note.
Le souffle saccadé, le garçon s'affala sur son siège. Il n'arrivait plus à réfléchir. Tout était allé trop vite. Il revoyait par flashs les événements.
Il se souvenait d'être rentré. D'avoir crié un « c'est moi ! ». De s'être fait un café. D'avoir attendu d'entendre les marches du vieil escaliers en bois craquer. D'avoir crié son nom. De l'avoir appelé. D'être monté. Et puis de l'avoir vu. Dans son lit.
Il se souvenait d'avoir paniqué. De lui avoir demandé de tenir bon. De l'avoir supplié de ne pas l'abandonner. Pas lui.
Il se souvenait du bruit. Il se souvenait de…
« -Tiens. »
Il prit la bouteille d'eau qu'on lui tendait.
« -Eh Draco. Tu n'es pas seul. »
Les gens ne pouvaient comprendre. Blaise ne pouvait pas comprendre. Malgré ses bonnes intentions, il ne comprendrait jamais. Il se sentait tellement seul. Tellement perdu. Il n'y avait que lui et son piano.
Comment allait-il faire ? Comment allait-il faire pour retourner en cours ? Pour tout affronter ? Pour affronter ces regards haineux. Pour faire face au jugement des autres ?
Draco ,ne s'était jamais considéré comme quelqu'un de chanceux. En fait, le seul moment où il fut ne serait-ce qu'un peu fier de lui , fut quand il reçu sa lettre d'admission. Il s'était juste dit qu'au final, il était peut-être capable de quelque chose.
Il avait travaillé dur pour rentrer dans cette école. À 12 ans il reprit le piano. Il s'entraîna comme jamais. Il jouait comme un forcené. Il voulait rentrer dans cette prestigieuse école d'art. Pire il le devait. Il savait que s'il n'y arrivait pas il serait détruit. Définitivement. Il serait brisé.
Parfois il se faisait penser à une poupée de porcelaine. A la moindre fêlure il pourrait s'effondrer. Et ça lui faisait peur.
Il était effrayé tout simplement.
«-Draco. On doit rentrer. Tu dois te reposer. »
Il se sentit tiré par le bras. Soutenu par son ami de toujours il rentra chez lui.
Demain était un autre jour. Demain après un mois à ne pas être aller en cours, il y retournerait.
Oui, demain était un autre jour.
Nerveux. Voilà le mot qui pouvait le décrire à ce moment précis.
Il ne devait faire que quelque pas. Garder son calme. Ignorer les regards. Juste… Oublier. Se comporter comme avant. Comme avant l'accident.
Il entendait déjà les chuchotements sur son passage. Le fait que son lycée soit énorme, réputé, et difficile d'accès n'empêchait malheureusement pas les idiots d'y être. Parfois il se demandait comment on pouvait faire preuve de si peu de maturité. Il suffisait d'avoir un minimum de réflexion pour se rendre compte des conneries que certains sortaient à la seconde.
Des choses qu'il détestait le plus , l'injustice était la mieux classée. Malheureusement pour lui, le monde en était rempli.
Perdu dans ses pensées il sentit à peine quelqu'un lui tapoter l'épaule. Levant les yeux il rencontra une tignasse brune.
Il cligna plusieurs fois des paupières, se recula et jaugea du regard le garçon à l'air assuré qui le dévisageait.
« -Excuse-moi. Je voulais savoir où se trouvait la salle de danse.
-Oh. C'est l'aile droite.
-Tu suis ce cours toi aussi ?
-Non, mais la danse partage le bâtiment avec la musique. Je suppose que tu es nouveau ?
-Exact ! Il passa une main dans ses cheveux. J'y vais, à plus ! »
Il fit volte-face, ralentit le pas, puis lança dans le vent une dernière phrase.
« -Au fait, moi c'est Harry. Harry Potter. »
Et bizarrement Draco sourit, se disant que pour une fois quelqu'un ne l'avait pas fui.
« -Draco. Mon nom est Draco Malfoy. »
