Salut! Tout d'abord je m'excuse pour ce léger retard, le chapitre était prêt mais le site a décidé de faire des siennes! Bref, je tenais aussi à vous dire que le flash back de ce chapitre sera l'un des derniers! Voilà voilà. A bientôt en espérant que ce chapitre vous plaise :)
Il était désespéré. Il avait la vague impression que quelqu'un avait capturé son souffle. Tout ce qu'il avait fait il l'avait un jour regretté. Il avait deux visages. Il était à la fois dur, impassible, sensible et fragile. La seule chose qu'il avait voulu c'était aider Théo. Au final cela s'était retourné contre lui. Encore une fois. Il s'en voulait à un point inimaginable. Il se demandait où il avait merdé. Quelle était son erreur. Au départ il s'était douté que l'autre lui en voudrait. Mais jamais il n'avait pensé qu'il le maudirait à ce point, et aussi longtemps. Au fond il se disait qu'il avait fait le bon choix, que sans ça il se retrouverait encore face au visage tuméfié de Théo.
Mais au final le résultat était le même. Il avait toujours l'impression que son cœur était écorché.
Il sentit plus qu'il ne vit Pansy s'asseoir à ses côtés. Il lui était en quelque sorte reconnaissant d'être venue voir comment il allait. Elle le faisait toujours.
« -Draco. Que s'est-il passé entre toi et Théo? Vous étiez les meilleurs amis du monde avant. Et puis du jour au lendemain il te crache à la figure une haine toute nouvelle à ton égard.
-Je ne suis pas sûr que ça soit une bonne idée de t'en parler à toi et aux autres.
-Tu ne te rends pas compte je crois. Tous les jours on l'observe s'en prendre à toi sans savoir pourquoi. Il ne nous laisse plus passer des soirées chez lui. Merde Draco, tu sais à quel point c'était important pour lui qu'on passe nos soirées jeux vidéos chez lui ! On ne peut plus lui parler sans qu'il ne se braque. Tu n'as pas le droit de ne pas nous expliquer ce qu'il s'est passé ! Pire tu ne peux pas te dire que c'est de ta faute s'il se comporte comme ça, parce que sous tes airs de dur tu ne ferais pas mal à une mouche ! Tout le monde le sait. Alors, s'il te plaît, je ne te le redemanderai pas. Que s'est-il passé ? »
Draco ne pouvait que regarder la jeune femme qui se tenait devant lui avec admiration. Malgré tout ce qu'on pouvait penser, Pansy se doutait que quelque chose de grave se cachait sous les disputes virulentes qui opposaient Théo et Draco.
Mais contrairement à ce que la plupart des gens auraient fait, elle décida d'affronter la réalité, c'est pour ça qu'il lui raconta.
«-C'était il y a peu près un an. »
Il se rappelait d'avoir tout d'abord observé des changements dans le comportement de Théo. Il n'avait rien dit au début. Après tout il arrivait à tout le monde d'avoir des moments de déprime. Il n'avait rien dit. Il avait observé ses cernes de plus en plus prononcées. Il avait remarqué l'absence de son rire. Il avait vu une marque violacée sur son cou. Mais il s'était tu. Théo l'aurait dit si quelque chose se tramait, non ? Il ne leur cachait rien, alors pourquoi le ferait-il maintenant ? Et puis il avait craqué après l'avoir vu pleurer dans les toilettes. Il lui avait posé la question.
« -Théo... Est-ce que tout va bien chez toi ? Est-ce que ton père… se comporte bien ? »
L'autre avait hurlé. Lui avait dit d'arrêter d'imaginer des choses sans queue ni tête. Il lui avait dit qu'il cherchait des problèmes là où il n'y en avait pas. Et lui, il avait simplement hoché la tête.
Ce manège avait duré un peu plus de trois mois. Trois mois à compter les absences récurrentes de son ami. Trois mois à l'observer souffrir. A analyser ses sourires tous plus faux les uns des autres.
Et puis Théo était venu un soir. Il avait frappé à la porte. Il n'avait rien dit, sa lèvre coupée et enflée parlait pour lui. Draco avait fait couler un bain. Et Théo s'était déshabillé. Son corps tuméfié provoqua un frisson d'horreur chez Draco. Il ne put que le regarder se glisser dans l'eau. Il se demandait si ce soir avait été le soir de trop. Si… Son père avait dépassé la limite.
« -Pourquoi ?
-Draco… Il faut que tu aides ma sœur. Je… Je crois que… Je ne peux plus rien faire pour elle.
-Est-ce qu'il s'en prend à…
-Oui. J'ai peur qu'elle fasse une bêtise. S'il te plaît. Aide-là. »
Il ne put qu' hocher la tête. Il se demanda comment il pourrait bien faire.
A partir de ce jour Théo vint chez lui tout les soirs. Draco désinfectait ses plaies en silence. Il souffrait avec lui. Un jour le plus jeune lui fit promettre de ne jamais en parler. A qui que ce soit. Draco garda le silence. L'autre le supplia, se mit à pleurer, crier. Il était au bord du gouffre, à tel point que Draco ne pu que le prendre dans ses bras en lui chuchotant que son secret était bien gardé. Tenir un Théo tremblant le poussa à intercepter sa sœur à la sortie des cours.
Du moins cela fut son intention. Il la suivie par manque de courage. Et puis il la vit. Il la vit entourée de dealers. Il vit son corps squelettique, tremblant, hésitant. Et malgré tout il était convaincu qu'il pouvait la sauver. Il arriva à l'approcher, par un étrange hasard elle lui accorda sa confiance. A la place de la drogue, il lui offrit des cours de piano. Étrangement alors qu'il était sensé l'aider, elle lui fit cette faveur en retour. Il s'entraidèrent, ils étaient comme deux âmes en peines qui avaient trouvés le moyen de s'en sortir. Ils se complétaient. Ils se reconstruirent ensemble.
Enfin c'est ce qu'il cru. C'est ce qu'il pensa jusqu'à ce qu'il la retrouva. Tout ce qu'il pu faire fut de courir jusqu'à l'hôpital. Malheureusement pour lui elle n'avait jamais arrêté la drogue. Cette montée au Paradis s'était transformée en descente aux Enfers sans même qu'il ne s'en rende compte, perdu qu'il était dans un bonheur tout nouveau pour lui.
Dans sa tête seule tournait la phrase : « Elle aussi m'a abandonnée. Elle aussi m'a trouvé inutile. A elle aussi je ne lui ai pas suffit. »
Au final il ne su jamais vraiment quand tout dérapa. Il ne su jamais si se fut ce jour là. Ou quand il craqua définitivement. Quand il en eu assez de voir Théo de plus en plus détruit par un père qui ne se souvenait même pas que sa fille était en cure de désintox. Quand il en eu assez de ne pas pouvoir foutre son poing dans la gueule de ce vieux connard qui avait certainement détruit plus d'une vie. Il ne savait plus.
Même l'appel qu'il passa ce jour là lui sembla flou. Il se vit taper sur son clavier le numéro du 119. Il se souvenait de la voix qui décrocha. Il se souvenait de la sienne qui tremblait comme jamais. Et puis il se souvenait du rejet de la sœur de Théo quand elle l'apprit. Et de sa réponse quand il partit.
« A nos amours, Draco».
Il se souvenait d'avoir pleuré, de s'être dit que peut-être il n'avait pas tout imaginé.
Puis il se souvenait d'avoir ri quand Théo lui avait frappé le visage avec désespoir. Apparemment son père s'était fait prendre entrain de le frapper après une énième bouteille de whisky enfilée. Apparemment c'était de sa faute. Quand Théo pleura parce que son père était foutu, il ne put que lâcher un « tant mieux » dédaigneux.
Voilà pourquoi il le détestait. Parce qu'il avait trahi sa confiance.
Le plus drôle pour lui fut quand il releva la tête et qu'il vit Pansy pleurer une main sur la bouche. Il se dit qu'à ce moment là c'était plutôt à lui de s'effondrer.
« -Je… Je suis désolée… Draco rien de tout ça n'est de ta faute. Tu as eu le courage de faire ce que beaucoup n'arrivent pas à faire. Théo n'aurait pas dû réagir de cette manière, et…
-Tu n'as pas à l'être. Au contraire j'ai été lâche. Tu n'as pas écouté ce que je t'ai dis ? Je l'ai fais uniquement parce que j'étais démunis, et que tout s'écroulait autour de moi. Je n'ai aucun mérite, il rit de manière désabusé, et Théo a toutes les raisons du monde de me détester. J'ai tout foutu en l'air ! Merde, réfléchis, je… J'ai tout perdu. Et Théo aussi à cause de moi. »
Pansy ne pu que se taire. Elle regarda Draco, et ne vit qu'un enfant perdu. Un enfant qui n'en était plus un. Un enfant qui avait grandi trop vite.
Les seules choses que Pansy savait de Draco, était qu'il rendait visite à son père tout les jours. Que sa mère était une pianiste mondialement connue qui l'avait abandonné au profit de sa carrière. Et qu'au final, il ne cherchait que l'amour et la reconnaissance.
Pansy eut un léger rire qui attira le regard de Draco.
« -C'est drôle. Quand on y réfléchit, dans la vie, tout tourne autour de l'amour. Même quand il s'agit de mort, il en est question. »
Le silence s'étira, puis Pansy ébouriffa les cheveux de Draco.
« -Je crois que tu mérites une seconde chance Draco Malfoy. Même si pour ça il faut que je me batte en duel avec Théo. Jusque là, je serai partout où tu seras. »
Pour seule réponse Draco s'appuya sur Pansy et ferma les yeux. Une douce chaleur envahit son corps, et il eut la conviction que tout irait mieux à présent.
